États-Unis: LaGuardia : les circonstances de la collision soulèvent beaucoup de questions

mars 24, 2026

Un avion gravement endommagé sur une piste d'atterrissage.

La carcasse de l’appareil gisait toujours sur la piste 4 de l’aéroport LaGuardia mardi matin, aux côtés du camion de pompiers complètement détruit sous la force de l’impact. Photo : AP / Yuki Iwamura

Les experts et des enquêteurs en aviation affluent mardi à New York pour faire la lumière sur les circonstances de la collision survenue dimanche, à 23 h 40, entre un camion de pompiers et un avion d’Air Canada Express à l’aéroport LaGuardia.

Lundi, 25 spécialistes étaient déjà à l’œuvre sur les lieux de l’accident. D’autres se joindront à eux dans le cadre de l’enquête conjointe de l’Agence américaine de sécurité dans les transports (TSA) et de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA). Le Bureau de la sécurité dans les transports du Canada (BST) est également sollicité.

La violente collision s’est produite au moment où l’avion, qui transportait 72 passagers et 4 membres d’équipage, effectuait son atterrissage sur la piste 4 lorsqu’un camion de pompiers a croisé la piste.

Les deux pilotes, Antoine Forest, un Québécois, et son copilote ontarien, Mackenzie Gunther, ont été tués sur le coup. Quarante et une personnes ont aussi été blessées, notamment des passagers, du personnel de bord ainsi que les pompiers qui étaient à bord du camion. Neuf blessés étaient toujours hospitalisés mardi.Image

« Bon vol, mon frère » : la mémoire du pilote Antoine Forest honorée par ses proches

Erreur humaine ou problème de communication?

Jusqu’ici, les premiers éléments pointent vers un problème de communication ou une erreur humaine.

Sur la fréquence radio du contrôle aérien, on a pu entendre un contrôleur autoriser le véhicule d’urgence à traverser une partie du tarmac pour se rendre sur les lieux d’une intervention concernant un autre avion de la United Airlines, avant de lui ordonner à plusieurs reprises de s’arrêter, mais sans succès.

Après l’accident, le contrôleur a déclaré sur la fréquence radio au sol qu’il avait été occupé par une autre urgence et qu’il avait commis une erreur.

Des agents proches d'un avion dont le poste de pilotage est détruit.

Des agents du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) inspectent l’avion d’Air Canada Express qui est entré en collision avec un véhicule au sol à l’aéroport LaGuardia de New York, le 23 mars 2026. Photo : Reuters / Shannon Stapleton

Accident d’avion à New York : « Je me suis planté »

L’enregistreur de vol, aussi appelé boîte noire, a été extrait de la carcasse de l’avion et transporté à Washington, où les enquêteurs étudieront son contenu afin d’en savoir plus sur les circonstances de la collision.

La piste 4, quant à elle, devrait demeurer fermée au moins jusqu’à vendredi, selon Reuters.

L’aéroport LaGuardia accueille environ 380 vols par jour et plus de 33 millions de passagers par année. Ce qui en fait l’un des aéroports le plus achalandés aux États-Unis.

Manque de personnel

Des experts soulèvent également des questions sur le manque de personnel dans le trafic aérien aux États-Unis et surtout dans les tours de contrôle.

Un CRJ-900 d'Air Canada Express est immobilisé sur la piste après être entré en collision avec un camion de pompiers de l'Autorité portuaire à l'aéroport LaGuardia de New York, le 23 mars 2026.

Le CRJ-900 d’Air Canada Express est entré en collision avec un camion de pompiers de l’Autorité portuaire à l’aéroport LaGuardia de New York, le 23 mars 2026. Photo : Getty Images / ANGELA WEISS

Les enquêteurs vont devoir se pencher sur le nombre de personnes à chacun des rôles clés. Ils vont aussi regarder l’horaire de cette personne-là. Est-ce qu’il a travaillé pendant plusieurs jours consécutifs sur un cycle circadien qui peut avoir un effet sur sa capacité à prendre de bonnes décisions?, a expliqué à Radio-Canada le spécialiste en aviation Pierre Gauthier.

En conférence de presse lundi, le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a assuré que l’aéroport LaGuardia dispose d’un personnel suffisant et a démenti une rumeur selon laquelle il y avait seulement un employé dans la tour de contrôle au moment de la collision

. Sean Duff s'exprime lors d'une conférence de presse.

Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, le 23 mars 2026. Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Selon M. Duffy, 33 des 37 postes de contrôleurs aériens à LaGuardia sont pourvus, et 7 autres contrôleurs sont actuellement en formation. Il a toutefois reconnu qu’un financement supplémentaire du Congrès est nécessaire pour moderniser les systèmes de contrôle du trafic aérien au pays.

La chaîne CNN soutient quant à elle qu’en raison d’une pénurie de personnel, des contrôleurs aériens aux États-Unis sont surmenés et doivent travailler 10 heures par jour, six jours par semaine.

Les problèmes de communication à l’aéroport LaGuardia retiendront aussi sûrement l’attention des enquêteurs.

Plusieurs problèmes signalés par les pilotes à LaGuardia

Selon un examen de documents gouvernementaux des deux dernières années par la chaîne américaine CNN, des pilotes ont fait part à plusieurs reprises de leurs inquiétudes concernant des problèmes de communication, des erreurs de contrôle aérien et d’autres dangers à l’aéroport de LaGuardia.

S’il vous plaît, faites quelque chose, écrivait notamment un pilote à l’été 2025 dans l’un des douze rapports concernant l’aéroport LaGuardia soumis au système de signalement de la sécurité aérienne de la NASA. Ce rapport faisait notamment état d’un accident évité de justesse lorsque les contrôleurs aériens n’ont pas fourni les indications appropriées à plusieurs appareils.L'avion de Donald Trump sur le tarmac de l'aéroport de LaGuardia. On voit les édifices de New York derrière.

