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Fugacité DCCCLXXVIII
Photo Julie

durée armée de voyages
on y danse en cadence dans des tanières de brumes et des fatigues vagabondes
visages contre visages
vie comme une écharpe de rails à toute allure
pour s’adonner à la suite des temps en balance
sur des saisons sans lisières
Barbara Auzou
Un oiseau sous la langue

on n’en a pas fini avec les images du printemps
aux prunelles immenses au nouvel éparpillement
éculées ils disaient
litière trop facile où allonger son transport trop transparent
et pourtant ah la jolie houle de ce vert indécent
tout droit sorti des besaces du vent
avec toutes ses portées à venir
qui s’en va en chantant essayer des existences
et nourrir copieusement l’ogre de nos poitrines
le temps le touchant d’une préférence
on lui donne alternativement le mouvement et le repos
pour que toujours nous revienne la saveur sucrée de l’aube
-un oiseau sous la langue
Barbara Auzou
Rendez-nous la lumière / Dominique A
Fugacité DCCCLXXVII
Photo Julie

secrète parfois à toi même
dans un espace pour un instant réconcilié
tu écoutes ton regard longuement
tu te découpes un petit pan de royauté
une part de temps
et un ciel d’intimité lève ses bras bétonnés
et te sourit
du fond de la houle des siècles
Barbara Auzou
De la chose orpheline à la chose adoptée

qu’aurions-nous pu faire
d’un monde sans exigence ni bonté
du ventre obscène des villes encore
qui jettent par poignées de la poudre sur les yeux
peut-on continuer longtemps et heureux
à dormir contre les reins roses d’un astre inconsolable
contre les grands arbres pâles de regrets
et attendre là que la nuit mange notre miel
vole notre or sans pitié
si on ne peut rien contre la griffe couturière du temps
alors je suivrai l’étreinte cuivrée de la contre-allée
parce que c’est là que je devine le corps chaud du monde
là encore qu’il m’est donné de me connaître un peu
tu vois c’est comme si toute question fut réponse en t’inventant
toi dont je sais le sourire qu’on peut lire dans les deux sens
cette cachette tiède qui va toujours du silence décrété
au silence accueilli
de la chose orpheline à la chose adoptée
Barbara Auzou
Samba Pa Ti / Carlos Santana
Pour Farouk…

me manque ton odeur
forte après la pluie
tu m’as laissé un ciel de rupture
sans mot de passe
j’évite tous les endroits où tu marchais
pour ne pas effacer tes traces
l’amour fait la fable et la douleur
la cérémonie limitrophe du soleil toujours
sur la pointe mouillée du ciel
sons décuplés dans les gouttières de zinc
sur les murs fatigués de trop d’intempéries
aujourd’hui s’étend ton sourire
fleur enfuie que je caresse doucement
de nos mythologies
que je lave aussi sans fin aux voiles et aux tambours
de la nuit
et mon regard est plein d’un humide éclat
que tu me rendrais sans hésiter
pour répartir le jour une fois encore
avec ce qu’il faut de de désordres et d’amour
pour qu’un seul oiseau mette les nuages en déroute
Barbara Auzou
Fugacité DCCCLXXVI
Photo Julie

nous arracherons les masques de ces villes de trop de bruit
bercées d’illusions
qui martèlent au sol leurs chimères
avec trop peu de temps pour s’en soucier
et partout nous mettrons des palmes de protection
sur la courbe de l’ébloui
nous y accrocherons des petits trousseaux d’identité
et poserons sur nos têtes le singulier soleil
d’un calme souverain
enfin couronné
Barbara Auzou
Tarentelle d’astres

derrière les fenêtres
dont on a ratifié le recours en grâce
une tarentelle d’astres a commencé
dans un ciel de plus en plus blanc
laisse moi croire qu’ils sont pour nous
ce petit tour de miracles et cette grande chance arrivée
dans la zone du coeur
Tout l’horizon sent la terre maintenant
on a bien fait de remiser le bois au fond de nos sourires
et les fleurs muettes dans la tempête de nos bras
avec tous les froissements de l’absence
car les horloges nous appellent déjà
reviennent brasser le miel du temps
le mur de pierres pauvres s’est craquelé de printemps
j’y ai vu grandir ce clair de toi
avec la magie de ses savoirs et sa douceur qui parle en rêve
de grands soleils elliptiques
Barbara Auzou
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