Disparition de Lionel Jospin: Voter pour qui ? (Looking back on this nadir of French democracy 24 years ago when, by imposing five more years of one of the most calamitous presidencies in the history of France—alongside those of Mitterrand, Hollande, and Macron—our Chevènementistes and our Taubiristes deprived us of the only statesman of the Fifth Republic who, at great personal cost, had dared to tell the truth about both Palestinian terrorism and the Front National’s so-called fascism !)

23 mars, 2026
Publications – Manoocher Deghati

They’ll stone you when you’re trying to tell the truth … D’après Bob Dylan
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (né Behar, La Vérité, 1968)
Moi, j’ai peur des foules. Il y a d’ailleurs quelque part dans l’Exode : « Ne suivez pas le nombre ». D’où ma chanson « Le premier qui dit la vérité… ». Elle parle de « La foule sans tête », manipulée. Guy Béhar-Hassan
Lors de sa visite à l’université de Birzeit, Lionel Jospin a eu le culot de qualifier les combattants du Hezbollah de terroristes, exprimant également sa « compréhension »  des actions d’Israël contre le Liban. Edward Said
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
J’ai simplement dit, et je l’ai expliqué au Parlement à mon retour, que la politique de la France, certes, devait être équilibrée et impartiale. Mais équilibrée ne signifie pas équidistante. Je veux dire par là que nous devons choisir de nous élever contre les forces de la violence quand elles existent et où qu’elles existent, d’ailleurs. Parce que les tentations existent, peuvent exister aussi en Israël. Pas en Israël en tant que gouvernement, je parle en Israël notamment où un Premier ministre a été assassiné. Et puis, il peut y avoir des tentations aussi parfois dans la politique israélienne. (…) il n’est pas interdit non plus de garder le souvenir d’un certain nombre de choses qui sont arrivées à des Français. Il n’est pas interdit de garder le souvenir. C’est tout, je n’en dis pas plus. Alors, simplement une politique impartiale, oui. Mais une politique impartiale n’est pas une politique indifférente et elle ne doit pas être indifférente à ce que sont à mon avis les grands axes qui doivent être les nôtres dans l’approche des questions du Proche-Orient et notamment de la question israélo-palestinienne : la recherche de la paix, l’appui au développement et le soutien aux forces qui choisissent la démocratie. Lionel Jospin (Paris, 16.03.2000)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Voter pour qui ?
Retour sur ce nadir de la démocratie française il y a 24 ans…
Quand nous imposant cinq ans de plus de la plus calamiteuse, avec celles de Mitterrand, Hollande et Macron, des présidences de l’histoire de France…
Nos chevènementistes et nos taubiristes nous ont privé du seul homme d’Etat de la 5e République…
Qui avait, au prix fort, osé dire la vérité sur tant le terrorisme palestinien…
Que le prétendu fascisme du Front national !
WHO TO VOTE FOR?
(Retrospective on this nadir of French democracy 24 years ago when, by imposing five more years of one of the most calamitous presidencies in the history of France—alongside those of Mitterrand, Hollande, and Macron—our Chevènementistes and our Taubiristes deprived us of the only statesman of the Fifth Republic who, at great personal cost, had dared to tell the truth about both Palestinian terrorism and the so-called fascism of the Front National!)
You shall not follow a multitude to do evil; nor shall you testify in a dispute so as to side with the many and pervert justice. Exodus 23:2It is expedient for you that one man should die for the people, and that the whole nation should not perish. Caiaphas (John 11:50)A young man with long hair
was climbing Golgotha. The headless crowd
was having a party. Pilate is right not to shoot into the crowd.
In the end, it’s fairer to kill just one man.
This young man spoke the truth.
He must be executed.
Guy Béart (born Behar, La Vérité, 1968)They’ll stone you when you’re trying to tell the truth … after Bob DylanYes, these attacks are terrorist, and France wishes that the response strikes civilians as little as possible. Sparing civilian populations is a constraint that Israel endeavors to respect. Lionel Jospin (Jerusalem, February 24, 2000)During his visit to Birzeit University, Lionel Jospin had the audacity to describe Hezbollah fighters as terrorists, while also expressing his “understanding” of Israel’s actions against Lebanon. Edward SaidFrance condemns the attacks by Hezbollah and all unilateral terrorist actions, wherever they are carried out, against soldiers or civilian populations.
I simply said—and I explained it to Parliament upon my return—that France’s policy must certainly be balanced and impartial. But balanced does not mean equidistant. What I mean is that we must choose to stand up against the forces of violence when they exist and wherever they exist. Because temptations can also exist in Israel. Not in Israel as a government—I am speaking of Israel notably where a Prime Minister was assassinated. And then, there can sometimes be temptations in Israeli policy as well. (…) Nor is it forbidden to keep the memory of a certain number of things that happened to French people. It is not forbidden to keep the memory. That’s all, I won’t say more. So, simply an impartial policy, yes. But an impartial policy is not an indifferent policy and it must not be indifferent to what I believe are the major axes that should guide us in approaching Near East issues and particularly the Israeli-Palestinian question: the search for peace, support for development, and backing for the forces that choose democracy.
Lionel Jospin (Paris, March 16, 2000)Throughout all the years of Mitterrandism, we never faced a fascist threat, so all antifascism was nothing but theater. We faced a party, the Front National, which was an extreme-right party, a populist party too in its way, but we were never in a situation of fascist threat, and not even facing a fascist party.
First of all, the accusation of fascism against Nicolas Sarkozy is both absurd and scandalous. I am deeply attached to national identity and I even believe I feel and know what it is, at least for me. National identity is our common good: it is a language, it is a history, it is a memory—which is not exactly the same thing—it is a culture, that is to say literature, the arts, philosophy, philosophies. And then it is a political organization with its principles and its laws. When one lives in France, I would add: national identity is also perhaps an art of living. I deeply believe that nations exist, still exist, and in France what is striking is that we are attached both to the multiplicity of expressions that make up our nation and to the singularity of our own nation. And so what I tell myself is that if there is today a crisis of identity, a crisis of identity through institutions that expressed and represented it, it is perhaps because there is a crisis of tradition, a crisis of transmission. We must recall the essential elements of our national identity because if we doubt our national identity, we will obviously have much more difficulty integrating.
Lionel Jospin (France Culture, September 29, 2007)

Iran: Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (As the signs accumulate of the fast-approaching collapse of the evil Iranian regime, what hypocrisy of our historically amnesiac and strategically hemiplegiac critics who obsessed by the visible, immediate costs of action… keep acting as if the invisible, compounding costs of prolonged inaction and endless diplomacy were zero ?)

17 mars, 2026
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Davies's J-Curve Theory of Revolution | Download Scientific Diagram

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Quand vous voyez un nuage se lever à l’occident, vous dites aussitôt: La pluie vient. Et il arrive ainsi. Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites: Il fera chaud. Et cela arrive. Hypocrites! vous savez discerner l’aspect de la terre et du ciel; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci? Jésus (Luc 12: 54-56)
S’ils se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19 : 40)
Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Jésus (Matthieu 11: 25)
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. Orwell
En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux. Tocqueville
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les dragonnades. Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, 1856)
La révolution à plus de chances de se produire quand une période prolongée de progrès économiques et sociaux est suivie par une courte période de retournement aigu, devant laquelle le fossé entre les attentes et les gratifications s’élargit rapidement, devenant intolérable. La frustration qui en résulte, dès lors qu’elle s’étend largement dans la société, cherche des modes d’expression dans l’action violente. James Chowning Davies
De nombreux sociologues contemporains reprennent cette analyse de Tocqueville, en expliquant les conflits sociaux par la frustration résultant de l’écart croissant « entre ce que les gens désirent et ce qu’ils ont ». Pour Ted Gurr (Why men rebel, 1970), la révolution de 1917 serait due au contraste entre les attentes suscitées par les progrès accomplis depuis les années 1880 et la situation réelle de la paysannerie, du prolétariat naissant ou de l’intelligentsia. Pour James Davies (Toward a theory of Revolution, 1962), le concept de frustration relative trouvé chez Tocqueville a une plus grande portée que celui de frustration absolue attribué à Marx; il explique en effet que les révoltes naissent rarement dans les populations écrasées de misère mais chez ceux qui relèvent la tête et réalisent ce qui leur manque car ils ont plus. (…) Les grands conflits sociaux ou les changements révolutionnaires s’expliquent donc moins par des mécontentements à propos de grandes inégalités que par des sentiments « relatifs » basés sur des différences minimes, ou réduites par l’égalisation des conditions. Jean-Pierre Delas
Une opposition classique met en vis-à-vis la lecture marxienne, selon laquelle la dégradation des conditions de vie agirait comme facteur déterminant et explicatif des soulèvements révolutionnaires, à celle de Tocqueville, pour qui, au contraire, l’amélioration des situations économiques serait à l’origine des évènements révolutionnaires. James Chowning Davies, sociologue américain, tente une synthèse des deux points de vue dans un modèle associant l’idée d’une genèse progressive (liée à l’amélioration des conditions de vie sur plusieurs décennies) d’aspirations sociales longtemps contenues et la thèse des frustrations surgissant plus brutalement à l’occasion de retournements de conjonctures. Le modèle psycho-sociologique de James C. Davies (Toward A Theory of Revolution) tente d’expliquer les renversements de régimes politiques par l’augmentation soudaine d’un écart entre les attentes de populations motivées par des progrès économiques et les satisfactions réelles brutalement réduites par un retournement de conjoncture économique (ex. : mauvaises récoltes, récession économique…) ou politique (ex. : répression brutale, défaite militaire…). (…) James C. Davies schématise sa théorie par une courbe devenue fameuse, dite « courbe de Davies » formant comme un « J » Inversé (…), qui pointe la période « t2 » comme début probable de la dynamique révolutionnaire. La première étude James C. Davies porte sur la rébellion conduite par Thomas W. Dorr – dite « Rébellion Dorr » – au milieu du 19e siècle à Rhode Island dans le nord-est des Etats-Unis. Durant la première moitié du 19e siècle l’industrie du textile se développe et prospère, attirant vers la ville des populations rurales jusqu’en 1835/1840 quand s’amorce une période déclin. La Rebellion Dorr, en 1841/1842 fut durement réprimée. A partir de cette étude de cas, l’auteur construit sont modèle et l’utiliser pour interpréter la Révolution française de 1789, la révolution du Mexique de 1911, la révolution russe de 1917, le coup d’état nassérien de 1952. L’exemple de la révolution russe lui permet de montrer que l’écart est d’autant plus fort que des progrès économiques importants marquèrent le XIXe siècle : à partir du milieu du 19e siècle les serfs s’émancipèrent, l’exode rural entraîna une processus d’urbanisation, le nombre d’ouvriers travaillant en usine augmenta en leur apportant des salaires supérieurs à ce qu’ils gagnaient comme paysans et des conditions de vie également améliorées. Ainsi la période allant de 1861 à 1905 peut être considérée comme celle d’une progression des aspirations sociales jusqu’à une conjoncture de frustrations qui intervient au début du XXe siècle dans différents groupes sociaux : intelligentsia choquée par la répression brutale des manifestations de 1905, paysannerie affectée par les effets des réformes et par une succession de mauvaises récoltes, armée humiliée par la défaite dans la guerre contre le Japon. La détresse et la famine qui affectent la majorité de la population pendant la Première Guerre mondiale achèvent d’agréger ces frustrations de préparer ainsi la révolution de 1917. Jérome Valluy
Je rejette toute tentative d’objectivité entre la Brigade des pompiers et l’incendie. Winston Churchill (1926)
Quand la situation était gérable, elle a été négligée, et maintenant qu’elle est tout à fait hors de contrôle nous appliquons trop tard les remèdes qui auraient pu alors contribuer à la guérison. Il n’y a rien de nouveau dans l’histoire. C’est aussi vieux que les livres sibyllins. Cela tombe dans ce long et morne catalogue de l’inutilité des expériences, et de l’inéducabilité confirmée de l’humanité. Manque de prévoyance, reluctance à agir quand l’action serait simple et efficace, manque de réflexion claire, confusion des conseils jusqu’à ce que l’urgence arrive, jusqu’à ce que l’instinct de conservation ne frappe son gong discordant—ce sont là les caractéristiques qui constituent la répétition sans fin de l’histoire. Winston Churchill (Chambre des Communes, après la conférence tardive des alliés de Stresa avec Mussolini pour assurer l’indépendance de l’Autriche, annexée par Hitler trois ans plus tard, 2 mai 1935)
Il y a deux conséquences en histoire : l’une immédiate et qui est à l’instant connue, l’autre éloignée et qu’on n’aperçoit pas d’abord. Ces conséquences souvent se contredisent ; les unes viennent de notre courte sagesse, les autres de la sagesse perdurable. L’événement providentiel apparaît après l’événement humain. Dieu se lève derrière les hommes. Niez tant qu’il vous plaira le suprême conseil, ne consentez pas à son action, disputez sur les mots, appelez force des choses ou raison ce que le vulgaire appelle Providence ; mais regardez à la fin d’un fait accompli, et vous verrez qu’il a toujours produit le contraire de ce qu’on en attendait quand il n’a point été établi d’abord sur la morale et la justice. François-René de Chateaubriand  (Mémoires d’outre-tombe, 1849)
Arrêtez là ! Votre théorie se limite à ce qu’on voit ; elle ne tient aucun compte de ce qu’on ne voit pas. (…) Habituons-nous donc à ne pas juger des choses seulement sur ce qu’on voit, mais aussi sur ce qu’on ne voit pas. Frédéric Bastiat (1850)
Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit. Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir. Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. D’où il suit que le mauvais Économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, tandis que le vrai économiste poursuit un grand bien à venir, au risque d’une petit mal actuel. Du reste, il en est ainsi en hygiène, en morale. Souvent, plus le premier fruit d’une habitude est doux, plus les autres sont amers. Témoin : la débauche, la paresse, la prodigalité. Lors donc qu’un homme, frappé de l’effet qu’on voit, n’a pas encore appris à discerner ceux qu’on ne voit pas, il s’abandonne à des habitudes funestes, non-seulement par penchant, mais par calcul. Ceci explique l’évolution fatalement douloureuse de l’humanité. L’ignorance entoure son berceau ; donc elle se détermine dans ses actes par leurs premières conséquences, les seules, à son origine, qu’elle puisse voir. Ce n’est qu’à la longue qu’elle apprend à tenir compte des autres. Deux maîtres, bien divers, lui enseignent cette leçon : l’Expérience et la Prévoyance. L’expérience régente efficacement mais brutalement. Elle nous instruit de  tous les effets d’un acte en nous les faisant ressentir, et nous ne pouvons manquer de finir par savoir que le feu brûle, à force de nous brûler. À ce rude docteur, j’en voudrais, autant que possible, substituer un plus doux : la Prévoyance. C’est pourquoi je rechercherai les conséquences de quelques phénomènes économiques, opposant à celles qu’on voit celles qu’on ne voit pas. Frédéric Bastiat (1850)
Si toutes les conséquences d’une action retombaient sur son auteur, notre éducation serait prompte. Mais il n’en est pas ainsi. Quelquefois les bonnes conséquences visibles sont pour nous, et les mauvaises conséquences invisibles sont pour autrui, ce qui nous les rend plus invisibles encore. Il faut alors attendre que la réaction vienne de ceux qui ont à supporter les mauvaises conséquences de l’acte. C’est quelquefois fort long, et voici ce qui prolonge le règne de l’erreur. Un homme fait un acte qui produit de bonnes conséquences égales à 10, à son profit et de mauvaises conséquences égales à 15, réparties sur 30 de ses semblables de manière qu’il n’en retombe sur chacun d’eux que 1/2. Au total, il y a perte et la réaction doit nécessairement arriver. On conçoit cependant qu’elle se fasse d’autant plus attendre que le mal sera plus disséminé dans la masse et le bien plus concentré sur un point. Frédéric Bastiat (1850)
Attentats-suicides, véhicules piégés, enlèvements et assassinats, la liste est incroyablement longue depuis sa création en 82 des forfaits perpétrés contre les diplomates, soldats, journalistes ou simples citoyens français, au Liban ou sur son propre sol, par ce bras armé de l’Iran. Résumé (revu et complété): – 8 avril 1983 : attaque à la roquette du Djihad islamique contre paras français – 27 août 1983 : détournement d’un avion d’Air France (Vienne-Paris) sur Téhéran (par Amal Islamique – cerveau : Hussein Moussawi; demandes: retrait de la France du Liban, fin de l’aide militaire française à l’Irak, libération de tous les prisonniers libanais des prisons françaises) – exécution de Gilles Vidal, n°2 de l’ambassade française. – opération préventive ratée DGSE: jeep militaire aux couleurs de la croix rouge remplie de 500 kilos d’explosifs devant l’ambassade iranienne de Beyrouth.– 23 octobre 1983: camions piégés contre baraquements américains et français de Beyrouth (djihad Islamique : autre nom du Hezbollah : 241 Marines, 58 soldats français; dix jours à la France pour quitter le Liban – 12 décembre 1983: voiture piégée du Hezbollah devant l’ambassade de France au Koweït – 21 décembre 1983 : attaque soldats FINUL sud-Liban, 10 morts dont un soldat français, centaine de blessés – 23 décembre 1983: expulsion de 6 diplomates iraniens suspectés d’activités terroristes et bombardement français de Amal Islamique et d’un camp du Hezbollah à Baalbek (20 militants chiites, 12 formateurs iraniens), dénonciation de la France par l’ayatollah Khomeiny comme « état terroriste » – 31 décembre 1983: double explosion simultanée gare de Marseille et TGV Paris Marseille (Carlos, Djihad Islamique : 4 morts) – 1984 : départ définitif de la France du Liban – mars 1985-janvier 1987 : prise d’otage de 16 Français (journalistes ou diplomates pour soutien à l’Irak: jusqu’à trois ans, dont un assassiné) – décembre 85 – Septembre 86 : campagne de terreur au sein des villes françaises (FNAC, BHV, Pub Renault): Iran commanditaire, via réseau Hezbollah et cellule logistique de maghrébins : 13 morts, centaines de blessés) – 18 jullet 1986: assassinat du patron de Renault et… fondateur d’ Eurodif Georges Besse (pour cause de non-remboursement d’avoirs prêtés mais aussi de refus de livraisons, contractuellement prévues, d’uranium enrichi du temps du Shah – notamment en 78 le milliard de dollars comme entrée dans le capital d’Eurodif qui devait être remboursé à partir de 81 et tardant à être rendus pour cause de guerre avec l’Irak) – octobre 99: invitation de Khatami à Paris avec en bonus… dépot de gerbe au Panthéon sur les tombes des Curie! – février 2000 : qualification du Hezbollah de groupe terroriste par le premier ministre Lionel Jospin (conférence de presse en Israël) ; contestation du ministre des affaires étrangères Hubert Védrine rappel à l’ordre de Chirac – octobre 2002 : invitation de Nasrallah par Chirak au Sommet de la Francophonie de Beyrouth– 17 décembre 2003 : menace du cheikh Fadlallah suite au projet d’interdiction du foulard dans écoles françaises – mai 2004 : description du Hezbollah comme organisation essentiellement sociale par Jean Daniel Levitte, ambassadeur de France aux USA (aucune raison de mettre le Hezbollah sur la liste des terroristes de l’Union Européenne) – août 2004 : soutien conjoint franco-américain résolution 1559 de l’ONU Nations appelant au retrait des troupes syriennes du Liban et au désarmement des milices y compris le Hezbollah (mais uniquement par les autorités libanaises) – décembre 2004 : interdiction en France, sous la pression de l’opinion, d’Al-Manar, chaîne de télévision de propagande du Hezbollah violemment antisémite – 29 août 2005: insistance de Chirak, devant les ambassadeurs français, sur application intégrale de la résolution 1559, suite à assassinat de son ami intime et premier ministre Rafik Hariri le 14 Février (condamnation des actions illégales et violentes du Hezbollah à l’encontre d’Israël par le ministre des Affaires Étrangères français, Douste-Blazy et Catherine Colonna, Ministre des Affaires Européennes, mais traîne les pieds pour inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne) – 27 septembre 2005: Gérard Araud, ambassadeur de France en Israël (la France veut donner au Hezbollah «une place dans le processus démocratique et lui faire comprendre que dans ce processus démocratique il n’y a pas de place pour les armes et le terrorisme» ; placer le Hezbollah sur la liste des terroristes ne changerait rien mais serait une occasion pour le monde arabe d’y voir «un complot américano-sioniste». La France «ne veut pas leur donner ce plaisir») – 19 janvier 2006 : déclaration de Chirak sur le terrorisme (en cas d’attaque terroriste contre les alliés français (les monarchies du Golfe Persique essentiellement) et/ou les intérêts nationaux (dont les équipements pétroliers) la France pouvait avoir recours à un usage du nucléaire) – 12 juillet 2006: critique d’israël par Chirak pour un usage de la force disproportionné, mais pas de solution à long terme sans désarmer le Hezbollah le plus rapidement possible. – 24 juillet 2006: ministre des affaires étrangères Douste-Blazy obligé de s’abriter lors d’une visite de Haïfa, suite à une attaque de roquettes remplies de billes de fer du Hezbollah («la première des conditions pour un cessez-le-feu est bien sûr le désarmement du Hezbollah»)– 31 juillet 2006 : déclaration de Douste-Blazy sur l’Iran : ”un grand pays, un grand peuple et une grande civilisation, qui est respecté et qui joue un rôle de stabilisation dans la région” Olivier Guitta
Je ne dirais pas que c’est une assurance-vie au sens strict. En revanche, cela contribue clairement au maintien du régime et à sa capacité à poursuivre son effort de guerre. Il existe déjà des cadres de coopération entre la Chine et l’Iran. L’Iran est membre de l’Organisation de coopération de Shanghai, ce qui crée un cadre de coopération politique et sécuritaire. Mais il faut aussi rappeler que la Chine, contrairement aux États-Unis, dispose de très peu d’alliances formelles. Elle n’a pratiquement pas de traités d’alliance, à l’exception d’un ancien accord avec la Corée du Nord. Sa politique étrangère reste très pragmatique. Les relations économiques sino-iraniennes sont largement centrées sur les matières premières : la Chine est la cible de près de 80 % des exportations iraniennes de pétrole brut.
Dans cette logique, la Chine pourrait très bien poursuivre ses relations économiques avec un autre pouvoir iranien si le régime actuel disparaissait. Ce qui importe avant tout pour Pékin, c’est la stabilité. Un effondrement de l’Iran, une guerre civile ou un éclatement territorial seraient beaucoup plus problématiques pour les intérêts chinois. La Chine soutient donc un certain statu quo. Ce soutien s’inscrit aussi dans une bataille de récits. Pékin cherche à présenter les États-Unis comme une puissance impériale déstabilisatrice, tandis que la Chine se positionne comme garante d’un ordre international stable. Elle se présente comme une puissance réformatrice de cet ordre international, alors que la Russie adopte davantage une posture de contestation et de fragmentation. Dans ce contexte, la Chine peut afficher un soutien économique relativement visible à l’Iran tout en restant certaine de préserver ses intérêts à long terme.
Yohan Briant 

Juste avant le déclenchement de l’opération, le 28 février dernier, l’Iran a organisé des manœuvres navales communes avec la Russie et la Chine. Cela prouve l’existence de contacts réguliers entre l’armée russe et l’armée iranienne, ainsi qu’entre l’armée iranienne et l’armée chinoise. Cependant, ces manœuvres n’ont manifestement pas permis d’empêcher l’intervention. Elles ont simplement contribué à la retarder d’environ deux semaines. Les Américains ont en effet choisi de ne pas intervenir pendant la présence d’unités de la marine russe ou de la marine chinoise. La Chine reste très prudente sur le conflit en Iran. Si l’on compare l’aide chinoise apportée actuellement à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, celle-ci demeure limitée. Elle consiste principalement en la fourniture de composants critiques, notamment des puces électroniques destinées aux drones ou à certains équipements militaires lourds comme les chars, dont certains composants sont aujourd’hui fabriqués en Chine. Il existe également des exemples montrant la prudence chinoise. La Chine a interdit l’exportation d’uniformes militaires vers la Russie. Les uniformes ne semblent pas, en apparence, représenter un élément critique dans une guerre. Pourtant, une partie des uniformes militaires, notamment ceux de couleur kaki, est produite en Chine. De nombreuses armées, y compris occidentales, achètent ce type d’uniformes en raison de leur coût de production relativement faible. Malgré cela, la Chine a officiellement décidé d’interdire cette exportation afin d’éviter d’être soupçonnée d’apporter un soutien direct à la Russie. L’aide chinoise reste limitée à une coopération commerciale dans certains secteurs précis. Elle concerne notamment les puces électroniques, les composants de drones ou encore des drones civils, qui peuvent ensuite être modifiés ou rééquipés pour un usage militaire. Si une aide existe aujourd’hui entre la Chine et l’Iran, elle pourrait suivre une logique similaire. Il s’agirait plutôt de la fourniture de drones ou, plus probablement, de composants technologiques. Nous allons entrer dans la troisième semaine de guerre. L’Iran a déjà commencé à épuiser son stock de drones. Les usines de fabrication de drones fonctionnent actuellement à plein régime. Les composants nécessaires à la fabrication de ces drones ne se trouvent pas aujourd’hui en Iran, mais en Chine. D’une manière ou d’une autre, ils doivent donc être acheminés vers l’Iran. Les Chinois participent probablement à ce type de livraisons. Il ne s’agit pas directement d’armes, mais plutôt de matériel pouvant être utilisé pour la fabrication de certains types d’armements. La Chine serait donc beaucoup plus prudente que la Russie et se limiterait à des livraisons très ponctuelles de matériels spécifiques. Concernant le renseignement, la Chine dispose de quelques satellites, mais ils sont moins nombreux et servent surtout à couvrir l’espace géographique chinois. Les satellites russes, en revanche, semblent pouvoir couvrir ponctuellement le Moyen-Orient. Le système satellitaire russe est légèrement plus développé que le système chinois.

Viatcheslav Avioutskii 
In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels. He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets. Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining. Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine. (…) “I think Democrats are well-positioned for this November and the midterms,” said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee, which trains party backers to run for office and staff campaigns. Dietrich said the past two weeks show the Trump administration has failed at long-term planning. “They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,” he said. Trump let some of his frustrations show on Air Force One as he flew back from a weekend at his Mar-a-Lago estate in Florida, lashing out at allies and other countries dependent on Middle Eastern oil for not doing more to counter Iran and specifically name-checking British Prime Minister Keir Starmer, who he said initially declined to put British aircraft carriers “into harm’s way.” (…) The US Treasury Department announced this past week a 30-day waiver on Russian sanctions, aiming to free up Russian oil cargoes stranded at sea to help ease supply shortages caused by the Iran war. That’s despite analysts saying that spiraling oil prices due to Persian Gulf production blockages are benefiting the Russian economy. Moscow relies heavily on oil revenue to finance its war on Ukraine, and sanctions were a growing handicap. (…) With midterm races now starting to heat up, Trump was asked about the potential political impact of voters seeing gas prices jump. (…) Iran also has even divided Trump’s “Make America Great Again” base, between those who support the action and others who say that Trump expressly campaigned on ending wars. Will Weissert
C’est un article est de l’Associated Press. Il a été repris partout. La plupart des gens l’ont lu sans même se rendre compte des graines qu’il plante dans leur subconscient. Cet article était une véritable masterclass de manipulation par les médias legacy.« Deux semaines après le début de la guerre avec l’Iran, Trump est mis sur la défensive sur le plan politique alors que les midterms approchent » Technique : Blanchiment de conclusion Le titre n’est pas un fait. C’est une sorte de verdict. « Mis sur la défensive sur le plan politique » est une conclusion éditoriale présentée comme une simple observation journalistique. Avant même de lire un seul mot de l’article, on vous a déjà dit comment interpréter tout ce qui suit. C’est un peu comme le « thinking past the sale » de Scott Adams. C’est du blanchiment de conclusion : emballer une opinion en description neutre pour que les lecteurs l’absorbent comme un fait sans réaliser qu’ils sont en train d’être persuadés. Remarquez aussi ce que le titre met en avant. Pas les progrès militaires. Pas les objectifs stratégiques. Pas les pertes iraniennes ni les systèmes d’armes détruits. Le titre met en avant la situation politique de Trump et les midterms. La guerre est cadrée comme une histoire de handicap politique, et non comme une histoire militaire. Ce choix de cadrage est en soi une manipulation. EMPILEMENT D’ASSERTIONS « Deux semaines après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l’Iran, le président américain Donald Trump est de plus en plus mis sur la défensive sur le plan politique. Il s’est montré de plus en plus agacé par la couverture médiatique et n’a pas réussi à trouver un moyen d’expliquer pourquoi il a déclenché cette guerre — ni comment il compte y mettre fin — qui résonne auprès d’un public préoccupé par les morts américains dans le conflit, la flambée des prix du pétrole et la chute des marchés financiers. » Technique : Assertion stacking Comptez les assertions entassées dans ces deux phrases : Trump est « mis sur la défensive ». Trump est « de plus en plus agacé ». Trump a « échoué » à expliquer la guerre. Ses explications ne « résonnent » pas. Le public est « préoccupé » par les morts, les prix du pétrole et les marchés. Plein de verbes ici. C’est ce qu’on appelle l’assertion stacking. Chacune de ces affirmations est une conclusion, pas un fait. Aucune n’est sourcée. Aucune n’a de témoin nommé. Ce sont des suppositions faites à distance. L’AP les présente simplement comme des observations évidentes par elles-mêmes. C’est de l’assertion stacking : charger un paragraphe avec de multiples conclusions éditoriales présentées sans preuve, de sorte que chacune rende la suivante plus crédible par simple proximité. Au moment où vous arrivez à la troisième phrase, vous avez déjà accepté cinq affirmations contestables comme des faits de fond établis. Tout le reste de l’article est construit sur cette base.LA CITATION DE L’EXPERT « Je ne pense pas que le président Trump… ait compris dans quoi il s’embarquait », a déclaré Karim Sadjadpour, chercheur senior à la Carnegie Endowment for International Peace. Technique : Autorité à source unique Remarquez ce qui se passe ici. Une conclusion générale sur la compréhension du président d’une opération militaire est attribuée à un seul chercheur d’un think tank, la Carnegie Endowment for International Peace. Cette organisation a un biais institutionnel bien documenté en faveur de la diplomatie plutôt que de l’action militaire, et en faveur d’une politique étrangère internationaliste. Son opinion est présentée non pas comme un point de vue parmi d’autres, mais comme un témoignage d’expert, avec tout le poids de l’autorité. Où est l’expert équilibrant qui pense que l’opération se déroule selon le plan ? Où est le général à la retraite ? Où est le responsable du CENTCOM ? Ils n’apparaissent pas. C’est de l’autorité à source unique : les propagandistes sélectionnent un expert dont l’opinion correspond au récit qu’ils veulent raconter et présentent son point de vue comme le consensus des experts. LE PARAGRAPHE SUR LES SONDAGES « Même certains de ses partisans remettent en question son plan et ses chiffres globaux dans les sondages sont en baisse. » Technique : Source vague « Même certains de ses partisans. » Qui ? Combien ? Quel sondage ? Quelle était la base de référence ? Quelle est la marge d’erreur ? Rien de tout cela n’est fourni. La formule « même certains de ses partisans » est conçue pour déclencher une réponse émotionnelle précise — la suggestion de défection, d’une coalition qui se fissure — sans fournir la moindre preuve que cela se produit à une échelle significative. »Ses chiffres globaux dans les sondages sont en baisse. » En baisse par rapport à quoi ? De combien ? Comparé à quelle mesure précédente ? Sur quelle question précise ? Encore une fois, rien. Le lecteur est laissé remplir les blancs avec son imagination, ce qui est exactement l’objectif de la technique. LE PARAGRAPHE SUR MOSCOU « Pendant ce temps, Moscou bénéficie d’un coup de pouce dès les premiers jours de la guerre après que Trump a assoupli les sanctions sur certaines expéditions de pétrole russe. Cela, combiné à la hausse des prix du pétrole, a sapé des années d’efforts pour limiter la capacité du président Vladimir Poutine à mener la guerre en Ukraine. » Technique : Culpabilité par conséquence Ce paragraphe n’accuse pas Trump de collusion avec la Russie. C’est plus subtil. Il place simplement la décision politique de Trump à côté du résultat que la Russie en bénéficie, sans expliquer le raisonnement stratégique — à savoir que l’assouplissement temporaire des sanctions pétrolières était une mesure calculée pour stabiliser les marchés énergétiques mondiaux pendant une crise dans le détroit d’Ormuz. En omettant le raisonnement et en juxtaposant simplement « décision de Trump » et « bénéfice pour la Russie », l’article plante une association qu’il n’a jamais à défendre. C’est de la culpabilité par conséquence : lier une décision à un résultat négatif sans établir que la décision était mauvaise, mal informée ou motivée par de mauvaises raisons. L’implication fait le travail que les preuves ne peuvent pas faire.LA CITATION DE CLÔTURE « Ils improvisent totalement, et c’est nous tous qui en payons le prix », a déclaré Kelly Dietrich, PDG du National Democratic Training Committee. Technique : Source partisane présentée comme observateur neutre Le National Democratic Training Committee forme les candidats et le personnel de campagne démocrates. Son PDG est un opérateur professionnel du Parti démocrate dont toute la carrière et l’organisation visent à faire élire des démocrates et à battre des républicains. Ce n’est pas un analyste de défense. Ce n’est pas un responsable du renseignement. Ce n’est pas un expert militaire. C’est un partisan. Et il est cité comme la voix finale de l’article — le dernier mot que le lecteur retient — sans que son affiliation ne soit pleinement mise en perspective. L’article identifie son organisation mais n’explique pas ce qu’elle fait. Un lecteur qui ne le sait pas déjà n’a aucune idée qu’il vient de recevoir le message du Parti démocrate comme conclusion de l’article. C’est de la source partisane présentée comme observateur neutre : sélectionner un opérateur politique pour une citation qui cadre toute l’histoire et enterrer son parti pris dans un langage organisationnel plutôt que dans une divulgation claire. CE QU’ILS ONT OMIS L’article ne mentionne pas l’évaluation de l’Institute for the Study of War selon laquelle la campagne atteint ses objectifs militaires. Il ne mentionne pas le rapport du CENTCOM indiquant que plus de 100 navires de guerre iraniens ont été détruits. Il ne mentionne pas que le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré à CBS News que les missiles les plus avancés de l’Iran n’ont pas encore été tirés — ce qui signifie que la capacité de représailles que les démocrates prétendent avoir été « sous-estimée » est toujours en réserve, suggérant que l’Iran lui-même n’est pas assez confiant pour utiliser ses meilleures armes. L’omission n’est pas neutre. Choisir ce qu’on laisse de côté est la décision éditoriale la plus puissante d’un journaliste, et la plus invisible. LE FOND DE L’HISTOIRE Cet article ne ment pas. C’est précisément ce qui le rend efficace. Chaque phrase est techniquement défendable. Les techniques fonctionnent précisément parce qu’elles opèrent juste en deçà de la ligne de la fabrication pure et simple. Ce que fait l’article, c’est sélectionner, cadrer, sourcer et conclure de manière systématique pour produire une seule impression : que Trump échoue, que la guerre est un désastre, et que les Démocrates ont raison de s’y opposer. Cette impression n’est pas construite à partir de faits, mais à partir de techniques. Maintenant vous connaissez les techniques. Lisez en conséquence. Ryan Virtanen
Nous ne sommes pas partie prenante au conflit, jamais la France ne prendra part à des opérations d’ouverture du détroit d’Ormuz dans le contexte actuel. Par contre, nous sommes convaincus qu’une fois la situation sera plus calme –et j’utilise à dessein ce terme plus large–  une fois que le coeur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts avec d’autres nations à prendre la responsabilité d’un système d’escorte. Mais c’est tout un travail à la fois politique, technique avec l’ensemble des acteurs du transport maritime, avec les assureurs et opérationnels que nous devons bâtir. Ce travail supposera des discussions et une déconfliction avec l’Iran. En aucun cas, cela peut être une opération de vive force. Cela doit être pleinement distinct des opérations de guerre en cours. Emmanuel Macron
Il y a suffisamment de preuves pour voir comment les choses se passent réellement. Les Européens ne s’approcheraient jamais de l’Iran à moins de penser que la situation tourne en notre faveur et qu’ils estiment que nous allons gagner. Sinon, ils resteraient silencieux. Et la raison pour laquelle les nations pétrolières du Golfe survivent, c’est qu’elles ont le doigt en l’air pour sentir le vent et qu’elles sont très attentives au climat ambiant. Quand on voit Al Jazeera louer la campagne de bombardements américaine en disant qu’elle a été sous-estimée, qu’elle est brillante et efficace, on a l’impression qu’ils pensent non seulement que les États-Unis devraient finir le travail, mais qu’ils le peuvent et le feront. Et puis, quand on voit des appareils tactiques comme les Phacochères et les Apaches, cela signifie qu’ils offrent presque un appui au sol et en mer pour frapper des cibles. Donc il n’y a rien, aucune défense du tout, quand on a ce genre d’avions qui volent à leur guise dans l’espace aérien iranien. Si on met tout cela ensemble, je pense que c’est assez clair : cette stratégie du “rope-a-dope” – l’idée que nous nous fatiguerons avant eux – repose uniquement sur l’opinion publique et les élections de mi-mandat aux États-Unis. Et si Trump va jusqu’au bout – ce que je pense qu’il fera – je crois qu’ils vont tomber assez vite.  Victor Davis Hanson
Un par un, les architectes de la brutale dictature islamique iranienne sont éliminés dans une guerre que les ayatollahs n’ont absolument aucune chance de gagner. De l’assassinat du guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, au début de la campagne conjointe États-Unis-Israël, jusqu’à l’élimination d’Ali Larijani, le chef de la sécurité nationale du pays, l’édifice du régime qui terrorise le peuple iranien depuis près de cinq décennies est en train d’être détruit.Alors que Khamenei contrôlait directement les institutions étatiques toutes-puissantes, telles que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), créé dès les premiers jours de la révolution iranienne pour défendre l’agenda islamique intransigeant du régime, ce sont des apparatchiks comme Larijani qui supervisaient la mise en œuvre de l’oppression brutale qui a coûté la vie à des dizaines de milliers d’Iraniens.Les autres responsabilités de Larijani incluaient la gestion du vaste réseau d’organisations terroristes opérant à travers le monde – y compris au Royaume-Uni – ainsi que la supervision du développement du programme nucléaire de Téhéran, que la plupart des services de renseignement occidentaux considèrent comme visant à produire des armes nucléaires.Loin d’être l’individu « raisonnable » encensé par le rédacteur en chef des affaires mondiales de la BBC, John Simpson, Larijani était le Beria de la révolution islamique, un fanatique qui avait personnellement du sang iranien sur les mains.L’élimination systématique des figures clés de la République islamique n’est pas seulement essentielle pour dégrader la capacité du régime à survivre à la guerre. Elle pourrait finalement offrir au peuple iranien, longtemps opprimé, l’opportunité d’établir un nouveau système de gouvernement plus responsable, susceptible de mener à la réhabilitation internationale de cette terre ancienne.C’est pourquoi il n’est pas question pour les dirigeants mondiaux de perdre leurs nerfs. Au contraire, alors que tous les indicateurs clés montrent que les campagnes militaires américaine et israélienne respectives atteignent leurs objectifs, c’est le moment de faire preuve de résolution en menant la guerre jusqu’à sa conclusion logique – la destruction du régime islamique et l’élimination de la menace posée par son programme nucléaire.(…)Sans surprise, l’intensité de l’assaut conjoint américano-israélien a suscité des rapports selon lesquels des militaires iraniens refusent d’obéir aux ordres, et même désertent leurs postes, ce qui, si cela est vrai, ne fait qu’ajouter aux signes que le régime approche du point de rupture.Et alors que beaucoup d’attention est portée aux effets des attaques iraniennes sur les marchés énergétiques internationaux, il est important de se souvenir de l’impact que la guerre a sur l’économie iranienne déjà dévastée.C’est particulièrement le cas après l’attaque récente de l’administration Trump sur l’île de Kharg, par laquelle transite 90 % des exportations pétrolières iraniennes.La vulnérabilité du secteur énergétique iranien a été mise en évidence à nouveau hier, suite à l’attaque israélienne sur le champ gazier de South Pars, qui a gravement perturbé les exportations de gaz iranien vers l’Irak voisin.Tant que l’Iran conserve certaines capacités défensives, la possibilité demeure qu’il puisse continuer à perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux, en particulier si Téhéran persiste à menacer le détroit d’Ormuz avec des mines et des drones suicides.Pourtant, ni l’administration Trump ni Israël ne montrant la moindre inclination à arrêter les hostilités, un point de bascule pourrait bientôt être atteint, où le régime n’aurait ni le leadership ni les ressources pour se défendre, ouvrant ainsi la voie à la troisième et dernière phase de la campagne militaire – le changement de régime.Quand cela arrivera, les tentatives de Sir Keir Starmer d’éviter toute implication dans le conflit paraîtront encore plus ridicules, surtout si la guerre se termine par le renversement d’un régime qui n’a jamais caché sa haine innée envers le Royaume-Uni.Si notre Premier ministre a ne serait-ce qu’une once de sens politique, il travaillerait jour et nuit pour assembler un groupe de travail militaire capable à la fois de défendre nos intérêts et d’assurer la sécurité de l’ensemble de la région du Golfe.C’est une proposition parfaitement réalisable, indépendamment de l’état actuel affaibli de nos Forces armées.Avec la direction politique requise de Downing Street, le Royaume-Uni pourrait au minimum déployer un porte-avions accompagné d’un détachement de Royal Marines.Le fait que les États-Unis envoient des marines dans le Golfe suggère qu’il reste un rôle important pour ces forces spécialisées dans le conflit.Avoir des forces déployées ne signifie pas qu’elles doivent être engagées au combat. Con Coughlin
Donald Trump peut être (…) imprévisible (…), mais ce qui ne fait aucun doute, c’est le rôle de l’Iran, depuis des décennies, dans sa volonté de déstabiliser ses voisins, d’attiser les conflits à travers le Moyen-Orient et d’acquérir l’arme nucléaire. Il a constamment soutenu le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les milices fondamentalistes en Irak et les mouvements islamistes dans chaque État du Golfe. Les agents de l’Iran ont mené des opérations secrètes, y compris des assassinats, à travers l’Occident. Le régime a utilisé le crime organisé pour faire avancer ses objectifs dans les nations européennes. Il a développé une capacité cybernétique pour subvertir les démocraties. Et il a employé toutes les techniques d’évasion, de tromperie et de dissimulation pour constituer un stock nucléaire qu’il pourra, le moment venu, déployer avec un effet dévastateur contre le seul État juif du monde.Une victoire en Iran offrirait à ce pays la chance de montrer ce qu’une société libre post-islamiste pourrait accomplir. L’Iran a soutenu l’invasion russe de l’Ukraine avec sa technologie de drones, soutenu l’économie esclavagiste de la Chine avec ses exportations de pétrole et déchaîné une violence brutale et indiscriminée contre sa propre population. Les droits des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques ont été supprimés tandis que le pouvoir et la richesse ont été concentrés entre les mains d’idéologues et de sadiques professionnels. Rarement le cas d’un changement de régime n’a été aussi impérieux.Il n’aurait dû surprendre personne que les dirigeants iraniens résistent aux attaques américaines et israéliennes. Ce sont des hommes imprégnés de sang et voués à la terreur. Ils savaient que toute offensive initiale submergerait leurs forces conventionnelles, ils ont donc opté pour une défense en profondeur. La stratégie a consisté à faire payer un prix à chaque voisin susceptible de soutenir une action contre eux et à utiliser la géographie délicate du détroit d’Ormuz pour infliger un coût économique exorbitant à l’Occident. Le régime espère que ces coûts et ce prix s’avéreront un fardeau trop lourd pour un Occident qu’ils jugent irrémédiablement décadent. Après tout, nos politiciens sont prisonniers des cycles électoraux, des courtes attentions et d’électorats économiquement affaiblis. Le régime pourrait bien avoir raison.Les alliés de l’Amérique à l’OTAN tergiversent sur les efforts pour rétablir la liberté de navigation – un intérêt fondamental de l’Occident. Les traumatismes des interventions passées ont suscité une résistance farouche au sein de l’establishment politique américain à l’envoi de forces terrestres. Les dirigeants politiques européens, y compris notre Premier ministre, courtisent une popularité à court terme en résistant à ce qu’ils perçoivent comme l’« adventurisme » de Trump. Mais quelles seraient les conséquences si cette guerre était autorisée à se terminer avec le régime iranien toujours en place ?Nos alliés du Golfe – d’Oman aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite – seraient laissés à méditer sur notre inconstance. Ils se retrouveraient également avec un Iran blessé et rancunier, complotant sa revanche. Téhéran aurait un nouvel incentivo à financer des proxies terroristes et la technologie des missiles nucléaires, afin de mieux dissuader et intimider ses voisins. La Russie et la Chine se sentiraient confortées dans leur conviction qu’un Occident affaibli n’a ni la force ni l’endurance pour résister à leur propre adventurisme. Le peuple iranien verrait la démocratie dont il rêvait s’évanouir à l’horizon, et ceux qui n’avaient pas été farouchement loyaux au régime seraient écrasés sous le pied.Et l’Occident dans tout cela ? Ceux qui célébreraient un tel résultat seraient la gauche « post-coloniale », qui se réjouirait d’un renversement historique du pouvoir américain, et l’extrême droite ethno-nationaliste, qui rage contre Israël, l’influence juive et « la classe Epstein » qui, selon eux, nous a entraînés dans un désastre coûteux et contre-productif. Ce sont les forces au sein de la société occidentale qui méprisent la civilisation occidentale elle-même – libérale, ouverte, capitaliste, créative, judéo-chrétienne et confiante. Ces gens se sentiraient enhardis dans leur poussée vers l’identitarisme, la division et l’inimitié communautaire.Une victoire en Iran, au contraire, donnerait à ce pays la chance de montrer au monde ce qu’une société libre, prospère, post-islamiste mais majoritairement musulmane pourrait accomplir. Elle libérerait les talents, les voix et les consciences de millions de personnes. Elle consoliderait la stabilité et la prospérité des puissances du Golfe et leur orientation vers l’Occident, avec des pays comme les Émirats arabes unis en avant-garde. Elle libérerait Israël de la menace existentielle et permettrait à la fois un accommodement avec ses voisins palestiniens et un soutien occidental à cet égard. Elle réaffirmerait la capacité de l’Occident à sécuriser ses objectifs stratégiques par un déploiement uni de la force militaire, renforçant ainsi la défense de l’Ukraine et la sécurité de Taïwan. Elle placerait le contrôle du pétrole et du gaz entre les mains d’alliés occidentaux pour contrer les énormes avantages économiques que la Chine a accumulés.La victoire est loin d’être facile ou assurée. Elle exigera un engagement en temps, en troupes et en patience qui n’a pas encore été clairement exprimé. Mais si cet engagement n’est pas pris, le prix à payer sera bien plus élevé que ce que nous pourrions endurer dans les semaines à venir. Nous pouvons soit finir le travail en Iran, soit c’est lui qui nous finira.The Spectator
Dans le ciel des Émirats Arabes Unis (EAU), les Rafale français ne chôment pas pour neutraliser missiles et drones tirés par Téhéran et qui frappent ce pays du Moyen-Orient situé en face de l’Iran ainsi que des intérêts américains basés dans cet émirat. Dans le cadre des accords de défense signés entre Abu Dhabi et Paris, la France vient donc légitimement en aide aux EAU. Depuis une quinzaine de jours, les pilotes français de Rafale ont intercepté plusieurs dizaines de drones Shahed en tirant des missiles air-air MICA avec un taux de réussite très élevé. (…) Mais, au-delà du savoir-faire indéniable de l’armée française, il y a un problème. Un très gros problème même. Le stock de missiles MICA a très (trop) rapidement fondu sous le chaud soleil des Émirats malgré la fameuse économie de guerre lancée depuis plus de trois ans par Emmanuel Macron. Si la France aide autant qu’elle le peut son partenaire émirien reconnaissant, ce conflit révèle à nouveau et cruellement l’une des vulnérabilités les plus criantes des armées françaises, dont l’armée de l’air : les stocks de munitions complexes sont encore très échantillonnaires. C’est le cas aujourd’hui des missiles MICA fabriqués notamment à la Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher) par MBDA, coentreprise détenue par Airbus (37,5%), le britannique BAE Systems (37,5%) et l’italien Leonardo (25%). La Tribune
To the dear and noble Iranian people, to the free peoples of the world, to all lovers of resistance, and to all Muslims: « A servant of God has joined his Lord as a martyr. » He attained the lofty rank of martyrdom in the blessed pre-dawn hours of Ramadan, along with his faithful son Morteza, the Deputy Secretary of Security at the Supreme National Security Council Ali Reza Bayat, and a group of zealous defenders. Congratulations to him on this station, for it was the natural reward for a path of struggle whose only recompense was this great victory.  Office of Ali Larijani
Le coût de cette guerre, y compris le choc à court terme sur les prix de l’énergie, n’est pas négligeable. Mais les coûts de ne pas mener cette guerre auraient été bien plus élevés. Pendant de nombreuses années, les ayatollahs ont investi d’énormes ressources dans le renforcement des capacités que nous avons vues se manifester, y compris l’attaque par procuration contre Israël le 7 octobre 2023, les attaques contre le transport maritime international en mer Rouge et les frappes de missiles et de drones contre des voisins qui n’avaient pris aucune mesure contre eux. Avant les frappes sur leur programme nucléaire, l’Iran était bien avancé dans la construction d’une bombe. Est-il responsable de laisser de telles armes entre les mains d’une direction cléricale apocalyptique qui ne pourrait certainement pas être considérée comme capable de se retenir d’un Armageddon ? Comment gérerions-nous alors les autres capacités agressives de l’Iran ? Les dirigeants européens, y compris Keir Starmer, passent manifestement à côté de ce point, d’où leur refus de soutenir l’opération américano-israélienne. Oui, ils affirment volontiers que l’Iran ne doit pas posséder ces armes, mais qu’il faut le raisonner par la négociation, et non par la guerre. Cela, malgré l’échec total de la diplomatie remontant à l’accord nucléaire d’Obama en 2015 (traité avec mépris par Téhéran dès le départ). Certains soi-disant experts se plaignent que l’élimination de Larijani ait supprimé leur chère « voie de sortie » vers une solution négociée. Ce n’est pas le moment de négocier, du moins pas avec le régime actuel. C’est le moment de continuer les attaques jusqu’à ce que la menace militaire iranienne soit détruite. Et nous devons espérer que le régime s’effondre à la suite de cela, car s’il ne le fait pas, les capacités démantelées seront reconstruites et il faudra recommencer à les affronter dans 10 ans ou moins. Colonel Richard Kemp (ancien officier de l’armée britannique)
Quand on regarde ce qui est réellement arrivé aux principaux instruments de pouvoir de l’Iran – son arsenal de missiles balistiques, son infrastructure nucléaire, ses défenses aériennes, sa marine et son architecture de commandement des proxies –, le tableau n’est pas celui d’un échec américain. C’est celui d’une dégradation systématique et phasée d’une menace que les administrations précédentes ont laissé croître pendant quatre décennies. (…) Ce que je vois dans la campagne actuelle, c’est une opération militaire reconnaissable qui progresse par phases identifiables contre un adversaire dont la capacité de projection de puissance s’effondre en temps réel. Les lancements de missiles balistiques iraniens ont chuté de plus de 90 % : de 350 le 28 février à environ 25 le 14 mars, selon les données publiques disponibles. Les lancements de drones racontent la même histoire : de plus de 800 le jour 1 à environ 75 le jour 15. Les chiffres tirés des déclarations militaires américaines et iraniennes diffèrent dans les détails mais convergent sur la trajectoire. Des centaines de lanceurs de missiles iraniens ont été rendus inopérants. Selon certains rapports, 80 % de la capacité iranienne à frapper Israël a été éliminée. Les actifs navals iraniens – vedettes rapides d’attaque, sous-marins de poche et capacités de pose de mines – sont en train d’être liquidés. Ses défenses aériennes ont été supprimées au point que les États-Unis font désormais voler des bombardiers B-1 non furtifs dans l’espace aérien iranien, une décision qui signale une quasi-totale confiance dans la suprématie aérienne. La campagne a traversé deux phases distinctes. La première a supprimé les défenses aériennes iraniennes, décapité son commandement et contrôle, et dégradé son infrastructure de lancement de missiles et de drones. Le 2 mars, le Commandement central américain a annoncé une supériorité aérienne locale sur l’ouest de l’Iran et Téhéran, obtenue sans la perte confirmée d’un seul avion de combat américain ou israélien. La deuxième phase, en cours, cible la base industrielle de défense iranienne : usines de production de missiles, centres de recherche à double usage et complexes souterrains où sont stockés les stocks restants. Ce n’est pas un bombardement aveugle. C’est une campagne méthodique pour s’assurer que ce qui a été détruit ne puisse pas être reconstruit. L’Iran fait désormais face à un dilemme stratégique qui se resserre chaque jour. S’il tire ses missiles restants, il expose ses lanceurs qui sont promptement détruits. S’il les conserve, il renonce à sa capacité d’imposer des coûts à la guerre. Les données sur les lancements de missiles et de drones suggèrent que l’Iran rationne sa capacité restante pour des salves politiquement timed plutôt que pour maintenir un tempo opérationnel. Une grande partie des critiques de la campagne américano-israélienne se concentre sur ses coûts tout en traitant le statu quo ante comme s’il était sans coût. Il ne l’était pas. L’Iran est entré en 2026 avec 440 kg d’uranium enrichi à 60 % de pureté – assez, si enrichi davantage, pour une dizaine d’armes nucléaires. Avant les frappes de juin, Téhéran était à moins de deux semaines d’enrichir assez d’uranium pour une bombe nucléaire, selon les évaluations du renseignement américain. À l’époque, l’Agence internationale de l’énergie atomique reconnaissait que l’accumulation par l’Iran de matériau quasi-armes n’avait aucune justification civile claire. La campagne actuelle a endommagé davantage l’installation nucléaire de Natanz. Celle de Fordow reste inopérable. Les installations industrielles de défense nécessaires pour reconstituer la capacité d’enrichissement sont systématiquement ciblées. (…) L’alternative implicite des critiques, la retenue continue pendant que l’Iran avançait vers l’arme nucléaire, est précisément la politique qui a produit la crise en premier lieu. Chaque année de patience stratégique ajoutait des centrifugeuses aux halls d’enrichissement et des kilogrammes au stock. Les limites de la force militaire contre un programme nucléaire sont réelles et, comme d’autres l’ont argumenté ailleurs, les frappes peuvent détruire des installations mais ne peuvent éliminer le savoir. Les 440 kg d’uranium enrichi restent non comptabilisés. Un régime successeur, de n’importe quelle couleur politique, héritera d’un environnement stratégique où le cas du nucléaire de dissuasion a été renforcé, non affaibli. Ce sont de véritables risques à long terme. Mais ce sont des arguments en faveur d’une architecture diplomatique post-conflit complète, pas des arguments contre la campagne elle-même. La fermeture du détroit d’Ormuz domine les commentaires critiques. Le sénateur américain Chris Murphy l’a qualifiée de preuve que le président Donald Trump a mal jugé la capacité de représailles de l’Iran. CNN l’a décrite comme preuve que l’administration a perdu le contrôle de l’escalade de la guerre. La douleur économique est réelle : les prix du pétrole ont flambé, un record de 400 millions de barils de pétrole seront libérés des réserves mondiales, et les États du Golfe font face à des frappes de drones et de missiles sur leurs infrastructures énergétiques. Mais ce cadrage inverse la logique stratégique. Fermer le détroit a toujours été la carte de représailles la plus visible de l’Iran, et toujours un actif en voie d’épuisement. Environ 90 % des exportations pétrolières iraniennes passent par l’île de Kharg puis par le détroit. La Chine, le principal partenaire économique restant de Téhéran, ne peut recevoir le brut iranien tant que le détroit est fermé. Chaque jour où le blocus se prolonge, l’Iran coupe sa propre ligne de vie économique et aliène la seule grande puissance qui l’a constamment protégée aux Nations unies. La fermeture ne fait pas seulement mal à l’économie mondiale ; elle accélère l’isolement de l’Iran. Pendant ce temps, les actifs navals dont l’Iran a besoin pour maintenir le blocus – vedettes rapides, drones, mines, missiles antinavires basés à terre – sont dégradés quotidiennement. Ses bases navales de Bandar Abbas et Chahbahar ont été gravement endommagées. La question n’est pas de savoir si le détroit rouvrira, mais quand et si l’Iran conservera une quelconque capacité navale pour le contester. Les critiques comparent l’escorte de cent pétroliers par jour à un fardeau logistique impossible. Mais on n’a pas besoin d’escorter des pétroliers à travers un détroit si l’adversaire n’a plus les moyens de les menacer. C’est la trajectoire opérationnelle. L’escalade régionale – Hezbollah reprenant les attaques contre Israël, milices irakiennes frappant des bases américaines, Houthis menaçant en mer Rouge – est citée comme la preuve la plus claire de l’échec stratégique américano-israélien. La guerre s’étend, disent les critiques, comme en Irak. Cela méconnaît la dynamique du réseau d’alliances de l’Iran. Mes recherches sur la manière dont les États autorisent la violence par procuration identifient quatre couches de contrôle : légitimation stratégique, coordination opérationnelle, distribution financière-logistique et calibration de la dénégabilité. La campagne actuelle a perturbé les quatre simultanément. L’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei a éliminé le sommet de la pyramide d’autorisation. La nomination de son fils Mojtaba comme successeur, un transfert dynastique sans précédent dans la République islamique, signale une fragilité institutionnelle, non une continuité. La structure de commandement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a été décapitée à plusieurs niveaux – le ministre de la Défense par intérim figurait parmi les tués. Quand les proxies lancent des attaques de représailles dans la région, ce n’est pas la preuve d’un réseau en expansion ; c’est la preuve d’une autorité de réponse pré-déléguée, ce qu’un système de commandement centralisé active quand il anticipe sa propre destruction. La pré-délégation est un signe de désespoir, non de force. Cela signifie que le centre ne peut plus coordonner. Les attaques continueront, mais elles deviendront de plus en plus désordonnées, stratégiquement incohérentes et politiquement coûteuses pour les États hôtes où ces groupes opèrent. Le Qatar et Bahreïn arrêtent des agents de l’IRGC. Le Koweït et l’Arabie saoudite interceptent des drones iraniens sur leur propre territoire. L’environnement régional qui soutenait l’architecture proxy de l’Iran, y compris la tolérance réticente des États du Golfe par peur de représailles iraniennes, est remplacé par une hostilité active. Le Hezbollah est plus faible qu’à aucun moment depuis 2006, dégradé par plus d’un an d’opérations israéliennes avant le début de cette campagne. Les milices irakiennes conservent la capacité de lancer des attaques, mais elles le font dans une région où elles font face à un isolement croissant. Les Houthis au Yémen possèdent une capacité indépendante mais manquent de l’intégration de commandement avec Téhéran qui transforme l’activité de milice en effet stratégique. Ce que les critiques décrivent comme une guerre régionale en expansion est mieux compris comme le spasme mortel d’une architecture proxy dont le centre autorisant a été brisé. La critique la plus politiquement puissante est que l’administration n’a pas de plan final. La rhétorique de Trump lui-même n’a pas aidé : l’oscillation entre « reddition inconditionnelle » et allusions à la négociation, entre changement de régime et déni de changement de régime, nourrit l’impression d’une incohérence stratégique. Seulement 33 % des répondants américains dans un récent sondage Reuters-Ipsos ont dit que le président avait clairement expliqué le but de la mission. Mais le plan final est visible dans le phasage opérationnel, même si la rhétorique l’obscurcit. L’objectif est la dégradation permanente de la capacité de l’Iran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières par les missiles, la latence nucléaire et les réseaux proxies. Appelez cela un désarmement stratégique. Cela est plus proche de l’approche des Alliés envers la capacité industrielle de guerre de l’Allemagne en 1944-1945 que de la guerre américaine en Irak en 2003. L’analogie est imparfaite : un désarmement stratégique sans occupation exige une architecture de vérification et d’application que personne n’a encore proposée, mais la logique opérationnelle est la même. (…) La question est ce qui se passe quand les bombardements s’arrêtent (…) Mais l’absence d’un plan diplomatique public ne signifie pas que la campagne militaire échoue. Cela signifie que la campagne est en avance sur la diplomatie, un problème de séquençage, non stratégique. Les conditions militaires pour un règlement durable – capacité de missiles iranienne trop dégradée pour être reconstruite rapidement, infrastructure nucléaire inaccessible, réseaux proxies fragmentés – sont en train d’être créées en ce moment même. (…)  Cela ne minimise en rien les coûts humains. (…) La flambée des prix du pétrole affecte toutes les économies de la planète. (…) Ces coûts sont bien réels, ils sont graves, et toute analyse qui les ignore est malhonnête. (…) Mais les critiques commettent une erreur différente : ils traitent les coûts de l’action comme si les coûts de l’inaction étaient nuls. Ils ne l’étaient pas. Ils se mesuraient dans l’accumulation lente d’une menace qui, laissée sans contrôle, aurait produit exactement la crise que tout le monde prétend craindre : un Iran doté de l’arme nucléaire capable de fermer le détroit d’Ormuz à volonté, entouré de forces proxies qui pourraient tenir toute la région en otage indéfiniment. Dix-sept jours après, le Guide suprême de l’Iran est mort, son successeur est rapporté blessé et chaque principal instrument de projection de puissance iranienne – missiles, infrastructure nucléaire, défenses aériennes, marine, réseaux de commandement proxies – a été dégradé au-delà d’une récupération à court terme. (…) et la stratégie – la vraie stratégie, mesurée en capacités dégradées plutôt qu’en cycles d’actualités câblées – fonctionne. Muhanad Seloom (Doha Institute for Graduate Studies)
Mais quid des coûts de l’inaction ?

A l’heure où après le nouveau coup de maître des forces israéliennes …
Avec l’élimination du véritable homme fort du régime des mollahs Ali Larjani 
Et après seulement 18 jours de combat la domination toujours plus grande de la coalition israélo-américaine du théâtre iranien …
Avec la décapitation quasi-totale du régime et la destruction, entre missiles, lanceurs, usines, centres de recherches et centres de commandements, de l’essentiel des capacités militaires du pays …
Pendant que continue l’assistance aux mollahs, surprise, des membres fondateurs de l’Axe du mal à Moscou et Pékin …
Comment ne pas voir…
Avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …
Devant tant de signes qui s’accumulent du proche et de plus en probable effondrement du régime iranien …
L’hypocrisie à la fois de nos médias et, des pays du Golfe aux chefs d’Etat européens et leur rues arabes, nombre des acteurs de l’actuelle tragi-comédie…
Comme la France de Macron à cours de munitions en tête dont le régime voyou iranien a pourtant déjà assassiné des centaines de ressortissants
Mais comment aussi ne pas voir, nouveau signe du vent en train de tourner …
Avec la tribune dans Al Jazeera du chercheur Muhanad Selhoom …
L’erreur capitale de la plupart de nos médias et commentateurs …
Qui obsédés par les coûts visibles et immédiats de l’action…
Les critiques historiquement amnésiques et stratégiquement hémiplégiques de l‘intervention iranienne de Trump et Netanyahu…
Agissent comme si les coûts invisibles et cumulatifs d’une inaction prolongée étaient nuls …
Autrement dit que cette même politique de diplomatie sans fin qui a produit la crise en premier lieu …
Sans compter, confirmation de la loi de Tocqueville après une relatif adoucissement de ses conditions, l’oppression et le massacre d’une population entière …
Après le désastre inévitable au ralenti où chaque année de patience stratégique ajoutait des centrifugeuses aux salles d’enrichissement et des kilogrammes au stock …
Ainsi que des missiles toujours plus nombreux, puissants et à plus longue portée …
Avec un Iran doté de l’arme nucléaire et ses forces supplétives capables de tenir en otage indéfiniment toute la région et le monde entier ?
The US-Israeli strategy against Iran is working. Here is why

Every aspect of Iran’s ability to project regional power is being successfully degraded.

Muhanad Seloom
Al Jazeera

Two weeks into Operation Epic Fury, the dominant narrative has settled into a comfortable groove: The United States and Israel stumbled into a war without a plan. Iran is retaliating across the region. Oil prices are surging, and the world is facing another Middle Eastern quagmire. US senators have called it a blunder. Cable news has tallied the crises. Commentators have warned of a long war.

The chorus is loud and, in some respects, understandable. War is ugly, and this one has imposed real costs on millions of people across the Middle East, including the city I live in.

But this narrative is wrong. Not because the costs are imaginary, but because the critics are measuring the wrong things. They are cataloguing the price of the campaign while ignoring the strategic ledger.

When you look at what has actually happened to Iran’s principal instruments of power – its ballistic missile arsenal, its nuclear infrastructure, its air defences, its navy and its proxy command architecture – the picture is not one of US failure. It is one of systematic, phased degradation of a threat that previous administrations allowed to grow for four decades.

I write this from Doha, where Iranian missiles have triggered alerts for residents to take shelter and Qatar Airways has started operating evacuation flights. I lived through four years of war in Baghdad.

I have worked for the US Department of State and advised defence and intelligence agencies in multiple countries. I have no interest in cheerleading for war.

But I have spent my academic career studying how states authorise the use of force through intelligence institutions, and what I see in the current campaign is a recognisable military operation proceeding through identifiable phases against an adversary whose capacity to project power is collapsing in real time.

An arsenal built over decades, dismantled in days

Iranian ballistic missile launches have fallen by more than 90 percent from 350 on February 28 to roughly 25 by March 14, according to publicly available data. Drone launches tell the same story: from more than 800 on Day 1 to about 75 on Day 15.

The figures drawn from US and Iranian military statements differ in detail but converge on the trajectory. Hundreds of Iranian missile launchers have been rendered inoperable. According to some reports, 80 percent of Iran’s capacity to strike Israel has been eliminated.

Iran’s naval assets, fast-attack craft, midget submarines and mine-laying capabilities are being liquidated. Its air defences have been suppressed to the point at which the US is now flying nonstealth B-1 bombers over Iranian airspace, a decision that signals near-total confidence in air dominance.

The campaign has moved through two distinct phases. The first suppressed Iran’s air defences, decapitated its command and control, and degraded its missile and drone launch infrastructure. By March 2, US Central Command announced local air superiority over western Iran and Tehran, achieved without the confirmed loss of a single American or Israeli combat aircraft.

The second phase, now under way, targets Iran’s defence industrial base: missile production facilities, dual-use research centres and the underground complexes where remaining stockpiles are stored. This is not aimless bombing. It is a methodical campaign to ensure that what has been destroyed cannot be rebuilt.

Iran now faces a strategic dilemma that tightens every day. If it fires its remaining missiles, it exposes launchers that are promptly destroyed. If it conserves them, it forfeits the ability to impose costs of the war. Missile and drone launch data suggest Iran is rationing its remaining capacity for politically timed salvoes rather than sustaining operational tempo.

This is a force managing decline, not projecting strength.

The nuclear threshold that previous US presidents accepted

Much of the criticism of the US-Israeli campaign focuses on its costs while treating the status quo ante as if it were cost-free. It was not.

Iran entered 2026 with 440kg of uranium enriched to 60 percent purity – enough, if further enriched, for as many as 10 nuclear weapons. Before the June strikes, Tehran was less than two weeks away from enriching enough uranium for one nuclear bomb, according to US intelligence assessments. At that time, the International Atomic Energy Agency acknowledged that Iran’s accumulation of near-weapons-grade material had no clear civilian justification.

The current campaign has damaged further the Natanz nuclear facility. The one in Fordow remains inoperable. The defence industrial facilities that would be needed to reconstitute enrichment capacity are being systematically targeted.

Reasonable people can disagree about whether diplomatic alternatives were fully exhausted, the Omani-mediated negotiations in February showed real progress, and there are legitimate questions about whether Washington walked away too soon.

But the critics’ implicit alternative, continued restraint while Iran inched towards a nuclear weapon, is the policy that produced the crisis in the first place. Every year of strategic patience added centrifuges to the enrichment halls and kilogrammes to the stockpile.

The limits of military force against a nuclear programme are real, and as others have argued elsewhere, strikes can destroy facilities but cannot eliminate knowledge. The 440kg of enriched uranium remains unaccounted for.

A successor regime of any political colour will inherit a strategic environment in which the case for nuclear deterrence has been strengthened, not weakened. These are genuine long-term risks. But they are arguments for a comprehensive post-conflict diplomatic architecture, not arguments against the campaign itself.

The Strait of Hormuz: Iran’s wasting asset

The closure of the Strait of Hormuz is dominating the critical commentary. US Senator Chris Murphy has called it evidence that President Donald Trump misjudged Iran’s capacity to retaliate. CNN has described it as proof that the administration has lost control of the war’s escalation.

The economic pain is real: Oil prices have surged, a record 400 million barrels of oil will be released from global reserves, and Gulf states are facing drone and missile strikes on their energy infrastructure.

But this framing inverts the strategic logic. Closing the strait was always Iran’s most visible retaliatory card, and always a wasting asset. About 90 percent of Iran’s own oil exports pass through Kharg Island and then the strait.

China, Tehran’s largest remaining economic partner, cannot receive Iranian crude while the strait is shut. Every day the blockade continues, Iran severs its own economic lifeline and alienates the one major power that has consistently shielded it at the United Nations. The closure does not just hurt the global economy; it accelerates Iran’s isolation.

Meanwhile, the naval assets Iran needs to sustain the blockade – fast-attack boats, drones, mines, shore-based antiship missiles – are being degraded daily. Its naval bases at Bandar Abbas and Chahbahar have been severely damaged.

The question is not whether the strait reopens but when and whether Iran retains any naval capacity to contest it. Critics compare the challenge of escorting a hundred tankers daily to an impossible logistical burden. But you do not need to escort tankers through a strait if the adversary no longer has the means to threaten them. That is the operational trajectory.

A proxy network that is fragmenting, not expanding

The regional escalation – Hezbollah resuming attacks on Israel, Iraqi militias striking US bases, Houthis issuing threats in the Red Sea – is cited as the clearest evidence of US-Israeli strategic failure. The war is spreading, the critics say, just as it did in Iraq. This misreads the dynamics of Iran’s alliance network.

My research on how states authorise proxy violence identifies four layers of control: strategic legitimation, operational coordination, financial-logistical distribution and deniability calibration. The current campaign has disrupted all four simultaneously.

The assassination of Supreme Leader Ali Khamenei eliminated the apex of the authorisation pyramid. His son Mojtaba’s appointment as his successor, a dynastic transfer without precedent in the Islamic Republic, signals institutional fragility, not continuity. The Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) command structure has been decapitated at multiple levels – the acting defence minister was among those killed.

When proxies launch retaliatory attacks across the region, this is not evidence of an expanding network; it is evidence of predelegated response authority, which is what a centralised command system activates when it anticipates its own destruction.

Predelegation is a sign of desperation, not strength. It means the centre can no longer coordinate. The attacks will continue, but they will become increasingly uncoordinated, strategically incoherent and politically costly for the host states where these groups operate.

Qatar and Bahrain are arresting IRGC operatives. Kuwait and Saudi Arabia are intercepting Iranian drones over their own territory. The regional environment that sustained Iran’s proxy architecture, including the grudging tolerance by Gulf states fearful of Iranian retaliation, is being replaced by active hostility.

Hezbollah is weaker than at any point since 2006, degraded by more than a year of Israeli operations before this campaign began. Iraqi militias retain the ability to launch attacks, but they are doing so into a region where they face increasing isolation.

The Houthis in Yemen possess independent capability but lack the command integration with Tehran that transforms militia activity into strategic effect. What the critics described as an expanding regional war is better understood as the death spasm of a proxy architecture whose authorising centre has been shattered.

A clear endgame

The most politically potent criticism is that the administration has no endgame. Trump’s own rhetoric has not helped: the oscillation between “unconditional surrender” and hints at negotiation, between regime change and denial of regime change, feeds the impression of strategic incoherence. Only 33 percent of American respondents in a recent Reuters-Ipsos poll said the president had clearly explained the mission’s purpose.

But the endgame is visible in the operational phasing, even if the rhetoric obscures it. The objective is the permanent degradation of Iran’s ability to project power beyond its borders through missiles, nuclear latency and proxy networks.

Call it strategic disarmament. This is closer to the approach of the Allies to Germany’s industrial war-making capacity in 1944-1945 than to the US war on Iraq in 2003. The analogy is imperfect: Strategic disarmament without occupation requires a verification and enforcement architecture that no one has yet proposed, but the operational logic is the same.

No one is proposing to occupy Tehran. The question is what happens when the bombing stops, and here the critics raise a legitimate concern, which Murphy articulated concisely after a classified briefing: What prevents Iran from restarting production?

The answer requires a post-conflict framework that does not yet exist in public: a verification regime, a diplomatic settlement or a sustained enforcement posture. The administration owes the American public and its regional partners a clear account of what that framework would look like.

But the absence of a public diplomatic blueprint does not mean the military campaign is failing. It means the campaign is ahead of the diplomacy, a sequencing problem, not a strategic one. The military conditions for a durable settlement – Iranian missile capacity too degraded to rebuild quickly, nuclear infrastructure inaccessible, proxy networks fragmented – are being created right now.

War is ugly, but the war strategy is working

None of this minimises the human costs. More than 1,400 civilians have been killed in Iran, a moral burden the US and Israel will carry. Oil price spikes are hurting every economy on Earth. At least 11 US service members have been killed. I live with these sirens every day, as does everyone across the Gulf. The costs are real, they are serious, and any accounting that ignores them is dishonest.

But the critics are making a different error: They are treating the costs of action as if the costs of inaction were zero. They were not. They were measured in the slow accretion of a threat that, left unchecked, would have produced exactly the crisis everyone claims to fear: a nuclear-armed Iran capable of closing the Strait of Hormuz at will, surrounded by proxy forces that could hold the entire region hostage indefinitely.

Seventeen days in, Iran’s supreme leader is dead, his successor is reportedly wounded and every principal instrument of Iranian power projection – missiles, nuclear infrastructure, air defences, the navy, proxy command networks – has been degraded beyond near-term recovery. The campaign’s execution has been imperfect, its public communication poor and its post-conflict planning incomplete. War is never clean. But the strategy – the actual strategy, measured in degraded capabilities rather than cable news cycles – is working.

Voir aussi:

 

Trump and Israel are systematically destroying Iran’s ability to threaten others

Yes this operation has costs. But the cost of inaction would have been far greater

Ali Larijani’s scalp is the latest to be taken in the US-Israeli war against Iran, a conflict that has seen a greater scale of regime decapitation than any in history. Larijani’s death may be a pivot point in this war. Officially chief of national security, he had actually been running the country and its war effort since even before Khamenei’s death. He was the last senior figure with the clout and expertise to hold together a largely shattered political and military command structure. There were always power struggles within the regime but they have been dramatically intensified since this war began, not least following the controversial appointment of Khamenei’s son as Supreme Leader. That does not mean the imminent collapse of the government and its forces, but it does seriously harm its chances of survival in the face of further onslaught.

Larijani’s death, some argue the most important in this war, is also symbolic of the remarkable success so far of the US-Israeli campaign. The decapitation strategy is a critical element, aside from the impact on Iran’s offensive and defensive capabilities that the removal of layer after layer of the command chain achieves. If political leaders and military commanders remain hidden in bomb shelters and safe houses it undermines their authority among followers, and if they put themselves in the open they risk rapid elimination as we have seen. It’s Catch-22, and both choices also embolden regime opponents and increase the risk of further uprisings.

Even if the regime survives, its offensive and defensive capabilities have been dramatically reduced over the last two and a half weeks and will potentially be eradicated or neutralised altogether if the war continues.

Much of the nuclear programme has been destroyed, including storage sites, technical and research facilities and nuclear scientists. Significant damage was done by US and Israeli air strikes last June and further  destruction has been achieved in this war.

Ballistic missiles and drones, their launchers, storage depots and manufacturing facilities have been systematically attacked for over 18 days. That has translated to an estimated reduction in firings of up to 90 per cent since the start of the war. In particular Iran is now very short of ballistic missiles, its most dangerous weapons. As well as destruction by attack on the ground by the IDF and US Air Force, Iran has been using up its weapon stocks in largely impotent attacks that have only a small chance of getting to their targets without being shot down.

Iran’s air defences were substantially reduced by Israeli action during the 12-day war. Now the job has been almost totally completed with the US and Israeli air forces able to fly over the country with impunity. Although Tehran tried to rebuild these capabilities, with the aid of Russia and China, they achieved little in 8 months which shows how hard it would be to restore air defences after the ongoing assault.

Iran’s navy is now mostly at the bottom of the sea or burnt out hulks. That does however leave a potential threat from mine-layers disguised as civilian vessels which are much harder to locate and identify. The already clapped out air force, made up largely of 1970s and 80s planes, have not really joined the fight, with many destroyed on the ground and the remainder easily shot down if they dare to take off.