L’aéroport de LaGuardia est situé dans le quartier Queens de New York. Photo : La Presse canadienne / AP / Craig Ruttle

Le rythme des opérations s’accélère à LaGuardia. Les contrôleurs aériens mettent la pression. Une citation de Extrait d’un rapport à la NASA fait par un pilote à la suite d’un accident évité de justesse

Les jours d’orage, LaGuardia commence à ressembler à l’aéroport de Washington avant l’accident, a-t-il ajouté en faisant référence à la collision aérienne de janvier 2025 au-dessus du Potomac, à Washington, qui a fait 67 morts.

D’après CNN, de nombreux rapports consultés font état de collisions évitées de justesse à LaGuardia.

En octobre, deux avions de Delta Airlines sont entrés en collision sur une voie de circulation de l’aéroport LaGuardia, et un passager a été blessé. Cette semaine, à l’aéroport de Newark, dans l’État voisin du New Jersey, un incident similaire s’est produit lorsque deux appareils ont tenté d’atterrir sur des pistes qui se croisaient.

D’autres rapports, moins graves ou moins précis, soulignent quant à eux des situations confuses ou dangereuses constatées par les pilotes à LaGuardia, qui est l’un des aéroports les plus fréquentés des États-Unis.

Bien que ces rapports soient examinés par une équipe d’analystes chargés d’alerter la Federal Aviation Administration (FAA) de tout danger, les détails de chaque rapport ne sont pas nécessairement vérifiés par les autorités de réglementation.

Stéphane Bordeleau par Radio-Canada avec les informations de CNN

Congo-Disparition : dernier hommage à l’AET Dany Judicaël Mackola Mangbele

mars 24, 2026

L’Association des anciens enfants de troupe (AET) du Congo, conduite par son président, Rémy Ayayos Ikounga, a rendu le 21 mars à Brazzaville un ultime adieu à l’AET Dany Judicaël Mackola Mangbele, décédé le 4 mars à Brazzaville.

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Dépôt d’une gerbe de fleurs devant le cercueil par le président des AET/Adiac

Dans son oraison funèbre, l’AET Aldo Younga a relaté le parcours exemplaire de Dany Judicaël Mackola Mangbele, né le 24 mai 1978 à Brazzaville. Il débuta ses études à l’école de la Tsiémé, dans le 6e arrondissement Talangaï, où il obtint son Certificat d’études primaires élémentaires en 1990. La même année, il satisfait au concours d’entrée à la prestigieuse Ecole militaire préparatoire des cadets de la révolution, actuelle Ecole militaire préparatoire général Leclerc (EMPGL). Il y passera sept ans de vie du château au sein de la Cosa-Nostra, nom hérité de leur parrain et baptisé promotion Pierre-Dalligo-Bidounga. Il obtiendra successivement son BEPC en 1994, son Certificat d’aptitude technique n°1 en 1995, son certificat d’aptitude technique n°2 en 1996 et le baccalauréat série A4, en 1997.

Amoureux des lettres, le matricule 2620 s’inscrira à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Marien-Ngouabi en 1999 et y obtiendra son diplôme d’études universitaires générales en sciences et techniques de communication, avant de renouer avec son destin. En effet, ce brillant passage à l’université ne lui a heureusement pas ôté son goût pour le métier des armes, sa vocation d’enfance. C’est ainsi qu’il passera avec succès le concours d’entrée à l’Académie militaire Marien-Ngouabi et rejoindra la 8e promotion dénommée « Armée et Nation » en janvier 2003.

Après ces années de formation initiale acharnée, l’élève officier d’active Dany Mackola Mangbele triomphera en septembre 2004 et verra la première étoile s’arracher du ciel pour se poser sur ses épaules. C’était l’aboutissement du rêve d’un gosse. Cette consécration marquait alors le début d’une carrière prodigieuse dont la rampe de lancement fut l’affectation à l’École nationale des sous-officiers d’active de Gamboma, le 11 septembre 2004, pour l’encadrement de la première promotion des ESOA, en tant que chef de section, en compagnie de deux de ses camarades de promotion.

A l’issue de cette noble mission qui aura duré deux ans, le sous-lieutenant Mangbele Mackola, plein de zèle et d’enthousiasme, est admis au cours d’application option infanterie à l’Asadémie militaire et est nommé lieutenant en 2007. Après cette formation suivie avec beaucoup d’intérêt, il est affecté à l’EMPGL en février 2008 où il servira comme commandant de compagnie élèves. En 2009, il est admis à l’académie d’infanterie de ShiJuanjan, en Chine, pour suivre le cours de perfectionnement des officiers subalternes en infanterie. Nommé capitaine en 2012, il est muté au PC du commandement des écoles pour emploi.

Soucieux de donner une nouvelle trajectoire à sa carrière et fort de son expérience de commandement à la tête d’unités élémentaires, il passera avec brio le concours d’admission au cours de formation des officiers d’administration à l’Académie militaire en 2017. A l’issue de cette formation et après sa promotion au grade de commandant, il est affecté à la direction de la fonction militaire et de l’action sociale de la direction générale de l’administration et des finances. Il est nommé de suite chef de division loisirs, fonction qu’il occupera jusqu’à son rappel à Dieu. Jouissant de la confiance du commandement, il assurera concomitamment la direction du stage BT1 actions sociales, précisément en 2024 (…).

Mam’s Dany Jéricho, comme il était appelé affectueusement, fut un grand sportif, pratiquant passionnément le volley-ball. A ce titre, il a fait partie des équipes de l’école à différentes catégories. Il affectionnait aussi le football et accessoirement le basketball.

Avec Adiac-Congo par Guillaume Ondze

Au Bénin, Les Démocrates tournent la page Boni Yayi sur fond de tensions internes

mars 24, 2026

Nourénou Atchadé, jusque-là deuxième vice-président du parti, a été porté à la tête de la principale formation d’opposition du pays. Si après la démission surprise de Thomas Boni Yayi, ce choix marque la fin d’une ère, il ne résout pas pour autant les dissensions internes.

