Dessin intitulé « Les morts qu’on n’a pas vengés ne dorment pas » de Jean Veber
Dans la même veine que l’article sur le site spécialisé sur les dessins de soldats de la Première Guerre, j’ai trouvé, grâce à ce premier site, un site du gouvernement, bien connu des généalogistes et historiens, regroupant 550 œuvres (estampes) réalisé par des soldats de la guerre de 14-18. Et il me semble qu’il n’y a pas que des artistes français, mais découvrez par vous-même :
« […] Vous ne pouvez pas avoir idée de ce qu’on a vu là-bas [Verdun]. Nous avons passé trois jours couchés dans les trous d’obus à voir la mort de près, à l’attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d’eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres de terre, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut se creuser un abris, on tombe tout de suite sur des morts. »
Lettre de Karl Fritz, caporal de l’armée allemande. Écrit recueilli dans « Paroles de Poilus » de Jean-Pierre Guéno.
Quand je ne suis pas en opération, je suis un autre homme. De retour en France, quand assez de temps à coulé sous les ponts, que mon corps, mon esprit, mes nerfs, commencent à se relâcher, les souvenirs reviennent. Les traumas ouvrent les vannes émotionnelles : les cauchemars, les éternelles questions que l’on se pose sur l’être humain après avoir vue des choses qui vous donnent envie de brutaliser n’importe quelle personne suspecte qui passe près de vous, attaquent. Ou même cette pensée obsédante de se mettre un calibre sur la tempe afin d’éviter cette remise en question brutale vous assaille. Et l’on espère que ce traumatisme, avec le temps, on l’espère, guérira,
Le temps est une chimère. Il vous permet d’oublier temporairement les horreurs que vous avez vues, mais le corps, lui, n’oublie pas. Les flash-back qui apparaissent inopinément, parfois pour rien, parfois à cause d’un bruit ou d’une odeur. Tout remonte à la surface. J’ai entendu parler de vétéran qui pensait être revenu sur le champ de bataille après avoir entendu un pétard éclater, ou une portière de voiture qui claque. Ils, ou elles, pensent être de retour sur-le-champs de bataille. Accroupie, une arme invisible à la main, ils attendent des ordres qui ne viendront jamais. Il faut appeler un psychiatre ou un psychologue, avec le SAMU, pour sortir ces personnes de cette transe.
Bien sûr, et en France surtout, personne n’est au courant du défi que le retour à la vie civile implique pour un soldat. On n’en parle pas, on ne parle pas de ce qu’on a vécu. On nous le demande parfois, souvent des ami(e)s, et vous ne répondez pas. Ce n’est pas possible de comprendre, ni d’expliquer notre peine à une personne dont le seul souci semble être de savoir si la nouvelle star de la télé-réalité a appelé son fils Ethan ou Gloubiboulga. Un monde nous sépare des autres. Nous nous comprenons entre nous, et encore pas forcément à chaque fois.
Je n’ai plus ma place à l’armée, je ne sais même pas si j’ai le droit à une place chez les civils. Au final, quand j’ai signé pour devenir soldat, ce n’était pas une affaire de mois ou d’années, mais d’une vie entière.
Ce n’est pas du regret, j’ai choisi.
Comme ma sœur qui a choisi cette opération. Demain matin sera son moment sur le champ de bataille, et la suite sera un autre combat sur le long terme.
Ça ne s’arrête jamais la vie, et sans combats, pas de vie.
« – Au fait, vous êtes gradé ? Sous-off’ ou trou fion ?
Sergent.
Pas mal le petit gars ! Vous êtes jeune et déjà une huile !
Quand vous sortez de l’école avec le bac, vous pouvez entrer comme officier.
Ah oui mais vous avez dû faire pas mal de terrain !
J’ai été sur le terrain évidemment. Autant que mes camarades.
Et on nous parle jamais de l’armée aux infos, à part le 14 juillet. On oublie qu’on a des jeunots qui se battent !
Le manque d’information, c’est normal. La population n’a pas besoin d’être au courant des guerres en cours. Question d’image et avec ça, plus de latitudes grâce au silence. Les reporters de guerre au plus près des soldats, ça s’est arrêté au Vietnam. Le peuple ne doit surtout pas voir des soldats français se battre tous les jours à la télé.
