Rapide retour au grand vide

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Il est de ces coups de téléphones, de ces messages qui vous coupent la respiration, vous mettent l’estomac dans les talons.

Cette sensation que le plancher, que les murs penchent, que les meubles se déplacent, que votre propre âme, ou conscience, veuille quitter votre enveloppe charnière.

L’environnement devient ensuite une spirale, vous voyez la pièce dans laquelle vous êtes, reculer et tourner à l’infini.

Vous questionnez, pendant quelques secondes, la nouvelle que vous venez d’apprendre.

Vous pensez qu’il y a une chance que tout ça ne soit qu’un mauvais rêve, comme vous en avez déjà fait. Ces cauchemars anxiogènes où, quand vous réalisez que ce n’était qu’un songe, vous libère de l’angoisse. Vous en faites souvent, ils prennent plusieurs formes. Parfois sans queues ni têtes, souvent tellement réalistes. C’est à cause de ces derniers que vous vous demandez si vous n’êtes pas en train de dormir. Dans ces rêves, tout semble réel, vous pouvez même vous surprendre à réaliser que vous êtes dans un rêve, et de continuer à rêver, observant comme un fantôme le drame que vous vivez, mais en sachant que ce n’est que le fruit d’une nuit de sommeil.

Sauf que, la tête dans les mains, vous perdez l’équilibre, vos jambes, vos mains, vos bras, même votre tête, tremblent. Et il ne semble pas possible de se réveiller. Vous aimeriez tellement. Tellement ressentir cette sensation de libération à la réalisation que tout cela n’était qu’un scénario sorti de votre inconscient.

Vous vous asseyez. Vos mains touchant votre visage, vous pensez à vous pincer, comme le veut le cliché, mais vous ne le faites pas, vous savez, c’est réel.

Cela fait aussi mal que dans un rêve, et encore plus, quand vous réalisez qu’il n’y aura pas de réveil. Le cauchemar se réalise, vous êtes éveillé.

Et vous allez devoir l’affronter. Vous ne le réalisez peut-être pas, mais votre cerveau, votre inconscient travaille déjà à digérer tout cela. Cela aura des répercussions sur votre santé, plus tard. Car il va vous falloir affronter la réalité, ce que l’on appelle un deuil.

Vous voilà face à la mort. Pas la vôtre, la faucheuse est venue pour quelqu’un d’autre.

Vous ne la comprenez pas. Elle est déjà venue pour d’autres proches, pourquoi continue-t-elle à prendre vos êtres chers ? Vous vous demandez pourquoi ça n’arrive qu’à vous, et pas aux autres.

Et il faudra essayer de comprendre, encore, ce qu’est la mort. Elle défie toute logique. Elle peut parfois sembler incompréhensible et injuste. Elle n’est que juste trop rarement, et encore, « juste » est un mot trop grand pour décrire ses actions.

Est-ce que le cerveau comprend la disparition d’un autre être humain ? Une personne avec des pensées, une conscience, des rêves, des amours, des projets, est-ce que tout ça peut disparaître ?

Quelle vie après la mort ? D’un côté, nous espérons un monde plus juste, plus beau, où nous retrouverions nos êtres chers, de l’autre, quelque chose, notre inconscient peut-être, nous dit qu’il n’y a probablement rien. Et que c’est sûrement mieux comme ça. Une vie après la mort, c’est un risque de souffrir encore. S’il n’y a rien, c’est un vide, un repos éternel, et ça fait peur…

Vous vous relevez, les jambes flageolantes, vous allez devoir continuer à vivre. C’est comme cela. Au jour le jour, s’il le faut. Où dans un jardin intérieur devenu le refuge de votre esprit fatigué.

La vie continue, pour vous.

Jaskiers

Je revois mon village dans mes rêves

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Moi, un gamin de la ville, un gamin de banlieue, qui, presque toutes les nuits, rêves de son village perdu au milieu de l’Allier.

À l’entre de l’adolescence, après un drame, un deuil, qui n’a jamais été fait et, j’en parle sur ce blog depuis 4 ans maintenant, qui ne se fera sûrement jamais vraiment, car je n’arrive toujours pas à comprendre ce que c’est, je quittais mon appartement étroit, en pleine banlieue pour une grande et vieille maison bourbonnaise. J’y allais, avant d’y emménager, en vacances pendant mon enfance.

C’était toujours difficile, enfant, de quitter la bande d’ami(e)s de cité pour un village perdu. La maison me faisait même presque peur parfois. Comme si, c’était trop spacieux. J’étais habitué au confinement qu’apportent les murs d’un HLM. Mais… Pour une raison étrange, la maison était liée à des sentiments concernant les deux guerres mondiales. Une explication ; cette maison de famille était aussi la maison d’un résistant, et d’un vétéran de la Première Guerre Mondiale, ainsi qu’un autre, ayant fait, avec beaucoup de réluctance, la guerre d’Algerie dans une division du Génie. Je ne les ai jamais connus, mais c’était comme ci leurs esprits se manifestaient subtilement pour me rappeler le sacrifice et la folie dont l’être humain est capable.

