Écrire est un Art (n’en déplaise à certains)

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Il y a de ça peut-être plus de deux ans, je découvrais un article sur cette application qui posait cette question : Est-ce qu’écrire est un art ?

Je fus surpris par cette question. Pour moi, il ne faisait pas, et ne fait toujours pas, de doute, oui, écrire est un art. La question ne se posait même pas.

Avez-vous lu « Anna Karenine » de Dostoievski ? « Pour qui sonne le glas ? » d’Ernest Hemingway ? Avez-vous ouvert un livre de Victor Hugo ? Lu ne serait-ce que quelques vers de Rimbaud ?

Oui, j’écris. Je joue d’un instrument (je laisse à désirer sur ce point, mais passons). Je dessine. Et je trouve qu’écrire est tout aussi artistique que toutes ces autres activités. Pas plus, ni moins.

Est-ce qu’écrire est un art ?

Mille fois oui. Ceux qui prétendent le contraire devraient peut-être, juste, essayer d’écrire.

Deux ans déjà, je m’étais lancée dans un défi, écrire un minimum de 500 mots par jour, pendant un an.

J’ai réussi. La qualité des textes était … irrégulière. Mais j’ai tellement appris.

Rythmes, composition, discipline, découverte, apprentissage, comprendre, retranscrire, partager sa vision tout en laissant un peu de place au lecteur pour s’approprier l’histoire, décrire, faire ressentir, trouver les mots… et j’en passe.

J’ai fait face à des critiques, la plupart, constructives. Outre les commentaires sur mes fautes de français, auxquels je suis habitué, il y avait souvent, pas sur le blog, sur un autre site où je partageais mes textes, plusieurs lecteurs qui soulignaient certaines phrases, ou passages de mes textes, avec cette remarque : « Pourquoi ? »

J’ai appris que si je voulais écrire sur quelque chose, n’importe quel sujet, je devais savoir de quoi je parlais. J’ai réalisé qu’écrire, c’est apprendre, étudier, sortir de sa zone de confort pour être crédible.

Mais ce n’est que mon expérience.

Écrire est un art.

Écrire, c’est décrire des sentiments que l’on ne formule pas forcément avec des mots dans notre vie de tous les jours. Lisez « À la recherche du temps perdu » de Proust, qui est, de mon point de vue, l’une des plus fines analyse de nos comportements, de nos manières de penser. Je me souviens qu’en lisant ses romans, à presque chaque phrase, je pensais en moi-même : « Mais c’est exactement ça ! Je n’aurais pas pu décrire tous ces sentiments, je ne pensais même pas qu’il était possible d’analyser en de telles profondeurs, ces ressentis… » Mais Proust le fait, avec l’acuité d’un psychologue, un autodiagnostic précis, chaque sentiment sont décortiqués, expliqués.

Écrire, c’est voyagé, aussi. Je n’ai eu la chance, pour l’instant, de ne visiter qu’un seul pays étranger (bon, les passages en Belgique pour le tabac, et un petit aller-retour en Suisse, je ne les compte pas comme des voyages, même s’ils ont apporté ce sentiment de découverte, ceux que devaient ressentir les grands explorateurs quand ils pénétraient en territoire inconnus) ; l’Angleterre, deux fois une semaine.

Je rêve encore, les nuits, du court voyage en ferry. Être entouré par la mer (peu de temps, mais quand même !), voir les falaises blanches de Douvres, l’atmosphère marine et touristique de Brighton, et cette banlieues de classe moyenne aisée qui nous logeaient. L’humour pince-sans-rire de nos familles d’accueil. Le pudding, le foot. La relève de la garde de la reine, le musée Tussaud, Londres… l’impression d’être dans un film (ou un livre) d’Harry Potter. L’ambiance. L’architecture. Entendre parler une autre langue, parler une autre langue. Quelle expérience ! Que j’aimerais voyager, pour écrire, mais aussi, pour vivre. Je crois que le voyage est une des clés du bonheur.

Mais je n’écris aucune histoire se déroulant en Angleterre. La plupart se passent en France, et inconsciemment, j’écris mes histoires se déroulant dans des pays de l’Ouest. Disons plutôt que ce que j’écris se déroule dans un continent fictif, l’Ouest, un mélange d’Amérique du Nord et d’Europe. Mais je n’ai voyagé qu’en France. Je dois donc lire, apprendre, assimiler, comprendre, comment les autres cultures fonctionnent. Comment ils pensent. Les odeurs, les goûts, la faune, la flore, je dois les rechercher. Je ne peux voyager pour l’instant, je lis, et je reporte cela dans mes écrits…

Mais l’écriture c’est aussi l’émotion. Trouver les mots justes pour toucher l’âme du lecteur.