C’est vrai qu’on sait pas vraiment où nos gars se battent ! Oui, c’est curieux.
Il y a aussi des femmes vous savez.
Ça doit amener son lot de désagrément.
Pas du tout. Elles se battent comme les hommes, s’entraînent pareil.
Non mais ça d’accord. J’voulais dire par là… des jeunes gens en pleine forme avec des jeunes femmes, bah forcément, il doit y avoir des histoires de coucheries !
Non.
Étonnant.
Il y a beaucoup de gradés femmes qui commandent des hommes.
Et ça ne pose pas de problème ?
Non.
Hey bien mon garçon, c’est sacrément étonnant de voir à quel point l’armée a changé ! »
Je pensais avoir évité la discussion sur les sujets délicats, sujets que je n’ai pas forcément envie de parler. Mais non.
« – Vous avez été où ? Afghanistan truc comme ça ?
Oui, entre autres.
Y’a quoi d’autre… vous n’avez pas que fait l’Afghanistan ?
Non.
Je vois pas d’autre conflit auquel la force participe.
Il y a l’opération Barkhane au Mali.
Qu’est-ce qu’ils foutent là-bas ? Une guerre civile ?
Terroristes. Et ça peut tourner à la guerre civile.
Évidemment maintenant… c’est le terroriste. À notre époque, on nous disait que l’ennemi c’étaient les Russes.
C’était encore l’époque du mur de Berlin, du rideau de fer.
C’était une autre époque.
Mais les problèmes avec les Russes ne sont jamais trop loin. Voyez l’élection de Trump.
Ah ! Un sacré moustique celui-là ! »
Je me demandais s’il allait encore rester là longtemps. Il était chirurgien, il avait sûrement d’autres chats à fouetter. Ou à opérer. Non, ça c’est les vétos.
« – Bon, je vous laisse ! Mesdames, pas d’inquiétude, tout va bien se passer demain matin. Il n’y a aucune raison pour que les choses tournent mal. Et vous soldat, merci pour votre service !
Merci docteur, tu verras ma chérie demain ça se passera comme prévu.
Au revoir docteur. »
C’étaient mes dernières paroles, un au revoir courtois, mais j’avais envie de lui dire que je me fichais pas mal de ses remerciements pour mon service.
Car j’allai quitter l’armée. Il ne me restait plus que quelques mois à finir. Je ne pouvais plus supporter la vie de soldat. Mais je savais que ce qui m’attendait, la vie civile, qui serait une nouvelle épreuve. Une qui réserve ses lots de souffrances. Mais les vétérans, en France, tout le monde s’en fichent…
Les chaînes d’informations, avec leurs présentateurs vedettes, qui ressemblaient à des mannequins de publicité pour shampoing hors de prix, récitaient leur texte, les mêmes pour chacun à peu de mots prêts, fournis par le gouvernement, n’existaient que pour faire peur à la population, tout en les rassurants. Étrange dichotomie.
« – Tout va bien, on reçoit quelques bombes sur la gueule ? Et bien nous leur en envoyons le double ! L’ennemi cri famine ! L’adversaire demande pitié ! Ces salauds ont demandé des pourparlers de paix ! Ils faiblissent de minutes en minutes ! Leur air est irrespirable (peut-être faudrait-il leur dire que ‘l’air’ ne connaît pas les frontières, à moins que ce soit le même nuage toxique que Tchernobyl, lui, il avait le respect des frontières !) Nous sommes les meilleurs ! Nos soldats sont tous surentraînés et l’armée possède encore beaucoup d’armes secrètes qui pourraient mettre un terme définitif à ce conflit ! (Pourquoi ne l’utilisent-ils pas ? C’est sûrement secret ça aussi.) Nos dirigeants ont toujours un temps d’avance sur l’ennemi trop idiot ! Notre économie n’a jamais été si florissante ! L’ennemi n’a même plus de maison où aller se réfugier, ils mangent par terre, sucent des cailloux ! Sur le champ de bataille (il n’y en a pas, rappelez-vous), l’adversaire tremble et s’enfuit face à nos braves ! Le monde entier nous soutient, beaucoup nous admirent, nous demandent le secret de nos incroyables succès guerrier ! Voyez comme nous sommes grands, voyez comme ils sont petits ! Portez vos masques ! Réfugiez-vous dans un abris à chaque alerte ! »
Et de l’autre côté de la frontière de l’Est, la télévision émettait les mêmes propos sur le pays de l’ingénieur.