C’est une vieille maison, avec des volets massifs en bois couleur bordeaux, de vieilles tuiles qui tombent quand le vent est fort, et de la peinture blanche sur les murs qui, érodée par le temps, laisse voir les briques roses-orange, couleurs typiques des roches de cette région, avec le noir, comme la cathédrale de Clermont-Ferrand. Le noir viendrait de la roche volcanique, le Puys de Dôme est un volcan endormi, après tout.

Un grand jardin, avec deux vieilles cabanes, une servait de poulailler et d’enclos à lapins, il y a encore les grilles, toutes érodées, et avec un peu d’imagination, vous pourriez sentir l’odeur de crottes animales. La deuxième cabane, je ne sais à quoi elle servait, toujours est-il qu’un jour, en compagnie d’un ami, nous avons forcé le loquet de la porte et décidé de vider le cabanon de son contenu.

La cabane, qui aujourd’hui, bien que totalement construite en grossières planches de bois, et qui, depuis plusieurs décennies, penche dangereusement sans jamais s’écrouler, contenait un tas de paperasse provenant de l’atelier de menuiserie familiale qui a, comme beaucoup d’autres entreprises de la région, fait faillite. Je me rappelle de ma grand-mère parlant des maisons qui se construisaient juste derrière leur jardin, construites sans l’aide de menuiser, pendant que mon grand-père sombrait dans une dépression après s’être coupé deux doigts avec une machine et voyant son métier disparaître sous ses yeux… Je ne sais si je dois m’étaler trop sur la menuiserie. C’est comme si les murs venaient jusqu’à mon petit appartement normand pour me dire de garder nos secrets et rêves fous que nous avons eus. Si le bois pouvait parler… mais en Auvergne, on ne parle pas de son cœur, de ses sentiments, excepté quand on a vidé quelques verres de vin blanc dans l’un des deux bars du village. Un bar a fermé, un subsiste encore, avec un bureau de tabac. C’est derniers ne seront jamais en voie d’extinction, ils ont toujours de la clientèle. Il en va autrement des autres petites épiceries qui ont fermé après l’ouverture de deux magasins de grande distribution. Cette menuiserie a été créée, ou reprise, je ne suis pas sûr, par mon arrière-grand-père (le survivant de la Grande Guerre), qui n’est maintenant que débarras, même si quelques machines fonctionnent toujours (plusieurs décennies sans fonctionner, mais elles en ont encore dans le ventre…) La scie à ruban fonctionne encore, enfin je crois. Je me souviens de mon défunt père me construisant une épée en bois en utilisant cette énorme machine bruyante. Je peine à parler ici de cet atelier, car j’y ai tellement de vécu, mais aussi, car nous avons subi plusieurs vols…

Revenons à la cabane, c’est à l’intérieur que j’ai retrouvé les lettres que mon arrière-grand-père envoyait à sa femme, Germaine, durant la Première Guerre Mondiale.

Je m’en veux encore de les avoir perdus. Je me souviens des premières lettres. Pour faire court, petit Jean, ainsi était-il surnommé dans le village, un jeune homme respecté, menuisier de profession, avec son propre atelier et des ouvriers, avait été envoyé se faire brûler les poumons, avec des agriculteurs, des professeurs, des ouvriers, et se battre contre d’autres agriculteurs, professeurs et ouvriers, allemands, car un archiduc a des milliers de kilomètres avait été assassiné. Ces lettres, aussi loin que je puisse m’en souvenir, parlaient de la réquisition de chevaux, les nombreux déplacements et la fatigue entraînée par la violente percée allemande. Et les lettres, superbement écrite, à tel point que je peinais à les décoder, car l’écriture manuelle de cette époque était d’une beauté telle, que chaque lettre était une œuvre d’art. Je me rappelle encore les petits mots d’amour, à la fin de la lettre. Toujours pudique, car auvergnat, mais où l’on pouvait sentir, juste avec un mot, la tendresse qu’avait mon arrière-grand-père envers mon arrière-grand-mère… Je me demande s’il avait parlé d’elle à ses compagnons d’infortune. Surtout qu’elle s’appelait Germaine… les blagues ont dû aller bon train dans les tranchées.

Cette cabane, une fois vidée, est devenue mon repaire pour deux ans. J’y allais pour lire les vieilles BD que mes oncles avaient laissées derrière eux, Les Pieds Nickelé surtout.

Dans la maison, il y avait ce bureau, toujours froid, quand j’y allais en vacances, car personne ne l’utilisait. Plus tard, quand j’y aménageais, il deviendrait mon bureau, mon « bordel organisé », mon « bunker ». Dans cette pièce se trouvait un énorme meuble en bois massif qui contenait des classeurs et livres de guerre de mon grand-père, vétéran de la guerre d’Algerie. Guerre dont il parlait uniquement à ma mère, avec les larmes aux yeux. Mais cela ne durait jamais longtemps, car grand-mère, solide comme un roc, veillait au grain, veillait à ce que l’auvergnat, très penché sur la bouteille, ne s’ouvre pas trop.