Écrire, c’est la découverte.

J’ai eu la chance d’avoir vu la mer, souvent. J’ai toujours cette impression de vertige grandiose quand je la revois, à l’horizon, quand cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu.

Je suis allé à la montagne deux fois, dont une pour skier. J’ai adoré le ski, plus simple que ce qu’on m’avait dit. Mais ce dont je me souviens, c’est de regarder ces colosses de roches qui semblaient porter le ciel. Comme la mer à perte de vue, j’ai regardé les montagnes du Jura enneigées, et j’ai compris pourquoi l’Homme risquait sa vie à les escalader. C’est parce qu’ils paraissent l’égal des Dieux, ils sont les piliers d’un élusif royaume des cieux. Ils sont puissant et sage. Comme les forêts de l’Allier de mon adolescence. Pleins de mystère.

Allons maintenant dans la facilité -pourquoi faire compliqué ?- et nous tourner vers une des légendes entourant le mythe Hemingway. Les légendes à son propos, on pourrait en écrire un livre (d’ailleurs, est-ce déjà le cas ?).

Hemingway, durant un repas avec l’écrivain de science-fiction Arthur C. Clark, propose un pari : 10 dollars à ceux qui pensaient qu’il ne pouvait pas écrire un roman en moins de dix mots. Les paris sont faits, Hemingway écrit ces mots :

For sale: baby shoes, never worn.

Traduction :

À vendre : chaussures bébés, jamais portées.

Hemingway empocha les gains de son pari.

Bien que cette anecdote reste dans le domaine de la légende de Papa Hemingway, qu’elle soit vraie ou pas, je parierais, à mon tour, que même si vous ne considérez pas l’écriture comme un art, cette micro nouvelle a fait mouche. Ces quelques mots ont tapé là où ça fait mal (d’ailleurs, Hemingway était un boxeur émérite, l’écriture est un combat, aussi. La boxe n’est-elle pas surnommée « Le Noble Art » ?)

Les mots ont une puissance, une force, et savoir les utiliser, les maîtriser, construire une phrase, former un paragraphe, écrire une histoire, c’est faire ressentir des sentiments mais aussi faire réfléchir son lecteur, tout en l’emmenant en voyage à vos côtés.

Bien sûr que si, avec des mots, on peut refaire le monde. On peut décider de son futur. L’utilisation des mots dans ce domaine s’appelle : La politique. Qui sait mieux utiliser les mots peut obtenir le pouvoir. Pour le meilleur, pour le pire. Nous choisissons un leader grâce au mot qu’il (ou elle) utilise. Bien sûr que si, les mots ont du pouvoir.

Nous dirons que cet article est mon « En défense du titre » d’Hemingway à moi.

Je me considère comme un artiste, j’en suis fier, car j’écris.

Écrire, pour moi, ce n’est pas être un intellectuel… que c’est pompeux et fourre-tout comme mot…

Pour moi, un écrivain est un artiste.

D’accord ou pas, je respecte, c’est votre choix, mais mes convictions sont on ne peut plus réelles et sincères.

Les mots, nous les rencontrons partout.

Si vous écrivez, si vous noircissez ces pages blanches, tapé sur vos claviers, vous êtes un artiste.

Mais ce n’est que mon humble opinion.

Jaskiers

Bahbah le corbeau

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À ma petite sœur

« De qui suis-je le messager ? De quoi ? » décollant de son nid, vide, il partait à la chasse dans son carré vert préféré, au milieu d’HLM tout juste repeints. 

« Me prennent-ils vraiment comme un lien entre le monde des morts et des vivants ? »

Il avait évoqué avec ses semblables, chaque fois qu’ils se rencontraient, pour se partager un ou deux vers, le sujet de leur relation avec l’Homme, sujet qui revenait sans cesse. Ils étaient fiers, ces oiseaux, d’avoir vécu si longtemps avec des humains. Ils n’étaient jamais chassés par ces derniers. Mieux, certains humains avaient découvert l’intelligence de ces Corvidés. Et, comme souvent avec l’être humain, l’animal était devenu un symbole, il faisait même partie de leurs multiples mythologies. Mais leur symbolisme ne s’arrêtait pas là, et ne semblait pas près de s’arrêter.

« Nous les fascinons, surtout nous les oiseaux, car nous pouvons voler, nous n’avons que peu de limites » se gloussaient-ils en observant les frénétiques allées et venues des Hommes de la banlieue.