Thomas aurait aimé dire au gens que ce n’est que purs mensonges. d’ouvrir les yeux. Mais à quoi bon ? Dans la vie, souvent, il ne fait pas bon de dire la Vérité. Toute vérité n’est pas bonne à dire. Surtout que si l’on s’exprime trop ouvertement, le gouvernement à ses sbires, l’unité de protection de la population, ou plutôt l’unité « fermes ta gueule ou bien creuses ta tombe » comme aimait à l’appeler l’ingénieur.
Pour lui, ‘plus le mensonge est gros, plus il passe facilement’ n’était pas un poncif efficace. Thomas dirait plutôt que le mensonge devait être répété, encore et encore jusqu’à ce que les voix qui s’élèvent pour le démentir se fatiguent et abandonnent. Et des mensonges, matraqués tous les soirs à des millions de personnes rivés derrière leurs écrans de télévision, il y en a tous les jours et de toute sorte.
Peut-être qu’au final, boire est exactement ce que son gouvernement voulait qu’il fasse. Tellement plus facile d’endurer quand l’esprit est saoulé. Tellement plus malléable est le cerveau quand il est imbibé de poison. Mais les leaders du pays de Thomas, les mêmes que ceux de Benjamin et Sabine, ne s’inquiétaient pas des pessimistes, des nerveux, des érudits, des intellectuels ou des personnes qui comprenaient le manège qui se tramait derrière ce soit disant conflit.
Ils avaient leur machine à laver le cerveau et les agents pour détruire le corps si besoin.
Pour ces personnes clairvoyantes, ou plutôt avec un esprit critique et une intelligence légèrement supérieure à la moyenne, et à cette époque, il n’était pas difficile de l’être, la vie était un mauvais spectacle mis en scène par des régisseurs richissimes et joué par des acteurs invisible pour un public névrosé et aliéné à souhait.
Peut-être était-ce dû à la frustration, à voir les gens sourire, rigoler, s’aimer, se disputer, se chamailler, faire la fête. C’est peut-être ça la vraie raison de l’alcoolisme de l’ingénieur Thomas. Effet secondaire de l’ignorance : affecte l’entourage. Comme l’alcoolisme.
L’ingénieur faisait partie de ces gens qui réfléchissaient trop. Une mauvaise chose, une maladie psychique qui ne dit pas son nom où ne montre pas sa gravité. Donc Thomas buvait pour éteindre son cerveau, pour l’empoisonner pour devenir lui aussi, le temps que l’alcool se dissolve dans son sang, un ignorant.
Et puis, il était plus facile de prendre un train saoul. En tenant compte de la situation cependant : une fois dans le train en marche, si une bombe nucléaire décidait que c’est sur votre wagon qu’il décide de finir sa sale besogne, il n’y avait pas de fuite possible. Même en dehors d’un train cela dit. Non, en fait, Thomas buvait car à tout moment sa vie pouvait s’arrêter à cause d’un mini engin apocalyptique.
Le cri est strident, « Le diable se dirigent vers nous ! Ohé ! Le diable en a après nous ! »
Les hommes du Wigram se réveillent sans se faire prier, c’est le branle-bas de combat. On se bouscules pour aller à son poste, les canonniers et boutes-feu se postent derrière leurs canons, prêts à lâcher une bordée au premier ordre.
Antoine, le bosco, posté sur la dunette, sort sa longue vue, la dirigeant sur 360 degrés.
« – Mais qu’est-ce que c’est que ça ! Antoine tu peux me dire ce que c’est !
C’est une boule de feu ! On dirait un… un soleil ! Un petit soleil ! »
Tous les hommes se relèvent de leurs postes pour chercher de leurs propres yeux les paroles terribles d’Antoine.
À l’horizon, venue de l’ouest, une forme rougeâtre est visible, avec un peu de concentration, certains matelots jurent que cette chose approche.