Mais c’est à l’étage que j’ai découvert un livre sur Oradour-sur-Glane… j’ai découvert ce livre avant de savoir lire, j’ai donc regardé les photographies de corps calcinés. Je ne comprenais pas, et ne comprends toujours pas après tout ce temps, comment l’on peut arriver à un tel niveau de barbarie.

Plus tard, mon père disait, à qui voulait l’entendre ; « Au lieu de me demander d’aller à Disneyland, mon fils de 9 ans m’a demandé de visiter Oradour-sur-Glane. » Et il m’y a emmené, avec mon défunt grand frère. Je me souviens encore le musée, avant de rentrer dans le village en ruine, une antichambre avant le choc, avec ces citations de paix, et d’espoir projetées sur le sol… et puis le village martyr, son silence pesant, aucun oiseau ne chantait. Le souvenir d’une machine à coudre, posée sur une table au milieu d’une maison en ruine.

C’est ça, cette maison d’enfance, l’influence qu’elle a eue sur moi. C’est dans cette maison qu’a aussi explosé mon intérêt pour l’Art.

C’est dans cette maison, et ce village, que j’erre dans mes songes. J’y revois ma grand-mère, mon père, parfois mon frère. Mes voisins, qui ont depuis longtemps déménagé, mais ils restent propriétaires de leur maison dans mon monde onirique.

Parfois, je me balade pour aller au bar du bourg, fermé depuis des années maintenant. Je m’apprête à revoir mes ami(e)s d’adolescence, je prépare mon corps à une beuverie, j’angoisse de la gueule de bois du lendemain. Et souvent, dans ces rêves, je décide de m’envoler, comme un oiseau. J’ai peur de toucher les câbles électriques qui pendouillent partout, le long des rues, je me contorsionne pour les éviter. Et je vais haut, loin, je veux voir de haut ce village. Je rêve souvent d’un chemin menant à une ferme et un bois, qui n’existe pas dans la réalité. Je sais que je n’ai pas le droit d’être là, mais je m’y aventure quand même. Je peux m’envoler si un agriculteur sort son fusil, ce qui n’arrive jamais, mais la peur trotte dans ma tête. Je fais aussi ce rêve étrange où je creuse un énorme trou dans un petit carré de gazon pour en faire une piscine avec plusieurs amis.

Durant mes séances de vol, je plane au-dessus des arbres et de la flore luxuriante bordant l’Allier, je ne sais où je vais. Je vois des tracteurs, des oiseaux, des champs, des haies, des vaches, des décors champêtres dignes de romans, de poèmes, de chansons.

Et puis, je rêve beaucoup de toi papa. Tu n’es pas mort, dans mes songes. Tu avais juste besoin de prendre du repos, à cause de ton cancer. On m’avait fait croire à ta mort pour que tu puisses te reposer. Et quand je te revois, c’est comme ci mes soucis disparaissaient. « Enfin, me dis-je, tout cela était un mauvais cauchemar ».

Et puis je me réveille. Tout cela était un rêve. J’en ai l’habitude, mes voyages nocturnes font partie de moi. J’ai parfois l’impression d’avoir une deuxième vie, dans mes rêves, et souvent, je me surprends à vouloir dormir, non pour me reposer, mais pour aller dans mon monde.

Jaskiers

Service d’ennuis – Partie 2

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Et Alva s’installa à son bureau, spacieux, sans ordinateur, remplacé par un bon vieux carnet de réservations ressemblant à un vieux grimoire.

L’odeur du hall d’entrée était étrange, un mélange de tabac, de parfums de marques, avec de légers relents d’alcool, mélangé à l’odeur de renfermé venant de la moquette, qui était usée jusqu’à la corde, les motifs qu’elle devait arborer avaient disparu à cause de l’usure et de l’entretient plus qu’insuffisant.

Les deux couloirs qui partaient chacun d’un côté de son bureau menaient aux premières chambres, avec au bout de ces couloirs un ascenseur menant aux étages supérieurs. Tous les étages étaient aménagés de cette manière linéaire très simple, tout droit, avec à chaque extrémité des deux couloirs parallèles, des ascenseurs. Pas d’escalier.

Alva n’avait pas à prendre ces ascenseurs qui semblaient prêts à rendre l’âme, tellement les craquements qu’ils émettaient quand ils montaient faisaient vibrer la cabine. Elle avait peur pour les clients et pour le manager, ce dernier ne les ménageait pas, appuyant sur les boutons plusieurs fois, les martelant en se plaignant de leur lenteur.

Mais c’était sa première nuit de travail, de veille. Une nuit qu’elle n’était pas prête d’oublier.

Les premiers événements étranges commencèrent directement après sa toute première prise de service.

La froide nuit de mi-janvier était tombée tôt, l’hôtel n’avait que deux clients qui s’étaient enregistrés dans la journée et qui devaient sûrement se trouver dans leur chambre.

Alva sortit son téléphone portable, et réalisa qu’elle n’avait aucune réception wifi. Qu’allait-elle faire toute la nuit ?