One of the objectives of the US-Israeli coalition is to dismantle or destroy Tehran’s proxy terrorist network. Lebanese Hezbollah, Iran’s jewel in the crown, is again being mauled by the IDF following its decimation in the last two years of war. Hamas, another important proxy, is struggling for its survival in Gaza after the beating it took at the hands of the IDF since 7th October 2023. These remnants will have to be dealt with once the Iran war is stabilised. Adding to the disarray of Iran’s proxies, the Houthis in Yemen haven’t entered the current war and militias in Iraq have achieved minimal effect.

The cost of this war, including the short-term shock to energy prices, is not negligible. But the costs of not fighting the war would have been far higher. Over many years the ayatollahs invested huge resources in building up the capabilities we have seen demonstrated including the proxy attack on Israel on 7th October 2023, attacks on international shipping in the Red Sea and missile and drone strikes against neighbours who had taken no action against them. Before the strikes on their nuclear programme, Iran had been well on the way to building a bomb. Is it responsible to allow such weapons to be in the hands of an apocalyptic, clerical leadership that certainly could not be trusted to restrain themselves from Armageddon? How would we deal with Iran’s other aggressive capabilities then?

European leaders, including Keir Starmer, evidently miss this point, hence their failure to back the US-Israeli operation. Yes, they readily say Iran can’t have these weapons, but they must be reasoned with by negotiation, not war. That, despite the complete failure of diplomacy going back to Obama’s nuclear deal in 2016 which was treated with contempt by Tehran from the start.

Some so-called experts complain that taking out Larijani removed their beloved “off-ramp” of a negotiated solution. This is not the time for negotiation, at least not with the current regime. It is the time to keep attacking until the military threat from Iran is destroyed. And we must hope the regime falls as a result of it, because if it does not then the smashed up capabilities will be rebuilt and will have to be dealt with again in 10 years or less.


Colonel Richard Kemp is a former British Army officer

COMPLÉMENT:

The West should double down on the Iran war

The Spectator

 21 March 2026

Donald Trump may be the volatile leader of an unstable coalition. America’s numerous interventions in the Middle East may have been marked by chaos, inconstancy and the erosion of western prestige. Nato, and even more so the European Union, may be militarily anaemic and economically sclerotic. And the war in Iran may well have intensified fears about American intentions, as well as placing further strains on the Atlantic alliance. But that does not mean now is the time to step away, shake one’s head and lament the un-wisdom of war. It only reinforces the need to finish the job: to rid Iran of its rulers, its regime infrastructure, its nuclear capability and the Islamist nightmare it has endured for almost five decades.

The justifications for this intervention may be contested but what is not in doubt is Iran’s role, over decades, in seeking to de-stabilise its neighbours, foment conflict across the Middle East and acquire nuclear weapons. It has consistently supported Hamas, Hezbollah, the Houthis, fundamentalist militias in Iraq and Islamist movements in every Gulf state. Iran’s agents have been conducting covert operations, including assassinations, across the West. The regime has used organised crime to advance its goals in European nations. It has developed a cyber capability to subvert democracies. And it has used every technique of evasion, deception and dissimulation to build a nuclear stockpile that it can, in time, deploy with devastating effect against the world’s only Jewish state.

Iran has supported the Russian invasion of Ukraine with its drone technology, supported China’s slave economy with its oil exports and unleashed brutal, indiscriminate violence against its own population. The rights of women, homosexuals and ethnic minorities have been suppressed while power and wealth have been concentrated in the hands of ideologues and professional sadists. Rarely has the case for regime change been so compelling. It should have come as no surprise that Iran’s leaders have resisted American and Israeli attacks. These are men who are steeped in blood and committed to terror. They knew that any initial assault would overwhelm their conventional forces so they required defence in depth. The strategy has been to levy a cost on every neighbour that might support action against them and use the fraught geography of the Strait of Hormuz to exact a steep economic price on the West. The regime hopes these costs and that price may prove too heavy a burden for a West they deem irredeemably decadent. After all, our politicians are bound by electoral cycles, short attention spans and economically weakened electorates.

The regime may yet be proven right. America’s Nato allies equivocate over efforts to restore freedom of navigation – a core interest of the West. The traumas of past interventions have encouraged formidable resistance within the US political establishment to deploying ground forces. European political leaders, including our Prime Minister, are courting short-term popularity by resisting what they see as Trump’s ‘adventurism’.

But what would the consequences be if this war was allowed to end with the Iranian regime still in place? Our allies in the Gulf – from Oman to the United Arab Emirates and Saudi Arabia – would be left to reflect on our inconstancy. They would be left, too, with a wounded and resentful Iran, plotting its revenge. Tehran would have renewed incentive to fund terrorist proxies and nuclear missile technology, the better to deter and overawe its neighbours. Russia and China would feel confirmed in their view that a weakened West has neither the strength nor the stamina to resist their own adventurism. Iran’s people would see the democracy they dreamt of vanish beyond the horizon, and those who had been anything other than fierce in their loyalty to the regime would be crushed underfoot.

What of the West? Those celebrating such an outcome would be the ‘post-colonial’ left, who would rejoice in an epochal reversal of American power, and the ethno-nationalist right, who rage against Israel, Jewish influence and ‘the Epstein class’ which, as they see it, dragged us into a costly and counter-productive debacle. These are the forces within western society that disdain western civilisation itself – liberal, open, capitalist, creative, Judeo-Christian and confident. These people would feel emboldened in their drive towards identitarianism, division and communal enmity.

Victory in Iran, by contrast, would give that country the chance to show the world what a free, successful, post-Islamist but majority-Muslim society could achieve. It would liberate the talents, voices, and consciences of millions. It would undergird the stability and prosperity of Gulf powers and their orientation towards the West, with the leadership of nations such as the UAE in the vanguard. It would liberate Israel from existential threat and enable both an accommodation with its Palestinian neighbours and western support to that end. It would re-affirm the ability of the West to secure its strategic goals through united deployment of military strength and thus bolster the defence of Ukraine and the security of Taiwan. It would place control of oil and gas in the hands of western allies to counter the huge economic advantages that China has built up.

Victory is far from easy or assured. It will require a commitment of time, troops and patience that has so far not been articulated. But if that commitment is not made then the price will be far higher than what we might endure in the weeks ahead. We can either finish the job in Iran, or it will finish us.

Voir également:

Hoaxology: Analyzing a Propaganda Article #1
Today’s Case Study: “Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom”
Ryan Virtanen
Mar 19, 2026

Today’s Case Study: “Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom” (AP , March 15, 2026)

Today we are doing something different.

Instead of telling you a story was fake, we are going to teach you how to read a propaganda piece using Hoaxology. We are going to take a real article from a major publication – AP- published this week, and go line by line through the techniques being used to shape what readers think.

The article is from the Associated Press. It ran everywhere. Most people read it and don’t even realize the seeds it’s planting in their subconscious minds. This article was a masterclass in legacy media manipulation. Once you see the techniques, you cannot unsee them.

Here is the original article link.

Let’s go.

THE HEADLINE

“Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom”

Technique: Conclusion Laundering

The headline is not a fact. It is a verdict of sorts. “Knocked back on his political heels” is an editorial conclusion presented as a news observation. Before you read a single word of the article, you have been told how to interpret everything that follows. It’s kind of like Scott Adams’ “thinking past the sale”. This is Conclusion Laundering- packaging an opinion as a neutral description so readers absorb it as fact without realizing they are being persuaded.

Notice also what the headline foregrounds. Not military progress. Not strategic objectives. Not Iranian casualties or destroyed weapons systems. The headline foregrounds Trump’s political standing and the midterms. The war is being framed as a political liability story, not a military story. That framing choice is itself the manipulation.

ASSERTION STACKING

“In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels. He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets.”

Technique: Assertion Stacking

Count the assertions packed into these two sentences:

Trump is “knocked on his political heels.” Trump is “increasingly agitated.” Trump has “failed” to explain the war. His explanations do not “resonate.” The public is “concerned” about deaths, oil prices, and markets. Lots of verbs here. This is called assertion stacking.

Every single one of these is a conclusion, not a fact. None of them are sourced. None of them have a named witness. Assumptions from afar. The AP simply states them as though they are self-evident observations. This is Assertion Stacking- loading a paragraph with multiple editorial conclusions presented without evidence so that each one makes the next one feel more credible by proximity.

By the time you reach sentence three, you have accepted five contested claims as established background facts. The rest of the article is built on top of that foundation.

THE EXPERT QUOTE

“’I don’t think President Trump… understood what he was getting into,’ said Karim Sadjadpour, a senior fellow at the Carnegie Endowment for International Peace.”

Technique: Single Source Authority

Notice what is happening here. A sweeping conclusion about the president’s understanding of a military operation is sourced to a single think tank fellow at the Carnegie Endowment for International Peace. This is an organization with a well-documented institutional bias toward diplomacy over military action and toward internationalist foreign policy. His opinion is presented not as one perspective among many but as expert testimony, given the full weight of authority.

Where is the counterbalancing expert who believes the operation is proceeding according to plan? Where is the retired general? Where is the CENTCOM official? They do not appear. This is Single Source Authority where the propagandists select one expert whose opinion matches the narrative you want to tell and presenting their view as the expert consensus.

THE POLLING PARAGRAPH

“Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining.”

Technique: Vague Sourcing

“Even some of his supporters.” Who? How many? What poll? What was the baseline? What is the margin of error? None of this is provided. The phrase “even some of his supporters” is designed to trigger a specific emotional response — the suggestion of defection, of a coalition cracking — without providing any evidence that this is actually happening at meaningful scale.

“His overall poll numbers are declining.” Declining from what? By how much? Compared to what previous measurement? On what question specifically? Again, nothing. The reader is left to fill in the blanks with their imagination, which is exactly what the technique intends.

THE MOSCOW PARAGRAPH

“Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine.”

Technique: Guilt by Consequence

This paragraph does not accuse Trump of colluding with Russia. It is smarter than that. It simply places Trump’s policy decision next to the outcome that Russia benefits, without explaining the strategic rationale — which is that easing oil sanctions temporarily was a calculated move to stabilize global energy markets during a Strait of Hormuz crisis. By omitting the rationale and simply juxtaposing “Trump decision” with “Russia benefits,” the article plants an association it never has to defend.

This is Guilt by Consequence — linking a decision to a negative outcome without establishing that the decision was wrong, uninformed, or made for the wrong reasons. The implication does the work that the evidence cannot.

THE CLOSING QUOTE

“’They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,’ said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee.”

Technique: Partisan Source Presented as Neutral Observer

The National Democratic Training Committee trains Democratic candidates and campaign staff. Its CEO is a professional Democratic Party operative whose entire career and organization exist to elect Democrats and defeat Republicans. He is not a defense analyst. He is not an intelligence official. He is not a military expert.

He is a partisan. And he is quoted as the closing voice of the article — the last word the reader receives — without his affiliation being given its full weight. The article identifies his organization but does not characterize what it does. A reader who does not already know would have no idea they just received the Democratic Party’s messaging as the article’s conclusion.

This is Partisan Source Presented as Neutral Observer — selecting a political operative for a quote that frames the entire story and burying their partisanship in organizational language rather than clear disclosure.

WHAT THEY LEFT OUT

The article does not mention the Institute for the Study of War’s assessment that the campaign is achieving its military objectives. It does not mention CENTCOM’s report that over 100 Iranian naval vessels have been destroyed. It does not mention that Iran’s foreign minister told CBS News that Iran’s most advanced missiles have not yet been fired — meaning the retaliation capacity Democrats claim has been “underestimated” has still been held in reserve, which suggests Iran itself is not confident enough to use its best weapons.

Omission is not neutral. Choosing what to leave out is the most powerful editorial decision a journalist makes, and the most invisible one.

THE BOTTOM LINE

This article is not lying. That is what makes it effective. Every sentence is technically defensible. The techniques work precisely because they operate just inside the line of outright fabrication.

What the article is doing is selecting, framing, sourcing, and concluding in ways that systematically produce one impression: that Trump is failing, that the war is a disaster, and that Democrats are right to oppose it.

That impression is built not from facts but from technique.

Now you know the techniques. Read accordingly.

Voir de plus:

Iran is on the brink of collapse
Con Coughlin
The Telegraph
19 March 2026

One by one, the architects of Iran’s brutal Islamic dictatorship are being eliminated in a war the ayatollahs have absolutely no prospect of winning. From the assassination of the country’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, at the start of the joint US-Israel campaign, to the killing of Ali Larijani, the country’s national security chief, the edifice of the regime that has terrorised the Iranian people for nearly five decades is being destroyed.

While Khamenei directly controlled all-powerful state institutions, such as the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), which was established in the early days of the Iranian revolution to defend the regime’s uncompromising Islamic agenda, it was apparatchiks like Larijani who oversaw the implementation of the brutal oppression that has cost tens of thousands of Iranians their lives.

Larijani’s other responsibilities included running the extensive network of terrorist organisations operating across the globe – including in the UK – as well as overseeing the development of Tehran’s nuclear programme, which most Western intelligence agencies believe is aimed at producing nuclear weapons.

Far from being the “reasonable” individual lauded by BBC World Affairs Editor, John Simpson, Larijani was the Beria of the Islamic revolution, a fanatic who personally had Iranian blood on his hands.

The systematic elimination of key figures in the Islamic Republic is not only vital to degrading the regime’s ability to survive the war. It could ultimately provide the long-oppressed Iranian people with the opportunity to establish a new, more accountable system of government that could lead to the international rehabilitation of this ancient land.

This is why it is no time for world leaders to lose their nerve. On the contrary, when all the key indices suggest the respective American and Israeli military campaigns are achieving their objectives, this is a moment to demonstrate resolve by seeing the war through to its logical conclusion – the destruction of the Islamic regime, and the eradication of the threat posed by its nuclear programme.

In purely military terms, the first two weeks of America’s Operation Epic Fury and Israel’s Operation Roaring Lion have achieved impressive results. Total air superiority – a key element in the success of any modern military campaign – has been established so that US and Israeli warplanes can operate at will.

The regular Iranian navy has all but been destroyed, while the country’s ballistic programme has been severely diminished, with Israeli officials claiming that between 160 and 190 launchers have been destroyed, and another 200 disabled. Iranian ballistic missile attacks have fallen by 90 per cent since hostilities began.

Unsurprisingly, the intensity of the joint US-Israeli assault has prompted reports of Iranian military personnel refusing to obey orders, and even deserting their posts, which, if true, only adds to suggestions the regime is nearing the point of collapse.

And while much attention is being paid to the effect Iran’s attacks are having on international energy markets, it is important to remember the impact the war is having on Iran’s already decimated economy.

This is especially so after the Trump administration’s recent attack on Iran’s Kharg Island, through which 90 per cent of Iranian oil exports flow. The vulnerability of Iran’s own energy sector was highlighted again yesterday following Israel’s attack on the South Pars gas field, severely disrupting Iranian gas exports to neighbouring Iraq.

So long as Iran does retain some defensive capabilities, the possibility remains that it can continue to disrupt global energy supplies, particularly if Tehran continues to threaten the Strait of Hormuz with mines and suicide drones.

Yet, with neither the Trump administration nor Israel showing any inclination to halt hostilities, a tipping point could soon be reached whereby the regime does not have the leadership nor the resources to defend itself, thereby opening the way for the third and final stage of the military campaign – regime change.

When that happens, Sir Keir Starmer’s attempts to avoid involvement in the conflict will seem even more ludicrous, especially if the war ends with the removal of a regime that has made no secret of its innate hatred for the UK.

If our Prime Minister has an iota of political acumen, then he would be working round the clock to assemble a military task force with the ability to both defend our interests and provide security for the wider Gulf region. It is a proposition that is perfectly feasible irrespective of the current hollowed-out state of our Armed Forces.

With the requisite political direction from Downing Street, the UK could at the very least deploy an aircraft carrier together with a detachment of Royal Marines. The fact that the US is sending marines to the Gulf suggests there is still an important role for these specialised forces to play in the conflict. Having forces deployed does not mean they have to be committed to combat.

Authorising such deployment – even at this late stage – would at least give the UK options to respond to this fast-moving situation. This could become a major priority if the war ultimately results in the collapse of the Iranian regime.

Voir de plus:

Two weeks into Iran war, Trump knocked back on his political heels as midterms loom

US president appears unable to explain why he launched conflict or how he plans to end it, to an American public that feels it’s paying the price

US President Donald Trump speaks to reporters aboard Air Force One, March 15, 2026, en route from West Palm Beach, Florida, to Joint Base Andrews, Maryland. (AP Photo/Mark Schiefelbein)

ABOARD AIR FORCE ONE (AP) — In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels.

He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets. Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining.

Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine.

Then there are Democrats, who were left reeling after Trump won the 2024 election. With control of Congress at stake in November’s midterms, the party has come together to oppose Trump’s Iran policy and point to the economic turmoil as proof that Republicans haven’t kept their promises to bring down everyday costs.

“I think Democrats are well-positioned for this November and the midterms,” said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee, which trains party backers to run for office and staff campaigns.

Dietrich said the past two weeks show the Trump administration has failed at long-term planning. “They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,” he said.

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Trump let some of his frustrations show on Air Force One as he flew back from a weekend at his Mar-a-Lago estate in Florida, lashing out at allies and other countries dependent on Middle Eastern oil for not doing more to counter Iran and specifically name-checking British Prime Minister Keir Starmer, who he said initially declined to put British aircraft carriers “into harm’s way.”

“Whether we get support or not,” Trump said, “I can say this, and I said to them: We will remember.”

Trump seeks help securing the Strait of Hormuz

The president spent much of his weekend at his golf club in West Palm Beach, Florida. He also attended a closed-door fundraiser for his MAGA Inc. super PAC at Mar-a-Lago on Saturday night.

Last weekend, Trump played golf at another of his South Florida properties a day after witnessing the dignified transfer for six US soldiers killed in the Iran war. A political action committee used a photo of the solemn event in a fundraising email, but Trump brushed off a question about whether it was appropriate, saying “there’s nobody that’s better to the military than me.”

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Trump and his White House have increasingly complained about media coverage of the conflict. On Saturday, he cheered on his broadcast regulator for threatening to pull broadcast licenses unless they “correct course.”

He angrily told reporters flying with him on Air Force One that coverage of the war had been influenced by Iranian propaganda, which exaggerated the military and political strength of Iran’s leaders and their support among the country’s people.

The president — who kept allies other than Israel in the dark about his war plans for Iran — this weekend began suggesting the US would need to lean on the international community to help oil tankers move through the Strait of Hormuz, where transportation has been severely disrupted, throwing global energy markets into a tailspin.

Iran has said it plans to keep up attacks on energy infrastructure and use its effective closure of the strait as leverage against the United States and Israel. A fifth of the world’s traded oil flows through the waterway.

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Trump said the US was talking to “about seven” countries about providing military support to help reopen the strait. But he wouldn’t say which ones and gave no indication of when such a coalition might be formed.

“It’s something that we don’t need and these countries do need,” the president said, adding “I think it’s a good thing for other countries to come in.”

Singling out allies in Europe, Trump also said, “We’re always there for NATO” and “It’d be interesting to see what country wouldn’t help us with a very small endeavor.”

“Really I’m demanding that these countries come in and protect their own territory,” Trump said.

US President Donald Trump gestures to the media as he walks on the South Lawn upon his arrival to the White House, March 15, 2026, in Washington. (AP Photo/Jose Luis Magana)

But other countries have reacted to that call only cautiously so far.

South Korea plans to “closely coordinate and carefully review” Trump’s comments, while Japan is closely watching developments. Britain’s defense ministry said it was “discussing with our allies and partners a range of options to ensure the security of shipping in the region.”

A spokesperson for the Chinese Embassy in Washington said keeping the strait “safe and stable serves the common interests of the international community” and that “as a sincere friend and strategic partner of Middle Eastern countries, China will continue to strengthen communication with relevant parties.” Trump — who is slated to visit Beijing later this month — declined to say whether China would join the effort.

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Trump had pledged at the beginning of the war that US naval ships would escort tankers through the waterway. But that hasn’t happened yet.

In the meantime, questions about the strait continue to undermine Trump’s recent pronouncement during a Kentucky rally that, “We’ve won.”

“You know, you never like to say too early you won. We won,” he said. “We won the, in the first hour, it was over.”

The war has far-reaching political implications

The US Treasury Department announced this past week a 30-day waiver on Russian sanctions, aiming to free up Russian oil cargoes stranded at sea to help ease supply shortages caused by the Iran war.

That’s despite analysts saying that spiraling oil prices due to Persian Gulf production blockages are benefiting the Russian economy. Moscow relies heavily on oil revenue to finance its war on Ukraine, and sanctions were a growing handicap.

Some of Washington’s key allies have decried the move as empowering Putin. Ukrainian President Volodymyr Zelensky called easing sanctions “not the right decision” and said it “certainly does not help peace” because it leads to a “strengthening of Russia’s position.”

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With midterm races now starting to heat up, Trump was asked about the potential political impact of voters seeing gas prices jump.

“Politically, sure, everybody has concern — I have to do what’s right,” Trump said Sunday night. “I can’t say that ‘Gee, I don’t want to have any impact on oil prices for three or four weeks, or two months, and we’re going to let Iran have a nuclear weapon.’”

Energy Secretary Chris Wright said of higher energy prices on NBC’s “Meet the Press” that “Americans are feeling it right now” and would “for a few more weeks.”

ImageIran also has even divided Trump’s “Make America Great Again” base, between those who support the action and others who say that Trump expressly campaigned on ending wars.

The political turbulence has some Democrats predicting their party could see midterm gains rivaling 2018’s “blue wave” election during Trump’s first term.

“Democrats just have to keep reminding people that he made a promise to bring prices down, and they’re still going up,” Democratic strategist Brad Bannon said of Trump. “And now they’re going to go up even more because prices in gasoline can increase prices of everything else, including at the grocery store.”

Voir enfin:

Le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Massoud Pezeshkian lors d'une rencontre au Kremlin à Moscou le 17 janvier 2025.
Entre assistance cyber, partage de renseignement, approvisionnements technologiques ou soutien économique envers l’Iran, la Russie et la Chine cherchent à préserver leurs intérêts stratégiques. Jusqu’où ces deux puissances sont-elles réellement prêtes à aller pour soutenir l’Iran ?
Viatcheslav Avioutskii et Yohan Briant
Atlantico

14 mars 2026

Atlantico : Au-delà des déclarations diplomatiques, quelle forme concrète prend aujourd’hui le soutien de la Russie à l’Iran ? Jusqu’où Moscou serait-il prêt à aller sans entrer directement en confrontation avec les États-Unis ou Israël ?

Yohan Briant : Pour répondre à cette question, il faut presque commencer par la fin : jusqu’où Moscou serait-il réellement capable d’aller ? La première chose à examiner est en effet la capacité d’action de la Russie. On n’en a pas toujours l’impression, mais la Russie connaît aujourd’hui des difficultés importantes. Sur le plan économique comme sur le plan opérationnel, ses capacités restent relativement limitées. La Russie vend son or, ses marges financières sont contraintes, et son appareil militaire est très sollicité.

Cela étant dit, la Russie reste une puissance scientifique et technique. Elle dispose de compétences humaines très solides, notamment dans le domaine cyber. Et c’est précisément un domaine dans lequel elle peut s’engager plus facilement, parce qu’elle possède l’expérience et les capacités nécessaires. Le cyber présente en outre un avantage stratégique majeur : il permet d’agir sous le seuil du conflit ouvert. On est dans des zones grises, des opérations difficiles à attribuer avec certitude, ce qui laisse une marge d’ambivalence sur le soutien apporté. Cette ambiguïté est souvent la forme de soutien la plus efficace.

Si l’on regarde la situation régionale, la Russie a par ailleurs perdu un point d’appui essentiel avec l’affaiblissement de sa présence en Syrie. Cela limite ses possibilités d’intervention directe au Moyen-Orient. En réalité, Moscou n’a plus tant de capacités que cela pour s’impliquer militairement dans la région ; le cyber reste donc l’un des rares domaines où elle peut peser.

Sur le plan stratégique, la Russie se trouve aussi dans une position ambivalente vis-à-vis des États-Unis. La relation entre Donald Trump et Vladimir Putin a souvent oscillé entre signaux d’ouverture et tensions, ce qui rend la situation difficile à lire. On l’a vu avec certains épisodes récents, comme l’arraisonnement d’un navire russe lié au Venezuela. Dans ce contexte, il est probable que Vladimir Poutine adopte une posture de retenue et d’attente.

La Russie observe aussi les divergences potentielles entre les objectifs américains et ceux d’Israël. Les États-Unis ont généralement une approche plus pragmatique, soucieuse de préserver un certain ordre régional et les relations avec les partenaires du Golfe. Israël, lui, peut avoir des objectifs plus radicaux, comme la destruction du régime iranien, sans forcément se projeter sur ce qui viendrait après. Si le conflit devait durer, ces divergences pourraient apparaître plus nettement. On pourrait même imaginer, dans certaines circonstances, une tentative américaine de négociation avec les Gardiens de la révolution si le pouvoir iranien évoluait vers un régime plus militarisé.

La Russie est consciente de ces dynamiques. Dans ce contexte, un soutien cyber à l’Iran lui permet d’intervenir tout en conservant une distance stratégique. Cela lui offre une marge d’action sans exposition directe.

Par ailleurs, la posture russe a été très prudente au début du conflit. Une implication trop visible aux côtés de l’Iran aurait été risquée si le régime iranien s’était effondré rapidement. Aujourd’hui, la situation semble plus incertaine et le conflit pourrait durer, notamment en raison de la culture du martyre qui caractérise les Gardiens de la révolution. Dans ce contexte, il est possible que le soutien russe évolue progressivement.

Donald Trump a admis dans une récente interview que Vladimir Poutine aidait l’Iran contre les Etats-Unis, notamment pour viser des cibles américaines. Quelle pourrait être cette aide fournie par la Russie à l’Iran, notamment via les services de renseignement ?

Viatcheslav Avioutskii : La Russie dispose de capacités beaucoup plus importantes pour mener ce type d’activité. Historiquement, les services de renseignement russes, très liés au régime, ont toujours bénéficié d’un réseau extrêmement développé à l’étranger. Depuis l’époque soviétique, ces réseaux n’ont pas disparu.

Il existe une présence russe assez importante à Dubaï, où la présence iranienne est également très forte. Les Russes ont aussi été récemment beaucoup plus actifs au Qatar, mais également en Arabie saoudite. Ils disposent de relais locaux.

D’une manière générale, le renseignement russe possède davantage d’expérience et se révèle plus performant. Il dispose de capacités d’analyse et de croisement des informations plus importantes. La connaissance par la Russie des infrastructures américaines dans les pays du Golfe est plus développée que celle de l’Iran. La Russe a éventuellement pu partager ce type d’informations.

Il n’est pas exclu non plus que certains satellites aient été utilisés, permettant de suivre le déplacement de systèmes antiaériens ou d’autres moyens militaires américains et israéliens présents dans la région du Golfe.

Les Américains, qui se préparaient à la guerre, ont choisi de frapper les premiers plutôt que de rester exposés dans leurs bases en attendant une riposte. Leurs unités ont probablement été déplacées, ce qui se produit de manière tout à fait naturelle. Les lance-missiles, tout comme les systèmes antiaériens, ne restent jamais longtemps au même endroit.

L’Iran ne dispose pas de toutes les capacités nécessaires pour détecter ces systèmes. Le pays manque d’expérience dans ce domaine. Contrairement à la Russie, l’Iran n’a pas été engagé dans une guerre conventionnelle lui permettant de développer la capacité de repérer les systèmes mobiles antimissiles ou les rampes de lancement.

La Russie, en revanche, a réussi à développer ces compétences et est beaucoup plus adaptée. Il ne faut pas oublier que, avec l’armée ukrainienne, l’armée russe est aujourd’hui l’une des armées les plus expérimentées au monde dans la conduite d’une guerre conventionnelle de nouvelle génération.

C’est donc ce type de renseignement que les Russes peuvent potentiellement transmettre à leur allié iranien.

Malgré une certaine condamnation de cette guerre en Iran par la Russie, on constate que ces condamnations restent assez modérées, même si la question a été évoquée au Conseil de sécurité.

Dans le même temps, la Russie tente de rester présente, même sous une forme réduite ou à travers une équipe très limitée, à un niveau inférieur. Le principal canal d’influence dont elle dispose aujourd’hui est le renseignement et le partage d’informations.

La seconde dimension du soutien de la Russie à l’Iran pourrait être la fourniture de certains matériels militaires disponibles et potentiellement critiques dans la situation actuelle. Il est peu probable que la Russie soit aujourd’hui capable de fournir des missiles à l’Iran, car elle en a elle-même besoin sur le front ukrainien. En revanche, la Russie pourrait tout à fait partager avec l’Iran des équipements de dernière génération dans le domaine des drones, ainsi que différents types de technologies associées.

La Russie dispose notamment de drones intercepteurs et de systèmes qui semblent aujourd’hui plus développés que les drones iraniens, lesquels ont parfois servi de prototypes. Il est donc possible qu’il ne s’agisse pas nécessairement de fournir directement des drones, mais plutôt de transmettre certaines technologies.

Il est également possible que l’expérience soit partagée à travers la présence de conseillers militaires.

La Russie cherche surtout à préserver un minimum d’influence auprès de l’Iran, car une absence totale ou une passivité complète serait interprétée, du point de vue de Téhéran, comme une rupture stratégique, ce que la Russie ne peut pas se permettre.

Il est important toutefois de rappeler que l’accord de défense signé avec la Russie ne prévoit pas un engagement militaire direct de la Russie aux côtés de l’Iran contre un agresseur externe. Il ne prévoit pas non plus une fourniture automatique d’armes à l’Iran. Chaque livraison doit faire l’objet d’un dossier spécifique.

La question logistique n’est pas simple également, puisque la Russie ne possède pas de frontière terrestre commune avec l’Iran. Les livraisons doivent donc passer soit par l’Azerbaïdjan, soit par la mer Caspienne. Ce n’est donc pas une route particulièrement directe. S’il y a eu des livraisons de certains équipements militaires, elles ont probablement dû se faire par voie aérienne.

Les drones russes et les drones iraniens de longue portée sont assez similaires. Il faut donc mener un travail d’analyse très approfondi pour parvenir à les distinguer, d’autant plus que leurs composants sont souvent d’origine chinoise.

Au début de la guerre en Ukraine, les drones iraniens utilisés par l’armée russe ont parfois simplement été rebaptisés. Le nom changeait et la présentation était adaptée, ce qui rend l’identification plus complexe.

Si Donald Trump a fait ce type de déclaration sur l’influence de la Russie en Iran, il s’agit probablement d’un message adressé directement à Vladimir Poutine, avec lequel il a eu une conversation il y a quelques jours. Il est possible que le président américain dispose d’informations auxquelles nous n’avons pas accès. Il pourrait s’agir de renseignements militaires ou d’informations provenant d’agents présents sur le terrain.

Il existe en effet des éléments indiquant que des agents américains opèrent au sein même de certaines structures de l’armée russe, y compris dans des centres de décision à un niveau relativement élevé. Ces informations apparaissent notamment à travers des fuites régulières.

La Chine est aujourd’hui le principal soutien économique de l’Iran : elle achète une grande partie de son pétrole malgré les sanctions et investit dans ses infrastructures énergétiques. Ce soutien constitue-t-il une assurance-vie stratégique pour le régime iranien ?

Yohan Briant : Je ne dirais pas que c’est une assurance-vie au sens strict. En revanche, cela contribue clairement au maintien du régime et à sa capacité à poursuivre son effort de guerre. Il existe déjà des cadres de coopération entre la Chine et l’Iran. L’Iran est membre de l’Organisation de coopération de Shanghai, ce qui crée un cadre de coopération politique et sécuritaire.

Mais il faut aussi rappeler que la Chine, contrairement aux États-Unis, dispose de très peu d’alliances formelles. Elle n’a pratiquement pas de traités d’alliance, à l’exception d’un ancien accord avec la Corée du Nord. Sa politique étrangère reste très pragmatique. Les relations économiques sino-iraniennes sont largement centrées sur les matières premières : la Chine est la cible de près de 80 % des exportations iraniennes de pétrole brut.

Dans cette logique, la Chine pourrait très bien poursuivre ses relations économiques avec un autre pouvoir iranien si le régime actuel disparaissait. Ce qui importe avant tout pour Pékin, c’est la stabilité. Un effondrement de l’Iran, une guerre civile ou un éclatement territorial seraient beaucoup plus problématiques pour les intérêts chinois. La Chine soutient donc un certain statu quo.

Ce soutien s’inscrit aussi dans une bataille de récits. Pékin cherche à présenter les États-Unis comme une puissance impériale déstabilisatrice, tandis que la Chine se positionne comme garante d’un ordre international stable. Elle se présente comme une puissance réformatrice de cet ordre international, alors que la Russie adopte davantage une posture de contestation et de fragmentation.

Dans ce contexte, la Chine peut afficher un soutien économique relativement visible à l’Iran tout en restant certaine de préserver ses intérêts à long terme.

La Chine pourrait-elle utiliser ce conflit en Iran pour développer ses activités de renseignement face aux États-Unis, dans le cadre d’une rivalité plus large avec les Américains, voire comme une forme de répétition stratégique en vue d’une confrontation autour de Taïwan ?

Viatcheslav Avioutskii : Cela est possible. Juste avant le déclenchement de l’opération, le 28 février dernier, l’Iran a organisé des manœuvres navales communes avec la Russie et la Chine. Cela prouve l’existence de contacts réguliers entre l’armée russe et l’armée iranienne, ainsi qu’entre l’armée iranienne et l’armée chinoise.

Cependant, ces manœuvres n’ont manifestement pas permis d’empêcher l’intervention. Elles ont simplement contribué à la retarder d’environ deux semaines. Les Américains ont en effet choisi de ne pas intervenir pendant la présence d’unités de la marine russe ou de la marine chinoise.

La Chine reste très prudente sur le conflit en Iran. Si l’on compare l’aide chinoise apportée actuellement à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, celle-ci demeure limitée. Elle consiste principalement en la fourniture de composants critiques, notamment des puces électroniques destinées aux drones ou à certains équipements militaires lourds comme les chars, dont certains composants sont aujourd’hui fabriqués en Chine.

Il existe également des exemples montrant la prudence chinoise. La Chine a interdit l’exportation d’uniformes militaires vers la Russie. Les uniformes ne semblent pas, en apparence, représenter un élément critique dans une guerre. Pourtant, une partie des uniformes militaires, notamment ceux de couleur kaki, est produite en Chine. De nombreuses armées, y compris occidentales, achètent ce type d’uniformes en raison de leur coût de production relativement faible. Malgré cela, la Chine a officiellement décidé d’interdire cette exportation afin d’éviter d’être soupçonnée d’apporter un soutien direct à la Russie.

L’aide chinoise reste limitée à une coopération commerciale dans certains secteurs précis. Elle concerne notamment les puces électroniques, les composants de drones ou encore des drones civils, qui peuvent ensuite être modifiés ou rééquipés pour un usage militaire.

Si une aide existe aujourd’hui entre la Chine et l’Iran, elle pourrait suivre une logique similaire. Il s’agirait plutôt de la fourniture de drones ou, plus probablement, de composants technologiques.

Nous allons entrer dans la troisième semaine de guerre. L’Iran a déjà commencé à épuiser son stock de drones. Les usines de fabrication de drones fonctionnent actuellement à plein régime. Les composants nécessaires à la fabrication de ces drones ne se trouvent pas aujourd’hui en Iran, mais en Chine. D’une manière ou d’une autre, ils doivent donc être acheminés vers l’Iran. Les Chinois participent probablement à ce type de livraisons. Il ne s’agit pas directement d’armes, mais plutôt de matériel pouvant être utilisé pour la fabrication de certains types d’armements. La Chine serait donc beaucoup plus prudente que la Russie et se limiterait à des livraisons très ponctuelles de matériels spécifiques.

Concernant le renseignement, la Chine dispose de quelques satellites, mais ils sont moins nombreux et servent surtout à couvrir l’espace géographique chinois.

Les satellites russes, en revanche, semblent pouvoir couvrir ponctuellement le Moyen-Orient. Le système satellitaire russe est légèrement plus développé que le système chinois.

Pour contrer les stratégies et les plans de la Russie et de la Chine en Iran, les États-Unis pourraient-ils compter sur une nouvelle vague de manifestations dans les rues iraniennes afin de fragiliser davantage le régime iranien ? Les services de renseignement occidentaux, notamment le Mossad ou la CIA, peuvent-ils permettre d’encourager et de déclencher de nouvelles manifestations contre le régime des mollahs ?

Viatcheslav Avioutskii : Je doute que les agents israéliens ou américains puissent parvenir à déclencher une nouvelle série de manifestations.

Les dernières manifestations en Iran ont eu lieu à la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier. Il s’agissait de manifestations spontanées qui se sont propagées très rapidement et qui reflétaient le mécontentement d’une grande partie de la population iranienne à l’égard du régime.

L’activité des services secrets pourrait-elle relancer ces manifestations ? Les agents constituent une ressource très rare. Cela ne concerne pas uniquement des Israéliens présents en Iran. Certains agents sont des Iraniens qui sont en contact avec les Israéliens pour des raisons diverses, parfois financières, parfois idéologiques.

Lorsque ces agents sont découverts, ils sont exécutés sans pitié. Israël ne va pas utiliser aujourd’hui ces agents, dont le nombre est limité, pour tenter de relancer des manifestations d’ampleur. Le risque serait trop élevé qu’ils soient identifiés, arrêtés ou exposés s’ils apparaissaient parmi les leaders de ces manifestations.

Après les manifestations et les représailles massives qui ont coûté la vie à plus de 30 000 personnes en Iran, de nouvelles manifestations ne pourraient être déclenchées que par un événement particulièrement grave, par exemple le début de l’effondrement du régime politique ou militaire en Iran.

Il me paraît très difficile d’imaginer à nouveau des dizaines ou des centaines de milliers de jeunes descendre dans la rue pour risquer d’être massacrés même si les autorités sont actuellement très occupées à répondre aux attaques américaines.

Les Kurdes auraient pu jouer un rôle de déclencheur de manifestations massives, dans la mesure où le séparatisme et une attitude pro-démocratie auraient pu se rejoindre.

Cependant, d’après les informations dont je dispose, Téhéran aurait formulé une proposition préventive. Les autorités iraniennes auraient proposé aux Kurdes d’Iran l’octroi d’une autonomie nationale en échange de leur neutralité pendant ce conflit.  Dans les banlieues de Téhéran, de nombreuses minorités sont présentes, notamment des populations azéries et des Kurdes dans certaines zones.

Les habitants sont aujourd’hui principalement préoccupés par leur sécurité personnelle. Après les premiers jours, lorsque les installations militaires étaient visées, ce sont désormais des infrastructures civiles qui sont touchées, provoquant des dégâts collatéraux. Dans les grandes villes, les habitants se cachent et il est difficile d’imaginer que des centaines de milliers de personnes puissent sortir dans les rues pendant la poursuite de ces bombardements.

Entre le soutien politique au Conseil de sécurité de l’ONU, la coopération militaire et technologique et les exercices communs, observe-t-on la formation d’un axe stratégique durable entre la Chine, la Russie et l’Iran, ou s’agit-il plutôt d’un partenariat opportuniste ?

Yohan Briant : Je ne pense pas que l’on puisse parler d’un véritable partenariat stratégique au sens classique. Dans les relations extérieures de la Chine, lorsqu’il existe un partenariat stratégique, il y a presque toujours une hiérarchie très nette. On le voit par exemple dans les relations entre la Chine et le Pakistan : Pékin occupe la position dominante.

La Chine a du mal à concevoir les relations internationales sous la forme d’une interdépendance symétrique. Elle privilégie des relations dans lesquelles elle conserve une position dominante et où elle dispose d’une diversification suffisante pour ne jamais dépendre d’un seul partenaire. Cela lui permet d’éviter les risques de retournement ou de trahison d’un allié.

On l’a vu dans d’autres contextes, par exemple au Venezuela, où le soutien chinois est resté relativement limité malgré des intérêts économiques. Pékin cherche avant tout à développer un réseau large de partenaires, un maillage stratégique qui élargit progressivement son rayon d’action. Sur ce point, la Chine s’inspire en partie de la stratégie américaine, qui repose historiquement sur un vaste réseau d’alliances et de partenariats.

Dans le cas de l’Iran, Pékin dispose d’un partenaire important qui lui permet d’avoir une présence relativement stable dans la région. C’est stratégique, mais cela ne signifie pas une alliance égalitaire. Dans ce type de relation, il existe toujours un dominant et un dominé — et le dominant est clairement la Chine. Cette hiérarchie introduit forcément des limites dans la profondeur du partenariat.

Autrement dit, on peut parler d’une convergence d’intérêts entre la Chine, la Russie et l’Iran, mais pas d’un véritable axe stratégique comparable à une alliance structurée. Du point de vue chinois, il s’agit avant tout d’un élément supplémentaire dans un réseau d’influence plus large. Pour l’Iran, en revanche, ce rapprochement n’apporte pas forcément des gains matériels très importants au-delà du soutien économique et diplomatique existant.


To my dear sons (A mes chers fils)

4 mars, 2026
THREE THINGS I TOO HAD TO LEARN ALONE (To my dear sons)
Fichier:(Toulouse) Musée des Augustins - Adoration des Mages - STOMER Mathias - Joconde05620001277.jpgImageImageImage
Three separate moments, years apart
Like little epiphanies from the gift-bearing three kings of yore
Each small, private, at the time unexplained
Common to most childhoods, yet felt then as if only mine
First, the shoes
I turned them over one day
Each sole worn unevenly, from one side to the other
One edge thin, almost through, the opposite still thick
I thought it was only me, my feet maybe walked wrong
No one had ever told me nature didn’t wear out evenly
Such imperfections hidden in the smallest things
Wasn’t the world supposed to be all perfect and fair ?
Now suddenly showing its cracks
Second, the plugs
On the floor: male plugs with prongs, female sockets with holes
How could you not see it?
The forbidden act, the one adults hushed, banned from mention
Brazenly, shamelessly spelled out, in plastic and metal
Male entering female, fitting, coupling
Language shouted it in the open
How could words be so graphic about such an unmentionable thing ?
Third, my sister
Visiting one of my aunt’s friends I really liked in her hotel room
My little sister did I can’t remember what
How could I not tell Auntie Tess?
But she turned on me: “Don’t rat on your sister !”
I stood confused
No one had ever told me “always tell the truth” had silent exceptions
Rules also had their fine print
Three little, distinct shocks
My own treasured gold, frankincense, and myrrh, now mine to pass on
About our world’s inevitable imperfections, contradictions and exceptions
It wasn’t lies so much as silences
Not all truths were said — or meant to be told

TROIS CHOSES QUE MOI AUSSI J’AI DÛ APPRENDRE SEUL (À mes chers fistons)

Trois moments, séparés peut-être par des années
Petites épiphanies offertes des trois rois mages d’antan
Furtifs, secrets, si mystérieux à l’époque
Communs à la plupart des enfances, mais uniques pour moi alors

D’abord, les chaussures
Je les retournai un jour
Chaque semelle usée inégalement, d’un bord à l’autre
Un côté fin, presque percé, l’autre intact

Peut-être que c’était moi, mes pieds qui marchaient pas droit
Personne ne m’avait jamais dit, la nature ne s’usait pas partout pareil
De telles imperfections cachées, même dans les plus petites choses
Le monde, jusque-là si parfait, si juste
Qui soudain révélait ses fissures

Ensuite, les prises
Par terre : les broches des fiches mâles, les trous des prises femelles
Comment ne pas voir ?
L’acte interdit, celui que les adultes taisaient, qu’ils interdisaient même de nommer Affiché là sans vergogne aucune, entre plastique et métal
Le mâle entrant dans la femelle, se pénétrant, s’accouplant
Les mots le criaient au grand jour
Comment pouvait-on exhiber si crûment l’interdit des interdits ?

Enfin, ma sœur
Dans la chambre d’hôtel de l’amie, que j’aimais bien, de ma tante
Ma petite sœur, qui avait fait je ne sais plus quoi
Comment ne pas le dire à Tatie Thérèse ?
Mais elle me rembarra tout net : « On ne dénonce pas sa sœur ! »
Comment ça ?
Personne ne m’avait jamais dit, « toute la vérité » avait ses exceptions, ses non-dits
Les règles aussi avaient leurs clauses cachées

Trois petits chocs distincts
Mon propre or, encens et myrrhe à transmettre précieusement à présent à mon tour
Sur ces inévitables imperfections, contradictions et exceptions dont est fait notre monde Pas vraiment des mensonges, juste des silences
Toutes les vérités n’étaient pas dites — ni bonnes à dire
https://jcdurbant.wordpress.com/2026/01/04/epiphanie-trois-choses-que-moi-aussi-jai-du-apprendre-seul-a-mes-chers-fils-three-things-i-too-had-to-learn-alone-to-my-dear-sons/
MY LIFE FOR A LADDER !
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This effect of an interrupted trajectory … like a projectile carried by its inertia… a betrayed promise.  Pierre Bourdieu (1978)
And behold the angels of God ascending and descending on it. Genesis 28: 12
The ladder, infinite, against the blue
So many missing, broken rungs
I stretched and stretched

Dad failed so bad, mom so useless
Gentle Granny had to go away and die
Evil Thénardiers, but thank God,  Angel Auntie on it

The ladder, infinite, against the blue
So many missing, broken rungs
The ladder would just not help
Then, I woke up
MA VIE POUR UNE ÉCHELLE !
Cet effet de trajectoire interrompue… comme un projectile emporté par son inertie… une promesse trahie. Pierre Bourdieu (1978)
Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par elle. Genèse 28:12
L’échelle, infinie, contre le bleu du ciel
Tant de barreaux manquants, cassés
Et moi, m’étirant, m’étirant

Papa, si défaillant, maman, si inutile
Douce Mamie qui a dû partir et mourir
Thénardiers malfaisants, mais Dieu merci, l’Ange Tanty là

L’échelle, infinie, contre le bleu du ciel
Tant de barreaux manquants, cassés
L’échelle n’y pouvait tout simplement rien
Puis, moi, qui me réveille
https://jcdurbant.wordpress.com/2020/06/22/histoire-heros-des-uns-mechants-des-autres-when-our-thenardiers-turn-out-to-be-heroes/
TRUST YE NOT IN ANY BROTHER (To my dear sons)

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Trust ye not in any brother: for every brother will utterly supplant. Jeremiah 9:4
We tend to naively think of sibling relationships as affectionate and close. But examples from mythology, literature, and history paint a different picture and provide countless examples of violent conflicts. (…) Cain and Abel or Jacob and Esau, Romulus and Remus, [or] Richard the Lionheart and John Lackland. Even when they are not twins, brothers have many attributes in common that confuse them: they have the same father, the same mother, the same sex, the same relative position in society. This closeness and kinship makes them enemies and rivals. René Girard
Farmer Cain slays shepherd Abel
Blood cries from the furrowed earth
First civilization born in fratricidal blood
Shepherd Jacob steals from hunter Esau
Birthright for red stew
Second near fratricidal war
She-wolved Romulus buries twin Remus
Walls on brother’s spilled life
Third city-founding murder
And me nearly drowning my older brother
In the very baptistry
That old child-sacrifice substitute I later got baptized in
NE TE FIE A AUCUN DE TES FRÈRES (À mes chers fils)
Ne te fie à aucun de tes frères; car tout frère cherche à tromper. Jérémie 9: 4
Nous avons tendance à penser naïvement les rapports fraternels comme une affectueuse complicité. Mais les exemples mythologiques, littéraires et historiques dessinent une autre réalité et donnent d’innombrables exemples de conflits violents. Nous citions Caïn et Abel ou Jacob et Esaü mais il y a aussi Romus et Romulus (…) [ou] Richard Cœur de lion et Jean sans terre. Même quand ils ne sont pas des jumeaux, les frères ont de nombreux attributs en commun qui les confondent : ils ont le même père, la même mère, le même sexe, la même position relative dans la société. Cette proximité et cette parenté les rendent ennemis, concurrents. René Girard
Le paysan Caïn tue le berger Abel
Sang criant de la terre labourée
Première civilisation née dans le sang fratricide
Le berger Jacob vole au chasseur
Ésaü Droit d’aînesse contre ragoût rouge
Deuxième guerre fratricide évitée de justesse
Romulus, nourri par la louve, enterre son jumeau Rémus
Murailles sur vie fraternelle répandue
Troisième meurtre fondateur de ville
Et moi, manquant de noyer mon frère aîné
Dans le baptistère même
Ce vieux substitut au sacrifice d’enfant
Où plus tard je fus baptisé
https://jcdurbant.wordpress.com/2012/12/02/conflit-israelo-palestinien-qui-delivrera-les-conversos-palestiniens-de-leurs-religion-et-chefs-mortiferes-looking-at-the-middle-easts-best-kept-secret-the-jewish-origin-of-most-of-its-palestini/
HOW COULD GOD KILL ALL THOSE EGYPTIANS ? (Feb. 16, 2025)
Imagehttps://jcdurbant.wordpress.com/wp-content/uploads/2013/03/jewishpopulation.jpg
ImageImageThe angels wanted to sing their song but the Holy One said: The work of My hands, the Egyptians, are drowning at sea, and you wish to say songs? This indicates that God does not rejoice over the downfall of the wicked.  Rabbi Yoḥanan (Talmud, Megillah 10 b)
From the Egyptian standpoint the departure of the Hebrews from Egypt was actually a justifiable expulsion (…) of a group of people suffering from various diseases (…) under the leadership of a certain Moses (…) They finally settled in Jerusalem and became the ancestors of the Jews. James G. Williams (2007)
Last night in Neuilly’s church
Priest and rabbi share the stand
How could God kill all those Egyptians, I ask
With that little American girl at her bat mitzvah ?
How can you doubt the word of God, the priest says
Where do you stop if you question everything ?
It’s just a question of faith
You trust the words or you don’t
The Talmud says we shouldn’t be too happy, the rabbi replies
Even God silenced the angels
Cut the celebration song short
About the drowning of His own creatures
But doesn’t plague after plague Exodus mock Egypt’s gods
Who themselves didn’t see it, I counter
As the expulsion of a contagious band of lepers
With every plague, from our Middle Ages to Gaza today, pinned on the baby-killers ?
Love your enemies, Jesus says
As your father suns and rains both just and unjust
And listen to the mouths of babes
Which is why I never could teach…
Such divine innocent massacres to my own sons
COMMENT DIEU A-T-IL PU TUER TOUS CES ÉGYPTIENS ?
Les anges voulaient chanter leur chant mais le Saint a dit : L’œuvre de Mes mains les Égyptiens se noient dans la mer et vous voulez entonner des louanges ? Cela montre que Dieu ne se réjouit pas de la chute des méchants. Rabbi Yoḥanan (Talmud, Megillah 10b)
Du point de vue égyptien le départ des Hébreux d’Égypte était en réalité une expulsion justifiée (…) d’un groupe de personnes souffrant de diverses maladies (…) sous la direction d’un certain Moïse. (…) Ils se sont finalement installés à Jérusalem et sont devenus les ancêtres des Juifs. James G. Williams (2007)
Hier soir à l’église de Neuilly
Prêtre et rabbin partagent l’estrade
Comment Dieu a-t-il pu tuer tous ces Égyptiens, je demande
Avec cette petite Américaine à sa bat mitzvah
Comment douter de la parole de Dieu, dit le prêtre
Où s’arrête-t-on si on commence à tout remettre en question
C’est juste une question de foi
On fait ou on fait pas confiance à la Parole
Le Talmud dit qu’on ne devrait pas être trop joyeux, répond le rabbin
Même Dieu a fait taire les anges
Coupé court aux célébrations
De la noyade de Ses propres créatures
Mais l’Exode ne moque-t-il pas, plaie après plaie, les dieux des Egyptiens
Qui eux-mêmes ne le voyaient-ils pas, je réplique
Comme l’expulsion d’une bande de lépreux et de pestiférés
Chaque plaie, de notre Moyen Âge à Gaza aujourd’hui, attribuée aux tueurs de bébés ?
Aimez vos ennemis, dit Jésus
Comme votre Père et son soleil et sa pluie sur les bons et les méchants
Et écoutez ce qui sort de la bouche des enfants
C’est pourquoi je n’ai jamais pu enseigner
De tels massacres d’innocents par Dieu à mes propres fils
https://jcdurbant.wordpress.com/2018/03/30/paque-3631e-comment-dieu-a-t-il-pu-tuer-tous-ces-egyptiens-when-are-we-finally-going-to-listen-to-our-own-children-and-stop-glorifying-the-liberation-of-one-group-at-the-expense-of-the-suffering-o/

WHAT DAYS TURNED FROM SORROW TO JOY ?

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The days [that] turned (…) from sorrow to joy (…)  because Haman (…) the enemy of all the Jews(…) wicked device (…) returned upon his own head (…) should be remembered and kept throughout every generation, every family, every province, and every city. Esther 9: 20-28
A person is obligated to become intoxicated on Purim until he cannot distinguish between ‘cursed is Haman’ and ‘blessed is Mordecai. Talmud (Megillah 7b)
Why does a part of the global left prefer Khamenei alive over a free Iran? Kamel Daoud

Jews saved from Persian genocide
Eternally remembered 2,500 years on
In Godless Bible scroll
And anything-goes Purim carnival
Complete with evil Haman burned

Putin-poodle Trump burns newHaman to ash
With hacked anti-dissidents cameras
Persians happily chant, Americans mourn
International law, politicians condemn
Killers 16 times, the sole democracy 112

Arab hypocrites cheer, fund the terrorists
Refuse their bases, too
Get a taste of their own medicine
Polls confirm as our far-left
Replaces Le Pen as number-one Jew-hater

Masks fall as with China rocket fuel and space images
Hamas-like mullahs hide in schools and hospitals
The same that shot unarmed 30, 000 in the streets
In bombed barracks masquerading as school
Clueless media parrot the killers’ words

From Lille to Nice
We mindlessly go
Through our own carnivals…
Yet unseen God turns sorrow to joy

QUELS JOURS DE DOULEUR CHANGÉS EN JOURS DE FÊTE ?

Mardochée (…) leur prescrivait de célébrer chaque année (…) les jours de douleur (…) changés en jours de fête (…) car Haman (…) persécuteur de tous les juifs, avait eu le projet de les exterminer tous (…) et (…) le roi ordonna (…) de faire retomber sur la tête d’Haman le méchant projet qu’il avait formé contre les Juifs, et de le pendre au bois (…) et (…) ces jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville. Esther 9:20-28
Une personne est obligée de s’enivrer à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer entre “maudit soit Haman” et “béni soit Mardochée”. Talmud (Meguila 7b)
Pourquoi une partie de la gauche mondiale préfère Khamenei vivant plutôt qu’un Iran libre ? Kamel Daoud

Juifs sauvés du génocide perse
Éternellement rappelé 2, 500 ans plus tard
Dans le rouleau biblique au Dieu jamais nommé
Et carnaval Pourim où tout est permis
Et méchant Haman brûlé en effigie

Caniche de Poutine, réduit en cendres le Haman d’aujourd’hui
Grâce aux caméras de surveillance détournées des anti-dissidents
Perses qui chantent joyeusement, Américains qui pleurent
Droit international et politiciens qui condamnent
Les tueurs 16 fois, la seule démocratie 112

Hypocrites arabes qui applaudissent, financent les terroristes
Refusent aussi leurs bases
Et goûtent enfin à leur propre médecine
Sondages qui confirment notre extrême-gauche
A la place de Le Pen comme premiers antisémites du pays

Masques qui tombent, mollahs aux images spatiales et carburant-fusée chinois
Qui se cachent à la Hamas dans écoles et hôpitaux
Les mêmes qui dans les rues ont tiré sur 30 000 désarmés
Dans une caserne bombardée déguisée en école
Médias ignorants qui répètent mot pour mot les paroles des tueurs

De Lille à Nice
Nous hantons oublieux
Nos propres carnavals…
Dieu invisible pourtant change la douleur en fête

Pourim/5786: Quels jours de douleur changés en jours de fête ? (What properly carnival-like inversion of all the rules when on this day of liberation for the Persian people…Iranians chant for Trump and Americans chant for Khamenei ?)

BUT WISDOM IS JUSTIFIED OF HER CHILDREN

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Beware lest you lose the substance by grasping at the shadow. Aesop (The Dog and the Shadow, 6th cent. BC)
Some commentators attribute the eating and drinking to the Colossians, while others identify it with the one judging them. (…) The Colossians are being pressured by someone to adopt certain practices as necessary for spiritual advancement. Paul responds that these practices are only shadows; the reality is already present in Christ and his body, the church. (…) The Colossians are to discern the church as the true reality rather than being judged by the shadows of the regulations. Trevor Martin (1995)
We piped, Jesus said, and you didn’t dance 

We mourned and you didn’t lament
John fasted and he had a devil
I merried and I was a glutton and a winebibber

The fruit of the righteous, Wisdom said, is a tree of life
A man shall eat good by the fruit of his mouth
To him that sows righteousness shall be a sure reward
And they shall eat of the fruit of their own way

Let no man, Paul said, judge you in meat or drink
Or in respect of a holy day, new moon or sabbath
Which are but a shadow of things
For the body is of Christ

When, dear children, fasts or feasts are forced on you
Beware lest, as Aesop’s dog, you lose the prey for the shadow
Wisdom, come what may, is justified of her children
____________________

MAIS LA SAGESSE EST JUSTIFIÉE PAR SES ENFANTS
Le fruit du juste est un arbre de vie, et le sage s’empare des âmes. Proverbes 11: 30 (Xe siècle av. JC ?)
Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres. Jésus (Matthieu 11: 18-19, 30 après JC ?)
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Jésus (Matthieu 7: 16-17)
Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. Paul (Lettre aux Colossiens 2: 17, 55 après JC ?)
Le Chien, voyant sa proie en l’eau représentée, la quitta pour l’image … et n’eut ni l’ombre ni le corps. La Fontaine (Le Chien qui lâche sa proie pour l’ombre, 1695)
Certains commentateurs attribuent le manger et le boire aux Colossiens, tandis que d’autres l’identifient à celui qui les juge. (…) Les Colossiens subissent des pressions pour adopter certaines pratiques comme nécessaires à l’avancement spirituel. Paul répond que ces pratiques ne sont que des ombres ; la réalité est déjà présente en Christ et en son corps, l’Église. (…) Les Colossiens doivent discerner l’Église comme la vraie réalité plutôt que de se laisser juger par les ombres des règlements. Trevor Martin (1995)
Nous avons joué de la flûte, dit Jésus et vous n’avez pas dansé
Nous avons chanté des complaintes et vous ne vous êtes pas lamentés
Jean a jeûné et il avait un démon
Moi, je me suis réjoui et j’étais un mangeur et un buveur

Le fruit du juste, dit la Sagesse, est un arbre de vie
Un homme mangera du bien par le fruit de sa bouche
À celui qui sème la justice appartient une récompense assurée
Et ils mangeront du fruit de leur propre voie

Que personne, dit Paul, ne vous juge sur le manger ou le boire
Ni au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune ou d’un sabbat
Qui ne sont que l’ombre des choses
Car le corps est en Christ

Quand, chers enfants, on vous impose des jeûnes ou des festins
Ne lâchez pas, nouveaux chiens d’Esope, la proie pour l’ombre
La sagesse, quoi qu’il arrive, est justifiée par ses enfants
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SYMPATHY FOR THE ANGEL
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Upon this rock I will build my church; and the gates of hell shall not prevail against it. Jesus (Matt. 20: 18)
Good heavens! For more than forty years I have been speaking prose without knowing it! Molière (Le Bourgeois gentilhomme (II, 4)
We must not be enemies. Though passion may have strained it must not break our bonds of affection. The mystic chords of memory, stretching from every battlefield and patriot grave to every living heart and hearthstone all over this broad land, will yet swell the chorus of the Union, when again touched, as surely they will be, by the better angels of our nature. Abraham Lincoln (1861)
Hell is other people has always been misunderstood. It has been thought that what I meant by that was that our relations with other people are always poisoned, that they are invariably hellish relations. But what I really mean is something totally different. I mean that if relations with someone else are twisted, vitiated, then that other person can only be hell. Why? Because (…) we judge ourselves with the means other people have and have given us for judging ourselves. Jean-Paul Sartre (1965)
Our world is more and more permeated by this evangelical truth of the innocence of victims. Concern for victims began in the Middle Ages with the invention of the hospital. The Hôtel-Dieu welcomed all victims, whatever their origin. Primitive societies were not inhumane, but they only took care of their own members. The modern world invented the ‘unknown victim,’ as one would say today the ‘unknown soldier.’ Christianity can now spread even without laws or institutions, because its great intellectual and moral breakthroughs—our concern for victims and our refusal to create scapegoats—have turned us into unwitting Christians. René Girard
Last shall be first, crown rejected stone, love you enemies, Jesus said
Leaders serve, protect the orphan, defend the widow
Suffer the children, turn the cheek, forgive 70×7
Sun and rain on wicked and good alike, seek lost sheep and prodigal
How out-of-this-world can this kingdom be?
.
Who opened schools and hospitals for all, down to the rain forests of Africa?
Extended the Red Cross to the enemy wounded
Replaced witch pyres with courts, freed slaves
Founded confession, psychoanalysis, science, the novel, perspective for king and beggar alike?
.
Who made Hitler blink on the gassing of the handicapped
Hid and smuggled so many Jews during the Holocaust?
Who inspired our Gandhis and Mandelas throughout the world?
Ireland’s fragile peace, Rwanda’s reconciliation?
.
Why each exam season in atheist-paradise France, I always wondered
Do we turn dotting guardian angels and sisters of mercy to our pampered students?
Why do our finals weeks feel and sound like hushed foot-washing rituals?
Why do we all become unwitting Monsieur Jourdains of the upside down kingdom come?
_______________________
SYMPATHY FOR THE ANGEL
Sur ce roc je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.
Mon Dieu ! Voilà plus de quarante ans que je fais de la prose sans le savoir ! Molière (Le Bourgeois gentilhomme, II, 4, 1670)</
Nous ne devons pas être ennemis. Bien que la passion ait pu tendre nos liens, elle ne doit pas les rompre. Les accords mystiques de la mémoire, s’étendant de chaque champ de bataille et de chaque tombe de patriote jusqu’à chaque cœur et chaque foyer vivant à travers cette vaste terre, feront encore résonner le chœur de l’Union, quand ils seront de nouveau touchés, comme ils le seront assurément, par les meilleurs anges de notre nature. Abraham Lincoln (1861)
L’enfer, c’est les autres a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos relations avec autrui étaient toujours empoisonnées, que c’étaient des relations invariablement infernales. Mais ce que je voulais dire est tout autre. Je veux dire que si les relations avec quelqu’un sont tordues, viciées, alors cet autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que (…) nous nous jugeons avec les moyens que les autres nous ont fournis et nous ont donnés pour nous juger nous-mêmes. Jean-Paul Sartre (1965)
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. Le souci des victimes a commencé au Moyen Âge avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu accueillait toutes les victimes, quelle que soit leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles ne prenaient soin que de leurs propres membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut désormais se répandre même sans lois ni institutions, car ses grandes percées intellectuelles et morales — notre souci des victimes et notre refus de fabriquer des boucs émissaires — ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard (1999)
Les derniers premiers, la pierre rejetée devenue angulaire, a dit Jésus
Aimez vos ennemis, servez pour dirigez,  défendez la veuve et l’orphelin
Laissez venir les petits enfants, tendez l’autre joue, pardonnez 70 x 7
Soleil et pluie sur les méchants comme sur les bons, cherchez la brebis perdue et le fils prodigue
À quel point ce royaume peut-il être hors de ce monde ?
Qui a ouvert écoles et hôpitaux pour tous jusqu’aux forêts vierges d’Afrique ?
Qui a étendu la Croix-Rouge aux blessés ennemis ?
Remplacé les bûchers de sorcières par des tribunaux, libéré les esclaves
Fondé la confession, la psychanalyse, la science, le roman, la perspective pour le roi comme pour le mendiant ?
Qui a fait hésiter Hitler sur le gazage des handicapés
Qui a caché et sauvé tant de Juifs pendant la Shoah ?
Qui a inspiré nos Gandhi et Mandela à travers le monde ?
La paix fragile en Irlande, la réconciliation au Rwanda ?
.
Pourquoi, chaque saison d’examens dans ce paradis ahée de la France, je me suis toujours demandé
Devenons-nous anges les gardiens attentionnés et sœurs de miséricorde aux petits soins de nos élèves ?
Pourquoi nos bacs ressemblent-ils tant à des rituels silencieux de lavement des pieds ?
Pourquoi sommes-nous tous devenus, sans le savoir, des Monsieur Jourdain du royaume renversé qui vient ?
____________________
THOU FOOL !
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The mouth speaks what the heart is full of. Jesus (Matthew 12:34)
With use, slang expressions may too lose their impact and must be replaced. And since faded euphemisms often seem more vivid or insulting than a new slang term, the output of the euphemism cycle sometimes becomes the input of the slang cycle. Sharon Henderson Taylor (1974)
The euphemism treadmill shows that concepts, not words, are in charge: give a concept a new name, and the name becomes colored by the concept; the concept does not become freshened by the name. Steven Pinker (1994)
Do not say Raca or fool, Jesus said
But woe unto you, vipers and killers of prophets
If your brother sins against you
Rebuke and forgive him
But if he won’t hear, forget him
Better open rebuke and friendly wounds
Than an enemy’s deceitful kisses, Proverbs teach
But as slurs wear out, euphemisms can easily do, note the experts
Since with the euphemism treadmill, new names do not freshen concepts
But how many times, dearest sons
Carried away by my own words
And raising my hand like my voice
Didn’t I sadly rediscover
The bitter truth in Jesus’ warning ?
INSENSÉ !
La bouche parle de ce dont le cœur est plein. Jésus (Matthieu 12:34)
Avec le temps, les expressions argotiques perdent elles aussi leur force et doivent être remplacées. Et comme les euphémismes usés paraissent souvent plus vifs ou plus insultants qu’un nouveau terme d’argot, le produit du cycle des euphémismes devient parfois l’entrée du cycle de l’argot. Sharon Henderson Taylor (1974)
Le tapis roulant des euphémismes montre que ce sont les concepts, et non les mots, qui commandent : donnez un nouveau nom à un concept, et le nom se colore de la teinte du concept ; le concept, lui, ne se rafraîchit pas grâce au nom. Steven Pinker (1994)
Ne dis ni Raca ni insensé, dit Jésus
Mais malheur à vous, vipères, tueurs de prophètes
Si ton frère pèche contre toi
Reprends-le et pardonne-lui
Mais s’il ne t’écoute pas, oublie-le
Mieux vaut une réprimande ouverte et des blessures d’ami
Que les baisers trompeurs d’un ennemi, enseignent les Proverbes
Pourtant comme les insultes, les euphémismes s’usent, notent les experts
Car avec le tapis roulant des euphémismes, les nouveaux noms ne rafraîchissent pas les concepts
Mais combien de fois, mes très chers fils
Emporté par mes propres paroles
Et levant la main comme la voix
N’ai-je pas tristement redécouvert
La dure vérité de l’avertissement de Jésus ?
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IS COMPARISON THE INEVITABLE THIEF OF JOY?
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Trust ye not in any brother: for every brother will utterly supplant. Jeremiah 9:4
If the Decalogue devotes its ultimate commandment to forbidding the desire for the goods of one’s neighbor, it is because it lucidly recognizes in that desire the responsible party for the violence prohibited in the four commandments that precede it. If people ceased to desire the goods of their neighbor, they would never be guilty of murder, adultery, theft, or false witness. (…) but (…) Even if the mimetic nature of human desire is largely to blame for the violence that overwhelms us, we must not conclude that mimetic desire is evil. (…) Without mimetic desire, there would be neither freedom nor humanity. (…) neither language nor culture. If desire were not mimetic, we would be open neither to the human nor to the divine. René Girard (1999)
Consumer society devours the earth’s resources, much like the Aztecs who sacrificed ever more victims. René Girard
Is comparison the thief of joy, the internet keeps asking
To live happy, live hidden, ancient wisdom answers
But isn’t the grass always greener on the other side
And the beauty in the eye of the beholder ?
Do not covet your neighbor’s things, Moses commands
But what about the sweetness of the forbidden fruit ?
Democracy’s the best thing in the world
But it feeds an unquenchable envy, Tocqueville warns
It’s the competition, Proust claimed, that gives charm to the women in our lives
Nothing like the beauty of another man’s wife, Morand concurred
No language, freedom or even humanity without mimetic desire, Girard showed
But models become rivals and Aztec-like ever-new consumer substitutes devour the planet
So is that why Jeremiah keeps warning us about our own brothers ?
Why our Lord Himself asked us to trust only our Father in heaven ?
Why that best friend of mine long ago
Could steal my girlfriend…
Just for the fun of it !
 
LA COMPARAISON EST-ELLE INÉVITABLEMENT VOLEUSE DE JOIE ?
Ne te fie à aucun de tes frères : car tout frère cherchera à te supplanter. Jérémie 9:4
Si le Décalogue consacre son ultime commandement à interdire le désir des biens du prochain, c’est qu’il reconnaît lucidement dans ce désir le responsable de la violence prohibée par les quatre commandements qui le précèdent. Si les gens cessaient de désirer les biens de leur prochain, ils ne seraient jamais coupables de meurtre, d’adultère, de vol ni de faux témoignage. (…)  mais (…) Même si la nature mimétique du désir humain est largement responsable de la violence qui nous submerge, il ne faut pas conclure que le désir mimétique est mauvais. (…) Sans désir mimétique, il n’y aurait ni liberté ni humanité. (…) ni langage ni culture. Si le désir n’était pas mimétique, nous ne serions ouverts ni à l’humain ni au divin. René Girard (1999)
La société de consommation dévore les ressources de la terre, à l’image des Aztèques qui sacrifiaient toujours plus de victimes. René Girard
 
La comparaison est-elle la voleuse de joie, l’internet ne cesse de demander
Pour vivre heureux, vivons cachés, répond la sagesse antique
Mais l’herbe n’est-elle pas toujours plus verte ailleurs
Et la beauté dans l’œil de celui qui regarde ?
Ne convoite pas les biens de ton prochain, commande Moïse
Mais quid de la douceur du fruit défendu ?
La démocratie est la meilleure chose au monde
Mais elle nourrit une envie inextinguible, prévient Tocqueville
C’est la concurrence, prétendait Proust, qui donne du charme aux femmes de notre vie
Rien de tel que la beauté de la femme d’un autre, acquiesçait Morand
Pas de langage, de liberté ni même d’humanité sans désir mimétique, a montré Girard
Mais les modèles deviennent rivaux et nouveaux Aztèques, les ersatz toujours renouvelés dévorent la planète
Est-ce pour cela que Jérémie nous met en garde contre nos propres frères ?
Pourquoi notre Seigneur Lui-même nous a demandé de ne faire confiance qu’à notre Père céleste ?
Pourquoi ce meilleur ami d’il y a bien longtemps
A pu me voler ma petite amie…
Juste pour le plaisir !
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HOW GOOD FOR BRETHREN TO DWELL TOGETHER IN UNITY !
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ImageApplying a novel concept from physics and nonlinear dynamics to their data, they uncover a hitherto-unknown phase synchronization between the individual heartbeats of mother and fetus—a marker of coupling between their autonomous cardiac systems despite continuous noisy fluctuations in the beat-to-beat intervals… Such mother–fetus heartbeat phase synchronization at beat-to-beat time scales is rather surprising, given their autonomous central nervous systems and separate blood circulation. Van Leeuwen et al. (2009) pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC27
Unison singing of regular song structures makes the hearts of the singers accelerate and decelerate simultaneously … Singing produces slow, regular and deep respiration which in turn triggers RSA. This causes a pulsating vagal activity … The findings potentially explain the role of collective singing in the creation of joint perspectives.” Vickhoff et al. (2013)
frontiersin.org/journals/psych
Simple rhythms and melodies largely dominate the choice of music during rituals and mass events, situations in which the value of group cohesion is highlighted. Our findings suggest that this choice may be based on the fact that it is precisely this kind of music that has the maximum potential to synchronize bodily rhythms across individuals, hence creating the biological soil for an elevated sense of togetherness.
Bernardi et al. (2017)
frontiersin.org/journals/physi
Synchrony, or rhythmic bodily unison activities such as drumming or cadence marching… elicits prosocial responses… [but] Ritualized synchrony serves as an index of social unity while potentially undermining necessary hierarchical structures. Lasse Liebst (2019)
How good for brethren to dwell together in unity !
Precious oil upon Aaron’s head and beard
Dew from Hermon and Zion mounts
A house of prayer for every tongue
From our mother’s first drumbeat
To the ancient priest or shaman pulse
And now teaching our hearts to breathe as one
To the hymns of our churchly gymnasium of grace
Or the chest-shaking, psychedelic neon bass of our kids’ raves
But rhythm can lead astray and betray
From the sacrificial steps of age-old Aztec pyramids
To Nuremberg’s evil lockstep boots and Tiki torches
When scapegoats must bleed to make the crowd feel whole
Barely 18 on Wight’s drenched fields
I looked so hard for answers, communal fusion
But found only muddied drugged eyes amid the piles of thrash
While our guitar heroes one after another drowned in their bath and vomit
And my pretty best friend’s sister I liked so… OD’ed on heroin !
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BUT WHO TO VOTE FOR ? (To Lionel Jospin, RIP)  
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The medicine of purging and expulsion is also developed from the origin. From the enemas and bleedings of the Ancien Régime to the modern processes of immunization and vaccination, it is always a matter of pharmacy in the sense of the pharmakos, that is, expulsion of evil. René Girard
Even when structural abnormalities are found in the back and in arthritic joints, many people with these conditions have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology or normal aging process. Even after surgical interventions to correct these “abnormalities,” the pain persists. (…) The buried feelings—usually because they are frightening, embarrassing, or otherwise unacceptable (…) and the rage they often provoke—are the source of many psychosomatic symptoms (…) When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms become unnecessary and disappear. John Sarno
Do not follow the multitude to do evil, cries the Bible
It is expedient that one man die for the people, urges Caiaphas
He spoke the truth, he must be executed, sings Guy Béart
They’ll stone you when you’re trying to tell the truth, could have warned Dylan
You had the gall to call out Hezbollah’s terrorism and take Israel’s side
Even dared to recall their evil deeds, including all at once 58 of our own soldiers
That one fateful day at a Palestinian university
And you paid the price twice
First there, under the evil men’s stones
Then, back in Paris, by your enemies and the media lynch mob
You refused to howl with the wolves that other day
When everyone called out the Front National’s supposed fascism
You also denounced the witch-hunting of Sarko
Even dared to praise as our common good our national identity and culture
And the only way to assimilate our own immigrants
At fifty, I cast my first and only whole-hearted vote
When the choice seemed then so easy
Chirac’s serial crookery, Le Pen’s mad Jew-hatred
But it was all wasted and ruined by my colleagues’ silly votes
Hence my massive rage at having to go blank for five more years of these thugs
And for two months the worst back pain of my life it turned into
That two weeks later even your sweet birth
Still could not quench, dear André
jcdurbant.wordpress.com/2026/03/23/dis
MAIS POUR QUI VOTER ? (À Lionel Jospin, paix à son âme)
Le remède par la purge et l’expulsion est lui aussi développé dès l’origine. Des lavements et saignées de l’Ancien Régime aux procédés modernes d’immunisation et de vaccination, il s’agit toujours de pharmacie au sens du pharmakos, c’est-à-dire expulsion du mal. René Girard
Même quand des anomalies structurelles sont constatées dans le dos et dans les articulations arthritiques, beaucoup de personnes atteintes de ces affections n’ont aucun symptôme ; d’autres présentent des douleurs disproportionnées par rapport à la pathologie réelle ou au processus normal de vieillissement. Même après des interventions chirurgicales destinées à corriger ces « anomalies », la douleur persiste. (…) Les sentiments enfouis – généralement parce qu’ils sont effrayants, embarrassants ou autrement inacceptables (…) et la rage qu’ils provoquent souvent – sont à l’origine de nombreux symptômes psychosomatiques (…) Quand nous prenons conscience de ces sentiments, dans certains cas en devenant progressivement capables de les ressentir, les symptômes physiques deviennent inutiles et disparaissent. John Sarno
Ne suis pas la multitude pour faire le mal, crie la Bible
Il est expédient qu’un seul homme meure pour le peuple, presse Caïphe
Il a dit la vérité, il faut l’exécuter, chante Guy Béart
On te lapidera quand tu diras la vérité, aurait pu prévenir Dylan
Tu as eu l’audace de dénoncer le terrorisme du Hezbollah et de prendre le parti d’Israël
Tu as même osé rappeler leurs méfaits, y compris celui qui, en un seul funeste jour, a coûté la vie à 58 de nos soldats
À l’université palestinienne de Birzeit
Et tu l’as payé deux fois
D’abord là-bas, sous les pierres des méchants
Puis, de retour à Paris, par la meute de tes ennemis et des médias
Tu as refusé, un autre jour, de hurler avec les loups
Quand tout le monde criait au soi-disant fascisme du FN
Tu as aussi dénoncé la chasse aux sorcières contre Sarko
Tu as même osé louer comme notre bien commun notre identité et culture
Et la seule voie pour assimiler nos propres immigrants
À cinquante ans, j’ai donné mon premier et unique vote de cœur
Quand le choix paraissait alors si simple
La filouterie en série de Chirac, le dément antisémitisme de Le Pen
Mais tout a été gâché par les votes abrutis de mes collègues
D’où ma rage immense d’avoir dû voter blanc pour cinq années de plus de ces voyous
Et pendant deux mois, le pire mal au dos de ma vie
Que même ta douce naissance, deux semaines plus tard
Ne pouvait encore apaiser, cher André

Pourim/5786: Quels jours de douleur changés en jours de fête ? (What properly carnival-like inversion of all the rules when on this day of liberation for the Persian people…Iranians chant for Trump and Americans chant for Khamenei ?)