La forme semble être triple dans la longue vue du bosco, il peut voir cette chose de feu, son reflet sur la mer et ce phénomène curieux qui reflète cette énigme juste au dessus de la ligne d’horizon, comme trois cavaliers de l’Apocalypse parfaitement alignés à la verticale.
« – Antoine, qu’est-ce que tu vois exactement !
C’est une chose en flamme mon commandant.
Ça vient vers nous ?
Ça vient pas de doute.
À quelle vitesse ?
Je dirais… , Antoine prend son loch, éclair le cadran en l’approchant d’un brasero. Je dirais 35 noeuds mon commandant !
Trente-cin… Bon dieu. Faisons lui face à notre bâbord, je veux les canons prêts a lâcher une bordée sur ce… machin. »
Le Wagram fait un quart de tour sur la droite, le contre-amiral Kerjulien approuve de la tête en regardant le timonier.
« – À bâbord, je veux 5 canons d’anges à deux têtes, 5 autres de boulets pleins. Prêts à canonner à mon signal !
Oui commandant ! »
Les boutes-feu préparent leurs baguettes, prêts à en enflammer la mèche d’étoupe. Dans la nuit, aucune lune, aucune étoile, les braseros et torches du Wagram vacillent, laissant voir des ombres sur les faces crispés des matelots. Elles dessinent de curieux visages sur celui balafré du contre-amiral, créant l’illusion de lui ajouter, le temps d’une seconde, d’autre cicatrices avant de disparaître. Ses rides semblent se multiplier avec le jeu de lumière erratique, lui donnant des airs de vieillards. Ses pupilles sont rouges, tel un possédé, tel ceux qui entrent en transe dans les lointaines terres hindoues durant ces étranges cérémonies dédiées à Shiva.
« – Commandant, je pense… je pense qu’il dévie de sa trajectoire et met le cap dans notre direction !
Je le sais ! On… ne regardez pas trop cette… chose en feu, rien de tel pour vous éblouir.
Mon commandant, c’est quoi ce truc ? »
Le commandant allume sa pipe à l’aide d’un petit tisonnier qu’il avait préalablement chauffé à un brasero.
« – Ça… c’est une putain de légende, une légende vraie !
Que voulez-vous dire mon commandant ?
Ce que je veux dire ? C’est que si nous ne le coulons pas, nous seront morts.
Évidement…
Évidement quoi sous-fifre ?!
Pardon mon commandant.
Ce truc là messieurs, c’est le diable en personne ! C’est un navire en flamme, qui terminera sa mission infernale soit coulé, soit en nous coulant.
Chef, peut-être qu’on pourrait essayer de le perdre !
Inepties ! Conneries ! Ce machin vient pour nous envoyer en enfer, j’ai… il… on a trop péché ! Trente-cinq noeuds ! T’as pas entendu Antoine ! Notre Wigram dépasse difficilement les 10 noeuds !
Et si on manœuv…
Tu pense pouvoir l’esquiver ? Ah ! Ce machin va vouloir se repaitre de nous, c’est intelligent, cela nous est destiné ! Allez me chercher Spark ! Il n’est pas là, doit être en train de prier sa mère au carré.
Oui chef.
Et dite lui que si il ne ramène pas son cul ici, je lui fourre mon tisonnier dans l’œil !
Oui chef !
Du nerf ! »
Le commandant s’approche du charnier et s’asperge le visage d’eau, maintenant, les flammes du navire lui donnent un teint translucide. Les yeux braqués sur le navire en flamme qui approche à grande vitesse.
« – Putain, on dirait… sa carcasse… mais y’a encore les voiles mais c’est… tout en feu !
Antoine, arrête de le regarder, tu vois le diable merde ! Arrêtez de le regardez ! Soyez prêt, foutrement prêt à canonner cette terreur ! On aura pas de deuxième chance !
Commandant…
Spark petit enculé !
Désolé mon com… »
Cosmao Kerujulien prend la tête de Spark entre ses mains pour la placer en vue du navire enflammé.
« – C’est de ta faute ça enfant de putain !
Commandant… je suis désolé !
Tu sais ce que je vais être obliger de faire hein ?
Pitié non ! Non ! Laissez moi une chance, une… »
Le commandant lui tranche la gorge, Le corps de Spark, refusant la mort, fait des soubresauts. Le contre-amiral tourne et retourne sa dague dans le cou de Spark, on entends les tendons et les nerfs se défaire et le bruit de scie que fait la lame sur les os du cou de l’infortuné. Le commandant s’acharne, pose le corps du mort à terre et le décapite.
