Je m’y approchais, posais mon pied dessus et doucement, j’appuyais mon pied gauche, de la pointe du pied. Je tapotais sur les lattes de bois, qui me semblait raisonner légèrement. J’appliquais avec légèrement plus de pression, tout en bougeant mon pied à gauche et à droite, et je sentis un certain jeu.
Il devait y avoir quelque chose, je m’accroupissais pour essayer de trouver un moyen d’ouvrir ce grand rectangle. Évidemment, il n’y avait pas de poignée. Il n’y avait pas assez d’espace pour placer un seul doigt pour soulever cette trappe.
Je cognais avec ma main gauche au milieu de ce rectangle, je sentais les vibrations dans ma paume, mais le bruit raisonnait plus clairement maintenant que mon visage était plus près du sol.
Je pensais au couteau suisse que je gardais toujours dans ma voiture.
Après l’avoir récupéré, j’encastrais la lame dans une des trois fentes qui se présentait à moi, les deux derniers côtés de cette trappe étant les murs faisant l’angle.
J’engageais un mouvement de levier, et le bois craqua doucement, de la poussière retombait dans un vide noir.
Je finissais d’ouvrir avec mes mains, la plaque entière s’enleva facilement, laissant paraître un trou noir.
Je ne pouvais rien voir, la lumière du jour ne tapait pas dans ce coin de la pièce, c’est pourquoi la télé avait été placée ici.
Je sortis donc mon téléphone, alluma le flash. Et je vis…
J’étais seul dans la maison de famille, elle avait appartenu à plusieurs générations, je ne saurai dire exactement combien, mais elle remontait au moins à mes arrière-arrières grand-parents. C’est dire que cette maison avait une histoire.
Ma grand-mère venait de décéder, et malheureusement, aucuns membres de ma famille ne voulait la reprendre à son compte. L’économie ne s’y prêtait pas, l’entretient et la mise aux normes d’une vieille maison était coûteux, et elle était à la campagne, au milieu des champs.
J’y étais pour vider la maison, faire le tri, et commencer à faire l’inventaire de ce qui pouvait être revendu, de ce qui pouvait être gardé. C’était la chose la plus difficile, non seulement, les années de jeunesses passées en vacance avec ma grand-mère me revenaient en mémoire, mais surtout, la famille allait vouloir sa part dans la vente des meubles et autres biens.
Personne ne s’occupait plus de ma grand-mère, mais quand était venu le temps de faire les comptes, tout le monde avaient son mot à dire, ses raisons, pour récupérer les choses les plus précieuses, les plus chères, enfin, c’est ça la famille.
Voir cette maison se vider de son âme, de toutes ces choses accumulées depuis des décennies, étant passée par au moins deux guerres mondiales, me mettait mal à l’aise. J’avais l’impression de redécouvrir la maison, voire d’en découvrir une nouvelle. L’espace vide la rendait plus grande.
Une des dernières fois où j’y ai posé les pieds, plus rien ne restait dans la maison. J’en fis le tour, avec un noeud à l’estomac. J’avais presque envie que les murs puissent parler. Ils devaient avoir tellement de choses à raconter, ils seraient les biographes attitrés d’une partie de notre héritage.
Je fis le tour de toutes les pièces, la cuisine, par où nous rentrions et qui sentait la bonne cuisine de ma grand-mère, la grande salle à manger, où il y a de ça quelques semaines, arborée de magnifiques meubles en bois massifs, des vases, de la porcelaine, un grand miroir au dessus de la cheminée, le parquet vitrifié qui craquait sous nos pas… le parquet…
Je faisais souvent ce rêve depuis la mort de ma grand-mère où je marchais dans cette vieille maison et trouvais des pièces que je n’avais jamais découvertes, et j’explorais ces chambres, montais des escaliers sur plusieurs étages, traversais des pièces secrètes cachées derrière les meubles…
Parquet, pièces secrètes… c’est à ce moment que mon regard se posa sur un des coins de la pièce, là où se trouvait l’imposant meuble supportant une télé tout aussi imposante (grand-mère avait eu le droit à une télé derniers cri car elle se plaignait de ne plus voir correctement sur sa grosse et vieille télé à tube cathodique).
Il semblait qu’il y avait un décalage et une décoloration au niveau du parquet. La décoloration pouvait s’expliquer par le meuble qui avait occupé ici sûrement plus d’un quart de siècle, mais ce rectangle d’environ un mètre cinquante de largeur et un de longueur, et dont les rebords marquaient un subtil décalage décoloré avec le reste du parquet. attira mon attention.
Je descendais du bus après avoir pris le métro et changé deux fois de station. J’étais maintenant dans une banlieue limitrophe à la Capitale. Une banlieue… plutôt une sorte d’ancien secteur industriel désaffecté.
Je devais me rendre dans le seul bâtiment en bon état du secteur. Il n’était pas difficile à rater, c’était le seul peint d’un blanc immaculé avec d’imposantes fenêtres, qui semblaient tout juste installées. L’entrée était située sous un porche.