3 mars, 2026

Purim is a Jewish holiday that celebrates the survival of the Jewish people from a plot to destroy them, orchestrated by Haman, an official of the Achaemenid Empire, as told in the Book of EstherRabbi Gerzi's Official Site | AboutImageMay be an image of text that says 'Kluchit 3 IRANIAN PROTESTERS BURN 'BAAL' EFFIGY AT RALLY IN IRAN, MARKING ANNIVERSARY OF THE 1979 ISLAMIC REVOLUTION Kluchit'ImageMario Nawfal's Video on X
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Mardochée ordonna à tous les juifs de célébrer tous les ans le quatorzième et le quinzième jour du douzième mois, en commémoration de ce qu’en ces jours, les Juifs ont eu raison de leurs ennemis ; que les jours de douleur se sont changés en jours de fête, et il recommanda d’en faire des jours de joie et de festin. Les juifs firent des illuminations, des  fêtes joyeuses, des réjouissances et des festins… et s’envoyèrent réciproquement des présents…, et firent des dons aux pauvres. Car Haman, fils d’Hamdatha, de la race d’Agag, persécuteur de tous les juifs, avait eu le projet de les exterminer tous, et il avait jeté des pour c’est-à-dire des sorts  pour connaître le jour qui lui serait le plus favorable pour les anéantir…, c’est pour cela que ces jours de fêtes s’appellent Pourim. (…) mais Esther s’étant présentée devant le roi, le roi ordonna par écrit de faire retomber sur la tête d’Haman le méchant projet qu’il avait formé contre les Juifs, et de le pendre au bois, lui et ses fils. (…) les Juifs prirent pour eux, pour leur postérité, et pour tous ceux qui s’attacheraient à eux, la résolution et l’engagement irrévocables de célébrer chaque année ces deux jours, selon le mode prescrit et au temps fixé. Ces jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville; et ces jours de Purim ne devaient jamais être abolis au milieu des Juifs, ni le souvenir s’en effacer parmi leurs descendants. Esther 9:20-28
D’après tout le contenu de cette lettre, d’après ce qu’ils avaient eux-mêmes vu et ce qui leur était arrivé, les Juifs prirent pour eux, pour leur postérité, et pour tous ceux qui s’attacheraient à eux, la résolution et l’engagement irrévocables de célébrer chaque année ces deux jours, selon le mode prescrit et au temps fixé. Ces jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville; et ces jours de Purim ne devaient jamais être abolis au milieu des Juifs, ni le souvenir s’en effacer parmi leurs descendants. Esther 9: 27-28
[Nous te sommes aussi reconnaissants] pour les miracles, la rédemption, les haut-faits, les actes salvateurs, les merveilles, les consolations et les batailles que Tu as faits pour nos pères en ces jours [et] en ce temps, au temps de Mardochée et Esther dans Suse la capitale, lorsque Haman le mauvais s’est élevé contre eux, qu’il a demandé de détruire, tuer et perdre tous les Juifs, jeunes, vieux, femmes et enfants en un jour, le treizième jour du douzième mois qui est le mois d’adar, et de piller leurs biens. Toi, dans Ta grande miséricorde, Tu as anéanti son conseil, corrompu ses pensées et Tu lui as renvoyé son salaire à la figure. On l’a pendu avec ses fils à l’arbre. Bénédiction spécifique de Pourim
Rava said: A person is obligated to become intoxicated with wine on Purim until he is so intoxicated that he does not know how to distinguish between cursed is Haman and blessed is Mordecai. Talmud (Megillah 7b)
Like Ḥanukkah, [Purim] has never been universally considered a religious holy day, in spite of the fact that it is designated by the term « yom-ṭob » (Esth. ix. 19, 22.)(…) The Book of Esther does not prescribe any religious service for Purim; it enjoins only the annual celebration of the feast among the Jews on the 14th and 15th of Adar, commanding that they should « make them days of feasting and joy, and of sending portions one to another, and gifts to the poor. » It seems, therefore, that the observance of Purim was at first merely of a convivial and social nature. Gradually it assumed religious features. The first religious ceremony ordained for the celebration of Purim is the reading of the Book of Esther in the synagogue (…) While the Jews have always been noted for abstemiousness in the use of intoxicants, drunkenness was licensed, so to speak, on Purim, to comply with the command which seemed to lie in the Biblical term « mishteh » (drink) applied to Purim. It is, therefore, not surprising that all kinds of merry-making, often verging on frivolity, have been indulged in on Purim, so that among the masses it has become almost a general rule that « on Purim everything is allowed », even transgressions of a Biblical law, such as the appearance of men in women’s attire and vice versa, which is strictly prohibited in Deut. xxii. 5. (…) One of the strangest species of merrymaking was the custom of masquerading, which was first introduced among the Italian Jews about the close of the fifteenth century under the influence of the Roman carnival. From Italy this custom spread over all countries where Jews lived, except perhaps the Orient. (…) The custom still obtains among the Orthodox Jews of the eastern parts of Europe. Boys and girls walk from house to house in grotesque masks and indulge in all kinds of jollity. As a rule, they sing some comic doggerel (…) and they are often given a few coins. Indeed, Purim was an occasion on which much joyous license was permitted even within the walls of the synagogue itself. As such may be reckoned the boisterous hissing, stamping, and rattling, during the public service, at the mention of Haman or his sons, as well as the whistling at the mention of Mordecai by the reader of the Megillah. (…) Outside the synagogue the pranks indulged in on Purim by both children and adults have been carried even to a greater extreme. (…) As early as the fifth century, and especially in the geonic period (9th and 10th cent.), it was a custom to burn Haman in effigy on Purim. Jewish Encyclopedia
Pour les Anciens, l’année débutait non en janvier, mais en mars. Le mois de mars était donc le premier mois de l’année, celui du renouveau de la nature et du réveil de la terre. Or, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos primordial pour se ressourcer. Ce chaos était représenté par le Carnaval, au cours duquel un pauvre d’esprit était élu roi et revêtait des ornements royaux. Un âne était revêtu des vêtements épiscopaux et officiait à l’autel. Or, l’âne symbolise notamment « satan », c’est-à-dire l’inverse de l’ordre assuré par l’Eglise. Au cours des fêtes du Carnaval, toutes les individualités disparaissent sous les masques et le maquillage, permettant ainsi la confusion qui symbolise le chaos. (…) Le Carnaval est une survivance des Bacchanales, Lupercales, Saturnales romaines, des fêtes grecques en l’honneur de Dionysos, des fêtes d’Isis en Égypte ou des Sorts chez les Hébreux. Ces fêtes se rattachaient aux traditions religieuses de la plus haute Antiquité. Elles célébraient le commencement de l’an nouveau et le réveil de la nature. Pendant quelques jours, les esclaves devenaient les maîtres, les maîtres prenaient la place des esclaves, les servant à table par exemple : devenait permis ce qui était habituellement interdit. Comme toute fête au sens plein du terme, le Carnaval est la négation du quotidien. Symbole même de la fête populaire, il instaure un temps pendant lequel il est possible de s’affranchir des règles et des contraintes du quotidien. Ainsi, il permet d’outrepasser les règles morales et sociales. Tecfa
Quelles que soient les vicissitudes, à ce jour imprévisibles sur le moyen terme, qui feront suite à la liquidation du guide suprême et la décapitation de la République islamique, une page s’est tournée – et le monde vit un moment historique qui infléchit le cours pris en 1979. En effet, la Révolution islamique avait établi dans l’histoire contemporaine le premier État « islamiste », au sens où il mobilisait une idéologie, l’islam politique, au service d’une cause, l’exacerbation de la loi religieuse (charia) destinée à contrôler les sociétés contre le libéralisme, tout en récupérant l’utopie socialiste en la faisant passer sous la houlette coranique. Ce séisme civilisationnel, incarné par la cléricature des mollahs, propre au chiisme, trouvait pourtant son origine dans le mouvement des Frères musulmans, né dans l’Égypte sunnite des années 1920 sous la houlette de l’idéologue Hassan al-Banna (assassiné en 1949), et de son épigone radical Sayyid Qotb (pendu en 1966 par Nasser). Sa dimension panislamique et révolutionnaire menaçait les monarchies conservatrices et pro-américaines de la péninsule arabique, contraintes dès lors à la surenchère pour le contrer : ce fut le sens de leur soutien financier massif au djihad (sunnite) en Afghanistan, en appui à la CIA pour y renverser le régime philo-soviétique instauré à Kaboul par l’Armée rouge, à la fin de cette même année 1979 qui avait débuté par la proclamation de la République islamique à Téhéran en février. Cette guérilla armée et entraînée par la CIA aboutit à la déroute soviétique du 15 février 1989 lorsque l’Armée rouge quitta Kaboul, prélude essentiel à l’effondrement du communisme le 9 novembre suivant avec la chute du mur de Berlin. Mais elle engendra, au nez et à… la barbe des États-Unis, la diffusion – obnubilée par leur triomphe sur Moscou via freedom fighters très barbus interposés – d’un djihadisme sunnite qui sema la terreur dans le monde musulman comme en Occident durant trois décennies. C’est à l’émulation du terrorisme d’État très vite mis en œuvre par la République islamique iranienne que le djihadisme sunnite prospéra : en miroir d’abord, car la pensée politique de Khomeyni comme Khamenei avait été influencée par les Frères musulmans, ce dernier traduisant en persan les livres de Sayyid Qotb – et l’Iran protégea al-Qaida en donnant l’asile à plusieurs de ses dirigeants – puis en opposition ensuite lorsque Daech, issu de la matrice salafiste considérant les chiites comme des hérétiques, massacra ceux-ci en Irak ou en Syrie. Mais il est aussi une autre filiation, moins bien connue, et d’autant plus importante de nos jours, à laquelle la Révolution iranienne donna naissance : ce que l’on appelle désormais « l’islamo-gauchisme », aujourd’hui illustré par des personnages aux trajectoires aussi contrastées que Tariq Ramadan ou Jean-Luc Mélenchon. En effet, le mouvement qui renversa le chah en 1979 avait une composante marxiste et anti-impérialiste importante, parfois mâtinée d’islamisme – comme le mouvement des Moudjahidins du peuple, qui deviendrait ensuite un opposant féroce des mollahs. Et il fascina une partie de l’intelligentsia française post-soixante-huitarde, au premier rang de laquelle Michel Foucault, qui éprouva une sorte d’épectase pour le « saint homme » – sans que ce militant de la cause homosexuelle ait semblé préoccupé par le sort des « corrupteurs sur la terre » qui seraient condamnés à mort pour sodomie par le régime… Ali Shariati (décédé en 1977), fils de mollah et opposant au chah réfugié en France, où il lut Les Damnés de la terre de Frantz Fanon, traduisit ce texte en persan en rendant les termes marxistes « oppresseur » et « opprimé » dans les catégories coraniques de mostakbirin (mot à mot : « arrogant », attribut du Pharaon, homme se prenant pour Dieu) et mostad’afin (« affaiblis »), favorisant l’osmose entre marxisme et islamisme. À l’époque, celle-ci s’inscrivit dans ce que l’on nommait le tiers-mondisme, notion aujourd’hui dépassée par le « décolonialisme » et son corollaire le « wokisme ». L’ironie de l’Histoire voulut que le début du processus qui aboutirait à la liquidation de Khamenei fût la « razzia pogromiste » déclenchée le 7 octobre 2023 par le Hamas dans le sud d’Israël, avec ses 251 otages et 1 200 morts, suivie de la guerre d’anéantissement [sic] menée par l’État hébreu à Gaza, qui aurait causé quelque 70 000 victimes [sic]. Yahya Sinwar était un obligé de Téhéran, qui lui fournissait ses financements et son armement – servant, à l’instar du Hezbollah libanais, de « force de dissuasion » à l’Iran, car l’un et l’autre pouvaient infliger préalablement des coups sévères à Israël si tant est que les États-Unis voulussent attaquer la République islamique. Le Hamas est sunnite (au contraire du Hezbollah chiite) mais, issu de la matrice politique des Frères musulmans, parfaitement compatible avec les pasdarans (au contraire des salafistes). Le 7 Octobre fut un moment de fusion et d’identification majeur de l’islamo-gauchisme contemporain, car le soutien à l’action du Hamas puis, de manière plus large, la dénonciation massive de la répression israélienne consécutive ressoudèrent ce pacte et lui donnèrent une résonance mondiale. La papesse du woke, l’universitaire américaine Judith Butler, par ailleurs de confession juive et militante homosexuelle, légitima en effet le 3 mars 2024 à Pantin, sous les auspices des Indigènes de la République, au cours d’un séjour en France à l’invitation du Centre Pompidou, le 7 Octobre comme « acte de résistance ». Elle s’inscrivait ainsi dans la continuité de la stupéfiante cécité foucaldienne lorsqu’il donna son onction au « saint homme » Khomeyni : il valait mieux qu’elle fît pareille déclaration sur le territoire français « colonial » que dans la bande de Gaza sous la férule de Yahya Sinwar, où le sort des homosexuels, systématiquement mis à mort, n’était guère plus enviable que ceux des Juifs rencontrés le jour de la razzia… Mais elle ne se doutait guère que cet « acte de résistance » sublimé par son verbe aboutirait le 28 février 2026 à l’effet inverse, soit la décapitation de la République islamique par l’action conjointe de « l’entité sioniste » et de « l’impérialisme américain »… En effet, l’hubris de Sinwar (dont il ne semble pas, en l’état présent de nos connaissances qu’il avait référé à Téhéran de son initiative), se traduirait en une mobilisation de moyens israéliens inouïs qui aboutirent à la liquidation du Hamas, du Hezbollah, du régime syrien, principaux mandataires (proxies) de l’Iran, ouvrant ainsi graduellement la voie à la guerre au premier jour de laquelle serait tué le guide suprême Khamenei. La page qui s’est tournée ce jour-là, sans préjuger des suites à venir en Iran même, au Moyen-Orient voisin et dans le reste du monde, ferme un chapitre terrible de l’Histoire contemporaine ouvert en février 1979, lorsque fusionnèrent islamisme radical et tiers-mondisme dans la révolution iranienne, et qui passa par le djihad de l’Afghanistan, la chute de l’URSS et le terrorisme d’al-Qaida puis de Daech, pour aboutir au 7 octobre 2023. Le monde passablement dérégulé qui se déploie sous nos yeux n’en est pas moins lourd de menaces : espérons toutefois que nos enfants et nous-mêmes saurons tirer les leçons au mieux de l’épisode qui s’achève ? Gilles Kepel
Des manifestants ont incendié une sculpture de Baal, ancienne divinité cananéenne, souvent présentée comme une figure satanique et symbole du mal, ornée d’une étoile de David et d’une photo du président Donald Trump, en scandant « Mort à Israël. The Times of Israel
They were girls who went to school to learn, with hopes and dreams for their future. Today, their lives were brutally cut short. I am heartbroken and appalled by the U.S. and Israeli strikes on Iran, including reports that a girls’ school in southern Iran was hit, resulting in the injury and death of many girls. The killing of civilians, especially children, is unconscionable, and I condemn it unequivocally. My heart is with the children, families and communities affected by escalation across the region. I stand firmly against violence and the targeting of schools and civilians. I call for the escalation of violence across the region to end. Justice and accountability must follow. All states and parties must uphold their obligations under international law to protect civilians and safeguard schools. Every child deserves to live and learn in peace. Malala Yousafzai (prix Nobel de la paix)
Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale. Dans ce moment décisif, toutes les mesures sont prises pour la sécurité du territoire national et celle de nos compatriotes ainsi que de nos emprises au Moyen-Orient. La France se tient également prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation. L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser. Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient. Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux. Fidèle à ses principes et consciente de ses responsabilités internationales, la France demande une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Je suis en contact étroit avec nos partenaires européens et nos amis au Moyen-Orient. Emmanuel Macron (
La France n’a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d’ailleurs l’ensemble des pays de la région et nos alliés. Emmanuel Macron
Monsieur le Président, la France doit faire un choix : soit elle soutient le peuple iranien, soit elle soutient le statu quo d’un régime terroriste et l’ambiguïté. Les iraniens face un regime qui l’assassine ne peut se libérer tout seul. Souvenez-vous de la liberation de la France par les alliés. Les seules conséquences à attendre sont la libération des Iraniens qui vivent sous l’occupation d’un régime que la France a participé à mettre en place il y a 47 ans. Simon Weinberg
Ces massacres ont été perpétrés sur tout le territoire iranien, notamment à Téhéran, Machhad et Chiraz, et même dans des petites villes. Ils touchent toutes les strates de la population iranienne. Une partie des manifestants a été tuée par des tirs à balles réelles. Mais des gens sont aussi morts par manque de soins. En tout état de cause, ce sont tous des victimes d’un régime sanguinaire. La perfidie de la République islamique ne permet pas d’avoir un décompte exact car certains corps ne sont pas restitués aux familles. Parfois, les gens craignent d’aller chercher la dépouille de leurs proches, car ils savent qu’ils risquent d’être interpellés. (…) Peu de gens le savent, mais l’ayatollah Khomeyni qui a proclamé la République islamique d’Iran en 1979, était un admirateur à la fois du régime nazi et de l’organisation des Frères musulmans égyptiens. Tout cela est largement documenté. Lorsqu’il a pris le pouvoir, il s’est donc inspiré du système nazi et de la confrérie, en dotant le régime iranien d’une police régulière et d’une milice paramilitaire : les Gardiens de la révolution islamique. Pour rappel, la Constitution iranienne définit les forces militaires et paramilitaires du pays comme une « Armée idéologique » ayant en charge la protection des frontières iraniennes et « le djihad à travers le monde. » Les « miliciens » dont nous parlent les victimes sont des supplétifs de l’État iranien. Certains appartiennent au Bassidj, la milice civile du corps des Gardiens de la révolution islamique. Cette milice est organisée en réseaux locaux à travers le pays, pour intimider, frapper et arrêter. Quant au corps des Gardiens de la révolution islamique, il s’agit d’une force politico-militaire constitutionnalisée, auquel l’article 150 de la Constitution de la République islamique de 1979 impose de « protéger la Révolution ». Il y a aussi des forces de la police antiémeute ou de sécurité dont la mission est de procéder à des « encerclements », des interpellations et des mises en détention. Enfin, il existe des groupes armés civils, parfois décrits comme des « proxys ». Ceux-là sont utilisés pour tirer, traquer, terroriser et brouiller la traçabilité des actions du régime. En Iran, la chaîne répressive est donc très structurée. (…) Juridiquement, on est effectivement dans le champ des crimes contre l’humanité. J’insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de simples violences, même d’État, comme l’a qualifié le président de la République Emmanuel Macron. Pour rappel, c’est l’article 7 du statut de Rome qui définit la notion de « crime contre l’humanité ». En l’espèce il n’y a donc aucun doute possible sur le fait que le gouvernement iranien s’en est rendu coupable. Je dénonce des actes tels que le meurtre, l’emprisonnement, la torture, le viol, la persécution ou la disparition qui sont commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile, en connaissance de cause. (…) En plus des forces répressives internes, des informations et des vidéos font état de la présence de mercenaires irakiens appartenant à des organisations pro-iraniennes. Le message politique est clair : il s’agit installer la terreur. Là encore, la République islamique se rend coupable de tueries de masse et de crimes contre l’humanité. Mais il faut être bien clair : quand un pouvoir fait intervenir des supplétifs liés à ses proxys terroristes, il reconnaît implicitement qu’il a perdu tout soutien populaire. (…) En Iran, il faut bien comprendre que la chaîne de commandement repose sur une base constitutionnelle. Au sommet de celle-ci, il y a d’abord le Guide suprême de la révolution islamique qui détient l’ensemble des pouvoirs régaliens ; il contrôle le commandement des forces armées, l’appareil sécuritaire et l’appareil judiciaire. Dans le détail, le corps des Gardiens de la révolution islamique, sanctuarisé par l’article 150 de la Constitution, constitue la colonne vertébrale sécuritaire et écono mique du régime. Ensuite interviennent les commandements locaux de la police, les unités antiémeutes et les services de renseignement. Enfin, en bout de chaîne, il y a l’appareil judiciaire qui transforme la répression en « droit » en astreignant, par exemple, des prisonniers à faire des aveux forcés, et en appliquant des procès expéditifs dont l’issue est souvent la peine capitale. Ainsi, lorsque le Guide suprême qualifie les manifestants « d’ennemis » et « d’agents étrangers », il les condamne, de fait, à mort. En Iran, les mises à mort sont d’ailleurs souvent mises en scène et filmées ou photographiées pour répandre la peur. J’insiste sur ces éléments, car tous constituent des crimes organisés et planifiés pour conserver le pouvoir ! (…) Le black-out n’est pas uniquement technique. Il s’agit plutôt d’un processus opérationnel. On coupe internet et les communications pour tuer sans témoins, empêcher la documentation des crimes et retarder l’alerte internationale. Ces derniers jours, des médias et des ONG ont rapporté un black-out numérique massif au plus fort de la répression. La mécanique du crime est parfaitement rodée : elle consiste à criminaliser la protestation, à déployer la police antiémeute, les pasdarans et les bassidjis, tout en coupant internet et la téléphonie pour procéder à des arrestations de masse et des raids à l’abri des regards, y compris contre des hôpitaux et des morgues. S’ensuit la fabrication d’un cadre judiciaire à charge avec des aveux forcés, des procès expéditifs et des exécutions. Cette mécanique s’accompagne d’une impunité totale des meurtriers et des bourreaux, et parallèlement d’une politique d’intimidation internationale qui repose sur la diplomatie de la terreur. Pour pallier toute forme de pression, l’État iranien menace de prendre des otages de pays étrangers, ou de mener des attaques terroristes. Simultanément, il met en œuvre ses réseaux d’influence et ses relais médiatiques à l’extérieur de ses frontières, pour brouiller les cartes. (…) Il n’existe pas de chiffre officiel et consolidé des exécutions perpétrées depuis 1979. Mais sur la base de chiffres documentés, on estime qu’il y a eu plusieurs dizaines de milliers d’exécutions depuis l’avènement de la République islamique. Pour la seule année 1988, on dénombre entre 3 000 et 5 000 exécutions secrètes de prisonniers politiques. Depuis 15 jours, on peut tabler sur le chiffre affolant de 12 000 morts selon la presse d’opposition iranienne et les estimations des professionnels de santé sur place ! Si bien sûr il est important de connaître le nombre de personnes tuées, il faut aussi comprendre pourquoi elles l’ont été. (…) La mission internationale d’établissement des faits de l’Organisation des Nations unies a conclu que de nombreuses violations du droit en Iran s’apparentent à des crimes contre l’humanité. Elle décrit des schémas de torture et de violences sexuelles, y compris des violences extrêmement graves. Tous ces faits constituent à eux seuls des crimes de masse. Ce rapport documente les crimes depuis 1988, et d’autres ONG les documentent depuis l’avènement de la Révolution islamique. L’État iranien gouverne par la terreur ! Pour les mollahs, elle est un outil politique ! (…) Par manque de courage politique, l’Europe se cache derrière des arguties juridiques. Mais soyons clairs : son hésitation face à l’Iran constitue une prime à l’impunité. C’est aussi une incitation à continuer de perpétrer des massacres. (…) Notre objectif est de rendre l’impunité impossible pour les auteurs de crimes contre l’humanité en Iran, et de préparer l’après République islamique, en évitant la loi du talion par l’existence d’une perspective de reconnaissance et de réparation pour la population, tant devant les juridictions nationales qu’internationales. À cet effet, nous avons lancé, le 15 janvier, une plate-forme de recueil de preuves de ces crimes. Par le biais d’un simple QR Code ou un lien, elle permet désormais à des Iraniens de déposer leurs témoignages anonymement, avec horodatage et géolocalisation. Les avocats qui travaillent avec notre équipe pourront se servir de chaque récit pour en faire un élément exploitable dans le cadre de procédures juridiques. Hirbod Dehghani-Azar (22.01.2026)
Historic… Imagine killing Hitler, his successor, every one of his Field Marshals before the first boots touch the beaches of Normandy. That’s the neurological strike that we saw in the first 24 hours. John Spencer
This war is advancing at a ridiculous pace. (…) the Iranian missile launch rate appears to be slowing. (…) The unverified daily breakdown currently circulating (and I have not yet confirmed it) suggests we are seeing the same pattern as the 12 Day War, but at a faster pace. (…) Iranian ballistic launches reached approximately 350 on 28 February, about 175 on the second day, around 120 on the third day, and roughly 50 today. If this trend is correct, it reveals something simple and highly significant: the effort to locate launchers is succeeding, and it is giving the Gulf states greater room. Some corroborating estimates: JINSA’s ongoing tracker records the total number of daily Iranian missile launches, declining from 504 on 28 February, to 132 on 1 March, to 116 on 2 March, and just 25 today (3 March). They estimate this as roughly a 95% decrease from the first day and explicitly link it to sustained US–Israeli strikes on launchers and command centres. (…) The complicating factor remains drones. The figures emerging from the Gulf highlight drone pressure. The UAE has published cumulative data since the start of Iran’s retaliation: 174 ballistic missiles detected, 161 intercepted, plus 689 drones tracked with 645 intercepted (drones that breach still pose risks of killing people and damaging vital infrastructure). The Washington Post corroborates with similarly high UAV totals and reports a significant number getting through. JINSA’s update further states that drones are responsible for most of Iran’s successful strikes in the Gulf, noting that Iran appears to be probing for gaps by shifting focus between Gulf targets. (…) This is also why I believe we are moving into a new phase more rapidly than many anticipated. The nature of the conflict shifts once Iran is reduced to something more akin to “Houthi-like” capabilities, characterised by a slower pace, more harassment than saturation, and more opportunistic strikes rather than massed barrages. The reported rate of missile fire aligns with a force that remains dangerous but is increasingly limited. The war transitions from a question of whether the Gulf’s reserves can last a week to whether the region can withstand a prolonged, grinding campaign of drones and missiles while the coalition targets the remaining launch infrastructure and stockpiles. (…) Finally, another significant military shock datapoint has emerged tonight, and it is potentially the most impactful: ground forces. ITV reports that weapons have been smuggled into western Iran since last year to arm thousands of Kurdish volunteers, with those forces expected to launch a ground operation within days; Kurdish sources also say they have requested US/Israeli air cover when it commences, although they are unsure if that has been approved. If this is real, it alters the nature of the conflict. It is “boots on the ground” without a US or Israeli invasion, opening a western front that forces Tehran to shift IRGC and Basij focus away from missile operations, nuclear-site security, and the internal repression machinery it would rely on to suppress unrest in the major cities. However, a Kurdish-led conflict also introduces further risks: it provokes brutal regime retaliation in Kurdish regions (although this would be significantly mitigated by US and Israeli air support), it could transform a legitimacy crisis at the national level into an ethnic or sectarian conflict, and it involves regional actors with their own red lines; notably Iraqi Kurdish leadership and Turkey, both of whom will be very sensitive to any armed Kurdish mobilisation. Andrew Fox
A review of maps and satellite imagery indicates that the school is situated within a compound that includes several IRGC-affiliated facilities. These reportedly include the Shahid Absalan clinic under the supervision of the IRGC navy’s medical command and the Seyed al-Shohada IRGC cultural complex. The establishment and expansion of military facilities in close proximity to schools and public spaces place civilians at heightened risk. Under international humanitarian law, the use of civilian areas to shield military objectives is prohibited. (…) Under the Convention on the Rights of the Child and its optional protocols, the protection of children during armed conflict is a binding international obligation. These provisions prohibit the recruitment of children under the age of 15 and require states to safeguard children’s rights to education, medical care, and protection from violence and exploitation. The use of children as human shields violates the principles of distinction and civilian protection enshrined in international humanitarian law, including the Fourth Geneva Convention and Additional Protocol I. Such conduct may constitute a war crime under the Rome Statute of the International Criminal Court. Hengaw calls on the international community to closely monitor the situation and urges all parties involved to ensure the protection of civilians, particularly children. Hengaw
From 2006 through 2021, 4,620 U.S. military personnel died in (or as the result of) OCO operations in 28 countries and locations at sea. (…) During this period, 14,758 servicemembers died in circumstances unrelated to OCO operations. On average, this amounts to approximately 922 non-war-related deaths each year. In non-OCO operations, personnel perished in 75 countries (and at sea), with the majority (93%) of deaths occurring in the United States. (…) From 2006 through 2011, 25% of deaths were due to being killed in action, terrorist attacks, and dying while captured. From 2012 through 2021, these categories made up 3% of deaths. Self-inflicted deaths made up 11% of deaths in 2006, and in 2021 made up 32% of deaths. From 2006 through 2021, approximately 13% of all deaths and 39% of accidental deaths involved vehicles. Alcohol or substance abuse was a factor in 6% of all deaths and 14% of accidental deaths. Accidental deaths dropped from over 500 per year in the years 2006 through 2008, to under 300 per year in the years 2016, 2018, and 2019. In the most recent full year on record, 2021, there were 301 accidental deaths, or about 30% of the 1,009 total deaths for the year. US Congress (2022)
Iran appears to be stepping up the rebuilding of its ballistic missile program, despite the reintroduction last month of United Nations sanctions that ban arms sales to the country and ballistic missile activity. European intelligence sources say several shipments of sodium perchlorate, the main precursor in the production of the solid propellant that powers Iran’s mid-range conventional missiles, have arrived from China to the Iranian port of Bandar Abbas since the so-called “snapback” mechanism was triggered at the end of September. Those sources say the shipments, which began arriving on September 29, contain 2,000 tons of sodium perchlorate bought by Iran from Chinese suppliers in the wake of its 12-day conflict with Israel in June. The purchases are believed to be part of a determined effort to rebuild the Islamic Republic’s depleted missile stocks. Several of the cargo ships and Chinese entities involved are under sanctions from the United States. The deliveries come after more-than-a-decade-old UN sanctions were restored by the snapback mechanism – a provision for Iranian breaches of the 2015 Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) deal to monitor its nuclear program. (…) While the shipped substance – sodium perchlorate – is not specifically named in UN documents on materials banned for export to Iran, it is a direct precursor of ammonium perchlorate, a listed and prohibited oxidizer used in ballistic missiles. However, experts say that the sanctions’ failure to explicitly prohibit the chemical may leave China room to argue that it is not in violation of any UN ban. CNN has followed the journeys of several cargo ships identified by the intelligence sources as being involved in the latest deliveries of sodium perchlorate from Chinese ports to Iran, using ship tracking data and the social media of their crew. Many of those vessels appear to have gone back and forth several times between China and Iran since the end of April. The sources say their crew seem to be employed by the Islamic Republic of Iran Shipping Lines and their regular social media posts provide a trail of their stops on the China to Iran journey. Among them is the MV Basht, already sanctioned by the US, which left the Chinese port of Zhuhai on September 15, arrived in Bandar Abbas on September 29 and since returned to China. (…) Similar shipments had previously been reported, but their intensification since the 12-day war – when the Israeli military targeted at least a third of the surface-to-surface launchers that fire Iran’s medium-range ballistic missiles (MRBMs) – suggests a renewed eagerness on the part of the Islamic Republic to arm itself. (…) In February, CNN reported the shipment of 1,000 tons of sodium perchlorate to Iran from China. By April, the US had slapped sanctions on several Iranian and Chinese entities, including vessels believed to play a role in “a network procuring ballistic missile propellant ingredients on behalf of Iran’s Revolutionary Guard Corps (IRGC).” Yet the shipments continued, the intelligence sources say, with the IRGC’s Self Sufficiency Jihad Organization acquiring another 1,000 tons of sodium perchlorate which left Taicang in China aboard the Hamouna on May 22 and arrived in Bandar Abbas on June 14 or 15. It set sail for the Iranian port less than a month after a massive explosion there on April 27, believed to have been caused by sodium perchlorate, killed 70 and wounded hundreds. The latest shipments represent much bigger quantities in a short space of time. The first of the 10 to 12 shipments that European intelligence sources have been tracking arrived in Iran on September 29, two days after the snapback mechanism – triggered in August by Germany, France, and the United Kingdom, the European partners to the JCPOA – restored UN sanctions. The others all left China after the sanctions were in place. CNN
Russia and China have increasingly acted as Iran’s “eyes” by providing high-tech strategic assets that range from orbital surveillance to advanced missile guidance. This cooperation sped up significantly following the regional escalations in 2025 (often referred to as the “12-Day War”). Assets from Russia: Strategic Deterrence. Russia’s contributions focus on heavy military hardware and dedicated orbital reconnaissance.Khayyam Spy Satellite: Launched in 2022, this is a Russian-built Kanopus-V satellite resulted by a Moscow-Tehran joint project. It provides Iran with 1.2-meter high-resolution imagery, allowing Tehran to task the satellite to monitor specific US and Israeli bases. Su-35 “Flanker-E” Fighter Jets: As of early 2026, Russia has begun delivery of a 48-unit order (approx. $6.5 billion). These jets are equipped with Khibiny-M electronic warfare pods and Irbis-E radars, which are specifically designed to detect low-observable (stealth) aircraft like the F-35. S-400 Air Defence Systems: Multiple intelligence reports confirm that Russia has delivered S-400 components to Iran to create a “layered” defence against Western air strikes. Rezonans-NE Radar: A sophisticated over-the-horizon radar system provided by Russia that is capable of tracking stealth targets and ballistic missiles at long ranges. Assets from China: “Intelligence & Guidance”. China’s support is more “silent” but arguably more critical for Tehran’s precision strike capabilities.BeiDou-3 Navigation System: Iran has officially transitioned its military architecture from US GPS to China’s BeiDou. Unlike GPS, BeiDou includes a short-message service that allows Iranian command nodes to communicate even if local networks are down. The Edge: Iran has access to encrypted, high-precision military signals (centimetre-level accuracy) that are resistant to Western jamming. Real-Time Intelligence Sharing: China utilises its fleet of 500+ satellites to provide Iran with constant SIGINT (Signals Intelligence) and terrain mapping. This support helps Iran track US naval movements in the Persian Gulf in real-time. CM-302 Supersonic Missiles: Tehran is currently finalising a deal for the CM-302 (the export version of the YJ-12). These are considered “carrier killers” due to their supersonic speed and 290km range, significantly boosting Iran’s ability to close the Strait of Hormuz. Anti-Stealth Radar (YLC-8B): China has supplied advanced UHF-band radars like the YLC-8B, which uses low-frequency waves to negate the radar-absorbent coatings used by US stealth bombers and fighters. By providing the “connective tissue” for Iran’s defence—specifically high-resolution imagery and jam-resistant targeting—these allies have ensured that Iran does not fight in a vacuum. Ultimately, the survival of the Iranian revolutionary government is tied to the viability of the INSTC and Belt and Road energy corridors. Silvia Boltuc (Special eurasia)
China is sharing its advanced satellite spy technology with Iran. You are looking at a Chinese commercial satellite photograph of Prince Sultan Air Base in Saudi Arabia. Every red box is an artificial intelligence model identifying a US military aircraft by type. Every label is in Mandarin. Only thirty-one E-3s remain in the entire US Air Force inventory worldwide, meaning roughly a fifth of America’s operational AWACS fleet is parked on a single ramp in the Saudi desert. The backbone of Operation Epic Fury, catalogued from space and published on Weibo. This is the base that Iran targeted. Which means Iran had exactly the same intelligence picture that MizarVision gave the entire world for free. This is what the democratization of intelligence looks like. In 1991, only the United States could see individual aircraft on a ramp from space. In 2003, a handful of nations had that capability. In 2026, a Chinese startup publishes annotated satellite imagery of American force dispositions on social media, and Aviation Week runs the analysis before the first missile is fired. Sub-meter resolution imagery distinguishing individual aircraft types fundamentally alters the secrecy calculus of pre-strike deployments. You cannot mass two hundred aircraft across half a dozen bases and keep it secret when commercial satellites photograph every ramp twice a day and AI models label every airframe before an analyst finishes their coffee. The age of hidden buildups is over. The next war will not be planned in secret. It will be watched from orbit by everyone, in every language, simultaneously. Shanaka Anslem Perera
Spain exported during 2024 and the first half of 2025 dual-use material to Iran for more than 1.3 million euros, among which were ‘detonators, explosives types A, B and E, laboratory reagents, and control software. La Razon
U.S. President Donald Trump on Monday said any country that does business with Iran will face a 25% tariff on trade with the U.S., as Tehran grapples with its most substantial anti-government protests in years. (…) Fuel is Iran’s biggest export item by value, while major imports include intermediate goods, vegetables, machinery and equipment. China is Iran’s largest trading partner. Iranian exports to China amounted to $22 billion in 2022, with fuels accounting for more than half of the total, according to the World Bank. Imports from China stood at $15 billion. In 2025, China bought more than 80% of Iran’s shipped oil, according to data from Kpler, an analytics firm. India’s total bilateral trade with Iran stood at $1.34 billion for the first 10 months of 2025, according to India’s commerce ministry. Major Indian exports to Iran include basmati rice, fruits, vegetables, drugs and other pharmaceutical products. Turkish exports to Iran were $2.3 billion in full-year 2025, while imports were $2.2 billion over 11 months of the year, according to sector and official data sources. Iran’s exports to Germany stood at around 217 million euros in the first eleven months of 2025, an increase of 1.7%, according to data from the state-owned international economic promotion agency Germany Trade & Invest. German exports to Iran fell by a quarter to 871 million euros over the period. South Korea’s exports to Iran between January and November 2025 were marginal at $129 million, while imports stood at $1.6 million during the same period, according to data from the Korea International Trade Association. Japan imported modest amounts of fruit, vegetables and textiles from Iran and shipped some machinery and vehicle engines there, according to the latest trade data from Japan that goes through November 2025. Reuters
Protesters marched past Trump Tower in NYC carrying a “Globalize The Intifada” sign alongside a portrait of Iran Supreme Leader Ali Khamenei. Crazy times with Iranians chanting for Trump, and Americans chanting for Khamenei. Mario Nawfal
If international law says Khamenei should still be in place, maybe international law deserves to be detonated along with him. Stephen Daisley (The Spectator)
Pourquoi une gauche mondiale préfère Khamenei vivant, à l’Iran libre ? Ce que révèle la mort du guide suprême de la République islamique ? Une fracture mondiale entre ceux qui veillent pour les Iraniens, et ceux qui tremblent pour la doctrine de leurs bourreaux. Kamel Daoud

Quelle inversion proprement carnavalesque de toutes les règles  ?

En ce début de carnaval juif de la Fête des Sorts dite de Pourim …

Cette plus profane avec Hanouka des fêtes juives, pourtant inclue dans le canon biblique,  commémorant elle aussi la délivrance d’une tentative de génocide …

Où sous l’influence des carnavals italiens médiévaux et entre mascarades, travestisme, enivrement ou incinérations du méchant Haman, toutes les transgressions semblent permises …

Trois semaines après les  manifestants iraniens qui pour le 47e anniversaire de leur révolution islamique avaient  brûlé une statue de Baal décorée du drapeau israélien tout en chantant « Mort à Israël ! » …

Quand le président capable des pires faiblesses et compromissions face au criminel de guerre Poutine …

Se mue soudainement en nouveau Cyrus ou Mardochée, incinération du nouveau Haman comprise, pour libérer le peuple perse …

Détournant  pendant des années les caméras de surveillance de Téhéran pour la circulation comme pour les opposants  pour suivre les allées et venues des dignitaires du régime …

Ou même à faire diriger une section de surveillance des espions israliens par des éléments du Mossad …

Quand les Iraniens de toute la planète chante les louanges de président américain…

Pendant que sans compter le sensationnalisme de médias qui montent  en avant les quatre morts en autant de jours …

Alros qu’en temps de paix les morts accidentelles d’une armée de plus d’un million dhommes et de femmmes dépassent les 900 annuels …

Et que le nombre des missiles iraniens fond de toute évidence comme neige au soleil …

Nombre d’Américains progressistes autoproclamés chantent celles d’un des pires tyrans de la planète …

Dûment fournis en armes et images satellite par les autres membres, à Pékin et Moscou,  de l’Axe du mal …

Quand en France comme le confirment désormais les sondages l’extrême-gauche…

Finit sous nos yeux à remplacer l’extrême-gauche comme force politique la plus antisémite …

Quand les pays arabes de la région, Qatar en tête, qui avaient si longtemps fermé les yeux voire soutenu et financé les actions terroristes des mollahs …

Découvrent enfin les destructions et les angoises des bombardements dans leurs propres viles et centres touristiques …

Quand les prétendus alliés occidentaux des Etats-Unis et d’Israël, le président français en tête, qui avaient tant reproché et avec raison au président américain son abandon de l’Urkraine …

N’ont pas de mots assez durs, voire comme l’Espagne ou le Royaume uni refusent leurs bases militaires, pour dénoncer l’actuelle intervention contre le régime qui après les milliers de victimes occidentales  avait massacré en deux jours des dizaines de milliers de manifestants pacifiques de sa propre population …

Quand le droit international invoqué par ces mêmes chefs d’Etat pour défendre la survie d’un régime génocidaire auto-proclamé …

Est celui même qui ces vingt dernières années dernières n’a condamné ce dernier que 16 fois contre 112 fois pour la seule véritable démocratie du Moyen-Orient …

Quand éclate enfin à la face du monde la nature proprement terroriste du régime des mollahs …

Qui dans le plus pur style palestinien installent leurs troupes et armements dans les hôpitaux et écoles

Et nos médias invités dans une école bombardée qui justement contre toutes les Conventions de Genève contenaient des forces militaires …

Ne font que répéter comme des perroquets les dénonciations classiques de la prétendue à une conférence de presse du porte-parole dudit régime génocidaire …

Contre les Américains et Israéliens « continuent à frapper sans discernement des zones résidentielles, n’épargnant ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les installations du Croissant-Rouge, ni les monuments culturels » … ?

Iran demands international action after attacks impact hospitals, schools

Hospitals across Iran have been damaged by US, Israeli strikes – but no reports of direct hits yet.

Gandhi hospital in Tehran,

Gandhi Hospital in Tehran, Iran, was damaged when air strikes hit nearby on March 1, 2026 [Abedin Taherkenareh/EPA]

Voir aussi:

IRGC commanders hold meetings in hospitals, sources say
Reza Akvanian
Iran International
Feb 21, 2026
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Exterior view of Khatam al-Anbia Hospital in Tehran

Islamic Revolutionary Guards Corps commanders have held meetings inside hospitals in recent days, hospital staff told Iran International, raising concerns over the growing militarization of civilian spaces and potential risks to patients, medical workers and the public.

Several military commanders and IRGC personnel convened sessions inside the medical facility over the past week, accompanied by security teams and holding discussions unrelated to healthcare, a hospital employee in Tehran said. The source spoke on condition of anonymity due to fear of repercussions.

“The presence of these individuals, along with their protection units, has alarmed staff because the meetings had nothing to do with medical matters,” the employee said.

The reports come against a backdrop of previous allegations that security forces used public institutions during unrest, blurring the line between civilian and military functions.

Use of civilian sites during protests

During the January 8 and 9 protests and the days that followed, multiple accounts described security operations from within public buildings. Witnesses and local media reported gunfire at demonstrators from inside a governor’s office and from the roof of a hospital in Gorgan. In Arak and Sari, schools were used to station forces and hold detainees.

  • Who was behind Iran’s deadly crackdown?

     

    Who was behind Iran’s deadly crackdown?

Similar reports emerged from Shiraz, Gorgan and Tehran describing the deployment of armed personnel in hospitals and, in some cases, gunfire from the rooftops of medical centers toward protesters. Authorities have not publicly clarified the scope or legal basis of such deployments.

Security forces have also gathered in recent days at certain sports stadiums and arenas, a move sources describe as an effort to shield personnel and equipment from potential US or Israeli strikes by embedding them in densely populated civilian areas.

Iranian military and clerical officials visit a hospital ward, speaking with medical staff.
Iranian military and clerical officials visit a hospital ward, speaking with medical staff.

“No justification for human shields”

Jamshid Barzegar, a political analyst and journalist, said the shift of military activity into hospitals reflects a pattern long seen in the Islamic Republic’s regional alliances.

“The Islamic Republic has once again brought inside the country a criminal pattern it has tested for years through its proxy forces in the region: militarizing civilian spaces and using civilians as human shields.”

Barzegar argued that similar tactics had been employed by allied groups in Syria, Gaza, Lebanon and Yemen, placing military assets in or near civilian infrastructure.

“Now that the Islamic Republic has cast the shadow of war over Iran, we are seeing the same methods being applied domestically,” he said. “In the bloodiest and largest crackdown on public protests in Iran’s history during January 8 and 9 and the days after, the presence of security forces resembled the conduct of extremist groups.”

Moving senior IRGC meetings into hospitals and deploying forces in stadiums and schools, Barzegar said, exposes civilians to heightened danger in any potential conflict.

“This is not only a sign of strategic weakness, but a message that the lives of ordinary Iranians carry little weight in the government’s calculations,” he said.

Under the Geneva Conventions and their additional protocols, he added, using medical facilities for military purposes can jeopardize their protected status under international humanitarian law.

  • From call-up to cleanup: An operative’s insider account of Tehran’s killing nights

     

    From call-up to cleanup: An operative’s insider account of Tehran’s killing nights

“When commanders enter hospitals with protection teams and hold non-medical meetings, they are effectively taking patients and medical staff hostage to their own security considerations,” Barzegar said. “There is no justification for using civilians as human shields.”

Legal risks and accountability

Hossein Raisi, a human rights lawyer and academic, said international humanitarian law strictly prohibits converting civilian facilities such as hospitals, clinics, places of worship and historic sites into venues for military operations.

“Any party that knowingly turns a civilian site into a center of military activity during armed conflict commits a war crime,” Raisi said.

Even if an adversary attacks such a location, causing casualties or damage, that attack may also constitute a war crime if carried out deliberately and without regard for civilian protection, he added.

Security forces gather in a school courtyard during the January protests in Iran.
Security forces gather in a school courtyard during the January protests in Iran.

“Transferring military command functions into an active hospital where patients and medical staff are present does not transform that location into a legitimate military target,” Raisi said.

“Civilians are not aware of these hidden changes and have no meaningful opportunity to leave.”

If military units or equipment are placed near schools, children or medical facilities with knowledge that an attack could cause civilian deaths, those responsible could face serious legal consequences, Raisi said.

“Under the laws of war, both sides have an obligation to minimize harm to civilians,” he noted.

“If casualties occur because civilians were deliberately exposed to risk, responsibility can attach to those who created that situation as well as to those who launched an unlawful attack.”

The breathing tube was already in his mouth when, according to his father, the final shot was fired. It is one of many accounts emerging from Iran’s January protest crackdown.

Voir également:

China’s high quality commercial satellites images upend the space-based intelligence balance in Iran war
China’s high quality commercial satellites images upend the space-based intelligence balance in Iran war

Chinese commercial satellite imagery identifying US aircraft at Prince Sultan Air Base before an Iranian strike highlights how open-source intelligence is reshaping the secrecy of modern warfare. / bne IntelliNews
Ben Aris in Berlin
Intellnews
March 3, 2026A Chinese satellite picture of US fighter jets standing on the runway Prince Sultan Air Base in the Kingdom of Saudi Arabia (KSA) has shaken the military analyst community.Released by Hangzhou-based startup MizarVision, the annotated image showed what US-based publication Aviation Week later confirmed showed over a dozen US planes massed at the airbase in preparation for the start of Operation Epic Fury on February 28.The quality of the image had a resolution of under one meter and the planes on the tarmac were identified by what was presumed to be an AI, giving their type and specification. Until the release of this image on the public internet, it was assumed that only the US had satellites of this quality and resolution. The image suggests that the US has lost its monopoly on space-based surveillance.China’s commercial space sector has entered an epoch-changing era in a way that could reshape modern conflicts, according to Shanaka Anslem Perera, author of The Ascent Begins and political analyst, who argues that the publication of detailed satellite imagery of US military assets in Saudi Arabia demonstrates the “democratisation of intelligence”.The planes standing in readiness in KSA included: 15 KC-135 aerial refuelling tankers, six KC-46 Pegasus tankers, six E-3 Sentry airborne early warning aircraft, two E-11A Battlefield Airborne Communications Nodes, as well as C-130 Hercules and C-5 Galaxy transport aircraft.Some of those details are of obvious significance. The E-3 surveillance planes are especially rare, as the US fleet is made of some 30 of these planes, easily identifiable by their very large round radar housing that sits above the fuselage and are essential for monitoring and communications during a hot conflict. A fifth of the US entire stock of these planes was plainly visible at Prince Sultan Air testifying the imminence of the start of Operation Epic Fury over a week before it started.The picture also strongly suggests that China is sharing its advanced satellite images of US military distribution in the Middle East with Tehran that can be used to target Iran’s missile attacks on US bases as soon as the hostilities broke out.“China is sharing its advanced satellite spy technology with Iran,” Perera said. “You are looking at a Chinese commercial satellite photograph of Prince Sultan Air Base in Saudi Arabia. Every red box is an artificial intelligence model identifying a US military aircraft by type. Every label is in Mandarin.”“Only thirty-one E-3s remain in the entire US Air Force inventory worldwide, meaning roughly a fifth of America’s operational AWACS fleet is parked on a single ramp in the Saudi desert,” Perera noted.The base was subsequently targeted by Iranian ballistic missiles, with AFP journalists reporting explosions in Riyadh’s eastern districts. Saudi authorities said air defences intercepted the missiles. The fate of the planes is unknown. The significance lies not in the strike itself but in the accessibility of the intelligence.“The backbone of Operation Epic Fury, catalogued from space and published on Weibo. This is the base that Iran targeted,” he said. “Which means Iran had exactly the same intelligence picture that MizarVision gave the entire world for free.”The release of the image represents a structural shift in military intelligence.“This is what the democratization of intelligence looks like,” Perera said. “In 1991, only the United States could see individual aircraft on a ramp from space. In 2003, a handful of nations had that capability. In 2026, a Chinese startup publishes annotated satellite imagery of American force dispositions on social media, and Aviation Week runs the analysis before the first missile is fired.”Citing analysis from Defence Security Asia, Perera added that “sub-meter resolution imagery distinguishing individual aircraft types fundamentally alters the secrecy calculus of pre-strike deployments”.“You cannot mass two hundred aircraft across half a dozen bases and keep it secret when commercial satellites photograph every ramp twice a day and AI models label every airframe before an analyst finishes their coffee,” he said. “The age of hidden buildups is over.”“The next war will not be planned in secret,” Perera concluded. “It will be watched from orbit by everyone, in every language, simultaneously.”Voir de même:

Western intelligence says Iran is rearming despite UN sanctions, with China’s help
Gianluca Mezzofiore
CNN
Oct 31, 2025

Members of the Israeli special forces check the apparent remains of a ballistic missile lying on the ground before being evacuated from the location where they were found, following missile attacks by Iran on Israel in June.


Politique internationale: Dieu merci pour l’éléphant dans le magasin de porcelaine ! (Will we ever be thankful enough for the bull in the china shop who despite the inexcusable blind spot on Russia and the totally unnecessary Greenland fiasco… single-handedly allowed us to slice through Alexander-like the insolvable Gordian knots that, between illegal immigration, Palestine, Venezuela or Iran and behind the fatuous international law rhetoric, permitted the most outlandish dictatorships and criminal enterprises to flourish for so long ?)

27 janvier, 2026

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ImageImageImageHen Mazzig's Video on XImage
La terre, cette mère de la nature, est aussi son tombeau; et le sépulcre de la mort renferme aussi le germe de la vie. Nous trouvons des enfants de diverses sortes nés de ses flancs et nourris sur son sein maternel, nombre d’entre eux excellent en nombreuses vertus, aucun qui n’en possède quelques-unes, et cependant tous différents. Quelle abondance de puissants bienfaits sont déposés dans les plantes, les pierres, et dans leur véritable destination! car il n’existe sur la terre rien de si méprisable que la terre n’en reçoive quelque bienfait spécial, et rien de si bon qui, s’il est détourné de ce légitime usage, infidèle à sa vraie source, ne se précipite dans l’abus. Mal appliquée, la vertu même se change en vice; et le vice est quelquefois purifié par l’action. (…) Ainsi, de même que dans les plantes, demeurent toujours en présence dans le sein de l’homme deux ennemis en lutte, la grâce et la volonté grossière. Shakespeare (Père Laurence, Roméo et Juliette, II, 3)
La différence entre la vertu et le vice est bien moins radicale que nous ne voulons le croire. Parfois, la bonté la plus efficace… est exercée par ceux qui se sont déjà compromis avec le mal, ceux qui sont membres de l’organisation même qui a lancé la balle vers l’abîme. D’où une contradiction étrange et frustrante : la bonté absolue est souvent étonnamment inefficace, tandis que la bonté compromise, éclatée et ambiguë, celle qui est touchée et souillée par le mal, est la seule qui puisse fixer des limites au meurtre de masse. Et si le mal absolu se définit en effet par son unidimensionnalité constante, cette sorte de méchanceté plus banale, la plus répandue, contient aussi en elle-même des graines de bonté qui peuvent être stimulées et encouragées par l’exemple des quelques habitants de ces régions inférieures qui ont pu en venir à reconnaître leur propre potentiel moral. Omer Bartov (2001)
Le mot « terrorisme » est chargé, et les gens l’utilisent pour désigner un groupe qu’ils désapprouvent moralement. Ce n’est tout simplement pas le rôle de la BBC de dire aux gens qui soutenir et qui condamner – qui sont les bons et qui sont les méchants. John Simpson (BBC, Octobre 2023)
La BBC est un diffuseur indépendant sur le plan éditorial dont le rôle est d’expliquer précisément ce qui se passe « sur le terrain » afin que notre public puisse se faire sa propre opinion. BBC(2023)
Les politiciens britanniques savent parfaitement pourquoi la BBC évite le mot « terroriste », et au fil des ans, beaucoup d’entre eux ont convenu en privé de cette position. Appeler quelqu’un terroriste signifie prendre parti et cesser de traiter la situation avec l’impartialité due. Le rôle de la BBC est de présenter les faits à son public et de le laisser décider ce qu’il en pense, honnêtement et sans diatribes. C’est pourquoi, en Grande-Bretagne et dans le monde entier, près d’un demi-milliard de personnes nous regardent, nous écoutent et nous lisent. Il y a toujours quelqu’un qui voudrait que nous nous emportions. Désolé, ce n’est pas ce que nous faisons. John Simpson (2023)
Alors pourquoi BBC News a-t-elle appelé les auteurs du 11 septembre des « terroristes » ? La différence cette fois-ci est-elle que la majorité des victimes sont juives, John ? Honest reporting(2023)
Le bilan de BBC Arabic en matière d’omission sur le ciblage des civils israéliens.
Aujourd’hui marque la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, un jour pour se souvenir des 6 millions de personnes assassinées par le régime nazi il y a plus de 80 ans. BBC (2025)
Les enfants ont été mis sur le Kindertransport. Helen Mirren(BBC, décembre 2025)
Ce programme fait l’objet d’une clarification. Le Kindertransport était l’évacuation organisée d’environ 10 000 enfants, dont la majorité étaient juifs, d’Allemagne, d’Autriche et de Tchécoslovaquie. BBC (Janvier 2026)
Six millions de personnes ont été tuées dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des millions d’autres parce qu’elles étaient polonaises, handicapées, gays ou appartenaient à un autre groupe ethnique. Ranvir Singh (ITV, 2025)
Aux informations d’hier, quand nous avons rapporté les événements commémoratifs à Auschwitz, nous avons dit que six millions de personnes ont été tuées dans l’Holocauste mais nous avons crucialement omis de dire qu’elles étaient juives. C’était notre erreur, pour laquelle nous nous excusons. Ranvir Singh (ITV, 2025)
Mais combien d’hommes composent cette fameuse et controversée police de Donald Trump ? Léa Salamé (France 2, 26.01.2026)
Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice. Nancy Pelosi (présidente de la Chambre des Représentants, 2020)
People of Minneapolis build barricades, trapping ICE Gestapo at the scene of their latest murder in broad daylight. Not far from where they killed Renee Good a couple weeks ago, not far from where George Floyd was killed in 2020. Calla Walsh (Communist brown shirt, 2026)
The skirmish that led to Saturday’s fatal shooting of an agitator by Border Patrol agents in Minneapolis and the response that followed were driven by a complex network of far-left organizations with a wide range of causes, a Fox News Digital investigation found. A coordinated web of encrypted chats, street alerts and tracking of ICE “Abductors” in a sophisticated database reviewed by Fox News Digital shows that agitators were already mobilized at the scene where 37-year-old Alex Pretti was killed minutes before any shots were fired. ICE and Border Patrol agents were there to arrest an illegal immigrant criminal, and Pretti and others were there, outside a donut shop, to meet them as part of a strategic pattern of organized interference with law enforcement operations. Over the following hours, a national network of socialist, communist and Marxist-Leninist cells in the United States leveraged the tragic fatality into a nationwide protest operation. While grief and outrage over Pretti’s death is genuine, the network’s real-time rapid response, using short sensational video clips and emojis as weapons of propaganda, offers a window into the disciplined logistics, messaging and coordination of far-left warriors fomenting insurgency-like confrontation with authorities. “This level of engineered chaos is unique to Minneapolis. It is the direct consequence of far left agitators, working with local authorities,” Vice President JD Vance observed in a Sunday post on X.A complex network of far-left organizations was mobilized at the scene where 37-year-old Alex Pretti was killed. The encrypted Signal messages obtained by Fox News Digital in real time show that anti-ICE “rapid responders” were actively tracking, broadcasting and summoning “backup” around federal agents outside Glam Doll Donuts on Nicollet Avenue, where the shooting happened. Local “rapid responders” made at least 26 entries into a database called “MN ICE Plates” in the critical hours before and after the killing, documenting the license plate numbers and details of alleged ICE vehicles they claimed to see around Nicollet Avenue. (…) Media outlets, including CNN and MSNOW, described “angry protesters” but failed to identify the ideological networks behind the mobilization, even as protesters flashed their signs with their logos and names, touting socialism, communism and Marxism, on camera. The Minneapolis activation marked the beginning of an almost instantaneous weekend surge by far-left organizations, including hardened socialist and communist groups operating in an ecosystem that national security experts describe as an insurgent-style operation designed to exploit tragedy to wage a domestic political war. The strategy mirrors past mobilizations, including the aftermath of George Floyd’s killing in May 2020, and exploits well-intentioned public sympathy by rapidly framing Pretti — an intensive care unit nurse at a Veterans Administration hospital — as a symbol of resistance, much like Renee Good, the first victim of an ICE shooting in Minneapolis. Just as they responded in real-time to mobilize “comrades” to march on the streets within 12 hours of the U.S. arrest of Venezuelan strongman Nicolás Maduro in early January, socialist, communist and Marxist-Leninist groups now frame their activation as an action within the “belly of the beast” against the “hyperimperialism” of the United States. Based on a digital analysis of scores of rapid-response messages following the killing on Saturday, a hub of communist and socialist nonprofit organizations emerged as key organizers of the protests. Many of them are funded by American-born billionaire Neville Roy Singham, a self-declared Marxist-Leninist living in Shanghai. Some are also offshoots of the People’s Forum Inc., a nonprofit hub Singham has funded in New York City since 2017 as an “incubator” for socialist and communist groups. (…) By early evening, the narrative had coalesced into a chorus of voices within the far-left propaganda apparatus, adopting charged historical language to brand federal officials as Nazi-like figures. At 4:12 p.m. ET, Calla Walsh, a controversial communist activist filmed this past summer in Iran shouting, “Death to America! Death to Israel!” shared a 32-second video showing barricades built with Republic Services dumpsters. She wrote, “People of Minneapolis build barricades, trapping ICE Gestapo at the scene of their latest murder in broad daylight. Not far from where they killed Renee Good a couple weeks ago, not far from where George Floyd was killed in 2020.”By evening, CNN was reporting from the 4 p.m. protest in New York City but did not identify the ideological affiliations of the organizers, even as activists openly carried signs from the Party for Socialism and Liberation, with the group’s full name printed across the bottom. Another CNN segment from Minneapolis interviewed Chris Gray, describing him only as Pretti’s “next-door neighbor.” Gray spoke about Pretti while delivering a well-scripted appeal for a general strike to dismantle the “Trump regime” and promote “non-violent resistance.” The segment did not disclose that Gray is a member of Socialist Alternative, the U.S. affiliate of the International Socialist Alternative, a “global fighting organization of workers, young people, and all those oppressed by capitalism and imperialism,” seeking to create a “socialist world.”Soon after, however, Socialist Alternative shared the interview proudly on Instagram, noting, “Chris Gray, Socialist Alternative member and next-door neighbor of Alex Pretti, speaks out.”By evening’s end, at 9:44 p.m. ET, Gloria La Riva, a co-founder of the Party for Socialism and Liberation who has described herself as “a communist,” posted a message on X, using the inflammatory language now normalized: “Alex Pretti was murdered in cold blood, everyone knows that. 10 shots in his back. All of Trump’s, Noem’s, Bovino’s lies cannot cover it up. The people’s struggle will only grow!”The Party for Socialism and Liberation used Alex Pretti’s image for its anti-ICE efforts. Party for Socialism and Liberation/X The maroon Dodge Durango in the early Signal alerts from Saturday morning is Entry No. 2069 in the publicly shared database, “MN ICE PLATES.” It included a gallery of photos of alleged ICE vehicles. At last count on Sunday, the database had 4,626 records of license plate numbers organized as “Highly Suspected ICE,” “Confirmed ICE,” “Suspected ICE,” “Cleared – Not ICE” and “Unknown.”The total number of “Confirmed ICE” entries is 2,933 records. The total number of records labeled “Abductors” is 455. A fine-print disclaimer states that the data is “for informational purposes only” and that its organizers “do not condone its use to forcibly assault, resist, oppose, impede or interfere with the official duties of any officer or employee of the United States, or of any agency in any branch of the United States Government, while engaged in or on account of the performance of official duties.”One guide, “Best Practices Guide for Neighborhood or Area Patrol / Monitors: 612,” includes a key to emojis and the jobs they represent for rapid responders.  NY Post
Over the past week, Donald Trump has been talking himself into becoming an enemy of Ukraine. It seems he needs to feel this way in order for him to do what he wants to do, which is impose terms of surrender on a sovereign nation that committed the crime—in his eyes now—of refusing to allow Russia to take it over. (…) What madness, what cravenness, what repulsive factitiousness, is this? (…) Trump is under no obligation to support Ukraine. If he doesn’t, he doesn’t. But doing so while accusing Ukraine of being the aggressor in the most unjustified, pitiless, and brutal war of aggression in our time is an act of infamy almost without parallel. John Podhoretz (2025)
Even by President Donald Trump’s standards, this one was a whopper. He often plays fast and loose with the truth when trolling opponents or engaging in wild exaggerations to distract the press. But his claim that Ukraine started the current war with Russia was not a garden-variety Trump gambit. Unlike most of Trump’s jibes that send his critics into hysteria, this one was a self-inflicted wound. It was both egregiously wrong on the facts of the conflict and undermined a key U.S. policy initiative. Whatever might have led to the Russian invasion of Ukraine in February 2022—and however hard Trump loyalists want to spin his statement—there’s no doubt that it was Moscow that attacked Kyiv and not the other way around. (…) He wrongly said they had started the war by not making concessions to the Russians before it began and accused Zelenskyy of being a dictator. He said not a word of criticism about Putin, whose brutal and illegal actions are, without question, the reason for the war. Jonathan S. Tobin
The spectacle of Trump and other administration officials bullying little Denmark has gone over badly abroad. And for Trump’s domestic critics, who are already acting as if his enforcement of immigration laws marks the end of democracy, if not Western civilization itself, outrage about his Greenland policy is just one more reason for them to view him with disgust. It may be difficult to look beyond the bad optics of picking on the Danes or the question of whether a dispute about Greenland is worth risking the possible destruction of the NATO alliance. But it turns out that Trump’s concerns about the strategic importance of the massive ice-covered island are not frivolous. Nor is it outrageous for him to think that leaving it in the hands of the Danes while the United States is obliged to pay for its defense, as well as the rest of the West, is unfair. (…) In other words, they expect the United States to do in Greenland what it has essentially done for the rest of Europe since 1945: pay for its security and meekly accept that the beneficiaries of its largesse get to complain about Americans pushing them around. Much of the coverage of the controversy centers on some of the less than flattering aspects of Trump’s bluster about a country that is more ice than green, such as the report that he sent a text to Norway’s prime minister, saying since he had been denied the Nobel Peace Prize (which is awarded by the Oslo-based Nobel Committee and not the Norwegian government), he doesn’t feel obligated to play nice with Europe. But when placed in the context of the West’s necessity to invest heavily in security in Greenland and the long record of prosperous NATO countries letting the American taxpayers pay the bill for their defense, Trump’s demand seems less unreasonable. (…) the NATO nations have been relative freeloaders for many decades, sitting back and letting Americans pay for their defense, and even stationing troops and bases in Europe to ensure that it remains free. Rich Western European countries like Denmark have enjoyed the umbrella of U.S. security since World War II and have only occasionally reciprocated the assistance by actions that show they are ready to share the burden. While, thanks to Trump’s advocacy on the issue, many NATO allies are now paying for more of their defense, the current situation remains one in which America is still largely subsidizing European defense, despite heightened regional concerns because of Russian aggression against Ukraine.  (…) Prior American governments have sought to purchase it, going back to the postwar Truman administration and even to the 1860s (when Secretary of State William Seward vainly sought to buy it, but then settled for getting Russia to sell Alaska). So, depicting the request as just vintage Trumpian insanity is misleading, even if the manner in which the president has pursued it is hard to defend. On the flip side, if he wasn’t blustering and making threats about Greenland, would the Europeans even listen to his arguments?  Jonathan S. Tobin
Yes, he has been loud about the subject. And yes, he was loud at the Davos World Economic Forum. Yes, he had demanded “purchase” of the island and suggested the use of military force. Yes, he threatened to raise tariffs on European countries. Yes, he even suggested that—based on European opposition—he would not necessarily make his decisions on the notion of a “common defense,” i.e., NATO. That’s how he approaches problems. I wrote in 2025: “The entire second Trump administration has proven, thus far, to be an advertisement for yoga. President Donald Trump throws out a bombshell idea—annexing Canada, invading Panama, emptying Gaza, tariffs on imported air, firing a billion federal workers … and everyone gets hives.” Or annexing Greenland. The Europeans declared that they would defend the island from Trump. Denmark, Norway, Sweden, Finland, France, Germany, the United Kingdom and the Netherlands sent small contingents of troops to take part in military exercises there. How odd that countries that couldn’t ante up the money they were obligated to spend for NATO defense against Russia suddenly found the funds and troops for Greenland. Yoga. Breathe. Downward dog. Then you find out that a lot of countries are open to trade talks; that the Abraham Accords countries have some ideas for Gaza; that the border is closed, safe and secure. And that NATO might be amenable to American requirements for Greenland. Following the U.S president’s speech in Davos, in which the threat of tariffs and military action were rescinded, and negotiations were held with Secretary General Mark Rutte of NATO, it seems the actual deal may look more like an expanded defense and resource agreement than an outright transfer of territory. The Dow surged 1.2%, the S&P 500 gained 1.16%, and the Nasdaq 1.18%. Denmark retains sovereignty and the United States gets sovereign space for military bases, plus mineral rights. The kicker? The NATO statement said: “Negotiations between Denmark, Greenland and the United States will go forward aimed at ensuring that Russia and China never gain a foothold, economically or militarily, in Greenland.” Yoga. Breathe. Cobra. Shoshana Bryen
The Trump Administration recognized the threat that we faced from the Chinese Communist Party and that it had been waging the world’s most successful political warfare campaign against the United States by making so many of the American elite partners with the Chinese Communist Party. And the Trump Administration was the first administration after, obviously, post-cold war administrations, from Clinton through Bush to Obama to Trump, that tried to turn the rudder over, recognizing the nature of the threat, that it was the regime that was the threat. It was the Chinese Communist Party that is the threat to the United States because of its ideology… So, we both suffer the consequences of that odious regime, and the Trump Administration recognized that and took measures starting to turn the rudder over. Bradley Thayer and John N. Friend r (2018)
We’re looking at a new era, in which not only the post-1990s framework is up for grabs, but even, in some ways, the post-1945 framework is being contested. (…) one problem is that the adversaries of this old system are now stronger than before and working together more cohesively. China, Russia, Iran, North Korea, Venezuela (…) The second problem, I think, is that on our side, we have not paid sufficient attention to the relationship between public opinion and power. (…) back in the early 1990s (…) now that the Soviet Union has gone, we can do more. The opponent of freedom has disappeared from the stage, so we can raise our objectives. We can now start worrying about gender justice in Senegal and honest voting in Kazakhstan. (…) And as the fear faded, the Jacksonians, a very large and important element in American policy, stopped being interested in foreign policy, stopped wanting to pay for foreign policy, stopped wanting to take risks in the name of foreign policy. In 1992, the first real post-Cold War election, you had two candidates: George H. W. Bush, architect of victory of the Cold War, winner of the Gulf War, a reunifier of Germany; and Bill Clinton, the governor of Arkansas, who didn’t know that much about foreign policy per se, but thought that America should be spending more time worrying about American problems. He wanted less foreign policy, and he beat Bush. Eight years later, you have Al Gore, the great statesman, the vice president who’s been everywhere, the climate champion, the really smart guy, who knows the world leaders and knows the world. And then you have George W. Bush, another governor who thinks we’ve got too much foreign policy—we don’t need to be doing this nation building abroad, America needs to focus on America first. 2008: John McCain, the great Republican statesman, the architect of reconciliation between the US and Vietnam, the man famous globally for his foreign policy credentials. And then this guy who’s a first-term senator from Illinois, who thinks that really, America needs to focus more on stuff at home, and that all of this grandiose war on terror, foreign policy stuff is getting us into a bad place. 2016: Secretary of State and ex-First Lady Hillary Clinton, great world expert. (…) Versus Donald Trump, a real estate developer from Queens, who thinks we’ve got too much of this darn foreign policy thing and need to be America first. So at every opportunity from the end of the Cold War, American voters voted for less foreign policy. But one way or another, each of these presidents managed to end up giving them more. (..) So the American foreign policy system, in a sense, has been running on fumes for quite a while. And Donald Trump’s embrace of much less foreign policy, the heck with all this multilateralism, reached a lot of people at a visceral level. Although, as I noted in last week’s column, he’s talking about regime change in Venezuela, humanitarian interventions in Nigeria, and nation building in Gaza. So we seem to be back. And this might suggest an avenue for a challenger, for a candidate in 2028. (…) The final reason that I would draw your attention to that things are not going well with this system is that I think we got confused over the nature of power—and the relationship of soft power and other kinds of power. You could argue that the last thirty years (…) many liberals have fallen victim to two different varieties of what I would think of as liberal fundamentalism. The one we’re most familiar with is what people call market fundamentalism. If we just have free trade, then the whole world is going to be fine. And the answer to any economic problem is to deregulate market forces. That’s not all wrong, and there’s a lot of truth in it. But like everything else, it needs to be adjusted from the blackboard to the actual world. (…) The other one is what I would call rights fundamentalism, that if we double down on human rights everywhere, everything is going to be great. (…) But when you convert these from goals that you are pursuing in a complicated world, sometimes in rather strange, crooked ways, to “I’m going to get there no matter what, I’m going to bulldoze everything,” and you have a kind of monomaniacal approach, you get in trouble. I would say we also, even as we embrace these kinds of fundamentalisms, we also forgot the role of hard power in establishing those world systems. We did not win the Second World War because everybody thought Eleanor Roosevelt’s ideas about a universal declaration of human rights were just so compelling that that was how the world wanted to live. We won World War II because we killed millions of people in amazing orgies of destruction and blood. We assembled violence and force. One night in Tokyo, we killed 84,000 Japanese civilians in deliberate terror attacks on civilian neighborhoods, in a country where homes were built of paper. I’m not even getting to Hiroshima and Nagasaki. Not even the Huns destroyed as many European historic monuments as we did in that war. Franklin Roosevelt was advised that he should not call for unconditional surrender by Germany because that would prolong the war, increase suffering. It would unite Germans around Hitler’s leadership. And Roosevelt’s conviction was that one of the reasons that we were having the Second World War was that the Germans had called for the armistice in 1918 before the war got to Germany. The war was still outside. They didn’t know what war was. And he said—this time, they will. So when we talk about the beautiful world order that emerged from the ashes of World War II, we forget not only the cruelties and the horrors of the actual war, and that we won it because we were better at organizing productive powers for destruction than our enemies were. We also forget just how for years after that war, the president of the United States basically could decide how many calories everybody in Germany and Japan would get to eat. And there was a decade of real suffering, even as their economies began to recover. So you have a whole generation of people whose worldview includes the right thing. War is terrible, and war against the United States is even worse. And fifty years later, we thought it was our moral purity and our piety that were upholding the world order. It’s still not. (…) It’s a good thing. I’m all for moral piety and purity and all those things. But again, the reason that China doesn’t attack Taiwan today is because it’s not quite sure what would happen if it did. The reason Russia hasn’t nuked anybody in Ukraine or Europe has more to do with their fears of what would happen if they did, than to any admiration of the moral example that we’re setting by not nuking anyone. So that doesn’t mean that soft power has no place. And it certainly doesn’t mean that morality in international life has no place. But we’ve missed it. We’ve tried to do too much. We have failed to understand the sources of strength. We have allowed ourselves to turn elements of our ideology into idols, so that we have become liberal fundamentalists rather than liberals. And these things have gotten us into trouble. Well, where can we go from here? (…) I would suggest that what the United States got kind of lured into after the end of the Cold War was we became what you might call an “offshore hegemon.” That is, we were doing things that an offshore balancer does by trying to prevent any country from dominating Europe, any country from dominating Asia, any country from being able to interrupt the flow of oil from the Middle East, those classic, hard-power things. But we tried to then set up a political order in our own image in each of these theaters. So we promote democracy, and so on and so forth, all of which is fine, no principled objection. But we didn’t have the power. We didn’t have the push. I think we need to go back to being more of an offshore balancer, where we’re not going to try to tell every country in the Middle East how to live. We’re not going to try to tell every country in Southeast Asia what their policy on elections should be. I mean, our civil society can and will continue to do this, but we focus our attention much more on some of the classic and really very limited goals that Anglo-American diplomacy has sought. I think we would also, in economic terms, need to take much more seriously the degree to which the Chinese abuse of the world trading system and the inept construction of the world trading system that created something that was so vulnerable to abuse. The problem with this is not simply that China has a balance of trade surplus with the United States. (…) But that in a sense, China monopolized the beneficial consequences of industrialization and growth, so that there hasn’t been industrialization, say, in Egypt comparable to what we’ve seen in China. (…) In a sense, this great tree grew up, and nothing could grow in the shade. Many of the economic and social problems that Africa, parts of Asia, and certainly the Middle East have, have some connection to this. A global trading system in which, say, the Europeans could have said, it’s really important to us that to the extent that our economic market is going to help promote development and stability, we do it across the Mediterranean, where that really has a big impact on us, and that we might have been a little bit more attentive to trying to make our own neighborhood a bit more prosperous, and so on. So I think we would move away from the idea of a global, one-size-fits-all approach to a lot of these policy things and a theory-driven approach. Free trade is good. This looks like free trade, therefore this is good—I wouldn’t disagree that free trade is good (…) But like everything else, you have to do it in a practical, pragmatic way, with a careful thought for the political, economic, social, and geographical and geopolitical consequences of what you do. But I’d say, America, we’re stuck with a global foreign policy. The fact that Trump was adjudicating disputes between Cambodia and Thailand and Azerbaijan and Armenia, that the isolationist restrainer America-first president gets drawn into these things should remind us that in a sense, no matter what somebody wants, this is where you end up going a lot of times as an American. So you need to try to go there intelligently and try to think very hard, not just about what you can do, but about what you can avoid doing. So a more nuanced, grand strategy that does take into account historic American interests and priorities—that is less doctrinaire, more pragmatic—this is not going to be a recipe for universal joy, or you get this—most of the time, most foreign policy doesn’t work very well. It was Henry Kissinger who said that a lot of the time, your alternatives are you’re trying to avoid the catastrophic and get to the merely bad. (So again, foreign policy is not like a test. If you do the homework and study and apply the right principles, you’ll get an A. It doesn’t work like that. It’s much more like an athletic contest, where even the best athlete in the world will go out there and screw things up, commit fouls, miss easy shots, get hornswoggled by some opponent. And your success today doesn’t mean you’re going to be successful tomorrow. It’s much more of an engagement than it is an academic exercise. Walter Russell Mead (2025)
The pivotal moment came when Trump briefly imposed 145% tariffs on China in April. These soaring duties were designed to halt trade, force reshoring, and counter Beijing’s subsidies—marking a triumph in pushing back against decades of economic predation. Congressional report (2019)
While many on both the left and the right wrongly thought [Trump’s] embrace of the slogan “America First” amounted to isolationism, they clearly misunderstood what he meant by it. Far from withdrawing from the world, Trump is determined to defend American interests abroad, though correctly understands that structures created for that purpose in the late 1940s are obsolete. What Trump is doing amounts to a return to what historian Niall Ferguson accurately analogized to the “gunboat diplomacy” and “big stick” foreign policy of President Theodore Roosevelt in the opening decade of the 20th century. This was made clear in the administration’s National Security Strategy published in November, which essentially was the blueprint for freedom of action to defend American interests in South America, whereby the Monroe Doctrine is being updated and strengthened into a new “Donroe Doctrine.” The assumption of the foreign-policy professionals during the last 80 years was that such behavior was just the sort of high-handed great power actions that led to disaster in 1914 and again in 1939. They thought that the high-minded ideals of world governance and collective security articulated in the U.N. Charter and the rhetoric of post-war American presidents could ensure that aggressors could be stopped and wars avoided. They point to the fact that the great powers never went to war against each other from 1945 to the fall of the Berlin Wall—and even to the present after the Soviet Union collapsed—as proof that the liberal world order was not just preferable but an absolute necessity. The creation of the United Nations, and a few years later, NATO, made sense as the planet emerged from the nightmare of Nazi Germany and Imperial Japan. The West then faced the need to resist the aggressive expansionism of Soviet communism. But neither the world body nor the fashioning of a Western alliance that sought to prevent Moscow from bringing other nations inside its totalitarian Iron Curtain prevented World War III from ever being fought. It was, instead, the possession of nuclear weapons by both rival global superpowers that deterred them from war, even when confrontations, like the one over the Soviets installing missiles in Cuba in 1962, took them to the brink. The new order didn’t abolish the basic truth uttered by Prussian military theorist Carl von Clausewitz about war being “the continuation of policy by other means” or end great power politics. Nuclear weapons just made the cost of escalating direct confrontations too costly to consider. NATO served a purpose in ensuring that the Soviet aggression of the late 1940s was halted. So, too, did the U.S. resolve in Korea, when the South was invaded by the Communist North. But what the architects of the United Nations failed to realize was that the structure they created could be taken over by the very forces opposed to Western ideals. That the United Nations is today a bastion of antisemitism—and it and its agencies spend so much of their efforts and energy undermining and attacking Israel—is not an anomaly. It’s the natural outcome of a world body that is largely controlled by nations and movements that are opposed to Western ideals and values. The simple and unavoidable truth is that the only way to defend those values, American interests, as well as the existence of Israel, is to go around or supersede multilateral institutions. Their preservation cannot be allowed to depend on the ideas of a now bygone era. The United States, as Ferguson has also accurately noted, is locked in a new Cold War; only this time, against China and its allies in Moscow, Tehran and Caracas. It should learn from the past, but it won’t win this conflict solely by working with the tools, like NATO, that were invented to cope with the challenges of the last one. It’s only to be expected that the assertion of American power in South America or elsewhere, such as Iran—where Trump joined the Israeli campaign to destroy its nuclear program and which he has now also threatened should it violently suppress protests—will be opposed by ideologues who think international institutions are more important than national sovereignty. The point being is that if you don’t want rogue regimes to be allowed to export illegal drugs that kill Americans or to be used as bases by Iran or China, the only answer is for Washington to act. Waiting for a global organization to undertake operations that most of its members oppose or the assent of NATO allies is almost always going to lead, as it has on so many fronts, to inaction. Some administrations, like that of Barack Obama, turned that dependence on multilateralism into something of a fetish. The result was, among other things, the catastrophe in Syria (where Obama walked back his 2013 “red line” threats) and the 2015 Iran deal that set Tehran on a course to have nuclear weapons, with which it could dominate the Middle East and threaten the rest of the world. The argument that American unilateralism will encourage Beijing to attack Taiwan is nonsense. As Russia showed in Ukraine and Iran proved when it fomented its multifront war against Israel on the watch of a Biden administration that was similarly wedded to multilateral myths, it was U.S. weakness—not tough-minded Trumpian strength wielded unilaterally—that is likely to lead to more wars. It may well be that Trump’s every utterance and act will continue to send liberals and leftists over the edge, no matter how sound or reasonable his policies (such as his success in halting illegal immigration) may be. (…) The most important conclusion to be drawn from this latest instance of Trump’s freelancing while the global establishment clutches its pearls is that it is only by Washington’s willingness to act on its own that the threats to America, the West and the State of Israel can be effectively met. Far from the greatest peril being an erratic Trump let loose on the world stage, the president’s single-minded belief in defending American national interests is the best hope for fending off the machinations of enemies of the West. A mindless belief in the transcendent importance of the solutions that were believed necessary in 1945 to prevent another global war is not going to protect us in 2026 and the years to come. Jonathan S. Tobin
The most enduring folk tale involving Alexander is about not overthinking—the story of the Gordian knot. In the city of Gordium, a prophet had declared the future ruler of all Asia would have to solve the impossible problem of untying an incredibly complex knot in a rope. Alexander simply took his sword and cut through it. Action, not ingenuity. Simplicity, not complexity. Solve a problem not by solving it but by ending the problem itself. Doesn’t this explain better than any other theory the approach of Donald Trump in Iran and Venezuela? For decades, both enemies of America seemed to pose problems for us that seemed unsolvable, though the reasons shifted over time. Iran’s nascent nuclear problem could not be dealt with directly in the 2000s because we were too busy in Iraq. Venezuela’s seizure of American assets in 2008 relating to natural gas could not be dealt with because we had a history of standing by and accepting it when oil-rich countries nationalized their assets. When both regimes stole elections and oppressed their people while sponsoring terrorism against the United States—with bombs and narcotics, and cooperating with each other as Iranian assets went to Venezuela for passports to use to cross the border into the U.S. to move drugs and establish potential cells—we could not and did not act because, well, having not acted before, we weren’t going to act now. Faced with these problems in 2024 from both regimes, Donald Trump surely got the same advice Joe Biden and Barack Obama and George W. Bush had received from other world leaders and from the experts inside his own government. The consequences of action were simply too hard to game out. All options were bad, so the least bad option—using Aristotelian moderation as your guide—would be not to do too much. Use sanctions. Send ships to the area. Support covert forces. Even help the enemy of your enemy (Israel). But do not do more. Looking at these knots, and having been told that untangling them would be near impossible, Trump chose another route. He took out his sword—the unparalleled American military—and sliced through them. In 37 hours from beginning to end, he took out Iran’s nuclear program. And in five hours this weekend, he extricated Nicolas Maduro from his position atop the Venezuelan greasy pole. By doing so, he invokes another, more recent paradox, though I know in citing it I am going to get slammed by people for misunderstanding its original meaning. That is Heisenberg’s uncertainty principle. By which I mean, the idea that these problems are irresolvable is inalterably changed by resolving them—the facts on the planet Earth have changed in the Middle East and South America because of what Trump chose to do, and the prudent calculations that governed inaction are no longer operative because they describe the options in a world that no longer exists in the same way. (…) Trump’s actions are only to be considered extreme if you view them in isolation. They came in response to efforts before them to make things happen without military involvement. (…) It stands to reason that if the regime challenging the United States is itself an extreme actor, taking radical action against it might itself be the most prudent course. Alexander didn’t need to spend years solving the Gordian Knot problem when he had a blade sharp enough to solve it for him. John Podhoretz
The present state of the world is increasingly a scene of rivalry between (A) a Western camp, dominated by the USA and Israel, and (B) an increasingly unified anti-Western one that includes notably Islamists, led until recently by Iran, with Turkey seeking to take over, along with China, Russia, and various “southern” nations in Africa and South America. (C) Europe, after long abdicating its role in international affairs to the US on the one hand and the UN-“Third world” on the other, is beginning to seek to get back in the game. The current state of Great Britain and France, if not quite Germany, shows them in the throes of political stagnation, nowhere better illustrated than by the French parliament’s recent withdrawal of its decision to advance the retirement age from 62 to 64—at a time when other European nations are setting it closer to 70. The nations in the B group, dominated by philosophies that partake of the epistemology of resentment, find in militant Islam­—Islamism—its bellwether, if not its model, and in particular the guarantee for the vastly increased antisemitism of the group’s Western members, focused on the Israeli “genocide” of the Palestinians. The “Red-Green Alliance” links the Western political Left to the Islamist dream of world conquest, drawing strength (as well as cultural self-contempt) from the latter’s self-sacrificing religious fanaticism that justifies its followers’ claim to “love death” where the Judeo-Christian world—which they would reject—“loves life.” One of the strangest recent developments of this conflict has been the (re)emergence of a “right-wing” antisemitism that includes nostalgia for Nazism as well as Holocaust denial-minimization in its rejection of the mid-20th century victories of liberal democracy on the American model. A lot of this playing at épater les bourgeois, stimulated by the internet-era mania for “self-expression” that favors the scandalous over the reasonable, can be used as a discovery-mechanism to ascertain the contemporary West’s degree of self-hatred: its rejection of Christianity along with Judaism. This nihilistic fondness for Mein Kampf and outlandish Jewish conspiracy theories stands in contrast to the at least nominal striving of both the green and red revolutionary modes toward an ultimate utopia, whether socialist or Islamic. (…) As Jonathan Tobin writes for the Jewish News Service on January 6 in “Venezuela, Trump and the end of the liberal world order”, Trump’s unpredictable coup cut through the rhetoric of feckless diplomacy to reveal the obsolescence of the system of international law-and-order that had been inaugurated after WWII with the creation of the United Nations in the hope of establishing an international “community of nations.” The flawlessly-carried-out kidnapping of Nicolas Maduro and his wife with the purpose of dismantling the multi-billion dollar narco-terrorist trade that Venezuela has been providing, while hopefully initiating that nation’s liberation from a dictatorship that has driven perhaps a third of its people into exile, demands the same comparison to a post on X praising Hitler and blaming Churchill for WWII as to a “Democratic Socialist” speech condemning Trump’s act as in violation of “international law”: that between real action to solve the world’s problems and empty verbiage, whether “serious” or nihilistic. Doran has clearly been observing the social-media scene for so long that he has come to take it for the real world, when it is merely a self-mocking caricature of the realm of illusion that has emerged from the failed liberal dreams that built the UN, all too quickly transformed into the temple of world antisemitism. Call it instinct or philosemitism, Trump has understood that antisemitism is no longer a foible of a semi-confident upper class, but a figure of the West’s death wish, and that to revel in one’s own society’s destruction is not a solution but a surrender. The “endless wars” of the Bush era failed because, in the spirit that founded the United Nations, they expected that the Western formula for the good society could be applied worldwide. What Trump has been doing is rather to confidently affirm the superiority of American values on the world scene. Neither Iran nor Venezuela can be said to “deserve” their current regimes, which was not true either in Saddam’s Iraq or Afghanistan, and it is not unlikely that Trump’s nearly casualty-free acts of aggression in both countries will ultimately have positive effects, given that, unlike the neocon wars, their aims are in synchrony with the fundamental social values of these nations. John Podhoretz’ title says it all in his recent “Trump and the Gordian Knot” (…). Slicing through the fatuous rhetoric about international law that permits the most egregious dictatorships and criminal enterprises to flourish, Trump dared to apply Alexander’s masterful example to Venezuela’s international drug trade by striking at its key figure, doing what had been supposed to be the UN’s job. Whether or not the end result will be a happy return to prosperity on the Western model may be yet unclear, but what justified Trump’s action is that only by demonstrating the continued strength of this model can the West, under the leadership of the USA, retain its position of world leadership. It pays to reflect on what this tells us about the political instincts of the American population in giving Trump his solid victory in 2024. To elect Trump was clearly not to make a safe choice; in the face of the obsolescence of the postwar world order, only audacity, egocentric as it may be, can find new paths. In this sense, Trump’s MAGA slogan is anything but empty bravado.  (…) like most “brainworkers,” I have never taken Trump for a political ideal, in the way I might have felt about Reagan, for example. But his bull-in-the-china-shop antics, however I might on occasion find them egregious, reflect the kind of deal-making personality that alone in these times can break through the Gordian knots in which the post-WWII world has enveloped itself. (…) And although the consequences of Trump’s Maduro coup are anything but certain, the mere fact of pulling it off makes clear that, as Podhoretz realizes, the world of international relations today is so choked with irrationality that trying to solve the problems of Maduro’s illegitimacy by “diplomatic” means—certainly not the means he used to remain in the presidency after a lost election—would be in fact a category error worthy of an Orwellian satire. Whatever else occurs, the USA, in Venezuela as in Iran, by the demonstrated skills of its military, have incontestably shown the world who is the “strong horse”—and as the Islamists know well, in an era of international tension, that is the closest we can come to certainty. So long as the US can convince its external enemies of this, it should be able to deal with the feckless partisans of the death-wish of Western civilization. Eric Gans
Dieu merci pour l’éléphant dans le magasin de porcelaine !
En cette 80e commémoration de la libérationd’Auschwitz …
Où après plus de trois ans de désinformation et de lynchage médiatique …
Nos médias n’arrivent toujours pas à appeler un terroriste un terroriste …
Ou à mentionner explicitement l’origine des victimes du plus grand génocide de l’histoire il y a plus de 80 ans …
Et comme avec la manipulation George Floyd il y a six ans à Minneapolis, les chemises noires antifa et leurs amis dans la politique et les médias continuent leur instrumentalisation de victimes sacrificielles
Serons-nous jamais assez reconnaissants envers l’éléphant dans le magasin de porcelaine…
Qui malgré l’inexcusable cécité sur la Russie et le totalement iutile fiasco sur le Groenland…
Nous a permis à lui tout seul de trancher comme Alexandre le Grand…
Les nœuds gordiens insolubles ….
Qui, entre l’immigrationillégale, la Palestine, le Venezuela ou l’Iran et derrière la rhétorique futile du droit international…
Ont permis pendant si longtemps aux dictatures les plus extravagantes et aux entreprises criminelles de prospérer ?)
The course of history has been accelerating so fast that it is almost foolhardy to attempt to do more than comment on its day-to-day changes, but I thought it might be useful to take advantage of Trump’s recent flawless extraction of Nicolas Maduro from Venezuela to face trial in New York to suggest a perspective that can help us to evaluate its ups and downs. This Chronicle was composed before the onset of the recent turmoil in Iran, but regardless of the outcome of what we hope is an emerging political tidal wave, and of Trump’s role in its success or failure, it seemed to me worth focusing on a less crucial but wholly characteristic action of his that has allowed him to crack through the encrusted politics of post-WWII international relations.