Nourénou Atchadé a été nommé à la tête des Démocrates, la principale formation d’opposition du Bénin, le 23 mars 2026.
Nourénou Atchadé a été nommé à la tête des Démocrates, la principale formation d’opposition du Bénin, le 23 mars 2026. © Facebook Nourenou Atchade

Les faits. C’est dans un climat de tensions plus que palpable que les responsables du parti Les Démocrates ont élu leur nouveau président en la personne de Nourénou Atchadé, le 23 mars au petit matin, au terme d’un Conseil national qui aura duré une partie de la nuit. Jusque-là deuxième vice-président du parti, l’ancien député succède ainsi à l’ex-chef de l’État, Thomas Boni Yayi, qui a annoncé sa démission de la présidence du parti qu’il avait cofondé, début mars.

« C’est maintenant que le plus dur commence, a prévenu Nourénou Atchadé. Nous devons nous organiser pour réveiller notre parti [et] remobiliser nos militants. Nous ferons tout pour qu’en 2033, nous participions à toutes les élections. » Tout juste élu, le président des Démocrates a prévu de remettre son poste en jeu lors du prochain congrès de la formation, qui doit se tenir en octobre prochain.

Le contexte. Le choix de Nourénou Atchadé est très loin d’avoir fait consensus en interne. Sa désignation pour conduire les destinées du parti pendant les sept prochains mois a remis en lumière les fractures qui avaient valu au parti d’être exclu des élections locales de janvier dernier et d’avoir enregistré un sévère revers dans les urnes lors des législatives organisées le même jour.

Réunis à huis clos au Chant d’Oiseau, un centre de conférences de Cotonou appartenant à l’Église catholique, les cadres des Démocrates devaient, avant de désigner leur futur président, discuter des orientations du parti sous la houlette du premier vice-président, Éric Houndété, chargé d’assurer l’intérim de la présidence de la formation jusqu’à l’organisation d’un nouveau congrès en octobre, selon les statuts du parti.

Les débats devaient essentiellement porter sur la question d’un éventuel soutien à la candidature de Paul Hounkpè à la présidentielle du 11 avril prochain. Le patron du parti FCBE est le seul en lice face à Romuald Wadagni, candidat des deux partis de la majorité.

Mais très vite, les débats ont tourné autour de la succession de Thomas Boni Yayi et de la désignation d’un président. Des sujets qu’Éric Houndété n’avait pas inscrits à l’ordre du jour et qu’il ne souhaitait pas aborder dans le cadre de cette réunion. Mis en minorité pendant les débats, le premier vice-président des Démocrates a finalement été contraint de suspendre sa participation au conclave. Un départ qui a ouvert la voie à la désignation de Nourénou Atchadé, son rival de longue date.

L’analyse. Derrière ce jeu de chaises musicales, ce sont deux visions de l’avenir du parti qui s’affrontent. D’un côté, celle d’Éric Houndété et de ses partisans, favorables à une inflexion des positions de la formation vis-à-vis de la gouvernance de Patrice Talon, et qui souhaitent participer activement à la présidentielle d’avril prochain malgré l’absence du parti sur la ligne de départ. De l’autre, le groupe formé par les irréductibles, soutiens inconditionnels de l’ancien chef de l’État béninois, dont Nourénou Atchadé est la tête de proue, et qui préfèrent garder une ligne dure vis-à-vis du pouvoir.

Après la désignation de ce dernier à la tête du parti, le Conseil national des Démocrates a rejeté toute possibilité de soutien à l’un ou l’autre des deux candidats à la présidentielle. Une option qui a d’ores et déjà entraîné la démission du secrétaire national à la communication, Guy Mitopkè.

« Nous sommes à la fin d’un cycle, avec le départ de Patrice Talon. Nous n’avons pas de candidat à la présidentielle. Il aurait fallu faire un choix entre les deux candidats aujourd’hui en lice pour briguer la magistrature suprême. Ne pas le faire, c’est manquer de réalisme », a réagi, sous couvert d’anonymat, l’un des cadres du parti acquis à Houndété.

Sans députés ni maires à l’issue des élections locales et législatives du 11 janvier dernier, et alors que les divergences internes ne cessent de s’accroître, l’avenir du parti crée par Thomas Boni Yayi semble plus que jamais s’écrire en pointillé. Contacté, Nourénou Atchadé n’a pas répondu aux sollicitations de Jeune Afrique.

Avec Jeune Afrique par Mawunvo Hermann Boko

Congo-Élection présidentielle : les résultats provisoires transmis à la Cour constitutionnelle

mars 21, 2026

Le président du Comité technique de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI), Gaston Ololo, a transmis le 20 mars au secrétaire général adjoint de la Cour constitutionnelle, Emmanuel Poupet, les résultats provisoires de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars derniers, pour validation.

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1- Gaston Ololo transmettant les PV des résultats à Emmanuel Poupet / DR

S’exprimant au nom du président de la CNEI, Henri Bouka, le président du Comité technique de l’institution chargée d’organiser les élections s’est appuyé sur les dispositions des articles 100, 101 et 102 nouveaux de la loi électorale. « Je voudrais, au nom de M. Henri Bouka, président de la CNEI, vous transmettre les résultats de l’élection du président de la République, scrutin des 12 et 15 mars 2026. Donc nous avons tous les résultats des 125 circonscriptions administratives. Du point de vue de l’élection, nous avons eu ces circonscriptions, mais chaque circonscription administrative a organisé son élection et vous savez que dans chaque district, chaque commune, chaque arrondissement, il y a des commissions locales d’organisation des élections. C’est le fruit de ce travail que nous sommes venus pour remettre », c’est en ces termes que Gaston Ololo a transmis ces résultats.

Réceptionnant les résultats, le secrétaire général adjoint de la Cour constitutionnelle a rassuré la CNEI qu’il les transmettra fidèlement au président de l’institution. « Vous avez eu raison de rappeler les dispositions des articles 100 et 101 nouveaux. Ces articles stipulent que lorsque les résultats provisoires sont proclamés, il faut immédiatement les transmettre à la Cour constitutionnelle. Nous y sommes, je vais les transmettre à qui de droit, c’est-à-dire au président de la Cour constitutionnelle qui les attendait depuis la proclamation. Je ne suis qu’un émissaire, rassurez-vous que ces résultats vont être transmis officiellement au président de la Cour constitutionnelle, M. Auguste Iloki », a souligné Emmanuel Poupet.