Selon les indications que j’avais reçues par mail, il me fallait sonner à l’interphone et dire mon nom. Ce que je fis.
Une voix robotique me répondit : « Fixer la caméra. Fixer la caméra. Fixer la caméra… » Elle n’arrêtait pas de réciter cela, je cherchais la caméra en levant la tête, pensant instinctivement qu’une caméra se devait d’être accrochée quelque part en hauteur mais je découvris qu’elle était insérée dans l’interphone.
Je fixais donc mes yeux sur la caméra, un buzz sonore retentit, le bruit se répercutant dans toute la zone, où peut-être était-ce dû à ce porche plutôt imposant.
La double porte vitrée de l’entrée s’ouvrît. Je rentrais. À ma droite était un guichet, où devait travailler les secrétaires à l’époque, mais pas de secrétaire derrière le bureau, non, mais une borne qui me demanda mon nom et de fixer la caméra, encore une fois.
Cela me prit une minute, j’eus le temps d’observer un peu l’intérieur de cette ancienne usine remise à neuf. Tout semblait avoir été repeint en blanc, sauf les portes, repeintes en noires. Le sol immense était carrelé et coloré en damier. Ce hall de réception était gigantesque, quelque chose me dérangeait, sûrement le fait d’être seul au milieu d’un si grand espace. En face de moi, de large et grandes fenêtres par où la lumière passait et se réverbérait contre les murs blancs immaculés. Il y avait des puissants néons produisant une vive lumière jaunâtre. Il fallait se rendre compte de la puissance de ces néons pour arriver à imposer leur lumière à l’immense espace déjà éclairé par la lumière du jour.
Le plafond était plutôt bas, je pensais, à raison, que cela signifiait que le bâtiment comportait plusieurs étages. Les murs latéraux comportaient bien au moins une dizaine de portes chacun, espacés symétriquement, et peintes de cet imposant noir de jais. Elles semblaient lourdes, blindées, leur poignée étaient massives. Et pas de petite fenêtres à ces portes, ce qui leur donnait un côté brute. Je constatais qu’il y avait, situé à côté de chacune de ces portes, une sorte, je présumais et encore avec raison, de lecteur de carte.
Je n’eus pas le temps pour cette première visite d’observer un peu plus cet étage car une des porte s’ouvrît brusquement, je ne pu voir laquelle car mon attention se fixa sur l’homme en blouse blanche qui approchait d’une démarche assurée et faisant raisonner chacun de ses pas dans le hall.
Avez vous entendu parler du groupe de musique dont les musiciens tapent sur des énormes bidons à coup d’énormes baguettes (pas de pain hein) et qui s’appel : Les Tambours du Bronx ?
Les Tambours du Bronx (crédit photo : Wikipedia)
Qu’importe votre réponse, si vous connaissez ou pas, recherchez sur YouTube et vous trouverez.
Mais quel rapport avec moi ? (Parce que vous êtes sur mon blog et que je suis peut-être mégalo, tout doit se rapporter à moi ici !)
Les Tambours du Bronx et ma petite personne avons en commun d’être nés au même endroit. Un commune de la Nièvre, accolée à Nevers.
Une partie de cette commune est appelée le Bronx, pourquoi ? Laissons répondre Wikipedia : « Leur nom vient d’un quartier de la commune surnommé « Le Bronx » à cause de son quadrillage de rues et de ses alignements de maisons identiques, de couleur sombre. »
Le Bronx à New-York (source photo : lonelyplanet.fr)
Autant vous dire que ce groupe de musique était notre fierté à tous.
Cette partie de la ville était juste en face de mon appartement, quand j’étais gamin. Cette ville de la Nièvre, sans grande prétention mais somme toute belle, est avec moi, est attaché à mon être. J’y retourne avec plaisir et nostalgie, les plus belles années de ma vie me reviennent en mémoire.
Une amie d’enfance m’a dis un jour que son compagnon ne comprenait pas pourquoi les habitants de cette petite commune étaient si attachés à cette dernière.
Je n’ai pas d’explication, c’est presque dans ma chair, une sorte de havre, My Hometown, j’y ai arpenté tous les recoins, j’y ai appris à lire, à écrire (avec des fautes), à compter, à jouer au foot et au Basket. J’y ai eu mes premiers amours, mon premier vrai amour, des drames, des joies, des soucis et des succès, des ami(e)s, des meilleurs amis, des bagarres, des emmerdes, mes premières rencontre avec la Police, la première fois où j’ai vu quelqu’un dégainer une arme et rentrer dans la partie cave de mon appartement…
Tellement de chose qui font que cette ville fait partit de moi.
Elle est mon Ithaque, et je suis Ulysse… Non disons plutôt un mélange d’Ulysse dont j’expliquerai que son talent pour la ruse viendrait de l’anxiété et Telemaque, l’enfant devenant adulte, ou presque. On dirait aujourd’hui, en utilisant la Novlangue (AKA À – NOTRE – ÉPOQUE – ON – A – DES – MOTS – POUR – TOUS – NOS – MAUX – !) que je suis un adulescent.