En brandissant la tête, il se déplace jusqu’aux gaillard avant, se tourne face au vaisseau brûlant qui n’est plus qu’à une moitié de mille et hurle :
« – Voici ! Voici Chtuhulu ! Regarde, j’ai accompli ta vengeance ! Chtuhulu, voici mon offrande, épargne moi, mes hommes et mon navire ! Prend-le ! Par pitié ! »
Ces derniers mots sont dits dans les sanglots. Tous les matelots le regardent, son uniforme est tacheté de substance noir, dégoulinante. Son corps a l’air d’une ombre, brandissant en l’air la tête de Spark comme Persée avait dû brandir celle de Méduse devant Phinée et ses sbires.
Les canonniers placent leurs canons dans leurs sabords respectifs, les boutes-feu enflamment leurs baguettes.
« – Chtuhulu je ne mérite pas ta colère. C’est lui, dont je tiens la tête, qui t’as offensé ! Lui a brisé son serment, pas moi ! »
Antoine ne peut s’empêcher de regarder le navire en feu, il croit même voir un visage, une terrible vision, un crâne à la mâchoire immense sortir puis, le fracas des canons firent vibrer l’air.
Les boulets percutent le vaisseau du diable, éclatant sur sa proue, des esquilles mêlées aux étincèles emplissent l’air, les anges à deux têtes fendent les voiles enflammées mais le vaisseaux fantômes ne ralentit pas.
Une seconde de silence, comme si l’oxygène du monde entier avait disparue, les matelots se regardent, à l’ombre des flammes ils ont l’air de spectres.
Le diable de vaisseau émet un son rauque, à faire exploser les tympans, des matelots en paniquent s’apprêtent à sauter à l’eau dans l’embarcation de sauvetage, le contre-amiral, reste debout, il a baissé les bras et la tête. Il est le premier percuté par le navire.
Soudain, tout le vaisseau prends feu, le bois craque et semble même hurler, le métal se tords, les feux de l’Enfer s’effondrent sur les marins.
L’instinct de tous les matelots est de sauter à l’eau, dans un dernier réflexe de conservation, ils sautent par dessus bords mais la mer n’est plus que flammes. Tel un feu grégeois, les marins sautent à leurs pertes, se consument, brûlés dans l’eau.
Tout se désagrège, l’oxygène n’existe plus pour les hommes encore conscients. Ils préfèrent mourir immédiatement plutôt que d’être les témoins de cette horreur. Préférant une mort rapide que de finir mangé par les flammes un mousse se tranche la gorge, l’autre s’enfonce son poignard dans le ventre, un autre encore plonge, la mer n’est plus un espoir, il brûle. On ne sait comment mais il reste à la surface et pousse des cris d’agonie avant que les flammes se repaissent de son visage.
Les mats s’affaissent, se donnant au feu pour mieux le nourrir, tout n’est que vision d’enfer, des silhouettes titubent et s’affaissent à genoux, des torches humaines sautent dans les lames de feux, des gerbes enflamment chaque parcelles de navire et de corps humains. L’air est emplie de petit débris qui se consument, comme des fées éphémères dont la vie est écourtée net par le présent à l’humanité de Prométhée.
Puis une énorme explosion finit de compléter le tableau d’apocalypse, le feu ayant atteint les réserves de poudres. L’atmosphère aux alentours hurle, comme si elle aussi pouvait sentir la souffrance.
Et le calme reprend ses droits. La mer s’est éteinte, des débris encore fumant flottent et sifflent au contact de l’eau, les squelettes des deux navires embrasés restent encastrés l’un dans l’autre comme des amants maudits.
Une immense lame engloutit les deux carcasses. Une épaisse fumée s’échappe de la mer puis s’évapore.
La vie reprend ses droits. Les flots sont calmes. Rien ne les perturbent, l’équilibre est revenu.
Crédit image : Pinterest
Récit inspiré par « Chtuhulu » d’H.P. Lovecraft et par « Moby-Dick » d’Herman Melville.