Arrivé à destination, après un vol de quelques battements d’ailes puissants, son nid étant perché dans un bouleau resplendissant, malgré le béton et la crasse qui l’entourait, tout près de son petit terrain de chasse, il se posa sur son grillage habituel. 

Cette position lui permettait de surplomber son petit carré vert. L’humain avait-il pensé à lui, quand il avait placé cet obstacle de métal ?

« Non, évidemment, pensa-t-il, l’homme a installé cette chose pour marquer son territoire, comme moi j’ai construit mon nid avec quelques brindilles, c’est mon chez-moi. Sauf que l’humain ne peut pas venir chez moi aussi facilement que moi je peux venir chez lui. Ou bien, ce qu’ils ne peuvent atteindre, ils le détruisent avec leurs outils de morts bruyants, coupant les racines de ces entités vivantes qu’ils appellent arbres. Et ne parlons pas de leur vieux rêve de voler, comme nous pouvons le faire si facilement ! Ils ont, là aussi, besoin de machines, qui comme toutes leurs créations, peut tuer. Qu’ont-ils à toujours trouver le moyen de s’entretuer ? » 

Perdu dans ses pensées, il en oublia de garder un œil sur son terrain de chasse. Cela lui arrivait souvent, de réfléchir jusqu’à en oublier de se nourrir. Réfléchir et observer les humains dans leurs nids de bétons.

« L’humain est un animal très étrange, bourré de contradictions, trop ou pas assez conscient, souvent fatigué, coléreux, hypocrite, menteur et j’en passe. »

C’était le résultat d’années passées à juste regarder, de haut, l’Homme. 

Un léger grésillement venant d’une fenêtre sur sa droite, qui depuis toutes ces années était restée fermée et qui, depuis quelques jours avait vu ses volets s’ouvrir tous les matins, laissait apparaître un humain à la mine fatiguée durant la journée. Le corbeau l’observait souvent le matin, jusqu’à midi. Il lui arrivait de repasser le soir pour voir si son ami, qui chassez habituellement sur le même carré de verdure, trainait encore à la chasse au vers.

« Ce son, ce grésillement, provient de cet objet fait de bois, vulgairement peint, avec des cordes étirées. L’humain utilise ses mains, c’est doigts surtout, pour faire chanter la machine. C’est tous les jours en ce moment. Je ne saurai dire si j’aime ou déteste les sons que ce duo homme-machine produit, mais jamais ces bruits ne surpasseront les chants de mes semblables, ni même les miens ! » 

Aux oreilles humaines, le corbeau semblait croasser « Baahhh bahhh ». 

Savait-il que nous le surnommions ainsi, « Monsieur Bahbah » ? 

Mais l’oiseau pouvait bien se ficher de son surnom. Ils n’en avaient pas besoin, entre eux, de surnom, car l’espèce animale est un tout qui se fond parfaitement avec la planète Terre, chaque chainon est important, chaque existence durement gagnée, une existence parfois cruelle, mais logique. Contrairement à l’Homme, bien que physiologiquement, il semble dans un environnement parfaitement adapté, il détruit plus qu’il ne contribue à la vie sur la planète.

Et cet humain qui produit ces petits sons, qui ne sont en fait que des vibrations ressenties par l’oiseau, parais piégé dans son nid de béton.

« Comme beaucoup d’autres de son espèce, je pense qu’il aimerait voler, qu’il en rêve parfois dans son sommeil », pensait justement le corbeau.

« Il a pourtant deux jambes, il peut sortir, il peut même venir sur mon pré, comme d’autres humains le font, pour promener leurs chiens, mes semblables domestiqués à qui j’aime faire peur de temps en temps, pour leur rappeler qu’au fond d’eux sommeil l’instinct animal. Mais non. Peut-être que la liberté chez eux, c’est dans la tête, pas en dehors de leur nid. Mais c’est inquiétant, cela prouve que malgré tout, ils n’ont aucune idée de ce que cette planète a vraiment à leur offrir. »

L’estomac se rappela au bon souvenir du volatile. 

« Bahhbahhh, il est temps de manger, l’homme à ses problèmes, et il en a beaucoup. Nous, nous n’en avons pas, nous les survolons. »

Jaskiers

La mort d’une reine (billet de réflexions)

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Nous sommes dans la nuit du 09/09/2022, je regarde un documentaire sur Diana et la famille royale avec ma mère car hier, la reine Elisabeth II est décédée.

J’avais lu un article en début d’après-midi midi, je crois, annonçant que la reine était hospitalisée. Pas le premier genre d’article que j’ai pu lire sur la santé de la reine mais, comme beaucoup, j’ai senti que quelque chose de grave allait arriver.