Elle s’assit sur le vieux fauteuil de bureau derrière son comptoir et jeta un œil sur les quelques prospectus et dépliants proposants divers business et activités disponibles aux alentours.

Elle n’eut pas le temps de s’intéresser au premier document tombé dans ses mains quand une voix derrière elle l’interpella :

« – Pardonnez madame ! Ma femme a bu trop de champagne et a vomi sur le magnifique tapis Roche Bobois ! Je vous dédommagerai évidemment ! Je voulais juste vous prévenir par respect. »

Alva se retourna pour répondre aux intrigantes paroles mais il n’y avait personne. Et elle était sur de les avoirs entendus.

Une odeur de cigare lui monta au nez… étrange de sentir cette odeur, encore, il était interdit de fumer dans le lobby et dans la plupart des chambres.

Pensant que c’était le monsieur qui venait juste de lui parler, et qui avait disparu avant qu’elle ai pu le voir, qui avait allumé un cigare, elle dit :

« – Monsieur, il est interdit de fumer dans le hall. »

Ses paroles restèrent sans réponses, et Alva se retourna vers ses prospectus, réfléchissant à la marche à suivre dans le cas d’un client malade, quand une voix lui répondit enfin :

« – Et depuis quand Môdame ?! »

La voix n’était pas la même qu’elle avait entendue la première fois. C’était celle d’une femme dont le timbre de voix naturel avait été aggravé par une longue et forte consommation de tabac.

Alva se retourna, personne. Mais elle rétorqua quand même.

« – C’est la loi madame. »

Du couloir sur sa droite, la voix lui répondit :

« – Quelle loi môdame ! Jamais entendu pareille ineptie ! »

Cette fois, même si elle était légèrement apeurée, elle était aussi passablement agacée, Alva se leva et se dirigea vers le couloir de droite.

Les néons aux plafonds clignotaient, elle vit que le couloir était vide.

« – Une autre bouteille de Moet et Chandon mademoiselle ! »

La jeune femme sursauta, et se dirigea vers le couloir de gauche. Là encore, il n’y avait personne.

Sûrement les deux clients qui s’amusent à se jouer de moi, pensa-t-elle. Elle se mentait à elle-même, son instinct avait compris que quelque chose clochait. La jeune femme voulu même appeler par téléphone les deux clients, mais cela aurait été inapproprié. Qu’aurait-elle pu leur demander ? Ne risquerait-elle pas sa place ? Comment justifier à son manager cette action si les clients en venaient à se plaindre ? Non, le mieux était de ne rien faire.

Après tout, le client est roi. Qu’il soit réel ou imaginaire…

Jaskiers

Demain est une autre nuit – Partie 1/2

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Henry avait l’habitude de se lever au milieu de la nuit pour son pipi nocturne et fumer une cigarette. Une très mauvaise habitude que de fumer, mais c’est encore plus mauvais la nuit. Non seulement, fumer à jeun est mauvais, mais cela dérègle le cycle du sommeil. Couplé à cette mauvaise habitude; le besoin d’uriner et Henry se réveillait toujours à la même heure, 5 h 30 du matin.

Quand les événements qui vont être relatés ont-ils démarré ? Henry n’aurait su le dire exactement, car sa vie n’était maintenant qu’une nuit infinie. Tous ses repères avaient disparu.

Cela avait débuté comme d’habitude. Après un rêve étrange où il pilotait une sorte de bolide qui avait la forme et la senteur d’un savon à la lavande. Dans ce rêve, il roulait très vite, tellement que l’air autour de lui semblait se matérialiser en une sorte de voile qu’il finissait par percer et il s’était réveillé à ce moment-là. 5 h 30.

Ces réveils précis duraient depuis plus d’un an. Il était habitué au froid qui l’enveloppait dès la sortie du lit. Le chemin jusqu’aux toilettes, il le faisait sans lumière.

Une fois sa vessie apaisée, il s’asseyait sur son vieux fauteuil dans son salon pour fumer sa cigarette.

Il restait éveillé environ un quart d’heure, puis allait se recoucher. Et cette fois-ci, sa petite veille ne dérogea pas à la règle.

Il se rendormait aussitôt. Il adorait retrouver la chaleur des draps après la fraîcheur de la nuit. Henry se sentait comme un enfant bordé par sa mère.

Souvent, son deuxième sommeil était celui le plus peuplé de rêves insensés, rêves qu’il aimait noter sur un carnet de bon matin. Cela lui permettait de faire marcher sa mémoire. Et il était fasciné par ce que son subconscient pouvait créer. Il adorait les tournures loufoques, improbables que son cerveau créait pendant son sommeil. Il était fasciné par le fait que dans ses rêves sans logiques, jamais il ne questionnait le sens des situations et des événements qui s’y déroulaient.

C’est pour cela qu’après s’être couché après sa cigarette, qu’il se rendormit et se réveilla à 5 h 30.

J’ai dû rêver que je m’étais levé pour fumer comme d’habitude. L’habitude a pris le dessus sur mon subconscient, ou quelque chose dans le genre.

Ce fut sa première impression. Henry devait avouer que ce rêve était très réaliste, il ressemblait à la réalité.