Notons que les résultats provisoires de l’élection présidentielle publiés le 17 mars par le ministre de l’Intérieur et d la Décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, donnent le candidat de la Majorité présidentielle, Denis Sassou N’Guesso, largement vainqueur. Le président sortant a obtenu 2 507 038 voix sur les 2 644 013 votants, soit 94, 82%. Il devance largement ses six concurrents, notamment Mabio Mavoungou Zinga : 39 186 voix, soit 1,48% ; Uphrem Dave Mafoula : 27 250 voix, soit 1,03%c ; Melaine Destin Gavet Elengo: 23 077 voix, soit 0,87% ; Joseph Kignoumbi Kia Mboungou : 22 742 voix, soit 0,86% ; Vivien Romain Manangou : 16 008 voix, soit 0,61%; et Anguios Nganguia Engambe: 8 700 voix, 0, 33%.Image

2- Une vue des parapheurs contenant les résultats /DR

Après la transmission de ces résultats, les yeux des Congolais sont désormais rivés vers le juge du contentieux électoral pour proclamation. Soulignant qu’avant réception de ces résultats provisoires, la Cour constitutionnelle a enregistré en journée la requête de contestation du candidat indépendant Uphrem Dave Mafoula qui est sorti troisième du scrutin avec 1,03%.  

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Présidentielle au Bénin : Romuald Wadagni présente son programme

mars 21, 2026

À trois semaines du scrutin, le ministre de l’Économie et candidat de la majorité, dauphin du président Patrice Talon, a affirmé sa volonté de favoriser la jeunesse et l’innovation technologique, ainsi que le développement des régions.

Romuald Wadagni, le ministre béninois de l’Économie et des Finances, à Abidjan, le 10 juin 2022. © Issam Zejly pour JA
Romuald Wadagni, le ministre béninois de l’Économie et des Finances, à Abidjan, le 10 juin 2022. © Issam Zejly pour JA

Romuald Wadagni, 49 ans et ministre de l’Économie au Bénin, dauphin du président Patrice Talon, qui passera la main après deux mandats, comme le veut la Constitution, est le candidat de la majorité à l’élection présidentielle du 12 avril prochain. Il a présenté son programme à Cotonou samedi 21 mars, à trois semaines du scrutin, devant des milliers de personnes.

Le 12 avril, jour du vote, il n’aura qu’un seul adversaire : l’opposant Paul Hounkpè, des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considéré comme modéré. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, est lui exclu de l’élection, faute d’un nombre suffisant de parrainages.

Samedi 21 mars, Romuald Wadagni est apparu sur la scène du Palais des Congrès de Cotonou sans pupitre et sans cravate, vêtu d’une veste bleue et d’une chemise blanche. Des milliers de personnes, de tous âges et de tout le pays, se sont déplacées vêtues d’accessoires à l’effigie de leur candidat. Une affluence inédite pour un événement de ce genre.

Le candidat a d’abord vanté le bilan du dernier mandat en matière de développement économique. « L’année passée, nous avons dépassé le seuil de 7 % » de croissance, a-t-il déclaré. Il a annoncé vouloir diviser le Bénin en six régions, dans lesquelles seront développés notamment l’industrie, le tourisme, l’innovation et l’agriculture – qui représente 25 % du PIB du pays.

Une « vision structurée »

Romuald Wadagni s’est adressé plusieurs fois à la jeunesse, dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, en misant sur la technologie. « Nous allons nous assurer que vous, jeunes, où que vous soyez dans le Bénin, disposiez d’un écosystème qui vous permette de vous former, de vous encadrer et de faire éclore tous vos savoir-faire dans le domaine numérique », a-t-il assuré, promettant un « pays exportateur de solutions technologiques ».

Le candidat de la majorité « a mis la jeunesse au cœur de son action » et « je m’en réjouis », a lancé à l’AFP le maire de Sèmè-Kpodji, Thomas Singbo, du camp au pouvoir. De son côté, Eunice Savia, âgée d’une quarantaine d’années, est venue par curiosité. « Par rapport à tout ce qu’on a pu voir par le passé, je trouve la vision vraiment structurée, et moi, j’ai hâte de la voir se matérialiser », a-t-elle dit, ajoutant que la « continuité » serait un « véritable avantage ».

Avec Jeune Afrique

Détroit d’Ormuz : Trump accuse le Canada et les pays de l’OTAN d’être des « lâches »

mars 20, 2026

Le Canada s’est dit prêt à « contribuer » à la sécurité du détroit d’Ormuz.

Donald Trump dans le bureau ovale.

Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche. (Photo d’archives) Photo : Associated Press / Alex Brandon

Les pays de l’OTAN sont des « lâches », affirme le président américain Donald Trump, qui assure que les États-Unis se souviendront de leur refus de les aider à débloquer le détroit d’Ormuz.

Sans les États-Unis, l’OTAN EST UN TIGRE DE PAPIER. Ils n’ont pas voulu se joindre à la bataille pour arrêter un Iran doté de l’arme nucléaire. Maintenant que le combat militaire est GAGNÉ, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu’ils doivent payer, mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d’Ormuz, a écrit le locataire de la Maison-Blanche, vendredi, sur son réseau Truth Social.

Il a ajouté : LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS!

Jeudi, le Canada s’est pourtant joint au Royaume-Uni, à la France, à l’Allemagne, à l’Italie, aux Pays-Bas et au Japon après que ces derniers eurent signé une déclaration commune concernant le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.

Dans ce document, les pays ont exprimé leur volonté de contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit.

Vendredi matin, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, n’était toutefois pas en mesure de préciser comment Ottawa interviendrait dans le détroit d’Ormuz.

Le Canada va continuer de travailler et de définir ce qui sera potentiellement une contribution, a-t-il déclaré en point de presse.

