La matinée New-yorkaise

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Il quitte la chaleur du lit. Quitter cet environnement presque embryonnaire, où l’on se sent intouchable, avec le parfum enivrant de Salma, qui donne l’impression d’être dans un monde qui n’appartient qu’à vous, semble presque être une punition.

Il la regarde dormir. Elle a un léger sourire. C’est presque comme si elle savait qu’il la regardait. Il sent son léger souffle, il l’entend. Tel un chant de sirène, il est attiré. Un baiser. Juste un, dans le cou, ou vers l’oreille. Peut-être sur le front. Sentir de plus près l’odeur de son Chanel 5. Mais à quoi bon déranger ce profond sommeil. Au fond de lui, il est heureux qu’elle dorme si bien. Elle se sent en confiance avec lui. Et lui, essaie de ne pas tomber dans un amour qui consumerait tout son être, toute son existence. Cela serait tentant, de vivre pour une autre, plutôt que de continuer à vagabonder seul dans cette vie.

Mais s’attacher, c’est dangereux.

Elle passe une de ses jambes par-dessus la couette. Il lutte intérieurement pour ne pas poser sa main sur ces cuisses bronzées et douces. Durant la nuit, le simple fait de les toucher l’amenaient dans ce monde où tous les hommes aimeraient rester. Ce monde où la tendresse n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire, un signe noble. Cette douceur, la chaleur sucrée de ses lèvres, la douceur de sa peau, la douce mélodie de sa voix, ses yeux verts transperçant l’âme. Est-ce de l’amour, de l’admiration, l’instinct animal ? Il la voudrait encore, pour lui seul, pendant des heures, dans cette chambre du centre-ville de Manhattan, à Greenwich Village.

La veille dans son café habituel, Reggi, à l’angle de la Macdoughal Street et de la W 3rd Street, a quelque pas de Washington Square, il continuait à écrire. Il avait ses habitudes. Il prenait son New-York Times tous les jours. Il évitait de regarder les informations à la télévision, et sur internet. Dans ce dernier, l’information était une jungle où démasquer le vrai du faux devenait une panacée, l’internet de l’information était toxique.

Son New-York Times, qu’il prenait en version papier, prenait toute la place de sa petite table habituelle, que les baristas lui gardaient tous les jours depuis qu’il avait fait de ce café son fief.

Puis, une fois par semaine, il achetait The New-Yorker. Laissant un peu de côté l’actualité, qui bien que rapporté par des professionnels, s’avérait parfois difficile à emmagasiner moralement. L’hebdomadaire The New-Yorker lui permettait de prendre une petite pause dans la semaine pour découvrir d’autre chose, d’autre monde, d’autres plumes.

Ce n’était qu’après avoir lu son journal et bu son premier café qu’il sortait son ordinateur, son carnet de note, et qu’il partait à la recherche de mondes, de personnages, qui lui permettait de s’évader, de reprendre une sorte de contrôle sur cette vie qui lui semblait indomptable. Il n’y avait qu’avec sa plume qu’il pouvait tout contrôler. C’est peut-être pour ça qu’il écrivait, le contrôle.

Il était publié, sous un nom de plume. Tout ce qu’il voulait, ce qu’il rêvait, c’était de pouvoir vivre de ses écrits, sans avoir à pavoiser dans les médias, sans devenir une célébrité.

L’anonymat, c’était la liberté. Mais l’indépendance financière, c’était aussi la liberté.

Ses textes étaient diffusés dans le New-Yorker, et autres périodiques et hebdomadaires littéraires. Cependant, quand il écrivait dans ces magazines, il ne donnait pas le meilleur de lui-même. Pour lui, ces publications étaient un moyen de gagner un peu d’argent, certes, mais aussi un moyen d’imposer son nom de plume sur la scène littéraire. Toute publicité, bonne ou mauvaise, est bonne à prendre. C’est du moins ce qu’il pense. Il gardait son jus, son énergie, pour ses romans et recueils de nouvelles.