Arrivé aux toilettes comme un automate programmé, il découvrit qu’il n’avait aucune envie d’uriner. Cela lui était déjà arrivé, souvent même. Soit il n’avait pas assez bu, soit l’organisation de sa journée avait bousculé son horloge biologique, il avait uriné abondamment avant d’aller se coucher et le corps n’avait pas encore besoin d’évacuer.

Même si le pipi ne se réalisa pas, la pause cigarette s’imposait. Il fut bien plus confus avec le fait de ne pas avoir envie d’uriner quand l’odeur de cigarette lui monta au nez.

Il ne fumait à l’intérieur de l’appartement que la nuit. Le jour, il fumait au balcon. C’était mieux pour ses poumons, pour l’air de l’appartement s’il recevait des invités.

Peut-être, pensa-t-il, qu’à force de fumer ici toutes les nuits, l’odeur s’était infiltrée dans le tissu du fauteuil, voir dans les rideaux, dans tout ce qui pouvait retenir la fumée…

Henry alluma sa cigarette, en pensant à ce qu’il pouvait se procurer pour retirer cette odeur de tabac de son bureau. Il essayait de rappeler ces publicités qui passaient à la télé, présentant un produit miracle détruisant, toujours à 99 %, les mauvaises odeurs. Mais à son grand étonnement, ces publicités qui lui rentraient dans la tête plus facilement que ses leçons, les dates d’anniversaires ou ses rendez-vous, semblaient avoir disparue de sa mémoire.

Sa cigarette terminée, il alla se recoucher, heureux de retrouver la chaleur de son lit douillet.

Il fit encore un rêve, il conduisait son automobile-savon jusqu’à percer le voile de l’air, ou de quelque chose d’autre. Cette fois, il ne se réveilla pas tout de suite. Après avoir percé le voile, il se retrouvait dans un endroit sombre, toujours dans son étrange véhicule, et des sortes de lianes se trouvaient en face de lui. Toutes espacés d’une manière anarchique mais toute étaient raides. Ne sachant que faire, il appuya sur un bouton de son véhicule qui fonça directement dans cet étrange biome.

Il se réveilla, légèrement en sueur. Il était 5 h 30.

Cette fois, Henry commençait à s’inquiéter.

Était-il en train de faire une sorte d’AVC ? Était-il malade ? De la fièvre ? Il se toucha le front, non. Un problème avec le réveil ? Peut-être est-il bloqué à 5 h 30 et ses réveils n’étaient que la signification d’une mauvaise nuit.

L’homme regarda son réveil affichant les chiffres en rouge, 5 h 31.

Aucune envie d’uriner, pas non plus vraiment envie de fumer, il avait l’impression d’avoir fumé quelques minutes plus tôt. Mais l’angoisse qui commençait à l’accaparer le fit céder.

Henry se ralluma une cigarette, non sans sentir l’odeur de tabac, encore plus forte cette fois.

Allumant son Zippo, il regarda son cendrier, qu’il ne vidait que le matin pour éviter l’odeur du tabac froid, odeur encore plus désagréable que la normale, même pour les fumeurs.

Deux mégots étaient écrasés dans son vieux cendrier.

Je deviens fou ! Je deviens fou, c’est ça. Je commence à faire de la démence comme ma vieille tante… à trente ans ? Il n’y a pas d’âge pour devenir fou, mais à ce point ? Quand même. Il faut que je prenne un rendez-vous avec un neurologue. Si ça se trouve je fais un mini-AVC. Foutu tabac ! Et puis t’as plus vingt ans mon vieux…

Il fuma sa cigarette en une poignée de minutes, et reparti se coucher, non sans avoir bu un verre d’eau fraîche avant.

Il replongea dans les draps, l’envie de dormir ne semblait pas s’atténuer.

Étrange… si ça se trouve c’est un rêve… qui a dans son étrangeté une régularité et réalité étrangement puissantes…

Il se rendormit.

Pour se réveiller à 5 h 30.

Paniqué, il prit son téléphone pour appeler sa mère. On a beau avoir trente ans, on a encore besoin de sa maman. Personne ne répondit. Il attendit quelques minutes, c’était le milieu de la nuit après tout.

Sa maman ne répondait pas. Même après avoir laissé sonner la tonalité pour laisser à sa mère le temps de se réveiller. Il regarda son réveil, qui semblait cette fois bel et bien mal fonctionner , 5 h 33. Il ne savait pas depuis combien de temps il était réveillé avec exactitude mais il était persuadé de l’être depuis bien plus de cinq minutes. Son téléphone semblait aussi bloqué à la même heure. Son micro-onde affichait lui aussi 5 h 33.

C’est ce moment qu’il réalisa que quelque chose de grave s’était peut-être passé. La fin du monde ? Le soleil s’est évaporé ? Un problème dans l’espace-temps ?

Henry décida cette fois de faire quelque chose.