Et un moment donné, avec d’autres partenaires, le Canada définira sa contribution, mais je pense qu’il faut vraiment travailler avec d’autres pays pour comprendre comment le Canada peut contribuer, comment d’autres pays sont prêts à contribuer, et, à ce moment-là, il y aura une décision conjointe, a-t-il ajouté.

Le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a quant à lui précisé que tout soutien éventuel du Canada serait guidé par les besoins locaux, ainsi que par les lois et politiques canadiennes, et par des consultations avec les partenaires et alliés.

Un détroit très dangereux

Mais le professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke Rémi Landry insiste : sécuriser le détroit d’Ormuz n’est pas une mince affaire, contrairement à ce que peut laisser croire le président américain Donald Trump.

D’abord, l’Iran est soupçonné d’avoir placé des mines à la surface et à quelques mètres sous l’eau. Même s’il y a juste une mine de déployée, c’est un danger incroyable, a affirmé le lieutenant-colonel à la retraite à l’émission Midi info, sur ICI PREMIÈRE.Quatre navires sont à l'arrêt.

Des navires sont ancrés dans le golfe Persique en raison du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran. Photo : Reuters / Benoit Tessier

Ensuite, il rappelle que les côtes iraniennes n’ont pas été nettoyées avant le début des frappes israélo-américaines. Il pourrait donc, dit-il, y avoir des bateaux chargés d’explosifs.

Finalement, l’Iran fait exploser presque quotidiennement des drones dans le détroit, qui, même en temps normal, est difficile à naviguer, à cause de sa faible profondeur et de la présence de nombreuses îles.

Pour toutes ces raisons, le détroit d’Ormuz est très difficile à sécuriser, précise le professeur.

Selon lui, escorter des pétroliers, comme le suggère le président Trump, ce n’est pas suffisant. De toute manière, il ne pense pas que le Canada pourrait le faire à court terme.

Et, bien que l’armée canadienne possède une expertise de minage, il faudrait du temps pour organiser une mission en Iran, soutient Rémi Landry.

Un message aux marchés

Pourquoi, alors, le Canada et d’autres pays – dont la plupart sont membres de l’OTAN – ont-ils signé une telle déclaration commune, qui ne dit pas grand-chose sur leurs intentions?

D’abord, pour essayer de gérer leurs relations avec les États-Unis, explique Miloud Chennoufi, professeur en relations internationales au Collège des Forces canadiennes, en entrevue à Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE.

Il souligne ensuite que les pays européens, ainsi que le Japon, risquent de souffrir de très gros problèmes économiques si le prix du pétrole se maintient là où il est en ce moment ou si le prix du pétrole augmente encore plus.

C’est aussi un message qu’on envoie aux marchés. Je ne sais pas trop si ça va être suffisant pour calmer cette flambée des prix [du pétrole], ajoute M. Chennoufi.

Une intervention du Canada – ou d’un autre pays qui n’est pas directement impliqué dans la guerre en Iran – a d’ailleurs peu de chance de réussir à faire baisser la pression dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal 20 % du pétrole mondial, remarque-t-il.

C’est tellement faible comme langage [la déclaration commune signée par le Canada], que ça n’aura aucun impact sur la guerre elle-même, insiste le professeur Chennoufi. Le blocus iranien du détroit provoque une flambée des prix des carburants.

De nombreuses critiques

La déclaration commune signée par le Canada arrive après de nombreux reproches de la part du président américain.

Mardi, il a assuré que les États-Unis n’avaient plus besoin d’aide, et qu’ils n’en avaient jamais eu besoin pour dénouer l’impasse dans le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis les frappes américano-israéliennes.

La plupart de nos « alliés » de l’OTAN ont informé les États-Unis qu’ils ne souhaitent pas s’impliquer dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien au Moyen-Orient, et ce, bien que presque tous les pays aient fermement approuvé notre action et qu’il ne soit en aucun cas permis à l’Iran de posséder l’arme nucléaire, a-t-il écrit dans un message publié mardi sur les médias sociaux.

Le président américain a ajouté qu’il n’était pas convaincu que les membres de l’OTAN viendraient en aide aux États-Unis si ceux-ci avaient à nouveau besoin d’aide.

Nous les protégerons, mais ils ne feront rien pour nous, en particulier en cas de besoin, a-t-il ajouté.

Radio-Canada par Jean-Philippe Daoust avec les informations de La Presse canadienne

Rencontre des chefs d’état-major à Cotonou : la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire font front commun

mars 20, 2026

La réunion des chefs d’état-major des armées française, béninoise et ivoirienne, qui s’est tenue à Cotonou ce 19 mars, a aussi permis d’envoyer un message diplomatique dans un contexte de crise entre la Cedeao et l’AES.

Réunion tripartite des chefs d’état-major à Cotonou, le 19 mars 2026 : le Français Fabien Mandon (à g.), le général ivoirien Lassina Doumbia (au centre) et le général béninois Fructueux Gbaguidi.
Réunion tripartite des chefs d’état-major à Cotonou, le 19 mars 2026 : le Français Fabien Mandon (à g.), le général ivoirien Lassina Doumbia (au centre) et le général béninois Fructueux Gbaguidi. © DR

Les faits. Jeudi 19 mars, les chefs d’état-major des armées béninoise, ivoirienne et française se sont retrouvés à Cotonou. Une réunion tripartite qui fait suite à celle qui s’était tenue, sur le même modèle, le 18 juillet dernier à Abidjan.

Les généraux Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major général des Forces armées du Bénin (FAB)Lassina Doumbia, son homologue ivoirien, et le Français Fabien Mandon ont évoqué les partenariats qui lient leurs trois pays dans les domaines de la défense et de la sécurité. Il s’agissait notamment d’élaborer des « mesures concrètes destinées à renforcer la coopération opérationnelle trilatérale », a précisé la partie béninoise.

Outre l’objectif affiché de renforcer les « synergies opérationnelles », cette réunion devait déboucher sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie destinée à adapter les dispositifs existants à « l’évolution de la menace ».