Mais aujourd’hui, ce matin, il ne veut pas aller à son café habituel.

Il se lève doucement pour ne pas réveiller la femme dans son lit. Par politesse, peut-être, mais aussi car elle semblait pouvoir lui apporter de l’inspiration.

Il la regarde respirer lentement. Sa poitrine à moitié visible, caché par les draps, bouge doucement. C’est que tout le monde a l’air paisible, presque naïf, quand il dort.

Ils s’étaient rencontrés la veille, sur l’angle de la West 4th Street et de la West 10th Street, au bar Small Club of Kazz, à quelques pas du Christopher Park, à quelques rues du Washington Park, l’endroit privilégié des habitants du Greenwich Village. C’était à ce club qu’il avait rencontré cette dame. Ses longues jambes, et sa paire de stiletto, ses fines chevilles, ses jambes bronzées, sa longue chevelure châtain, ses yeux verts l’avaient envoûté.

C’était la première fois qu’il la voyait dans le petit club de jazz. Club où il allait certains soirs, surtout quand il avait touché un chèque de ces écrits.

Il écoutait ces groupes de jazz venus de toute l’Amérique, et du monde entier. Car le Jazz a touché la terre entière, le Jazz, c’est la poésie de l’univers musicale. Aucune règle, ou presque. Même si l’époque est au hip-hop et à la pop, le jazz fait de la résistance. Évidemment, il n’y a plus de Billie Holiday, de Nina Simone, de Louis Armonstrong, d’Ella Fitzgerald ou de Miles Davis. Mais les musiciens de jazz d’aujourd’hui continuent à faire perdurer l’héritage.

C’est cette musique qui l’aidait à se détendre, mais aussi, elle l’inspirait. Tout comme l’écriture, le jazz est une histoire de contrôle, de création, de liberté. L’écriture est une musique, comme le disait Céline.

Il prend son ordinateur portable, le pose sur son bureau en face de la fenêtre et s’installe. Il tourne le dos à sa conquête d’un soir. Il la regarde dormir encore quelques secondes, s’enivrant de son parfum. Quand elle partira, son odeur restera. Le lit sera le seul témoin de leur amour éphémère.

L’écrivain ouvre son ordinateur, vérifie ses mails. Une de ses nouvelles avait été accepté par The New-Yorker. Ce dernier payait bien.

Une conquête amoureuse, un bon chèque, et New-York sous la neige. Il ne pouvait pas rêver mieux. Il est possible, pensait-il, que le bonheur existe, il faut juste s’en rendre compte. Il lui manque juste un bon café.

Jaskiers

Et Joyeux Noël bien sûr ! (Et un peu d’humour noir)

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« Si ma Valentine tu ne veux pas être, je me pendrai à ton sapin de Noël » Ernest Hemingway

C’est en cherchant une photo d’Hemingway en rapport avec Noël que je suis tombé sur cette citation que je n’avais jamais lu. Merci de prendre cela avec un peu d’humour, car j’ai trouvé ça excellemment tourné !

Je vous souhaite un joyeux Noël !

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Jaskiers

Mea Culpa à l’écriture

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L’envie, la passion, la curiosité insatiable d’apprendre, de créer, me sont revenus… après plus d’un an de sécheresse et de remise en question.

Peut-être avais-je besoin de me perdre pour mieux me retrouver, ou plutôt, pour retrouver le goût d’écrire et de lire.

Beaucoup de choses se sont passées, choses que je ne peux étaler sur mon blog, pour l’instant. Enfin, il se pourrait, mais sous forme de fiction. Autant utilisez les traumas pour mon Art, car, pour moi, l’écriture est un Art, n’en déplaise à certains. Je ne comprends pas comment l’on peut se demander si écrire est un art. Évidemment. Ceux qui se le demandent n’ont jamais essayé d’étaler leurs tripes sur une page blanche.