Après que ma mère et ma sœur soient revenues de faire quelques courses, ma mère ayant repris le volant pour la première fois depuis son opération à son pied, j’ai annoncé à ma mère l’hospitalisation de la reine et que, cette fois, ça avait l’air sérieux, car beaucoup de ses proches allaient rejoindre l’altesse à son chevet.

Peut-être dix minutes après, ma mère lit un titre d’article en anglais disant « The Queen is dead ». Elle ne sait pas ce que ça veut dire, ma sœur me demande de regarder, j’étais en train de lire, mais j’ai ouvert l’application de l’AP et l’information était située dans un bandeau rouge en haut de l’écran ; la reine est morte.

Sensation étrange. La reine d’Angleterre m’a toujours fait penser à ma grand-mère, dont je n’ai toujours pas beaucoup de nouvelles d’ailleurs. Elle est gravement malade. Mais au téléphone, elle fait tout pour ne pas m’alarmer.

Nous avons allumé la télé. Les infos ne parlaient que de ça, normal, c’était historique.

J’ai regardé le mariage de William à l’époque, par curiosité et car c’était l’Histoire. J’ai aussi été impressionné par la série Netflix « The Crown », ce qui m’a aidé à comprendre la vie derrière les joyaux de la couronne.

Il y a quelques heures, j’ai l’impression d’avoir vécu une chose presque similaire aux premiers pas de l’Homme sur la Lune. D’ailleurs plus proche de cet événement, la mort du pape Jean-Paul II. Je m’en rappelle, j’étais là encore devant la télévision, mais j’étais un enfant. Et je comprenais que c’était important.

Et avec ma mère, fascinée par Lady Diana, nous sommes restés toute la soirée devant la télévision, encore maintenant où j’écris ces lignes. J’apprends beaucoup sur Diana, une vie plus complexe et difficile que je ne le pensais. J’ai encore plus de respect pour cette femme mais aussi pour ses deux fils, qui ont dû supporter de faire le deuil de leur mère sous les yeux du monde.

On croit encore, inconsciemment et cela est normal, que la vie royale est un conte de fées. Non, c’est une prison d’orée, une asphyxie de la personne, de l’ego, de la personnalité qui mène à, parfois, de terribles événements.

La vie est étrange et difficile, et la reine Elisabeth, bien qu’elle n’est jamais manquée de rien matériellement, s’est retrouvé la reine d’un pays très jeune et a dû dédier sa vie à son pays.

Je n’oublie pas le passé colonialiste, le racisme de la royauté et les crimes odieux d’un des princes dont je tairais le nom ici. (Son prénom commence par un A.)

Pour en revenir sur la réflexion de la royauté, de la richesse à outrance : On a beau avoir tout, en fait, c’est ce qu’on en fait qui est important, nos actes, nos mots et notre présence.

Rien n’est simple dans cette vie, pour n’importe qui. Avec certaines réserves évidemment.

Mais comme toujours, qui vit voit et vivra verra. Et l’on fait plus comme on peut que comme on veut. C’est comme ça. C’est la vie.

Avant de partir : https://youtube.com/watch?v=nlcIKh6sBtc

Jaskiers

Billet d’humeur (ou d’actualité ?)

Fallait-il vraiment cet article ? Au fond de moi, je pense qu’il le faut.

La dernière fois que j’avais écris ce genre d’article, disons personnel, je parlais de mes cauchemars, cauchemars où je me retrouvais en plein milieu du conflit entre la Russie et l’Ukraine bien que la Russie n’avait pas encore attaquée son voisin et que l’espoir d’une résolution diplomatique sans sang versé était encore d’actualité.

Maintenant, c’est chose faite, le sang a coulé. Et je me retrouve dans une situation confuse. J’ai écris un article à chaud le jour de l’attaque, prévoyant ceci et cela pour finalement ne pas le poster. Je ne veux pas être cette personne qui d’un coup devient expert en géopolitique et en stratégie militaire. On en a déjà assez comme cela. Mais inévitablement, j’en parlerai dans cet article.

J’avais par contre besoin de m’exprimer sur ce conflit, j’ai posté ces musiques, des « protest songs », que j’écoute régulièrement et qui maintenant ont une toute autre saveur.

Le jour de l’attaque, j’ai senti que nos vies, notre société allaient encore êtres impactées. L’Histoire, après le Covid, avait pris un autre tournant.

Sur internet, les anglophones appellent déjà la décennie 2020 : The Roaring 20’s of the What the Fuck. Traduction : la furieuse décennies 2020 du grand n’importe quoi.