Jaskiers

Dante’s Dusty Road – Chapitre 4

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Il se réveilla en sueur, la climatisation devait être en panne. Classique dans ces petits motels minables de bords de routes. Il prit son carnet de note pour y écrire son rêve et la phrase écrite par la machine à écrire. Il allait utiliser tout ce qu’il allait ressentir dorénavant, du plus simple sentiment au plus complexe, du plus petit événement au plus grand, du plus horrible au plus agréable, pour écrire. Et les rêves et cauchemars fournissaient une matière intéressante et étrange, idéale pour un écrivain d’œuvres d’épouvante.

Après avoir bu un café noir, il reprit la route, direction Forgan, Oklahoma. L’Amérique profonde, celle dont on ne parle jamais, lui ouvrait grand les bras… Dû moins le pensait-il.

Jaskiers

Cauchemar d’enfance

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Était-ce le milieu de la nuit ? Au début ? À l’aube ?

Je ne me rappelle plus, seulement, je sais que la chambre était plongée dans la pénombre.

Pourquoi étais-je réveillé ? Je ne me rappelle plus.

Pourquoi je fixais la porte de ma chambre ? Vous avez deviné, je ne me souviens plus.

Est-ce que j’étais éveillé ou encore dans les bras de Morphée ? Encore une question sans réponse.

Ce dont je me rappelle, ce sont ces mannequins de boutiques, ceux que je voyais quand je passais devant cette boutique de prêt-à-porter, boutique qui dans mes souvenirs n’était jamais ouverte. Les mannequins n’étaient jamais habillés, il semblait y avoir de la poussière sur eux, de la crasse. Ces mannequins n’étaient pas ceux que l’on trouve habituellement dans les boutiques. Ils étaient plats, grands, aucunes formes, asexuelles. On distinguait évidemment la tête, les bras, peut-être un peu de hanche, les jambes et c’est tout. Mais ils étaient plats et chacun avaient sa couleur, bleu, rouge, gris, blanc, noir, vert.

Je passais devant souvent. La boutique était dans une galerie marchande où ma mère m’emmenait pour faire les courses et je jetai toujours un coup d’œil à ces mannequins, abandonnés au regard de tout le monde.

La nuit dont je parle, ces mannequins ont ouvert la porte de ma chambre, ils étaient toujours aussi plats, leur bras et jambes bougeaient et c’était tout. Qu’ils étaient maigres ces bras et ces jambes ! Mais ils étaient sûrs de leur mouvement. Celui (ou celle…) qui avait ouvert la porte était le mannequin de couleur jaune, j’ai vu sa main et son avant-bras lentement redescendre à ses flancs après avoir ouvert la porte pour lui et ses camarades.

Ils rentrèrent tous, toutes les couleurs et s’installèrent debout, devant mon lit et ne bougèrent plus.

Attendaient-ils de moi quelque chose ? Voulaient-ils que je les habille ? Que je leur parle ?

Je n’en sais rien car j’ai crié et me suis caché sous ma couette. Le temps que ma mère arrive pour demander ce qu’il se passait et me rassurer, ils avaient disparus.

Cauchemar… Cauchemar ? J’avais environ 6 ans, je me rappelle distinctement les voir rentrer doucement, et même si leur visage n’était qu’un vulgaire ovale sans traits aucuns, j’étais persuadé qu’ils me regardaient. Maintenant encore, quand il m’arrive de repenser à cette horreur onirique, je ne m’en rappelle pas comme d’un cauchemar mais comme un vrai souvenir, comme si j’étais éveillé et que ces mannequins étaient vraiment entrées dans ma chambre. Qu’ils étaient vivants, avec une conscience. Si je me concentre, j’ai presque l’impression qu’ils m’ont parlé, pas physiquement, ils n’avaient pas de bouches mais communiquaient par télépathie.

Pourquoi étaient-ils venus ME voir, moi un enfant et pas un autre ? Que me voulaient-ils ? Que me serait-il arrivé si ma mère n’était pas venues à mon secours ?

Peut-être qu’en fin de compte, tout ceci était un rêve, enfin un cauchemar. Même si ma mère ne s’en souvient pas du tout, et pourtant, je n’étais pas le genre d’enfant à crier et à appeler à l’aide après un mauvais voyage onirique.

Après tout, pourquoi, après cette nuit, les mannequins avaient disparu de la boutique ?

Tant de questions, dans un monde qui est obsédé par les réponses. Je ne cherche pas plus loin, les choses sont parfois mieux laissées sans réponses.

Jaskiers

Pensées d’un carnet

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Sur mes pages vierges son crayon glisse. Parfois les courbes sont belles, souples, amples. Parfois les lettres sont serrées, les unes contre les autres, aplaties. Elles peuvent parfois être striées, abruptes.

Chaque fois, son écriture est différente. Il appose toujours son encre à la même heure, tous les jours. Racontant les mêmes choses, les journées se répètent, donc souvent les mêmes mots, les mêmes phrases reviennent en boucles.

Ses rêves sont les seuls choses qui apportent nouveautés. Ils se répètent aussi, mais souvent avec des nuances. Ils sont souvent terribles, anxiogènes. Parfois beaux, doux, amoureux et poétiques. J’aime surtout quand ses rêves son curieux, sans queues ni têtes. Il y a matière à rire parfois.