Après une journée consacrée aux échanges sur ces dossiers, lors d’une session de travail qui s’est déroulée dans l’enceinte du camp de Togbin, à Cotonou, les trois officiers ont été reçus par le président béninois, Patrice Talon.

Le contexte. Cotonou et Abidjan font face à des problématiques sécuritaires similaires. La Côte d’Ivoire, qui partage environ 600 kilomètres de frontière avec le Burkina Faso, a été confrontée, au début des années 2020, à une tentative d’implantation jihadiste dans le nord de son territoire. Abidjan avait alors déployé une double stratégie – renforcement des moyens sécuritaires et mesures économiques pour favoriser le désenclavement de ces régions – qui s’est pour l’instant avérée payante, même si le risque jihadiste reste très présent. En août dernier, l’attaque meurtrière du village de Difita, à la frontière avec le Burkina Faso, l’a encore rappelé.

À sa frontière septentrionale, le Bénin fait face à des incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso et du Niger depuis plus de cinq ans. Ces dernières semaines, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a revendiqué plusieurs assauts contre des positions militaires béninoises. Certains ont été menés au-delà du champ d’action habituel des terroristes : le 24 février dernier, un commissariat de Kouandé, à plus d’une centaine de kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso, a été pris pour cible par un groupe armé avant d’être incendié. Cotonou fait également face à l’émergence d’une nouvelle menace terroriste, à ses frontières avec le Nigeria, cette fois.

La Côte d’Ivoire et le Bénin ont en outre scellé des accords de coopération sécuritaire avec la France qui, depuis que ses troupes ont été chassées du Sahel par les juntes ayant pris le pouvoir, a resserré encore ses liens opérationnels avec les pays voisins du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Pourquoi c’est important. Cette rencontre, et le fait qu’elle ait été rendue publique, s’inscrivent comme une nouvelle incarnation d’un axe Abidjan-Cotonou-Paris qui se déploie à la fois sur les fronts diplomatique, économique et sécuritaire.

Lors de la tentative de coup d’État qui a visé Patrice Talon, le 7 décembre dernier, des éléments des Forces spéciales françaises étaient intervenus pour participer à la sécurisation du camp de Togbin, après que les militaires béninois en avaient repris le contrôle grâce, notamment, à des frappes menées par l’armée de l’air nigériane. Les soldats français avaient été envoyés en urgence depuis la Côte d’Ivoire, où ils étaient officiellement déployés dans le cadre de formations dispensées aux soldats ivoiriens.

L’armée française, qui donne des formations aux armées des deux pays et qui accueille dans ses écoles de guerre nombre d’officiers et de sous-officiers béninois et ivoiriens, met régulièrement ses moyens de surveillance aérienne au service de la lutte antiterroriste dans la région. Elle y a en outre dépêché de nombreux formateurs et « conseillers techniques » avec un objectif assumé : contrer la descente des jihadistes vers le sud.

L’image de ces trois chefs d’état-major définissant les priorités des dispositifs opérationnels à venir a aussi une portée symbolique dans le contexte du bras de fer diplomatique qui oppose toujours les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et une partie de ceux de la Cedeao.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps

Belgique-RDC/Assassinat de Lumumba : qui est Étienne Davignon, rattrapé par la justice 60 ans plus tard ?

mars 18, 2026

Des décennies durant, il fut un grand nom de la politique belge. Mais à 93 ans, le vicomte Étienne Davignon est rattrapé par le rôle qu’il aurait joué lors de l’indépendance congolaise et par son implication supposée dans les décisions ayant conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba, en 1961.

Le comte Étienne Davignon, alors président du conseil d’administration de Brussels Airlines, le 8 octobre 2012. © Photo par AURORE BELOT / BELGA / AFP
Le comte Étienne Davignon, alors président du conseil d’administration de Brussels Airlines, le 8 octobre 2012. © Photo par AURORE BELOT / BELGA / AFP

Ancien diplomate, ex-commissaire européen, vicomte : le Belge Étienne Davignon, renvoyé mardi 17 mars devant un tribunal pour son implication dans l’assassinat du dirigeant congolais Patrice Lumumba, a été pendant soixante ans un acteur de premier plan de la vie politique et du monde des affaires.

Peu de personnalités belges peuvent se targuer d’avoir eu comme interlocuteurs Henry Kissinger et Leonid Brejnev, sans oublier les souverains, Premiers ministres et grands patrons du royaume de Belgique. Mais à 93 ans, celui qui a connu la guerre froide et l’époque de la décolonisation est rattrapé par son rôle trouble au moment de l’indépendance du Congo, devenu depuis la RDC.

« Écarter Lumumba »

La justice le soupçonne en effet de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, quelques mois après que le premier chef du gouvernement du Congo indépendant a été renversé par un coup d’État.

Début 1960, Étienne Davignon est alors diplomate stagiaire pour les Affaires étrangères belges quand il assiste, comme observateur, à la table ronde qui réunit à Bruxelles dirigeants belges et congolais et qui aboutit à la décision sur l’indépendance. « Un tournant décisif dans ma carrière », confie-t-il dans un documentaire qui lui est consacré en 2019.

C’est là qu’il noue les relations qui feront de lui un fin connaisseur du Congo. Et des intérêts que la Belgique continuera d’y défendre après l’indépendance de juin 1960. Dans l’enquête parlementaire belge sur l’assassinat (2000-2001) est ainsi évoqué un télex qu’il adresse en septembre 1960 à ses supérieurs : « Problème primordial paraît donc écarter Lumumba », écrit-il.

Le héros de l’indépendance congolaise, avec ses prises de position nationalistes, était vu comme une menace par le pouvoir belge. Étienne Davignon est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans son transfert vers le Katanga sécessionniste, ce qu’il conteste.

Son père rencontre Hitler

Né le 4 octobre 1932 à Budapest, dans une famille de la bourgeoisie catholique, Étienne Davignon passe une partie de son enfance en Suisse puis à Berlin, où son père est ambassadeur en plein IIIe Reich, avant que la famille ne soit évacuée en 1940.