The microphone explodes, shattering the molds Either drop tha hits like de la O or get tha fuck off tha commode Wit tha sure shot, sure ta make tha bodies drop Drop an don’t copy yo, don’t call this a co-op Terror rains drenchin’, quenchin’ tha thirst of tha power dons That five sided fist-a-gon Tha rotten sore on tha face of mother earth gets bigger Tha triggers cold empty ya purse
Rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells
Weapons not food, not homes, not shoes Not need, just feed the war cannibal animal I walk tha corner to tha rubble that used to be a library Line up to tha mind cemetery now What we don’t know keeps tha contracts alive an movin’ They don’t gotta burn tha books they just remove ’em While arms warehouses fill as quick as tha cells Rally round tha family, pockets full of shells
Rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells They rally round tha family! With a pocket full of shells
Bulls on parade
Come wit it now! Come wit it now! Bulls on parade! Bulls on parade! Bulls on parade! Bulls on parade! Bulls on parade!
How many roads must a man walk down Before you call him a man? How many seas must a white dove sail Before she sleeps in the sand? Yes, and how many times must the cannonballs fly Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind The answer is blowin’ in the wind
Yes, and how many years must a mountain exist Before it is washed to the sea? And how many years can some people exist Before they’re allowed to be free? Yes, and how many times can a man turn his head And pretend that he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind The answer is blowin’ in the wind
Yes, and how many times must a man look up Before he can see the sky? And how many ears must one man have Before he can hear people cry? Yes, and how many deaths will it take ’til he knows That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind The answer is blowin’ in the wind
Oh, where have you been, my blue-eyed son? And where have you been my darling young one? I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests I’ve been out in front of a dozen dead oceans I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall
Oh, what did you see, my blue eyed son? And what did you see, my darling young one? I saw a newborn baby with wild wolves all around it I saw a highway of diamonds with nobody on it I saw a black branch with blood that kept drippin’ I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’
I saw a white ladder all covered with water I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall
And what did you hear, my blue-eyed son? And what did you hear, my darling young one? I heard the sound of a thunder that roared out a warnin’ I heard the roar of a wave that could drown the whole world I heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’
I heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’ I heard one person starve, I heard many people laughin’ Heard the song of a poet who died in the gutter Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard And it’s a hard rain’s a-gonna fall
Oh, what did you meet my blue-eyed son ? Who did you meet, my darling young one? I met a young child beside a dead pony I met a white man who walked a black dog I met a young woman whose body was burning I met a young girl, she gave me a rainbow I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded in hatred
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard And it’s a hard rain’s a-gonna fall
And what’ll you do now, my blue-eyed son? And what’ll you do now my darling young one? I’m a-goin’ back out ‘fore the rain starts a-fallin’ I’ll walk to the depths of the deepest black forest Where the people are a many and their hands are all empty Where the pellets of poison are flooding their waters Where the home in the valley meets the damp dirty prison
And the executioner’s face is always well hidden Where hunger is ugly, where souls are forgotten Where black is the color, where none is the number And I’ll tell and speak it and think it and breathe it And reflect from the mountain so all souls can see it And I’ll stand on the ocean until I start sinkin’ But I’ll know my song well before I start singing
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall
Come gather around people, wherever you roam And admit that the waters around you have grown And accept it that soon you’ll be drenched to the bone If your time to you is worth savin’
Then you better start swimmin’ or you’ll sink like a stone
For the times they are a-changin’
Come writers and critics, who prophesize with your pen And keep your eyes wide, the chance won’t come again And don’t speak too soon, for the wheel’s still in spin And there’s no tellin’ who that it’s namin’ For the loser now will be later to win
For the times they are a-changin’
Come senators, congressmen, please heed the call Don’t stand in the doorway, don’t block up the hall
For he that gets hurt will be he who has stalled The battle outside ragin’ Will soon shake your windows and rattle your walls
For the times they are a-changin’
Come mothers and fathers throughout the land And don’t criticize what you can’t understand Your sons and your daughters are beyond your command Your old road is rapidly aging Please get out of the new one if you can’t lend your hand
For the times they are a-changin’
The line it is drawn, the curse it is cast
The slow one now will later be fast As the present now will later be past The order is rapidly fadin’ And the first one now will later be last For the times they are a-changin’