Je n’ai pas honte de le dire, je me vois comme un artiste avant tout. Cela peut sembler présomptueux, mais s’il y a une bataille que je mènerai jusqu’au bout, se serait de qualifier l’écriture, sous toutes ses formes, d’Art avant tout. Je rigole intérieurement quand j’entends le mot « intellectuel » pour qualifier les écrivains. Arrêtez un peu. Chaque Art demande des connaissances. Intellectuel, ça ne veut rien dire. Je trouve que c’est pompeux, même. (Mon Dieu, je suis vieux, je commence à être aigri !)

Une chose que je peux vous dire, j’en ai mal au cœur, mais il y a pire dans la vie ; tous mes livres ont « disparu », je ne peux en dire plus. Mon immense pile à lire n’est plus, contre mon gré. J’en ai mal au cœur. Des centaines et centaines de livres, Hemingway, Carl Jung, Stefan Zweig, F. Scott Fitzgerald, Nietzsche, Jack Kerouac, l’intégral des œuvres de Philip K. Dick, et j’en passe, énormément, ne sont plus là.
Je n’ai pas eu le temps de tous les lire, peut-être n’en aurais-je jamais eu le temps… mais quand même. La littérature a été mon pilier pendant des années, sans elle, je ne sais pas si je serais encore là, à écrire. Je n’aurais pas rencontré les merveilleuses personnes avec qui j’échange aujourd’hui. Je n’aurais pas eu ce blog qui m’a soutenu (enfin, je parle de vous là, cher(e)s lectrices et lecteurs) durant ces longs mois difficiles.

J’espère que les personnes qui profiteront de mes livres sauront en prendre soin… mon cœur pleure, en silence (ça pleure dans les chaumières ?), ils me manquent. Le simple fait de regarder cet immense tas de livres, à l’époque, suffisait à calmer mon anxiété, à éloigner ma dépression. « Il y aura des réponses à tes questions là-dedans, Jaskiers, et au pire, je pourrai m’évader dans des mondes, des histoires, des pensées, des pays, des points de vue aussi divers et variés que possible. » Maintenant, mes chers amis ne sont plus là. Jamais je ne pourrai remplir le vide qu’ils ont laissé, même si j’en avais les moyens. Je suis assez possessif, et je l’avoue, matérialiste.

Cette « collection »  de livres auraient été mon héritage.

Les objets, et les livres par-dessus tous, ont de la valeur sentimentale, pour moi. Je relativise, il n’y a pas mort d’homme, il y a beaucoup plus grave dans la vie. Mais quand même… ainsi va la vie.

Je ne saurais dire si le pire est passé pour moi. Je ne préfère pas parler de ma santé, il y a beaucoup, beaucoup plus grave que moi. Je m’estime heureux d’avoir une famille, que j’aime et qui me soutient, c’est rare, je suis chanceux.

Et j’ai ce blog, et évidemment, vous.

Je ne promets rien (ai-je jamais promis quelque chose sur ce blog ?), je ne sais comment le futur va se dévoiler, personne ne le sait d’ailleurs (ou peut-être que si, qui sait ?) mais voici un peu d’Hemingway avant de vous laisser :

Tout passe et tout lasse, les nations, les individus qui les composent, autant en emporte le vent. Il ne reste que la beauté, transmise par les artistes.

Une fois qu’écrire est devenu votre vice majeur et votre plus grand plaisir, seule la mort peut l’arrêter.


Ernest Hemingway

Faudra-t-il que j’atteigne le niveau d’écriture « infinitésimal » d’Hemingway pour me sentir satisfait, fier et enfin complet, que ce vide sidéral en moi soit enfin comblé ? Peut-être que c’est ce vide qui me fait avancer, paradoxalement.

J’écoutais une chanson d’Hozier : Arsonist’s Lullabye.