En effet, depuis 2020, tout tourne à la débandade. Les plus optimistes se taisent maintenant, on parle de guerre, d’une vraie cette fois, d’une moderne que l’on peut presque suivre en temps réel grâce aux réseaux sociaux et aux chaînes d’informations en continues. Nous voyons les drames, les morts, les civiles toujours les premières victimes. Un monde qui s’est tourné tout entier pour observer un petit pays affronter un mastodonte. À notre grande surprise, ce petit pays tient bon. Et heureusement. Je paris que tout les matins vous ouvrez les informations où les réseaux sociaux pour voir si le président ukrainien Zelensky est encore vivant, voir si l’Ukraine a encore tenue bon, un jour de plus.

Nous avons eu le discours du président qui, peut importe notre opinion sur lui, fait tous son possible pour nouer un dialogue avec un dangereux qui ne lâchera rien. Et cette phrase qu’il a prononcé : la guerre en Europe n’est plus que dans nos livre d’Histoire, elle est là.

Nous avons vu les politiques de tous les pays du monde, ou presque, s’unirent contre ce criminel russe. Nous avons encore en tête la Seconde Guerre Mondiale et c’est rassurant de savoir que nous n’avons pas oublier que la guerre est toujours une infamie. Nous avions oublié les conflits au Moyen-Orient qui font rage depuis plus d’une décennies. Nous avons tous eux cette anxiété de savoir que nous aussi, nous n’étions pas à l’abris des bombes. Réalisé que la guerre n’était pas une chose du passé mais présente.

Nous avons deux peuples qui souffrent directement, dans leur chair, l’Ukraine et la Russie. Nous ne détestons pas les russes mais leur gouvernement. Le peuple russe, peuple qui a toujours vécus les conséquences désastreuses et les malheurs des guerres n’a pas demandé ce conflit. Je me demande toujours, si il n’y avait pas ce fou furieux à leurs têtes, y’aurait-il des Tolstoï, des Dostoievski, Vassili Grossman et autres génies qui, ne pouvant s’épanouir, se cachent à cause de cet homme et nous privent de leurs talents et génies ?

Comment cela va terminer ? J’essaierai d’être positif : le peuple russe destitue son dictateur. Le pire des cas sera une guerre à grande échelle. Je doute fortement que les généraux en chargent d’envoyer les missiles nucléaires appuieront sur le bouton. Je suis intimement (naïvement ?) convaincu que ces hommes et femmes n’appuieront jamais sur ce maudit bouton, sachant que cela ne réglerait rien et marquera la fin de notre civilisation. Car il n’y aura plus de retour en arrière possible, plus de vie possible. Pourquoi faire cela ? Ce serait amener la mort partout, pas de gagnants ni de perdants. Aucun bénéfice, aucune victoire. Sinon celle de l’inventivité humaine en matière de (auto?)destruction et sa folie.

Je crois à l’âme du peuple russe, qui mérite tellement mieux, une place d’exception dans le monde que l’homme à sa tête actuellement assouvit et martyrise. Je crois en eux, j’ose. Un peuple qui a eu un jour un Tolstoï ne peut déclencher un cataclysme. Je ne le crois pas. Des militants LGBT qui risquent l’humiliation et la prison, ainsi que des les féministes, les Pussy Riots, qui eux aussi risquent leurs libertés et leurs vies pour la défense de leurs droits. Des Navalny qui osent tenir tête au dictateur, et qui finissent la plupart du temps assassinés. Les russes ne sont pas du tout à l’image de leurs dirigeants, beaucoup ne l’acceptent pas, et confrontent l’oppresseur payant de leurs vie leurs militantismes.

Il faut mentionner l’abnégation, le sacrifice, le courage du peuple ukrainien. Personne ne prédisait une résistance si solide contre l’ogre russe. Tous les jours, je regarde la prise de parole de leur président Volodomyr Zelensky. Nous sommes à la croisée des chemins de l’histoire, ce que nous pensions ne jamais pouvoir se produire s’est produit : un conflit majeure en Europe. Fébrilement, j’espère un dénouement, une aide plus sérieuse devrait être apportée à l’Ukraine, montrons au furieux dictateur russe que ses menaces ne nous font pas peur. L’entourage de ce Tsar de pacotille est loin de le soutenir. Il est seul, seul ! Le peuple ukrainien supporte seul la folie d’un seul homme, les soldats russes se retrouvent à tuer des gens, des civiles, qui ne leur ont rien fais. Ils savent que la roue va tourner. Ils savent que tous cela va amener le peuple russe à souffrir encore, éternels martyrs. Martyrs à chaque fois des décisions d’un seul homme. Quand réaliseront-ils qu’ils méritent mieux ? Que leur culture est immense mais bafouée par les seuls caprices d’un seul homme ?