Ses habitudes changent peu, sa vie se répète, toujours, ou presque, la même rengaine, le même refrain. Quand sa routine change, son écriture change, son humeur aussi.

Que c’est triste d’être son journal personnel.

J’aurai préféré être le carnet d’un génie, ou d’un écrivain, ou d’un fou, d’un illuminé, d’un taré. Au moins, j’aurai eu la chance de voir s’étaler sur mes pages des choses vraiment exaltantes, des récits sortant des carcans, jamais une entrée similaire à l’autre. Quelque chose qui me divertirai ! Mais c’est la vie des carnets de notes, on ne choisit pas son propriétaire, comme l’humain ne choisit pas sa famille. C’est en faite eux, les humains, qui nous choisissent. Pourquoi donc ai-je été choisis par cette triste créature ?

Mon format moyen, mon design sobre, l’élastique pour le refermer, une fine lamelle de tissus comme marque-page jamais utilisée. Je n’ai pas de défaut à bien me regarder. Je ne me vante pas, c’est simple un carnet de note, et j’ai été fabriqué pour ça, et plutôt bien.

Ces 5 minutes où l’encre du stylo déverse les pensées du propriétaire qui m’a été déchu sont les seuls moments de la journée où je travail.
Je reproche bien des choses au propriétaire, mais toujours est-il que je travail tous les jours. C’est un bon point. Mais quel ennui de voir les tribulations de l’être humain moderne. On pourrait croire à une évolution constante de sa vie mais non. C’est rare, mais quand ça arrive, c’est chaotique. L’encre se déverse sur mes pages. Jamais il n’a de mots durs envers les autres, il arrive parfois d’y voir quelques plaintes envers autrui mais j’ai surtout le droit de voir sur mon papier une apathie et une haine qu’il dirige envers lui-même. Parfois, je ne vous le dis qu’à vous, il espère, beaucoup, car il a peur d’agir. J’utilise donc la magie de l’écriture pour l’aider dans le monde. Je réalise ses vœux comme je le peux. C’est dur à croire, sûrement, mais nous autres, outils d’écritures, et surtout nous, les supports de ces outils, nous avons le pouvoir de changer les choses, de réaliser des vœux ou des espoirs pour notre propriétaire. C’est quelque chose de magique vous pensez ? Non ! C’est normal, les choses dans le monde se produisent et nous changeons le cours des événements grâce à aux pouvoirs de l’encre et de l’écriture.

Mon propriétaire s’en ai aperçus, il plaide ses demandes avec parcimonie. Je ne peux tout changer mais je fais de mon mieux.

Je fais mon travail. Le travail d’aider mon partenaire, même si il m’ennuie la plupart du temps.

C’est rare pour nous les carnets de notes, de pouvoir nous exprimer.

N’hésitez pas à nous utiliser, ne nous laissez pas à l’écart. Nous sommes fais pour vous servir, pas pour être laissé au fond d’un tiroir ou à prendre la poussière sur une étagère ou un bureau. Et écrivez vrai pour que nous puissions vous aider.

Jaskiers

L’homme vide

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C’est une vie ou il ne se passe rien. Rien d’interessant. Ou peut-être est-ce ce rien qui la rend unique. Unique ? Non, d’autres personnes vivent leurs vies dans le rien.

C’est au réveil que la différence avec une vie pleine de faits se faisait sentir.

Le réveil sonne et émet sa musique wagnérienne. Étonnant quand rien l’attends.

Toujours le même déjeuner, un bout de pain de mie avec du chocolat à tartiner. Il regarde fixement devant lui, les yeux grands ouverts comme traumatisé. Il pense, essaie de se remémorer ses rêves. Important que de s’en rappeler, c’est dans ses rêves qu’une femme l’aime, qu’il voyage, qu’il s’amuse. Enlever lui ses rêves et vous lui enlever ce qui le lie à l’homme automate moderne. Parfois il les écrivait ses rêves mais ce matin, comme souvent, des bribes disparates et sans queues ni têtes étaient tout ce qui lui restait de son voyage onirique. La frustration, il avait parfois ces rêves où il se sentait tellement bien, ou mal, mais ces rêves étaient impossibles à retranscrire sur le papier tant les détails et les bizarreries en faisaient un charabia trop compliqué à écrire. C’était les sensations qu’ils lui donnaient qu’il appréciait le plus.

Les cauchemars, eux, venaient le hanter toute la journée. Toujours le même genre de cauchemar, celui qui prend vos peurs à pleines mains et instille l’angoisse, la terreur et l’anxiété. Ces cauchemars qui vous trottent dans la tête toute la journée. Pour lui, des sentiments dithyrambiques le liaient à eux. Il ressentait. Pour des journées remplies de vides, de solitude, c’était eux qui lui donnaient l’indicible opportunité de se sentir vivant et humain.

Ses yeux se refermèrent quand il eut fini son déjeuner. Il n’avait pas faim le matin, c’était pour son corps, une entité qu’il avait pris pour acquis jusqu’ici, qu’il mangeait un petit déjeuner. La faim l’assaillirait avec une force encore plus terrible à midi si il n’avait pas manger ne serait-ce qu’une miette au levé.