The present state of the world is increasingly a scene of rivalry between (A) a Western camp, dominated by the USA and Israel, and (B) an increasingly unified anti-Western one that includes notably Islamists, led until recently by Iran, with Turkey seeking to take over, along with China, Russia, and various “southern” nations in Africa and South America. (C) Europe, after long abdicating its role in international affairs to the US on the one hand and the UN-“Third world” on the other, is beginning to seek to get back in the game. The current state of Great Britain and France, if not quite Germany, shows them in the throes of political stagnation, nowhere better illustrated than by the French parliament’s recent withdrawal of its decision to advance the retirement age from 62 to 64—at a time when other European nations are setting it closer to 70.

The nations in the B group, dominated by philosophies that partake of the epistemology of resentment, find in militant Islam­—Islamism—its bellwether, if not its model, and in particular the guarantee for the vastly increased antisemitism of the group’s Western members, focused on the Israeli “genocide” of the Palestinians. The “Red-Green Alliance” links the Western political Left to the Islamist dream of world conquest, drawing strength (as well as cultural self-contempt) from the latter’s self-sacrificing religious fanaticism that justifies its followers’ claim to “love death” where the Judeo-Christian world—which they would reject—“loves life.”


One of the strangest recent developments of this conflict has been the (re)emergence of a “right-wing” antisemitism that includes nostalgia for Nazism as well as Holocaust denial-minimization in its rejection of the mid-20th century victories of liberal democracy on the American model. A lot of this playing at épater les bourgeois, stimulated by the internet-era mania for “self-expression” that favors the scandalous over the reasonable, can be used as a discovery-mechanism to ascertain the contemporary West’s degree of self-hatred: its rejection of Christianity along with Judaism. This nihilistic fondness for Mein Kampf and outlandish Jewish conspiracy theories stands in contrast to the at least nominal striving of both the green and red revolutionary modes toward an ultimate utopia, whether socialist or Islamic.

As Michael Doran suggests in “Giant Abroad, Midget at Home” (Tablet Magazine, January 2026), the hidden stimulus behind this tendency might well be traced to Tucker Carlson’s tenuous roots in the traditional Protestant American ruling class at the turn of the twentieth century, whose largely “social” antisemitism reflected a nativist reaction to the influx of European immigrants that ended with the passage of the Johnson-Reed Act in 1924. Thus, knowingly or not, today’s Gen Z groypers identify along with Carson with that now-defunct ruling class’s contempt for the “plebeian” 20th century wrought by European immigration, of which the Jews can be seen as the archetype.

Yet nearly every day serves to disprove Doran’s idea that Trump, while impressing the rest of the world, has become at the same time a “midget” at home by neglecting American voters’ increasing impatience with economic conditions.

As Jonathan Tobin writes for the Jewish News Service on January 6 in “Venezuela, Trump and the end of the liberal world order”, Trump’s unpredictable coup cut through the rhetoric of feckless diplomacy to reveal the obsolescence of the system of international law-and-order that had been inaugurated after WWII with the creation of the United Nations in the hope of establishing an international “community of nations.”

The flawlessly-carried-out kidnapping of Nicolas Maduro and his wife with the purpose of dismantling the multi-billion dollar narco-terrorist trade that Venezuela has been providing, while hopefully initiating that nation’s liberation from a dictatorship that has driven perhaps a third of its people into exile, demands the same comparison to a post on X praising Hitler and blaming Churchill for WWII as to a “Democratic Socialist” speech condemning Trump’s act as in violation of “international law”: that between real action to solve the world’s problems and empty verbiage, whether “serious” or nihilistic. Doran has clearly been observing the social-media scene for so long that he has come to take it for the real world, when it is merely a self-mocking caricature of the realm of illusion that has emerged from the failed liberal dreams that built the UN, all too quickly transformed into the temple of world antisemitism.

Call it instinct or philosemitism, Trump has understood that antisemitism is no longer a foible of a semi-confident upper class, but a figure of the West’s death wish, and that to revel in one’s own society’s destruction is not a solution but a surrender. The “endless wars” of the Bush era failed because, in the spirit that founded the United Nations, they expected that the Western formula for the good society could be applied worldwide. What Trump has been doing is rather to confidently affirm the superiority of American values on the world scene. Neither Iran nor Venezuela can be said to “deserve” their current regimes, which was not true either in Saddam’s Iraq or Afghanistan, and it is not unlikely that Trump’s nearly casualty-free acts of aggression in both countries will ultimately have positive effects, given that, unlike the neocon wars, their aims are in synchrony with the fundamental social values of these nations.

John Podhoretz’ title says it all in his recent “Trump and the Gordian Knot” (Commentary, January 4, 2026). Slicing through the fatuous rhetoric about international law that permits the most egregious dictatorships and criminal enterprises to flourish, Trump dared to apply Alexander’s masterful example to Venezuela’s international drug trade by striking at its key figure, doing what had been supposed to be the UN’s job. Whether or not the end result will be a happy return to prosperity on the Western model may be yet unclear, but what justified Trump’s action is that only by demonstrating the continued strength of this model can the West, under the leadership of the USA, retain its position of world leadership.


It pays to reflect on what this tells us about the political instincts of the American population in giving Trump his solid victory in 2024. To elect Trump was clearly not to make a safe choice; in the face of the obsolescence of the postwar world order, only audacity, egocentric as it may be, can find new paths. In this sense, Trump’s MAGA slogan is anything but empty bravado. When, as Doran’s analysis malgré elle makes clear, our real choice is between Trump and the puerile insolence of the groypers, there is really no choice at all.


As readers of these Chronicles since 2016 will note, like most “brainworkers,” I have never taken Trump for a political ideal, in the way I might have felt about Reagan, for example. But his bull-in-the-china-shop antics, however I might on occasion find them egregious, reflect the kind of deal-making personality that alone in these times can break through the Gordian knots in which the post-WWII world has enveloped itself. The 2022 Russian invasion of Ukraine, as a relevant example, would have been unthinkable had Trump been president rather than Biden.

And although the consequences of Trump’s Maduro coup are anything but certain, the mere fact of pulling it off makes clear that, as Podhoretz realizes, the world of international relations today is so choked with irrationality that trying to solve the problems of Maduro’s illegitimacy by “diplomatic” means—certainly not the means he used to remain in the presidency after a lost election—would be in fact a category error worthy of an Orwellian satire.

Whatever else occurs, the USA, in Venezuela as in Iran, by the demonstrated skills of its military, have incontestably shown the world who is the “strong horse”—and as the Islamists know well, in an era of international tension, that is the closest we can come to certainty. So long as the US can convince its external enemies of this, it should be able to deal with the feckless partisans of the death-wish of Western civilization.


Over the past week, Donald Trump has been talking himself into becoming an enemy of Ukraine. It seems he needs to feel this way in order for him to do what he wants to do, which is impose terms of surrender on a sovereign nation that committed the crime—in his eyes now—of refusing to allow Russia to take it over.

That is the only logical way to understand Trump’s utterly despicable comments this afternoon. Annoyed, apparently, that Ukraine’s democratically elected leader objected to negotiations to which he was not invited—negotiations over a war in which he is one of the two combatants—Trump literally blamed him and the country he leads for the war itself. “Today I heard, ‘Oh, well, we weren’t invited.’ Well, you’ve been there for three years. You should have ended it—three years. You should have never been there. You should have never started it. You should have made a deal.”

You should never have started it. What madness, what cravenness, what repulsive factitiousness, is this? Volodymyr Zelenskyy offended him by raising the perfectly logical problem of a negotiation that included him out, and so Trump began talking about Ukraine’s leader as though he were Palestinian Authority president Mahmoud Abbas, who hasn’t permitted a vote on his leadership in two decades. “Well, we haven’t had an election there,” Trump said by way of explaining why he is insisting that Ukraine go to the polls as part of the peace deal Ukraine is not even involved with! We all assumed this was a Putin condition, but no, Trump said it was his idea. Zelenskyy became president of Ukraine in 2019. He was elected to a five-year term. The Russians invaded in February 2022. Generally speaking, it’s very difficult to hold an election when your country is fending off a near-genocidal action against it, and in any case, there was no requirement that there even be an election under peacetime Ukrainian law Yes, the U.S. had an election during World War II, but we weren’t a battleground.

Anyway, what does Trump care whether there are elections there or not? His claim is effectively that Zelenskyy is illegitimate; according to Trump, Zelenskyy has a 4 percent approval rating. That’s a near-psychotic lie. The last poll, for whatever a poll in the middle of a war is worth, had the Ukrainian leader at 52 percent. Trump wants an election there because he feels Zelenskyy is standing in the way of his effort to see that people stop being killed in this war. He objects to Ukraine being under martial law. What does the word “martial” mean, Mr. President? Ever bother to look it up? Ukraine has a significant population that might be loyal to the invading enemy, and it has reserved its rights to defend itself from fifth columns. As every country in a war does, and has ever done, forever. Indeed, the Ukrainian constitution literally creates an election exception under conditions of martial law; not only are elections not to be held under its terms, but once martial law is lifted, there is to be no election for six months. As the scholar Elena Davlikanova explains, “Several laws would need to be changed in order for presidential elections to be held, which raises its own problems. Even if a legal solution could be found, security, financial, and organizational obstacles to holding free, fair, and representative elections are far more serious.”

It is not for Trump to decide whether Ukraine continues to defend its territory and its sovereignty. He is, of course, within his mandate as president to cut off aid, and thereby make the war sputter out—in order to make the Ukrainians suffer for their disobedience in refusing to walk quietly to the gallows while thanking him as they are hanged in the worldwide public square.

In the 1970s, the United States cut out the South Vietnamese as Washington pursed peace negotiations with the North Vietnamese. But that was a war in which we became the primary combatants ourselves, losing north of 50,000 men by the time those talks were fully in earnest. What have we done. We have sold Ukraine arms, or given Ukraine military aid, most of which came in the form of weaponry built in the United States, therefore serving as a form of domestic industrial policy that employed U.S. workers. We have not lost a single life in Ukraine. We haven’t had a single boot on the ground in Ukraine. Trump is moving in to impose a deal as though this war is something from which we need to escape. We don’t. It’s just that he’s spent years talking about how it wouldn’t have happened on his watch and can settle it in a day, and now basically he’s decided the best way to do that is to make Ukraine the warmonger in his own head.

Trump is under no obligation to support Ukraine. If he doesn’t, he doesn’t. But doing so while accusing Ukraine of being the aggressor in the most unjustified, pitiless, and brutal war of aggression in our time is an act of infamy almost without parallel. I wrote COMMENTARY’s current cover story. It’s called “Trump 2: The Good, the Bad, and the Ugly.” This is the ugly. This is the more-than-ugly. This is about as ugly as it could possibly get.

Voir aussi:

Prolonging the Ukrainian quagmire won’t defend the West or Israel

Trump was wrong to say Ukraine started the war with Russia. But the main threat to the United States is the woke left, Islamists and China, not Moscow.

Jonathan S. Tobin

Even by President Donald Trump’s standards, this one was a whopper. He often plays fast and loose with the truth when trolling opponents or engaging in wild exaggerations to distract the press. But his claim that Ukraine started the current war with Russia was not a garden-variety Trump gambit.

Unlike most of Trump’s jibes that send his critics into hysteria, this one was a self-inflicted wound. It was both egregiously wrong on the facts of the conflict and undermined a key U.S. policy initiative.

Whatever might have led to the Russian invasion of Ukraine in February 2022—and however hard Trump loyalists want to spin his statement—there’s no doubt that it was Moscow that attacked Kyiv and not the other way around. It pumped some life into the old Russia collusion hoax to which some of his foes continue to cling. But far worse than that, it has distracted the public from the plain fact that his effort to end that pointless and destructive war is not only the right thing to do; opponents who are having such a good time lambasting him for doing what they claim is the dirty work of Russian President Vladimir Putin have no rational alternative.

Had he stuck to his basic position on the war, Trump would have been on safe ground. But infuriated by the pushback that he’s been getting from Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy and his international media cheering squad, Trump characteristically unloaded on the Ukrainians. He wrongly said they had started the war by not making concessions to the Russians before it began and accused Zelenskyy of being a dictator. He said not a word of criticism about Putin, whose brutal and illegal actions are, without question, the reason for the war.

This set off not only a tsunami of criticism. He was accused of destroying American foreign policy and reversing 80 years of efforts to contain and deter Russia. Trump was also blamed for unfairly abandoning the Ukrainians by cutting them out of the talks in Saudi Arabia that he initiated with Putin.

Misleading arguments

More troubling, it put some steam behind efforts to link support for prolonging the war with opposition to the rise of right-wing parties in Europe, who oppose open borders immigration policies that have brought millions of Muslim and Arab immigrants into the continent, undermining its identity and making it far more anti-Israel as well as anti-Jewish. Indeed, New York Times columnist Bret Stephens sought to falsely link the two issues by claiming that Germany’s AfD party was comprised of, in addition to their other obvious flaws, Russian agents.

In this way, Stephens and other Trump-bashers want to somehow turn an effort by the administration to point out—as Vice President JD Vance did last week—the way our erstwhile European allies have abandoned the defense of free speech into a defense of Nazis and antisemitism. Another egregious example of this appalling tactic came when Margaret Brennan, the host of CBS’s “Face the Nation,” was pushing back at U.S. Secretary of State Marco Rubio’s defense of the Trump and Vance positions. Brennan also claimed that “free speech was weaponized” by the Nazis in order to commit the Holocaust.

That was as wrong as anything Trump has ever said. As historian Andrew Roberts wrote in The Free Press in response to what he correctly labeled as a “new low in historical ignorance,” the Nazis didn’t weaponize free speech, “they crushed it.”

Trump’s opponents think that they can derail Trump’s peace effort by, as Stephens egregiously tried to do, analogizing Trump to Hitler appeaser Neville Chamberlain. Their goal is to revive the pro-Ukraine coalition of liberal Democrats and establishment Republicans that worked so effectively under President Joe Biden to give Zelenskyy more than $175 billion (and not the $350 billion figure that Trump wrongly used) to fight Russia and keep the war going.

But while Trump deserves the drubbing he’s getting for his misstatements about the start of the war, his policy won’t be stopped by that. Nor should it be. And those disingenuously trying to tie his effort to antisemitism or the appeasement of Nazis know it.

A war that should be ended

More than 1 million people, soldiers and civilians, have been killed or wounded on both sides in the war between Ukraine and Russia. And, as even the Biden administration, which claimed the war should continue “for as long as it takes,” admitted, it’s turned into a bloody World War I-style stalemate since the failures of Russia’s initial offense in 2022 and the U.S.-aided Ukrainian counter-offensive in 2023.

Since then, the United States has continued to pour more money into Ukraine than an embattled Israel has gotten throughout decades of conflict. Biden also stripped the strategic reserves of arms and ammunition of the U.S. armed forces (including those arms that had been pre-positioned in Israel and could have helped the Jewish state fight Hamas after the terrorist attacks on Oct. 7, 2023) and tossed them into the furnace of this war so as to prop up Ukraine.

The Russian army failed miserably in its initial efforts to seize Kyiv. And though the Ukrainians earned the admiration of the world by foiling the initial Russian invasion, their efforts—aided by American arms and U.S. intelligence—to win back the territory in the Donbas region and Crimea that Putin seized in 2014 have collapsed just as miserably.

Since the summer of 2022, the war has been a contest about whether Russia would hold onto its 2014 gains and not whether Ukraine would be independent. There is an argument to be made for considering the maintenance of that country’s independence to be a principle the United States should defend. But the question of who controls the Donbas or Crimea has nothing to do with American national interests or those of the free world.

At this point, the only sane plan of action involves negotiations that will lead to a peace settlement giving each side some of what they want.

U.S. Secretary of Defense Pete Hegseth probably shouldn’t have been so candid when speaking of those terms recently, but it’s not as if everyone didn’t already know that the war will almost certainly be brought to a close along those lines. Russia will likely keep the lands, which are largely inhabited by people who are not Ukrainian, it took in 2014, and the West will promise not to bring Ukraine into NATO—the factor that probably did the most to motivate Putin’s illegal invasion. Ukraine’s independence will be guaranteed, and the West will ensure that it can defend itself against Russia in the future while contributing to its reconstruction.

That’s the only rational path forward. Yet the response to Trump’s call with Putin and his demand that Ukraine pay back some of what it owes the United States by paying it with a deal to help develop its mineral resources has been nothing short of hysteria.

As far as the Europeans and the U.S. foreign-policy establishment are concerned, America’s role in this conflict is to just shut up and pay for it while doing nothing to bring about peace.

Trump’s critics say Russia is allied to China and Iran, and so must be opposed at all costs. But that doesn’t mean that wasting more Western resources on a war that can’t end well is a good idea or will aid efforts to prevent aggression from Beijing or Tehran.

Nor can anyone define what they mean when some, like Biden did, demand “victory” for Ukraine. The notion that Kyiv could conquer a nuclear-armed Moscow is a fantasy.

Whose interests are furthered by propagating such myths?

One is the Zelenskyy government. Calling him a “dictator,” as Trump did, wasn’t helpful even if the claims that he is democracy’s champion are, at best, an exaggeration. Once the war ends, the Ukrainian leader will be forced to change out of his signature G.I. Joe outfit, cease pretending to be the Winston Churchill of the 21st century and be reduced to the leader of what remains among the most corrupt and anti-democratic governments in Europe.

The NGO archipelago

The other big loser, if peace were to be reached in Ukraine, is what some wags have dubbed the “NGO archipelago.”

Ukraine has long been the special interest of federal boondoggles like the United States Agency for International Development (USAID) that Trump is seeking to dismember. Its many partners in the nonprofit world have feasted on the dubious project of transforming a corrupt former Soviet republic into a Jefferson democracy while pulling it into the West’s sphere of influence. Like their efforts to aid the war against Israel being waged by Hamas and other Palestinian terror groups, the Ukraine war is a nonstop gravy train for the international community’s multilateral agencies.

None of those whining about Trump’s rough treatment of Europe or willingness to pressure Zelenskyy to make peace has a better idea other than continuing the war indefinitely. That would not be in the interests of the Ukrainian people, who continue to suffer from the continuation of the war.

More importantly, it would not be in the interests of the United States, allies like Israel, or the real struggle for freedom and democracy, which requires the European nations that are complaining the loudest about Trump to confront their own problems.

So, although he was wrong to depict Ukraine as the aggressor, Trump is just doing what any statesman not drunk on myths about exporting democracy or Cold War nostalgia would do.

Settling the war won’t be easy, but Trump deserves credit for jump-starting talks with Russia to end it—something Biden refused to do. Isolating Moscow in the manner that Biden pursued didn’t make it less dangerous or hostile. Once the shooting there stops, the United States can pivot to defending its interests against the real geostrategic threat of the 21st century from which Ukraine has been a costly distraction: China. And a wealthy Europe will be compelled to pay its fair share of the costs of its defense, and hopefully, stop ganging up on Israel.

Trump deserves criticism for his statements about Ukraine. But the policy he is pursuing is far more realistic as well as better-suited to help defend the interests of America and its allies than a continuation of this hopeless quagmire. Those pointing out this obvious truth are not Putin’s stooges or agents, nor are they isolationists. That’s something that those wailing about the president’s bad history would acknowledge if they were not so blinded by their hatred of Trump and their embrace of a questionable cause.

Jonathan S. Tobin is editor-in-chief of JNS (Jewish News Syndicate).

Voir également:

Utterly Despicable’: Conservative Columnist Hammers Trump Blaming Ukraine For Russian Invasion

President Donald Trump kicked up pushback among conservatives with his latest comments about Ukraine having “started” a war with Russia.

“I think I have the power to end this war, and I think it’s going very well. But today, I heard, ‘Oh, well, we weren’t invited.’ Well, you’ve been there for three years,” Trump said in response to Ukrainian President Volodymyr Zelensky’s concern he wasn’t included in peace negotiations. “You should have never started it. You could have made a deal.”

John Podhoretz, a speechwriter for late President Ronald Reagan, took to Commentary magazine on Tuesday to call Trump’s comments “utterly despicable.”

You should never have started it. What madness, what cravenness, what repulsive factitiousness, is this?” the conservative columnist wrote. “Volodymyr Zelenskyy offended him by raising the perfectly logical problem of a negotiation that included him out, and so Trump began talking about Ukraine’s leader as though he were Palestinian Authority president Mahmoud Abbas, who hasn’t permitted a vote on his leadership in two decades.”

He argued Trump is blaming Ukraine for not “allowing” Russia to take it over.

“Trump is under no obligation to support Ukraine. If he doesn’t, he doesn’t,” Podhoretz wrote. “But doing so while accusing Ukraine of being the aggressor in the most unjustified, pitiless, and brutal war of aggression in our time is an act of infamy almost without parallel.”

Trump also faced criticism from the editorial board at the New York Post (where Podhoretz serves on the editorial board and serves as a columnist) which also blasted his comments about Ukraine as well as a proposal to claim profits from the country’s natural resources to pay back billions to the U.S. that went into the war effort.

“He didn’t start it, and he’s had no chance to end it except by surrendering to the blood-soaked invader: Whatever negotiating tactics Trump cares to use, turning the truth completely upside down ought to be beneath him,” they wrote.

The editorial board said Trump’s proposal would be “despicable.”

“To squeeze the war-crippled country for all we can, simply because we can, would be despicable,” they wrote.

Voir de plus:

He did it again

Countries tend to fall into stultifying patterns of behavior. Not so, Donald Trump, who shakes up the old system and makes leaders face the world as it really is.

Shoshana Bryen

Greenland is important in the 21st century. In a world of new weapons and advanced technological capabilities, the Arctic is no longer the functional equivalent of Pluto.

America’s adversaries have been working overtime to establish themselves in the region and establish pathways to the Western hemisphere. U.S. President Donald Trump wasn’t kidding about the value of a cold and practically empty rock; he was playing catch-up with Russia and China.

The Europeans didn’t want to hear it. Their mistake.

Yes, he has been loud about the subject. And yes, he was loud at the Davos World Economic Forum. Yes, he had demanded “purchase” of the island and suggested the use of military force. Yes, he threatened to raise tariffs on European countries. Yes, he even suggested that—based on European opposition—he would not necessarily make his decisions on the notion of a “common defense,” i.e., NATO.

That’s how he approaches problems. I wrote in 2025: “The entire second Trump administration has proven, thus far, to be an advertisement for yoga. President Donald Trump throws out a bombshell idea—annexing Canada, invading Panama, emptying Gaza, tariffs on imported air, firing a billion federal workers … and everyone gets hives.”

Or annexing Greenland. The Europeans declared that they would defend the island from Trump. Denmark, Norway, Sweden, Finland, France, Germany, the United Kingdom and the Netherlands sent small contingents of troops to take part in military exercises there. How odd that countries that couldn’t ante up the money they were obligated to spend for NATO defense against Russia suddenly found the funds and troops for Greenland.

Yoga. Breathe. Downward dog.

Then you find out that a lot of countries are open to trade talks; that the Abraham Accords countries have some ideas for Gaza; that the border is closed, safe and secure.

And that NATO might be amenable to American requirements for Greenland.

Following the U.S president’s speech in Davos, in which the threat of tariffs and military action were rescinded, and negotiations were held with Secretary General Mark Rutte of NATO, it seems the actual deal may look more like an expanded defense and resource agreement than an outright transfer of territory.

The Dow surged 1.2%, the S&P 500 gained 1.16%, and the Nasdaq 1.18%. Denmark retains sovereignty and the United States gets sovereign space for military bases, plus mineral rights. The kicker? The NATO statement said: “Negotiations between Denmark, Greenland and the United States will go forward aimed at ensuring that Russia and China never gain a foothold, economically or militarily, in Greenland.”

Yoga. Breathe. Cobra.

Missile defense, mineral rights and broad Arctic defense are the main points. Yes, he still wants title to it (he made that clear), but it is also true that the United States is the country that invests the most in Greenland’s attachment to the West. In 2022, the U.S. Air Force awarded a $4 billion contract for operations, maintenance, logistics and services at the base, and this year allocated $25 million for an infrastructure upgrade of the Pituffik Space Base.

That serves us all. This is a good place to point out that countries tend to fall into stultifying patterns of behavior. In Europe, security, immigration and energy policy top the list. Trump makes that impossible. Check the “two-state solution” in the Middle East for comparison.

A misreading of the 1993 Oslo Accords (which had no provision for Palestinian statehood) prompted governments, including the Israeli government at some points, to ignore whatever hideous machinations and rejections the Palestinian laid on the people of Israel. Palestinian statehood was seen as the essential “first step” toward Arab acceptance of Israel.

Until Trump’s 2020 “Peace to Prosperity” Mideast plan. That allowed Arab states to start the process without waiting for the Palestinians, leaving the Palestinian Authority the possibility of joining later. The cognoscenti laughed. But nine months later, the Abraham Accords were born. And they have survived and expanded, even after the nightmare in southern Israel on Oct. 7, 2023.

Oct. 7 was the end of Israel’s tolerance for the idea of Palestinian independence. But some European leaders, including France, the United Kingdom, Ireland, Spain and Norway, clung to their stock answer: two states. Nothing Hamas did was bad enough to break the mantra. So, Trump created the “Board of Peace,” and, thus far, while none of those countries have joined, representatives of Jordan, Saudi Arabia, Indonesia and Pakistan were there, along with Israel’s allies Paraguay, Argentina, Kazakhstan, Bulgaria and Hungary.

You can see how this works.

Trump’s political and security goals are clear and important. But equally important is shaking leaders, whether European or Middle Eastern, out of their stupor and making them face the world. It’s not easy. In fact, it’s scary. But the world will change, no matter what.

Breathe. Triangle. Stretch.

Voir encore:

From Greenland to Israel: What America should expect from allies

President Trump’s demand that Denmark sell the Arctic land mass is dismissed as megalomania. That said, Europe’s dependence on America raises questions about NATO.

Jonathan S. Tobin

At first, it seemed as if it was just one more example of President Donald Trump trolling his critics. When, following his re-election in 2024, the president revived the idea of the United States acquiring Greenland by one means or another, most of his supporters probably didn’t think he was all that serious about it.

But in recent weeks, as his demands that Denmark sell the Arctic land mass escalated, it became clear that he wasn’t kidding. His threats that America might punish NATO allies with tariffs if they didn’t go along with the scheme or that the United States might even take Greenland by force have turned the question of the ownership of one of the least green places on earth into a foreign-policy crisis.

Rather than just a function of what critics consider his megalomania and instinctive authoritarianism, control of Greenland is an important issue that requires serious examination. More than that, the discussion raises serious questions about not just how to value allies but what the United States has a right to expect from them. This applies not just to U.S. relations with NATO but to what America can expect from Israel, as well as what, in return, Jerusalem should expect from Washington. Meanwhile, NATO countries are wringing their hands and bewailing what they consider to be Trump’s bad behavior.

Bad optics, important question

The spectacle of Trump and other administration officials bullying little Denmark has gone over badly abroad. And for Trump’s domestic critics, who are already acting as if his enforcement of immigration laws marks the end of democracy, if not Western civilization itself, outrage about his Greenland policy is just one more reason for them to view him with disgust.

It may be difficult to look beyond the bad optics of picking on the Danes or the question of whether a dispute about Greenland is worth risking the possible destruction of the NATO alliance. But it turns out that Trump’s concerns about the strategic importance of the massive ice-covered island are not frivolous. Nor is it outrageous for him to think that leaving it in the hands of the Danes while the United States is obliged to pay for its defense, as well as the rest of the West, is unfair.

That was the upshot of one of a flurry of New York Times articles aimed at skewering Trump’s position. In it, the liberal newspaper conceded that in an era of cyber warfare and development of the Arctic driven by sophisticated technology and concerns about the future of the ice that covers most of it, Greenland really is vital to the security of the West.

Despite the obsessive concerns of environmentalists about the polar ice caps, the world hasn’t paid much attention to the fact that the Arctic has become the scene of a new “great game” rivalry between the United States and its allies on the one hand and the Chinese and the Russians on the other. The article also claimed that Trump had an “exit ramp” he could easily take to end the controversy. Since an existing treaty gives America the right to build bases there, Washington could go ahead and do so with Denmark’s blessing, and spare Europe and the world from further tensions.

Yet as the piece makes clear, although Denmark and other NATO nations that have spent the last weeks huffing and puffing about Trump’s bad manners in raising the question of Greenland’s future, these countries have no intention of contributing to dealing with what even the Times agrees is the danger posed by Russian and Chinese aggression in the Arctic.

Benefiting from America and complaining about it

In other words, they expect the United States to do in Greenland what it has essentially done for the rest of Europe since 1945: pay for its security and meekly accept that the beneficiaries of its largesse get to complain about Americans pushing them around.

Much of the coverage of the controversy centers on some of the less than flattering aspects of Trump’s bluster about a country that is more ice than green, such as the report that he sent a text to Norway’s prime minister, saying since he had been denied the Nobel Peace Prize (which is awarded by the Oslo-based Nobel Committee and not the Norwegian government), he doesn’t feel obligated to play nice with Europe.

But when placed in the context of the West’s necessity to invest heavily in security in Greenland and the long record of prosperous NATO countries letting the American taxpayers pay the bill for their defense, Trump’s demand seems less unreasonable.

So, if the Times and the other Trump critics are going to wax lyrical about the way Trump’s rhetoric and potential actions could break up the NATO alliance, it might be a good time to ask what should be expected from America’s allies, other than smoldering contempt for the president.

‘America First’ model ally

That’s why the Greenland controversy sheds insight on why the U.S.-Israel alliance —despite the carping about it from those who hate the Jewish state and resent the $3 billion in aid it receives from Washington—is actually far more equitable in many ways than the much-lauded NATO alliance.

The price tag for U.S. military assistance to Israel does remain high. And yet, to put it in perspective, it is a fraction of the hundreds of billions of dollars that Washington has sent to Ukraine in the last four years. Israel would be wise to reduce and eventually phase out the aid completely since it is a political liability to the Jewish state and its supporters.

But what those Israel-bashers who moan about billions going to Israel that they think should be spent at home forget is that almost all of the money is spent in the United States, not overseas. In that sense, it’s as much an aid program for U.S. arms manufacturers and their employees as it is for the Jewish state.

It is money well spent in terms of the advantages it brings. It enables Israel to purchase weapons and ammunition that are vitally needed to maintain its strategic advantage over its foes and to fight long wars such as the battles against Hamas and Hezbollah terrorists. Israel’s victories in those battles also benefit America, which is the ultimate target of its Islamist foes. And the arms that Israel buys in the United States are then improved by Israel’s technological prowess. The joint projects the two countries have worked on have not only enabled our nation to have a viable missile-defense program, but the intelligence shared by Israel with Washington offers invaluable advantages.

More than that, Israel is an ally that is prepared to defend itself. It just needs help procuring the weapons it requires to do so.

By contrast, the NATO nations have been relative freeloaders for many decades, sitting back and letting Americans pay for their defense, and even stationing troops and bases in Europe to ensure that it remains free. Rich Western European countries like Denmark have enjoyed the umbrella of U.S. security since World War II and have only occasionally reciprocated the assistance by actions that show they are ready to share the burden.

While, thanks to Trump’s advocacy on the issue, many NATO allies are now paying for more of their defense, the current situation remains one in which America is still largely subsidizing European defense, despite heightened regional concerns because of Russian aggression against Ukraine. And rather than that assistance doled out in legislation labeled as “aid,” much of what U.S. taxpayers give to Europe is hidden in the U.S. defense budget, making it harder to see just how indebted these nations are to their generosity.

By contrast, and as Vice President JD Vance said in a speech last year, Israel is the ideal American ally from an “America First” perspective. He spoke of how it is “on a per capita basis one of the most dynamic and technologically advanced countries in the world.” That is beneficial to the United States because, as he noted, it gave America “missile-defense parity” with its foes.

More than that, he said, it was fair to ask what America should want from its allies.

“Do we want clients who depend on us, who can’t do anything without us? Or do we want real allies who can actually advance their interests on their own with America playing a leadership role,” Vance said. As he made clear, Israel fits his definition of “real allies,” while the NATO countries do not.

The future of NATO

That’s why all the European posturing about divorcing from NATO and the United States because of the dispute over Greenland is just hot air. If the countries involved wanted to pay for their own defense, they could do so. However, it’s painfully obvious that most of them consider even minimal contributions to the effort to deter Russia and China to be unreasonably burdensome. What they want from America is for it to keep quiet and continue to fork over funds for their security, including the massive investment needed in Greenland.

Trump thinks that’s not fair. And he’s not wrong to view it that way.

Does America require sovereignty over Greenland to ensure that the Arctic doesn’t become a Russian or Chinese lake? Not necessarily. But if the Europeans aren’t going to pay their fair share for defending it, then it’s not crazy for Trump to say that Denmark should just sell it.

Prior American governments have sought to purchase it, going back to the postwar Truman administration and even to the 1860s (when Secretary of State William Seward vainly sought to buy it, but then settled for getting Russia to sell Alaska). So, depicting the request as just vintage Trumpian insanity is misleading, even if the manner in which the president has pursued it is hard to defend. On the flip side, if he wasn’t blustering and making threats about Greenland, would the Europeans even listen to his arguments?

Regardless of how this matter is resolved, the dust-up over Greenland should serve as the starting point for a serious discussion about what alliances mean in the 21st century. NATO served a vital purpose during the Cold War. But as the debate about Greenland and the Europeans’ reluctance to either support its development as a security hub or to sell it to the Americans illustrates, it increasingly seems more a tribute to the past than an essential element of U.S. security in 2026. By contrast, Israel, which does not have the advantage of being a member of NATO—and all the rights and privileges that go with it—is more important to U.S. defense than ever.


Epiphanie: Trois choses que moi aussi j’ai dû apprendre seul – à mes chers fils (Three things I too had to learn alone – to my dear sons)

4 janvier, 2026

L'Adoration des mages peint par Matthias Stom (vers 1600-1650).Image

ImageImageLe soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l’arrivée du jour de l’Éternel, de ce jour grand et terrible. Alors quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé. Joël 2: 31-32
Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. (…) et ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Matthieu 2: 1-11
Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, -suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, -et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur. Luc 2: 22-24
Les mages (…) vinrent dans la Judée, tout persuadés qu’un grand roi y était né ; mais ne sachant pas quelle devait être la nature de son royaume, ni le lieu de sa naissance. Après qu’on leur eut appris où il devait naître, ils allèrent lui offrir les présents qu’ils avaient apportés, et qui paraissaient destinés pour un sujet composé, s’il faut ainsi parler, d’un Dieu et d’un homme mortel : savoir, de l’or, comme à un roi ; de la myrrhe, comme à une personne qui devait mourir; et de l’encens, comme à un Dieu (Matth., II, 11). Origène (Contra Celsum, Livre I, Chapitre 60, vers 248)
Né roi dans la plaine de Bethléem, J’apporte de l’or pour le couronner à nouveau, Roi pour toujours, Ne cessant jamais De régner sur nous tous. J’ai de l’encens à offrir, L’encens appartient à une divinité proche : Prière et louange Que tous les hommes élèvent, Adorons-Le, Dieu tout-puissant. La myrrhe est mienne ; son parfum amer Respire une vie de tristesse grandissante ; Tristesse, soupirs, saignements, mort, Scellés dans le tombeau froid comme la pierre. Glorieux, contemplez-le maintenant se lever, Roi, Dieu et Sacrifice. John Henry Hopkins Jr (Three Kings, 1857)
L’épiphanie désigne à l’origine une illumination par le divin. Aujourd’hui, ce concept est plus souvent employé sans ces connotations religieuses, mais une implication populaire persiste : l’épiphanie semble surnaturelle, car la découverte paraît surgir soudainement de l’extérieur. L’usage séculier du mot doit beaucoup de sa popularité au romancier irlandais L’épiphanie joycienne a été définie comme « une manifestation spirituelle soudaine, qu’elle provienne d’un objet, d’une scène, d’un événement ou d’une phase mémorable de l’esprit – cette manifestation étant disproportionnée par rapport à l’importance ou à la pertinence logique stricte de ce qui la provoque ». L’auteur a utilisé l’épiphanie comme procédé littéraire dans chaque nouvelle de son recueil Dubliners (1914) ; ses protagonistes parviennent à des reconnaissances soudaines qui transforment leur vision d’eux-mêmes et/ou de leur condition sociale. (…) Dans les cultures traditionnelles et pré-modernes, les rites d’initiation et les religions à mystères ont servi de véhicules à l’épiphanie, tout comme les arts. Les dramaturges et poètes grecs cherchaient idéalement à plonger le public dans des états de catharsis ou de kénose, respectivement. (…) Tant le dadaïste Marcel Duchamp ont renversé les attentes en présentant des objets ou graphiques banals comme des œuvres d’art majeur (par exemple un urinoir comme fontaine), simplement en les présentant d’une manière inédite ; le résultat visait à provoquer une épiphanie sur « ce qu’est l’art » ou ce qu’il n’est pas. (…) Parmi les épiphanies célèbres figure la prise de conscience d’Archimède sur la manière d’estimer le volume d’une masse donnée, qui lui inspira le cri « Eurêka ! » (« J’ai trouvé ! »). Les biographies de nombreux mathématiciens et scientifiques incluent un épisode épiphanique tôt dans leur carrière, dont les ramifications ont été développées en détail au cours des années suivantes. Par exemple, on raconte qu’Albert Einstein, enfant, fut frappé en recevant une boussole et en réalisant qu’une force invisible dans l’espace la faisait bouger. Un autre exemple, peut-être meilleur, de la vie d’Einstein survint en 1905 après une soirée infructueuse à tenter de réconcilier la physique newtonienne et les équations de Maxwell. En rentrant en tramway, il regarda derrière lui la tour d’horloge de Berne qui s’éloignait et réalisa que si le tram accélérait (proche de la vitesse de la lumière), il verrait l’horloge ralentir ; avec cette pensée, il déclara plus tard qu’« une tempête se déchaîna dans mon esprit », ce qui lui permit de comprendre la relativité restreinte. (…) Une compréhension holistique similaire dans un esprit préparé aurait donné à Charles Darwin son « intuition » sur la sélection naturelle ; Darwin se souvenait toujours de l’endroit précis sur la route où sa calèche se trouvait quand l’épiphanie le frappa. Un autre mythe célèbre est associé à l’histoire de la pomme d’Isaac Newton, et un autre encore à la découverte par Nikola Tesla d’un moteur à induction à courant alternatif fonctionnel. (…) Dans le christianisme, l’Épiphanie désigne la prise de conscience que le Christ est le Fils de Dieu. Les Églises occidentales célèbrent généralement la Visite des Mages comme la révélation de l’Incarnation de l’enfant Christ, et commémorent la fête de l’Épiphanie le 6 janvier. Traditionnellement, les Églises orientales, suivant le calendrier julien plutôt que grégorien, célèbrent l’Épiphanie (ou Théophanie) en lien avec le baptême du Christ par Jean-Baptiste, le 19 janvier ; cependant, certaines Églises orientales ont adopté le calendrier occidental et la célèbrent le 6 janvier. Certaines Églises protestantes célèbrent souvent l’Épiphanie comme une saison liturgique, s’étendant du dernier jour de Noël jusqu’au Mercredi des Cendres ou à la fête de la Présentation, le 2 février. Wikipedia
Le 6 janvier est une date choisie par le Père de l’Église Épiphane de Salamine, dans son Panarion, comme date de naissance de Jésus, afin de réfuter une date concurrente proposée par les gnostiques des Alogo. Jusqu’à la fin du IVe siècle, l’Épiphanie est la grande et unique fête chrétienne « de la manifestation du Christ dans le monde » (manifestation exprimée, d’abord, par la venue des mages, puis par différents épisodes : la Nativité, la voix du Père et la présence d’une colombe lors du baptême sur le Jourdain, le miracle de Cana, etc.). (…) Depuis le XIXe siècle on l’appelle aussi le « jour des rois » en référence directe à la venue et à l’Adoration des Rois mages. (…)  l’adjectif ἐπιφανής, qui veut dire « brillant » mais qui a une signification proprement eschatologique, se lit dans Ac. 2, 20, qui est une citation de Joël 3, 4. L’Épiphanie chrétienne célèbre, ainsi que le rapportent l’Évangile et la tradition, la manifestation publique du Fils de Dieu incarné, Jésus, au monde, non pas, comme dans la mythologie grecque, à partir d’une révélation extérieure à l’humanité et faite sous les apparences de l’humanité, mais sous la forme d’un enfant engendré, en un temps historique donné, au sein du peuple juif (dans la lignée de David): le Messie. Après avoir rencontré les petits et les proches (les bergers), il prend place et rencontre le monde dans toute sa diversité, telle qu’elle est symbolisée par des mages, que l’on dit être rois ou savants, dits traditionnellement de toutes origines et venus de pays lointains (bien que le texte évangélique ne donne qu’une indication vague de l’origine des mages, mais parle, cela dit, « d’Orient », ce qui indique l’Est par rapport à la Terre sainte). Ainsi est réaffirmée la dimension universelle du message évangélique. Une autre Épiphanie du Christ : dans la synagogue de Nazareth où il a grandi, il lit la prophétie du Livre d’Isaïe (cf. Is 2,3c-4) le concernant et montre la réalisation aujourd’hui en sa propre personne. Évangile selon Luc (Lc 4,14-22a) (…) La tradition veut que l’Épiphanie soit l’occasion de « tirer les rois » : une fève et parfois une figurine sont cachées dans les pâtisseries (galette des rois, gâteau des rois) ; le convive qui découvre cette fève devient le roi ou la reine de la journée. Cette pratique trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique. Pendant ces fêtes populaires célébrées début janvier, les rôles étaient inversés entre les maîtres et les esclaves qui devenaient les « rois d’un jour ». Wikipedia

TROIS CHOSES QUE MOI AUSSI J’AI DÛ APPRENDRE SEUL (À mes chers fistons)

Trois moments, séparés peut-être par des années
Petites épiphanies offertes des trois rois mages d’antan
Furtifs, secrets, si mystérieux à l’époque
Communs à la plupart des enfances, mais uniques pour moi alors
D’abord, les chaussures
Je les retournai un jour
Chaque semelle usée inégalement, d’un bord à l’autre
Un côté fin, presque percé, l’autre intact
Peut-être que c’était moi, mes pieds qui marchaient pas droit
Personne ne m’avait jamais dit, la nature ne s’usait pas partout pareil
De telles imperfections cachées, même dans les plus petites choses
Le monde, jusque-là si parfait, si juste
Qui soudain révélait ses fissures
Ensuite, les prises
Par terre : les broches des fiches mâles, les trous des prises femelles
Comment ne pas voir ?
L’acte interdit, celui que les adultes taisaient, qu’ils interdisaient même de nommer Affiché là sans vergogne aucune, entre plastique et métal
Le mâle entrant dans la femelle, se pénétrant, s’accouplant
Les mots le criaient au grand jour
Comment pouvait-on exhiber si crûment l’interdit des interdits ?
Enfin, ma sœur
Dans la chambre d’hôtel de l’amie, que j’aimais bien, de ma tante
Ma petite sœur, qui avait fait je ne sais plus quoi
Comment ne pas le dire à Tatie Thérèse ?
Mais elle me rembarra tout net : « On ne dénonce pas sa sœur ! »
Comment ça ?
Personne ne m’avait jamais dit, « toute la vérité » avait ses exceptions, ses non-dits
Les règles aussi avaient leurs clauses cachées
Trois petits chocs distincts
Mon propre or, encens et myrrhe à transmettre précieusement à présent à mon tour
Sur ces inévitables imperfections, contradictions et exceptions dont est fait notre monde Pas vraiment des mensonges, juste des silences
Toutes les vérités n’étaient pas dites — ni bonnes à dire
THREE THINGS I TOO HAD TO LEARN ALONE (To my dear sons)
Three separate moments, years apart
Like little epiphanies from the gift-bearing three kings of yore
Each small, private, at the time unexplained
Common to most childhoods, yet felt then as if only mine
First, the shoes
I turned them over one day
Each sole worn unevenly, from one side to the other
One edge thin, almost through, the opposite still thick
I thought it was only me, my feet maybe walked wrong
No one had ever told me nature didn’t wear out evenly
Such imperfections hidden in the smallest things
Wasn’t the world supposed to be all perfect and fair ?
Now suddenly showing its cracks
Second, the plugs
On the floor: male plugs with prongs, female sockets with holes
How could you not see it?
The forbidden act, the one adults hushed, banned from mention
Brazenly, shamelessly spelled out, in plastic and metal
Male entering female, fitting, coupling
Language shouted it in the open
How could words be so graphic about such an unmentionable thing ?
Third, my sister
Visiting one of my aunt’s friends I really liked in her hotel room
My little sister did I can’t remember what
How could I not tell Auntie Tess?
But she turned on me: “Don’t rat on your sister !”
I stood confused
No one had ever told me “always tell the truth” had silent exceptions
Rules also had their fine print
Three little, distinct shocks
My own treasured gold, frankincense, and myrrh, now mine to pass on
About our world’s inevitable imperfections, contradictions and exceptions
It wasn’t lies so much as silences
Not all truths were said — or meant to be told
Voir aussi:
Three Kings of Orient
We Three Kings of Orient are,
Bearing gifts we traverse afar,
Field and fountain,
Moor and mountain,
Following yonder Star.
O Star of Wonder, Star of Night,
Star with Royal Beauty bright,
Westward leading,
Still proceeding,
Guide us to Thy perfect Light.
Born a King on Bethlehem plain,
Gold I bring to crown Him again,
King for ever,
Ceasing never Over us all to reign.
Frankincense to offer have I,
Incense owns a Deity nigh:
Prayer and praising
All men raising,
Worship Him God on High.
Myrrh is mine; its bitter perfume
Breathes a life of gathering gloom;
— Sorrowing, sighing,
Bleeding, dying,
Sealed in the stone-cold tomb.
Glorious now behold Him arise,
King, and God, and Sacrifice;
Heav’n sings Hallelujah:
Hallelujah the earth replies.

Polémique marchés de Noël: Nazifiez, nazifiez, il en restera bien quelque chose ! (Guess why two years before a critical presidential election that should logically see France’s leading party come to power and at a time when some of our Christmas markets are being closed amid the imprecations of priest-haters and the bombs and car-ramming attacks of Islamists, our public service is pulling out all the stops to demonize our Christmas celebrations by taking historical elements out of context ?)

11 décembre, 2025
The surprisingly sordid history of Germany's Christmas markets | National GeographicHow The Nazi Ideology Ruined And Reshaped ChristmasBerlin Exhibition Chronicles Evolution of Christmas Decorations From 19th Century to Today
ImageImageImageImageGerman Christmas markets face higher security costs – DW – 12/03/2025ImageLaissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.  Jésus (Luc 18:16)
Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Mathieu 25 : 40)
N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Jésus (Marc 11: 17)
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Jésus (Matthieu 12: 43-45)
Du passé faisons table rase. Eugène Pottier (L’Internationale, 1871)
O Enfants d’Israël ! rappelez-vous la faveur que Je vous ai octroyé, et remplissez vos engagements envers Moi comme Je remplis Mes obligations envers vous, et ne craignez personne d’autre que Moi. Et croyez en ce que Je révèle, confirmant la révélation qui est avec vous, et ne soyez pas les premiers à rejeter la Foi qui s’y trouve, ni ne vendez Mes Signes pour un petit prix; et craignez Moi, et Moi seul. Coran 2:40-41
Combattez ceux qui rejettent Allah et le jugement dernier et qui ne respectent pas Ses interdits ni ceux de Son messager, et qui ne suivent pas la vraie Religion quand le Livre leur a été apporté, (Combattez-les) jusqu’à ce qu’ils payent tribut de leurs mains et se considèrent infériorisés. Coran 9:29
Des théologiens absurdes défendent la haine des Juifs… Quel Juif pourrait consentir d’entrer dans nos rangs quand il voit la cruauté et l’hostilité que nous manifestons à leur égard et que dans notre comportement envers eux nous ressemblons moins à des chrétiens qu’à des bêtes ? Luther  (1519)
Nous ne devons pas […] traiter les Juifs aussi méchamment, car il y a de futurs chrétiens parmi eux. Luther (Propos de table, 1543)
Si les apôtres, qui aussi étaient juifs, s’étaient comportés avec nous, Gentils, comme nous Gentils nous nous comportons avec les Juifs, il n’y aurait eu aucun chrétien parmi les Gentils… Quand nous sommes enclins à nous vanter de notre situation de chrétiens, nous devons nous souvenir que nous ne sommes que des Gentils, alors que les Juifs sont de la lignée du Christ. Nous sommes des étrangers et de la famille par alliance; ils sont de la famille par le sang, des cousins et des frères de notre Seigneur. En conséquence, si on doit se vanter de la chair et du sang, les Juifs sont actuellement plus près du Christ que nous-mêmes… Si nous voulons réellement les aider, nous devons être guidés dans notre approche vers eux non par la loi papale, mais par la loi de l’amour chrétien. Nous devons les recevoir cordialement et leur permettre de commercer et de travailler avec nous, de façon qu’ils aient l’occasion et l’opportunité de s’associer à nous, d’apprendre notre enseignement chrétien et d’être témoins de notre vie chrétienne. Si certains d’entre eux se comportent de façon entêtée, où est le problème? Après tout, nous-mêmes, nous ne sommes pas tous de bons chrétiens. Luther (Que Jésus Christ est né Juif, 1523)
Les Juifs sont notre malheur (…) Les Juifs sont un peuple de débauche, et leur synagogue n’est qu’une putain incorrigible. On ne doit montrer à leur égard aucune pitié, ni aucune bonté. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer! Luther
Ou Dieu est injuste ou vous, les Juifs, vous êtes des impies (…) Il est un argument que les Juifs ne peuvent combattre (…) Il faut qu’il nous disent les causes pourquoi, depuis quinze cents ans, ils sont un peuple rejeté de Dieu, sans roi, sans prophètes, sans temple; ils ne peuvent en donner d’autres raisons que leur péchés. Luther
Si un juif vient me demander le baptême, je lui donnerai, mais aussitôt après je vous le mènerai au milieu du pont de l’Elbe, lui accrocherai une meule au cou et vous le jetterai à l’eau. Luther (Propos de table, 1543)
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
Parmi eux, nous pouvons compter les grands guerriers de ce monde, qui bien qu’incompris par le présent, sont néanmoins préparés à combattre pour leurs idées et leurs idéaux jusqu’à la fin. Ce sont des hommes qui un jour seront plus près du cœur du peuple, il semble même comme si chaque individu ressent le devoir de compenser dans le passé pour les péchés que le présent a commis à l’égard des grands. Leur vie et leurs œuvres sont suivies avec une gratitude et une émotion admiratives, et plus particulièrement dans les jours de ténèbres, ils ont le pouvoir de relever les cœurs cassés et les âmes désespérées. Parmi eux se trouvent non seulement les véritables grands hommes d’État, mais aussi tous les autres grands réformateurs. À côté de Frédéric le Grand, se tient Martin Luther ainsi que Richard Wagner. Hitler (« Mein Kampf », 1925)
Le 10 novembre 1938, le jour anniversaire de la naissance de Luther, les synagogues brûlent en Allemagne. Martin Sasse (évêque protestant de Thuringe)
Depuis la mort de Martin Luther, aucun fils de notre peuple n’est réapparu comme tel. Il a été décidé que nous serons les premiers à être témoins de sa réapparition… Je pense que le temps est passé et que nous devons dorénavant dire les noms de Hitler et de Luther d’un même souffle. Ils sont faits tous les deux du même moule. [Schrot und Korn]. Bernhard Rust (ministre de l’éducation d’Hitler)
Avec ses actes et son attitude spirituelle, il a commencé le combat que nous allons continuer maintenant; avec Luther, la révolution du sang germanique et le sentiment contre les éléments étrangers au Peuple ont commencé. Nous allons continuer et terminer son protestantisme; le nationalisme doit faire de l’image de Luther, un combattant allemand, un exemple vivant « au-dessus des barrières des confessions » pour tous les camarades de sang germanique. Hans Hinkel (responsable du magazine de la Ligue de Luther Deutsche Kultur-Wacht, et de la section de Berlin de la Kampfbund, discours de réception à la tête de la Section Juive et du département des films de la Chambre de la Culture et du ministère de la Propagande de Goebbels)
Le Peuple Allemand est uni non seulement par la loyauté et l’amour de la patrie, mais aussi par la vieille croyance germanique en Luther [Lutherglauben]; une nouvelle époque de vie religieuse consciente et forte a vu le jour en Allemagne. Chemnitzer Tageblatt
Le nationalisme doit faire de Luther un combattant allemand. Avec ses actes et son attitude spirituelle, il a commencé le combat que nous allons continuer maintenant. Hans Hinkel (rédacteur de la Ligue de Luther. Deutsche Kuktur-Watch)
Là, vous avez déjà l’ensemble du programme nazi. Karl Jaspers
Il est difficile de comprendre le comportement de la plupart des protestants allemands durant les premières années du nazisme si on ne prend pas en compte deux choses : leur histoire et l’influence de Martin Luther. Le grand fondateur du protestantisme était à la fois un antisémite ardent et un partisan absolu de l’autorité politique. Il voulait une Allemagne débarrassée des Juifs. Le conseil de Luther a été littéralement suivi quatre siècles plus tard par Hitler, Goering et Himmler. William L. Shirer
Au Procès de Nuremberg, après la Seconde Guerre mondiale Julius Streicher, le fameux propagandiste nazi, éditeur de la revue hebdomadaire haineuse antisémite Der Stürmer, affirme que s’il doit être présent ici, accusé de telles charges, alors il doit en être de même pour Martin Luther. En lisant certains passages, il est difficile de ne pas être d’accord avec lui. Les propositions de Luther se lisent comme un programme pour les nazis. William Nichols
Nous qui portons son nom et héritage, devons reconnaître avec peine les diatribes anti-judaïques contenues dans les articles tardifs de Luther. Nous rejetons ses invectives violentes comme l’on fait nombre de ses compagnons au XVIe siècle, et nous sommes dans une profonde et constante tristesse pour ses effets tragiques sur les générations ultérieures de Juifs. Conseil des églises de l’Église luthérienne évangélique d’Amérique (1994)
Le peuple juif est le Peuple Élu de Dieu. Les croyants doivent les bénir comme les Écritures disent que Dieu bénira ceux qui bénissent Israël et maudira ceux qui maudissent Israël. L’Église désavoue et renonce aux œuvres et mots de Martin Luther concernant le peuple juif. Des prières sont faites pour la cicatrisation des douleurs du peuple juif, sa paix et sa prospérité. Des prières sont faites pour la paix de Jérusalem. Avec une grande tristesse et des regrets, une repentance est offerte au peuple juif pour le mal que Martin Luther a causé. Le pardon est demandé au peuple juif pour ces actions. Les Évangiles sont tout d’abord pour les Juifs et ensuite les Gentils (les croyants en Christ). Les Gentils ont été greffés à la vigne. Dans le Christ, il n’y a ni Juif ni Gentil, mais le désir du Seigneur est qu’il n’y ait qu’un seul nouvel homme, car le Christ a rompu le mur de séparation avec Son propre corps. (Éphésiens 2:14-15). Le LEPC/EPC/GCEPC bénit Israël et le peuple juif. The Lutheran Evangelical Protestant Church (Église protestante évangélique luthérienne des États-Unis)
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Le XIX siècle a transformé Noël en une célébration de la famille bourgeoise. Il a du même coup installé l’enfant au centre du rite profane en lui attribuant un nouveau rôle, celui-ci étant révélateur du changement de son statut social et familial. D’acteur principal du rituel mettant l’adulte au défi, il est en effet devenu en un siècle et demi le récipiendaire d’un don infini et sans réciprocité. Martyne Perrot
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
La nouvelle judéophobie se présente comme une saine réaction à l’injustice – la “spoliation” des Palestiniens, des musulmans, de tous les peuples victimes de l’“arrogance” occidentale. Aussi est-elle assez largement partagée par les multiples héritiers du communisme, du gauchisme et du tiers-mondisme. D’autant plus qu’elle se veut – spécificité nauséeuse – un rejet de la discrimination. L’antijuif de notre temps ne s’affirme plus raciste, il dénonce au contraire le racisme comme il condamne l’islamophobie et, en stigmatisant les sionistes en tant que racistes, il s’affirme antiraciste et propalestinien. Les antijuifs ont retrouvé le chemin de la bonne conscience. (…) Autrefois rejetés comme venus d’Orient puis comme apatrides, les juifs sont à présent “désémitisés”, fustigés comme sionistes et occidentaux. L’antisémitisme refusait la présence des juifs au sein de la nation; l’antisionisme leur dénie le droit d’en constituer une. La rhétorique a changé. L’anathème demeure. Atila Ozer
Les juifs ont  toujours été l’objet des calomnies d’une Europe ambivalente- montrés du doigt pour le trop grand exclusivisme de leur foi, ne disposant ni des lignées ancestrales des propriétaires terriens ni du statut des aristocrates. Les juifs commencent maintenant à se sentir aussi indésirables en Europe que dans les années 30 – ou qu’en 1543, quand Martin Luther écrivait sa diatribe« Des juifs et leurs mensonges ».  Des universitaires juifs sont parfois tenus à l’écart dans les conférences internationales en Europe. Certaines banlieues de Paris et de Rotterdam ne sont plus sûres pour les juifs. L’Europe est en grande partie anti-Israël et le sera probablement toujours. Victor Davis Hanson (20.12.2011)
Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. A la vérité le mensonge ne peut réveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Cathédrale de Dijon (communiqué de presse aux journaux, le 24 décembre 1951)
Il est généralement admis par les historiens des religions et par les folkloristes que l’origine lointaine du Père Noël se trouve dans cet Abbé de Liesse, Abbas Stultorum, Abbé de la Malgouverné qui traduit exactement l’anglais Lord of Misrule, tous personnages qui sont, pour une durée déterminée, rois de Noël et en qui on reconnaît les héritiers du roi des Saturnales de l’époque romaine » : dans l’Europe du Moyen-âge il était en effet de coutume à noël que les jeunes élisent leur « abbé », présidant à toutes sortes de comportements transgressifs mais provisoirement tolérés (filiation manifeste du roi des Saturnales romaines), et Lévi-Strauss voit dans cette élection réelle une généalogie du personnage mythique, devenu vieillard bienveillant (« l’héritier, en même temps que l’antithèse » (…) Grâce à l’autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec tous ses caractères, et ce n’est pas le moindre paradoxe de cette singulière affaire qu’en voulant mettre fin au Père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n’aient fait que restaurer dans sa plénitude, après une éclipse de quelques millénaires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité. Claude Lévi-Strauss
Comme ces rites qu’on avait cru noyés dans l’oubli et qui finissent par refaire surface, on pourrait dire que le temps de Noël, après des siècles d’endoctrinement chrétien, vit aujourd’hui le retour des saturnales. André Burguière
Le XIX siècle a transformé Noël en une célébration de la famille bourgeoise. Il a du même coup installé l’enfant au centre du rite profane en lui attribuant un nouveau rôle, celui-ci étant révélateur du changement de son statut social et familial. D’acteur principal du rituel mettant l’adulte au défi, il est en effet devenu en un siècle et demi le récipiendaire d’un don infini et sans réciprocité. Martyne Perrot
Les islamistes – des musulmans déterminés à revenir à un code de lois médiéval – méprisent toute fête non approuvée par l’islam. Cette attitude archaïque et sectaire fournit le contexte du massacre du Nouvel An à la Nouvelle-Orléans qui a fait 14 morts et des dizaines de blessés. Les théologiens musulmans du Moyen Âge en ont exposé l’approche générale. Ibn Taymiya (1263-1328) affirmait que le fait de se joindre à des non-musulmans pour célébrer leurs fêtes équivalait à « accepter l’infidélité ». Son étudiant Ibn al-Qayyim (1292-1350) précisait que féliciter des non-musulmans à l’occasion de leurs fêtes « est un péché plus grave que de les féliciter d’avoir bu du vin, d’avoir eu des relations sexuelles illégales, etc. » De toutes les fêtes religieuses, Noël est la fête la plus détestée par les autorités islamiques car les chrétiens croient que Dieu s’est fait homme. Comme l’a observé l’historien Raymond Ibrahim, ces théologiens, qui croient que le polythéisme est le péché suprême selon l’islam, considèrent Noël comme « le plus grand crime jamais commis par l’humanité ». Les autorités modernes font écho à ces interprétations médiévales. Yousuf al-Qaradhawi, un chef spirituel des Frères musulmans, a déclaré que célébrer Noël équivalait à « abandonner l’identité musulmane » de la nation islamique. Le professeur saoudien Fawzan al-Fawzan a qualifié le tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien de « punition d’Allah ». Il a déclaré : « Cela s’est produit à Noël, lorsque des fornicateurs et des personnes corrompues du monde entier viennent commettre la fornication et la perversion sexuelle. » En 2019, un ancien responsable de Qatar Charity, qui se décrit comme « l’une des plus grandes organisations humanitaires et de développement au monde », a informé les musulmans que Noël et le Nouvel An « contrevenaient tous deux à la charia d’Allah ». Il a ajouté qu’« il ne faut ni y participer ni coopérer avec les personnes qui les célèbrent », car « participer à leurs célébrations équivaut à prendre part à un crime et à une agression contre notre religion ». Les dirigeants islamistes en Occident régurgitent ces déclarations. L’imam français Younes Laaboudi Laghzawi juge qu’il est « interdit de célébrer Noël ou le Nouvel An. » L’imam canadien Younus Kathrada soutient qu’une personne qui demande des intérêts, qui ment, qui se livre à l’adultère ou à des meurtres n’a « rien fait de comparable au péché consistant à féliciter et saluer les non-musulmans lors de leurs fausses fêtes. » Dans l’ensemble, ces dirigeants ont légitimé la violence islamiste contre les non-musulmans pendant leurs fêtes. La violence peut être symbolique. En 2016, un groupe d’islamistes en Turquie a mis un pistolet sur la tempe d’un homme déguisé en Père Noël, expliquant qu’ils voulaient encourager « les gens à revenir à leurs racines ». Néanmoins, la violence peut également être réelle comme on a pu le voir ces 11 dernières années : Le 22 décembre 2014, un attentat sur le marché de Noël de Nantes, en France, a fait un mort et 9 blessés. Le 2 décembre 2015, un attentat lors d’une fête de Noël à San Bernardino, en Californie, a tué 14 personnes et en a blessé 22 autres. Le 14 juillet 2016, jour commémorant la Prise de la Bastille, un attentat perpétré à Nice, en France, a fait 86 morts et 434 blessés. Le 19 décembre 2016, un attentat sur le marché de Noël de Berlin a fait 12 morts et 48 blessés. Le Jour de l’An 2017, un attentat à Istanbul a tué 39 personnes et en a blessé 69 autres. le 31 octobre 2017, jour d’Halloween, un attentat à New York a tué 8 personnes et en a blessé 13 autres. Le 11 décembre 2018, un attentat sur un marché de Noël à Strasbourg, en France, a fait cinq morts et 11 blessés. Le 20 décembre 2024, un attentat sur le marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, a tué cinq personnes et en a blessé plus de 200 autres. Le 25 décembre 2024, un attentat commis à Lahore, au Pakistan, lors d’une célébration de Noël, a fait trois blessés, soit une semaine avant les violences plus graves encore à la Nouvelle-Orléans. (…) étant donné l’origine étrangère de la plupart des auteurs, les gouvernements occidentaux sont coupables non seulement de ne pas avoir réussi à arrêter l’immigration illégale, mais aussi d’avoir ouvert de manière irresponsable les vannes à l’immigration islamiste légale. (…) les Occidentaux ont tendance à s’inquiéter de l’islamisme au lendemain d’un acte de violence djihadiste, pour l’ignorer ensuite jusqu’au prochain accès de violence. Ne pouvons-nous pas garder à l’esprit cette menace civilisationnelle même lorsque les couteaux, les fusils et les bombes ne sont pas utilisés ? Cette attitude est essentielle pour pouvoir prendre des mesures cohérentes et efficaces contre l’idéologie totalitaire qui, actuellement, est la plus dynamique. Daniel Pipes
Saviez-vous qu’il existe un lien entre les Nazis et nos chers marchés de Noël ? Avec la dictature nazie, Noël devient une fête nationaliste. Les marchés de Noël permettront de promouvoir l’héritage allemand. A cette époque, la crise économique fait rage. Pour les nazis, les marchés de Noël permettent alors de stimuler stimuler l’économie avec des produits made in Allemagne. La France est le deuxième pas avec le plus de marchés de Noël. France info (instagram)
Nous avons publié une vidéo sur les marchés de Noël. Le titre était un raccourci. Nous choisissons de la retirer. France info
Oui, les nazis ont tenté d’instrumentaliser comme ils ont tout instrumentalisé mais réduire nos marchés à cet épisode minuscule, revient à occulter l’essentiel, une tradition, enracinée, joyeuse profondément européenne et d’origine chrétienne que certains cherchent aujourd’hui à effacer ou à salir pour créer une culpabilité identitaire artificielle, pourquoi, certains médias comme FranceInfo préfère t il déformer les symboles plutôt que de raconter ce qu’ils révèlent de notre histoire profonde. Christine Kelly
Franceinfo a raison : nos marchés de Noël ont bien un lien avec les nazis ! N’en déplaise à l’extrême droite qui souhaite réécrire l’histoire en attaquant au passage le service public. (…) Les marchés de Noël sont apparus en Europe au Moyen-âge. Ils se sont ensuite développés au XIXe siècle lors de la Révolution industrielle, mais sont relégués en périphérie des villes pour ne pas faire d’ombre aux grands magasins. En Allemagne, le phénomène des marchés de Noël revient en centre-ville durant le Troisième Reich. En effet, lorsque Adolf Hitler arrive au pouvoir, il fait de Noël une fête nationaliste. Et ce fait est largement documenté. Dans son livre « Christmas in Germany – a Cultural history », l’historien Joe Perry, professeur d’histoire aux Etats-Unis, cite l’exemple de Nuremberg. Le maire nazi de l’époque, Willy Liebel a fait revenir le marché en centre-ville en 1933, dans le but d’effacer ce qu’il appelait les « influences non allemandes et de races étrangères » qui avaient mené à la délocalisation du marché. L’objectif d’Hitler est de valoriser l’héritage allemand plutôt qu’une fête religieuse. Les marchés de Noël permettent donc de développer une tradition populaire et de dynamiser les ventes de produits fabriqués en Allemagne. Une nouvelle fois l’extrême-droite fait sa réécriture de l’histoire et attaque le service public au passage. L’Humanité
L’histoire étonnamment sordide des marchés de Noël allemands Depuis leurs origines médiévales et leur passage sous le régime nazi (…) Les propriétaires des nouveaux grands magasins du centre-ville ont fait campagne pour les faire déplacer afin d’éviter la concurrence. De Berlin à Nuremberg, les villes ont déplacé leurs marchés de Noël vers la périphérie, où ils ont langui pendant des décennies. (…) Dans les années 1930, les marchés de Noël ont fait leur retour dans les centres-villes allemands, avec l’aide du parti nazi. (…) Les dirigeants nazis pensaient que la vente de produits fabriqués en Allemagne pourrait contribuer à stimuler l’économie (…) Et cela a fonctionné. À Berlin, 1,5 million de personnes ont visité le marché en 1934, un record battu deux ans plus tard lorsque deux millions de personnes s’y sont rendues. (…) À l’époque, Noël était un enjeu politique, les politiciens s’efforçant de remodeler ses traditions pour les adapter à leurs tendances anticapitalistes ou athées. Amy McKeever (National Geographic)
Les Nazis (…) n’ont pas tardé à transformer Noël, fête religieuse consacrée à la paix sur Terre, en une fête nationaliste célébrant l’héritage allemand. (…) Noël a été complètement réinventé comme une ancienne fête païenne. (…) Le Père Noël a dû disparaître. (…) Les étoiles ont été interdites et remplacées (…) pour des raisons évidentes. (…) Noël dans les camps était d’une brutalité inimaginable. DB Kelly (Grunge)
Le marché de Noël perdait de son charme, et les réformateurs urbains, les intérêts commerciaux du commerce de détail et les autorités municipales regardaient avec inquiétude la croissance de la sous-classe urbaine qui se pressait dans le centre-ville pendant la saison des fêtes. Dès les années 1870, les élites civiques n’accueillaient plus favorablement l’atmosphère carnavalesque du marché. Le nombre de marchands volants avait augmenté ; contrairement aux vendeurs réguliers, qui payaient honnêtement leurs droits de vente, des centaines de mendiants sans licence, d’invalides de guerre, de gamins des rues et de chômeurs accostaient agressivement les visiteurs du marché. Les vendeurs officiels contribuaient également à l’atmosphère louche du marché, en proposant des attractions comme le Tingel-Tangel et en installant des Rummelplätze, ou des fêtes foraines, avec des manèges et des jeux de hasard. Les foules indisciplinées renversaient les hiérarchies de classe, minaent le spectacle sentimental du marché de Noël et menaçaient les profits des classes moyennes urbaines. (…) Rudolph Hertzog, propriétaire de l’un des premiers grands magasins de Berlin sur la Breitestrasse, s’est plaint à plusieurs reprises auprès des autorités du « caractère tumultueux » du marché de Noël, affirmant qu’il empêchait les clients aisés de faire leurs achats dans son magasin pendant la saison des fêtes. En 1873, alors que l’économie allemande s’effondre, les autorités municipales réagissent. Elles ferment la Breitestrasse, qui avait longtemps été le centre du marché berlinois, et limitent les festivités au Lustgarten voisin. (…) Les sociaux-démocrates se sont plaints amèrement que les habitants pauvres de la ville tiraient une part substantielle de leurs revenus annuels de la foire, et les projets de relocalisation vers d’autres quartiers du centre-ville échouent lorsque les résidents aisés du coin se plaigent de troubles potentiels. Finalement, en 1893, le chef de la police déplace le marché vers l’Akrona Platz, situé au milieu d’un quartier ouvrier, à ce qui était alors la bordure nord-est de la ville. (…) Communistes et nazis se sont approprié Noël comme symbole du déclin de la nation mais aussi de son potentiel, moquant parfois les observances sentimentales dominantes et déplorant parfois l’effondrement de la fête « allemande ». À aucun moment la « bataille pour Noël » dans l’Allemagne moderne n’a été plus publique et plus virulente que dans les dernières années de la République de Weimar. La gauche avait déjà soumis la fête à une déconstruction radicale sous l’époque wilhelmienne, et l’avant-garde continuait de se moquer des célébrations bourgeoises ; pensez seulement à l’Ange prussien porcin de John Heartfield, installé à la Première Foire internationale dada en 1920 et orné d’une bannière reprenant des vers du célèbre cantique de Luther « Vom Himmel hoch », ou à son Arbre de Noël allemand, dont les branches étaient tordues en forme de svastika. Les intellectuels communistes et leurs compagnons de route attaquaient les valeurs et symboles clés de la fête pour manifester leur mépris envers la culture de consommation moderne, la religion organisée et les valeurs bourgeoises en général. Des poèmes et récits de Noël au ton incisif de Kurt Tucholsky, Bertolt Brecht, Erich Mühsam, Erich Weinert et Erich Kästner mettaient en lumière l’appauvrissement, le chômage et la politique chauvine masqués par le sentimentalisme de la classe moyenne. Des parodies anonymes de cantiques d’église tels que « Douce nuit », « Ô combien joyeusement », « Du haut du ciel » et bien d’autres actualisaient la culture alternative sociale-démocrate de l’époque impériale. Les paroles de l’époque de Weimar avaient une dureté tranchante. La chanson anti-Noël d’Erich Kästner de la fin des années 1920, exemple typique, satirisaient les fantasmes consuméristes d’un cantique populaire avec des vers comme « demain le Père Noël vient, mais seulement chez les voisins » et « demain les enfants vous n’aurez rien ». Le KPD a mené une critique virulente de Noël dans les dernières années de Weimar. Contrairement à leurs concurrents sociaux-démocrates, qui marchaient sur une ligne délicate entre le rejet des abus capitalistes et l’appropriation de la fête conventionnelle, les communistes évitaient les alternatives « prolétariennes » et appelaient même à l’abolition pure et simple de la fête. Les propagandistes communistes attaquaient l’ « opium clérical » répandu par l’Église et l’État pendant les fêtes, exigeant qu’un appel aux armes remplace le son hypocrite des cloches d’église sonnées par l’ « ennemi de classe ». (…) Les conflits violents du réveillon de Noël témoignent de la brutalisation générale de la société de Weimar au début des années 1930 ; ils montrent aussi que Noël allemand était devenu un symbole émotionnellement chargé et politiquement contesté de la prospérité nationale. Au final, la version nationale-socialiste de Noël est apparue ironiquement comme résolvant les tensions que les Nazis eux-mêmes avaient largement provoquées. Contrairement aux protestations communistes anti-Noël ou aux platitudes bourgeoises, le Noël nazi envisageait un avenir national fier fondé sur un passé ethnique inventé. Sa rhétorique et ses rituels promettaient de guérir la communauté nationale avec des mythologies du « sang et sol », une reprise économique et l’exclusion raciale. (…) Les idéologues nationaux-socialistes comme la Dr Auguste Reber-Gruber, directrice de la section féminine du syndicat des enseignants nationaux-socialistes, étaient parfaitement conscientes que l’imagerie familière des sapins illuminés, des paysages enneigés et de la régénération faisait de Noël un puissant vecteur pour naturaliser une culture politique radicale enracinée dans un passé national mythique. Tout comme les Jacobins français et les bolcheviks russes avaient transformé leurs cultures festives pour tenter de former de nouveaux citoyens révolutionnaires, les nationaux-socialistes ont redessiné les fêtes allemandes pour les conformer aux agendas raciaux et idéologiques de l’État. L’intelligentsia nazie croyait clairement que les rituels familiaux autour du sapin de Noël engendraient un surplus émotionnel qui pouvait être manipulé pour construire et maintenir un sentiment national et un « moi fasciste ». (…) Dès le début, la liturgie chrétienne, les symboles et les sentiments ont séduit les nazis qui cherchaient à s’approprier les rituels religieux et familiaux. La version déchristianisée de Noël de Reber-Gruber, basée sur « le mythe du sang et l’ordre divin de la procréation éternelle » — sa tentative, en somme, de remplacer la naissance du Christ par celle d’un enfant « aryen » archétypal — révélait le glissement constant entre piété et politique, race et religion, rituel chrétien et rite païen qui définissait la célébration nazie. Empruntant à leurs adversaires sociaux-démocrates, les propagandistes nazis présentaient Noël et le solstice d’hiver comme une métaphore de la renaissance de la nation allemande. Selon les auteurs nazis, la célébration familiale préservait l’ethos des païens, quand « le sentiment d’unité avec le sol natal et la nature était encore vivant, le désir de lumière et de force avait de fortes racines, [et] les festivités de Yule restaient une manifestation sacrée de Dieu ». La récupération des rites nordiques mythiques n’excluait nullement les appels aux aspects chrétiens de la fête. (…) La fête révisée promue par les Chrétiens allemands illustre le conflit religieux et politique au cœur de Noël dans les années nazies. Leurs tentatives d’inventer une fête « racialement correcte », comme le suggère l’historienne Doris Bergen, exprimaient un effort déterminé mais paradoxal et souvent nocif pour synthétiser christianisme et national-socialisme. La doctrine des Chrétiens allemands combinait l’idéologie nazie avec des traditions chrétiennes réformées et déjudaïsées qui présentaient la nation, le Volk et la race comme des dons de Dieu. (…) Pour Bauer et d’autres Chrétiens allemands, la « vérité de Dieu » signifiait la « germanisation du christianisme », un processus supposément commencé par Luther. Pour poursuivre ce travail, l’Église devait purger les influences judaïques de la théologie et des textes chrétiens, supprimer les psaumes « juifs » de la Bible et remplacer les noms et termes « juifs » dans les prières et les hymnes par des équivalents germano-nordiques. (…) Des groupes politiques concurrents, y compris les nazis et les communistes, les libéraux et les sociaux-démocrates, ont tous façonné leurs propres versions de la fête. Chacun tentait de manipuler les émotions intimes évoquées par la célébration familiale pour soutenir leurs différents programmes politiques. Joe Perry (Noël en Allemagne – une histoire culturelle, 2010)