Excusez mon écart, j’ai lu il y a quelques jours « Un été avec Homère » de Tesson, le passage où il nous parle du lecteur et de son identification avec un des héros Homériques. Autant jouer le jeu !
A noter aussi cette théorie de Tesson dans cet ouvrage : nous sommes hantés par le lieu qui nous a vue naître, par le lieu où nous avons le plus vécus, ou où nous vivons (ou avons vécus) le plus d’émotions. C’est une sorte de possession qui s’emparerait de l’écrivain, nous devons voir dans un récit l’influence du lieu sur son auteur. L’art de l’artiste est habité par son environnement.
Et n’oublions pas non plus l’influence de l’endroit d’où l’on vient.
L’influence d’Ulysse de James Joyce, que je viens de terminer, tant a apporté une certaine crédibilité à la théorie de Tesson. James Joyce et Dublin. Et vice-versa ?
Pour finir, un article arrivera dans les prochaines semaines voir prochains mois, portant sur la littérature et New-York. Il me faut le temps, et surtout l’argent, pour réunir les ouvrages que j’ai prévus de me procurer.
D’ici là, si vous avez écris sur New-York, n’hésitez pas à partager vos article dans les commentaires. Même des anecdotes, des récits de voyage, pourquoi pas ?! Je me ferai un plaisir de les lire !
Voici quelques clichés prit durant mes pérégrinations et mon quotidien. Pour changer un peu des livres !
BasiliqueLe Calvaire Roméo, mon fidèle partenaire de lecture, et moi, nous apprêtant à lire une nouvelle inédite d’Ernest Hemingway – La poursuite comme bonheur dans le dernier numéro d’America. Pour la petite histoire, ou la grande, cette nouvelle a été retrouvé par le petit fils d’Hemingway, Sean, l’année dernière ! J’ai profité des soldes ! Je rêvais, vraiment, d’une paire de Timberland, et j’en suis devenu foutrement amoureux ! À moi l’aventure ! (En arrière plan, la boîte du dessus contient tous les livres que je n’ai pas encore lu…)Jeanne d’Arc et le Soleil qui se prépare à céder sa place à la LuneJeanne d’Arc #2Jeanne d’Arc #3Quelqu’un sait quel est le nom de cet arbre ?La basilique avec l’ombre de Jeanne d’Arc projetée.Une partie de Rouen s’apprête à se coucher.Roméo en pleine course !Roméo au milieu de ses fleurs favorites, les Pâquerettes. Il les aiment tellement qu’il les mangent ! Roméo adore les bouchons. Clown ou cochon ? New-York ? Non Barentin !Mesdames/Messieurs, permettez moi de vous présenter le Pussy Van. Ce n’est pas le Pussy Wagon de Kill Bill ! Honnêtement, je ne sais pas à quoi il sert. J’ai bien une petite idée mais je la garde pour moi. Sacré Normandie !Le calme avant…La tempête !C’est un débarquement ! On est en Normandie donc ne soyez pas surpris !Pourquoi les canards aiment montrer leur arrière-train ? Encore une question pour vous !Et bon appétit bien sûr !Petit canard tout mignon deviendra fort !Roméo a couru après quelques canards plus gros que lui ! Et il faisait chaud comme nous pouvons le remarquer !Couleurs d’été Je sais qu’il y a des experts en fleurs par ici, une poignée de photos pour vous. Si vous avez le temps, partagez avec nous leurs noms !La Lune était déjà de sortie !Des amis d’Edgar Allan Poe nous surveillent. Ils guettent le port du masque et bientôt ils nous demanderont notre pass sanitaire !Palais des expositions ?La cathédrale de Rouen. Super original Jaskier ! Ce n’est pas comme si 20 personnes par minutes la photographient aussi !Bon dimanche à vous les ami(e)s ! Roméo s’endort pendant la lecture, sauf quand je lui lis Croc-Blanc ou L’appel de la forêt de Jack London.
Rouen – Avril 2021Rouen mi-mai 2021L’Amérique, la littérature et le polar.Never enoughMoutons, cotons. Mère nature plus grande artiste.Roméo prends la pose. Il essaie du moins.La Normandie, toujours marquée par la culture militaire du dernier conflit mondial.Buchy – fin mai 2021Buchy BuchyBuchyBuchyBuchyErnest Noury – Naturaliste (1877-1968)Ernest Noury – Naturaliste (1877-1968)BuchyBuchyBuchyMadame Bovary quelqu’un ? -Buchy-BuchyBuchyBuchyBuchyMerci aux cousins canadiens ! – Buchy-Buchy « – Excusez moi humain, un peu d’intimité, est-ce trop demander ? » -Buchy-Vous le voyez ? Il roucoulait juste au dessus de ma tête. Cachotier ! – Buchy-BuchyBuchyBuchy
Quelques photographies qui trainaient dans mon téléphone. Je n’est pas la prétention d’être un grand photographe, j’avais juste envie de partager quelques unes de mes photos prises lors de mes balades.
Je découvre la Normandie, petit à petit. Pleine de beautés, d’histoires, de mystères et de talents.
J’espère du moins que ces quelques clichés vous plairont.