Ces petits détails de la vie, infimes et futiles pour le commun des vivants étaient, pour lui, une source de réflexion et de tracas. Son esprit se resserrait sur ces détails pour donner un sens à une existence morne.

Posté devant la fenêtre de sa petite salle à manger, il regardait ces gens pressés, pressés d’aller travailler, pressés de donner de leurs temps si précieux, pressés de faire violence à leurs corps, à leurs psychés, pour remplir les poches de leurs patrons. Toujours, ces mines tendues éveillaient sa curiosité, cette violence du mouvement forcé, les stigmates du forçat, les soucis de la vie, tous ceci étaient visible dans leurs yeux. Pas sur les visages, car l’Homme enfile son masque de mensonge tout les matins, cachant les cicatrices du vécue, mais dans les yeux. En regardant bien dans les yeux, il pouvait voir, subrepticement, la détresse, la peur, la fatigue, le stress.

Ce n’était pas, là, les marques de la vie moderne, non. Tous le monde a son histoire, et tous le monde peut lire l’histoire de l’autre en regardant attentivement ses yeux.

C’était déjà l’heure pour lui de ne rien faire jusqu’au coucher. Il s’assit et ne fit rien. A part peut-être manger, boire et faire ses besoins. C’était peut-être ça être humain. Faire ces petites choses à rythme régulier et dans des mœurs normales. Être humain, c’est peut-être combattre l’ennui toute sa vie. Car qui s’ennuie toute sa vie préféra les mystères que la mort lui réserve plutôt que la vie. L’épreuve des vivants : qui fera de sa vie quelque chose qui ne l’ennui pas jusqu’à sa mort.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle n#7 : Un message de l’inconscient ?

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L’entrée dans la chambre funéraire fût la chose la plus dure.

La vue d’un corps sans vie provoque une blessure dans l’âme. Cette blessure ne se refermera pas. La douleur peut s’atténuer mais c’est tout.

Encore plus quand le corps est celui d’un proche.

L’odeur d’une de ces chambre est caractéristique. Elle s’imprimera dans votre cerveau et reviendra vous hantez des années après, au milieu de la journée ou de la nuit.

La froideur du corps après l’épreuve de l’entrée de la chambre détruit toute résistance. Vous n’êtes plus rien, bien que vous soyez le seul vivant dans cette salle. En fait, vous mourrez un peu. Quelque chose part en vous. Un peu de votre innocence enfantine, une part de ce que vous étiez se retire. Surtout car vous ne vous posiez pas les bonnes questions vous et votre proche. Les non-dits, l’affection, les secrets, tous ça resteront en vous tout en vous enlevant une partie de vous même. C’est la vie. La vie est un paradoxe, de mon point de vue.

C’est à se demander si à la vue du corps inanimé d’un être aimé ou d’un inconnu, votre propre corps, votre cerveau, votre organisme, vos cellules, se demandent « Est-ce possible ? ».

Ne me dite pas que vous n’avez pas peur de la mort. On peux faire les malins à se dire que l’on n’en a pas peur, mais je pense que quand elle vient vous chercher, quand le souffle de la vie vous ai retiré, la terreur du « et après ? » doit vous submerger. Une sorte d’attente, un temps de latence terrible, de quelque millisecondes, une antichambre avant de quitter se monde.

Votre corps a une mémoire, vous avez votre conscience, les deux sont peut-être lié par l’inconscient, je n’en sais rien, je présume juste. Cette entité s’exprime souvent sans que vous vous en rendiez compte.

La nuit, vous faite se rêve. Ou se cauchemar. Vous choisissez.

Vous rentrez encore dans cette chambre à l’odeur ténue, froide, pathétiquement décorée. Votre proche est allongé la. Rien ne bouge. Vous vous approchez doucement. Ses yeux s’ouvrent. Ses iris sont rouge. Vif. Vous vous approchez, se rouge est en faite une rose. L’être aimé ne cligne pas des yeux, il ne bouge pas il est mort. Mais ses yeux sont ouverts, ses yeux vous offrent deux rose rouges pourpres. Et vous vous réveillez.

Vous ne savez plus quand exactement vous avez fais se rêve. Une semaine ? Deux mois ? Un an après l’enterrement ?

Dans tous les cas se rêve reste avec vous. Son sens vous échappe. L’inconscient a communiqué son message, à vous de le décrypter.

Et aucune réponse ne semble être la bonne ou la mauvaise. Et vous vivez avec. Hanté.

Je crois que pour l’Homme vivant, la mort est un désert, chaque grain de sable est une question. Peut-être devrions nous pensez à la vie, la mort elle est une énigme insoluble. Pendant que l’on se pose des questions sur la mort, le sablier de notre vie s’écoule. Irrémédiablement. Le temps ne se rattrape pas, ne s’achète pas. Il est notre ennemi. Il nous soumet. Corps et âme.

Demain sera toujours un autre jour, jusqu’à ce que le sablier se vide.

Vivons.

Jaskiers