Nazifiez, nazifiez, il en restera bien quelque chose !

Devinez pourquoi deux ans avant une présidentielle critique qui devrait logiquement voir l’arrivée au pouvoir du premier parti de France …

Et au moment où certains de nos marchés de Noël sont bunkérisés ou fermés entre les imprécations des bouffeurs de curé, les actions en justice au nom de la laïcité, les appels à la décroissance des écologistes et les bombes et voitures-béliers des islamistes

Notre service public,  soutenu par ses compagnons de route de l’Humanité, fait feu de tout bois pour tenter de rediaboliser, en décontextualisant des éléments historiquement attestés, jusqu’à notre fête de Noël…

Reprenant derrière un titre aussi aguicheur que réducteur à l’instar des vidéos de vulgarisation historique des maitres-piégeurs à clics à la National Geographic ou Grunge qui pullulent sur l’internet …

Le fait historique, mais dramatisé et décontextualisé, qu’Hitler et les nazis ont effectivement contribué, au moins dans certaines villes comme Berlin ou leur ville-fétiche de Nuremberg …

Au retour ou au renforcement dans les centres-villes des marchés de Noël en plein air…

A une époque où après les années de déconstruction sous la République de Weimar de l’avant-garde dada et des marxistes dont le parti communiste allemand…

Ils étaient à nouveau menacés à la fois par la commercialisation des grands magasins …

L’opposition de certains socialistes et communistes qui voulaient les interdire en tant qu’opium du peuple …

Et les dirigeants chrétiens et les fidèles inquiets de leur marchandisation …

Sans parler des élites urbaines et de la police, irritées par certains de leurs aspects les plus sordides, car ils attiraient également la racaille et les masses indisciplinées …

Sauf que cela faisait partie, s’appuyant sur les derniers écrits résolument antisémites de Luther lui-même, d’une tentative (qui dura quand même 12 ans), à laquelle eux aussi ont finalement renoncé face à la résistance du peuple…

De re-germaniser et de déjudaïser la religion chrétienne elle-même !

The surprisingly sordid history of Germany’s Christmas markets
From their medieval roots and their brush with Nazis, these beloved bazaars are now celebrated around the world
Amy McKeever
National Geographic
December 19, 2022

Every holiday season, Christmas markets transform the main squares of cities across Europe into winter wonderlands. Twinkling lights adorn wooden huts and boughs of holly hang from street lamps. Vendors sell hand-carved ornaments and Nativity scene figurines, alongside piping hot mugs of glühwein (mulled wine), as Christmas carols fill the air. In Germany alone—where the tradition began—there are usually 2,500 to 3,000 holiday markets a year. Now, the markets are returning after two years of COVID-19 related closures.

Historians say preserving this cultural practice in old city centers is as important as shoring up medieval cathedrals or protecting ancient Roman ruins. They argue that Germany’s markets should be inscribed on UNESCO’s intangible cultural heritage list, alongside French baguette making and dragon boat festivals in China.

“What makes [the markets] so important isn’t just buying an ornament,” says Dirk Spennemann, associate professor in cultural heritage management at Australia’s Charles Sturt University, who has co-written studies about the cultural heritage of Christmas markets. “It’s this whole experience of sound, smell, visuals, but also the physicality of people around you.” What’s more, Spennemann argues that “intangible cultural heritage” encompasses traditions that are meant to be mutable, reshaped with each new generation.

Christmas markets certainly fit that definition. Over their centuries-long history, they have adapted to the changing politics and social customs of each new era—from the industrial revolution to the rise of the Nazi party.

Early Christmas markets

Europe’s Christmas markets date back to medieval times when German territories covered a wide swath of the continent. Some of Germany’s existing Christmas markets trace their origins as far back as the 15th and 16th centuries. Dresden’s market first opened for one day on Christmas Eve in 1434. Meanwhile, the oldest evidence of Nuremberg’s Christmas market dates it to 1628, though some suspect it stretches back at least to 1530.

Spennemann says it’s unclear, however, whether these early bazaars were held for Christmas or simply took place at Christmastime. Back then, people lived in scattered communities within walking distance of a church that held markets for all religious feast days. The winter market was typically the biggest, with local artisans selling pottery, meat, baked goods, and maybe some sweets, if the sugar wasn’t too expensive.

There’s little record of the atmosphere of those early markets or when they shifted to offer Christmas trees, Nativity scenes, and toys. Some illustrations depict wealthy Germans hobnobbing in the main market square, while the poor shopped at back-street stalls. But Spennemann says these images are likely embellishments created by artists of later eras, who yearned for what was—to them—an idyllic Christmas past with each social class in its plac

The Industrial Revolution had a profound effect on Christmas markets in the early 19th century. The rising standard of living and the emergence of the working class fueled the growth of Christmas markets. In Berlin, for example, the Christmas market grew from 303 stalls in 1805 to about 600 in 1840.

As the markets began to cater to the working class, urban elites turned up their noses at the cheap gifts for sale, while police in cities across Germany complained about the unruly masses of workers who frequented them.

“It was seen as being seedy, even dangerous and threatening,” says Joe Perry, associate professor of modern European and German history at Georgia State University and author of Christmas in Germany: A Cultural History.

Capitalist forces also turned against the markets by the end of the 19th century. The owners of new downtown department stores campaigned to have them moved to avoid competition. From Berlin to Nuremberg, cities relocated their Christmas markets to the outskirts, where they would languish for decades.

Nazis reimagine the Christmas markets

In the 1930s, Christmas markets returned to city centers across Germany—with the aid of the Nazi Party.

Christmas was a political football at the time, with politicians endeavoring to reshape its traditions to fit their anti-capitalist or atheist leanings. When Adolf Hitler became chancellor in 1933, his newly empowered political party wasted no time in transforming Christmas from a religious holiday devoted to peace on Earth to a nationalist one that extolled German heritage. As Erin Blakemore writes for History magazine, party officials inserted Nazi imagery into Nativity scenes, filled Advent calendars with party propaganda, and rewrote Christmas carols like “Silent Night” to deemphasize its Christian connotations.

These efforts weren’t unprecedented. Perry points out that the idea of a culturally German Christmas has “deep, deep roots.” Many traditions, from Advent calendars to Christmas trees, are thought to have originated in Germany. Protestant reformer Martin Luther is often credited with being the first to put lights on the Christmas tree, after a nighttime stroll through a German forest under a starry sky.

Christmas markets were a natural fit in the effort to realign Christmas with Nazi ideology because they were a popular tradition that already existed. In Nuremberg, for example, Nazi mayor Willy Liebel moved the market back to the city center in 1933, as “a way to erase what he called the ‘un-German and race-alien influences’ that had inspired the market’s relocation,” Perry writes in his book.

The market also debuted an opening ceremony featuring the

Soon after, Nazi politicians began to standardize stall decorations and the items that vendors could sell—such as German-made ornaments, toys, handicrafts, bratwurst, and sugary confections.

Economics drove part of these efforts to rejuvenate the markets, says Perry. In the midst of the Great Depression, Nazi leaders believed the sales of German-made goods could help stimulate the economy and raise the spirits of German citizens.

And it did. In Berlin, 1.5 million people visited the market in 1934, a record broken two years later when two million people visited. But that economic prosperity ended with the start of World War II. In 1941, many cities shuttered their markets.

A post-war Christmas market boom

Germany’s Christmas markets came roaring back after the end of the war—and only grew in the following decades, as an economic boom in the 1960s and 1970s and the rise of consumerism fueled the growth of Christmas shopping. These economic shifts transformed the Christmas markets into mass cultural events—up to a thousand tour buses full of shoppers might descend on a city’s Christmas market during any given weekend.

The Nazi’s role in reshaping the Christmas markets was largely swept under the rug, even as

While some Germans sought to trivialize the Nazis’ role in shaping the Christmas markets, Perry points out that other German political parties through the years have sought to influence the tradition. In the early 20th century, Marxists tried to reframe Christmas as a pagan rather than a religious holiday. Later, the Communist Party in East Berlin would also attempt to align Christmas with its values. Christmas “has always been pushed and pulled around,” he adds.

Germany’s intangible cultural heritage

In Germany, meanwhile, the number of Christmas markets has also been on the rise for the last 50 years—tripling from about 950 markets in the 1970s to about 3,000 in 2019. Local tourism bureaus use them to persuade people to visit during winter’s bleakest days, and tour companies have expanded from bus tours to Christmas market river cruises that stop in cities along the Danube, from Germany to Hungary.

But the pandemic interrupted all that in 2020. Although many cities attempted to recreate the markets through virtual reality portals and drive-through stalls, Spennemann and Parker

“Clearly substitutions don’t work,” Spennemann says. “Unless you go and give people the virtual 3D experience and send them a vial of smells, it’s not going to work.”

By documenting the history of the Christmas markets, the scholars hope to lay the groundwork should Germany decide to apply for UNESCO recognition. But Spennemann says that safeguarding the markets doesn’t mean keeping them from changing—it’s to keep them alive through change.

Some people, he says, insist that traditional German culture must involve wearing lederhosen and drinking from steins, but “they deep-freeze culture, and they ritualize it, and they kill it. Intangible culture is a vibrant expression which will change. So you have to allow for that change.”

In fact, he argues that intangible cultural traditions like the Christmas markets are so meaningful because they have evolved to represent who we are at any given time—for the better and, yes, sometimes for worse.

Christmas markets move beyond Germany 

By the 1980s and 1990s, Germany’s Christmas markets had become so beloved that they became a cultural export. Cities in countries around the world—including the United States, Japan, and India—began to host their own German-style Christmas markets, complete with bratwurst, glühwein, and twinkling lights. In the United Kingdom, the number of Christmas markets more than tripled from about 30 in 2007 to more than a hundred in 2017.

Some of the most bustling markets around the world, now back in merry force, include the Edinburgh Christmas Market, which offers drams of whisky, a Ferris wheel, and artisan stalls in the Scottish capital. Plaisirs D’Hiver (Winter Pleasures) clusters around a towering decorated spruce in the center of Brussels, Belgium, and includes chocolate sellers, live music, and a light-and-sound show. In New York City, the Union Square Holiday Market brings together nearly 200 local vendors from pottery makers and jewelry designers to hot cocoa mixers and poutine chefs.

Voir aussi:

How The Nazi Ideology Ruined And Reshaped Christmas
DB Kelly
Grunge
Feb. 12, 2022

If there’s any nation in the world that’s most in love with Christmas, it’s Germany. So many of the Western world’s Christmas traditions come from Germany, it’s pretty mind-blowing. It’s where the idea of the Christmas tree started, and according to The German Way and More, they were also the ones who started making the first ornaments. That was way back in the 16th century, when glassblowers created stunning decorations that today’s mass-produced ornaments can’t hold a candle to.

Those open-air Christmas markets that are so much fun, especially with a steaming cup of mulled wine spiked with brandy or rum? Yep: German. The Guardian says the first Christkindlmarkt was held in 1384. Oh, and that drink? The Romans may have first made mulled wine, but it was the Germans who made it Gluhwein and hailed it for supposedly curative powers (via The Kitchn). So, it’s safe to say that Germany loves Christmas.

Well, most of Germany.

It was the Nazis who had a major problem with Christmas, and it’s easy to see why they wouldn’t be down with the entire country spending a month celebrating the birthday of a Jewish man. But Christmas was such a part of the nation’s cultural landscape that banning it altogether just wasn’t going to work. What’s a Fuhrer to do? Co-opt it, give it an overhaul, and try to make it into something completely different.

Why Hitler hated Christmas

Print Collector/Getty Images
Joe Perry is a Georgia State University history professor, and he says (via The Conversation) that Adolf Hitler started hating on Christmas really, really early on in his career, and some of his early statements are sort of surprising.

It was around Christmastime of 1921 that he gave a speech in Munich, and it was very foreshadow-y, to say the least. While overlooking a major part of Jesus’s story (remember, he was not only Jewish, but the scholar Jaroslav Pelikan points out — via PBS — that in several places in the scriptures he’s given the title of « Rabbi »), Hitler made it very clear that Jews were the villains of Christmas. He shouted about « the cowardly Jews for breaking the world-liberator on the cross, » and he kind of set the stage for his plans about the Holocaust. It was in regard to Christmas that he promised « not to rest until the Jews … lay shattered on the ground, » and this was more than a decade before he was installed in a position of real power.

But there was more to it. Hitler, says Fast Company, also hated the idea that Christmas promoted peace — and it extended to everyone. That’s pretty much the exact opposite of what Hitler had in mind for the future of Germany, so there was only one thing left to do: Remodel Christmas.

Nazis set themselves up as defenders of the holidayOne of the biggest questions that comes with the Nazis is, « How the heck did any of this happen? » That goes for their overhaul of Christmas, too, so it’s worth mentioning just how they set themselves up in a position to co-opt the nation’s most beloved holiday.

Gerry Bowler is the author of « Christmas in the Crosshairs, » and says (via the Oxford University Press) that there was a lot going on in Germany in the beginning of the 20th century. Christmas had become something to fight over. While the Communist Party condemned it for being the embodiment of both capitalism and religion, the Social Democrats had their own issues with it. They hated it because it put a very twinkly spotlight on the hypocrisy of well-to-do people who preached charity and good will, at the same time the poor struggled to put food on the table. It got so bad that there were calls to cancel Christmas all together, and that’s where Hitler’s National Socialists stepped in. « Oh, no, no! » they said. (We imagine.) « You can’t cancel Christmas, and we’re here to make sure that doesn’t happen! »

Hitler’s Sturmabteilung — the brownshirts — even took to the street to rough up anyone who was suggesting Christmas needed to be canceled. That escalated to the foundation of a welfare campaign that came around every Christmas, and by the time the Nazis really got to work, they were Christmas champions in the minds of many.

Julfest and Rauhnacht, the Rough Night

Wikipedia
Imgard Hunt grew up in Obersalzberg, and she lived under the shadow of Hitler’s alpine retreat. Her memoir, « On Hitler’s Mountain, » recounted what it was like to grow up in Nazi Germany, and one of the things she wrote about (via The New York Times) was how they tried to change Christmas.

At the heart of the co-opting was an attempt to de-Christianize Christmas and return it to the old ways. They wanted Christmas to return to something like it would have been in the pre-Christian, pagan era, and that means renaming it. The entire season became known as Julfest — or Yuletide — and folded into that was a celebration called Rauhnacht. That translates to the « Rough Night, » and it was a callback to an era that predated things like running water and gas heaters. People needed to be tough to survive the winters, and the traditions of Rauhnacht gave the holiday season a little bit of that hard edge back.

To be clear, Rauhnacht wasn’t a Nazi invention, they just really liked to promote it. Invest in Bavaria says it goes back to at least the 1720s, and it’s typically observed between the winter solstice and Epiphany (January 6). That’s when people performed ritual cleansings to rid their home of the evil spirits that were thought to roam the earth during these long nights, while others would don homemade — and horrible — masks to parade through the streets and send those spirits on their way.

Christmas got a complete re-branding as an old pagan holiday

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Every Christmas, there’s a debate: Is saying « Xmas » taking Christ out of Christmas? (No, says Vox: That « X » is sort of a shorthand for Jesus.) The Nazis, on the other hand, really did try to remove any and all mentions of Christ from the holiday. That, says DW, started with the rebranding of the holiday as Julfest, but it definitely didn’t end there. Instead of being all about the birth of Christ, Georgia State University history professor Joe Perry says (via The Conversation) that the Nazis tried turning the holiday into something that celebrated the origin story of the Aryan race instead.

It became a sort of neo-pagan celebration of the winter solstice and the return of the sun. They explained the overhaul by insisting that this was the way their people had done things when they were still « racially acceptable, » and before they were corrupted by modern religions. Gone was the idea of God and a divine being, and it was replaced with olde-timey rituals that focused more on lights, candles, and calling the sun back.

Not only was Christianity removed, but the Nazis also took the opportunity to turn the holiday into some antisemitic propaganda, too. Jewish businesses were boycotted, shops and catalogs boasted they were Aryan-owned, and the resulting message was very clear: Julfest was Aryan-only, and it celebrated Aryan roots.

Family was at the center of a Nazi Christmas

Beto Gomez/Shutterstock
Christmas is all about family, and for the Nazis, that was both true and different. The Nazis were all about families … as long as they were the right kind. According to The Guardian, families were also encouraged to celebrate Julfest together, and were sent gifts — like Julfest candles — to be used in the observance of the new, Nazi-fied holiday.

Georgia State University history professor Joe Perry says (via The Conversation) that images released to promote the new holiday had a few purposes. Not only was German media flooded with illustrations of blond-haired and blue-eyed families celebrating Julfest in the « proper » way in order to get families on board with that but adds that it was also used to further ideas about what the perfect family was. Women in particular were targeted, lauded as « protector of house and hearth, » and told that it was up to them to make sure their homes were properly Germanic.

In order to really get their point across, they co-opted something else, too. According to DW, Nativity scenes were changed from the traditional depiction of Mary and Joseph looking down at the little baby Jesus, and turned into blond-haired, blue-eyed parents and their blond-haired, blue-eyed baby, to better represent the Nazi ideal. The Nativity stayed, but it looked very, very different.

Writing and rewriting Christmas carols to Nazi standards

Africa Studio/Shutterstock
Christmas isn’t Christmas without the carols, and the Nazis had their hands in co-opting these, too. According to The Telegraph, it was Heinrich Himmler who was put in charge of rewriting carols into something more appropriate. That meant taking religious references out of all of them, and they did. « Unto Us a Time Has Come, » for example, was rewritten to remove mentions of Christ, and here’s the really shocking thing: The religion-free, Nazi version is the one that stuck, and it’s still sung today.

DW says that in other cases, entirely new carols were written — like « High Night of Bright Stars. » And yes, the Nazis went a few steps further, because of course they did: Barbara Kirschbaum of the National Socialism Documentation Center says: « The Nazis tried to ban some of the Christmas carols with open Christian content. »

And finally, in a « if you can’t beat ’em, join ’em » kind of way, Fast Company says that whenever the Savior was mentioned in a carol, the Nazis insisted that be replaced with « Savior Fuhrer. »

Santa had to go

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Santa is such a popular figure in Germany that there are a couple gift-giving old men that pop ’round during the holiday season. The one that’s associated with the Santa Claus of other countries is called Weihnachtsmann, and then there’s also St. Nikolaus, who shows up on December 6 and fills shoes with toys and coins. Similar, says The Local, but completely different people.

The Nazis found that Santa was so popular that while they could get rid of Christ, they had no chance of getting rid of the gift-giving figure of Father Christmas. What’s a Nazi to do? The answer, says Spiegel, was to claim that it wasn’t the Christian saint Nicholas of Myra who was dropping toys into shoes, it was the Norse god Odin.

Fast Company adds that the Nazis kind of doubled down on this one, too. They claimed that this was nothing new and it had always been Odin: Christianity had taken the ancient figure of Odin and assigned him the name and origin story of St. Nikolaus. The Nazis, it went, were just restoring things to the proper and original ways. Once again, they could market themselves as the defenders of the true holiday.

Stars were banned and replaced … for obvious reasons

Leon Neal/Getty & Chernousov family/Shutterstock
Stars have been an important part of Christmas decorations for a long, long time — the Star of Bethlehem appeared in the sky when Christ was born, after all. But according to Spiegel, that’s not why the Nazis felt the need to get rid of them. The star meant something else to the Nazis: With six points, it was the star of David used to identify the Jews, and with five points, it was the one won by the Soviet Army.

Fast Company says that the Nazis had a whole list of acceptable symbols to replace the star. When it came time to put something on the very top of the tree, they suggested a swastika — which were, incidentally, also popular for ornaments, allowing for a whole Nazi-themed tree. Other suggestions were the German sun wheel, which the Anti-Defamation League says was co-opted by the Nazis from Old Norse and Celtic mythology, and the lightning bolts of the SS. Those were plucked from a pre-Roman alphabet, and while they’re now associated with things like white supremacy and, of course, the Nazis, they were at one time called the sun rune, or sowilo.

Meanwhile, other decorations got replaced, too. Traditional cookie cutters were swapped for swastikas and sun wheels, while ornaments in the shape of grenades, guns, eagles, Iron Crosses, and even little Hitler figures were hung from trees.

Heinrich Himmler and the Yule Lantern

Keystone/Getty, Wikipedia
Just because the Nazis tried to remove both Christianity and Judaism from Christmas, that doesn’t mean it was religion-free. Anyone looking for unusual Christmas decorations to add to their holiday celebrations today can still buy the lantern called the Julleuchter, or Yule lantern. They’re essentially a kind of lantern or candlestick, and while their distinct design was inspired by earlier Nordic lanterns, NS Kunst says that the concept was purely the invention of Heinrich Himmler.

The purpose of the Julleuchter was described in Fritz Weitzel’s book « The Celebrations In The Life Of The SS Family. » According to the text, it was to be displayed prominently in an « SS-corner » of the home, which would include « all those things … which strengthen the voice of our blood and the duties to land and Folk, everything that demonstrates our beliefs. » While other things around the Julleuchter would change based on the season, the lantern would always be there.

Himmler wanted every member of the SS to have a Julleuchter specially gifted from him, and there were a lot made — by, says Spiegel, the prisoners at Dachau and Neuengamme. It’s unclear how many were produced and how many were used by their intended recipients, but they still have managed to hold on as a lasting reminder of the Nazi influence on the Christmas holiday.

How successful was it?

Wikipedia
Here’s the million-Reichsmark question: Did people buy into this new Nazi Christmas? Georgia State University history professor Joe Perry says (via The Conversation) that it’s hard to tell, but there are some documents that give us an idea of what the reaction was like, particularly among the women who were dubbed « priestesses » of this new holiday.

The National Socialist Women’s League (NSF) was, says UNC-Chapel Hill, the women’s corner of the Nazi Party. There were more than 2.3 million members as of 1933, and they brought some major pushback against the remodeled Christmas. Records speak of « much doubt and discontent » within the organization, while churches went very public with their condemnation of the Reich’s new winter holiday. Scores of women cited Julfest as their reason for not joining the NSF, and it probably didn’t hurt that in some places, their churches had made it quite clear that they would be excommunicated for joining.

That said, reports compiled by the Nazi’s secret police reported on how popular Julfest was. These were the families that wanted traditional celebrations reserved for the Aryan families, but still, there were plenty that still put that star on the top of their trees.

Christmas and Julfest as the war dragged on

Bundesarchiv, Bild 183-J28377 / CC-BY-SA 3.0
By 1944, pretty much everyone was sick of the war — and Nazi propaganda around the winter holiday actually reflected that. While much of the correspondence from early in the war involved things like how to make Nazi-fied cookies, Spiegel says that as the war dragged on into 1945, the Nazi powers-that-be tried to reinvent the holiday again, and make it a commemoration for the soldiers who had died protecting the homeland. Every year, holiday propaganda circulated — and that year, Traces of War says it included stories like the tale of a German man who only wanted to return to Germany to die.

A speech written by Thilo Scheller was published in « Die Neue Gemeinschaft, » or « The New Society. » It was supposed to be read out in military hospitals where German soldiers lay injured and dying, and reminded them that « our Fuhrer Adolf Hitler … will not forget those who cannot celebrate Christmas with their loved ones. » Every celebration, they wrote, should include « all our dead comrades from all the battlefields of Europe. »

Now, the holiday turned into a « cult of death, » with illustrations of decorated trees over graves marked by Iron Crosses. Official recommendations for celebrations included lighting candles for « the mother, the poor, the dead, and the Fuhrer, » setting a place at the dinner table for the dead men of the family, and lighting red candles in their memories.

Christmas in the camps was brutal beyond belief

Keystone/Getty Images
The Nazi party didn’t just have their official guidelines for how Christmas was going to be celebrated under the regime, the SS guards in charge of the concentration camps had their own ideas, too — and it was brutal. Auschwitz-Birkenau, for example, had a Christmas tree. It was set up in the area where roll call was taken every day, and that Christmas in 1940 was the Christmas when prisoners were greeted with a grisly sight: Piled beneath the tree in lieu of brightly wrapped packages were the corpses of the recently dead. The Memorial and Museum Auschwitz-Birkenau has collected testimonies of camp survivors, and it was Karol Swietorzecki who recalled the guards referring to the bodies as « a present. »

On Christmas Eve in 1941, around 300 Soviet POWs were killed in a holiday sacrifice, and that same year, prisoners were forced to stand outside in the freezing temperatures as they listened to Pop Pius XII’s Christmas speech. Dozens died where they fell.

The grisly Christmas tree was back in 1942, and in 1943, they were allowed actual gifts from their families. By 1944, it wasn’t about what the Nazis wanted anymore, not entirely. Primo Levi was a prisoner there for that Christmas, and later wrote (via Tablet), « At night, when all the noises of the Camp had died down, we heard the thunder of the artillery coming closer and closer. »

Liberation came just after New Year’s, on January 18.

Voir également:

Christmas in Germany: A Cultural History

Joe Perry

University of North Carolina Press Chapel Hill

2010

Under the Sign of Kauflust (Chapter four)

/…/ During the decades bracketing the First World War, the arrival of mass culture and a new media landscape of daily newspapers and then radio and film altered conventional nineteenthcentury consumer practices. Commercialization appropriated popular traditions — like the annual outdoor Christmas markets set up in German towns and cities, or the family rituals practiced around the Christmas tree — and sold them back to the masses in new forms. Access to the goods and practices that inspired the Christmas mood was now more than ever tied to the ability to pay rather than the cultural capital of bourgeois social status. The commercialization of Christmas furthermore weakened familiar boundaries between public and private life. (…) The Christmas market was losing its charm, and urban reformers, retail business interests, and city authorities viewed with alarm the growing urban underclass that crowded into the city center during the holiday season. By the 1870s, civic elites no longer welcomed the carnivalesque atmosphere of the market. The number of flying dealers had increased; unlike the regular salespeople, who honestly paid their vendor fees, hundreds of unlicensed beggars, war invalids, street urchins, and unemployed people aggressively accosted market visitors. Official vendors also contributed to the seedy atmosphere of the market, offering attractions like Tingel-Tangel and setting up Rummelplätze, or midways, with rides and games of chance. Unruly crowds upended class hierarchies, undermined the sentimental spectacle of the Christmas market, and threatened the profits of the urban middle classes. Rudolph Hertzog, owner of one of Berlin’s first department stores on Breitestrasse, repeatedly complained to authorities about the “tumultuous character” of the Christmas market, which, he asserted, prevented well-heeled customers from shopping in his store during the holiday season. In 1873, as the bottom fell out of the German economy, city authorities responded. They closed off Breitestrasse, which had long been the center of the Berlin market, and limited festivities to the nearby Lustgarten. In contrast to other popular markets and street fairs, many of which disappeared altogether in the late nineteenth century, the Christmas market survived. Yet its “historic rights” and popular festive character did little to dampen criticism. The conflicts of interest climaxed around 1890, just as the department store emerged as an alternative site for shopping and sociability. In 1889 the Berlin chief of police reopened the campaign against the public market, complaining that the “nuisance-makers” in the Christmas market sold poor-quality “rummage.” The “inconsiderate pushiness of the poor” — just outside the Royal Palace at the head of the showcase avenue Unter den Linden — threatened the “good reputation” of the Reich’s capital city. The Berlin city magistrate’s office, to the contrary, took a sympathetic view of the street fair. The magistrate argued that the market’s “joyful mercantilism” gave the lower classes a chance to shop without the financial and social constraints imposed in exclusive department stores. A visit to the market in the city center gave working-class children a chance to at least see delightful displays of toys, “almost their only Christmas joy.” The chief of police replied that department-store show windows could provide the same solace. Social Democrats complained bitterly that impoverished city dwellers made a substantial portion of their annual income at the fair, and plans for relocation to other downtown districts faltered when wealthy local residents complained about potential disturbances. Finally, in 1893 the chief of police moved the market to Akrona Platz, located in the midst of a working-class district on what was then the northeastern edge of the city. There, it languished for the next forty years. “Only the meager remnants of the Christmas market in the east of the capital city still tempt the desires and the hopes of children,” wrote journalist Hans Ostwald in 1924. The Christmas market’s return to Breitestrasse and the Lustgarten in the Nazi years provides something of an uncomfortable coda to its nineteenthcentury decline. In December 1934 the city administration, in collaboration with the Arbeitsgemeinschaft zur Belebung der Berliner Innenstadt (Working Group for the Reinvigoration of Berlin’s Inner-City), moved the market back to the city center. Led by Karl Protze, a Berlin senator and National Socialist Party member, the Working Group convincingly asserted that “this wonderful German custom” breathed life into the Nazi slogan “Gemeinnutz geht vor Eigennutz” (Collective Need before Individual Greed). “For fifteen years,” the group noted in reference to socialist street demonstrations, “the Berlin Lustgarten has been a showplace for fanatical popular instigation and political strife.” Now the return of the Christmas market would turn this prominent public square into “a place of peaceful and friendly events.” The history of the famous Christkindlesmarkt in Nuremberg had a similar trajectory. Commercial interests had forced the market out of the central market square around the Church of Our Lady in 1898. In 1933 Nazi mayor Willy Liebel brought it back — a way to erase what he called the “un-German and race-alien influences” that had inspired the market’s relocation — and established a new opening ceremony. There was a time when the Christmas trade took place almost entirely in the outdoor booths set up for this purpose, from which it later moved for the most part to the increasingly numerous retail stores,” wrote a Berliner in 1889. “Now it seems that the critical hour [for these small businesses] is not far off. The so-called ‘department stores’ and giant outlets, which can buy large quantities of goods and sell them at cheap prices, increase their numbers from year to year, and are putting an end to the way shopping is done in the Christmas season, along with so many other traditional customs.” (…) An outdoor “Anti-Semitic Christmas Market” set up in Berlin in 1891 offered shoppers a way to avoid “Jewish” department stores altogether, but it apparently met with little success. (…) By the late 1920s, radio and newsreel reports on Christmas (portrayals of decorated city streets, famous German churches, Christmas markets, geese ready for table, choirs singing holiday carols) greeted Germans each holiday season.22 Enjoying some form of centralized mass entertainment was in and of itself a holiday ritual. Even before the arrival of the National Socialist “media dictatorship,” Christmas encouraged a growing audience to envision Germany as a “national audiovisual space.”23 In the 1930s, the mass media became increasingly important for the popularization of national self-identities refracted through leisure and holiday time, and a strikingly similar process was at work across Western societies. For Americans and other Europeans as well as Germans, this “most dramatic era of sound and sight” created novel sources of common experience for huge audiences. If the annual lighting of the “National Community Christmas Tree” in Washington, D.C., described in dramatic radio broadcasts in the 1920s and 1930s, embodied the democratic impulse behind Progressive-era reforms, in Nazi Germany the new media Christmas was shot through with fascist ideology.25 Christmas radio shows, by the 1930s a familiar aspect of private festivity, seamlessly blended propaganda and family entertainment. Father Christmas’s Radio Program, broadcast on Christmas Eve in 1937 (when all major German radio stations carried the official program), typified the genre. Those who tuned in at 8:00 p.m. that night heard a “Christmas message” from Rudolph Hess (the “Führer’s Deputy”); carols sung by a children’s choir; a show on Christmas festivities in the army, navy, and air force; and the sound of ringing bells broadcast from Germany’s most famous cathedrals.26 The audiovisualization of the German Volksgemeinschaft was repeatedly realized in radio broadcasts and newsreel shots of Christmas bells ringing in famous churches throughout Germany. Unlike Russian Bolsheviks, who, during the “Great Turn” (1928 to 1932) saw church bells as symbols of the “Old Way of Life” they wished to destroy, Nazi propagandists used modern media to colonize and exalt sacred practices. Communists and Nazis appropriated Christmas as a symbol of the nation’s decline but also its potential, at times mocking sentimental, mainstream observances and at times decrying the collapse of the “German” holiday. At no time was the “battle for Christmas” in modern Germany more public and vicious than in the closing years of the Weimar Republic. The left had already subjected the holiday to radical deconstruction in the Wilhelmine years, and the avant-garde continued to mock bourgeois celebration; think only of John Heartfield’s swinelike Prussian Angel, installed at the First International Dada Fair in 1920 and bedecked with a banner featuring lines from Luther’s well-known carol “From Heaven on High,” or his German Yule Tree, with branches twisted into the shape of a swastika. Communist intellectuals and fellow travelers attacked the key values and symbols of the holiday to demonstrate their disrespect for modern consumer culture, organized religion, and general bourgeois values. Hard-edged Christmas poems and stories by Kurt Tucholsky, Bertolt Brecht, Erich Mühsam, Erich Weinert, and Erich Kästner called attention to the impoverishment, unemployment, and chauvinist politics masked by middle-class sentimentalism. Anonymous parodies of church carols such as “Silent Night,” “O How Joyfully,” “From Heaven on High,” and many others updated the Social Democratic alternative culture of the Imperial period. Weimar-era lyrics had a hard edge. Erich Kästner’s anti-Christmas song from the late 1920s, a typical example, satirized the consumerist fantasies of a popular carol with lines such as “tomorrow Father Christmas comes, but only to the neighbors” and “tomorrow children you’ll get nothing.” The KPD mounted a vituperative critique of Christmas in the waning years of Weimar. In marked contrast to their Social Democratic competitors, who walked a delicate line between the rejection of capitalist abuse and appropriation of the conventional holiday, Communists avoided “proletarian” alternatives and indeed called for the abolition of the holiday altogether. Communist propagandists attacked the “preacherly opium” spread by church and state during the holidays, demanding that a call to arms replace the hypocritical sound of the church bells rung by the “class enemy. (…)  The violent conflicts on Christmas Eve testify to the overall brutalization of Weimar society in the early 1930s; they also show that German Christmas had become an emotionally laden and politically contested symbol of national prosperity. In the end, the National Socialist version of Christmas ironically appeared to resolve the tensions the Nazis themselves did so much to provoke. Unlike Communist anti-Christmas protests or bourgeois platitudes, the Nazi Christmas envisioned a proud national future based on an invented ethnic past. Its rhetoric and rituals promised to heal the national community with “blood and soil” mythologies, economic recovery, and racial exclusion. After gaining power in 1933, the rhetoric of resentment popular in the “years of struggle” no longer met the needs of a party in power. Instead, National Socialists would use all the resources of an avowedly totalitarian state to promote a harmonious People’s Christmas, which celebrated the values and goals of the Nazi racial state. (…) National Socialist ideologues like Frau Dr. Auguste Reber Gruber, director of the women’s division of the National Socialist Teachers’ Union, were well aware that the familiar imagery of candle-lit trees, snowy landscapes, and regeneration made Christmas a powerful vehicle for naturalizing a radical political culture rooted in a mythic national past. Just as French Jacobins and Russian Bolsheviks transformed their festival cultures in attempts to shape new revolutionary citizens, so National Socialists redesigned Germany’s holidays to conform to the state’s racial and ideological agendas. The Nazi intelligentsia clearly believed that the family rituals performed around the Christmas tree engendered an emotional surplus, which could be manipulated to construct and sustain a sense of national feeling and a “fascist self.” (…) From the start, Christian liturgy, symbols, and sentiments enticed Nazis who sought to appropriate religious and family rituals. Reber-Gruber’s own version of a de-Christianized Christmas based on “the myth of blood and the God-willed order of eternal procreation” — her attempt, in short, to supplant the birth of Christ with the birth of an archetypal “Aryan” child — revealed the constant slippage between piety and politics, race and religion, and Christian ritual and pagan rite that defined Nazi celebration. Borrowing from their Social Democratic adversaries, Nazi propagandists cast Christmas and the winter solstice as a metaphor for the rebirth of the German nation. Family celebration, according to Nazi authors, preserved the ethos of the pagans, when “the feeling of unity with native soil and nature was still alive, the desire for light and strength had strong roots, [and] Yule festivities remained a sacred manifestation of God.” The recovery of mythic Nordic rites hardly ruled out appeals to the Christian aspects of the holiday.

Christmas in the Third Reich (Chapter five)

Parroting the conclusions of late nineteenth-century ethnographers, Nazi loyalists asserted that the “merging of national characteristics and Christianity” exemplified in Christmas revealed the origins of “the German character. (…) After the National Socialists took power in 1933, the parties and celebrations organized by local party offices (Ortsgruppen), the SA storm troopers, the National Socialist League of Women, and the Hitlerjugend (Hitler Youth, or HJ) all deemphasized Christian and pagan observance and instead played up the supposedly universal German aspects of the holiday.

The so called People’s Christmas (Volksweihnachten) was an inescapable part of the orchestration of everyday life in Nazi Germany. Like other Nazi policies and programs — such as the workers’ vacations sponsored by the Strength through Joy (KdF) organization, the racially inspired anticancer campaigns, or the ever-popular radio “request concerts” — the Nazification of Christmas generated support for the regime, and not just among party members or loyalists. With its incessant focus on national unity and “eternal-racial” customs, the Nazi holiday, however twisted, reminded Germans of their common cultural heritage. Rituals that rehearsed sentimental allegiance to German blood and soil, according to Nazi texts, brought satisfactions that were more authentic than the decadent distractions of modern consumer culture. Annual celebrations held by party leaders, Nazified workplace parties, and Winterhilfswerk (Winter Relief, or WHW) charity campaigns linked neighbors and friends into tangible networks of sociability and civic self-help. The emphasis on traditional gender roles gave families and particularly women renewed pride in the accomplishments of domesticity, always in the context of the racial state. The observance of everyday forms of Nazified celebration — making winter solstice cookies, for example, or singing National Socialist Christmas carols — constructed fascist identities in the private space of the home. The People’s Christmas lent “racially acceptable” Germans a sense of moral certainty and “ethnic virtue,” even as the practices of celebration segregated “Aryans” from others and normalized racism, terror, and ultimately mass murder.9 Adolf Hitler’s “Yule Speech,” delivered in 1921 at the National Socialist German Christmas Celebration in the Munich Hofbräuhaus, set the tone early on. According to undercover police agents on hand to monitor the party, a festive crowd of some 4,000 supporters cheered “der Führer” as he attacked “mammonistic-materialism,” Jews, and government politicians. Once in power, the party backed away from Christmas propaganda that openly attacked German Jews or working-class leftists. Nazi celebration nonetheless worked to exclude those deemed unfit by the regime. Open anti-Semitism surfaced at Christmastime in boycotts of Jewish-owned department stores and criticism about displays of the “German” Christmas tree in Jewish store windows. And though official holiday discourse rarely mentioned Jews, countless images of the invariably blond-haired, blue-eyed German families gathered around the Christmas tree promoted ideologies of racial purity, as did repeated exhortations to buy German gifts or observe what propagandists called a “racially correct” (arteigene) holiday. Party cadres had the power to shape and control holiday rituals, but attempts to radically revise a much-beloved family and Christian holiday exposed the fault lines in the “revolutionary” culture of National Socialism. Since Nazi celebration challenged Germany’s clergymen with a set of remade rituals that traded allegiance to Christian faith for belief in the Volksgemeinschaft — the “People’s Community” promised by the regime — the holiday became a hot point in the struggle between church and state. Christmas refracted divisions among at least three factions of Nazi supporters: radical neopaganists, more “moderate” Nazis who sought to overcome confessional divisions, and the so-called German Christians, the Protestant splinter group of Nazi sympathizers who wanted to build a unified Volkskirche, or National church, based on blood and race. Mainstream Protestant and Catholic leaders, for their part, used the popular investment in conventional religious observances to shelter popular piety from Nazi de-Christianization campaigns. The history of Christmas in the Third Reich complicates assumptions that all National Socialists were avowed anti-Christians even as it reveals the opportunism of mid-level functionaries like Reber- Gruber, who relished the opportunity to de-Christianize the celebration of the birth of Jesus in their search for a national “new order.” Ordinary Germans, who were generally on the receiving end of these highly conceived political projects, expressed dismay with the turmoil: Christmas was not fascist enough for Nazi Party loyalists but too politicized for Christian believers. The People’s Christmas faltered on confessional, class, and political differences, as well as on the increasingly difficult conditions of daily life, particularly during the crises of World War II. Yet the Nazi holiday’s all-too obvious successes suggest that Nazification made remarkably deep inroads into the fabric of everyday life during the twelve years of Nazi rule. This was not simply a result of top-down manipulation; nor was Nazi political culture a “beautiful illusion” that lacked popular legitimacy. Seemingly minor acts of popular observance became self-constructing signs of engagement with National Socialism. As Germans participated in Nazified public rituals and private celebrations, they built the racial state in degrees, from the bottom up. Perhaps the most striking feature of Christmas in the Third Reich was its reinvention as a neopagan holiday that celebrated the supposedly Nordic Christmas in the Third Reich roots of the “Aryan race. (…)  Ideas about the pagan aspects of the holiday percolated down to a mass audience in articles, books, and documentary films in the 1920s and 1930s, continuing a process of popularization evident since the 1880s. The key terms of Nazi Christmas were hardly new inventions created by crackpot propagandists. Germans had embraced völkish ideas about the Germanic roots of Christmas long before the Nazis adopted them. The Nazi reconstruction of pagan ritual — with appropriate “guidelines for celebration in the home” — helped reenchant Germany’s political discourse and served multiple ideological goals. National Socialists eagerly politicized the links between private celebration, leisure time, and the mass media in attempts to construct a specifically fascist self at home with fellow “people’s comrades” in the reconstructed racial state. Ambitious plans for reinventing holidays and festivals filled the pages of the journal Die neue Gemeinschaft: Das Parteiarchiv für nationalsozialistische Feier- und Freizeitgestaltung (The New Community: The Party Archive for the Organization of National Socialist Celebrations and Leisure Time), published by the Reich Ministry for Popular Enlightenment and Propaganda (RMVP). This publication, distributed to party organizations “for internal use only,” was just one part of an extensive media apparatus of magazines, journals, newspapers, newsreels, radio broadcasts, Christmas books, and holiday ephemera; all brought the invented traditions promulgated by the RMVP to millions of German citizens. By 1937 National Socialist propagandists had divided the holiday season into a series of distinct celebrations, each with its own political relevance. The list included Vorweihnachten, or “Pre-Christmas” celebrations, meant to replace Christian Advent traditions with “racially correct” observances; People’s Christmas charity parties, organized for the poor and especially their children by the National Socialist People’s Welfare Office; “Winter Solstice” and “National Socialist Christmas Celebrations,” held for the many members of the party’s mass organizations; and “German Christmas,” observed by individual families in the privacy of their own homes. Nazi guidelines for celebrating Christmas trod a thin line between tradition and invention, pleasure and politics, and Christian observance and pagan rites. Festivities sponsored by party organizations, wrote Die neue Gemeinschaft in a special issue on “German Christmas” in 1937, should be sober, serious, and openly political, without presents, raucous partying, or dancing. In rooms adorned with swastikas, torches, and modestly decorated Christmas trees, Christian customs and cultlike pagan practices were all taboo. The Ministry of Propaganda informed cadres that “a National Socialist Christmas celebration does not give Christmas a churchlike Christian expression but rather a German and völkisch sense and purpose.” At the same time, the holiday was not a “field of activity for the prophets of a new religion” who wished to promote a “Yule-night cult.” Instead, official celebrations “should make visible the position above the confessions held by the Party. . . . A National Socialist Christmas celebration has to place meaningfully the ancient traditions of the German Christmas festival at the center of our own epoch, in order to make the participant feel that beyond all questions of confession the old Christmas symbols of fire and tree still have a living and deep meaning for our time.” Party officials repeatedly promoted a national holiday intended to unite Germans above long-standing confessional differences. Ongoing attempts to establish definitive guidelines in the language of orderly control nonetheless suggests that the boundaries between pagan, völkisch, and Christian observances were not easy to define or police. Sociability, celebration, and ideology merged, however uneasily, in factory canteens, local meeting halls, town squares, and school classrooms, where Germans participated in a dense network of holiday festivities organized by National Socialist mass organizations. At such events, historian Alf Lüdtke suggests, “the capacity for submission as well as the pleasure of being involved were stimulated simultaneously.” Across Germany, the Nazi Party District Offices, the HJ, the National Socialist Women’s League (NSF), and Christmas in the Third Reich. (…) The public orchestration of Nazi Christmas was not just a big-city product, as shown by local historian Fritz Markmiller’s careful reconstruction of everyday Nazism in Dingolfing, a small town north of Munich; Nazi mass organizations reached deeply into the fabric of German society in both rural and urban areas. Each December, teenagers gathered for the “home evenings” of the HJ and handcrafted small presents to raise money for the Winter Relief campaign. Groups of workers joined the “preChristmas celebrations” sponsored by KdF (Figure 5.2), where they sang carols and participated in performances of music and theater that expressed “faith in the victory of light in the time of greatest darkness.” Teachers received a Nazified Christmas curriculum for schoolchildren of all ages in the journals of the National Socialist Teachers’ Union, which taught that school celebrations should embody “the experience of the community of life, struggle, and fate of the German people.” Texts for advanced students again emphasized “Aryan-Germanic” culture as the source of Christmas traditions. An extreme version of “blood and soil” ideology found expression in the highly ritualized celebrations of the SS, who swore “light oaths” to Hitler, the German family, and the national community while lighting candles on the “Yule Tree.” Conventional Christmas imagery — decorated trees, happy families, snowy landscapes, Father Christmas — and a wealth of instantly recognizable carols made the holiday a powerful vehicle for inventing a national culture rooted in sight and sound. By the late 1920s, radio and newsreel reports on Christmas (portrayals of decorated city streets, famous German churches, Christmas markets, geese ready for table, choirs singing holiday carols) greeted Germans each holiday season. Enjoying some form of centralized mass entertainment was in and of itself a holiday ritual. Even before the arrival of the National Socialist “media dictatorship,” Christmas encouraged a growing audience to envision Germany as a “national audiovisual space.” In the 1930s, the mass media became increasingly important for the popularization of national self-identities refracted through leisure and holiday time, and a strikingly similar process was at work across Western societies. For Americans and other Europeans as well as Germans, this “most dramatic era of sound and sight” created novel sources of common experience for huge audiences. If the annual lighting of the “National Community Christmas Tree” in Washington, D.C., described in dramatic radio broadcasts in the 1920s and 1930s, embodied the democratic impulse behind Progressive-era reforms, in Nazi Germany the new media Christmas was shot through with fascist ideology. Christmas radio shows, by the 1930s a familiar aspect of private festivity, seamlessly blended propaganda and family entertainment. Father Christmas’s Radio Program, broadcast on Christmas Eve in 1937 (when all major German radio stations carried the official program), typified the genre. Those who tuned in at 8:00 p.m. that night heard a “Christmas message” from Rudolph Hess (the “Führer’s Deputy”); carols sung by a children’s choir; a show on Christmas festivities in the army, navy, and air force; and the sound of ringing bells broadcast from Germany’s most famous cathedrals.26 The audiovisualization of the German Volksgemeinschaft was repeatedly realized in radio broadcasts and newsreel shots of Christmas bells ringing in famous churches throughout Germany. Unlike Russian Bolsheviks, who, during the “Great Turn” (1928 to 1932) saw church bells as symbols of the “Old Way of Life” they wished to destroy, Nazi propagandists used modern media to colonize and exalt sacred practices. Rapid cuts between snow-covered church Christmas in the Third Reich towers and chiming bells in famous cathedrals in Munich, Danzig, Cologne, and Berlin provided visual evidence of the regionalism that anchored German national identity. (…) Such scenes capitalized on the broad appeal of sacred symbolism yet were a historicist pastiche, emptied of any real religious content. At the same time, they reveal a determined attempt to appropriate and remake the Christian foundations of German identity. Cinema was very well suited for nationalizing and Nazifying the holiday. Annual Christmas newsreels featured glowing reports on Christmas markets, special concerts, holiday speeches by political leaders, WHW collections, and other party-sponsored activities. Newsreel reports on People’s Christmas envisioned a resurrected national community, free from the political fractures and social dislocations of the Weimar years. Scenes of NSDAP ministers Joseph Goebbels, Hermann Göring, and Hess collecting donations for the WHW in the streets of Berlin, or of Göring handing out presents to Berlin street urchins in the reception hall of the Air Force Ministry building, showed that Germans were “one Volk” under the paternal guidance of their political leaders. A typical Christmas newsreel from 1934 featured Propaganda Minister Goebbels officiating at a carefully choreographed celebration with a group of children in the traditionally left-wing Berlin district of Friedrichshain. There, Goebbels praised government efforts to provide the needy with Christmas joy. (…) As Goebbels evoked the different regions of the German nation, the newsreel cut to scenes of snow-covered terrain, visualizing the distinct spaces that together comprised the national community. The propaganda minister closed his speech with an “inward plea that fate will further receive Führer, Volk, and Nation in its merciful protection, and will above all bring the German people the immeasurable good already pronounced to mankind in the Christmas message, Peace on Earth.” This single example of a newsreel Christmas spectacle — there are many others — brings together the diverse strands of official Nazi celebration: the ideal of class unity based on acceptance of National Socialism; the paternal appropriation of holiday charity by the Nazi state; the charismatic celebrity of leadership; the appealing sentimentalism of mother and child; and above all, the carefully translated Christian language that lacked any overt reference to God or the birth of Jesus — all packaged in a mass-media presentation that reached an audience of millions in movie theaters filled with seasonal crowds, in radio broadcasts, and in press reports. (…) Of course, real people participated in such events as well. Hand picked or not, the shadowy workers in the background who received WHW “gifts” took part in what must have been a memorable occasion. The Nazi press took care to explain the political conversion supposedly inspired by such events. The popular enthusiasm for “People’s Christmas in the Street” showed that Germans of all political persuasions (former Social Democrats and even Communists) had come together in the national community. “Two or three years ago, the [Communist] commune still exercised its terror [in Friedrichshain],” noted one reporter. During the celebration with the propaganda minister, however, “former agitators looked bashfully at the ground when they witnessed the joy and happiness brought here by the once so-hated Nazis”. While some Germans no doubt saw through such cynical attempts to sanitize the public image of the SA and NSDAP, and indeed to bastardize socialism, others were drawn to the appeal of Nazi celebrities and their apparent largesse. (…) German Christmas had long been open to collaborating and often competing religious, political, and national impulses, revealed in the affinities between modern Protestant piety and Prussian-German nationalism, the popular recognition of the links between pagan and Christian observances, and the quick turn to war theology in the First World War. All foreshadowed Nazi attempts to use Christmas to construct a Volkskirche, or “people’s church,” in the Third Reich. Nazi believers, however, exceeded these precedents, and the resulting tensions turned the holiday into an open site of negotiation and contest. Christmas celebrations became the focus of a complex, multilevel debate centered on the relationship between church, state, and society, and the debate was productive, insofar as it produced different and competing versions of the holiday. Party cadres, neopaganists, Catholic and Protestant churchmen, and German Christians — the anti-Semitic, pro-Nazi Protestant splinter community founded in 1932 — worked to mold Christmas to their own agendas. The results took the holiday to radical, but in some ways predictable, extremes. The revised holiday promoted by the German Christians epitomizes the religious and political conflict at the core of Christmas in the Nazi years. Their attempts to invent a “racially correct” holiday, as historian Doris Bergen suggests, expressed a determined yet paradoxical and often noxious effort to synthesize Christianity and National Socialism.98 German Christian doctrine combined Nazi ideology with reformed and de-Judaized Christian traditions that cast nation, Volk, and race as gifts of God. In July 1933 the group won two-thirds of all votes cast in Protestant church elections across Germany and took control of all but three of Germany’s regional bishop’s seats. Their ascendancy was short-lived. That same autumn, the Nazi regime declared its official neutrality in religious matters and withdrew its support. In November a scandal ensued after a German Christian leader crudely attacked the Jewish influence on Christianity and the Old Testament at a mass rally in Berlin. The movement faltered, and by 1937, the Nazis had essentially abandoned its initial efforts to build a unified “Protestant Reich Church” around the German Christians. The movement’s 600,000 members nonetheless continued to agitate for a Nazified Protestantism. As Bergen shows, the Nazi- Christian liturgies propagated by German Christians “transformed the meaning of Christianity from a religion built around an act of atonement to a ritual empowerment of Nazi ideology.” Theologians like Wilhelm Bauer believed that revised Christian ritual “cleansed” of its Jewish roots, could forge the bonds of a new Volksgemeinschaft. (…)  For Bauer and other German Christians, “God’s truth” meant the “Germanization of Christianity,” a process supposedly begun by Luther. To continue this work, the church should purge Judaic influences from Christian theology and texts, excise “Jewish” psalms from the Bible, and replace “Jewish” names and terms in prayers and hymns with German-Nordic equivalents. “The people of Israel,” Bauer suggested, should be renamed “the people of God”; Jerusalem and the biblical cedar of Lebanon could be called “the heavenly abode” and “the pines of the German woods.” The script for Bauer’s “Advent Celebration” revealed the results of this doctrinal revisionism. The “Germanized” liturgy included a vaguely rendered version of the Bible story of the birth of Jesus that omitted all reference to Bethlehem and the names Joseph, Mary, and Jesus; the text instead concentrated on a “morning star” arising out of darkness. As such revisions suggest, German Christians struggled uneasily to remake familiar religious observances, and Christmas in particular was a consistent sticking point. The editor of Das Volkstestament (The People’s Testament), a set of Gospels revised to meet German Christian criteria, felt compelled to explain his expurgated version of the birth of Jesus. “Legends were excluded,” he wrote in an afterword. “Only the Christmas poetry of the Holy Night and the Wise Men from the East could not be left out because these stories have penetrated so deeply into the people’s sensibilities. We have simply freed them of Jewish-Christian accretions.” In practice, German Christian liturgy engendered a heterogeneous mixture of political and religious observances. The official Christmas celebration of the National Railway Authority (Reichsbahndirektion) in 1933, just as the group’s influence began to wane, exemplified early attempts to shape a “positive Christianity” that would conform to fascist ideology. An enthusiastic crowd of railway workers, officials, and their families gathered in the Berlin Sportpalast around a thirty-foot-tall Christmas tree crowned with a gigantic swastika outlined in electric lights. (…) The Second World War exacerbated the church-state struggle over Christmas. United in the belief that Bolshevism and materialism presented a greater threat to popular faith than Nazism, clergymen used the familiar holiday rhetoric of nation, Volk, and family to encourage all Christians to support the war effort — even as they continued to challenge overt acts of deChristianization through back channels. Few church leaders were as “brown” as the Catholic military bishop Josef Rarkowski, an avowed Hitler supporter, but his Christmas sermon to Catholic soldiers in 1939 shows how clergy of both denominations adapted the emotional and spiritual qualities of the holiday to sustain what he called the nation’s “mission.” Competing political groups, including Nazis and Communists, Liberals and Social Democrats, all shaped their own versions of the holiday. Each tried to manipulate the intimate emotions evoked by family celebration to support their political agendas.

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Christmas in Germany: A Cultural History (review)

Penne Restad
Journal of Interdisciplinary History
January 2012

Although Perry points to the hollowness of any claims to Christmas’ unique roots in the German volk, he demonstrates the usefulness of tracing national variants of the holiday. The German Christmas was special and even especially intense, he argues, because of Germany’s tortured road to national unity and modernity. (…) He also has produced (…) a reconstruction of the « systems of practice and representation » that created the so-called Weihnachtsstimmung, an emotional environment of a German Christmas that acted powerfully « to define and reproduce social norms and identities » (…) A burgeoning gift economy stirred Kauflust among consumers and broadened the holiday’s popularity despite protests that argued for its shallow commercialism. The Nazis exploited this tension by high-lighting a racially imagined German Christmas at war with Jewish shopkeepers and department store owners and touting the superiority of local German Christmas crafts over new, mass-produced goods. The Nazi version of the holiday celebrated its organic and seamless Germany identity, threatened by un-Christian and un-German influences in commerce, culture, politics or religion. Perry’s probing assessment of the Nazis’ exploitation of Christmas sentiment (along with the multiple ways in which they could not fully manage it) confirms the inordinate force and malleability of the holiday. By underlining the subtle layering of Christian and German identities, Perry allows us to grasp why the birth of Jesus became equivalent for some to the birth of the Aryan child and a new Germany. However, the fundamental German perception of Christmas as German also helped to wrest German identity from its associations with the Third Reich. During the Cold War, for instance, the holiday was a « central vehicle for the reconstruction of private and public identities in East and West Germany ». It remains even now a viable tool to bolster a reunified Germany against an ever-corrosive consumerism that undermines both domestic and national identities. The tensions between evolving domestic, folk renditions of the German Christmas and commercial and political exploitation that Perry highlights certainly have parallels in other modern cultures.

After the economic collapse and street-fighting of the early 1930s, the Nazis made it a big point to restore family values to a holiday they perceived as over-commercialized and wanting in community spirit. And yet, as Joe Perry carefully shows in his Christmas in Germany, complaints about the shallow materialism of Christmas predated Hitler’s Christmas by a good century. This is not the story of how the Nazis stole Christmas. Perry manages to resist such low-hanging fruit, even as he documents patriotic and jingoistic holiday celebrations. He has a bigger story to tell: of the very creation of a modern space. Christmas, as a middle-class holiday, has been hotly contested for generations. Over the course of the 19th century, national unification, secularism, urbanization, poverty, and the industrial revolution’s transformation of daily life combined to break many Germans’ connections with the past. For a variety of reasons, including wartime outbursts of patriotic fever, Christmas became Germans’ favorite holiday. The Christmas tree was thus present at the birth of a modern nation, and was accordingly a space of contestation over the limits and character of that nation. Consumer domesticity and bourgeois tastes were to be fostered, complete with frilly dresses, cozy sing-alongs, baked goods, and gift-packages sent to the troops. These were appropriate Christmas practices, and were from the beginning pitched as deeply « traditional. » Equally traditional drunken carousing, however, needed to be quashed. Christmas in Germany is set against the background of a society experiencing breakneck industrialization and social convulsions. An entire old order was passing away. The new country was understood as Protestant, bourgeois, and somewhat Prussian, and Christmas was an opportunity to imagine Catholics and stubbornly particular regions into the national fabric. A new cultural space had been created, one which built upon a past that had never really existed (« Germanness ») while simultaneously banishing that past in the name of community-building. Christmas was the collision of these antagonistic and emotionally fraught aspirations. Christmas could, accordingly, never satisfy. It could only leave celebrants wishing for something more.

In his novel Descent into Hell, Charles Williams tells of a jealous English academic reading about a knighthood awarded to his bitter rival. A knighthood for a historian? « Till that moment he had never thought of such a thing. The possibility had been created and withdrawn simultaneously, leaving the present fact to mock him. »

This tension characterized the German churches’ response to the emergence of Christmas as a national holiday. There had never before existed a national space in Germany. It took form during the Franco-Prussian War of 1870 and matured during World War I, when German regional and confessional diversities were seen as dangerous and un-patriotic. German churches found themselves defending cultural space simultaneous to its creation. It could never have been a fair fight, because it was conducted on grounds contradictory to the message of the manger. Instead, Christmas became a knot of contradictions: a celebration of muscular militarism and feminine domesticity; coarse commercialism alongside mythologies of bygone days; the birth of Christ and anti-Semitism and xenophobia in general. These tensions, Perry argues, are the single-most enduring German Christmas tradition, having outlasted Bismarck, Hitler, and Communism. The postwar recovery years; the youth rebellions of the Sixties; the collapse of the GDR—all were accompanied by Christmas battles over the place of religion, the place of consumerism, and the place of women.

The Nazi Christmas is particularly galling, yet Perry manages to understate for great effect. 1934’s Christmas market, celebrated outside the Berlin Cathedral, combined speeches by Goebbels and others; « the crowd joined in with collective renditions of ‘Silent Night,’ … the German national anthem, and countless ‘Sieg Heils.’  » It made perfect sense at the time. As Perry subtly points out, the Nazi Christmas « complicates assumptions that all National Socialists were avowed anti-Christians. » In fact, even Nazi attempts at resurrecting ancient German paganism made room for the (blond) Christ-child. This was a careful exercise in grafting invented racist traditions into consumerist traditions of recent provenance.

To this day, Perry concludes, German pollsters « continue to express surprise at the secularization of the holiday. » An ever-shrinking fraction of Germans think of Christmas primarily in religious terms; more than anything else, Christmas for 21st-century Germans is « a celebration of family. » Roughly half of the German population attended church on a recent Christmas day—more than the proportion believing in God. Non-believers celebrating the birth of Christ? It is hardly as strange as it sounds: « Germans may no longer believe, » Perry says, « but Christmas is the time when they act as if they do by demonstrating an enduring attachment to religious tradition. »

Voir de plus:

Christmas in Germany
The creation of a « national space. »

Paul Grant

December 2011

After the economic collapse and street-fighting of the early 1930s, the Nazis made it a big point to restore family values to a holiday they perceived as over-commercialized and wanting in community spirit. And yet, as Joe Perry carefully shows in his Christmas in Germany, complaints about the shallow materialism of Christmas predated Hitler’s Christmas by a good century. This is not the story of how the Nazis stole Christmas. Perry manages to resist such low-hanging fruit, even as he documents patriotic and jingoistic holiday celebrations. He has a bigger story to tell: of the very creation of a modern space.
Christmas, as a middle-class holiday, has been hotly contested for generations. Over the course of the 19th century, national unification, secularism, urbanization, poverty, and the industrial revolution’s transformation of daily life combined to break many Germans’ connections with the past. For a variety of reasons, including wartime outbursts of patriotic fever, Christmas became Germans’ favorite holiday. The Christmas tree was thus present at the birth of a modern nation, and was accordingly a space of contestation over the limits and character of that nation. Consumer domesticity and bourgeois tastes were to be fostered, complete with frilly dresses, cozy sing-alongs, baked goods, and gift-packages sent to the troops. These were appropriate Christmas practices, and were from the beginning pitched as deeply « traditional. »
Equally traditional drunken carousing, however, needed to be quashed. Christmas in Germany is set against the background of a society experiencing breakneck industrialization and social convulsions. An entire old order was passing away. The new country was understood as Protestant, bourgeois, and somewhat Prussian, and Christmas was an opportunity to imagine Catholics and stubbornly particular regions into the national fabric.

A new cultural space had been created, one which built upon a past that had never really existed (« Germanness ») while simultaneously banishing that past in the name of community-building. Christmas was the collision of these antagonistic and emotionally fraught aspirations. Christmas could, accordingly, never satisfy. It could only leave celebrants wishing for something more.

In his novel Descent into Hell, Charles Williams tells of a jealous English academic reading about a knighthood awarded to his bitter rival. A knighthood for a historian? « Till that moment he had never thought of such a thing. The possibility had been created and withdrawn simultaneously, leaving the present fact to mock him. »

This tension characterized the German churches’ response to the emergence of Christmas as a national holiday. There had never before existed a national space in Germany. It took form during the Franco-Prussian War of 1870 and matured matured during World War I, when German regional and confessional diversities were seen as dangerous and un-patriotic. German churches found themselves defending cultural space simultaneous to its creation. It could never have been a fair fight, because it was conducted on grounds contradictory to the message of the manger.