Si ce bouffon a la tête enflée obtient l’Ukraine, il ne s’arrêtera pas. Il a déjà menacé la Suède et la Norvège. L’Ukraine partage une frontière avec la Pologne, membre de l’OTAN. Il cherchera la petite bête et cela continuera. Il fera mine de s’apaiser au début mais travaillera dans l’ombre pour déclencher encore des conflits meurtriers jusqu’à obtenir ce qu’il veut, l’Europe. Disons le clairement.

J’espère que l’Ukraine résistera encore longtemps et sera plus efficacement épaulée, car il le faudra. Beaucoup d’admiration pour ces ukrainiens, hommes et femmes qui se battent pour leurs futurs contre une agression sanglante et perfide. Voyez ces réfugiés, qui se trouvent sous les bombes dans des « couloirs d’évacuations » instaurés par les deux pays mais qui sert de cible aux obus russes. Comment ne pas ressentir colère, honte ? J’espère que le peuple russe se soulèvera car il le faudra. Il lui faudra comprendre qu’il mérite bien mieux que cette abjecte personne qui les gouvernes. Et je sais que cela est possible, le réveil du peuple russe, pour son propre bien contre son vrai ennemi : leur « président ».

Après cet article, je recommencerai à poster mes histoires, mes textes. J’écris encore, je lis encore, je pensais ne plus pouvoir après ces événements mais ils s’avèrent que si, qu’en faite c’est un besoin. D’évasion, de déconnection. Je ne pouvais reprendre mes articles habituels sans parler des événements. Je veux que les gens sachent que, même si mes textes ne parlent pas du conflit, je reste conscient que le monde est à un tournant. Nous sommes tous dans le même bateau. Nous marchons sur une fine corde qui s’effrite et va se briser, ce qui compte, c’est de quel côté nous allons tomber.

Qui vivra verra comme dit l’autre.

Sur un plan plus personnel : mes vertiges sont encore présents. Cela pourrait venir de mon traitement anti-dépresseur, rien de sur. Ma tension est aux alentours de 10. On m’a prescris des bas de contention, comme les vieux ! Je refuse de les mettre. C’est idiot je sais mais je suis persuadé que ça n’arrangera pas grand-chose.

J’écris toujours au minimum 500 mots par jours, la plupart du temps plus. J’ai écrit un court récit en anglais inspirée de la situation actuelle, mais il requiert une grosse dose de réécriture, correction et relecture avant de sauter le pas et de le partager.

J’ai enfin reçus tous les ouvrages de Francis Scott Fitzgerald. Un article arrive.

J’ai finis « Moby-Dick » de Melville que j’ai bien aimé, aussi lu « L’étrange cas du Dr Jekyll et M. Hyde » de R. L. Stevenson. Mon deuxième livre de cet auteur cette année (le premier était bien sûr « L’île au trésor »). J’ai beaucoup aimé ! Je regrette cependant le look d’homme des cavernes/ loup-garou qu’Hollywood a affublé à M. Hyde. Je ne me rappelle pas avoir lu une description du double maléfique du Docteur qui laisse penser à une créature comme celle-ci. Je vois plutôt M. Hyde comme quelqu’un qui ressemble à n’importe qui mais dont les traits, inexplicablement, mettent mal à l’aise ceux qui le regarde. Je pense qu’il ressemble à un être humain, plus qu’à un animal, et c’est ça qui fait de Hyde un personnage terrifiant. Impossible à le décrire, sanguinaire, violent mais dont le visage est humain, banal. Le mal est humain, c’est cela, je pense, qui déstabilise ceux qui le rencontre et qui l’ont vus commettre des méfaits. Je pense que Stevenson a fais de Hyde un personnage différent, physiquement, de son double « gentil » tout en gardant un certains mystère quand à son apparence mais je ne me rappel pas, et c’est probable que je sois passé à côté, qu’il ai créé Hyde avec ce look de loup-garou. Le mal a une forme humaine.

Je lis actuellement « Tristan et Iseut ». J’ai eu l’agréable surprise de retrouver chez ma mère de vieux livre dont : Ivanhoé, Les Chevalier de la Tables Rondes, Jane Eyre, Pinocchio, Alice au Pays des Merveilles et j’en passe. Et dire qu’elle voulait les jeter ! Sacrilège !