Dans cette chanson, il (le pyromane ou Hozier ? C’est ça aussi, la magie de l’Art, ne pas savoir…) chante :

Tout ce que vous avez c’est votre feu
Et l’endroit que vous avez à atteindre
N’apprivoisez jamais vos démons
Mais gardez-les toujours en laisse

Et pourquoi pas, même, les utiliser, nous nourrir d’eux, pour créer, pour évoluer, pour avancer… c’est risqué mais, comme le dit le proverbe anglais : Quand la vie vous donne des citrons, faites de la limonade.

Et pour une touche personnelle, je garde en tête cette phase d’Albert Londres, il faut « porter la plume dans la plaie ».

À très bientôt.

« Il jeta un coup d’œil amical à ses livres. C’étaient les seuls camarades qui lui restaient. »

Extrait de 
Martin Eden
Jack London

Jaskiers

Je revois mon village dans mes rêves

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Moi, un gamin de la ville, un gamin de banlieue, qui, presque toutes les nuits, rêves de son village perdu au milieu de l’Allier.

À l’entre de l’adolescence, après un drame, un deuil, qui n’a jamais été fait et, j’en parle sur ce blog depuis 4 ans maintenant, qui ne se fera sûrement jamais vraiment, car je n’arrive toujours pas à comprendre ce que c’est, je quittais mon appartement étroit, en pleine banlieue pour une grande et vieille maison bourbonnaise. J’y allais, avant d’y emménager, en vacances pendant mon enfance.

C’était toujours difficile, enfant, de quitter la bande d’ami(e)s de cité pour un village perdu. La maison me faisait même presque peur parfois. Comme si, c’était trop spacieux. J’étais habitué au confinement qu’apportent les murs d’un HLM. Mais… Pour une raison étrange, la maison était liée à des sentiments concernant les deux guerres mondiales. Une explication ; cette maison de famille était aussi la maison d’un résistant, et d’un vétéran de la Première Guerre Mondiale, ainsi qu’un autre, ayant fait, avec beaucoup de réluctance, la guerre d’Algerie dans une division du Génie. Je ne les ai jamais connus, mais c’était comme ci leurs esprits se manifestaient subtilement pour me rappeler le sacrifice et la folie dont l’être humain est capable.

C’est une vieille maison, avec des volets massifs en bois couleur bordeaux, de vieilles tuiles qui tombent quand le vent est fort, et de la peinture blanche sur les murs qui, érodée par le temps, laisse voir les briques roses-orange, couleurs typiques des roches de cette région, avec le noir, comme la cathédrale de Clermont-Ferrand. Le noir viendrait de la roche volcanique, le Puys de Dôme est un volcan endormi, après tout.

Un grand jardin, avec deux vieilles cabanes, une servait de poulailler et d’enclos à lapins, il y a encore les grilles, toutes érodées, et avec un peu d’imagination, vous pourriez sentir l’odeur de crottes animales. La deuxième cabane, je ne sais à quoi elle servait, toujours est-il qu’un jour, en compagnie d’un ami, nous avons forcé le loquet de la porte et décidé de vider le cabanon de son contenu.