Instead, Christmas became a knot of contradictions: a celebration of muscular militarism and feminine domesticity; coarse commercialism alongside mythologies of bygone days; the birth of Christ and anti-Semitism and xenophobia in general. These tensions, Perry argues, are the single-most enduring German Christmas tradition, having outlasted Bismarck, Hitler, and Communism. The postwar recovery years; the youth rebellions of the Sixties; the collapse of the GDR—all were accompanied by Christmas battles over the place of religion, the place of consumerism, and the place of women.

The Nazi Christmas is particularly galling, yet Perry manages to understate for great effect. 1934’s Christmas market, celebrated outside the Berlin Cathedral, combined speeches by Goebbels and others; « the crowd joined in with collective renditions of ‘Silent Night,’ … the German national anthem, and countless ‘Sieg Heils.’  » It made perfect sense at the time.

As Perry subtly points out, the Nazi Christmas « complicates assumptions that all National Socialists were avowed anti-Christians. » In fact, even Nazi attempts at resurrecting ancient German paganism made room for the (blond) Christ-child. This was a careful exercise in grafting invented racist traditions into consumerist traditions of recent provenance.
To this day, Perry concludes, German pollsters « continue to express surprise at the secularization of the holiday. » An ever-shrinking fraction of Germans think of Christmas primarily in religious terms; more than anything else, Christmas for 21st-century Germans is « a celebration of family. » Roughly half of the German population attended church on a recent Christmas day—more than the proportion believing in God. Non-believers celebrating the birth of Christ? It is hardly as strange as it sounds: « Germans may no longer believe, » Perry says, « but Christmas is the time when they act as if they do by demonstrating an enduring attachment to religious tradition. »

Paul Grant is pursuing a PhD in history at the University of Wisconsin.

Voir encore:

Pourquoi les djihadistes font la guerre à Noël (et à d’autres fêtes)
Daniel Pipes
Wall Street Journal
5 janvier 2025
Version originale anglaise: Why Jihadists Wage War on Christmas (and Other Holidays)
Adaptation française: Gilles de Belmont

Rares sont les occasions qui favorisent autant le sentiment partagé d’humanité que les bons vœux présentés par les adeptes d’une religion aux membres d’une autre religion lors de leurs fêtes. Pourtant, certains rejettent cette cordialité par principe. Les islamistes – des musulmans déterminés à revenir à un code de lois médiéval – méprisent toute fête non approuvée par l’islam. Cette attitude archaïque et sectaire fournit le contexte du massacre du Nouvel An à la Nouvelle-Orléans qui a fait 14 morts et des dizaines de blessés.

Les théologiens musulmans du Moyen Âge en ont exposé l’approche générale. Ibn Taymiya (1263-1328) affirmait que le fait de se joindre à des non-musulmans pour célébrer leurs fêtes équivalait à « accepter l’infidélité ». Son étudiant Ibn al-Qayyim (1292-1350) précisait que féliciter des non-musulmans à l’occasion de leurs fêtes « est un péché plus grave que de les féliciter d’avoir bu du vin, d’avoir eu des relations sexuelles illégales, etc. »

De toutes les fêtes religieuses, Noël est la fête la plus détestée par les autorités islamiques car les chrétiens croient que Dieu s’est fait homme. Comme l’a observé l’historien Raymond Ibrahim, ces théologiens, qui croient que le polythéisme est le péché suprême selon l’islam, considèrent Noël comme « le plus grand crime jamais commis par l’humanité ».

Les autorités modernes font écho à ces interprétations médiévales. Yousuf al-Qaradhawi, un chef spirituel des Frères musulmans, a déclaré que célébrer Noël équivalait à « abandonner l’identité musulmane » de la nation islamique. Le professeur saoudien Fawzan al-Fawzan a qualifié le tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien de « punition d’Allah ». Il a déclaré : « Cela s’est produit à Noël, lorsque des fornicateurs et des personnes corrompues du monde entier viennent commettre la fornication et la perversion sexuelle. »

En 2019, un ancien responsable de Qatar Charity, qui se décrit comme « l’une des plus grandes organisations humanitaires et de développement au monde », a informé les musulmans que Noël et le Nouvel An « contrevenaient tous deux à la charia d’Allah ». Il a ajouté qu’« il ne faut ni y participer ni coopérer avec les personnes qui les célèbrent », car « participer à leurs célébrations équivaut à prendre part à un crime et à une agression contre notre religion ».

Les dirigeants islamistes en Occident régurgitent ces déclarations. L’imam français Younes Laaboudi Laghzawi juge qu’il est « interdit de célébrer Noël ou le Nouvel An. » L’imam canadien Younus Kathrada soutient qu’une personne qui demande des intérêts, qui ment, qui se livre à l’adultère ou à des meurtres n’a « rien fait de comparable au péché consistant à féliciter et saluer les non-musulmans lors de leurs fausses fêtes ».

Dans l’ensemble, ces dirigeants ont légitimé la violence islamiste contre les non-musulmans pendant leurs fêtes. La violence peut être symbolique. En 2016, un groupe d’islamistes en Turquie a mis un pistolet sur la tempe d’un homme déguisé en Père Noël, expliquant qu’ils voulaient encourager « les gens à revenir à leurs racines ». Néanmoins, la violence peut également être réelle comme on a pu le voir ces 11 dernières années :

  • Le 22 décembre 2014, un attentat sur le marché de Noël de Nantes, en France, a fait un mort et 9 blessés.
  • Le 2 décembre 2015, un attentat lors d’une fête de Noël à San Bernardino, en Californie, a tué 14 personnes et en a blessé 22 autres.
  • Le 14 juillet 2016, jour commémorant la Prise de la Bastille, un attentat perpétré à Nice, en France, a fait 86 morts et 434 blessés.
  • Le 19 décembre 2016, un attentat sur le marché de Noël de Berlin a fait 12 morts et 48 blessés.
  • Le Jour de l’An 2017, un attentat à Istanbul a tué 39 personnes et en a blessé 69 autres.
  • le 31 octobre 2017, jour d’Halloween, un attentat à New York a tué 8 personnes et en a blessé 13 autres.
  • Le 11 décembre 2018, un attentat sur un marché de Noël à Strasbourg, en France, a fait cinq morts et 11 blessés.
  • Le 20 décembre 2024, un attentat sur le marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, a tué cinq personnes et en a blessé plus de 200 autres.
  • Le 25 décembre 2024, un attentat commis à Lahore, au Pakistan, lors d’une célébration de Noël, a fait trois blessés, soit une semaine avant les violences plus graves encore à la Nouvelle-Orléans.

Il y a au moins trois observations à faire sur cette histoire sordide.

Tout d’abord, d’après ce que j’ai compris, chaque auteur de cette violence liée à des fêtes a présenté un syndrome du djihad soudain – c’est-à-dire qu’il s’agissait de musulmans d’apparence normale qui sont brusquement devenus violents. Cela rend la prévention de telles attaques presque impossible par le travail de la police. Seules l’exclusion et le rapatriement systématiques des immigrants islamistes, y compris des imams, peuvent constituer un début de lutte contre cette menace.

Deuxièmement, étant donné l’origine étrangère de la plupart des auteurs, les gouvernements occidentaux sont coupables non seulement de ne pas avoir réussi à arrêter l’immigration illégale, mais aussi d’avoir ouvert de manière irresponsable les vannes à l’immigration islamiste légale.

Enfin, les Occidentaux ont tendance à s’inquiéter de l’islamisme au lendemain d’un acte de violence djihadiste, pour l’ignorer ensuite jusqu’au prochain accès de violence. Ne pouvons-nous pas garder à l’esprit cette menace civilisationnelle même lorsque les couteaux, les fusils et les bombes ne sont pas utilisés ? Cette attitude est essentielle pour pouvoir prendre des mesures cohérentes et efficaces contre l’idéologie totalitaire qui, actuellement, est la plus dynamique.

Daniel Pipes (DanielPipes.org, @DanielPipes) est le président du Middle East Forum et l’auteur de Israel Victory: How Zionists Win Acceptance and Palestinians Get Liberated (Wicked Son) © 2025 par Daniel Pipes. Tous droits réservés.

Addendum, 9 janvier 2025. Raymond Ibrahim, que je cite dans l’article ci-dessus, développe le même sujet en citant de nombreux exemples égyptiens.

Voir enfin:

Anti-Christian extremists can’t stop brutalizing European Christmas markets

Derek VanBuskirk
December 10, 2025

Christmas markets across Europe are being hit by waves of vandalism targeting nativity displays in the weeks before the holiday, with incidents ranging from theft and property damage to animal cruelty.

A living nativity in Erbach, Germany, was vandalized on Nov. 30, with perpetrators beating two donkeys named “Max” and “Lilly,” stealing food, damaging Christmas decorations and electrical boxes, vandalizing public restrooms and church property, and defecating inside the church, according to Hit Radio FFH.

A local resident who witnessed the donkeys being beaten chased the perpetrators away, the outlet reported. The church was temporarily closed and the animals relocated. The same perpetrators are suspected of vandalizing the town’s Christmas market earlier that day and a local Protestant church earlier in the week, Merkur.de reported.

In Brussels, the head of the baby Jesus figure — a cloth ball — was stolen from a nativity scene at the city’s Christmas market, the mayor’s spokesperson told The Brussels Times on Saturday.

The nativity scene, which featured faceless patchwork figures, had drawn contention before the theft, the Times separately reported.

“Christmas market in Brussels turns into an Islamic hell,” said Geert Wilders, leader of the Netherlands’ Party for Freedom. “Elsewhere in Europe, Christmas markets are being extra guarded. The result of decades of open borders. We must stop the Islamization of the West. Freedom instead of terror. Islam does not belong to us.”

“My lord, if I catch them, there’ll be trouble,” Mayor Roberto Dipiazza told the outlet. “They’re stealing just to cause a nuisance and ruin Christmas.”

After learning of the vandalism, Dipiazza rushed to the scene and enlisted help from a nearby bar patron to move the statue for repairs. It remained absent during the Feast of the Immaculate Conception, according to the outlet.

“Every year it’s the same story: we have two cameras, but these scoundrels always wear scarves around their faces so they don’t get recognized,” the mayor said.

Camera footage reviewed by police showed two apparently intoxicated men climbing a fence and mocking the nativity scene with selfies, irreverent poses and laughter, Il Dolomiti reported. The video shows one man, partially masked, knocking over the shepherd statue and causing its head to break. The two men reportedly left the head balanced on another statue’s staff.

Open the Youtube video

The nativity scene at Amiens, France’s Christmas market was vandalized during the night of Nov. 25-26, with plexiglass broken and several figures, including baby Jesus, destroyed, according to ICI Picardie.

“It’s a real blow, because the nativity scene has existed for about thirty years and nothing has ever happened,” the president of the neighborhood committee told ICI. “Nothing was stolen, it was only damaged. There are some characters that we have to restore a little bit, and then the head of the baby Jesus that we’ll have to glue back on.”

The nativity will be reinstated after the plexiglass is repaired, the president said.

CCTV footage reviewed by the Public Prosecutor’s Office showed the vandalism was committed by a lone individual, the city’s website said.

“Damage, thefts, and attempted thefts are unfortunately frequent at the Christmas market and affect all the installations,” the website states. “This situation has led the Federation of Merchants and the city to hire security companies, while the municipal police are increasing their vigilance.”

The vandalism reflects a broader pattern across Europe, where Christmas markets are shutting down or increasing security amid concern about costly vandalism and a near-yearly trend of terror attacks.

“We continually assess prisoners’ wellbeing and will always take the appropriate action, including taking prisoners to hospital if they are assessed as needing treatment by a medical professional.

 

 


Cinéma: Non plus comme un étranger, mais comme un fils revenu (What latest betrayal of Camus’ legacy with this umpteenth celebration of a best-selling novel that before his untimely death he himself had thoroughly recanted with his mock-confessional « Fall » masterpiece as well as his unfinished, posthumous, prodigal-like « First man » novel ?)

7 novembre, 2025

Black and white close-up portrait of actor Benoit Magimel with tousled hair and intense gaze wearing a light shirt. Red title text LEtranger below. Subtitles list director Liane and actors including Benoit Magimel and Francois Leterrier. Bottom credits Albert Camus based on his novel with production details.ImageImageImageImageImageImageImageImage

 

On vivait avec ou contre sa pensée, telle que nous la révélaient ses livres – « la Chute », surtout, le plus beau peut-être et le moins compris – mais toujours à travers elle. C’était une aventure singulière de notre culture, un mouvement dont on essayait de deviner les phases et le terme final.  (…) L’accident qui a tué Camus, je l’appelle scandale parce qu’il fait paraître au coeur du monde humain l’absurdité de nos exigences les plus profondes. Camus, à 20 ans, brusquement frappé d’un mal qui bouleversait sa vie, a découvert l’absurde, imbécile négation de l’homme. Il s’y est fait, il a pensé son insupportable condition, il s’est tiré d’affaire. Et l’on croirait pourtant que ses premières oeuvres seules disent la vérité de sa vie, puisque ce malade guéri est écrasé par une mort imprévisible et venue d’ailleurs. L’absurde, ce serait cette question que nul ne lui pose plus, qu’il ne pose plus à personne, ce silence qui n’est même plus un silence, qui n’est absolument plus rien. Sartre
En ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé: restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi le terrorisme qui s’exerce aveuglément dans les rues d’Alger. En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. Camus (Stockholm, 1957)
Ce livre de Fanon: un livre terrible, terriblement révélateur, terriblement annonciateur des justiciers barbares. Les disciples de ces thèses seront des assassins tranquilles, des bourreaux justifiés, des terroristes sans autre cause que celle de s’affirmer par la mort des autres. S’il faut la mort du Blanc pour que le Noir vive, alors on retourne au sacrifice du bouc émissaire. (…) Et voici que Camus nous manque déjà. Il ne se doutait pas de ce qui lui survivrait. Jean Daniel
Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’oeil de ton frère. Jésus (Matthieu 7: 1-5)
O (…) toi qui juges, tu es (…) inexcusable; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque (…) tu fais les mêmes choses. Paul (Lettre aux Romains 2: 1)
In a soldier’s stance, I aimed my hand at the mongrel dogs who teach fearing not I’d become my enemy in the instant that I preach. Ah, but I was so much older then I’m younger than that now.  Bod Dylan (1964)
Please allow me to introduce myself I’m a man of wealth and taste (…) Pleased to meet you. Hope you guess my name, but what’s puzzlin’ you is the nature of my game. Mick Jagger (Sympathy for the devil, 1968)
I can turn and walk away, or I can fire the gun Staring at the sky, staring at the sun Whichever I choose, it amounts to the same Absolutely nothing I’m alive I’m dead I’m the stranger killing an Arab. The Cure
It was about alienation and existentialism – things more relevant to us then. Obviously events of the last two decades have changed the perception of the song’s meaning. Totally erroneously I might add, as it has nothing to do with racism or killing at all. One of the themes of the song is that everyone’s existence is pretty much the same. Everyone lives, everyone dies, our existences are the same. It’s as far from a racist song as you can write. It seems though that no one can get past the title and that’s incredibly frustrating. The fact is it’s based on a book that’s set in France and deals with the problems of the Algerians, so it was only geographical reasons why it was an Arab and not anyone else. Lol Tolhurst
The song ‘Killing An Arab’ has absolutely no racist overtones whatsoever. It is a song which decries the existence of all prejudice and consequent violence. The Cure condemn its use in furthering anti-Arab feeling. The Cure
I wrote it when I was still in school and I had no idea that anyone would ever listen to it other than my immediate school friends. Robert Smith (2001)
Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. Lautréamont (1869)
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! (…) Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! Arthur Rimbaud (1871)
Un crime immotivé, continuait Lafcadio: quel embarras pour la police!
André Gide (Les Caves du Vatican, 1912)
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton (1930)
Le contexte historique de l’oeuvre peut sans doute expliquer ce revirement de Camus. Le court voyage qu’il effectue en Hollande avant de se plonger dans la rédaction de son ouvrage lui fournira son cadre au récit. La grave dépression qui a conduit son épouse Francine au bord du suicide va infléchir son inspiration. Lui qui connaît depuis quelques années une renommée publique et mondaine et qui multiplie les conquêtes féminines, doute parfois de lui quand il se regarde dans un miroir. (…) Ainsi la figure de Jean-Baptiste Clamence devra-t-elle faire face à la fois aux ennemis de Camus et à Camus lui-même. Au moins est-on sûr que cet antihéros ne confesse ses fautes que pour mieux se persuader qu’elles sont celles de l’humanité entière. Ces aveux de Camus, par la voix de Jean-Baptiste Clamence, semble donc faire écho à la vie personnelle de l’auteur. L’auteur reconnu se retourne sur sa vie. Il entend les polémiques qui enflent dans les cafés parisiens. Il ne connait que trop bien l’envers de sa personnalité. Un critique proche de Sartre et du PCF à l’époque, Francis Jeanson, avait dit de Camus qu’il restait « essentiellement statique », et Sartre d’arguer lui-même au sujet de Camus « Vous êtes un bourgeois ! ». Sartre juge Camus trop réactionnaire. De là à dire qu’il est un parvenu, il n’y a qu’un pas. Pour autant, entendre Sartre traiter Camus de bourgeois, cela pourrait prêter à rire, il est vrai. (…) Pour autant, Camus, né prolétaire, culpabiliserait-il d’avoir abandonné la classe sociale à laquelle il appartenait ? D’avoir ressenti du mépris pour celle-ci ? Pour répondre à ces accusations, il se fait donc juge-pénitent. Il accepte le rejet de Saint Germain des Près, dont il moque le mensonge fait au peuple, l’engagement social d’une rive gauche bourgeoise, Sartre, Beauvoir et Vian en tête. Camus tourne le dos au Communisme, aux partis, sans doute lui reprochera-t-on aussi sa lucidité sur l’échec des grandes idéologies collectives révolutionnaires. Point contemporain
Grand avait même assisté à une scène curieuse chez la marchande de tabacs. Au milieu d’une conversation animée, celle-ci avait parlé d’une arrestation récente qui avait fait du bruit à Alger. Il s’agissait d’un jeune employé de commerce qui avait tué un Arabe sur une plage. – Si l’on mettait toute cette racaille en prison, avait dit la marchande, les honnêtes gens pourraient respirer. Albert Camus (La Peste, 1947)
Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. Camus  (L’Etranger, 1942)
Mon deuxième voisin de palier (…) [dont] on dit qu’il vit des femmes (…) m’a dit qu’il avait eu une bagarre avec un type qui lui cherchait des histoires. (…) qui (…) était le frère de cette femme (…) qu’il (…) avait entretenue (…) [et] battue jusqu’au sang (…) une Mauresque. (…) Raymond est allé tout droit vers son type (…) l’autre a fait mine de lui donner un coup de tête. Raymond a frappé  (…) Je lui ai crié :« Attention, il a un couteau ! » Mais déjà Raymond avait le bras ouvert et la bouche tailladée (…) Il reposait sur le dos (…) sans se soulever, l’Arabe a tiré son couteau (..) La gâchette a cédé  (…) Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte (…) Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. Camus (L’Etranger)
Pourque tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine. Meursault (L’Étranger)
Mais permettez-moi de me présenter : Jean-Baptiste Clamence, pour vous servir. Heureux de vous connaître. (…) Dans la solitude, la fatigue aidant, que voulez-vous, on se prend volontiers pour un prophète. Après tout, c’est bien là ce que je suis, réfugié dans un désert de pierres, de brumes et d’eaux pourries, prophète vide pour temps médiocres (…) on me décapiterait, par exemple et je n’aurais plus peur de mourir, je serais sauvé. Au dessus du peuple assemblé, vous élèveriez alors ma tête encore fraîche, pour qu’ils s’y reconnaissent et qu’à nouveau je les domine, exemplaire. Tout serait consommé, j’aurais achevé, ni vu ni connu, ma carrière de faux prophète qui crie dans le désert et refuse d’en sortir. (…) Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs. Une phrase leur suffira pour l’homme moderne : il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition, le sujet sera, si j’ose dire, épuisé. (…) Moi, moi, moi, voilà le refrain de ma chère vie, et qui s’entendait dans tout ce que je disais. Je ne me reconnaissais que des supériorités, ce qui expliquait ma bienveillance et ma sérénité. Quand je m’occupais d’autrui, c’était pure condescendance, en toute liberté, et le mérite entier m’en revenait : je montais d’un degré dans l’amour que je me portais. (…) Voulez-vous d’une vie propre ? Comme tout le monde ? Vous dites oui, naturellement. Comment dire non ? D’accord. On va vous nettoyer. Voilà un métier, une famille, des loisirs organisés. Et les petites dents s’attaquent à la chair, jusqu’aux os. Mais je suis injuste. Ce n’est pas leur organisation qu’il faut dire. Elle est la nôtre, après tout : c’est à qui nettoiera l’autre. (…) Si vous voulez le savoir, j’étais avocat avant de venir ici. Maintenant, je suis juge-pénitent. Mais permettez-moi de me présenter : Jean-Baptiste Clamence, pour vous servir. Heureux de vous connaître. (…) Quel lessivage ! Soixante-quinze mille juifs déportés ou assassinés, c’est le nettoyage par le vide. J’admire cette application, cette méthodique patience ! Quand on n’a pas de caractère, il faut bien se donner une méthode. Ici, elle a fait merveille, sans contredit, et j’habite sur les lieux d’un des plus grands crimes de l’histoire. (…) Il y a des gens dont le problème est de s’abriter des hommes, ou du moins de s’arranger d’eux. Pour moi, l’arrangement était fait. Familier quand il le fallait, silencieux si nécessaire, capable de désinvolture autant que de gravité, j’étais de plein pied. Aussi ma popularité était-elle grande et je ne comptais plus mes succès dans le monde. Je n’étais pas mal fait de ma personne, je me montrais à la fois danseur infatigable et discret érudit, j’arrivais à aimer en même temps, ce qui n’est guère facile, les femmes et la justice, je pratiquais les sports et les beaux-arts, bref, je m’arrête, pour que vous ne me soupçonniez pas de complaisance. Mais imaginez, je vous prie, un homme dans la force de l’âge, de parfaite santé, généreusement doué, habile dans les exercices du corps comme dans ceux de l’intelligence, ni pauvre ni riche, dormant bien, et profondément content de lui-même sans le montrer autrement que par une sociabilité heureuse. Vous admettrez alors que je puisse parler, en toute modestie, d’une vie réussie. Oui, peu d’êtres ont été plus naturels que moi. Mon accord avec la vie était total, j’adhérais à ce qu’elle était, du haut en bas, sans rien refuser de ses ironies, de sa grandeur, ni de ses servitudes. Non, à force d’être comblé, je me sentais, j’hésite à l’avouer, désigné. Camus (La Chute)
L’acte d’amour, par exemple, est un aveu. L’égoïsme y crie, ostensiblement, la vanité s’y étale (…) Aussitôt aimé, et ma partenaire à nouveau oubliée, je reluisais, j’étais au mieux, je devenais sympathique (…) Oui, je mourais d’envie d’être immortel. Parce que je désirais la vie éternelle, je couchais donc avec des putains et je buvais pendant des nuits. Le matin, bien sûr, j’avais dans la bouche le goût amer de la condition mortelle. Mais, pendant de longues heures, j’avais plané, bienheureux. J’attendais l’aube, j’échouais enfin dans le lit toujours défait de ma princesse qui se livrait mécaniquement au plaisir, puis dormait sans transition. Le jour venait doucement éclairer ce désastre et je m’élevais, immobile, dans un matin de gloire. Camus (La Chute)
Voilà ce qu’aucun homme (sinon ceux qui ne vivent pas, je veux dire les sages) ne peut supporter. La seule parade est dans la méchanceté. Les gens se dépêchent alors de juger pour ne pas l’être eux-mêmes. Que voulez-vous ? Camus (La Chute)
On ne vous pardonne votre bonheur et vos succès que si vous consentez généreusement à les partager. Mais pour être heureux, il ne faut pas trop s’occuper des autres. Dès lors, les issues sont fermées. Heureux et jugé, ou absous et misérable. Quant à moi, l’injustice était plus grande : j’étais condamné pour des bonheurs anciens. J’avais vécu longtemps dans l’illusion d’un accord général, alors que, de toutes parts, les jugements, les flèches et les railleries fondaient sur moi, distrait et souriant. Du jour où je fus alerté, la lucidité me vint. Je reçus toutes les blessures en même temps et je perdis mes forces d’un seul coup. L’univers entier se mit alors à rire autour de moi. Camus (La Chute)
Je ne me trouvais pas sur la scène du tribunal mais quelque part, dans les cintres, comme ces dieux que, de temps en temps, on descend au moyen d’une machine, pour transfigurer l’action et lui donner un sens. (…) Quelques-uns de mes bons criminels avaient d’ailleurs, en tuant, obéi au même sentiment. La lecture des journaux, dans la triste situation où ils se trouvaient, leur apportait sans doute une sorte de compensation malheureuse. Comme beaucoup d’hommes, ils n’en pouvaient plus de l’anonymat et cette impatience avait pu, en partie, les mener à de fâcheuses extrémités. Pour être connu, il suffit en somme de tuer sa concierge. Camus (La Chute)
Nous sommes tous des cas exceptionnels. Nous voulons tous faire appel de quelque chose ! Chacun exige d’être innocent, à tout prix, même si, pour cela, il faut accuser le genre humain et le ciel ‘(…) je prenais leur défense, à la seule condition qu’ils fussent de bons meurtriers, comme d’autres sont de bons sauvages (…) Je ne me trouvais pas sur la scène du tribunal mais quelque part, dans les cintres, comme ces dieux que, de temps en temps, on descend au moyen d’une machine, pour transfigurer l’action et lui donner un sens. (…) Quelques-uns de mes bons criminels avaient d’ailleurs, en tuant, obéi au même sentiment. La lecture des journaux, dans la triste situation où ils se trouvaient, leur apportait sans doute une sorte de compensation malheureuse. Comme beaucoup d’hommes, ils n’en pouvaient plus de l’anonymat et cette impatience avait pu, en partie, les mener à de fâcheuses extrémités. Pour être connu, il suffit en somme de tuer sa concierge. (…) les juges punissaient, les accusés expiaient et moi, libre de tout devoir, soustrait au jugement comme à la sanction, je régnais, librement, dans une lumière édénique. (…) voilà le coup de génie. J’ai découvert qu’en attendant la venue des maîtres et de leurs verges, nous devions, comme Copernic, inverser le raisonnement pour triompher. Puisqu’on ne pouvait condamner les autres sans aussitôt se juger, il fallait s’accabler soi-même pour avoir le droit de juger les autres. Puisque tout juge finit un jour en pénitent, il fallait prendre la route en sens inverse et faire métier de pénitent pour pouvoir finir en juge. (…) Alors, insensiblement, je passe, dans mon discours, du « je » au « nous ». Quand j’arrive au « voilà ce que nous sommes », le tour est joué, je peux leur dire leurs vérités. Je suis comme eux, bien sûr, nous sommes dans le même bouillon. J’ai cependant une supériorité, celle de le savoir, qui me donne le droit de parler. Vous voyez l’avantage, j’en suis sûr. Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. (…) Je règne enfin, mais pour toujours. J’ai encore trouvé un sommet, où je suis seul à grimper et d’où je peux juger tout le monde. (…) on me décapiterait, par exemple, et je n’aurais plus peur de mourir, je serais sauvé. Au-dessus du peuple assemblé, vous élèveriez alors ma tête encore fraîche, pour qu’ils s’y reconnaissent et qu’à nouveau je les domine, exemplaire. Tout serait consommé, j’aurais achevé, ni vu ni connu, ma carrière de faux prophète qui crie dans le désert et refuse d’en sortir. Camus (La Chute)
Alors, insensiblement, je passe, dans mon discours, du « je » au « nous ». Quand j’arrive au « voilà ce que nous sommes », le tour est joué, je peux leur dire leurs vérités. Je suis comme eux, bien sûr, nous sommes dans le même bouillon. J’ai cependant une supériorité, celle de le savoir, qui me donne le droit de parler. Vous voyez l’avantage, j’en suis sûr. Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. (…) Je règne enfin, mais pour toujours. J’ai encore trouvé un sommet, où je suis seul à grimper et d’où je peux juger tout le monde. (…) maintenant (…) je vais savoir si l’un des buts de ma passionnante confession est atteint. (…) J’espère toujours, en effet, que mon interlocuteur sera policier et qu’il m’arrêtera (…) on me décapiterait, par exemple, et je n’aurais plus peur de mourir, je serais sauvé. Au-dessus du peuple assemblé, vous élèveriez alors ma tête encore fraîche, pour qu’ils s’y reconnaissent et qu’à nouveau je les domine, exemplaire. Tout serait consommé, j’aurais achevé, ni vu ni connu, ma carrière de faux prophète qui crie dans le désert et refuse d’en sortir. Camus (La Chute)
Je compris aussi qu’il continuerait de m’attendre sur les mers et les fleuves, partout enfin où se trouverait l’eau amère de mon baptême. (…) Croyez-moi, les religions se trompent dès l’instant qu’elles font de la morale et qu’elles fulminent des commandements. Dieu n’est pas nécessaire pour créer la culpabilité, ni punir. Nos semblables y suffisent, aidés par nous-mêmes. Vous parliez du jugement dernier. Permettez-moi d’en rire respectueusement. Je l’attends de pied ferme : j’ai connu ce qu’il y a de pire, qui est le jugement des hommes. Pour eux, pas de circonstances atténuantes, même la bonne intention est imputée à crime. (…) Je vais vous dire un grand secret, mon cher. N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours. Camus (La Chute)
J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir.  (…) Meursault, pour moi, n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde parce que tenace, l’anime : la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi et sur le monde ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant, dans L’Étranger, l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer, dans mon personnage, le seul Christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. Camus (préface américaine à L’Etranger, 1955)
Camus prétend que la révolte doit se limiter à une négation sans construction, une révolte stérile qui refuse le sang mais aussi l’avenir. Cette position est celle d’un moraliste bourgeois, paralysé par la peur de l’histoire. La révolution, comme je l’ai défendue, exige le sacrifice, car sans violence, il n’y a pas de libération. Camus, dans L’Homme révolté, tourne le dos à cette nécessité historique, préférant une justice abstraite à l’action concrète. Sartre (« Réponse à Albert Camus », Les Temps Modernes, Septembre 1952)
Il se pose en juge des révolutions, mais il ignore les conditions matérielles qui les engendrent. Sa révolte est un luxe d’intellectuel, un refus de salir les mains, alors que nous, nous savons que la liberté naît dans la boue et le sang. Camus veut une pureté qui n’existe pas hors des livres. Sartre (« Réponse à Albert Camus », Les Temps Modernes, Septembre 1952)
Il se peut que vous ayez été pauvre mais vous ne l’êtes plus ; vous êtes un bourgeois, comme Jeanson et comme moi. (…) Vous avez fait votre Thermidor. Où est Meursault, Camus? Où est Sisyphe? Où sont ces trotskystes de cour, qui prêchaient la Révolution permanente ? Sartre  (Combat, 18 septembre 1952)
Je ne le crois pas. Dès qu’il se manifeste, l’humain devient partie de l’humain. Toute vie arrêtée même celle d’un homme si jeune –, c’est à la fois un disque qu’on casse et une vie complète. Pour tous ceux qui l’ont aimé, il y a dans cette mort une absurdité insupportable. Mais il faudra apprendre à voir cette œuvre mutilée comme une œuvre totale. Sartre
Le besoin d’échapper à la solitude était plus fort que la pression destructrice de l’orgueil introverti. Mais il fallait satisfaire ce besoin d’une façon détournée. Camus ne pouvait pas se contredire trop ouvertement. Le style de son roman révèle comment il a réussi à se tromper lui-même. L’auteur évite systématiquement les effets rhétoriques. Il n’utilise aucun des procédés qui permettent de mettre en valeur une trouvaille. On a l’impression qu’il ne nous regarde pas et desserre à peine les dents. Le fameux refus du passé simple et du présent, les deux temps de la narration traditionnelle, au profit du passé composé, qui appartient au langage parlé, équivaut à un abandon de toutes les techniques conventionnelles du récit. L’auteur refuse d’être un raconteur qui travaille pour un public. Son « écriture blanche » produit un effet de grisaille monotone qui a suscité d’innombrables imitateurs. À moins de se taire vraiment, pour obéir à l’injonction des esthétiques solipsistes qui sont toujours en fin de compte des esthétiques du silence, on doit se rabattre sur un pis-aller de silence, sur un compromis plus ou moins heureux et L’Étranger propose l’une des formules qui ont connu le plus de succès. Ce style ressemble étonnamment à celui des actions qui conduisent Meursault au meurtre. On a l’impression que quelqu’un, un beau jour, a tendu un stylo et du papier à Camus et Camus, machinalement, s’est mis à écrire. À Meursault, c’est un revolver qu’on a tendu et, machinalement lui aussi, il s’est mis à tirer. Le livre, de même que le meurtre, semble le résultat de circonstances fortuites, bien qu’il n’ait rien d’accidentel. On peut supposer qu’il s’est écrit lui- même, l’auteur se trouvant dans un état second un peu semblable à celui de Meursault quand il s’avance vers le meurtre. Des deux côtés, c’est la même apparence de nonchalance et d’indifférence qui fait qu’on a bien un crime mais pas de criminel, et qu’on a un livre mais qu’on n’a pas d’écrivain. Camus et son héros ont fait le serment de ne plus avoir avec autrui que des contacts superficiels. En apparence, tous deux respectent leur serment. Meursault refuse d’aller à Paris ; Camus critique les écrivains et les penseurs qui ont la naïveté de croire qu’il est possible de communiquer. Mais Meursault ne va pas jusqu’à éviter de tuer l’Arabe, et Camus ne va pas jusqu’à s’interdire d’écrire L’Étranger. Un meurtre et un livre dépassent le cadre des rapports superficiels, mais en ce qui concerne le meurtre, le caractère destructeur de l’acte ainsi que le détachement avec lequel il est exécuté, permettent de nier qu’il y ait vraiment contact. De même, le caractère antisocial du roman, ainsi que la matière furtive dont il est écrit, permettent de nier que le solipsiste essaie vraiment de communiquer avec autrui. Camus trahit le solipsisme en écrivant L’Étranger tout comme Meursault le trahit quand il tue l’Arabe. Le roman porte dans tous ses aspects la marque d’un acte créateur unique qui est à ce qu’il engendre – le livre –, ce que la conduite de Meursault est à son meurtre. Le « meurtre innocent » est en vérité le symbole et le noyau central de cet acte créateur.Clamence en a conscience quand il affirme que lui-même, en tant qu’avocat, obéissait aux mêmes mobiles secrets que ses clients. Lui aussi voulait un peu de publicité, mais il ne voulait pas payer aussi cher que les vrais criminels, la satisfaction de ce désir impur. Ayant partagé les crimes, il aurait dû partager les châtiments mais on l’acclamait au contraire comme un parangon de vertu : « Le crime tient sans trêve le devant de la scène, mais le criminel n’y figure que fugitivement pour être aussitôt remplacé. Ces brefs triomphes enfin se paient trop cher. Défendre nos malheureux aspirants à la réputation revenait, au contraire, à être vraiment reconnu, dans le même temps et aux mêmes places, mais par des moyens plus économiques. Cela m’encourageait aussi à déployer de méritoires efforts pour qu’ils payassent le moins possible ; ce qu’ils payaient, ils le payaient un peu à ma place. »L’Étranger est une véritable œuvre d’art. Les caractères du style se reflètent dans l’intrigue et vice versa. Mais on ne saurait parler d’unité à propos de ce roman, car il repose sur une dualité et une ambiguïté radicales. Comment pourrait-il avoir une unité alors que l’acte créateur se retourne en fait contre lui-même ? Chaque page du roman reflète la contradiction et la dualité inhérentes au meurtre. Tout refus de communiquer est en réalité une tentative de communication. Tout geste d’indifférence ou d’hostilité est un appel déguisé. La perspective que La Chute ouvre à la critique éclaire même les éléments structuraux, auxquels les formalistes attachent le plus d’importance sans parvenir à les éclairer car ils les isolent des données concrètes de leur engendrement. Est-il possible de ramener le meurtre de l’Arabe, la structure du roman, son style et l’« inspiration » du romancier à un processus unique ? Oui, si l’on rapproche ce processus de certaines conduites enfantines. Imaginons un enfant à qui on a refusé quelque chose qu’il désirait vivement. Il se réfugie à l’écart de ses parents et aucune promesse n’arrive à le faire sortir de sa retraite. Comme Meursault et comme le jeune Camus, l’enfant réussit à se persuader que son seul désir est qu’on le laisse en paix. Si on laisse l’enfant à sa solitude, celle-ci devient très vite insupportable, mais l’orgueil l’empêche de rentrer la tête basse dans le cercle de famille. Que faire alors pour rétablir le contact avec le monde extérieur ? Il faut que l’enfant commette une action qui attirera l’attention des adultes, mais ne passera pas pour une reddition humiliante, une action répréhensible, naturellement. Une provocation ouverte serait encore trop transparente. L’action répréhensible doit être commise en cachette et de façon détournée. L’enfant doit affecter envers la sottise qu’il est sur le point de commettre, le même détachement que Meursault envers son crime ou que Camus envers la littérature. Regardez Meursault : il commence à fréquenter la pègre, négligemment, comme il fréquenterait n’importe qui. La chose est sans importance puisque, pour lui, les autres n’existent pas vraiment. Peu à peu, Meursault se trouve mêlé aux affaires louches de ses compagnons, mais il ne s’en rend guère compte. Pourquoi s’en soucier puisque toutes les actions se valent ? L’enfant agit exactement de la même façon : il prend une boîte d’allumettes, par exemple, et joue avec distraitement. Il ne pense pas à mal, bien sûr, mais soudain une allumette flambe, et les rideaux aussi s’ils se trouvent à proximité. S’agit-il d’un accident, du destin ? C’est de la «mauvaise foi », et l’enfant, comme Meursault, ne se sent pas responsable. Pour lui, les objets ne sont que des fragments de matière perdus dans un univers chaotique. L’« absurde », tel que Sisyphe l’a fait connaître au grand public, s’est déjà incarné dans cet enfant.C’est dans une optique faussée que L’Étranger a été écrit et qu’on le lit encore généralement. On refuse de reconnaître le côté secrètement provocateur du crime, et on présente les représailles de la société comme une agression injustifiée. Cela revient à renverser les rapports entre l’individu et la société. On nous présente Meursault comme un solitaire totalement indifférent à la société, tandis que la société, elle, est censée s’occuper de très près de son existence quotidienne. Ce tableau est manifestement faux : nous savons tous que l’indifférence est du côté de la société, et que les préoccupations angoissées sont le lot du malheureux héros solitaire. Le tableau conforme à la vérité, ce sont les grandes œuvres romanesques de tous les temps qui nous le donnent : Cervantès, Balzac, Dickens, Dostoïevski, et peut-être aussi le Camus de La Chute. La vérité que L’Étranger refuse de reconnaître est si éclatante qu’elle s’exprime presque ouvertement à la fin du roman dans l’explosion passionnée de ressentiment à laquelle s’abandonne Meursault. Beaucoup de lecteurs estiment avec raison que cette conclusion sonne plus juste que le reste du roman. Le ressentiment est présent dans toute l’œuvre, sans doute, mais l’orgueil lui impose silence jusqu’à la condamnation à mort qui donne à Meursault un prétexte pour crier son désespoir sans perdre la face trop visiblement. L’enfant aussi veut être puni afin de pouvoir donner libre cours à son chagrin sans en avouer la véritable cause, pas même à lui-même. Dans la dernière phrase, Meursault admet pratiquement que la seule exécution dont il soit vraiment menacé, c’est l’indifférence des autres : « Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine. »Le défaut de structure de L’Étranger prend toute sa signification quand on rapproche le roman d’un type de conduite très répandu dans le monde moderne, même parmi les adultes. Cette existence vide, cette tristesse cachée, ce monde à l’envers, ce crime secrètement provocateur, tout cela est caractéristique des crimes dits de délinquance juvénile. Analyser le meurtre, en se guidant sur La Chute, c’est reconnaître qu’il relève de ce que la psychologie américaine nomme « attention getting devices ». L’aspect social du roman se rattache aisément à la conception ultra-romantique du Moi qui domine le premier Camus. De nombreux observateurs ont signalé, dans la délinquance juvénile, la présence d’un élément de romantisme moderne et démocratisé. Au cours de ces dernières années, plusieurs romans et films qui traitent ouvertement de ce phénomène social, ont emprunté certaines particularités à L’Étranger, ouvrage qui en apparence n’a rien à voir avec ce sujet. Le héros du film A bout de souffle, par exemple, tue un policier à demi volontairement et devient ainsi un « bon criminel » à la manière de Meursault. La délinquance juvénile ne figure pas dans L’Étranger en tant que thème parce que le roman est l’équivalent littéraire de l’acte, son analogon parfait. L’Étranger n’offre assurément pas une peinture fidèle de la société qui lui sert de cadre. Faut-il en conclure, comme le font les formalistes, qu’il constitue un « monde à part », complètement détaché de cette société ? Le roman renverse les lois de notre société, mais ce renversement ne signifie pas qu’il y ait absence de relations. On a affaire à une relation complexe qui contient à la fois des éléments positifs et négatifs et qu’il est impossible de formuler mécaniquement au moyen de la vieille terminologie réaliste ou positiviste. C’est une relation négative qu’il faut nettement dégager si on veut saisir la structure esthétique elle-même. La seule façon de mettre en évidence cette structure, c’est d’évoquer à son propos le phénomène social appelé « délinquance juvénile ». L’Étranger n’est pas séparable de la réalité sociale qu’il renverse puisque ce renversement est en fait une conduite sociale parmi d’autres, conduite d’ailleurs bien connue et définie. L’autonomie de la structure peut paraître absolue aux yeux de l’écrivain dans le moment de la création, mais elle n’est que relative. L’Étranger reflète la vision du monde du jeune délinquant avec une perfection inégalée précisément parce que le livre n’a pas conscience de refléter quoi que ce soit, excepté naturellement l’innocence de son héros et l’iniquité de ses juges. Camus a écrit L’Étranger contre « les juges », ou en d’autres termes, contre les bourgeois qui étaient les seuls susceptibles de le lire. Au lieu de rejeter le livre comme l’auteur le souhaitait et en même temps le redoutait, ces lecteurs de la bourgeoisie le couvrirent de louanges. De toute évidence, les « juges » ne reconnaissaient pas leur propre portrait. Eux aussi s’élevèrent contre l’iniquité des juges et réclamèrent la clémence à grands cris. Eux aussi  s’identifièrent à l’innocente victime et saluèrent en Meursault un preux chevalier de « l’authenticité » et du «culte solaire ». Le public, en somme, se révéla composé non de « juges », comme l’auteur l’avait pensé, mais « d’avocats généreux » comme lui-même, de gens qui lui ressemblaient. Puisque tous les admirateurs des premières œuvres de Camus partagent à des degrés divers la culpabilité de l’« avocat généreux », ils ont, eux aussi, leur place dans La Chute. Ils y paraissent en effet, en la personne de l’auditeur silencieux. Cet homme n’a rien à dire car Clamence répond à ses questions et à ses objections avant même qu’elles aient été formulées dans notre esprit. À la fin du roman, cet homme révèle son identité : c’est, lui aussi, un « avocat généreux ». Ainsi, Clamence s’adresse à chacun de nous personnellement. C’est sur nous qu’il se penche, par-dessus la petite table du café ; c’est notre regard qu’il fixe. Son monologue est ponctué d’exclamations, d’interjections et d’apostrophes. Toutes les trois lignes nous trouvons un « allons», « tiens », « quoi ! », « eh bien », « ne trouvez-vous pas », « mon cher compatriote », etc. Le style de La Chute est l’antithèse parfaite de « l’écriture blanche », impersonnelle et dépourvue de rhétorique. L’attitude faussement détachée de Meursault a disparu. Nous sommes passés de «l’indignation contenue » de l’avocat généreux, très bien définie par Clamence, expert en la matière, à l’exhibition publique d’une mauvaise foi avouée et pourtant insurmontable. Le symbolisme délibérément facile et disparate de La Chute est une parodie du symbolisme «sérieux » des premières œuvres.Tout en mettant en question l’authenticité de L’Étranger et autres œuvres du même genre, Camus met la question elle-même en question. La Chute, comme L’Étranger, est dirigée contre tous les lecteurs en puissance, puisqu’elle est dirigée contre les avocats dans un monde où il ne reste plus que des avocats. La technique d’agression mentale a gagné en subtilité, mais son objectif reste le même. Pourquoi Clamence attire-t-il notre attention sur le fait que sa nouvelle attitude relève encore de la mauvaise foi ? Il sape ses propres positions afin d’empêcher les autres de le faire. Après s’être moqué de l’« avocat généreux », il se décrit lui-même ironiquement comme un « juge-pénitent ». Très habilement, il coupe l’herbe sous les pieds de lecteurs qu’il sait aptes à retirer un réconfort moral des paraboles les plus sombres ; il exécute une nouvelle pirouette dans l’espoir de garder une longueur d’avance sur tout le monde dans ce jeu d’autojustification, qui s’est transformé en une partie d’autocritique.Qu’un juge renonce à juger, et il devient un juge déguisé, c’est-à-dire un avocat. Que l’avocat renonce au déguisement et le voilà devenu juge-pénitent. Que le juge-pénitent… C’est une descente en spirale dans un enfer épouvantable, mais cette « chute » vertigineuse n’est peut-être pas aussi fatale qu’il y paraît. Le juge-pénitent est loin de prendre son rôle avec autant de sérieux que l’avocat généreux. Le besoin de se justifier hante toute la littérature moderne du « procès ». Mais il y a plusieurs niveaux de conscience. Ce qu’on appelle le « mythe » du procès peut être abordé sous des angles radicalement différents. Dans L’Étranger, la seule question est de savoir si les personnages sont innocents ou coupables. Le criminel est innocent et les juges sont coupables. Dans la littérature traditionnelle, le criminel est généralement coupable et les juges innocents. La différence n’est pas aussi importante qu’il le semble. Dans les deux cas, le Bien et le Mal sont des concepts figés, immuables : on conteste le verdict des juges, mais pas les valeurs sur lesquelles il repose. La Chute va plus loin. Clamence s’efforce de démontrer qu’il est du côté du Bien et les autres du côté du Mal, mais les échelles de valeurs auxquelles il se réfère s’effondrent une à une. Le vrai problème n’est plus de savoir « qui est innocent et qui est coupable ? » mais « pourquoi faut-il continuer à juger et à être jugés ? ». C’est là une question plus intéressante, celle-là même qui préoccupait Dostoïevski. Avec La Chute, Camus élève la littérature de procès au niveau de son génial prédécesseur. Le Camus des premières œuvres ne savait pas à quel point le jugement est un mal insidieux et difficile à éviter. Il se croyait en dehors du jugement parce qu’il condamnait ceux qui condamnent. En utilisant la terminologie de Gabriel Marcel, on pourrait dire que Camus considérait le Mal comme quelque chose d’extérieur à lui, comme un « problème » qui ne concernait que les juges, alors que Clamence sait bien qu’il est lui aussi concerné. Le Mal, c’est le « mystère » d’une passion qui en condamnant les autres se condamne elle-même sans le savoir. C’est la passion d’Œdipe, autre héros de la littérature de procès, qui profère les malédictions qui le mènent à sa propre perte. La réciprocité entre le Je et le Tu s’affirme à travers tous les efforts que je fais pour la nier. « La sentence dont vous frappez vos semblables », dit Clamence, « vous est toujours renvoyée au visage et y cause de sérieux dégâts. » L’étranger n’est pas en dehors de la société mais en dedans, bien qu’il l’ignore. C’est cette ignorance qui limite la portée de L’Étranger tant au point de vue esthétique qu’au point de vue de la pensée. L’homme qui ressent le besoin d’écrire un roman-procès n’appartient pas à la Méditerranée, mais aux brumes d’Amsterdam. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de jugement perpétuel. C’est sans doute le vestige de notre tradition judéo-chrétienne. Nous ne sommes pas de robustes païens, ni des juifs, puisque nous n’avons pas de Loi. Mais nous ne sommes pas non plus de vrais chrétiens puisque nous continuons à juger. Qui sommes-nous ? Un chrétien ne peut s’empêcher de penser que la réponse est là, à portée de la main : « Aussi es-tu sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu agis de même, toi qui juges. » Camus s’était-il aperçu que tous les thèmes de La Chute sont contenus dans les Épîtres de saint Paul ? Si oui, aurait-il tiré de cette analogie et des réponses de saint Paul, les conclusions qu’un chrétien en tirerait ? Personne ne peut répondre à ces questions. Meursault était coupable d’avoir jugé, mais il ne le sut jamais. Seul Clamence s’en renditcompte. On peut voir en ces deux héros deux aspects d’un même personnage dont le destin décrit une ligne qui n’est pas sans rappeler celle des grands personnages de Dostoïevski. Comme Raskolnikov, comme Dimitri Karamazov, Meursault-Clamence se croit d’abord victime d’une erreur judiciaire, mais se rend finalement compte que la sentence est juste, même si les juges pris individuellement, sont injustes, parce que le Moi ne peut offrir qu’une parodie grotesque de Justice. Pour découvrir la portée universelle de La Chute, il faut d’abord en saisir la signification la plus individuelle, intime même. D’ailleurs, ces deux aspects ne font qu’un : la structure del’œuvre forme un tout, et sa signification aussi. Extérieurement, cette signification paraît purement négative. Mais une phrase du Discours de Suède résume ses aspects positifs. Camus oppose ses deux attitudes successives et confirme nettement la signification personnelle qui vient d’être reconnue, ici, à la confession de Clamence : « L’art (…) oblige (…) l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. » (II, 1071-2) René Girard
Le thème du poète maudit né dans une société marchande (…) s’est durci dans un préjugé qui finit par vouloir qu’on ne puisse être un grand artiste que contre la société de son temps, quelle qu’elle soit. Légitime à l’origine quand il affirmait qu’un artiste véritable ne pouvait composer avec le monde de l’argent, le principe est devenu faux lorsqu’on en a tiré qu’un artiste ne pouvait s’affirmer qu’en étant contre toute chose en général. (…) L’art (…) oblige (…) l’artiste à ne pas s’isoler ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent, apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. Camus (discours de Suède, 1957)
En ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé: restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement de- main. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. (….) Voulez-vous au- paravant voir votre mère une dernière fois ? » J’ai dit non. (…) il m’a demandée : « C’est votre mère qui est là ? » J’ai encore dit : « Oui. » « Elle était vieille ? » J’ai répondu : « Comme ça », parce que je ne savais pas le chiffre exact. (…) Il a émis la supposition que  je devais être bien malheureux depuis que maman était morte et je n’ai rien répondu. Il m’a dit alors, très vite et avec un air gêné, qu’il savait que dans le quartier on m’avait mal jugé parce que j’avais mis ma mère à l’asile, mais il me connaissait et il savait que j’aimais beaucoup maman. J’ai répondu, je ne sais pas encore pourquoi, que j’ignorais jusqu’ici qu’on me jugeât mal à cet égard, mais que l’asile m’avait paru une chose naturelle puisque je n’avais pas assez d’argent pour faire garder maman. « D’ailleurs, ai-je ajouté, il y avait longtemps qu’elle n’avait rien à me dire et qu’elle s’ennuyait toute seule. (…) Les instructeurs avaient appris que « j’avais fait preuve d’insensibilité » le jour de l’enterrement de maman. « Vous comprenez, m’a dit mon avocat, cela me gêne un peu de vous demander cela. Mais c’est très im- portant. Et ce sera un gros argument pour l’accusation, si je ne trouve rien à répondre. » Il voulait que je l’aide. il m’a demandé si j’avais eu de la peine ce jour-là. Cette question m’a beaucoup étonné et il me semblait que j’aurais été très gêne si j’avais eu à la poser. J’ai répondu cependant que j’avais un peu perdu l’habitude de m’interroger et qu’il m’était difficile de le renseigner. Sans doute, j’aimais bien maman, mais cela ne voulait rien dire. Tous les êtres sains avaient plus ou moins souhaité la mort de ceux qu’ils aimaient. (…) Le procureur s’est alors levé, très grave et d’une voix que j’ai trouvée vraiment émue, le doigt tendu vers moi, il a articulé lentement : « Messieurs les jurés, le lendemain de la mort de sa mère, cet homme pre- nait des bains, commençait une liaison irrégulière, et allait rire devant un film comique. Je n’ai rien de plus à vous dire. » (…) « Le même homme qui au lendemain de la mort de sa mère se livrait à la débauche la plus honteuse a tué pour des raisons futiles et pour liquider une affaire de mœurs inqualifiable. » (…) Mais mon avocat, à bout de patience, s’est écrié en levant les bras, de sorte que ses manches en retombant ont découvert les plis d’une chemise amidonnée : « Enfin, est-il accusé d’avoir enterré sa mère ou d’avoir tué un homme ? » Le public a ri. (…) ‘Oui, s’est-il écrié avec force, j’accuse cet homme d’avoir enterré une mère avec un cœur de criminel. » (…) l’horreur que lui inspirait ce crime le cédait presque à celle qu’il res- sentait devant mon insensibilité. Toujours selon lui, un homme qui tuait moralement sa mère se retranchait de la société des hommes au même titre que celui qui portait une main meurtrière sur l’auteur de ses jours. Dans tous les cas, le premier préparait les actes du second, il les annonçait en quelque sorte et il les légitimait. (…) C’était comme si j’avais attendu pendant tout le temps cette minute et cette petite aube où je serais justifié. Rien, rien n’avait d’importance et je savais bien pourquoi. Lui aussi savait pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j’avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n’étaient pas encore venues et ce souffle égalisait sur son passage tout ce qu’on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais. Que m’importaient la mort des autres, l’amour d’une mère, que m’importaient son Dieu, les vies qu’on choisit, les destins qu’on élit, puisqu’un seul destin devait m’élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères. Comprenait-il, comprenait-il donc ? Tout le monde était privilégié. Il n’y avait que des privilégiés. Les au- tres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait. Qu’importait si, accusé de meurtre, il était exécuté pour n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère. Camus (L’étranger)
J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi le terrorisme qui s’exerce aveuglément dans les rues d’Alger. En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. Camus (Stockholm, 1957)
Ce livre de Fanon: un livre terrible, terriblement révélateur, terriblement annonciateur des justiciers barbares. Les disciples de ces thèses seront des assassins tranquilles, des bourreaux justifiés, des terroristes sans autre cause que celle de s’affirmer par la mort des autres. S’il faut la mort du Blanc pour que le Noir vive, alors on retourne au sacrifice du bouc émissaire. (…) Et voici que Camus nous manque déjà. Il ne se doutait pas de ce qui lui survivrait. Jean Daniel
L’Occident qui, en dix ans, a donné l’autonomie à une dizaine de colonies, mérite à cet égard plus de respect et, surtout, de patience que la Russie qui, dans le même temps, a colonisé ou placé sous un protectorat implacable une douzaine de pays de grande et ancienne civilisation. Camus (Chroniques algériennes, 1958)
Et il lui avait fallu apprendre seul, grandir seul, en force, en puissance, trouver seul sa morale et sa vérité, à naître enfin comme un homme pour ensuite naître aux autres, aux femmes, comme tous les hommes nés dans ce pays et qui, un par un, essayaient d’apprendre à vivre sans racines et sans foi et qui tous ensemble aujourd’hui où ils risquaient l’anonymat définitif et la perte des seules traces sacrées de leur passage sur cette terre, les dalles illisibles que la nuit avait maintenant recouvertes dans le cimetière, devaient apprendre à naître aux autres, à l’immense cohue des conquérants maintenant évincés qui les avaient précédés sur cette terre et dont ils devaient reconnaître la fraternité de race et de destin.Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence. Ceux que j’aime, rien ni moi-même ni surtout pas eux-mêmes ne fera jamais que je cesse de les aimer.Ce sont des choses que j’ai mis longtemps à apprendre. Maintenant je sais Jeune, je demandais aux êtres plus qu’ils ne pouvaient donner : une amitié continuelle, une émotion permanente. Je sais leur demander maintenant moins qu’ils peuvent donner : une compagnie sans phrases. Et leurs émotions, leur amitié, leurs gestes nobles gardent à mes yeux leur valeur entière de miracle : un entier effet de la grâce. Le regard de sa mère, tremblant, doux, fiévreux, était posé sur lui avec une telle expression que l’enfant recula, hésita et s’enfuit. « Elle m’aime, elle m’aime donc », se disait-il dans l’escalier, et il comprenait en même temps que lui l’aimait éperdument, qu’il avait souhaité de toutes ses forces d’être aimé d’elle et qu’il en avait toujours douté jusque-là. Et lui qui avait voulu échapper au pays sans nom, à la foule et à une famille sans nom, mais en qui quelqu’un obstinément n’avait cessé de réclamer l’obscurité et l’anonymat (…) cheminant dans la nuit sur la terre de l’oubli où chacun était le premier homme, où lui-même avait du s’élever seul, sans père. Camus (Le Premier homme, 1994)
Il se souvenait de son enfance, de ces heures où il avait cru que tout était perdu, et il se demandait maintenant si ce n’était pas là qu’il avait commencé à se connaître, à se voir tel qu’il était, avec ses faiblesses et ses espoirs. (…) Il avait voulu fuir, s’éloigner de cette vie étroite, mais il comprenait maintenant que c’était dans cette pauvreté qu’il avait trouvé les racines de sa force, et il regrettait presque de l’avoir méprisée. Il se sentait coupable envers sa mère, non pas pour ce qu’il avait fait, mais pour ce qu’il n’avait pas su lui donner, et il passait des heures à essayer de réparer, par des gestes simples, ce silence ancien. Et quand il la regardait, il voyait dans ses yeux une paix qui semblait lui pardonner tout, même ses absences, et il se demandait si ce n’était pas là le vrai miracle de l’amour. Il marchait parmi les autres, non plus comme un étranger, mais comme un fils revenu, et il sentait que cette terre, avec ses pierres et ses silences, était aussi la sienne, un lien qu’il n’avait jamais su nommer. Et pour la première fois, il crut qu’il pouvait vivre autrement, non pas en refusant le monde, mais en l’acceptant, avec ses peines et ses joies, comme un cadeau fragile. Camus (Le Premier homme, 1994)
Pour faire de Meursault un martyr, il faut lui faire commettre un acte vraiment répréhensible, mais pour lui conserver la sympathie du lecteur, il faut préserver son innocence. Son crime doit donc être involontaire, mais pas au point que l’homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère puisse échapper à la sentence. Tous les événements qui conduisent à la scène au cours de laquelle Meursault tire sur l’Arabe, y compris cette scène elle-même avec ses coups de revolver, tantôt voulus, tantôt involontaires, sont présentés de manière à remplir ces exigences contradictoires. Meursault mourra innocent et, pourtant, sa mort dépasse la portée d’une simple erreur judiciaire. Cette solution n’en est pas une. Elle ne peut que dissimuler sans la résoudre la contradiction entre le premier et le second Meursault, entre le paisible solipsiste et la victime de la société. C’est justement cette contradiction, résumée tout entière dans l’opposition des deux termes «innocent » et « meurtre », qu’on nous propose sous la forme d’une combinaison verbale inhabituelle et intéressante, un peu comme une image surréaliste. Les deux termes ne peuvent pas plus fusionner en un concept unique qu’une image surréaliste ne peut évoquer un objet réel.  (…) Le défaut de structure de L’Étranger prend toute sa signification quand on rapproche le roman d’un type de conduite très répandu dans le monde moderne, même parmi les adultes. Cette existence vide, cette tristesse cachée, ce monde à l’envers, ce crime secrètement provocateur, tout cela est caractéristique des crimes dits de délinquance juvénile. Analyser le meurtre, en se guidant sur La Chute, c’est reconnaître qu’il relève de ce que la psychologie américaine nomme « attention getting devices ». L’aspect social du roman se rattache aisément à la conception ultra-romantique du Moi qui domine le premier Camus. De nombreux observateurs ont signalé, dans la délinquance juvénile, la présence d’un  élément de romantisme moderne et démocratisé. Au cours de ces dernières années, plusieurs romans et films qui traitent ouvertement de ce phénomène social, ont emprunté certaines particularités à L’Étranger, ouvrage qui en apparence n’a rien à voir avec ce sujet. Le héros du film A bout de souffle, par exemple, tue un policier à demi volontairement et devient ainsi un « bon criminel » à la manière de Meursault. René Girard (Critiques dans un souterrain, 1968/1976)
Personne ne nous fera croire que l’appareil judiciaire d’un Etat moderne prend réellement pour objet l’extermination des petits bureaucrates qui s’adonnent au café au lait, aux films de Fernandel et aux passades amoureuses avec la secrétaire du patron. (…) Le besoin de se justifier hante toute la littérature moderne du «procès». Mais il y a plusieurs niveaux de conscience. Ce qu’on appelle le «mythe» du procès peut être abordé sous des angles radicalement différents. Dans L’Etranger, la seule question est de savoir si les personnages sont innocents ou coupables. Le criminel est innocent et les juges coupables. Dans la littérature traditionnelle, le criminel est généralement coupable et les juges innocents. La différence n’est pas aussi importante qu’il le semble. Dans les deux cas, le Bien et le Mal sont des concepts figés, immuables : on conteste le verdict des juges, mais pas les valeurs sur lesquelles il repose. La Chute va plus loin. Clamence s’efforce de démontrer qu’il est du côté du bien et les autres du côté du mal, mais les échelles de valeurs auxquelles il se réfère s’effondrent une à une. Le vrai problème n’est plus de savoir «qui est innocent et qui est coupable?», mais « pourquoi faut-il continuer à juger et à être jugé? ». C’est là une question plus intéressante, celle-là même qui préoccupait Dostoïevski. Avec La Chute, Camus élève la littérature du procès au niveau de son génial prédécesseur. Le Camus des premières oeuvres ne savait pas à quel point le jugement est un mal insidieux et difficile à éviter. Il se croyait en-dehors du jugement parce qu’il condamnait ceux qui condamnent. En utilisant la terminologie de Gabriel Marcel, on pourrait dire que Camus considérait le Mal comme quelque chose d’extérieur à lui, comme un «problème» qui ne concernait que les juges, alors que Clamence sait bien qu’il est lui aussi concerné. Le Mal, c’est le «mystère» d’une passion qui en condamnant les autres se condamne elle-même sans le savoir. C’est la passion d’Oedipe, autre héros de la littérature du procès, qui profère les malédictions qui le mènent à sa propre perte. (…) L’étranger n’est pas en dehors de la société mais en dedans, bien qu’il l’ignore. C’est cette ignorance qui limite la portée de L’Etranger tant au point de vue esthétique qu’au point de vue de la pensée. L’homme qui ressent le besoin d’écrire un roman-procès n’ appartient pas à la Méditerranée, mais aux brumes d’Amsterdam. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de jugement perpétuel. C’est sans doute le vestige de notre tradition judéo-chrétienne. Nous ne sommes pas de robustes païens, ni des juifs, puisque nous n’avons pas de Loi. Mais nous ne sommes pas non plus de vrais chrétiens puisque nous continuons à juger. Qui sommes-nous? Un chrétien ne peut s’empêcher de penser que la réponse est là, à portée de la main : «Aussi es-tu sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu agis de même, toi qui juges». Camus s’était-il aperçu que tous les thèmes de La Chute sont contenus dans les Epîtres de saint Paul ? (…) Meursault était coupable d’avoir jugé, mais il ne le sut jamais. Seul Clamence s’en rendit compte. On peut voir dans ces deux héros deux aspects d’un même personnage dont le destin décrit une ligne qui n’est pas sans rappeler celle des grands personnages de Dostoïevski. (…) Pour faire de Meursault un martyr, il faut lui faire commettre un acte vraiment répréhensible, mais pour lui conserver la sympathie du lecteur, il faut préserver son innocence (…) On nous conduit insensiblement à l’incroyable conclusion que le héros est condamné à mort non pour le crime dont il est accusé et dont il est réellement coupable, mais à cause de son innocence que ce crime n’a pas entachée, et qui doit rester visible aux yeux de tous comme si elle était l’attribut d’une divinité. René Girard (Critiques dans un souterrain, 1968/1976)
Il ne voulait être que le pape des fous et il écrivait La Chute pour se tourner en dérision et il s’accusait en se moquant. Clamence, avocat déchu, qui avait « bien vécu de sa vertu », qui se trouvait avec coquetterie, « un peu surhomme », était, dans le bouge où il se déguisait en juge pour mieux rire de lui, le bouffon de l’humanité, d’aucuns disaient le singe de Dieu, comme Satan. Clamence, l’Homme-qui-rit, c’était l’Anti-Camus. Philippe Sénart
Il faut lire La Chute dans la bonne perspective – c’est-à-dire une perspective humoristique. L’auteur, las de la popularité dont il jouissait auprès des « bien-pensants » de l’élite intellectuelle, trouva une façon subtile de tourner en dérision son rôle de « prophète » sans scandaliser les « purs » parmi ses fidèles. Certes, il faut faire la part de l’exagération, mais on ne saurait écarter ce roman sous prétexte que c’est une boutade, ni se contenter benoîtement d’y voir un bon exemple d’art pur. La confession de Clamence, c’est celle – au sens large de confession spirituelle et littéraire – de Camus. René Girard
Les mots sont responsables: il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. (…) Pourquoi l’avant-garde a-t-elle été fascinée par le meurtre et a fait des criminels ses héros, de Sade aux sœurs Papin, et de l’horreur ses délices, du supplice des Cent morceaux en Chine à l’apologie du crime rituel chez Bataille, alors que dans l’Ancien Monde, ces choses là étaient tenues en horreur? (…) Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour ‘l’ermite de Neauphle-le-Château’ et pour la ‘révolution’ iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras. Jean Clair
Une majorité (60 %) de jeunes Américains âgés de 18 à 24 ans soutiennent le Hamas plutôt qu’Israël dans ce conflit. New York Post 
Il est difficile de filmer une métaphysique. Or « l’Etranger » est une métaphysique. C’est un roman obscur en pleine clarté ; on le lit, tout est clair, mais en fait, tout est obscur. Et c’est tout le paradoxe. C’est un roman qui donne l’impression qu’on doit l’intellectualiser, alors qu’on doit absolument le ressentir, pour éprouver la sécheresse, le vide absolu. Meursault est un homme qui a perdu la foi, au sens religieux mais aussi au sens érotique, vis-à-vis du monde. (…) La lecture de « l’Etranger » est un peu rêche, obsédante, répulsive parfois. On a l’impression d’un univers détraqué, comme une horloge qui perd ses rouages. Mais quand j’ai écrit mon livre, mon moteur n’était pas la colère. Ce que je voulais montrer à travers le frère de « l’Arabe », c’était plutôt une colère dans la colère, une forme de cercle vicieux. Moussa et Meursault vivent le même enfermement. (…) Ce qui est frappant dans l’univers de Camus, c’est que les femmes n’existent pas. Dans « la Peste », par exemple, la sensualité se situe seulement dans l’amitié ou dans la nage. Ce qui est érotique, chez lui, c’est le monde, pas les femmes. (…) Après l’indépendance, Camus a été effacé. C’est une sorte d’autodafé extraordinaire. On ne brûle pas seulement le livre, mais l’auteur. Ceux qui le lisent n’en parlent pas, les autres le résument à cette seule phrase : « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. » Par conséquent Camus n’existe pas en Algérie, il n’a ni monument ni mention dans les manuels scolaires. Le rapport de l’Algérie à Camus est un rapport maladif de l’Algérie à elle-même. (…) C’est le même contexte depuis 1962… Mais il est vrai qu’il y a aujourd’hui une violence inédite de l’Algérie envers les créateurs, parce que ce pays n’accepte pas encore de faire partie du monde. Pratiquement tous les écrivains algériens ont dû s’exiler pour pouvoir travailler. Or l’écrivain, le créateur en général, est celui qui relie un pays au reste du monde. Et Camus fait partie de l’obsession algérienne de la complexité refusée. Car chez lui, entre la foi et la bonne foi, c’est cette dernière qui prime. De même que Boualem Sansal a voulu raconter le cru et non le cuit, donc enfreint l’omerta nationale. D’une manière ou d’une autre, votre film sera vu comme un film colonialiste parce que c’est la lecture consacrée, verrouillée, même si ceux qui auront la curiosité de le voir porteront sur lui un autre avis… En revanche, ce qu’il m’a fait réaliser, c’est que, de toute ma vie, je n’avais jamais vu d’œuvre cinématographique ou documentaire sur la période de l’Algérie française qui ne porte pas sur la guerre. Je me suis dit : « Tiens, pour une fois, on a une sorte de brèche sur le monde d’avant », pour le dire comme Zweig. (…) C’est difficile d’y échapper, parce que nous trouvons des clés d’interprétation dans nos blessures et nos mémoires, mais je ne pense pas que ce soit le but de l’œuvre de Camus, ni, je me permets de le dire, du film. Le crime de Meursault est-il, pour reprendre une expression à la mode, un crime d’atmosphère ? Probablement. Mais ce n’est certainement pas la seule explication, sinon le roman n’aurait pas connu une telle destinée internationale. (…) Dans « la Peste », Camus écrit justement : « L’abstraction tue. » Ici, Meursault tue. Mais il paie autre chose : son incapacité à jouer le jeu des conventions sociales, le fait de n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère, pas répondu au tribunal comme on l’attendait… « L’Etranger » est un roman à strates. Le meurtre de l’Arabe, de par mes lectures, je le vois comme une scène archétypale. Prenez « Robinson Crusoé », de Daniel Defoe : le monde est une île, il y a la plage, le soleil, le sauvage en face de Robinson, deux univers qui se rencontrent et l’infini des deux côtés, l’inconnu et la mer. C’est la même scène. Sauf que chez Camus, Meursault tue Vendredi, et l’histoire prend un tout autre sens… (…) C’est mon obsession depuis quinze ans, je ne fais qu’écrire sur ça. Pour moi, « l’Etranger » est une robinsonnade ratée : c’est au fond l’un des premiers romans sur la perte du désir du monde. Vous parlez de l’adolescence, et c’est bien là qu’on perd le sens du monde. Mais il y a aussi quelque chose d’augustinien dans ce livre. « Les Confessions » commencent presque de la même façon, le jour où Saint Augustin perd sa mère. Il dit : « Je vais au bain, parce qu’il paraît que l’eau soulage du deuil. » Que fait Meursault ? Il va nager dans la mer. Enfin, je crois qu’au-delà de l’historicité, de la lecture coloniale ou postcoloniale qu’on peut en faire, ce livre nous fascine parce que nous avons tous « un moment Meursault » où l’on imagine tuer. (…) Mais en même temps, on découvre la totale fragilité des raisons qui nous maintiennent en deçà de cet acte. Cette pensée, Camus l’a retournée contre lui-même en disant : « Le grand problème philosophique, c’est le suicide. » Moi, je pense que c’est le meurtre. La monstruosité froide, blanche, innocente en nous, qui fait que nous pouvons tuer et être condamnés dans un monde encore plus absurde que nous, c’est cela qui nous fascine. Car ce moment inaugural touche à la question qu’on se pose tous à nous-mêmes : que fait-on de l’autre ? Meursault n’en sait rien. Il tue, il n’arrive pas à aimer, désirer, se marier… C’est la même maladie. D’ailleurs ses dialogues évidés avec Marie, il pourrait les avoir avec l’Arabe : « Est-ce que tu me détestes vraiment ? – Je ne sais pas. – Pourquoi m’as-tu tué ? – Je ne sais pas. – Avons-nous un problème personnel ? – Je l’ignore. » Meursault est quelqu’un qui a perdu le lien à l’autre. Et je crois que c’est la grande maladie de notre siècle, nous ne savons plus que faire de l’autre. Meursault se situe précisément à cette époque où on ne se pose plus la question « que fait-on avec le colonisé ? » et juste avant celle où on se demande « que fait-on avec l’ex-colonisateur ? ». Dans l’entre-deux, il y a eu un moment de… blanc. Kamel Daoud
Un peu par hasard, j’ai relu « l’Etranger » en me disant que le personnage de Meursault pourrait m’aider. Je l’avais lu comme presque tout le monde à 16-17 ans, mais, comme la plupart des lycéens je crois, je n’avais pas compris grand-chose. En le reprenant, j’ai été fasciné par l’opacité du roman, qui pose énormément de questions : tout n’est pas logique mais au contraire très complexe, ambigu. J’étais même étonné qu’on fasse lire ça aux jeunes. Meursault n’a pas de sentiments, il s’exprime très peu, est assez antipathique. Tout le contraire d’un héros de cinéma. Je me suis donc demandé s’il était possible de l’incarner à l’écran et de faire en sorte qu’on s’intéresse à lui… (…) Meursault observe le monde, il en voit la beauté, mais c’est un peu comme l’« effet Koulechov » au cinéma : on filme un visage, puis on montre un plan de gâteau, un plan de femme nue, et on se dit « mais quel acteur formidable ». Le jeu de Benjamin Voisin consistait principalement à ne rien exprimer, à adopter une présence presque à la Buster Keaton – il tenait d’ailleurs si bien son rôle que les autres acteurs le trouvaient parfois odieux sur le tournage ! Ce sont le montage, les plans, les personnages secondaires qui donnent du sens à son regard. Ainsi que le spectateur, qui projette ce qu’il veut. Car vous l’avez bien dit, tous les lecteurs de « l’Etranger » sont des metteurs en scène potentiels. Il est d’ailleurs amusant d’entendre ceux qui ont déjà vu le film me dire que « Meursault devrait être comme ci ou comme ça »… Camus ne le décrit jamais ! On ne sait même pas son âge, seulement qu’il est un petit employé. (…) il nous a été impossible d’y faire des repérages et de tourner sur place ! Etant donné la situation et l’incarcération de Boualem Sansal, il était évident que le pays nous était fermé. C’est pour cela que nous avons dû le réaliser au Maroc, à Tanger. (…) Quand Camus écrit, c’est l’Algérie française, donc la France, il n’a pas besoin de décrire cet univers évident pour tout le monde. Mais pour nous, qui sommes plus éloignés de cette histoire, la lecture est différente. A mes yeux, ce n’est pas une coïncidence qu’il tue un « Arabe » : il fallait lier ce geste à l’époque coloniale, mais surtout en tant que contexte. (…) Ce n’est pas un hasard si tous les adolescents le lisent et qu’il les frappe autant. Il y a une désillusion propre à l’adolescence vis-à-vis de toutes les croyances de l’enfance lorsqu’on découvre la folie du monde. Ce livre fait écho à cette angoisse existentielle. J’ai moi-même été Meursault à plein de moments de ma vie, en ressentant ce décalage entre mes émotions et mon incapacité à les exprimer. Quand j’ai commencé l’adaptation, j’ai demandé à des psys si Meursault était autiste, psychopathe ou pervers… Et puis je me suis très vite rendu compte que ce n’était pas l’important. Vous dites que Meursault est une métaphysique, pour moi il est une abstraction… même s’il a tué un homme, il ne faut jamais l’oublier. François Ozon

Quel nouvel accident qui tue Camus une énième fois ?

Alors qu’en cette année du 65e anniversaire de sa mort et en ce 112e anniversaire de sa naissance …

Ressort un nouveau film sur le plus grand succès et plus grand malentendu de Camus

Qui de La Fureur de vivre à À bout de souffle, Bonnie and Clyde, Easy Rider, La Balade sauvage, Tueurs nés, Sailor et Lula, True Romance, Thelma & Louise et tant d’autres…

Mais aussi nos propres enfants, désensibilisation aidant après le stalinisme et le maoïsme de leurs ainés des années 50 et 60, défendant à 60% le pire et plus barbare pogrom depuis la Shoah …

Avait fait tant de petits, avec ces bons criminels à la Meursault et leur romantisme à deux sous …

Jouant les innocents et même, ultime acte surréaliste en une sorte de Christ inversé, les martyrs de la société…

Quelle dernière trahison de son oeuvre et de sa véritable renaissance…

Que cette énième célébration d’un roman dont il avait lui-même renié le succès avant sa mort prématurée …

Tant avec son chef-d’œuvre parodique de « La Chute » …

Qu’avec son roman inachevé et posthume du »Premier Homme »…

Qui avait justement marqué son acceptation, « comme un don fragile » …

Et son retour et sa renaissance d’enfant prodigue dans ce monde précisément si longtemps rejeté dans l’Étranger ?

Camus, l’Algérie et le mythe de « l’Etranger » : le grand dialogue entre François Ozon et Kamel Daoud
Propos recueillis par Grégoire Leménager (directeur adjoint de la rédaction) et Marie Lemonnier
Le Nouvel Obs
20 octobre 2025

Entretien  Plus de quatre-vingts ans après sa parution, le chef-d’œuvre d’Albert Camus est adapté par François Ozon dans un film splendide, qui le réinscrit dans le contexte colonial de l’Algérie française. L’occasion d’une rencontre inédite entre le réalisateur et Kamel Daoud, prix Goncourt 2024 et auteur de « Meursault, contre-enquête ».