Cela me fais plaisir de redécouvrir le royaume des chevaliers, des reines, rois, princesse, des dragons, des amours interdits, des péripéties, des manipulations et coup bas, maints philtres magiques, l’univers médiévale avec son parlé tellement… atypique (?) mais au combien séduisant et poétique ! L’ouvrage que j’ai en ma possession est un vieux livre dont les tranches des pages sont colorées en rouge, avec une préface exquise et provocatrice de Jean Giono.

Encore dans mes péripéties et mes découvertes (obsessionnelles ? Définitivement) littéraire, je semble être poussé par le genre de la nouvelle dernièrement : Maupassant et Tchekov entre autre.

L’article est déjà assez long comme cela, je vous laisse et je voulais vous remerciez de me lire, c’est toujours une source de… fierté ? En tous cas, je me sens chanceux et j’ai un sentiment de gratitude de savoir qu’on prend la peine de me lire. Merci !

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Photo d’une boîte à livre derrière la mairie de Darnétal.

Jaskiers

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Ernest Hemingway VS William Faulkner : une guerre de style.

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Faulkner : « Il [Hemingway] n’a jamais été connu comme un écrivain utilisant des mots forçant le lecteur à ouvrir un dictionnaire. » Hemingway : « Pauvre Faulkner. Est-ce qu’il pense vraiment que les grandes émotions viennent des grands mots ? »
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Suite de la réponse d’Hemingway : « Il pense que je ne connais pas les mots qui rapportent gros. Je les connais tous. Mais il y a des mots plus vieux, plus simple, des mots meilleurs, et ceux là sont les mots que j’utilise. »

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, Hemingway et Faulkner ne s’appréciaient pas. Leur clash était équivalent à celui de vos rappeurs américains préférés ! (Sans les insultes sur les mères et autres immondices.)

Cela a commencé avec Faulkner, disant qu’Hemingway n’utilisait pas de mots savants, compliqués. Et Hemingway était du genre à répondre férocement quant l’envie lui en prenait. Et on connaît l’ego que peuvent avoir certains écrivains, voir les jalousies qu’ils entretiennent.

Mais je n’écris pas cet article pour parler de leur clash en détail. Je voulais exposer mon avis sur ces deux différentes vues sur l’écriture.

Je ne crois pas qu’il faille utiliser des mots compliquer pour écrire ou s’exprimer. Les discours de Churchill n’utilisaient pas de mots compliqués, ils étaient juste parfaitements agencés. Il était un orateur exceptionnel, sa tonalité tapée et rythmée avec son accent, sa prestance et son charisme finissaient le travail.

Je pense que les personnalités politiques utilisent des mots simples pour toucher et se faire comprendre de la masse et des mots compliqués pour éluder une question, pour embrouiller l’auditeur lambda.

On pourrait parler de sémantique, de la dialectique, voir, si on pousse, de la réthorique. La manipulation, pour pousser les trois termes dans un cadre politique et/ou d’agenda divers, est un ingrédient essentiel pour gouverner/manipuler une masse. En tirant un peu, nous en avons l’exemple avec la crise de la Covid-19. Nos politiques (en France) ont usé de mots nouveaux (reconfinement, cluster…) et de manipulation de masse (attention je ne parle pas ici de théorie du complot, ni de la crise sanitaire en profondeur, ce n’est pas le sujet) quand par exemple au début de la pandémie, il nous a été dit que les masques n’étaient pas nécessaires pour ensuite nous dire qu’ils étaient indispensables quelques semaines plus tard. L’académie française s’est même penchée sur le genre du mot « Covid-19 » (il est féminin). Il y a moult exemples mais je pense que pour cet article, nous en avons assez.

On pourrait presque parler de la Novlangue de Georges Orwell, se génie dont le livre, 1984, est tellement puissant qu’il semble avoir été écrit ces dernières années. Je pense qu’Orwell a puisé son Novlangue en observant l’URSS et le régime Nazi et leurs méthodes de communications verbales, leurs propagandes, aux masses. Mais j’ai encore pris une tangente à la Thompson, bien que les tangentes de cette tête brûlée étaient bien plus marrantes et intelligentes. Ceci reste mon article donc mes avis, mes erreurs.

On reprochais à Hemingway sa prose simple, pourtant il accuse à son palmarès littéraire un prix Nobel. Mais Faulkner aussi a été le lauréat de se fameux prix littéraire.

Peut-on aimer Faulkner en même temps qu’Hemingway ? Il serait grave, de mon point de vue de répondre non. Les deux hommes étaient en concurrences, étaient talentueux, compétitifs et avaient chacun leur propre style. C’est une histoire de style. De mon point de vue.