Survient alors l’événement qui va laisser une marque douloureuse dans l’histoire familiale : le père, diplomate, ne parvient pas à dissuader le roi des Belges Léopold III, dont il est proche, de rencontrer Adolf Hitler. Par loyauté, il accepte de l’accompagner en novembre 1940 à Berchtesgaden.

Cela lui vaut d’être « considéré comme compromis, suspecté de collaboration », relate Étienne Davignon dans son autobiographie, Souvenirs de trois vies (éd. Racines). La carrière du père est « brisée » alors qu’il n’a que 50 ans.

Étienne Davignon le vivra comme une injustice et en gardera pour toujours un esprit indépendant, déterminé à « avoir le contrôle de sa vie », selon Nicolas Delvaulx, réalisateur du documentaire de 2019 pour la RTBF.

Vicomte et vice-président de la Commission européenne

Sur les traces de son père et de son grand-père, le fils Davignon s’oriente vers la diplomatie. Il réussit le concours des Affaires étrangères où il entre en 1959, à une époque où toute la Belgique a les yeux tournés vers le Congo.

Diplomate pendant deux décennies, dans le sillage de son mentor le ministre Paul-Henri Spaak, – considéré comme un des pères de l’Union européenne –, ce social-chrétien a été vice-président de la Commission européenne de 1981 à 1985, chargé de l’industrie. L’époque est celle du déclin de la sidérurgie européenne qui entraîne des restructurations douloureuses. Les emplois disparaissent par milliers.

La Société générale de Belgique, la banque Fortis, Brussels Airlines : le nom de Davignon est aussi associé au destin de grandes entreprises belges dont le point commun est d’avoir finalement basculé entre les mains d’intérêts étrangers. « Ceux qui disent que j’ai vendu les bijoux de la couronne sont des couillons ! », se défendait vertement ce proche de la famille royale, en 2018, alors tout juste élevé au titre de vicomte.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

L’Iran confirme la mort d’Ali Larijani, Israël promet le même sort à Mojtaba Khamenei

mars 17, 2026

Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, dans une manifestation, sous un drapeau iranien.

Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, participait à un rassemblement progouvernemental à Téhéran, en Iran, le 13 mars 2026, sur cette photo obtenue des médias sociaux. Photo : Reuters / Ali Larijani via X

L’Iran a confirmé mardi la mort d’Ali Larijani, son puissant chef de la sécurité, considéré comme l’un des dirigeants les plus influents de la République islamique, alors qu’Israël a juré de « traquer, trouver et neutraliser » le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

Ali Larijani a été visé par des avions de combat américains et israéliens dans la maison de sa fille, selon l’agence de presse iranienne Fars.

Téhéran avait déjà confirmé plus tôt la mort du dirigeant de la milice Bassidj, Gholamréza Soleimani, tué dans la capitale lors d’une frappe israélienne.

Leurs noms s’ajoutent à une longue liste de dirigeants iraniens que les États-Unis et Israël ont éliminés, incluant le guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre.

Mojtaba Khamenei dans la mire

L’armée israélienne jure désormais d’infliger le même sort à Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père il y a plus d’une semaine, mais n’est pas apparu en public depuis. Selon des responsables américains et israéliens, il pourrait avoir été défiguré ou blessé à une jambe dans l’attaque qui a tué Ali Khamenei.Un écran affiche le portrait du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei lors des funérailles des commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique et d'autres personnes tuées au cours des premiers jours des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, sur la place Enghelab à Téhéran, le 11 mars 2026.

Mojtaba Khamenei n’est pas apparu en public et ne s’est pas exprimé dans les médias depuis qu’il a été élu pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de la guerre. Photo : Getty Images / ATTA KENARE

Au 18e jour du conflit, Donald Trump, qui a répété ne pas savoir si le nouveau guide suprême était mort ou pas, a fait marche arrière sur sa demande de soutien militaire international pour débloquer le stratégique détroit d’Ormuz.

Les États-Unis ont été informés par la plupart de nos [alliés] de l’OTAN qu’ils ne voulaient pas être impliqués dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, parlant d’erreur vraiment stupide.

Nous n’avons plus besoin et nous ne voulons plus de l’aide des pays de l’OTAN. NOUS N’EN AVONS JAMAIS EU BESOIN, a-t-il assuré, citant aussi le Japon, l’Australie et la Corée du Sud parmi les pays ayant rejeté ses demandes d’assistance.

Dans un message sur X, le président du Parlement iranien a pour sa part déclaré que le détroit d’Ormuz ne retournerait pas à son fonctionnement d’avant-guerre, sans plus de détails.Le président américain Donald Trump s'est adressé aux journalistes lors d'une conférence de presse à Doral, en Floride.

Le président américain, Donald Trump, s’est adressé aux journalistes lors d’une conférence de presse le 9 mars 2026 à Doral, en Floride. Photo : Getty Images / Roberto Schmidt

Blocus sélectif

Seule une fraction des navires qui franchissaient auparavant le détroit arrivent aujourd’hui à traverser ce passage par lequel transite en temps normal près de 20 % du brut et près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL), perturbant l’économie mondiale.

Selon la société de renseignement maritime Windward, les données de suivi montrent que l’Iran effectue un blocus sélectif, et a autorisé plusieurs navires alliés à traverser le détroit.

En Iran, où la délégation du Comité international de la Croix Rouge s’est alarmée du lourd tribut payé par la population et les infrastructures civiles, les autorités ont appelé la population à se rassembler dans les rues contre les complots ennemis.Des secouristes cherchent des victimes dans les décombres d'un bâtiment après une frappe, le 13 mars 2026.

Des secouristes cherchent des victimes dans les décombres d’un bâtiment après une frappe à Téhéran, le 13 mars 2026. Photo : La Presse canadienne / Associated Press / Sajjad Safari

La télévision d’État a montré de nombreux manifestants brandissant des drapeaux iraniens lors de ces rassemblements, organisés avant une nuit habituellement marquée par des festivités liées au Nouvel An persan, Norouz.