La cabane, qui aujourd’hui, bien que totalement construite en grossières planches de bois, et qui, depuis plusieurs décennies, penche dangereusement sans jamais s’écrouler, contenait un tas de paperasse provenant de l’atelier de menuiserie familiale qui a, comme beaucoup d’autres entreprises de la région, fait faillite. Je me rappelle de ma grand-mère parlant des maisons qui se construisaient juste derrière leur jardin, construites sans l’aide de menuiser, pendant que mon grand-père sombrait dans une dépression après s’être coupé deux doigts avec une machine et voyant son métier disparaître sous ses yeux… Je ne sais si je dois m’étaler trop sur la menuiserie. C’est comme si les murs venaient jusqu’à mon petit appartement normand pour me dire de garder nos secrets et rêves fous que nous avons eus. Si le bois pouvait parler… mais en Auvergne, on ne parle pas de son cœur, de ses sentiments, excepté quand on a vidé quelques verres de vin blanc dans l’un des deux bars du village. Un bar a fermé, un subsiste encore, avec un bureau de tabac. C’est derniers ne seront jamais en voie d’extinction, ils ont toujours de la clientèle. Il en va autrement des autres petites épiceries qui ont fermé après l’ouverture de deux magasins de grande distribution. Cette menuiserie a été créée, ou reprise, je ne suis pas sûr, par mon arrière-grand-père (le survivant de la Grande Guerre), qui n’est maintenant que débarras, même si quelques machines fonctionnent toujours (plusieurs décennies sans fonctionner, mais elles en ont encore dans le ventre…) La scie à ruban fonctionne encore, enfin je crois. Je me souviens de mon défunt père me construisant une épée en bois en utilisant cette énorme machine bruyante. Je peine à parler ici de cet atelier, car j’y ai tellement de vécu, mais aussi, car nous avons subi plusieurs vols…

Revenons à la cabane, c’est à l’intérieur que j’ai retrouvé les lettres que mon arrière-grand-père envoyait à sa femme, Germaine, durant la Première Guerre Mondiale.

Je m’en veux encore de les avoir perdus. Je me souviens des premières lettres. Pour faire court, petit Jean, ainsi était-il surnommé dans le village, un jeune homme respecté, menuisier de profession, avec son propre atelier et des ouvriers, avait été envoyé se faire brûler les poumons, avec des agriculteurs, des professeurs, des ouvriers, et se battre contre d’autres agriculteurs, professeurs et ouvriers, allemands, car un archiduc a des milliers de kilomètres avait été assassiné. Ces lettres, aussi loin que je puisse m’en souvenir, parlaient de la réquisition de chevaux, les nombreux déplacements et la fatigue entraînée par la violente percée allemande. Et les lettres, superbement écrite, à tel point que je peinais à les décoder, car l’écriture manuelle de cette époque était d’une beauté telle, que chaque lettre était une œuvre d’art. Je me rappelle encore les petits mots d’amour, à la fin de la lettre. Toujours pudique, car auvergnat, mais où l’on pouvait sentir, juste avec un mot, la tendresse qu’avait mon arrière-grand-père envers mon arrière-grand-mère… Je me demande s’il avait parlé d’elle à ses compagnons d’infortune. Surtout qu’elle s’appelait Germaine… les blagues ont dû aller bon train dans les tranchées.

Cette cabane, une fois vidée, est devenue mon repaire pour deux ans. J’y allais pour lire les vieilles BD que mes oncles avaient laissées derrière eux, Les Pieds Nickelé surtout.

Dans la maison, il y avait ce bureau, toujours froid, quand j’y allais en vacances, car personne ne l’utilisait. Plus tard, quand j’y aménageais, il deviendrait mon bureau, mon « bordel organisé », mon « bunker ». Dans cette pièce se trouvait un énorme meuble en bois massif qui contenait des classeurs et livres de guerre de mon grand-père, vétéran de la guerre d’Algerie. Guerre dont il parlait uniquement à ma mère, avec les larmes aux yeux. Mais cela ne durait jamais longtemps, car grand-mère, solide comme un roc, veillait au grain, veillait à ce que l’auvergnat, très penché sur la bouteille, ne s’ouvre pas trop.

Mais c’est à l’étage que j’ai découvert un livre sur Oradour-sur-Glane… j’ai découvert ce livre avant de savoir lire, j’ai donc regardé les photographies de corps calcinés. Je ne comprenais pas, et ne comprends toujours pas après tout ce temps, comment l’on peut arriver à un tel niveau de barbarie.