Il fallait une bonne dose d’audace et bien du talent pour oser, en 2025, porter à l’écran un livre aussi ciselé, énigmatique et populaire que « l’Etranger » d’Albert Camus, qui depuis sa parution en 1942 s’est imposé comme l’un des romans français les plus lus au monde. François Ozon ne manque ni d’audace ni de talent. Sa filmographie éclectique le prouve, de « Sous le sable » à « Grâce à Dieu » en passant par « Huit Femmes » et « Frantz ». Son adaptation de « l’Etranger », récemment présentée à la Mostra de Venise, le confirme. Toute l’inquiétante étrangeté du chef-d’œuvre de Camus est là, dans un noir et blanc éblouissant, portée par un casting impeccable : Benjamin Voisin, qui donne au personnage de Meursault une beauté froide et impénétrable, mais aussi Rebecca Marder, Pierre Lottin, Swann Arlaud, Denis Lavant…

L’histoire est connue : un homme blanc qui a tué un « Arabe » sur une plage, se retrouve condamné à mort parce qu’il n’a pas pleuré aux obsèques de sa mère. [?] Le film suit cette trame avec une grande fidélité. Mais il a aussi l’intelligence de l’incarner dans l’Algérie coloniale, en rendant une présence humaine à ceux qui n’étaient que des ombres fugitives, anonymes et presque abstraites chez Camus : les colonisés.

Un aspect du roman que l’écrivain franco-algérien Kamel Daoud, prix Goncourt l’an passé, avait bien identifié en 2014 dans « Meursault, contre-enquête », traduit aujourd’hui dans une quarantaine de langues : « l’Arabe » assassiné retrouvait avec lui un nom, Moussa, et une identité par la voix de son frère. Il était temps de présenter François Ozon à Kamel Daoud, pour parler de Camus, d’Algérie, de colonisation, et d’un roman qui n’a pas fini de fasciner.

François Ozon, vous avez déjà adapté des pièces de théâtre, des nouvelles, des romans, mais avec « l’Etranger » de Camus vous vous attaquez à un monument de la littérature, une des fictions françaises les plus lues au monde. Pourquoi ?
François Ozon Initialement, j’avais le projet d’un film en trois parties. Dans l’une, un jeune homme d’aujourd’hui, face à l’absurdité et la folie du monde, tentait de se suicider. Benjamin Voisin devait jouer le rôle, mais nous n’avons pas trouvé les financements. Peut-être que c’était trop sombre… Néanmoins, un peu par hasard, j’ai relu « l’Etranger » en me disant que le personnage de Meursault pourrait m’aider. Je l’avais lu comme presque tout le monde à 16-17 ans, mais, comme la plupart des lycéens je crois, je n’avais pas compris grand-chose. En le reprenant, j’ai été fasciné par l’opacité du roman, qui pose énormément de questions : tout n’est pas logique mais au contraire très complexe, ambigu. J’étais même étonné qu’on fasse lire ça aux jeunes. Meursault n’a pas de sentiments, il s’exprime très peu, est assez antipathique. Tout le contraire d’un héros de cinéma. Je me suis donc demandé s’il était possible de l’incarner à l’écran et de faire en sorte qu’on s’intéresse à lui…

Pour vous, Kamel Daoud, le personnage de papier a-t-il pris vie à l’écran ?
Kamel Daoud Oui. Le problème pour un lecteur, surtout pour quelqu’un comme moi qui n’a pas grandi avec l’image, c’est qu’il va au cinéma avec le film qu’il a déjà réalisé dans sa tête. J’ai donc eu vingt minutes de comparatisme inévitable… Puis, j’ai analysé ma réaction : étais-je venu voir l’œuvre d’un réalisateur ou évaluer son coefficient de fidélité ? Il y a une deuxième difficulté : si vous êtes algérien, l’artificialité peut vite être aggravée, vous traquez l’anachronisme. Et si, de surcroît, vous avez écrit un roman sur « l’Etranger », c’est encore plus compliqué ! Très souvent, lorsqu’un Occidental filme, votre propre monde arabe est réduit à ce que j’appelle « le complexe de Tintin » : gamin, j’avais été très déçu de découvrir que les calligraphies de « l’Or noir » n’étaient que du charabia pseudo-arabe. C’était comme découvrir que je n’avais pas la même couleur de peau, ça m’excluait du contrat de lecture.

Mon appréhension est depuis toujours la même : le film allait-il retomber dans « l’algérianisme esthétique » ? Je n’aime pas du tout l’esthétique de « la Bataille d’Alger », avec l’Arabe qui pleurniche et le mauvais Blanc… Elle a consacré une école et fini par consacrer une fiction de la fiction. Bref, je craignais la caricature. Et en fait non, c’était exactement le monde algérien que je voyais, dans sa complexité. Il y avait une irruption de l’histoire dans la métaphysique de « l’Etranger », en particulier quand Meursault va au cinéma et qu’on voit un panneau près du guichet qui dit : « Interdit aux indigènes ».

Le roman de Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête », a-t-il été une source d’inspiration pour vous, François Ozon ?
F. Ozon Forcément ! Quand j’ai relu « l’Etranger », ce qui m’a frappé n’est pas cette première phrase qu’on cite toujours : « Aujourd’hui, maman est morte… » Non, avec le regard de 2025, c’est : « J’ai tué un Arabe. » Ces mots interviennent dans la seconde partie, quand on emmène Meursault en prison. Tout d’un coup, j’avais trouvé l’angle pour adapter le roman. Déjà, j’allais échapper à tous ceux qui m’attendaient au tournant sur le fameux incipit… J’ai commencé par l’idée que dans le livre, il y a tout de suite un monologue, une voix intérieure. On est avec Meursault. Ma première partie devait être un temps d’observation, où on allait le regarder. Et on allait davantage le comprendre dans la seconde partie où tout le monde s’exprime, avec différents points de vue.
K. Daoud Ce qui m’a d’ailleurs le plus aidé à entrer dans le film, ce sont les personnages secondaires qui sont magnifiquement incarnés. Le casting est parfait. L’esthétique aussi fait que ça a pris : le noir et blanc, c’était le bon choix. Cette lumière crue, ardente et violente, qui oblige parfois à plisser les yeux pour regarder l’écran, c’est comme cela qu’on ressent le paysage en Algérie.
F. Ozon Oui, le noir et blanc aide pour cela. On peut pousser les blancs très fort et les hautes lumières. Et effectivement, ça éblouit. Je suis content que cela ait fonctionné, parce que nous avons tourné en mars et avril… Il fallait à tout prix que la beauté de l’Algérie, dont Camus parle dans tous ses textes, soit présente. D’autant que le personnage, lui, est un total antihéros ! Une des clés m’a été donnée par une interview de Visconti sur sa propre adaptation de « l’Etranger ».
Au départ, l’acteur qu’il souhaitait n’était pas Marcello Mastroianni mais Alain Delon. Et c’est vrai que si l’on songe au Delon du « Samouraï », tout à coup, ça fonctionne. Mastroianni, on l’adore, mais c’est le charme italien, il est joyeux, extraverti, alors que Delon n’a joué presque que des rôles antipathiques. Ce n’est pas un homme auquel on s’identifie, mais qu’on regarde néanmoins avec fascination. Cela m’a beaucoup aidé pour diriger Benjamin Voisin. Le contraste entre sa froideur, sa raideur, son immobilité, et la vie des autres donne leur force aux scènes.

« La conscience de Meursault est transparente aux choses et opaque aux significations », disait Jean-Paul Sartre. Comment avez-vous recréé ce sentiment d’étrangeté propre au roman, et à son « écriture blanche » dont parlait Roland Barthes ?
F. Ozon Tout le roman n’est pas écrit comme ça, mais j’ai tenu à garder deux passages en voix off, deux moments lyriques magnifiques qui sont de vraie poésie. Quant au personnage, qui reste en grande partie incompréhensible, je me suis dit que j’allais le regarder évoluer dans les situations décrites par Camus. C’était assez expérimental, j’ignorais à quoi ressemblerait mon film…
K. Daoud Il est difficile de filmer une métaphysique. Or « l’Etranger » est une métaphysique. C’est un roman obscur en pleine clarté ; on le lit, tout est clair, mais en fait, tout est obscur. Et c’est tout le paradoxe. C’est un roman qui donne l’impression qu’on doit l’intellectualiser, alors qu’on doit absolument le ressentir, pour éprouver la sécheresse, le vide absolu. Meursault est un homme qui a perdu la foi, au sens religieux mais aussi au sens érotique, vis-à-vis du monde.
F. Ozon Meursault observe le monde, il en voit la beauté, mais c’est un peu comme l’« effet Koulechov » au cinéma : on filme un visage, puis on montre un plan de gâteau, un plan de femme nue, et on se dit « mais quel acteur formidable ». Le jeu de Benjamin Voisin consistait principalement à ne rien exprimer, à adopter une présence presque à la Buster Keaton – il tenait d’ailleurs si bien son rôle que les autres acteurs le trouvaient parfois odieux sur le tournage ! Ce sont le montage, les plans, les personnages secondaires qui donnent du sens à son regard. Ainsi que le spectateur, qui projette ce qu’il veut. Car vous l’avez bien dit, tous les lecteurs de « l’Etranger » sont des metteurs en scène potentiels. Il est d’ailleurs amusant d’entendre ceux qui ont déjà vu le film me dire que « Meursault devrait être comme ci ou comme ça »… Camus ne le décrit jamais ! On ne sait même pas son âge, seulement qu’il est un petit employé.

Benjamin Voisin : « le contraste entre sa froideur, sa raideur, son immobilité, et la vie des autres donne leur force aux scènes  ».
Parmi les personnages secondaires, les femmes jouent un rôle beaucoup moins effacé que dans le livre…
F. Ozon Oui, elles sont là dans le roman, mais il fallait les développer un peu. Cela me semblait d’autant plus évident que tous ces hommes sont particulièrement toxiques : l’un tape son chien, l’autre bat sa femme, le dernier tue un Arabe… Les femmes, par contraste, sont de beaux personnages. J’ai pensé à faire une place au frère de la victime, comme dans votre « Contre-enquête », Kamel, mais j’aimais le personnage de la sœur, qui devient la voix des Arabes dans le film, ou en tout cas le point de vue arabe, quand, au tribunal, elle est confrontée à Meursault et à sa « fiancée », Marie. Celle-ci a un peu conscience qu’il y a un problème, puisqu’on ne parle pas de « l’Arabe » au procès, ou plus exactement qu’on en parle justement comme de « l’Arabe » : il n’a pas de nom, ce que vous développez dans votre livre et qu’il me semblait essentiel d’intégrer dans une adaptation aujourd’hui. Cette invisibilisation m’avait choqué à la lecture de « l’Etranger », et votre livre, Kamel, m’a beaucoup aidé à comprendre la colère que cela pouvait provoquer chez un Algérien. Même s’il ne s’agissait pas de racisme de la part de Camus mais plutôt d’un procédé littéraire, comme il aurait pu parler du « Grec » ou de « l’Italien », vous ne croyez pas ?
K. Daoud Ah si, mais je n’ai jamais lu Camus en y cherchant une place pour moi, la littérature est faite pour se débarrasser de soi. La lecture de « l’Etranger » est un peu rêche, obsédante, répulsive parfois. On a l’impression d’un univers détraqué, comme une horloge qui perd ses rouages. Mais quand j’ai écrit mon livre, mon moteur n’était pas la colère. Ce que je voulais montrer à travers le frère de « l’Arabe », c’était plutôt une colère dans la colère, une forme de cercle vicieux. Moussa et Meursault vivent le même enfermement.
F. Ozon Et vous n’avez jamais pensé à donner la parole à sa sœur ?
K. Daoud Non, peut-être parce que j’ai moi-même perdu un frère quand j’avais 4 ans et lui 3… Ce qui est frappant dans l’univers de Camus, c’est que les femmes n’existent pas. Dans « la Peste », par exemple, la sensualité se situe seulement dans l’amitié ou dans la nage. Ce qui est érotique, chez lui, c’est le monde, pas les femmes. Mais en sortant de votre film, avec en particulier à l’esprit cette scène puissante entre Marie et la sœur de Moussa dans la salle d’audience, j’ai pensé que vous aviez trouvé un bel équilibre sur le rôle des femmes. En faire trop aurait été une lecture, n’en faire rien, une maladresse.

Dans ces jeux de rééquilibrage, il y a aussi celui qui concerne la présence « indigène », que le film densifie par petites touches, là où chez Camus, comme l’écrit Kamel Daoud, les « Arabes » sont « des objets flous et incongrus »…
F. Ozon Pour cela, j’ai dû faire un travail de recherche historique, parce qu’on connaît finalement assez mal cette période de la colonisation dans les années 1930. J’ai regardé beaucoup d’archives, avec des commentaires colonialistes qui vantent « le sourire d’Alger », son côté merveilleux… J’ai tenu à intégrer cet aspect pour que le spectateur comprenne quelle était la vision des Français de l’Algérie française, ce que ça représentait pour eux. J’ai moi-même des grands-parents qui ont vécu là-bas, qui ont adoré l’Algérie et en parlaient comme d’un paradis perdu, comme beaucoup de pieds-noirs d’ailleurs. Mon grand-père était juge, il a échappé à un attentat et a été contraint de revenir en France ; c’était une blessure au sein de la famille dont on ne parlait pas… J’ai essayé de retrouver ce qu’ils avaient vécu là-bas. Je voulais montrer, concrètement, comment deux communautés vivaient côte à côte mais ne se mélangeaient pas.
K. Daoud En fait, l’effacement de cette époque est double. Il y a cette image de paradis perdu, plaquée sur le réel, qui évacue toute la complexité de la vie et sa dureté pour nous. Mais de l’autre côté, en Algérie, toute la littérature antérieure au déclenchement de la guerre a été effacée. Les écrivains qui sont « nés » avec la guerre sont au panthéon, mais tous ceux qui, avant, décrivaient la complexité humaine ne sont plus visibles. Ce sont mes parents et mes grands-parents qui m’ont raconté comment était la vie d’alors. Mais il est toujours tabou de dire des choses comme : « A l’époque, c’était très beau ici, il y avait des fleurs, l’immeuble était propre, l’horloge avait des aiguilles qui fonctionnaient… »
Quel rapport l’Algérie entretient-elle aujourd’hui à Camus ?
K. Daoud Après l’indépendance, Camus a été effacé. C’est une sorte d’autodafé extraordinaire. On ne brûle pas seulement le livre, mais l’auteur. Ceux qui le lisent n’en parlent pas, les autres le résument à cette seule phrase : « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. » Par conséquent Camus n’existe pas en Algérie, il n’a ni monument ni mention dans les manuels scolaires. Le rapport de l’Algérie à Camus est un rapport maladif de l’Algérie à elle-même.

La réception du film peut-elle pâtir du moment de tension actuel entre la France et l’Algérie ?
F. Ozon Déjà, il nous a été impossible d’y faire des repérages et de tourner sur place ! Etant donné la situation et l’incarcération de Boualem Sansal, il était évident que le pays nous était fermé. C’est pour cela que nous avons dû le réaliser au Maroc, à Tanger.
K. Daoud C’est le même contexte depuis 1962… Mais il est vrai qu’il y a aujourd’hui une violence inédite de l’Algérie envers les créateurs, parce que ce pays n’accepte pas encore de faire partie du monde. Pratiquement tous les écrivains algériens ont dû s’exiler pour pouvoir travailler. Or l’écrivain, le créateur en général, est celui qui relie un pays au reste du monde. Et Camus fait partie de l’obsession algérienne de la complexité refusée. Car chez lui, entre la foi et la bonne foi, c’est cette dernière qui prime. De même que Boualem Sansal a voulu raconter le cru et non le cuit, donc enfreint l’omerta nationale. D’une manière ou d’une autre, votre film sera vu comme un film colonialiste parce que c’est la lecture consacrée, verrouillée, même si ceux qui auront la curiosité de le voir porteront sur lui un autre avis… En revanche, ce qu’il m’a fait réaliser, c’est que, de toute ma vie, je n’avais jamais vu d’œuvre cinématographique ou documentaire sur la période de l’Algérie française qui ne porte pas sur la guerre. Je me suis dit : « Tiens, pour une fois, on a une sorte de brèche sur le monde d’avant », pour le dire comme Zweig.

Diriez-vous qu’il s’agit aussi d’un film sur la période coloniale ? Plus encore qu’à la lecture du livre, on se demande en le voyant si le rapport de domination libère une pulsion chez le colon qui favorise le crime de Meursault…
F. Ozon Quand Camus écrit, c’est l’Algérie française, donc la France, il n’a pas besoin de décrire cet univers évident pour tout le monde. Mais pour nous, qui sommes plus éloignés de cette histoire, la lecture est différente. A mes yeux, ce n’est pas une coïncidence qu’il tue un « Arabe » : il fallait lier ce geste à l’époque coloniale, mais surtout en tant que contexte.
K. Daoud C’est difficile d’y échapper, parce que nous trouvons des clés d’interprétation dans nos blessures et nos mémoires, mais je ne pense pas que ce soit le but de l’œuvre de Camus, ni, je me permets de le dire, du film. Le crime de Meursault est-il, pour reprendre une expression à la mode, un crime d’atmosphère ? Probablement. Mais ce n’est certainement pas la seule explication, sinon le roman n’aurait pas connu une telle destinée internationale.
A quoi tient donc son extraordinaire succès, qui ne se dément pas ? Sa modernité repose-t-elle sur le sentiment de l’absurde, si central chez Camus, et qu’on éprouve fortement ces temps-ci face à l’état du monde ?
F. Ozon Ce n’est pas un hasard si tous les adolescents le lisent et qu’il les frappe autant. Il y a une désillusion propre à l’adolescence vis-à-vis de toutes les croyances de l’enfance lorsqu’on découvre la folie du monde. Ce livre fait écho à cette angoisse existentielle. J’ai moi-même été Meursault à plein de moments de ma vie, en ressentant ce décalage entre mes émotions et mon incapacité à les exprimer. Quand j’ai commencé l’adaptation, j’ai demandé à des psys si Meursault était autiste, psychopathe ou pervers… Et puis je me suis très vite rendu compte que ce n’était pas l’important. Vous dites que Meursault est une métaphysique, pour moi il est une abstraction… même s’il a tué un homme, il ne faut jamais l’oublier.
K. Daoud J’aime beaucoup votre réflexion. Dans « la Peste », Camus écrit justement : « L’abstraction tue. » Ici, Meursault tue. Mais il paie autre chose : son incapacité à jouer le jeu des conventions sociales, le fait de n’avoir pas pleuré à l’enterrement de sa mère, pas répondu au tribunal comme on l’attendait… « L’Etranger » est un roman à strates. Le meurtre de l’Arabe, de par mes lectures, je le vois comme une scène archétypale. Prenez « Robinson Crusoé », de Daniel Defoe : le monde est une île, il y a la plage, le soleil, le sauvage en face de Robinson, deux univers qui se rencontrent et l’infini des deux côtés, l’inconnu et la mer. C’est la même scène. Sauf que chez Camus, Meursault tue Vendredi, et l’histoire prend un tout autre sens…
F. Ozon C’est fou que vous évoquiez Robinson Crusoé, car j’ai toujours rêvé de l’adapter au cinéma !
K. Daoud C’est mon obsession depuis quinze ans, je ne fais qu’écrire sur ça. Pour moi, « l’Etranger » est une robinsonnade ratée : c’est au fond l’un des premiers romans sur la perte du désir du monde. Vous parlez de l’adolescence, et c’est bien là qu’on perd le sens du monde. Mais il y a aussi quelque chose d’augustinien dans ce livre. « Les Confessions » commencent presque de la même façon, le jour où Saint Augustin perd sa mère. Il dit : « Je vais au bain, parce qu’il paraît que l’eau soulage du deuil. » Que fait Meursault ? Il va nager dans la mer. Enfin, je crois qu’au-delà de l’historicité, de la lecture coloniale ou postcoloniale qu’on peut en faire, ce livre nous fascine parce que nous avons tous « un moment Meursault » où l’on imagine tuer.
F. Ozon On imagine détruire l’harmonie du jour.
K. Daoud Exactement. Mais en même temps, on découvre la totale fragilité des raisons qui nous maintiennent en deçà de cet acte. Cette pensée, Camus l’a retournée contre lui-même en disant : « Le grand problème philosophique, c’est le suicide. » Moi, je pense que c’est le meurtre. La monstruosité froide, blanche, innocente en nous, qui fait que nous pouvons tuer et être condamnés dans un monde encore plus absurde que nous, c’est cela qui nous fascine. Car ce moment inaugural touche à la question qu’on se pose tous à nous-mêmes : que fait-on de l’autre ? Meursault n’en sait rien. Il tue, il n’arrive pas à aimer, désirer, se marier… C’est la même maladie. D’ailleurs ses dialogues évidés avec Marie, il pourrait les avoir avec l’Arabe : « Est-ce que tu me détestes vraiment ? – Je ne sais pas. – Pourquoi m’as-tu tué ? – Je ne sais pas. – Avons-nous un problème personnel ? – Je l’ignore. » Meursault est quelqu’un qui a perdu le lien à l’autre. Et je crois que c’est la grande maladie de notre siècle, nous ne savons plus que faire de l’autre. Meursault se situe précisément à cette époque où on ne se pose plus la question « que fait-on avec le colonisé ? » et juste avant celle où on se demande « que fait-on avec l’ex-colonisateur ? ». Dans l’entre-deux, il y a eu un moment de… blanc.

Voir également:

« L’accident qui a tué Camus, je l’appelle scandale », par Jean-Paul Sartre

France Observateur

7 janvier 1960

Il y a six mois, hier encore, on se demandait : « Que va-t-il faire ? » Provisoirement, déchiré par des contradictions qu’il faut respecter, il avait choisi le silence. Mais il était de ces hommes rares, qu’on peut bien attendre parce qu’ils choisissent lentement et restent fidèles à leur choix. Un jour, il parlerait. Nous n’aurions pas même osé risquer une conjecture sur ce qu’il dirait. Mais nous pensions qu’il changeait avec le monde comme chacun de nous: cela suffisait pour que sa présence demeurât vivante.

Nous étions brouillés, lui et moi : une brouille, ce n’est rien – dût-on ne jamais se revoir –, tout juste une autre manière de vivre ensemble et sans se perdre de vue dans le petit monde étroit qui nous est donné. Cela ne m’empêchait pas de penser à lui, sentir son regard sur la page du livre, sur le journal qu’il lisait et de me dire : « Qu’en dit-il ? Qu’en dit-il EN CE MOMENT ? »

Son silence que, selon les événements et mon humeur, je jugeais parfois trop prudent et parfois douloureux, c’était une qualité de chaque journée, comme la chaleur ou la lumière, mais humaine. On vivait avec ou contre sa pensée, telle que nous la révélaient ses livres – « la Chute », surtout, le plus beau peut-être et le moins compris – mais toujours à travers elle. C’était une aventure singulière de notre culture, un mouvement dont on essayait de deviner les phases et le terme final.

Il représentait en ce siècle, et contre l’Histoire, l’héritier actuel de cette longue lignée de moralistes dont les œuvres constituent peut-être ce qu’il y a de plus original dans les lettres françaises. Son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel, livrait un combat douloureux contre les événements massifs et difformes de ce temps. Mais, inversement, par l’opiniâtreté de ses refus, il réaffirmait, au cœur de notre époque, contre les machiavéliens, contre le veau d’or du réalisme, l’existence du fait moral.

Il était pour ainsi dire cette inébranlable affirmation. Pour peu qu’on lût ou qu’on réfléchît, on se heurtait aux valeurs humaines qu’il gardait dans son poing serré : il mettait l’acte politique en question. Il fallait le tourner ou le combattre : indispensable en un mot, à cette tension qui fait la vie de l’esprit. Son silence même, ces dernières années, avait un aspect positif: ce cartésien de l’absurde refusait de quitter le sûr terrain de la moralité et de s’engager dans les chemins incertains de la pratique. Nous le devinions et nous devinions aussi les conflits qu’il taisait: car la morale, à la prendre seule, exige à la fois la révolte et la condamne.

Nous attendions, il fallait attendre, il fallait savoir : quoi qu’il eût pu faire ou décider par la suite, Camus n’eût jamais cessé d’être une des forces principales de notre champ culturel, ni de représenter à sa manière l’histoire de la France et de ce siècle. Mais nous eussions su peut-être et compris son itinéraire. Il avait tout fait – toute une oeuvre – et, comme toujours, tout restait à faire. Il le disait : « Mon oeuvre est devant moi. » C’est fini. Le scandale particulier de cette mort, c’est l’abolition de l’ordre des hommes par l’inhumain. […] Rarement, les caractères d’une oeuvre et les conditions du moment historique ont exigé si clairement qu’un écrivain vive.

L’accident qui a tué Camus, je l’appelle scandale parce qu’il fait paraître au coeur du monde humain l’absurdité de nos exigences les plus profondes. Camus, à 20 ans, brusquement frappé d’un mal qui bouleversait sa vie, a découvert l’absurde, imbécile négation de l’homme. Il s’y est fait, il a pensé son insupportable condition, il s’est tiré d’affaire. Et l’on croirait pourtant que ses premières oeuvres seules disent la vérité de sa vie, puisque ce malade guéri est écrasé par une mort imprévisible et venue d’ailleurs. L’absurde, ce serait cette question que nul ne lui pose plus, qu’il ne pose plus à personne, ce silence qui n’est même plus un silence, qui n’est absolument plus rien.

Je ne le crois pas. Dès qu’il se manifeste, l’humain devient partie de l’humain. Toute vie arrêtée même celle d’un homme si jeune –, c’est à la fois un disque qu’on casse et une vie complète. Pour tous ceux qui l’ont aimé, il y a dans cette mort une absurdité insupportable. Mais il faudra apprendre à voir cette œuvre mutilée comme une œuvre totale.

Dans la mesure même où l’humanisme de Camus contient une attitude humaine envers la mort qui devait le surprendre, dans la mesure où sa recherche orgueilleuse et pure du bonheur impliquait et réclamait la nécessité inhumaine de mourir, nous reconnaîtrons dans cette oeuvre et dans la vie qui n’en est pas séparable la tentative pure et victorieuse d’un homme pour reconquérir chaque instant de son existence sur sa mort future.

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La Chute (extraits)

J’ai quitté Paris (…) un vrai trompe-l’œil, un superbe décor habité par quatre millions de silhouettes. Près de cinq millions, au dernier recensement ? Allons, ils auront fait des petits. Je ne m’en étonnerai pas. Il m’a toujours semblé que nos concitoyens avaient deux fureurs : les idées et la fornication. À tort et à travers, pour ainsi dire. Gardons-nous, d’ailleurs, de les condamner ; ils ne sont pas les seuls, toute l’Europe en est là. Je rêve parfois de ce que diront de nous les historiens futurs. Une phrase leur suffira pour l’homme moderne : il forniquait et lisait des journaux. Après cette forte définition, le sujet sera, si j’ose dire, épuisé (…) Mais permettez-moi de me présenter : Jean-Baptiste Clamence, pour vous servir. Heureux de vous connaître. (…) Moi, j’habite le quartier juif, ou ce qui s’appelait ainsi jusqu’au moment où nos frères hitlériens y ont fait de la place. Quel lessivage ! Soixante-quinze mille juifs déportés ou assassinés, c’est le nettoyage par le vide. J’admire cette application, cette méthodique patience ! Quand on n’a pas de caractère, il faut bien se donner une méthode. Ici, elle a fait merveille, sans contredit, et j’habite sur les lieux d’un des plus grands crimes de l’histoire. (…) Avez-vous remarqué que les canaux concentriques d’Amsterdam ressemblent aux cercles de l’enfer ? L’enfer bourgeois, naturellement peuplé de mauvais rêves. Quand on arrive de l’extérieur, à mesure qu’on passe ces cercles, la vie, et donc ses crimes, devient plus épaisse, plus obscure. Ici, nous sommes dans le dernier cercle. (….) Je ne passe jamais sur un pont, la nuit. C’est la conséquence d’un vœu. Supposez, après tout, que quelqu’un se jette à l’eau. De deux choses l’une, ou vous l’y suivez pour le repêcher et, dans la saison froide, vous risquez le pire ! Ou vous l’y abandonnez et les plongeons rentrés laissent parfois d’étranges courbatures. (…) Ces dames, derrière ces vitrines ? Le rêve, monsieur, le rêve à peu de frais, le voyage aux Indes ! Ces personnes se parfument aux épices. Vous entrez, elles tirent les rideaux et la navigation commence. Les dieux descendent sur les corps nus et les îles dérivent, démentes, coiffées d’une chevelure ébouriffée de palmiers sous le vent. Essayez. Qu’est-ce qu’un juge-pénitent ? (…) Il y a quelques années, j’étais avocat à Paris et, ma foi, un avocat assez connu. Bien entendu, je ne vous ai pas dit mon vrai nom. J’avais une spécialité : les nobles causes. La veuve et l’orphelin, comme on dit, je ne sais pourquoi, car enfin il y a des veuves abusives et des orphelins féroces. Il me suffisait cependant de renifler sur un accusé la plus légère odeur de victime pour que mes manches entrassent en action. Et quelle action ! Une tempête ! J’avais le cœur sur les manches. On aurait cru vraiment que la justice couchait avec moi tous les soirs. Je suis sûr que vous auriez admiré l’exactitude de mon ton, la justesse de mon émotion, la persuasion et la chaleur, l’indignation maîtrisée de mes plaidoiries. (…) l’attitude noble me vient sans effort. De plus, j’étais soutenu par deux sentiments sincères : la satisfaction de me trouver du bon côté de la barre et un mépris instinctif envers les juges en général. (…) je gagnais ma vie en dialoguant avec des gens que je méprisais. Mais voilà, j’étais du bon côté, cela suffisait à la paix de ma conscience. Le sentiment du droit, la satisfaction d’avoir raison, la joie de s’estimer soi-même, cher monsieur, sont des ressorts puissants pour nous tenir debout ou nous faire avancer. Au contraire, si vous en privez les hommes, vous les transformez en chiens écumants. Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’être en faute ! (…) Non seulement je ne risquais pas de rejoindre le camp des criminels (…), mais encore je prenais leur défense, à la seule condition qu’ils fussent de bons meurtriers, comme d’autres sont de bons sauvages. La manière même dont je menais cette défense me donnait de grandes satisfactions. J’étais vraiment irréprochable dans ma vie professionnelle. (…) J’eus même la chance de me voir offrir deux ou trois fois la Légion d’honneur que je pus refuser avec une dignité discrète où je trouvais ma vraie récompense. (…) Enfin, je n’ai jamais fait payer les pauvres et ne l’ai jamais crié sur les toits. (…) j’adorais aider les aveugles à traverser les rues. (…) J’aimais aussi, ah ! cela est plus difficile à dire, j’aimais faire l’aumône. Un grand chrétien de mes amis reconnaissait que le premier sentiment qu’on éprouve à voir un mendiant approcher de sa maison est désagréable. Eh bien, moi, c’était pire : j’exultais. (…) atteindre plus haut que l’ambitieux vulgaire et se hisser à ce point culminant où la vertu ne se nourrit plus que d’elle-même. (…) ces points culminants, les seuls où je puisse vivre. Oui, je ne me suis jamais senti à l’aise que dans les situations élevées. Jusque dans le détail de la vie, j’avais besoin d’être au-dessus. (…) l’endroit où je respirais le mieux, surtout si j’étais seul, bien au-dessus des fourmis humaines. (…) je prenais plaisir à la vie et à ma propre excellence. Ma profession satisfaisait heureusement cette vocation des sommets. Elle m’enlevait toute amertume à l’égard de mon prochain que j’obligeais toujours sans jamais rien lui devoir. Elle me plaçait au-dessus du juge que je jugeais à son tour, au-dessus de l’accusé que je forçais à la reconnaissance. Pesez bien cela, cher monsieur : je vivais impunément. Je n’étais concerné par aucun jugement, je ne me trouvais pas sur la scène du tribunal, mais quelque part, dans les cintres, comme ces dieux que, de temps en temps, on descend, au moyen d’une machine, pour transfigurer l’action et lui donner son sens. Après tout, vivre au-dessus reste encore la seule manière d’être vu et salué par le plus grand nombre. Quelques-uns de mes bons criminels avaient d’ailleurs, en tuant, obéi au même sentiment. La lecture des journaux, dans la triste situation où ils se trouvaient, leur apportait sans doute une sorte de compensation malheureuse. Comme beaucoup d’hommes, ils n’en pouvaient plus de l’anonymat et cette impatience avait pu, en partie, les mener à de fâcheuses extrémités. Pour être connu, il suffit en somme de tuer sa concierge. (…) les juges punissaient, les accusés expiaient et moi, libre de tout devoir, soustrait au jugement comme à la sanction, je régnais, librement, dans une lumière édénique. (…) Aussi ma popularité était-elle grande et je ne comptais plus mes succès dans le monde. Je n’étais pas mal fait de ma personne, je me montrais à la fois danseur infatigable et discret érudit, j’arrivais à aimer en même temps, ce qui n’est guère facile, les femmes et la justice, je pratiquais les sports et les beaux-arts, bref, je m’arrête, pour que vous ne me soupçonniez pas de complaisance. Mais imaginez, je vous prie, un homme dans la force de l’âge, de parfaite santé, généreusement doué, habile dans les exercices du corps comme dans ceux de l’intelligence, ni pauvre ni riche, dormant bien, et profondément content de lui-même sans le montrer autrement que par une sociabilité heureuse. Vous admettrez alors que je puisse parler, en toute modestie, d’une vie réussie. (…) En vérité, à force d’être homme, avec tant de plénitude et de simplicité, je me trouvais un peu surhomme. (…) J’allais de fête en fête. Il m’arrivait de danser pendant des nuits, de plus en plus fou des êtres et de la vie. (…) peu de temps après le soir dont je vous ai parlé, j’ai découvert quelque chose. (…) Il faut le reconnaître humblement, mon cher compatriote, j’ai toujours crevé de vanité. Avec quelques autres vérités, j’ai découvert ces évidences peu à peu, dans la période qui suivit le soir dont je vous ai parlé. (…) J’avançais ainsi à la surface de la vie, dans les mots en quelque sorte, jamais dans la réalité. Tous ces livres à peine lus, ces amis à peine aimés, ces villes à peine visitées, ces femmes à peine prises ! (…) J’apprenais du moins que je n’étais du côté des coupables, des accusés, que dans la mesure exacte où leur faute ne me causait aucun dommage. Leur culpabilité me rendait éloquent parce que je n’en étais pas la victime. Quand j’étais menacé, je ne devenais pas seulement un juge à mon tour, mais plus encore : un maître irascible qui voulait, hors de toute loi, assommer le délinquant et le mettre à genoux. Après cela, mon cher compatriote, il est bien difficile de continuer sérieusement à se croire une vocation de justice et le défenseur prédestiné de la veuve et de l’orphelin. (…) Quelques mots suffiront pour retracer ma découverte essentielle. (…) Pour que la statue soit nue, les beaux discours doivent s’envoler. Voici. Cette nuit-là, en novembre, (…) je regagnais la rive gauche, et mon domicile, par le pont Royal. Il était une heure après minuit (…) Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. (…) J’avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j’entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d’un corps qui s’abat sur l’eau. Je m’arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j’entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s’éteignit brusquement. Le silence qui suivit, dans la nuit soudain figée, me parut interminable. Je voulus courir et je ne bougeai pas. Je tremblais, je crois, de froid et de saisissement. Je me disais qu’il fallait faire vite et je sentais une faiblesse irrésistible envahir mon corps. J’ai oublié ce que j’ai pensé alors. « Trop tard, trop loin… » ou quelque chose de ce genre. J’écoutais toujours, immobile. Puis, à petits pas, sous la pluie, je m’éloignai. Je ne prévins personne. (…) Cette femme ? Ah ! je ne sais pas, vraiment, je ne sais pas. Ni le lendemain, ni les jours qui suivirent, je n’ai lu les journaux. (…) Je n’ai plus d’amis, je n’ai que des complices. En revanche, leur nombre a augmenté, ils sont le genre humain. (…) je l’ai découvert le jour où j’ai pensé à me tuer pour leur jouer une bonne farce, pour les punir, en quelque sorte. (…) À partir du moment où j’ai appréhendé qu’il y eût en moi quelque chose à juger, j’ai compris, en somme, qu’il y avait en eux une vocation irrésistible de jugement. (…) L’idée la plus naturelle à l’homme, celle qui lui vient naïvement, comme du fond de sa nature, est l’idée de son innocence. De ce point de vue, nous sommes tous comme ce petit Français qui, à Buchenwald, s’obstinait à vouloir déposer une réclamation auprès du scribe, lui-même prisonnier, et qui enregistrait son arrivée. (…) « C’est que, voyez-vous, monsieur, disait le petit Français, mon cas est exceptionnel. Je suis innocent ! » Nous sommes tous des cas exceptionnels. Nous voulons tous faire appel de quelque chose ! Chacun exige d’être innocent, à tout prix, même si, pour cela, il faut accuser le genre humain et le ciel. (…) Connaissez-vous Dante ? Vraiment ? Diable. Vous savez donc que Dante admet des anges neutres dans la querelle entre Dieu et Satan. Et il les place dans les Limbes, une sorte de vestibule de son enfer. Nous sommes dans le vestibule, cher ami. (…) Il nous faudrait la patience d’attendre le jugement dernier. Mais voilà, nous sommes pressés. Si pressés même que j’ai été obligé de me faire juge-pénitent. (…) À partir du soir où j’ai été appelé, car j’ai été appelé réellement, j’ai dû répondre ou du moins chercher la réponse. (…) Il a fallu d’abord que ce rire perpétuel, et les rieurs, m’apprissent à voir plus clair en moi, à découvrir enfin que je n’étais pas simple. Ne souriez pas, cette vérité n’est pas aussi première qu’elle paraît. On appelle vérités premières celles qu’on découvre après toutes les autres, voilà tout. (…) J’ai compris (…) que la modestie m’aidait à briller, l’humilité à vaincre et la vertu à opprimer. Je faisais la guerre par des moyens pacifiques et j’obtenais enfin, par les moyens du désintéressement, tout ce que je convoitais. (…) Vous vous rappelez : « Malheur à vous quand tous les hommes diront du bien de vous ! » Ah ! celui-là parlait d’or ! Malheur à moi ! (…) Une crainte ridicule me poursuivait, en effet : on ne pouvait mourir sans avoir avoué tous ses mensonges. Non pas à Dieu, ni à un de ses représentants, j’étais au-dessus de ça, vous le pensez bien. Non, il s’agissait de l’avouer aux hommes, à un ami, ou à une femme aimée, par exemple. Autrement, et n’y eût-il qu’un seul mensonge de caché dans une vie, la mort le rendait définitif. Personne, jamais plus, ne connaîtrait la vérité sur ce point puisque le seul qui la connût était justement le mort, endormi sur son secret. Ce meurtre absolu d’une vérité me donnait le vertige. (…) Je commençais d’écrire une Ode à la police et une Apothéose du couperet. Surtout, je m’obligeais à visiter régulièrement les cafés spécialisés où se réunissaient nos humanistes professionnels. Mes bons antécédents m’y faisaient naturellement bien recevoir. Là, sans y paraître, je lâchais un gros mot : « Dieu merci ! » disais-je ou plus simplement : « Mon Dieu… » Vous savez comme nos athées de bistrots sont de timides communiants. Un moment de stupeur suivait l’énoncé de cette énormité, ils se regardaient, stupéfaits, puis le tumulte éclatait, les uns fuyaient hors du café, les autres caquetaient avec indignation sans rien écouter, tous se tordaient de convulsions, comme le diable sous l’eau bénite. (…) qui suis-je pourtant ? Un citoyen-soleil quant à l’orgueil, un bouc de luxure, un pharaon dans la colère, un roi de paresse. Je n’ai tué personne ? Pas encore sans doute ! Mais n’ai-je pas laissé mourir de méritantes créatures ? Peut-être. Et peut-être suis-je prêt à recommencer. (…) Je compris alors, sans révolte, comme on se résigne à une idée dont on connaît depuis longtemps la vérité, que ce cri qui, des années auparavant, avait retenti sur la Seine, derrière moi, n’avait pas cessé, porté par le fleuve vers les eaux de la Manche, de cheminer dans le monde, à travers l’étendue illimitée de l’océan, et qu’il m’y avait attendu jusqu’à ce jour où je l’avais rencontré. Je compris aussi qu’il continuerait de m’attendre sur les mers et les fleuves, partout enfin où se trouverait l’eau amère de mon baptême. (…) Croyez-moi, les religions se trompent dès l’instant qu’elles font de la morale et qu’elles fulminent des commandements. Dieu n’est pas nécessaire pour créer la culpabilité, ni punir. Nos semblables y suffisent, aidés par nous-mêmes. Vous parliez du jugement dernier. Permettez-moi d’en rire respectueusement. Je l’attends de pied ferme : j’ai connu ce qu’il y a de pire, qui est le jugement des hommes. Pour eux, pas de circonstances atténuantes, même la bonne intention est imputée à crime. (…) Je vais vous dire un grand secret, mon cher. N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours. (…) savez-vous pourquoi on l’a crucifié, l’autre, celui auquel vous pensez en ce moment, peut-être ? (…) à côté des raisons qu’on nous a très bien expliquées pendant deux mille ans, il y en avait une grande à cette affreuse agonie (…) il avait dû entendre parler d’un certain massacre des innocents. Les enfants de la Judée massacrés pendant que ses parents l’emmenaient en lieu sûr, pourquoi étaient-ils morts sinon à cause de lui ? Il ne l’avait pas voulu, bien sûr. Ces soldats sanglants, ces enfants coupés en deux, lui faisaient horreur. Mais, tel qu’il était, je suis sûr qu’il ne pouvait les oublier. Et cette tristesse qu’on devine dans tous ses actes, n’était-ce pas la mélancolie inguérissable de celui qui entendait au long des nuits la voix de Rachel, gémissant sur ses petits et refusant toute consolation ? La plainte s’élevait dans la nuit, Rachel appelait ses enfants tués pour lui, et il était vivant ! (…) c’était un coup de génie de nous dire :« Vous n’êtes pas reluisants, bon, c’est un fait. Eh bien, on ne va pas faire le détail ! On va liquider ça d’un coup, sur la croix ! » Mais trop de gens grimpent maintenant sur la croix seulement pour qu’on les voie de plus loin, même s’il faut pour cela piétiner un peu celui qui s’y trouve depuis si longtemps. (…) Dès lors, puisque nous sommes tous juges, nous sommes tous coupables les uns devant les autres, tous christs à notre vilaine manière, un à un crucifiés, et toujours sans savoir. (…) Il faut me pardonner (…) je ne savais pas ce que je faisais. (…) Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie. (…) La sentence que vous portez sur les autres finit par vous revenir dans la figure, tout droit (…) Eh bien, voilà le coup de génie. J’ai découvert qu’en attendant la venue des maîtres et de leurs verges, nous devions, comme Copernic, inverser le raisonnement pour triompher. Puisqu’on ne pouvait condamner les autres sans aussitôt se juger, il fallait s’accabler soi-même pour avoir le droit de juger les autres. Puisque tout juge finit un jour en pénitent, il fallait prendre la route en sens inverse et faire métier de pénitent pour pouvoir finir en juge. (…) Alors, insensiblement, je passe, dans mon discours, du « je » au « nous ». Quand j’arrive au « voilà ce que nous sommes », le tour est joué, je peux leur dire leurs vérités. Je suis comme eux, bien sûr, nous sommes dans le même bouillon. J’ai cependant une supériorité, celle de le savoir, qui me donne le droit de parler. Vous voyez l’avantage, j’en suis sûr. Plus je m’accuse et plus j’ai le droit de vous juger. (…) Je règne enfin, mais pour toujours. J’ai encore trouvé un sommet, où je suis seul à grimper et d’où je peux juger tout le monde. (…) maintenant (…) je vais savoir si l’un des buts de ma passionnante confession est atteint. (…) J’espère toujours, en effet, que mon interlocuteur sera policier et qu’il m’arrêtera (…) on me décapiterait, par exemple, et je n’aurais plus peur de mourir, je serais sauvé. Au-dessus du peuple assemblé, vous élèveriez alors ma tête encore fraîche, pour qu’ils s’y reconnaissent et qu’à nouveau je les domine, exemplaire. Tout serait consommé, j’aurais achevé, ni vu ni connu, ma carrière de faux prophète qui crie dans le désert et refuse d’en sortir. Camus (La Chute, 1956)


2e anniversaire du 7-octobre: Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative (When seven years ago Hamas was preparing its pogrom… retired British Colonel Richard Kemp presciently called out both Western blindness and its monstrous possibility !)

7 octobre, 2025

ImageImageImage Jordanian-Palestinian Businessman: We Welcome Death | MEMRIImageImageImage
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Pie chart displays 74 percent blue section for Israel and 26 percent red section for Hamas in July poll on support in Israel-Hamas conflict table below shows column percentages by DEM GOP IND/OTH with Israel at 67 percent 82 percent 74 percent and Hamas at 33 percent 18 percent 26 percent another table by age groups 18-34 to 65+ shows Israel support rising from 40 percent to 89 percent and Hamas support falling from 60 percent to 11 percent

Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume! Esaïe 5: 20
L’argument selon lequel dire la vérité serait « inopportun » ou « ferait le jeu » de telle ou telle personne est considéré comme irréfutable, et peu de gens s’inquiètent à l’idée que les mensonges qu’ils tolèrent finiront par sortir des journaux et entrer dans les livres d’histoire. George Orwell
Ce qui signe à nos yeux le démoniaque est que ces actes ont été accomplis au nom d’un bien, sous le couvert d’une morale. Alain Besançon
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. (…) Autrement dit, la problématique judaïque et chrétienne est toujours incorporée à nos déviations. René Girard
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé – en particulier les pays arabes et musulmans. Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte (L’exception européenne, 2009)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
La Palestine, qui s’étend du Jourdain à l’est à la Méditerranée à l’ouest et de Ras Al-Naqurah au nord à Umm Al-Rashrash au sud, est une unité territoriale intégrale. C’est la terre et le foyer du peuple palestinien. L’expulsion et le bannissement du peuple palestinien de sa terre et l’établissement de l’entité sioniste sur celle-ci n’annulent pas le droit du peuple palestinien sur l’ensemble de sa terre et ne confèrent aucun droit à l’entité sioniste usurpatrice sur celle-ci. (…) Le Hamas estime qu’aucune partie de la terre de Palestine ne doit être compromise ou concédée, quelles que soient les causes, les circonstances et les pressions et quelle que soit la durée de l’occupation. Le Hamas rejette toute alternative à la libération pleine et entière de la Palestine, du fleuve à la mer. Charte du Hamas (articles 2 et 20, 2017)
Le sang des femmes, des enfants et des personnes âgées (…) c’est nous qui avons besoin de ce sang, pour qu’il éveille en nous l’esprit révolutionnaire, pour qu’il éveille avec nous, la détermination. Ismail Haniyeh
Nous sommes fiers de sacrifier des martyrs. Ghazi Hamad (Hamas)
À la minute près, le jour même où les Français ont annoncé leur décision, le Hamas a quitté la table des négociations. » Marco Rubio
Au cours des 15 dernières années, beaucoup a été écrit et dit sur le fait que les manuels scolaires palestiniens ne promeuvent pas la paix et la coexistence et que les médias palestiniens publient souvent des documents anti-israéliens. Bien que cela soit vrai, on ne peut ignorer le fait que la campagne anti-israélienne sur les campus américains n’est pas moins dangereuse. Ce qui se passe sur ces campus ne s’inscrit pas dans le cadre de la liberté d’expression. Il s’agit plutôt de la liberté de diffuser la haine et la violence. Nous ne devrions donc pas être surpris si la prochaine génération de djihadistes ne vient pas de la bande de Gaza ou des montagnes et des mosquées du Pakistan et de l’Afghanistan, mais des campus universitaires des États-Unis. Khaled Abu Toameh (2009)
Harvard purports to train the next generation of American leaders, you can say unequivocally they’re training the next generation of domestic terrorists. Only this time they’re armed with degrees in gender studies and 100, 000 dollars of student debt. For the past 24 hours, Harvard students have praised the terrorists groups Hezbollah, Hamas and the Houthis. They’ve said that Jews are pedophiles and that they’re baby killers. And they’ve called for the murder of prominent Jewish activists. I have emailed every single officer or administrator involved with DEI in the last 24 hours, I’ve not heard a single response. (…) No one has taken responsibility for any of this. Claudine Gay by saying that these were outside forces and demagogues that led to her ouster, she has let so much of this antisemitism to come full force out. Shabbos Kestenbaum (Fox business, January 2024)
Two upper-crust student athletes from tony Montclair, New Jersey, are accused of participating in an ISIS-inspired terror ring — with one of the suspects allegedly plotting a Boston bombing-style attack, the feds said Wednesday. Tomas Kaan Jimenez-Guzel and Milo Sedarat, both 19, were arrested on Tuesday, with both teens living in $1 million-plus Victorian houses in the manicured New York City suburb. The accused yuppie jihadis both grew up in privilege before allegedly turning to ISIS. imenez-Guzel’s mother, Meral Guzel, serves as head of the United Nation’s Women’s Entrepreneurship program, and Sedarat’s father, Roger Sedarat, is an award-winning Iranian American poet and a professor at Queens College in New York City. Guzel has been with the UN for more than a decade working on women empowerment projects, according to her LinkedIn account, with the mother previously working in the finance sector. (…) Both attended Montclair High School, one of the most prestigious public schools in the region. Jimenez-Guzel, who is a hulking 6 feet 1 and 235 pounds, was a defensive end on the football team. Sedarat was on the wrestling team. Montclair is a sought-after suburb outside Newark. New Jersey’s new Gov.-elect Mikie Sherrill and her banker husband are among its notable residents. Milo Sedarat was arrested at his father’s tidy three-story house in Montclair on Tuesday, sources told The Post, with records showing that the family’s three-story home is valued at $1.2 million. He was charged with two counts of transmitting threats to interstate and foreign commerce. (…) Jimenez-Guzel, meanwhile, was arrested in a food court in Terminal B at Newark Liberty International Airport on Tuesday, where police said he was waiting for a flight to visit family in Turkey with the goal of reaching Syria and training with ISIS, law enforcement sources said. The suspect was allegedly set to travel on Nov. 17, but moved the date up after news broke about the Detroit raids against the terror suspects, officials said. The feds said they found numerous ISIS-inspired messages on Jimenez-Guzel’s phone, including a statement he made online about conducting a “Boston bombing-like attack.” Habba said the messages “also included photographs of Jimenez-Guzel standing in front of the ISIS flag holding a knife.” He is charged with attempting to provide material support to a foreign terror group. (…) Sedarat and Jimenez-Guzel were allegedly part of a chat group where several members discussed plans for a Halloween attack that they codenamed “Pumpkin.” The suspects in the group also had material relating to several mass shootings and terrorist attacks, including the 2013 Boston Marathon bombing, 1999’s Columbine, and even the 2019 Christchurch mosque shooting in New Zealand. The New Jersey arrests come just two days after a pair of Dearborn, Michigan, men were charged with supplying weapons for the ISIS-inspired attack allegedly taking aim at gay bars in Detroit. Police also arrested Ayob Nasser, 19, also of Dearborn, on Wednesday for his alleged role in acquiring the weapons and supporting ISIS. The court document names Mohmed Ali, 20, as one of the main co-conspirators aiming to unleash a mass shooting on Halloween night, prosecutors said. The criminal complaint ultimately refers to five unidentified co-conspirators and a minor, labeled “Person 1,” the latter of whom was allegedly assigned to carry out the attack along with Ali, while the rest of the group made their way to join ISIS in Syria. But before Ali and his associates could carry out the alleged terror attack, authorities raided their homes and a storage unit rented by Ali in nearby Inkster. In all, investigators recovered three AR-15-style rifles, two shotguns, four pistols and more than 1,600 rounds of ammunition — as well as GoPro cameras, tactical vests and additional gear. Along with the weapons, police found images and messages on the suspects’ electronic devices that demonstrated their obsession with ISIS. Ali specifically had videos on his Instagram account of the 9/11 terrorist attack in New York City and the hijackers who perpetrated it, according to the complaint. NYPost (Nov. 5, 2025)
On ne peut pas parvenir à la paix si les terroristes sont traités comme des martyrs. Glorifier les terroristes est un obstacle considérable à la paix. C’est une façon horrible de penser. C’est un obstacle infranchissable. Cela prendra fin, et bientôt, croyez-moi. Dans les manuels scolaires et les mosquées palestiniens, il existe une culture de la haine qui se développe depuis des années, et si nous voulons parvenir à la paix, ils doivent y mettre fin et arrêter ce processus éducatif. Ils doivent mettre fin à l’éducation à la haine. Ils doivent y mettre fin, et maintenant. Il n’y a pas d’équivalence morale. Israël ne donne pas le nom de terroristes à des places publiques. Israël ne paie pas ses enfants pour poignarder des Palestiniens au hasard. Candidat Donald Trump (21 mars 2016)
Où sont les routes et les chemins de fer, les industries et les infrastructures du nouvel Etat palestinien ? Nulle part. A la place, ils ont construit kilomètres après   kilomètres des tunnels souterrains, destinés à y cacher leurs armes, et lorsque les choses se sont corsées, ils y ont placé leur commandement militaire. Ils ont investi  des millions dans l’importation et la production de roquettes,  de lance-roquettes, de mortiers, d’armes légères et même de drones. Ils les ont délibérément placés dans des écoles, hôpitaux, mosquées et habitations privées pour exposer au mieux  leurs citoyens. Ce jeudi,  les Nations unies ont annoncé  que 20 roquettes avaient été découvertes dans l’une de leurs écoles à Gaza. Ecole depuis laquelle ils ont tiré des roquettes sur Jérusalem et Tel-Aviv. Pourquoi ? Les roquettes ne peuvent même pas infliger de lourds dégâts, étant presque, pour la plupart,  interceptées par le système anti-missiles « Dôme de fer » dont dispose Israël. Même, Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité palestinienne a demandé : « Qu’essayez-vous d’obtenir en tirant des roquettes ? Cela n’a aucun sens à moins  que vous ne compreniez, comme cela a été expliqué dans l’éditorial du Tuesday Post, que le seul but est de provoquer une riposte de la part d’Israël. Cette riposte provoque la mort de nombreux Palestiniens et  la télévision internationale diffuse en boucle les images de ces victimes. Ces images étant un outil de propagande fort télégénique,  le Hamas appelle donc sa propre population, de manière persistante, à ne pas chercher d’abris lorsqu’Israël lance ses tracts avertissant d’une attaque imminente. Cette manière d’agir relève d’une totale amoralité et d’une stratégie  malsaine et pervertie.  Mais cela repose, dans leur propre logique,  sur un principe tout à fait  rationnel,  les yeux du monde étant constamment braqués sur  Israël, le mélange d’antisémitisme classique et d’ignorance historique presque totale  suscitent  un réflexe de sympathie envers  ces défavorisés du Tiers Monde. Tout ceci mène à l’affaiblissement du soutien à Israël, érodant ainsi  sa  légitimité  et  son droit à l’auto-défense. Dans un monde dans lequel on constate de telles inversions morales kafkaïennes, la perversion du Hamas  devient tangible.   C’est un monde dans lequel le massacre de Munich n’est qu’un film  et l’assassinat de Klinghoffer un opéra,  dans lesquels les tueurs sont montrés sous un jour des plus sympathiques.   C’est un monde dans lequel les Nations-Unies ne tiennent pas compte de l’inhumanité   des criminels de guerre de la pire race,  condamnant systématiquement Israël – un Etat en guerre depuis 66 ans – qui, pourtant, fait d’extraordinaires efforts afin d’épargner d’innocentes victimes que le Hamas, lui, n’hésite pas à utiliser  comme boucliers humains. C’est tout à l’honneur des Israéliens qui, au milieu de toute cette folie, n’ont  perdu ni leur sens moral, ni leurs nerfs.  Ceux qui sont hors de la région, devraient avoir l’obligation de faire état de cette aberration  et de dire la vérité. Ceci n’a jamais été aussi aveuglément limpide. Charles Krauthammer
60 % des 18-24 ans ont déclaré soutenir davantage le Hamas qu’Israël. 65 % des 25-34 ans ont déclaré soutenir davantage Israël que le Hamas.70 % des 35-44 ans ont préféré l’État hébreu au groupe terroriste. 74 % des 45-55 ans ont préféré Israël. 84 % des 55-64 ans ont choisi Israël et rejeté le Hamas.89 % des personnes âgées de 65 ans ont exprimé leur soutien à Israël. Harvard-Harris poll (août 2025)
Dans leurs critiques, les adversaires d’Israël font l’impasse sur une nouvelle norme remarquable et historique qu’Israël a établie. Au cours de ma longue carrière de recherche et de conseil en guerre urbaine pour l’armée américaine, je n’ai jamais vu une armée prendre de telles mesures en faveur de la population civile de l’ennemi, en particulier tout en combattant l’ennemi dans les mêmes bâtiments. En fait, selon mon analyse, Israël a pris plus de précautions pour prévenir les dommages aux civils que n’importe quelle armée dans l’histoire – au-delà de ce que le droit international exige et plus que les États-Unis n’ont fait dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan. La communauté internationale, et de plus en plus les États-Unis, reconnaissent à peine ces mesures tout en excoriant sans cesse Tsahal pour ne pas en faire assez pour protéger les civils, alors même qu’il est confronté à une organisation terroriste impitoyable qui retient ses citoyens en otage. Les États-Unis et leurs alliés devraient plutôt étudier la manière dont ils peuvent appliquer les tactiques de Tsahal pour protéger les civils, même si ces armées seraient certainement extrêmement réticentes à employer ces techniques en raison du désavantage qu’elles subiraient dans tout combat contre une armée terroriste urbaine telle que le Hamas. La théorie occidentale prédominante de l’exécution des guerres, appelée guerre de manœuvre, cherche à briser un ennemi moralement et physiquement avec une force et une vitesse surprenantes et écrasantes, en frappant les centres de gravité politiques et militaires de manière à ce que l’ennemi soit détruit ou se rende rapidement. Ce fut le cas lors des invasions du Panama en 1989, de l’Afghanistan en 2001, de l’Irak en 2003 et de la tentative illégale de prise de contrôle de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a échoué. Dans tous ces cas, aucun avertissement n’a été donné et aucun délai n’a été accordé pour l’évacuation des villes. À bien des égards, Israël a dû abandonner ce schéma établi afin d’éviter que les civils ne subissent des dommages. Les FDI ont en quelque sorte « téléphoné » presque chaque mouvement à l’avance pour que les civils puissent se déplacer, cédant presque toujours l’élément de surprise. Cela a permis au Hamas de repositionner ses hauts dirigeants (et les otages israéliens) en fonction des besoins à travers le terrain urbain dense de Gaza et les kilomètres de tunnels souterrains qu’il a construits. Les combattants du Hamas, qui contrairement aux FDI ne portent pas d’uniformes, ont également profité de l’occasion pour se fondre dans la population civile lors de leur évacuation. L’effet net est que le Hamas réussit dans sa stratégie consistant à créer des souffrances palestiniennes et des images de destruction afin d’exercer une pression internationale sur Israël pour qu’il arrête ses opérations, assurant ainsi sa propre survie. Avant de lancer sa campagne terrestre à l’automne, Israël a averti, parfois pendant des semaines, les civils d’évacuer les principales zones urbaines du nord de la bande de Gaza. Les FDI ont déclaré avoir largué plus de 7 millions de tracts, mais elles ont également déployé des technologies jamais utilisées dans le monde, comme j’ai pu le constater de visu lors d’un récent voyage à Gaza et dans le sud d’Israël. Israël a passé plus de 70 000 appels téléphoniques directs, envoyé plus de 13 millions de SMS et laissé plus de 15 millions de messages vocaux préenregistrés pour informer les civils qu’ils devaient quitter les zones de combat, où ils devaient se rendre et quel itinéraire ils devaient emprunter. Ils ont déployé des drones équipés de haut-parleurs et largué par parachute des haut-parleurs géants qui ont commencé à diffuser des messages invitant les civils à quitter les zones de combat dès qu’ils ont touché le sol. Ils ont annoncé et mené des pauses quotidiennes de toutes les opérations pour permettre à tous les civils restés dans les zones de combat d’évacuer. Ces mesures ont été efficaces. Israël a pu évacuer plus de 85 % des zones urbaines du nord de la bande de Gaza avant le début des combats les plus violents. Ce chiffre est conforme à mes recherches sur l’histoire des guerres urbaines, qui montrent que, quels que soient les efforts déployés, environ 10 % des populations restent sur place. Alors que la guerre faisait rage, Israël a commencé à distribuer ses cartes militaires aux civils afin qu’ils puissent procéder à des évacuations localisées. Cela non plus n’a jamais été fait en temps de guerre. (…) J’ai vu que les FDI suivaient même la population en temps réel jusqu’à un rayon de quelques pâtés de maisons à l’aide de drones et d’images satellite, de la présence des téléphones portables et de l’évaluation des dommages causés aux bâtiments afin d’éviter de frapper des civils. (…) Bien entendu, le nombre réel de civils tués à Gaza n’est pas connu. L’estimation actuelle de plus de 31 000 fournie par le Hamas ne reconnaît pas un seul décès de combattant (ni aucun décès dû à des tirs erronés de ses propres roquettes ou à d’autres tirs amis). Les FDI estiment avoir tué environ 13 000 agents du Hamas, un chiffre que je juge crédible en partie parce que je fais confiance aux forces armées d’un allié américain démocratique plutôt qu’à un régime terroriste, mais aussi en raison du nombre de combattants du Hamas affectés aux zones nettoyées et ayant observé les armes utilisées, l’état des tunnels du Hamas et d’autres aspects du combat. Cela signifierait que quelque 18 000 civils sont morts à Gaza, soit un ratio d’environ 1 combattant pour 1,5 civil. Compte tenu du gonflement probable du nombre de morts par le Hamas, le chiffre réel pourrait être plus proche de 1 pour 1. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un chiffre historiquement bas pour une guerre urbaine moderne. L’ONU, l’UE et d’autres sources estiment que les civils représentent généralement 80 à 90 % des victimes, soit un rapport de 1 à 9, dans les guerres modernes (bien que ces chiffres mélangent tous les types de guerres). Lors de la bataille de Mossoul en 2016-2017, une bataille supervisée par les États-Unis qui a utilisé les ressources aériennes les plus puissantes au monde, quelque 10 000 civils ont été tués contre environ 4 000 terroristes de l’Etat islamique. Et pourtant, des analystes qui devraient être mieux informés continuent de condamner les FDI sur la base du niveau de destruction qui s’est encore produit – destruction qui est inévitable contre un ennemi qui s’enfonce dans un vaste système de tunnels sous des sites civils dans un terrain urbain dense. (…) Ironiquement, l’approche prudente adoptée par Israël peut en fait avoir conduit à une plus grande destruction ; puisque les FDI qui donnent des avertissements et procèdent à des évacuations aident le Hamas à survivre, elles prolongent en fin de compte la guerre et, avec elle, sa dévastation. (…) Ceux qui demandent à Israël de trouver une alternative à la réduction des pertes civiles (jusqu’à zéro) devraient par honnêteté intellectuelle reconnaitre que cette alternative laisserait les otages israéliens en captivité et permettrait au Hamas de survivre à la guerre. L’alternative à la survie d’une nation ne peut être la voie de l’extinction. John Spencer (25.03.2024)
Yesterday, President Donald Trump single-handedly collapsed the most destructive idea of the last hundred years—Palestine. During meetings with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and other Israeli officials, Trump said he was going to move 1.7 million Palestinians out of Gaza. And just like that, he broke the long spell that had captured generations of world leaders, peace activists, and Middle East terror masters alike, who had paradoxically come to regard the repeated failure and haunting secondary consequences of the idea of joint Arab Muslim and Jewish statehood in the same small piece of land as proof of its necessity. Palestine was a misshapen idea from the beginning, engendered by an act of pure negation. The Arabs could have gone along with the U.N.’s partition plan like the Jews did, and chosen to build whatever version of Switzerland or Belgium on the eastern Med in 1948. Instead, they resoundingly chose war. That’s the storied “Nakba” at the core of the Palestinian legend—the catastrophe that drove the Arabs from their land and hung a key around the neck of a nation waiting to go home. The Arabs chose the catastrophe; they chose war, based on the premise that they would inevitably win and exterminate the Jews. Yet despite repeated military failures, and the increasing distance between the first-world powerhouse that the Israelis built and their increasingly war-torn, third-world neighborhood, the global conscience was always predisposed to rebuilding what the Palestinians destroyed. Accordingly, the Palestinian Arabs became a tribe of feral children whose identity was carved out of the relentless vow to eliminate Israel and slaughter the Jews en masse—despite repeated failures, each one more crushing than the last. Trump said, enough, we’re not rebuilding Gaza. Time for a new idea—the Gazans have to to go, they can try to start again somewhere else, in a land where every building still standing isn’t already wired to explode. Gazans waged an exterminationist campaign against Israel, and they lost. At any other time in history, save the last 75 years, they would be lucky to lose only territory and not have their legend and language permanently deleted from the book of the living. (…) Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi’s problem is that he allowed Hamas to smuggle arms through the Philadelphi crossing into Gaza, thereby violating Egypt’s peace treaty with Israel—which is what we nominally pay him for. (…)  the Jordanians, with U.S. help, put down a Palestinian rebellion in 1970. The country of a little more than 11 million is already estimated to be two-thirds Palestinian, the rest Jordanian tribesmen, and it’s hard to see how adding another 500,000 Palestinians will make it harder for Jordan’s notoriously effective security services to contain their neighbors, especially if the offer includes a few dozen more Black Hawk helicopters. After all, no one will expect the Jordanians to allow Hamas to build a giant tunnel-city stuffed with rocket factories beneath their encampments while giving them billions in foreign aid to pay for it all. Again, the key players here aren’t Jordan and Egypt but the oil rich Gulf Cooperation Council states, especially Saudi Arabia, the United Arab Emirates, and of course Qatar. The Arabs and Democrats are only the most vocal of the many opposed to Trump’s initiative. Left-wing governments from Europe to Australia are lining up to pledge their allegiance to the fantasy of a Palestinian state, in the hopes of propitiating Muslim and Arab constituencies at home—whose understanding of “peace” means eliminating Israel. But even leaving the patent bad faith of those professing “peace” aside, moving Gazans out of Gaza is the only sane option 14 months after they initiated a campaign of rape, murder, and hostage-taking that brought their own house down on their heads. (…) Estimates vary as to how long it would take to clear Gaza of explosives—half a decade or more? Fifteen years? Twenty? Are the Gazans supposed to live quietly in tents for the next decade or two while their homes are rebuilt next door? (…) The Saudis, Qataris, Emiratis and others who now rend their clothes while lamenting the likely fate of their ant-farm death cult might well have counseled: Quiet brothers, you have been spared. Don’t bring attention to yourselves. For the winds of Gaza shift on a whim and who knows if you are not next to be swept away by fate—or the American president. Here is the stark reality: Gazans, not just the enlisted members of the Hamas brigades, waged an exterminationist campaign against Israel, and they lost. At virtually any other time in history, save the last 75 years, they would be lucky to lose only territory and not have their legend and language permanently deleted from the book of the living. Trump’s generous offer to the Gazans therefore signals a return to history, but with a twist. Trump has not only spared them, but vowed to provide them with new lives, better lives, work, new homes, a chance to raise their families in peace, an existence not premised on total and permanent war with a more powerful adversary destined to rout them entirely, and would have already done so if not for the objections of other powerful global players. Trump, in his innovative mercy, has offered to save the Palestinian people from their own history, and give them a new idea to live by. They should thank their maker for the chance to start anew—and give thanks as well to the American president, who realistically promises them a better future, backed by U.S. global power. Given the repeated failure of the multi-decade-long dream of eliminating and replacing the Jews of Israel, it seems unlikely that the Palestinians will receive a better offer. Lee Smith
Le 7 octobre 2023, le groupe terroriste Hamas à Gaza, un « appareil politique doté d’une branche militaire », a lancé des milliers de roquettes sur Israël, envahi ses communautés du sud, commis des atrocités et des crimes de guerre contre la population, et emmené plus de 250 otages à Gaza. Le 8 octobre, Israël a déclaré une guerre d’autodéfense avec plusieurs objectifs déclarés : « récupérer les otages illégalement enlevés, détruire les capacités militaires du Hamas, renverser le Hamas en tant qu’autorité gouvernante de Gaza, sécuriser les frontières d’Israël et empêcher le Hamas ou tout autre groupe de Gaza de mener une nouvelle attaque contre Israël et sur le territoire israélien ». En 2007, après avoir pris le pouvoir dans la « zone très densément peuplée » de Gaza, le Hamas a dépensé plus d’un milliard de dollars pour construire plus de 350 miles de « tunnels à usage militaire sous les zones urbaines de Gaza, allant du niveau du sol jusqu’à plus de 200 pieds sous terre ». Israël est entré à Gaza, où « à chaque pas que vous faites, il y a un tunnel sous vos pieds ». La libération des otages « est devenue l’un des plus grands défis militaires de l’ère moderne » pour les Forces de défense israéliennes (FDI). Le fait que le Hamas « se trouve en zone urbaine et l’ait préparée pour la défense » depuis plus de deux décennies « est tout à fait unique et difficile à comparer dans l’histoire » à d’autres ennemis en zone urbaine qui avaient généralement peu de temps pour se préparer à se défendre. Dans la plupart des batailles urbaines de l’histoire, plus [l’ennemi] a eu de temps pour préparer sa défense, « plus la bataille est importante, plus elle est longue et plus elle est destructrice ». En comparaison, la bataille pour reprendre la ville de Mossoul aux 5 000 combattants de l’EI a pris neuf mois à 100 000 membres des forces de sécurité irakiennes. L’EI n’a eu que deux mois pour préparer sa défense, contrairement aux 20 ans dont a disposé le Hamas pour militariser la plupart des maisons de Gaza avec « des caches, des engins explosifs improvisés ou des positions de tireurs d’élite ». La stratégie de guerre urbaine du Hamas consiste « non pas à combattre l’armée israélienne, mais à pousser la communauté internationale à empêcher Israël de remporter la victoire, même après les crimes horribles du 7 octobre ». En violation des règles de la guerre, le Hamas utilise une « stratégie de bouclier humain » qui consiste à placer des civils « devant soi afin que l’ennemi ne puisse pas vous attaquer ». L’utilisation de civils et de sites protégés à des fins militaires « complique les opérations ». Le Hamas va encore plus loin en utilisant une « stratégie de sacrifice humain », affirmant qu’il « a besoin que des civils meurent » et refusant à la population l’accès aux tunnels de protection qui sont à l’usage exclusif du Hamas. La communauté internationale, avec sa cohorte anti-israélienne, anti-occidentale et anti-guerre, a aidé l’ennemi en faisant pression sur Israël « pour qu’il s’arrête avant d’atteindre ses objectifs ». Ils ont été aidés par « toute une série d’organisations affiliées aux Nations unies » qui ont à peine condamné le Hamas pour avoir utilisé des boucliers humains et des stratégies de sacrifice humain. Aucune de ces organisations n’a exigé que le Hamas « se rende et libère unilatéralement et sans condition les otages ». La pression sur Israël a également été alimentée par les réseaux sociaux. Contrairement aux guerres précédentes, « c’est la première guerre de cette ampleur et de cette intensité où l’on assiste à une condamnation ou à la diffusion d’images via les téléphones portables, les réseaux sociaux et les algorithmes », qui ont une influence mondiale. En fin de compte, cette guerre est un « bras de fer » entre le Hamas, qui pensait pouvoir lancer sa guerre du 7 octobre contre Israël tout en conservant le pouvoir et en survivant, et Israël, qui adhère aux mœurs d’une « société démocratique ». Les adversaires d’Israël ont cité de faux chiffres concernant les victimes et la proportionnalité pour « justifier leurs opinions sur la guerre ». En substance, le Hamas a fabriqué des chiffres pour produire une « condamnation fondée sur les effets » contre Israël, que les médias ont accusé d’« avoir intentionnellement causé des dommages aux civils et détruit des infrastructures civiles ». Les détracteurs ont ignoré le droit de la guerre et les « précautions » prises par l’armée israélienne pour limiter les « dommages collatéraux potentiels » dans le cadre de sa guerre défensive à Gaza. Sans accès à l’information, le monde a accepté sans broncher les chiffres fournis par le Hamas, « l’organisation terroriste désignée ». Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza n’a pas « fait de distinction entre civils et combattants, ou non-combattants et combattants ». Dans tout contexte comparable, « le ratio civils/combattants d’Israël reste historiquement faible », compte tenu des mesures de précaution prises. « Israël a fait plus et mis en œuvre plus de mesures pour prévenir les dommages civils que n’importe quelle autre armée dans l’histoire de la guerre urbaine ». L’évacuation par Israël des villes de Gaza, son recours limité à la force et la distribution de cartes « pour communiquer avec les civils » sont autant de mesures prises pour minimiser les pertes civiles. Malgré ces mesures, les médias et les défenseurs du Hamas « tentent de présenter une certaine forme d’illégalité » en sortant les chiffres de leur contexte afin de dénigrer Israël. « Il est vraiment essentiel que les gens comprennent qu’il s’agit simplement de mensonges, de mensonges éhontés et de statistiques. » Le Hamas a lancé plus de « 13 000 roquettes » contre l’État juif, et « chacune de ces plus de 13 000 roquettes constitue une violation du droit de la guerre ». Si Israël n’avait pas investi autant dans la « diplomatie des roquettes » en développant ses capacités défensives anti-roquettes, en particulier le Dôme de fer et le Lance-pierres de David, les roquettes lancées contre ses villes auraient tué « des dizaines de milliers de personnes ». Dans les nombreuses guerres qu’Israël a menées contre le Hamas et Gaza, l’objectif était de mettre fin aux tirs de roquettes. « Mais dans une guerre où l’objectif est de neutraliser les capacités militaires de l’ennemi, on ne peut pas y parvenir uniquement par des bombardements. Il faut pénétrer dans le territoire ennemi et détruire ces capacités. Dans un environnement urbain dense, on parle à juste titre de « grand égalisateur ». La pression internationale sur Israël s’est intensifiée avec « la remise en question des objectifs, la remise en question de la capacité à atteindre ces objectifs et, désormais, la critique de l’armée ». Une force plus importante aurait fait comprendre au Hamas qu’il n’avait aucune chance, mais « malheureusement, dans le contexte politique de cette guerre, de nombreux pays ont envoyé des messages au Hamas, [y compris] les Nations unies, [pour lui dire] de tenir bon. Vous pouvez gagner et nous arrêterons Israël. » En raison du fait que « toute guerre est asymétrique », on a assisté à une « augmentation des guerres urbaines à travers le monde », lorsque les forces les plus faibles savent qu’elles peuvent tirer avantage en attirant « une armée avancée en terrain urbain ». Les États-Unis auraient mené la guerre à Gaza différemment en utilisant « plus de puissance de combat pour essayer d’y mettre fin plus rapidement. Parce que c’est ce que vous voulez faire. » Les performances de l’armée israélienne à Gaza, ses capacités et ses actions, « sont sans aucun doute celles d’une force morale, éthique et disciplinée qui accomplit des choses uniques dans le scénario urbain le plus complexe auquel aucune armée n’ait été confrontée dans l’histoire moderne. John Spencer (24.01.2025)
Jamais auparavant dans l’histoire, un parti n’avait adopté une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. (…) Alors que certaines des tactiques les plus brutales du Hamas, comme le viol systématique et la décapitation des captifs, sont des atrocités pratiquées depuis longtemps et pour lesquelles les armées de Staline, Hitler et Gengis Khan sont tristement célèbres, il est sans précédent qu’un parti adopte une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. C’est tellement étrange et maléfique que cela devrait consterner toute personne décente. Contrairement aux commentaires habituels, il ne s’agit pas d’une stratégie de bouclier humain. Il s’agit d’une stratégie de sacrifice humain. Depuis sa naissance en 1987, le Hamas a déclaré que son objectif était de détruire Israël. Sa stratégie est asymétrique, c’est-à-dire que le Hamas étant plus petit et plus faible que l’armée israélienne, il s’appuie sur une stratégie visant à saper Israël sur le plan politique. Dans l’espoir (vraisemblablement) d’inciter les dirigeants saoudiens à renoncer à leurs projets de normalisation des relations avec Israël, le Hamas a lancé cette guerre avec deux objectifs. Premièrement, provoquer des soulèvements parmi les Arabes et les musulmans, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël. Deuxièmement, amener le reste du monde à considérer Israël avec dégoût et haine. Pour atteindre ces objectifs, le Hamas veille à ce que sa guerre blesse et tue un grand nombre de Palestiniens à Gaza. Pour ce faire, il élabore des stratégies et prépare le terrain depuis des années. Son objectif est de faire de la propagande auprès d’un monde crédule – de faire retomber le sang des victimes palestiniennes sur les mains d’Israël. Les responsables de la défense de nombreux pays, pour des raisons opérationnelles et pour se conformer aux lois internationales de la guerre, s’efforcent d’éloigner leurs moyens militaires des civils et de maximiser la protection de ces derniers. Les responsables du Hamas font le contraire. Comme l’ont noté avec désapprobation des représentants des Nations unies et d’autres, le Hamas stocke des munitions dans des écoles, place des lance-missiles à proximité de mosquées, installe des centres de commandement dans des hôpitaux et, d’une manière générale, base ses opérations dans des quartiers civils densément peuplés. Il ne s’agit pas simplement d’une stratégie de bouclier humain, dont l’objectif est de dissuader une attaque en utilisant des vies innocentes comme barrière. Le Hamas fait quelque chose de bien plus insidieux : il s’assure de la mort massive de Palestiniens. (…) Lorsque le Hamas tire des roquettes sur Israël et tue, capture et viole des civils, il sait qu’Israël ripostera. Les dirigeants du Hamas placent leurs ressources dans des bâtiments civils non pas dans l’espoir qu’Israël cesse de tirer, mais en calculant froidement que les représailles causeront de terribles dommages aux civils palestiniens, malgré les efforts extraordinaires déployés par l’armée israélienne pour les éviter. Le Hamas s’efforce de maximiser, et non de minimiser, ces dommages. Il s’agit de générer une pression internationale sur Israël pour qu’il mette fin à ses représailles – et de renforcer les ennemis d’Israël dans leur description de l’État juif comme un méchant. Israël a des raisons morales et pratiques d’éviter de nuire aux civils palestiniens. Les Israéliens sont fiers d’agir avec humanité, même en temps de guerre. Leurs officiers – comme ceux de l’armée américaine – font la distinction entre les sites civils et militaires et ne visent jamais délibérément les premiers. Même lorsqu’il s’agit d’attaquer des chefs terroristes de haut rang, Israël s’efforce d’éviter de blesser les membres de leur famille, sans parler des civils non apparentés. Pour éviter les dommages collatéraux, Israël avertit régulièrement des attaques, même si cela augmente les risques pour les Israéliens et diminue les chances de succès d’une attaque. Au cours de la guerre actuelle, Israël a prévenu les habitants de différents quartiers qu’il y aurait bientôt des attaques et qu’ils devraient se hâter de se rendre dans les zones de sécurité désignées. La stratégie du Hamas est innovante au plus haut point. Pour tous ceux qui aspirent à renforcer les contraintes morales qui pèsent sur la guerre, elle constitue un énorme pas en arrière. C’est sauvage, cynique et contre nature, mais le pire, c’est que c’est efficace. C’est pourquoi elle est utilisée. Les Palestiniens innocents méritent la sympathie. Mais lorsque les Américains, les Européens et d’autres dirigent leur indignation vers Israël, sans saisir la responsabilité du Hamas, ils encouragent la cruauté même qu’ils ont l’intention de condamner. La responsabilité du sacrifice délibéré de Palestiniens innocents incombe avant tout au Hamas, bien sûr, mais aussi à ceux d’entre nous qui, dans le monde extérieur, se laissent duper par cette stratégie. Des écoles, des hôpitaux et des mosquées seront bombardés dans les prochains jours. C’est ce que veut le Hamas, ce dont il s’est assuré. Ceux qui, même s’ils sont bien intentionnés, blâment Israël sont complices des crimes de guerre du Hamas. Il est temps d’attribuer la responsabilité à juste titre et de cesser d’encourager les crimes du Hamas contre les Palestiniens (sans parler de ceux contre les Israéliens). Pour le bien des Palestiniens et des Israéliens, et pour respecter la décence et le droit les plus élémentaires, c’est le moins que nous puissions faire. Douglas J. Feith
Le 7 octobre fut aussi un point de bascule car pour la première fois, une partie de l’intelligentsia de gauche se plaça explicitement du côté des terroristes. Ce jour-là, on a compris qu’un abîme moral séparait l’extrême gauche du reste de la société. Ce jour là, on a compris que les valeurs progressistes qu’elle prétend défendre ne sont qu’une façade dissimulant des pulsions bien plus troubles. Elle agite comme boussole morale la crainte du retour des heures sombres mais lorsque survient le pire massacre antisémite depuis Adolf Hitler, elle tergiverse, refuse de condamner. Elle explique qu’il faut croire sur parole toutes les femmes mais s’acharne à nier les viols subies par les femmes israéliennes.    Elle explique que des mots peuvent offenser, mais juge qu’un pogrom est un mode d’expression politique légitime. Ce qui anime cette gauche, c’est en réalité une violente haine de notre civilisation au nom d’une grille de lecture qui fait des occidentaux (dont Israël est l’émanation au Proche-Orient) des coupables par essence, et des « racisés » des victimes éternelles, même lorsque les racisés en question sont des djihadistes au projet génocidaire. Il est d’ailleurs amusant de constater que dans le passé, la gauche niait, par hostilité à notre civilisation, les crimes des régimes qu’elle admirait : le génocide cambodgien par les khmers rouges, les famines provoquées par Staline en Ukraine, les goulags en URSS. Aujourd’hui, par fidélité à ce même schéma anti-occidental, elle fait l’inverse : elle invente un génocide. Simon Fitoussi
J’ai posé la question aux guetteuses survivantes et, selon elles, elles n’ont pas été écoutées car elles n’étaient pas des officiers, mais de simples troufions. (…) Ils n’avaient pas le bon logiciel pour décrypter les signes. Les autorités savaient qu’il allait se passer quelque chose puisque la veille, dans la nuit, il y avait eu une réunion de l’état-major. Mais aucun n’a dit : ‘Le Hamas va attaquer.’ Car pour eux, s’ils attaquaient, ce serait juste quarante terroristes, pas 4 000 comme cela a été le cas le 7-Octobre. David Korn-Brzoza
L’attention était complètement focalisée sur l’Iran (…) puis, dans cet ordre-là : sur le Hezbollah au Liban, ensuite sur la Cisjordanie et ses problèmes sécuritaires majeurs, et en dernier sur le Hamas et Gaza. Doron Avital (ex-commandant d’une unité d’élite de l’armée israélienne)
L’histoire militaire est pleine de surprises. Tout repose sur une grille de lecture. (…) Tsahal et l’Etat d’Israël ont bâti une hypothèse : ‘Nous connaissons le Hamas et il n’attaquera pas parce qu’il veut rester au pouvoir à Gaza.’ Ami Ayalon (ex-directeur du Shin Bet)
La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël. L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique. Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ». (…) Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils. Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens. (…) Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes. (…) Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois. (…) Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture. (…) Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements. Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer. Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population. (…) Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité. Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés. (…) – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger. (…) Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier. (…) La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence. Richard Kemp (2018)

Alors qu’en ce triste 2e anniversaire du pire pogrom depuis la Shoah …

Où Israël pourrait enfin, merci M. Trump et M. Netanyahou, se délivrer et nous délivrer tous d’une des plus démoniaques idéologies de l’histoire …

Et qu’abomination des abominations et de New York à Londres ou Paris ou Toronto ou Sidney, des centaines de milliers de manifestants …

S’apprêtent à soutenir non les victimes mais les bouchers eux-mêmes …

La même gauche qui autrefois niait les crimes de Stalin et Mao

Et aujourd’hui invente contre les victimes elles-mêmes un prétendu génocide … 

Retour sur les jeunes recrues-vigies israéliennes mais aussi des années avant le colonel britannique à la retraite Richard Kemp

Qui bien avant cette funeste journée avaient en vain alerté les autorités israéliennes et le monde …

Qui ne pouvaient imaginer non seulement le désir de mort des bouchers génocidaires du Hamas…

Mais derrière leur perverse stratégie du sacrifice humain l’effroyable soutien qu’ils pourraient avoir dans nos universités, rues et chancelleries occidentales !