Elle a également montré de grands rassemblements d’hommes prier sur la place Punak de la capitale, théâtre en janvier des manifestations antigouvernementales massives qui avaient été réprimées dans le sang.

Ali Larijani était apparu en pleine rue vendredi au milieu d’une foule de partisans du pouvoir dans la capitale iranienne. Le problème de [Donald] Trump, c’est qu’il ne comprend pas que le peuple iranien est […] une nation forte, une nation déterminée, avait-il déclaré à la télévision d’État.

Il était le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, assure un responsable militaire israélien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Même avant, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles.

Aucune menace imminente

Dans le même temps, le conflit se poursuit aux quatre coins du Moyen-Orient.

L’Irak est aspiré dans une guerre qu’il voulait éviter, avec des groupes pro-iraniens revendiquant quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains ou des sites pétroliers. En retour, ils sont visés par des frappes américaines ou israéliennes.

L’ambassade des États-Unis a été attaquée plusieurs fois. Mercredi matin, elle a été touchée par un drone, selon une source sécuritaire à qui l’AFP a parlé.De la fumée et du feu visibles après un attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad, le 17 mars 2026.

De la fumée et du feu visibles après un attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad, le 17 mars 2026. Photo : Reuters / Social Media

Les puissantes Brigades du Hezbollah pro-iraniennes ont, elles, fustigé la présence américaine malveillante en Irak, réclamant le départ de tous les soldats étrangers du pays.

Au Liban, où les autorités ont recensé 912 personnes tuées, dont 111 enfants, depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sont également quotidiennes. Mardi, trois soldats de l’armée libanaise, restée à l’écart du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, ont été tués dans le sud du pays.

Outre ses frappes contre Israël – deux personnes ont été tuées à Tel-Aviv dans la nuit de mardi à mercredi –, l’Iran poursuit ses tirs sur ses voisins du Golfe, visant à la fois des intérêts américains et des infrastructures civiles.

Lundi, Donald Trump avait pour la première fois publiquement admis avoir été choqué par la riposte iranienne. Personne ne pensait qu’ils allaient frapper dans le Golfe, avait-il déclaré.

Un de ses hauts responsables du renseignement, Joseph Kent, a démissionné mardi pour manifester son désaccord avec l’attaque israélo-américaine. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour les États-Unis, a-t-il critiqué.

Le point sur le conflit

Selon les données de l’Institute for the Study of War (ISW) (nouvelle fenêtre), les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran une quarantaine de fois depuis ce week-end (18 fois à Téhéran). Ils ont notamment ciblé une usine de drones iranienne dans la province du Khorasan du Sud et des sites de sécurité intérieure à Téhéran. Selon l’ISW, 16 des 69 stations du commandement des forces de l’ordre iraniennes ont été frappées depuis le 28 février.

L’Irak a été frappé à trois reprises par les États-Unis et Israël depuis le week-end.

Depuis le début du conflit, on compte en moyenne 26 attaques iraniennes par jour sur les pays du Moyen-Orient et depuis ce week-end, l’ISW en dénombre un total de 77. L’Iran n’a attaqué aucun navire dans le détroit d’Ormuz depuis le 12 mars.

Les systèmes de défense aérienne de la région ont intercepté la plupart des projectiles iraniens. Par contre, au cours des derniers jours, des drones iraniens ont frappé l’aéroport international de Dubaï, un champ pétrolier à Abou Dhabi et un oléoduc à Fujairah, aux Émirats arabes unis.

Israël a par ailleurs frappé le Liban une quarantaine de fois depuis ce week-end. Plus de 150 villes ont été touchées par des tirs israéliens depuis le début du conflit. Au total, Beyrouth a été frappée à 38 reprises par les forces israéliennes.

Agence France-Presse avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

CAN 2025 : le titre retiré au Sénégal, le Maroc déclaré vainqueur

mars 17, 2026

Le jury d’appel de la Confédération africaine de football a retiré le titre remporté par le Sénégal lors de la Coupe d’Afrique des nations et déclaré le Maroc vainqueur.

Les joueurs sénégalais soulèvent le trophée après avoir remporté la finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) face au Maroc.
Les joueurs sénégalais soulèvent le trophée après avoir remporté la finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) face au Maroc. © Photo par SAMAH ZIDAN / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a retiré le titre remporté par le Sénégal lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN2025) le 18 janvier dernier, déclarant le Maroc vainqueur.

L’instance de la CAF a décidé « de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale », remportée 1-0 par les Sénégalais, « le résultat étant homologué sur le score de 3-0 » en faveur du Maroc, précise le communiqué.

Plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale, en protestation contre une décision arbitrale.

La saisine du Maroc jugée « fondée »

Le jury d’appel de la CAF a jugé que l’appel introduit par la Fédération royale marocaine de Football (FRMF) était « recevable en la forme et fondé » et que « la décision du jury disciplinaire de la CAF est annulée ».

Il estime que le comportement du Sénégal « relève du champ d’application des articles 82 et 84 » du Règlement de la Coupe d’Afrique des nations et que « la réserve introduite par la FRMF est déclarée fondée ». En conséquence, la Fédération sénégalaise de football (FSF) « a enfreint l’article 82 du Règlement de la CAN » et « l’équipe du Sénégal est déclarée forfait », le match étant « enregistré sur le score de 3-0 en faveur » du Maroc.

Cette décision n’est cependant pas définitive : elle est encore susceptible d’un recours en dernier ressort devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), dans un délai de dix jours.

Réaction de la fédération marocaine

La Fédération marocaine a « pris acte » de la décision, indique-t-elle dans un communiqué publié quelques instants après cette annonce. Elle assure que « sa démarche n’a jamais eu pour objet de contester la performance sportive », mais « uniquement de demander l’application du règlement de la compétition ». À l’heure où nous écrivions ces lignes, la Fédération sénégalaise de football n’avait, elle, pas encore réagi.

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

Le procès en appel de 18 supporters sénégalais, emprisonnés depuis la finale et condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison pour « hooliganisme », qui devait se dérouler lundi, a été reporté au 30 mars.

Avec Jeune Afrique