Bien sur, étant un grand amateur de littérature américaine, j’aime les deux. Mais si vous me connaissez, j’ai mon champion. Hemingway.

Comme je l’ai écris plus haut, je pense qu’écrire et la qualité d’un écrit ne tient pas au nombre de mots compliqués insérés dans le texte. Écrire tiens plus d’un besoin de s’exprimer, de raconter, de partager, d’exorciser, d’expliquer. D’abord. Puis ensuite et tout naturellement vient le style, qui se développe au fur et à mesure de la pratique, du temps, de l’expérience. Un style direct, « simple », bien organisé visera le lecteur en pleine face, sans pitié. Tandis qu’un texte contenant ces fameux mots compliqués vise à quelque chose qui tend à me dépasser. Mais qui n’en est pas moins dénué de beauté. Ni d’intérêt. Ni de sens, cela va de soi. Mais je dois le dire que parfois, je me perds à la rencontre de ces mots trop compliqués, trop nombreux.

Lire un récit contenant trop de mot qui me sont inconnus ou abstraits me frustre. Que cherche l’auteur écrivant avec se style ? Personnellement, j’ai l’impression que la personne derrière la plume cherche à étaler son savoir, son érudition, un « je connais des mots compliqués, voyez vous comment je suis intelligent et à quel point je suis un très bon auteur ? ». Ont-ils quelque chose à prouver ?

De même, utiliser des mots « simples », juste, précis ne fait pas de l’auteur une personne non-instruite, sans culture, sans intelligence. Loin de là. Il faut d’ailleurs, je pense, avoir une connaissance, comme le dit Hemingway, de ces mots compliqués pour pouvoir écrire avec des mots simples.

Utiliser des mots compliqués avec parcimonie ne me dérange nullement, mais un texte truffé de mots savants m’amène à vite bâcler ma lecture.

Je ne blâme en aucun cas ces auteurs, chacun a ses préférences et ses goûts. Peut-être que je juge trop sévèrement, que je changerai d’avis (et de goûts ?) dans le futur. Mais pour l’instant, je cherche des lectures qui atteignent mon esprit et mon cœur plutôt que mon vocabulaire. Et il faut dire que je suis une sacré tête de bois. J’apprends un mot nouveau pour l’oublier dans les minutes qui suivent. Peut-être lisez vous actuellement quelqu’un de frustré de ne pas avoir une connaissance des mots en béton, ni une bonne mémoire. C’est même sur.

J’ajouterai, et là encore c’est un avis purement personnel que c’est très français d’utiliser des mots compliqués. Les mots simples ont plus de poids car ils atteignent beaucoup plus de personnes. Et c’est ce que l’on veux à la fin non ? Partagez au plus grand nombre et se faire comprendre ? Ou peut-être voulons-nous attirer un groupe de lecteur spécifique grâce à notre style ? Le style est-il quelque chose d’innée, qui peut évoluer, s’améliorer mais ne pas changer, fondamentalement ? Sommes nous cantonnés à une certaine audience/public à cause de notre style ?

En tous cas, j’essaie actuellement d’écrire une nouvelle en anglais, c’est un exercice difficile donc un bon challenge. Je sais que je ferai des erreurs mais j’avais envie d’essayer et je ne trouve pas l’exercice repoussant. Et comme je ne suis pas totalement bilingue, je peux me permettre d’écrire mon histoire sans trop de fioriture et de mot « à 10 dollars » car j’ai cette excuse et donc une pression en moins. Mais cela est personnel. Et si ça se trouve, je ne finirai jamais se projet. Je procrastine. ( J’ai utilisé un mot savant ! Je vous vois de ma fenêtre avec vos fourches ! « Mais s’est quoi cet article de merde ! »)

Je pense que le plus important est de prendre du plaisir à écrire. Et à lire. Le reste n’est que fioriture.

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« La meilleure fiction est bien plus vraie que n’importe quel journalisme »

Et les deux ennemis avec cette citation de Faulkner se trouvent un terrain d’entente. Hemingway revendiquait lui aussi l’utilisation de la fiction pour parler d’expériences ou de faits réelles. Voir ses nombreux récits autobiographiques qu’il a écris en mettant en scène un personnage, Nick Adams, qui n’est autre que Hemingway lui même.

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Jack Kerouac : Un jour je trouverai les bons mots, et se seront les plus simples.
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En attendant, j’ai choisis mon champion.

P.S : Je ne déteste pas Faulkner pour autant, bien au contraire !

Jaskier