« Personne n’a voulu les écouter » : « Les guetteuses du 7-Octobre », un documentaire inédit qui révèle comment le renseignement israélien a minimisé les alertes

France Télévisions

Alors que le conflit meurtrier entre Israël et le Hamas pourrait entrer dans sa troisième année, France 5 diffuse dimanche soir un documentaire qui revient sur la funeste journée du 7 octobre 2023, qui a fait basculer le Proche-Orient dans un nouveau chapitre sanglant de son histoire.

« On a tout dit, on a prévenu tout le monde que quelque chose d’important allait se passer (…) Je suis en colère parce qu’ils n’ont écouté personne », fulmine Maya Desiatnik, une jeune Israélienne qui a échappé de peu à la mort le 7 octobre 2023, lors des attaques terroristes du Hamas. La soldate de 21 ans était alors chargée de surveiller la frontière avec la bande de Gaza, en tant que guetteuse dans l’unité 414, à la base d’observation de Nahal Oz.

Quelques semaines avant la tragédie, avec d’autres jeunes recrues, elle alerte à plusieurs reprises les services de renseignement que des activités suspectes de miliciens du Hamas se déroulent le long de la clôture qui sépare les deux territoires. Or ni la sécurité intérieure israélienne ni l’état-major ne prennent en compte leurs avertissements.

L’histoire de la jeune militaire, ainsi que celle de ses camarades, dont quinze ont perdu la vie et sept ont été prises en otage lors de cet assaut, est retracée dans un documentaire inédit, intitulé Les guetteuses du 7-Octobre, réalisé par David Korn-Brzoza et diffusé dimanche 5 octobre à 21h05 sur France 5.

Illustré d’images tournées par des terroristes du Hamas, par l’armée israélienne et par les jeunes femmes elles-mêmes, le film revient sur cette journée sanglante vécue par les observatrices grâce au témoignage de survivantes et de familles de victimes. Il tente d’expliquer, avec l’expertise de spécialistes du renseignement israélien, comment cette attaque terroriste hors norme a pu se produire malgré les différentes alertes.

Les premières victimes du Hamas

Eyal Eshel a perdu sa fille Roni le 7-Octobre alors qu’elle effectuait son service militaire obligatoire, comme Maya Desiatnik, à la base de Nahal Oz, située à 700 mètres de l’enclave palestinienne. Ce jour-là, Roni Eshel est à son poste de guetteuse. Sous la supervision d’un commandant de Tsahal, elle scrute la frontière et évalue s’il y a un risque de dépôt de bombe à sa lisière, ou la menace d’une incursion de commandos du Hamas sur le sol israélien. Tout cela grâce à des caméras pouvant aller jusqu’à 600 mètres de distance.

Au petit matin, des dizaines de miliciens palestiniens réussissent à pénétrer dans la base militaire. Ils tuent tous les soldats présents et mettent le feu au poste de contrôle dans lequel se trouve Roni. Tous ses occupants périssent dans l’incendie. « Elles savaient tout. Plusieurs mois avant, elles ont tout vu grâce aux caméras et elles ont écrit ce qui se passait de l’autre côté de la frontière, mais personne n’a voulu les écouter », déplore Eyal Eshel.

D’autres parents de jeunes femmes qui ont disparu dans cette base de Nahal Oz, confirment les propos d’Eyal Eshel. « Une semaine avant le 7-Octobre, Noa nous a dit : ‘Papa, après les fêtes, il y aura la guerre' », explique Avi Marciano, dont la fille, Noa, était aussi guetteuse dans ce camp militaire. Durant les mois qui précèdent les attentats, les jeunes soldates racontent à leur famille qu’elles remarquent des provocations fréquentes et de plus en plus inquiétantes de la part de membres du Hamas à la frontière avec Gaza.

« On était en alerte permanente dans la salle de contrôle. Des hommes armés s’approchaient de la clôture et tiraient vers nous. Ou alors, c’étaient des groupes qui voulaient détruire la barrière et y déposer des explosifs. »

Margareth Weinstein, ex-guetteuse

Dans le documentaire  » Les guetteuses du 7-Octobre »

Une situation inquiétante dont est également témoin Maya Desiatnik. « Il y avait des patrouilles composées de quarante ou cinquante terroristes, des patrouilles régulières (…) Ils allaient du nord au sud de Gaza et s’arrêtaient à chaque poste. Ils se mettaient en hauteur pour nous observer », rapporte la jeune femme qui consigne scrupuleusement ces informations afin qu’elles remontent à sa hiérarchie. « Cela n’a pas été le cas, je ne sais pas pourquoi, » se désole-t-elle.

Deux ans après le 7-Octobre, les familles tentent toujours de comprendre pourquoi leurs filles n’ont pas été entendues. Certains ont émis l’hypothèse que les autorités sont restées sourdes aux différentes alertes parce qu’elles venaient de femmes et non d’hommes. Le réalisateur du documentaire, David Korn-Brzoza, dément cette analyse, comme il l’explique à franceinfo. « J’ai posé la question aux guetteuses survivantes et, selon elles, elles n’ont pas été écoutées car elles n’étaient pas des officiers, mais de simples troufions. »

Une aberration pour Sapir Nissani, dont la sœur Shahaf a également perdu la vie dans la base de Nahal Oz. « On les a désignées pour être les yeux de l’armée. (…) Mais dans ce cas, si vous leur donnez une responsabilité aussi importante, alors écoutez-les. C’est logique, non ? », s’agace-t-elle dans le documentaire.

« Le mépris de l’ennemi, l’arrogance et la suffisance »

Lors des manifestations monstres réclamant la libération des otages retenus à Gaza, la responsabilité de l’armée, des services de renseignement et de la police, et plus généralement celle du gouvernement israélien, est pointée du doigt. « Ils n’avaient pas le bon logiciel pour décrypter les signes, assure David Korn-Brzoza. Les autorités savaient qu’il allait se passer quelque chose puisque la veille, dans la nuit, il y avait eu une réunion de l’état-major. Mais aucun n’a dit : ‘Le Hamas va attaquer.’ Car pour eux, s’ils attaquaient, ce serait juste quarante terroristes, pas 4 000 comme cela a été le cas le 7-Octobre. »

Selon d’anciens dirigeants militaires, d’ex-conseillers du Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, ou du Shin Bet, le service de renseignement intérieur, le sentiment d’invincibilité de l’Etat hébreu est la cause du désastre du 7-Octobre.

« Le Hamas a organisé un entraînement pour simuler la prise de notre base de Nahal Oz (…) Le Shin Bet le savait. C’est là que s’est manifestée une triple erreur : le mépris de l’ennemi, l’arrogance et la suffisance. On s’est dit : ‘C’est un petit groupe, il ne peut pas vraiment faire de mal à Israël.' »

Mika Kobi, ex-expert du Shin Bet

Dans le documentaire  » Les guetteuses du 7-Octobre »

La vigilance des autorités israéliennes se porte, à l’époque, davantage sur le nucléaire iranien, qui menace dangereusement l’existence même de l’Etat d’Israël, contrairement aux combattants du Hamas, considérés comme étant trop faibles et trop corrompus. « L’attention était complètement focalisée sur l’Iran (…) puis, dans cet ordre-là : sur le Hezbollah au Liban, ensuite sur la Cisjordanie et ses problèmes sécuritaires majeurs, et en dernier sur le Hamas et Gaza », argue Doron Avital, ex-commandant d’une unité d’élite de l’armée israélienne.

Une erreur de jugement nourrie par les manipulations d’un des chefs de la branche armée du Hamas, et cerveau du 7-Octobre, Yahya Sinwar. Ce dernier avait signé, en 2021, un cessez-le-feu avec l’Etat hébreu et semblait vouloir normaliser le Hamas. C’est en tout cas ce que pensait le haut commandement israélien. « L’histoire militaire est pleine de surprises, résume l’ex-directeur du Shin Bet, Ami Ayalon, dans le documentaire. Tout repose sur une grille de lecture. (…) Tsahal et l’Etat d’Israël ont bâti une hypothèse : ‘Nous connaissons le Hamas et il n’attaquera pas parce qu’il veut rester au pouvoir à Gaza.' »

Le documentaire Les guetteuses du 7-Octobre, réalisé par David Korn-Brzoza est diffusé dimanche 5 octobre à 21h05 sur France 5 et est visible sur la plateforme france.tv. 

Voir aussi:

Fumée et miroirs : six semaines de violence à la frontière de Gaza
Richard Kemp
Gatestone institute
14 mai 2018
Traduction du texte original: Smoke & Mirrors: Six Weeks of Violence on the Gaza Border

Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période.

Une tempête parfaite

Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs.

Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens.

Outre la zone frontalière, les Palestiniens ont prévu de mener des actions violentes à la même période, à Jérusalem et en Cisjordanie. Bien que le 15 mai soit considéré comme le point culminant de six semaines de violence à la frontière de Gaza, les Palestiniens ont fait savoir qu’ils entendaient maintenir un niveau de violence frontalière élevé tout au long du mois de Ramadan.

Prétexte et réalité

La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël.

L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique.

Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ».

Les tactiques terroristes du Hamas

Dans le cadre de cette stratégie, le Hamas a mis au point différentes tactiques, qui passent par des tirs de roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes et la construction de tunnels d’attaque sophistiqués qui débouchent au-delà de la frontière, à proximité de villages israéliens voisins. Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils.

Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens.

Même stratégie, nouvelles tactiques

Après les roquettes et les tunnels d’attaque utilisés dans trois conflits majeurs (2008-2009, 2012 et 2014), sans oublier plusieurs incidents mineurs, de nouvelles tactiques ont été mises au point qui ont toutes le même objectif fondamental. Les « manifestations » à grande échelle combinées à des actions agressives sont destinées à provoquer une réaction israélienne qui conduit à tuer et à blesser les civils de Gaza, malgré les efforts énergiques des FDI (Forces de défense d’Israël) pour réduire les pertes civiles.

Cette nouvelle tactique s’avère plus efficace que les roquettes et les tunnels d’attaque. Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes.

Comme à leur habitude, ces cibles-là se montrent toujours disposées à se laisser leurrer par ce stratagème. Depuis le début de cette vague de violence, des condamnations véhémentes ont été émises par l’ONU, l’UE et la CPI ; mais aussi plusieurs gouvernements et organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch ; sans parler de nombreux journaux et stations de radio. Leurs protestations incluent des demandes d’enquête internationale sur les allégations de meurtres illégaux ainsi que des accusations de violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme par les FDI.

Les tactiques du Hamas sur le terrain

Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois.

Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjoues par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés.

Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture.

Cerfs-volants et ballons incendiaires

Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. Seules des conditions de vent défavorables ont empêché le déploiement de ces cerfs-volants empêchant ainsi des dommages sérieux potentiels.

Dans plusieurs cas, les cerfs-volants en feu ont provoqué des incendies. Ainsi, le 16 avril, un champ de blé a été incendié côté israélien. Le 2 mai, un cerf-volant incendiaire parti de Gaza a provoqué un incendie majeur dans la forêt de Be’eri dévastant de vastes zones boisées. Dix équipes de pompiers ont été nécessaires pour juguler l’incendie. Des ballons incendiaires ont également été utilisés par le Hamas, notamment le 7 mai, l’un d’eux a réussi à incendier un champ de blé près de la forêt de Be’eri. Israël évalue à plusieurs millions de shekels, les dommages économiques résultants des incendies causés par les cerfs-volants et les ballons.

Si le Hamas a traversé

Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements.

Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer.

Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population.

Forces de défense d’Israel (IDF) : une risposte graduée

Les FDI ont été obligées d’agir avec une grande fermeté – pour empêcher toute pénétration – y compris à l’aide de tirs réels (qui ont parfois été meurtriers) et malgré une condamnation internationale lourde et inévitable.

Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière.

La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves.

Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). Dans tous les cas, les forces de Tsahal fonctionnent selon des procédures opérationnelles standard, rédigées en fonction des circonstances et compilées en collaboration avec diverses autorités des FDI.

Néanmoins, ces échanges de tirs ont généré des morts et de nombreux blessés. Les autorités palestiniennes affirment qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées jusqu’à présent et que plusieurs centaines d’autres ont été blessées. Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité.

Condamnation internationale, aucune solution

Beaucoup ont estimé qu’Israël n’aurait pas dû répondre comme il l’a fait à la menace. Mladenov, envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, a jugé la riposte d’Israël « scandaleuse ». Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a condamné l’usage d’une « force excessive ». Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé que « la violence contre les civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer un crime au regard du Statut de Rome de la CPI ».

Pourtant, en dépit de leurs condamnations, aucun de ces fonctionnaires et experts, n’a été en mesure de proposer une riposte adaptée viable pour empêcher le franchissement violent des frontières israéliennes.

Certains affirment que les troupes israéliennes ont fait un usage de la force disproportionné en tirant à balles réelles sur des manifestants qui ne menaçaient personne. L’UE a ainsi exprimé son inquiétude sur l’utilisation de balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Mais les soi-disant « manifestants » représentaient une menace vitale réelle.

Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate.

La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment.

Échec de la compréhension par la communauté internationale

Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité.

Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés.

Le Hamas a passé des années et dépensé des millions de dollars à creuser des tunnels d’attaque souterrains pour tenter d’entrer en Israël – une menace sérieuse qui implique des pelles, pas des armes à feu. Tout en continuant à creuser des tunnels, ils ont agi au grand jour mais fondus au sein d’une population civile utilisée couverture – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger.

Des critiques ont été formulées (en particulier par Human Rights Watch) à l’encontre de responsables israéliens qui auraient sciemment accordé leur feu vert aux agissements illégaux des soldats. Par exemple, HRW cite comme preuve certains commentaires publics du chef d’état-major de Tsahal, du porte-parole du Premier ministre et du ministre de la Défense.

Il ne leur est sans doute pas venu à l’esprit que ces fonctionnaires exercent leur autorité par des canaux de communication privés et non à travers des médias publics. Par ailleurs, leurs commentaires ne sont pas des instructions aux troupes mais des avertissements lancés aux civils de Gaza pour réduire le niveau de violence et apaiser les craintes légitimes des Israéliens vivant en zone frontalière. Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force.

Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace.

Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises.

Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire.

Faire le jeu du Hamas

Nombreux aussi ont été ceux qui ont affirmé que le gouvernement israélien a refusé de mener une enquête officielle sur les décès survenus. Encore une fois l’assertion est complètement fausse. Les Israéliens ont déclaré qu’ils examineraient les incidents sur la base de leur système juridique, lequel jouit d’un respect unanime au plan international. En revanche, le gouvernement israélien a explicitement refusé une enquête internationale, tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou toute autre démocratie occidentale l’aurait fait dans la même situation.

Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier.

Plus de violence à venir ?

Cette campagne du Hamas peut entraîner des pertes massives dans la population palestinienne. Il est non moins probable que la condamnation des médias, des organisations internationales et des groupes de défense des droits de l’homme va se généraliser. Ceux qui ont un agenda anti-américain et anti-israélien lieront inévitablement cette violence à la décision du président Trump d’ouvrir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Action future

La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence.

Il faut s’attendre à des condamnations supplémentaires de la part d’acteurs internationaux, tels que les divers organismes des Nations Unies, ainsi que des rapports spécifiques produits par des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Des tentatives d’inciter le Procureur de la CPI à examiner ces incidents auront lieu, ainsi que des initiatives de procédures judiciaires lancées par différents États (en utilisant la « compétence universelle ») pour tenter de diffamer et même d’arrêter des responsables militaires et des politiciens israéliens.

Inévitablement, le Hamas et d’autres groupes palestiniens vont renouveler cette tactique à l’avenir. Pour atténuer cela, Israël se prépare à renforcer la frontière de Gaza pour rendre toute tentative de pénétration plus difficile sans recourir à la force létale. (Ils travaillent déjà sur une barrière souterraine pour empêcher la pénétration par effet tunnel.) Cependant, il s’agit d’un projet à long terme et la possibilité d’étanchéifier la frontière au point de la rendre impénétrable demande à être clarifiée.

En outre, Tsahal porte aujourd’hui une attention accrue aux armes non létales. Mais en dépit d’importantes recherches menées au plan international, aucun système viable et efficace ne peut fonctionner dans de telles circonstances.

Les amis et alliés d’Israël peuvent agir pour contrer la propagande anti-israélienne du Hamas, et faire pression sur les dirigeants politiques, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations internationales et les médias pour éviter une fausse condamnation d’Israël ; il faut également lutter contre les réclamations d’une action internationale comme d’une enquête unilatérale des Nations Unies et ses résolutions. Un tel rejet, de préférence accompagné d’une forte condamnation de la tactique violente du Hamas, pourrait contribuer à décourager l’utilisation de tels plans d’action. Bien entendu, face à un agenda anti-israélien aussi profondément enraciné, de telles recommandations sont plus faciles à formuler qu’à mettre en pratique.

Le colonel Richard Kemp commandait les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Cette analyse a été publiée à l’origine sur le site Web de HIGH LEVEL MILITARY GROUP. Elle est reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir encore:

Attaques du 7 octobre : deux ans plus tard…

Simon Fitoussi

Europe 1

7 octobre 2025

Je me rappelle très bien où j’étais il y a deux ans, le matin du 7 octobre 2023. Au début, je n’ai pas prêté attention aux notifications qui s’accumulaient sur mon téléphone, imaginant qu’il s’agissait du bruit de fond habituel du conflit, d’une salve de roquettes que le système antimissile israélien intercepterait facilement. À mesure que la journée avançait, mon cerveau traduisait en images ce que je lisais dans la presse, et la sidération me submergeait.  

1200 israéliens assassinés. Des jeunes femmes venues assister à un festival de musique violées, torturées et exécutées. Des familles entières brûlées vives à l’heure du déjeuner. Des corps mutilés, ligotés, décapités et certains tellement suppliciés qu’il a fallu leur ADN pour les identifier. Des femmes enceintes éventrées. Des Kibboutz entiers décimés. Et 251 otages, dont des nourrissons et des vieillards, arrachés à leur famille et amenés dans des tunnels à Gaza.  

Les terroristes, euphoriques, ont filmé et diffusé ces massacres, allant donc plus loin dans la barbarie que les nazis, qui avaient au moins la décence de camoufler leurs crimes.   

Le 7 octobre, ce n’est pas seulement Israël qui a vacillé, c’est l’illusion naïve que dans le monde moderne, la barbarie appartenait au passé.  

Évoquer ces faits permet de rappeler cette évidence : c’est le Hamas qui a déclenché cette guerre, et c’est le Hamas qui pourrait à tout moment l’arrêter en déposant les armes et en rendant les otages qu’il détient encore. Parmi ces otages, il y a par exemple Evyatar David et Rom Braslavski, des jeunes hommes de respectivement 24 et 21 ans, qui avaient la vie devant eux et que les dernières images montrent affamés et terrorisés dans des caves à Gaza.  

Le 7 octobre fut aussi un point de bascule car pour la première fois, une partie de l’intelligentsia de gauche se plaça explicitement du côté des terroristes. Ce jour-là, on a compris qu’un abîme moral séparait l’extrême gauche du reste de la société. Ce jour là, on a compris que les valeurs progressistes qu’elle prétend défendre ne sont qu’une façade dissimulant des pulsions bien plus troubles.  

Elle agite comme boussole morale la crainte du retour des heures sombres mais lorsque survient le pire massacre antisémite depuis Adolf Hitler, elle tergiverse, refuse de condamner.   

Elle explique qu’il faut croire sur parole toutes les femmes mais s’acharne à nier les viols subies par les femmes israéliennes.    Elle explique que des mots peuvent offenser, mais juge qu’un pogrom est un mode d’expression politique légitime.  

Ce qui anime cette gauche, c’est en réalité une violente haine de notre civilisation au nom d’une grille de lecture qui fait des occidentaux (dont Israël est l’émanation au Proche-Orient) des coupables par essence, et des « racisés » des victimes éternelles, même lorsque les racisés en question sont des djihadistes au projet génocidaire.  

Il est d’ailleurs amusant de constater que dans le passé, la gauche niait, par hostilité à notre civilisation, les crimes des régimes qu’elle admirait : le génocide cambodgien par les khmers rouges, les famines provoquées par Staline en Ukraine, les goulags en URSS. Aujourd’hui, par fidélité à ce même schéma anti-occidental, elle fait l’inverse : elle invente un génocide.

Voir par ailleurs:

The End of ‘Palestine’
Donald Trump reminds the world that ideas have sell-by dates
Lee Smith
Tablet
February 05, 2025

Yesterday, President Donald Trump single-handedly collapsed the most destructive idea of the last hundred years—Palestine. During meetings with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and other Israeli officials, Trump said he was going to move 1.7 million Palestinians out of Gaza. And just like that, he broke the long spell that had captured generations of world leaders, peace activists, and Middle East terror masters alike, who had paradoxically come to regard the repeated failure and haunting secondary consequences of the idea of joint Arab Muslim and Jewish statehood in the same small piece of land as proof of its necessity.

Palestine was a misshapen idea from the beginning, engendered by an act of pure negation. The Arabs could have gone along with the U.N.’s partition plan like the Jews did, and chosen to build whatever version of Switzerland or Belgium on the eastern Med in 1948. Instead, they resoundingly chose war. That’s the storied “Nakba” at the core of the Palestinian legend—the catastrophe that drove the Arabs from their land and hung a key around the neck of a nation waiting to go home. The Arabs chose the catastrophe; they chose war, based on the premise that they would inevitably win and exterminate the Jews.

Yet despite repeated military failures, and the increasing distance between the first-world powerhouse that the Israelis built and their increasingly war-torn, third-world neighborhood, the global conscience was always predisposed to rebuilding what the Palestinians destroyed. Accordingly, the Palestinian Arabs became a tribe of feral children whose identity was carved out of the relentless vow to eliminate Israel and slaughter the Jews en masse—despite repeated failures, each one more crushing than the last.

Trump said, enough, we’re not rebuilding Gaza. Time for a new idea—the Gazans have to to go, they can try to start again somewhere else, in a land where every building still standing isn’t already wired to explode.

Gazans waged an exterminationist campaign against Israel, and they lost. At any other time in history, save the last 75 years, they would be lucky to lose only territory and not have their legend and language permanently deleted from the book of the living.

What if they won’t go, or if the Egyptians and Jordanians won’t take them? They’ll take them, said Trump. Ah, he’s talking big, but it’s not real, say the experts—after all, he’s a real estate guy, and he’s pretending it’s just another property deal to pressure Hamas—Mar-a-Gaza. You can’t move a million people just like that, says an American electorate that elected Trump because he promised to deport tens of millions of illegal aliens who crossed the U.S. border in the last four years. He’s nuts says the D.C. foreign policy crowd: He’ll destabilize Egypt and Jordan, and undermine America’s best Arab friends and allies in the region.

Yet Trump is right to see both Egypt and Jordan as paltry constructions with little-to-no ability to project force on America’s behalf, and whose survival depends month to month on American aid. Cairo is useful to the United States only insofar as it, one, makes sure the Suez Canal is open and, two, observes the peace treaty with Israel—i.e., continues its campaign of repression against a populace of 112 million people who can barely afford to buy bread, and many of whose dreams are filled with the same insanity that drives Hamas. The only antidote to this misery that Egypt’s rulers have found is blaming the Zionists next door for the ills of their own society, while torturing religious extremists in their prisons. Maybe when Elon Musk is finished fixing Washington he can conduct an audit of where American money goes in Egypt. Somehow, I doubt he’d get in the door.

Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi’s problem is that he allowed Hamas to smuggle arms through the Philadelphi crossing into Gaza, thereby violating Egypt’s peace treaty with Israel—which is what we nominally pay him for. From the perspective of Trump, an American president keen to enforce treaty obligations, Sisi has a new chance to prove himself as a friend of America and not a grafting liar by adding a million Gazans—who in the past have been ruled by Egypt and have family names like al-Masri (“the Egyptian”)—to Egypt’s existing population of 112 million, amounting percentagewise to roughly the same number of legal immigrants that the United States accepts per year. Sisi can deal with the Hamas members among the Gazan immigrants the same way he deals with Muslim Brotherhood militants in his own society—or he can give them all medals for their service. It’s up to him.

And if not? Well, he might remember that Hosni Mubarak’s regime collapsed not because of Muslim Brotherhood-led street protests during the 2011 Arab Spring but because Barack Obama withdrew his support from the longtime U.S. ally.

With money from the Gulf states, or even Israel, Sisi can afford to absorb Palestinians and might even volunteer to take all of Gaza—the average salary in Egypt at present being the equivalent of $5,000 per year. He can then leave Jordan’s King Abdullah responsible for the rest of the Palestinians in the likely event that Trump, as he did in his first term, encourages Netanyahu to annex the Jordan Valley, or goes a step further and acknowledges Israeli sovereignty over Judea and Samaria.

Since the CIA has long treated the Hashemite Kingdom as a key asset, we can expect within the next week The Washington Post’s David Ignatius to publish an article based on intelligence sources—i.e., U.S. and Jordanian spies—concocting a story about Trump’s rationale for “destabilizing Jordan.” The reality is that the Jordanians, with U.S. help, put down a Palestinian rebellion in 1970. The country of a little more than 11 million is already estimated to be two-thirds Palestinian, the rest Jordanian tribesmen, and it’s hard to see how adding another 500,000 Palestinians will make it harder for Jordan’s notoriously effective security services to contain their neighbors, especially if the offer includes a few dozen more Black Hawk helicopters. After all, no one will expect the Jordanians to allow Hamas to build a giant tunnel-city stuffed with rocket factories beneath their encampments while giving them billions in foreign aid to pay for it all.

Again, the key players here aren’t Jordan and Egypt but the oil rich Gulf Cooperation Council states, especially Saudi Arabia, the United Arab Emirates, and of course Qatar. Trump might make Saudi largesse in resettling the Gazans a precondition for the much-hyped prospect of normalizing relations between Riyadh and Jerusalem. Given the fact that Israel regularly attracts nine- and 10-figure investments from Silicon Valley’s biggest funds, the reality is that the Saudis have little to offer Israel except for money applied to exactly this type of local purpose. Moving millions of Gazans who have repeatedly attacked their Israeli neighbors out of what is now a shattered war zone is a sensible investment in the kind of stability that helps rich people get richer.

The Arabs and Democrats are only the most vocal of the many opposed to Trump’s initiative. Left-wing governments from Europe to Australia are lining up to pledge their allegiance to the fantasy of a Palestinian state, in the hopes of propitiating Muslim and Arab constituencies at home—whose understanding of “peace” means eliminating Israel. But even leaving the patent bad faith of those professing “peace” aside, moving Gazans out of Gaza is the only sane option 14 months after they initiated a campaign of rape, murder, and hostage-taking that brought their own house down on their heads.

After all, what’s more fanciful, moving 1.7 million people out of Gaza, a large portion of whom would simply be required to board air-conditioned buses or walk across the nearby Egypt border, or compelling them to live in a giant rubble field booby-trapped by an Iran-backed terrorist group? Estimates vary as to how long it would take to clear Gaza of explosives—half a decade or more? Fifteen years? Twenty? Are the Gazans supposed to live quietly in tents for the next decade or two while their homes are rebuilt next door? Where? In “temporary cities” made of Dwell Magazine-like rehabbed shipping containers built by graduates of Birmingham University? In Hamas’ tunnels?

Regardless, should the Palestinians remain in Gaza, they would invariably return to war no matter how much munificence the Gulf Arab states, the European Union, and perhaps even the U.S. might shower on the toxic sand castle built over the past two decades with billions of Western aid money. Proof the Palestinians can’t and won’t keep the peace is that even after they won a reprieve when Trump’s Middle East envoy Steve Witkoff forced the Biden administration’s cease-fire on Jerusalem, Hamas and its NGO-supported human shields celebrated in the streets as if the Hamas space program had successfully landed Palestinians on Mars. Even as Israel released jailed murderers, the Gazans paraded Israeli hostages through the ruins of Gaza like trophies of war.

The Saudis, Qataris, Emiratis and others who now rend their clothes while lamenting the likely fate of their ant-farm death cult might well have counseled: Quiet brothers, you have been spared. Don’t bring attention to yourselves. For the winds of Gaza shift on a whim and who knows if you are not next to be swept away by fate—or the American president.

Here is the stark reality: Gazans, not just the enlisted members of the Hamas brigades, waged an exterminationist campaign against Israel, and they lost. At virtually any other time in history, save the last 75 years, they would be lucky to lose only territory and not have their legend and language permanently deleted from the book of the living.

Trump’s generous offer to the Gazans therefore signals a return to history, but with a twist. Trump has not only spared them, but vowed to provide them with new lives, better lives, work, new homes, a chance to raise their families in peace, an existence not premised on total and permanent war with a more powerful adversary destined to rout them entirely, and would have already done so if not for the objections of other powerful global players.

Trump, in his innovative mercy, has offered to save the Palestinian people from their own history, and give them a new idea to live by. They should thank their maker for the chance to start anew—and give thanks as well to the American president, who realistically promises them a better future, backed by U.S. global power. Given the repeated failure of the multi-decade-long dream of eliminating and replacing the Jews of Israel, it seems unlikely that the Palestinians will receive a better offer.

COMPLÉMENT:

Alleged yuppie jihadis, 19, from Montclair, NJ, plotted Boston bombing-style attack, planned to join ISIS: feds
Chris Nesi, Joe Marino and Ronny Reyes
The New York Post

Nov. 5, 2025

Two upper-crust student athletes from tony Montclair, New Jersey, are accused of participating in an ISIS-inspired terror ring — with one of the suspects allegedly plotting a Boston bombing-style attack, the feds said Wednesday.

Tomas Kaan Jimenez-Guzel and Milo Sedarat, both 19, were arrested on Tuesday, with both teens living in $1 million-plus Victorian houses in the manicured New York City suburb.

The accused yuppie jihadis both grew up in privilege before allegedly turning to ISIS.

Jimenez-Guzel’s mother, Meral Guzel, serves as head of the United Nation’s Women’s Entrepreneurship program, and Sedarat’s father, Roger Sedarat, is an award-winning Iranian American poet and a professor at Queens College in New York City.

Guzel has been with the UN for more than a decade working on women empowerment projects, according to her LinkedIn account, with the mother previously working in the finance sector.

Roger Sedarat, who teaches poetry and literary translation for Queens College’s MFA program, is best known for his works celebrating the written history of his father’s native Iran and Persian poetry.

Neither parent could be reached for comment on Wednesday.

Both attended Montclair High School, one of the most prestigious public schools in the region. Jimenez-Guzel, who is a hulking 6 feet 1 and 235 pounds, was a defensive end on the football team. Sedarat was on the wrestling team.

Montclair is a sought-after suburb outside Newark. New Jersey’s new Gov.-elect Mikie Sherrill and her banker husband are among its notable residents.

Milo Sedarat was arrested at his father’s tidy three-story house in Montclair on Tuesday, sources told The Post, with records showing that the family’s three-story home is valued at $1.2 million.

He was charged with two counts of transmitting threats to interstate and foreign commerce.

Acting US Attorney for the District of New Jersey Alina Habba said the complaint “describes a pattern of antisemitic messages advocating violence, along with images and purchases consistent with preparation for attack, including a knife and sword collection, tactical gear, and images of him practicing at a gun range.”

Jimenez-Guzel, meanwhile, was arrested in a food court in Terminal B at Newark Liberty International Airport on Tuesday, where police said he was waiting for a flight to visit family in Turkey with the goal of reaching Syria and training with ISIS, law enforcement sources said.

The suspect was allegedly set to travel on Nov. 17, but moved the date up after news broke about the Detroit raids against the terror suspects, officials said.

The feds said they found numerous ISIS-inspired messages on Jimenez-Guzel’s phone, including a statement he made online about conducting a “Boston bombing-like attack.”

Habba said the messages “also included photographs of Jimenez-Guzel standing in front of the ISIS flag holding a knife.”

He is charged with attempting to provide material support to a foreign terror group.

Sedarat arrived at the federal courthouse in Newark on Wednesday evening shackled at the wrists and ankles, and sporting a gray hoodie, tousled hair, and a faint mustache.

The suspect flashed a smile at someone in the gallery during his brief appearance in front of Magistrate André Espinosa, who ordered him to be held at Essex County Jail.

Jimenez-Guzel, who towered over the US Marshals leading him into the Newark courtroom in shackles, remained silent during his appearance, except to confirm to Espinosa that he understood the charges against him and potential penalty, which prosecutors said includes up to 20 years in prison per count, plus a $250,000 fine and lifetime supervised release.

Prosecutors also asked for an order prohibiting Jiminez-Guzel and Sedarat from having any contact with their co-conspirators and co-defendants, as well as a separation order specifically prohibiting any communication between the teen suspects, which Espinosa granted.

Both Sedarat and Jimenez-Guzel’s defense attorneys declined The Post’s request for comment at the federal courthouse in Newark.

Craig Weedon, who lives near Sedarat, said neighbors were shocked when nearly two dozen law enforcement vehicles pulled up to arrest the suspect.

Michigan terror plot suspect Mohmed Ali at a gun range. Eastern District of Michigan
The incident has left the community shaken, with neighbors leaving flowers and condolence notes on the family’s home and expressing their shock over how a local teen could allegedly be connected with such a dark terror plot.

“They’re good kids,” said one woman who declined to give her name. Others described the Sedarats as “good neighbors” and a “good family.”

Sedarat and Jimenez-Guzel were allegedly part of a chat group where several members discussed plans for a Halloween attack that they codenamed “Pumpkin.”

The suspects in the group also had material relating to several mass shootings and terrorist attacks, including the 2013 Boston Marathon bombing, 1999’s Columbine, and even the 2019 Christchurch mosque shooting in New Zealand. Both parents were unavailable for comment.

The New Jersey arrests come just two days after a pair of Dearborn, Michigan, men were charged with supplying weapons for the ISIS-inspired attack allegedly taking aim at gay bars in Detroit.

Police also arrested Ayob Nasser, 19, also of Dearborn, on Wednesday for his alleged role in acquiring the weapons and supporting ISIS.

The court document names Mohmed Ali, 20, as one of the main co-conspirators aiming to unleash a mass shooting on Halloween night, prosecutors said.

The criminal complaint ultimately refers to five unidentified co-conspirators and a minor, labeled “Person 1,” the latter of whom was allegedly assigned to carry out the attack along with Ali, while the rest of the group made their way to join ISIS in Syria.

But before Ali and his associates could carry out the alleged terror attack, authorities raided their homes and a storage unit rented by Ali in nearby Inkster.

In all, investigators recovered three AR-15-style rifles, two shotguns, four pistols and more than 1,600 rounds of ammunition — as well as GoPro cameras, tactical vests and additional gear.

Along with the weapons, police found images and messages on the suspects’ electronic devices that demonstrated their obsession with ISIS.

Ali specifically had videos on his Instagram account of the 9/11 terrorist attack in New York City and the hijackers who perpetrated it, according to the complaint.

US Attorney Jerome Gorgon Jr. said the Department of Justice would crack down on the would-be terrorist and anyone else involved in this plot.

“We will not stop. We will follow the tentacles where they lead. We will continue to stand guard with the FBI against terrorism,” Gorgon said in a statement.


Violence politique: Quels mensonges, fieffés mensonges et statistiques ? (The right is wrong to deny that the far-right does surpass the far left in, still extremely rare, political homicides, but as far-left homicides seem to be more deadly and trending upward, should the left rejoice over misleading statistics that not only include extremists killing each other, but could even inspire or help them recruit ?)

18 septembre, 2025
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Il y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les fieffés mensonges et les statistiques. (attribué à) Mark Twain
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel ! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (né Behar, La Vérité, 1968)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. » Jung (1939)
Mein Kampf (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. » Churchill
Nous vivons sous le règne d’un nouveau pacte germano-soviétique. Nos deux totalitarismes s’allient pour nous détruire, avant de s’entre-déchirer ensuite. (…) Au libéralisme droits-de-l’hommiste les métropoles ; à l’islam les banlieues. Quant à l’islam, nous avons l’embarras du choix. Dans les années 30, les auteurs les plus lucides qui dénonçaient le danger allemand comparaient le nazisme à l’islam. Et personne ne leur reprochait de stigmatiser l’islam. A la limite, beaucoup trouvaient qu’ils exagéraient un petit peu : « Bien sûr, disaient-ils, le nazisme est parfois un peu raide et intolérant, mais de là à le comparer à l’islam. Dans la rue, les femmes voilées et les hommes en djellabas sont une propagande par le fait. Une islamisation de la rue, comme les uniformes d’une armée d’occupation rappellent aux vaincus leur soumission. Au triptyque d’antan « immigration, intégration, assimilation », s’est substitué « invasion, colonisation, occupation ». Eric Zemmour (Convention de la droite, La Palmeraie, Paris, 28 septembre 2019)
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! Arthur Rimbaud (1871)
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Le fascisme est bien plus sain que n’importe quelle conception hédoniste de la vie (…) Alors que le socialisme et même le capitalisme – plus à contrecoeur – ont dit aux gens: « Je vous offre du bon temps », Hitler leur a dit: « Je vous offre la lutte, le danger et la mort » et le résultat a été qu’un nation entière se jeta à ses pieds. Orwell
Le fait est qu’il y a quelque chose de profondément attirant chez lui. […] Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement du confort, de la sécurité, des journées de travail raccourcies, de l’hygiène, de la contraception et du bon sens en général ; ils souhaitent aussi, au moins de temps en temps, vivre de luttes et de sacrifice de soi, sans mentionner les tambours, les drapeaux et les défilés patriotiques. George Orwell
La Passion a dévoilé une fois pour toutes l’origine sacrificielle de l’Humanité en nous confrontant à ce qui était caché depuis la fondation du monde : la réalité crue de la violence et la nécessité du sacrifice d’un innocent. Elle a défait le sacré en révélant sa violence fondamentale, même si le Christ a confirmé la part de divin que toutes les religions portent en elles. Le christianisme n’apparaît pas seulement comme une autre religion, comme une religion de plus, qui a su libérer la violence ou la sainteté : elle proclame, de fait, la fin des boucs émissaires, donc la fin de toutes les religions possibles. Moment historique décisif, qui consacre la naissance d’une civilisation privée de sacrifices humains, mais qui génère aussi sa propre contradiction et un scepticisme généralisé. Le religieux est complètement démystifié – ce qui pourrait être une bonne chose, dans l’absolu, mais se révèle en réalité une vraie catastrophe, car les êtres humains ne sont pas préparés à cette terrible épreuve : les rites qui les avaient lentement éduqués, qui les avaient empêchés de s’autodétruire, il faut dorénavant s’en passer, maintenant que les victimes innocentes ne peuvent plus être immolées. Et l’homme, pour son malheur, n’a rien de rechange. (…) le déchaînement de la violence généralisée au niveau de la planète (…) c’est là que nous en sommes arrivés, après deux conflits mondiaux, deux bombardements atomiques, plusieurs génocides et sans doute la fin des guerres « classiques », armée identifiable contre armée identifiée, au profit d’une violence en apparence plus sporadique, mais autrement plus dévastatrice. (…) le terrorisme est, en quelque sorte, une métastase de la guerre. Mais ce qui me paraît le plus flagrant dans cette affaire, (…) c’est la diffusion de ce terrorisme. Partout, au Moyen-Orient, en Asie et en Asie du Sud-Est, il existe de petits groupes, des voisins, des communautés, qui se dressent les unes contre les autres, pour des raisons complexes, liées à l’économie, au mode de vie, autant qu’aux différences religieuses. (…) il faut regarder la réalité en face. Achever l’interprétation de ce traité, De la guerre, c’est lui donner son sens religieux et sa véritable dimension d’apocalypse. C’est en effet dans les textes apocalyptiques, dans les Evangiles synoptiques de Matthieu, Marc et Luc et dans les Epîtres de Paul, qu’est décrit ce que nous vivons, aujourd’hui, nous qui savons être la première civilisation susceptible de s’autodétruire de façon absolue et de disparaître. La parole divine a beau se faire entendre – et avec quelle force ! -, les hommes persistent avec acharnement à ne pas vouloir reconnaître le mécanisme de leur violence et s’accrochent frénétiquement à leurs fausses différences, à leurs erreurs et à leurs aveuglements. Cette violence extrême est, aujourd’hui, déchaînée à l’échelle de la planète entière, provoquant ce que les textes bibliques avaient annoncé il y a plus de deux mille ans, même s’ils n’avait pas forcément une valeur prédicative : une confusion générale, les dégâts de la nature mêlés aux catastrophes engendrées par la folie humaine. Une sorte de chaos universel. Si l’Histoire a vraiment un sens, alors ce sens est redoutable… (…) Notre civilisation est la plus créative et la plus puissante qui fût jamais, mais aussi la plus fragile et la plus menacée. René Girard
On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule. L’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. C’est peut-être nécessaire. Le terrorisme oblige l’homme occidental à mesurer le chemin parcouru depuis deux mille ans. Certaines formes de violence nous apparaissent aujourd’hui intolérables. On n’accepterait plus Samson secouant les piliers du Temple et périr en tuant tout le monde avec lui. Notre contradiction fondamentale, c’est que nous sommes les bénéficiaires du christianisme dans notre rapport à la violence et que nous l’avons abandonné sans comprendre que nous étions ses tributaires. René Girard
Le fascisme de demain ne dira jamais : “Je suis le fascisme”. Il dira : “Je suis l’antifascisme. » Ignazio Silone (1945)
L’antisionisme est à cet égard une introuvable aubaine car il nous donne la permission, et même le droit, et même le devoir d’être antisémites au nom de la démocratie. L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. II ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort. Vladimir Jankelevitch (1971)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Carpentras, c’était une manipulation. Hubert Védrine
[Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années. Eric Zemmour
Tout ça est une guignolisation de la vie politique, absolument invraisemblable. Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d’avoir un fasciste à sa tête ? Jean-Luc Mélenchon (5 mars 2011)
Au final, Ben Laden a peut-être remporté une victoire idéologique. En additionnant les complotistes, les agités des réseaux sociaux, les djihadistes, les islamistes radicaux, les sympathisants des attentats contre l’Occident – y compris dans le monde dit arabe, pourtant victime immédiate du djihadisme – et ceux qui invoquent la cause palestinienne pour justifier la violence contre les Juifs, on obtient une coalition informelle qui défie les valeurs occidentales et universelles à l’échelle mondiale. Nous sommes passés de l’axe du mal à un désaxement global du monde. Mais ce phénomène s’étend bien au-delà. En France, des images du 10 septembre montrent des appels à « Bloquons tout », qui, malgré leur mise en scène ambitieuse, n’ont pas eu l’impact escompté. Des micros-trottoirs capturent des jeunes parfois délurés, emportés par un élan de contestation, alimentés par le flux débilitant des réseaux sociaux. (…) Puis, pour expliquer l’inexplicable, surgit le mot-clé : « Gaza ». Un terme qui cristallise la colère, l’indignation sincère ou opportuniste, et qui motive des confusions mentales, comme celle de croire que brûler des poubelles changera le monde ou apportera un véritable changement. Ce spectacle n’est ni isolé ni unique. Des foules hétéroclites, marquées par des expressions personnelles bigarrées – cheveux colorés, symboles de rébellion ou de refus de la conformité, keffiehs, drapeaux palestiniens –, se mêlent à des cris, des actes de vandalisme et une solidarité paradoxale avec des causes contradictoires. Ces manifestations (interdites dans le monde dit arabe), qui se multiplient en Occident, posent une question essentielle : d’où viennent, vraiment, cette mobilisation et le sens nihiliste qu’on lui donne ? Où avons-nous failli dans la transmission de nos valeurs et de la solution même imparfaite de la démocratie ? À quel moment la civilisation occidentale a-t-elle dévié de sa trajectoire ? Il est peut-être nécessaire d’examiner les influences cumulatives, comme les effets des réseaux sociaux et l’omniprésence des écrans qui favorisent le nombrilisme numérique et la déconnexion du réel, les angoisses écologiques sur la fin du monde qui amplifient un sentiment d’urgence irrationnel, ou encore un excès de confort qui engendre l’apathie et nourrit la pensée magique ou la non-pensée des influenceurs. Ces facteurs interconnectés contribuent, apparemment, à une désorientation collective, où les jeunes et les citoyens – pourtant bénéficiaires de la démocratie – se perdent dans un brouillard mental, générant une profonde déception sociétale et des hurlements contre des dictatures imaginaires au cœur même du luxe démocratique occidental. (…) Aujourd’hui, l’Occident semble se décomposer de l’intérieur, miné par la futilité ambiante et virale, la remise en question de la démocratie, la haine de soi, l’élection d’extrêmes et une forme de débilité volontaire. Les islamistes transnationaux opèrent avec habileté dans nos murs, façonnant les opinions via des récits victimaires, des éditoriaux post-coloniaux islamisés et une exploitation de la culpabilité historique, transformant le tout en une contre-offensive mondiale. Nous perdons nos enfants et nos ancêtres à la fois. Que faire ? D’abord oser dire non, réfléchir à haute voix, ne plus avoir peur, se défendre contre la débandade et l’assignation. C’est vague mais chacun, parfois, sait ce que cela veut dire. Kamel Daoud
Les statistiques de l’ADL sur l’extrémisme sont citées comme faisant autorité par une grande partie de la presse, notamment son affirmation la plus médiatisée selon laquelle près des trois quarts des meurtres extrémistes aux États-Unis au cours de la dernière décennie ont été commis par des ‘extrémistes de droite’, une catégorie qui inclut les nationalistes blancs. Mais si l’on définit les ‘incidents extrémistes’ comme des incidents violents constituant un crime de haine ou un acte terroriste, ou des incidents dont le rapport mentionne une motivation par des opinions extrémistes, seuls 58 % des incidents cités par l’ADL sur une période de 10 ans correspondent à cette définition. Un facteur important est que l’ADL comptabilise la violence ‘non idéologique’, comme les extrémistes s’entretuant lors de trafics de drogue ratés et de vols, dans ses statistiques globales sur la ‘violence extrémiste’. Cela augmente considérablement le nombre total d’incidents dans son analyse. Exagérer la menace globale encourage les extrémistes politiques qui veulent que le public vive dans la peur. Cela ébranle également la confiance dans l’exactitude des analyses des institutions de confiance sur les crises publiques. Anthony L. Fisher 
Comparés à l’univers de tous les homicides, les homicides à motivation idéologique et la violence extrémiste sont extrêmement rares. Par exemple, même si le pays a connu une flambée d’homicides en 2020 avec plus de 19 000 incidents (Centers for Disease Control and Prevention, 2021), il n’y a eu que huit homicides à motivation idéologique pour la même année, et un seul de ces homicides idéologiques concernait l’extrême gauche. Si l’on compare la létalité des homicides à motivation idéologique d’extrême droite à celle de l’extrême gauche, (…) L’extrême droite continue de surpasser l’extrême gauche tant en termes de fréquence des incidents que de décès. Même en excluant les décès dus à l’attentat d’Oklahoma City1 (n = 168), les décès dus à des homicides à motivation idéologique d’extrême droite s’élèvent en moyenne à 11,5 par an de 1990 à 2020, contre seulement 2,5 décès dus à l’extrême gauche pour la même période. Les décès d’extrême gauche ont dépassé ceux d’extrême droite pendant seulement trois ans de l’analyse temporelle actuelle, 2010 (extrême droite = 5, extrême gauche = 10), 2016 (extrême droite = 2, extrême gauche = 12) et 2017 (extrême droite = 12, extrême gauche = 13). Lors de l’évaluation des autres différences dans les décès, la majorité des incidents (79 %) ont entraîné un décès, tandis que seulement 31 % ont entraîné deux décès ou plus, ce qui corrobore les conclusions de recherches antérieures détaillant la rareté des événements faisant de nombreuses victimes en ce qui concerne le terrorisme et la violence extrémiste. Les différences idéologiques à cet égard sont un peu plus nuancées. Lorsque l’on compare les différences de mortalité entre l’extrême gauche et l’extrême droite, une plus grande proportion d’homicides d’extrême gauche ont fait plusieurs victimes (29 %, n = 12) que l’extrême droite (20 %, n = 45), ce qui indique que les incidents d’homicide d’extrême gauche sont plus susceptibles d’avoir plusieurs victimes d’homicide, tandis que l’extrême gauche est responsable d’un plus petit nombre d’homicides à motivation idéologique, une plus grande proportion d’incidents ont plusieurs victimes et un nombre de victimes légèrement plus élevé en moyenne, ce qui suggère que les extrémistes de gauche sont plus mortels lorsqu’ils se livrent à des violences mortelles. En outre, bien que les homicides à motivation idéologique d’extrême droite aient tendance à diminuer légèrement au fil du temps, la violence d’extrême gauche a légèrement tendance à augmenter.  » Célinet Duran (2021)
Quels mensonges, fieffés mensonges et statistiques ?
Cherchez l’erreur …
Au lendemain de l’assassinat de Charlie Kirk …
Pendant que continuent la mise au pilori et le lynchage médiatique d’Israël et de nos compatriotes juifs comme de nos valeureux même si souvent hémiplégiques lanceurs d’alerte
Quand sans parler des 168 morts de l’attentat d’Oklahoma City …
La droite américaine nie l’évidence de la plus grande fréquence d’homicides politiques du côté de l’extrême droite…
Même si ceux-ci restent en général extrêmement rares avec 0,07 % du total …
Mais alors que les homicides d’extrême gauche semblent être plus meurtriers et en hausse …
La gauche devrait-elle se réjouir de statistiques biaisées, trop générales ou trompeuses …
Qui non seulement incluent des extrémistes s’entretuant et gonflent ainsi les chiffres jusqu’à 30 %…
Mais pourraient même inspirer ou aider ces derniers à recruter ?

The ADL’s extremism statistics make it seem like ultraright-wing violence in the US is more common than it actually is

Charlottesville white supremacists 2017
White supremacists at a rally in Charlottesville, Virginia, August 12, 2017. REUTERS/Joshua Roberts
  • The Anti-Defamation League’s statistics about extremism have been cited as authoritative by much of the press, including its most publicized claim that nearly three-quarters of extremist killings in the US over the past decade have been committed by « right-wing extremists, » a category that includes white nationalists.
  • But if you define « extremist incidents » as incidents involving violence constituting a hate crime or terrorism, or incidents where a report of the incident refers to motivation by extremist views, just 58% of the incidents cited by the ADL over a 10-year-period fit that definition.
  • A major factor is that the ADL counts « non-ideological » violence, such as extremists killing one another in botched drug deals and robberies, in its overall « extremist violence » stats. That significantly increases the overall number of incidents in its analysis.
  • This is not to diminish violence motivated by bigotry or politics; on the contrary, the ADL’s reporting of statistics might be better served with more clearly defined and exacting standards of what constitutes « extremist violence. »
  • Inflating the overall threat emboldens political extremists who want the public to live in fear. It also threatens confidence in the accuracy of trusted institutions’ analysis to public crises.
  • This is an opinion column. The thoughts expressed are those of the author.
In 2015, Michael Augustine Bournes, 59, murdered his wife and three young children, then set his house on fire, before finally fatally shooting himself. An acquaintance told police that Bournes had called him after the murders and said his wife had been « mocking him and riding him all day. » The family was living « off the grid » in a house in Montana not hooked up to public utilities. Police said Bournes was « a constitutionalist who didn’t believe in government » and had anti-government literature in his pickup.In 2008, Cynthia Lynch, 43, filed an online application to join an Oklahoma branch of the Ku Klux Klan. During her initiation ceremony, police say Lynch either tried to back out or got into an argument with the Klansmen; she was shot to death and mutilated, her remains dumped nearby.In 2006, four members of the white supremacist Aryan Brotherhood took 46-year-old Jack Christen to a remote location and demanded to know what he told police about their methamphetamine operation. One of them shot and killed Christen.Each of these crimes is counted as an « extremist incident » by the Anti-Defamation League, whose statistics have been presented by media outlets as the gold standard for reporting on extremists of the white nationalist, anti-government, left-wing anarchist, and radical Islamist varieties in the US.These are each deeply upsetting stories of horrific acts of violence, but when you read them, do you think « terrorism »?
The ‘extremist incidents’ statistic you’ve seen everywhereYou’ve probably seen the statistic based on a study by the Anti-Defamation League that about 70% of « extremist killings » over the past 10 years have been committed by « right-wing extremists, » a category that includes white nationalists, Aryan prison-gang members, and anti-government extremists.That number, with similar phrasing, has been cited in The New York Times, The Washington Post, Politico, the Atlantic, and Insider, to name just a few outlets.The specific wording of the stat drives home the idea that ultrarightists represent the greatest threat of domestic political- or identity-based violence in the US, dwarfing the violence committed by left-wing, anarchist, and Islamic extremists combined.The ADL was founded in 1913 with a mission « to protect the Jewish people and to secure justice and fair treatment for all » and states its « ultimate goal is a world in which no group or individual suffers from bias, discrimination or hate, » according to its website.The group acknowledges that it « tracks both ideological and non-ideological killings by extremists, » because it argues to ignore non-ideological killings would be to discount « an inherent and integral part of the dangers they pose to society. »But it’s the topline catchall numbers of extremist incidents and extremist murders that the group promotes, and which most often end up being repeated in the press without the important distinction regarding possible motives.If you are literally measuring the number of violent incidents committed by people with ties to extremist groups or ideas, the ADL’s topline numbers hold up.But if you limit the definition of « extremist incidents » to incidents motivated by extremist views where violence actually occurs, is attempted, or is substantially plotted, then the numbers drop significantly.And if you consider only incidents that either are classified as hate crimes or terrorism by law, or were described as having been motivated by extremist views by the press — as most people likely do when they think of « extremist violence » — just 58% of the incidents cited by the ADL fit that definition, my investigation found.To be sure, the ADL’s most promoted and reported statistic — ultrarightist groups accounting for a disproportionate number of hate crimes and acts of terror — still holds up.What’s of concern is the seeming inflation of the overall numbers under the vaguely defined umbrella of « extremist incidents » — by including crimes that are not targeted at minorities  which make extremists appear to be more pervasive than they would otherwise be, with greater context.It’s ultimately an issue of reporting. Complicated issues aren’t easy to distill in perfectly formed nuggets, whether they come from a well-respected advocacy organization’s press releases or a news organization’s headlines.As I found, it’s not an easy job to perfectly analyze hundreds of incidents. This is not to imply the ADL has engaged in bad-faith efforts. But in dealing with such sensitive issues, adding as much context as possible is vital to a greater public understanding of the issue.An investigation of the ADL’s ‘extremist incidents’ dataWith the assistance of Insider reporters and a data analyst, I investigated the data the ADL used to make its H.E.A.T. map, an interactive tool tracking the locations of « all incidents of extremism or anti-Semitism in the United States, » covering everything from anti-Semitic graffiti to racist violence to domestic terrorism.According to the ADL’s site, the map was created using « data points extracted from information sources including news and media reports, government documents (including police reports), victim reports, extremist-related sources, Center on Extremism investigations. »On several occasions, I reached out to the ADL for clarification on its criteria. In an email, the ADL directed me to the H.E.A.T. map’s frequently-asked-questions page, which does not fully address my questions. But in its 2018 report on extremist violence, the ADL explained: « Extreme causes often attract adherents with violent tendencies—tendencies that are reflected not only in the violence that adherents commit for their cause, but also the violence they commit against others—including rivals, spouses, children and acquaintances. »Reviewing the citations of each incident defined as « Extremist Murders, » « Terrorist Plot & Attacks, » and « Extremist/Police Shootouts » from 2009-2018 on the ADL’s H.E.A.T. map as a starting point, my colleagues and I explored over 500 cases through news reports, law-enforcement announcements, and court documents. The investigation is solely focused on « extremist violence, » which we defined as incidents where police reports, court documents, or news articles presented evidence that the incidents were motivated by extremist viewpoints.What I found is that the actual number of violent extremist incidents — if defining such crimes as being motivated by bigotry or politics — is much smaller than the ADL’s oft-reported overall number.

White Nationalist Mask Washington, DC 2017
A demonstrator leaves Lincoln Memorial after white nationalist and alt-right « Free Speech » rally in Washington, June 25, 2017. REUTERS/Jim Bourg

Many of the ADL’s ‘extremist incidents’ are not motivated by bigotry or politics. They’re often extremists killing other extremists.

In several cases I examined, it was clear that while the person or people involved might have ties to extremist groups or hold extremist views, the crimes committed by these people that were classified by the ADL as extremist incidents were not targeting protected identity groups. These would likely be the « non-ideological » crimes the ADL says it includes in its tracking of extremist incidents.

For example, if a methamphetamine dealer who happens to be a member of a racist extremist group kills a rival dealer, the ADL may consider that an « extremist killing. » The same seems to be true where white supremacists kill rival white supremacists, or even their own allies they fear are police informants.

There are also cases that defy classification. For example, how does one appropriately classify the case of the former neo-Nazi who killed his roommates for making fun of his newfound Muslim faith? Can this act be properly classified as a hate crime or terrorism?

What appears true — regardless of the definition used to cover extremist incidents — is the theme that emerges from the ADL data: Extremists of all political and prejudiced varieties are typically young men with a history of violence and criminality, often with pronounced mental and emotional issues.

But by painting its findings with such a broad stroke, the ADL data might lead some to conclude that there are significantly more hate crimes and terrorism in the US than actually transpire.

Based on the incidents cited by the ADL, in most years, extremists are just as likely to kill each other, their criminal associates, or their family members as they are to kill people in protected identity groups.

Incidents of extremists harming members of protected identity groups make up a fraction of the ADL’s data

Along with my colleagues, I looked into each of the 414 incidents listed in the ADL’s data that resulted in 426 killings over the course of 2009-2018 — which is the time frame of the ADL’s oft-cited statistic. We vetted the available data to make the most accurate accounting possible, and with ambiguous cases where we couldn’t make a decisive judgment call, we erred on the side of accepting the ADL’s definition of the crime.

Our methodology consisted of analyzing each case using three criteria:

1. Was the incident linked to the race or protected status of the target or victim, or some other political motivation, in the news reports or legal materials we reviewed?

2. Was the perpetrator actually linked to extremist groups or ideology?

3. Did the incident include attempted violence, perpetrated violence, or substantial steps toward violence?

After weighing these criteria, we saw a considerable difference between the ADL count and our count.

Measuring data available on the ADL’s H.E.A.T. map from 2009 to 2018:

  • The ADL identified 414 extremist incidents during that 10-year period. Of those, I found just 240 met the criteria that it constituted actually attempted violence and involved a perpetrator with verifiable or self-identified extremist beliefs against a member of a marginalized or targeted group or their property. That’s 58% of the ADL’s count.
  • The ADL identified 426 extremist killings during that time frame. I found 241 met our criteria.
  • Of these killings, the ADL categorized 305 to be perpetrated by right-wing and white supremacist extremists. Of those, 124 met our criteria.

A breakdown of extremist violence by ideology, 2009-2018:

Islamist extremism

  • The ADL identified 88 incidents (which included a substantial number of thwarted plots) as Islamist extremist violence. I identified 85.

Left-wing extremism

  • The ADL identified 26 incidents as left-wing extremist violence. I identified 24.

Right-wing extremism (including white supremacist extremism)

  • The ADL identified 300 incidents as right-wing extremist violence. I identified 131.

White supremacist extremism

  • The ADL identified 199 incidents as white supremacist extremist violence. I identified 57.
extremist violence 09 18

Ruobing Su/Business Insider

The dangers of overbroad labeling of ‘extremism’ and one-size-fits-all statistics

There are issues inherent with trying to come up with a single catchall statistic on extremist violence.

For one, the federal government’s definition of extremism fluctuates wildly.

This is partly evidenced by Black Lives Matter, an unofficial group of activists who demonstrate against police brutality, being designated in an FBI memo as part of a « black identity extremist » movement. Another recent example is the Department of Homeland Security labeling a group of nonviolent climate activists as « extremists » and grouping them among white supremacists and mass murderers.

The internet’s capacity to make information about extremist murders easier to collect and collate — but also its ability to flatten discussions — can turn debatable discourse into supposedly unimpeachable facts.

It matters because failing to ensure accurate, transparent data undermines a genuinely compelling assembly of data about extremism and its victims in the US.

The ADL’s database of incidents contains any number of altercations and murders that illustrate the sadistic cruelty — and the political ambitions — embodied by many extremists. But it’s the part where those incidents are collected, tagged, aggregated, and boiled into a single statistic that could stand for more thorough discussion.

Colin Clarke, a senior Research Fellow at The Soufan Center, a nonprofit strategy firm focused on global security issues, told me in December, « This is a really challenging space, because we’re asked to determine motive, which may not always be clear. »

« It is incredibly difficult to devise a rigorous and replicable methodology that will be accepted by everyone, » Clarke said. As a result, he believes researchers « need to do our best to be judicious and parsimonious in data collection, lest we risk threat-inflation of over-hyping the threat, which can dilute the overall message. »

Clarke doesn’t want to single out the ADL or any organization, because he says any data- or statistical-based study on terrorism could be subject to methodological criticism. « What this goes to show you is that data collection is critical and that more organizations should be involved in this debate, » Clarke added.

Arthur Jipson, an associate professor at the University of Dayton who specializes in extremism, told me in February that figuring out the correct conclusions is « a tricky question » because there wasn’t a concerted government effort to collect data on hate crimes until the early 1990s, during the George H.W. Bush administration. Jipson also said victims of bias crimes may not report them as such to law enforcement, and state definitions of hate crimes vary from state to state. Both, he argues, potentially undercut the overall number of extremist incidents.

Jipson added that he believes advocacy organizations like the ADL are working hard and acting in good faith, but he concedes advocates « could be more thoughtful about the process of data collection from the very beginning and try to be more careful when we make grand or powerful statements. »

I presented Jipson with a hypothetical scenario: He has been endowed with a huge cash grant and a team of researchers and statisticians at his disposal. With those resources, would he include crimes committed by extremists that don’t have any apparent political or bigoted motive among a catchall statistic for extremist incidents?

« Probably not, » Jipson said, adding: « What I would do is say, here’s the raw data, here’s the raw total. Now let’s break it up into categories where we’ve had really clear evidence. I don’t think [the ADL] is wrong for [using] the raw data, but I would also then say, let’s compare that against data where we have this absolutely clear empirical manifestation of that criminal intent. »

The data does suggest that ultrarightists are the most violent extremists. But inflating the scope of the threat is a disservice.

You may wonder why it’s worth reporting lower numbers of extremist violence than have been widely reported elsewhere. You may be worried that it risks downplaying the threat, or somehow encouraging the public to not be concerned.

On the contrary. Violent extremists are inspired by each other, and the scope of their violence is often used as a recruiting tool. Inflating the overall statistics could embolden extremists who want the public to be terrorized by the seeming scope and force of their violence.

Facts matter and context matters, and how those facts are disseminated matters.

Most people probably don’t know that this big scary number is inflated by the fact that white supremacists are typically violent criminals and most of their violence is based on criminality, not ideology.

By using an overbroad definition of « extremist violence » and counting incidents that were not directly motivated by politics or bigotry, the ADL does a disservice to anyone trying to accurately report on these issues. It’s not dissimilar to ultranationalists cherry-picking statistics regarding violence perpetrated by undocumented immigrants. The bigger the number, the more likely the public is to be cowed by a sense of dread.

The ADL’s statistic that ultrarightists commit nearly three-quarters of all « extremist violence » has been so widely cited it’s now ubiquitous. And as I found, they do commit the most violence motivated by their extremism. The ADL argues that to not include non-ideological violence in its overall numbers would downplay the threat posed by extremists. But by not promoting statistics that make a clear distinction between ideological and non-ideological violence, it undermines trust in the data itself.

When potentially overbroad or misleading data cements itself into the public consciousness, bad things can happen.

Overblown statistics about inner-city crime, drugs, and the threat of Islamist terrorism have all led to policies that have ultimately hurt the most vulnerable populations through over-incarceration, zero tolerance, and the blanket suspicion of mass surveillance.

Those who relied on such exaggerated numbers surely had their hearts in the right place and felt compelled to take action. There’s also the psychic effect to consider on a public bombarded with terrifyingly outsized statistics and broadly drawn narratives lacking the appropriate context and nuance.

That again is why it’s crucial not to over-amplify the threats by using overbroad figures for the overall number of extremist violence. The scrutiny here is not to downplay the threat of extremists or their inherent violence. They do pose a legitimate threat. But given the vast disparity between the numbers the ADL has disseminated and the numbers which we’ve provided with greater context, it is a conversation worth having.

The ADL doesn’t need to make hate-related violence seem more prevalent than it actually is, when the truth is already disturbing enough.

John Haltiwanger, Grace Panetta, and J.K. Trotter contributed reporting. Walter Hickey contributed data analysis.

Voir aussi:

Du 11 Septembre au 10 septembre : la débilité choisie

Les attentats de 2001 ont engendré une coalition improbable : complotistes, islamistes et foules nihilistes. Ben Laden aurait-il gagné la bataille idéologique ?

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Près d’un quart de siècle après les attentats du 11 septembre 2001, ce qui perdure n’est pas seulement le souvenir des tours en flammes, mais un flot incessant de théories conspirationnistes, un recul des démocraties vers les populismes et un affaissement général de la conscience collective, du débat rationnel et presque de la raison elle-même.

Des vidéos montées et décontextualisées circulent pour « prouver » des complots persistants, comme des explosions internes supposées dans les deux tours du World Trade Center. Ces interprétations, souvent amplifiées par des voix influentes sur les réseaux sociaux, transforment l’événement en un terreau fertile pour la post-vérité, où les doutes infondés l’emportent sur les faits établis, fabriquant des foules qui confondent délires et révolutions.

Au final, Ben Laden a peut-être remporté une victoire idéologique. En additionnant les complotistes, les agités des réseaux sociaux, les djihadistes, les islamistes radicaux, les sympathisants des attentats contre l’Occident – y compris dans le monde dit arabe, pourtant victime immédiate du djihadisme – et ceux qui invoquent la cause palestinienne pour justifier la violence contre les Juifs, on obtient une coalition informelle qui défie les valeurs occidentales et universelles à l’échelle mondiale.

Nous sommes passés de l’axe du mal à un désaxement global du monde.

Gaza, mot-clé magique

Mais ce phénomène s’étend bien au-delà. En France, des images du 10 septembre montrent des appels à « Bloquons tout », qui, malgré leur mise en scène ambitieuse, n’ont pas eu l’impact escompté. Des micros-trottoirs capturent des jeunes parfois délurés, emportés par un élan de contestation, alimentés par le flux débilitant des réseaux sociaux. Sur le parvis d’une célèbre place parisienne, deux jeunes filles répondent au micro dans un discours hésitant mais passionné : « Oui, on est là contre tout… C’est à cause de lui, le ministre de… », balbutie l’une, cherchant le nom de Retailleau avec l’aide de son amie, avant d’ajouter « Macron ». Puis, pour expliquer l’inexplicable, surgit le mot-clé : « Gaza ». Un terme qui cristallise la colère, l’indignation sincère ou opportuniste, et qui motive des confusions mentales, comme celle de croire que brûler des poubelles changera le monde ou apportera un véritable changement.

Ce spectacle n’est ni isolé ni unique. Des foules hétéroclites, marquées par des expressions personnelles bigarrées – cheveux colorés, symboles de rébellion ou de refus de la conformité, keffiehs, drapeaux palestiniens –, se mêlent à des cris, des actes de vandalisme et une solidarité paradoxale avec des causes contradictoires. Ces manifestations (interdites dans le monde dit arabe), qui se multiplient en Occident, posent une question essentielle : d’où viennent, vraiment, cette mobilisation et le sens nihiliste qu’on lui donne ? Où avons-nous failli dans la transmission de nos valeurs et de la solution même imparfaite de la démocratie ? À quel moment la civilisation occidentale a-t-elle dévié de sa trajectoire ?

Il est peut-être nécessaire d’examiner les influences cumulatives, comme les effets des réseaux sociaux et l’omniprésence des écrans qui favorisent le nombrilisme numérique et la déconnexion du réel, les angoisses écologiques sur la fin du monde qui amplifient un sentiment d’urgence irrationnel, ou encore un excès de confort qui engendre l’apathie et nourrit la pensée magique ou la non-pensée des influenceurs. Ces facteurs interconnectés contribuent, apparemment, à une désorientation collective, où les jeunes et les citoyens – pourtant bénéficiaires de la démocratie – se perdent dans un brouillard mental, générant une profonde déception sociétale et des hurlements contre des dictatures imaginaires au cœur même du luxe démocratique occidental.

Le 11 septembre 2001, Ben Laden a attaqué l’Occident, ses valeurs, sa démocratie, sa vision du monde et ses réussites. Il a semé la mort et la destruction, inoculé le djihadisme à hauteur internationale. En réponse, nous avons lancé des interventions en Irak et en Afghanistan, souvent soldées par des retraits décevants, et assisté à l’ascension de figures populistes comme Trump. Aujourd’hui, l’Occident semble se décomposer de l’intérieur, miné par la futilité ambiante et virale, la remise en question de la démocratie, la haine de soi, l’élection d’extrêmes et une forme de débilité volontaire. Les islamistes transnationaux opèrent avec habileté dans nos murs, façonnant les opinions via des récits victimaires, des éditoriaux post-coloniaux islamisés et une exploitation de la culpabilité historique, transformant le tout en une contre-offensive mondiale. Nous perdons nos enfants et nos ancêtres à la fois.

Que faire ? D’abord oser dire non, réfléchir à haute voix, ne plus avoir peur, se défendre contre la débandade et l’assignation. C’est vague mais chacun, parfois, sait ce que cela veut dire.