Plus tard, mon père disait, à qui voulait l’entendre ; « Au lieu de me demander d’aller à Disneyland, mon fils de 9 ans m’a demandé de visiter Oradour-sur-Glane. » Et il m’y a emmené, avec mon défunt grand frère. Je me souviens encore le musée, avant de rentrer dans le village en ruine, une antichambre avant le choc, avec ces citations de paix, et d’espoir projetées sur le sol… et puis le village martyr, son silence pesant, aucun oiseau ne chantait. Le souvenir d’une machine à coudre, posée sur une table au milieu d’une maison en ruine.

C’est ça, cette maison d’enfance, l’influence qu’elle a eue sur moi. C’est dans cette maison qu’a aussi explosé mon intérêt pour l’Art.

C’est dans cette maison, et ce village, que j’erre dans mes songes. J’y revois ma grand-mère, mon père, parfois mon frère. Mes voisins, qui ont depuis longtemps déménagé, mais ils restent propriétaires de leur maison dans mon monde onirique.

Parfois, je me balade pour aller au bar du bourg, fermé depuis des années maintenant. Je m’apprête à revoir mes ami(e)s d’adolescence, je prépare mon corps à une beuverie, j’angoisse de la gueule de bois du lendemain. Et souvent, dans ces rêves, je décide de m’envoler, comme un oiseau. J’ai peur de toucher les câbles électriques qui pendouillent partout, le long des rues, je me contorsionne pour les éviter. Et je vais haut, loin, je veux voir de haut ce village. Je rêve souvent d’un chemin menant à une ferme et un bois, qui n’existe pas dans la réalité. Je sais que je n’ai pas le droit d’être là, mais je m’y aventure quand même. Je peux m’envoler si un agriculteur sort son fusil, ce qui n’arrive jamais, mais la peur trotte dans ma tête. Je fais aussi ce rêve étrange où je creuse un énorme trou dans un petit carré de gazon pour en faire une piscine avec plusieurs amis.

Durant mes séances de vol, je plane au-dessus des arbres et de la flore luxuriante bordant l’Allier, je ne sais où je vais. Je vois des tracteurs, des oiseaux, des champs, des haies, des vaches, des décors champêtres dignes de romans, de poèmes, de chansons.

Et puis, je rêve beaucoup de toi papa. Tu n’es pas mort, dans mes songes. Tu avais juste besoin de prendre du repos, à cause de ton cancer. On m’avait fait croire à ta mort pour que tu puisses te reposer. Et quand je te revois, c’est comme ci mes soucis disparaissaient. « Enfin, me dis-je, tout cela était un mauvais cauchemar ».

Et puis je me réveille. Tout cela était un rêve. J’en ai l’habitude, mes voyages nocturnes font partie de moi. J’ai parfois l’impression d’avoir une deuxième vie, dans mes rêves, et souvent, je me surprends à vouloir dormir, non pour me reposer, mais pour aller dans mon monde.

Jaskiers

Et si tout ça n’était pas réel ? (Hommage à Philip K. Dick et son Exégèse)

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(Merci de prendre ce texte avec des pincettes, voir le titre de l’article et la vidéo qui vous attend à la fin.)

Bonjour, c’est moi. De retour, ou pas…

Il n’y a pas de retour dans un monde qui n’existe peut-être pas.

Je n’existe pas, ou peu. Vous non plus.

Vous lirez ce texte peut-être pour la centième fois. Pour la centième fois, vous vous plaindrez encore des fautes d’orthographe. Mais laissez-moi vous dire, il n’y a pas de règles. Rien de tout cela n’est vrai. Tout est un éternel recommencement.

La réalité, il faut en parler, car elle n’existe pas. Je le refuse.

Quand des gamins reçoivent des missiles sur la tête au lieu de la remplir de doux contes laissés par leurs sages aînés, je refuse cette réalité.

Je refuse, j’ai honte, d’être née dans un pays « libre », car cela veut dire qu’il y a des pays qui empêchent un être humain d’être lui-même.

Ce monde n’existe pas, non.

Écoutons un peu les gnostiques, dont certains sont persuadés que cette planète est une prison.

Et que dire de certains scientifiques de physique quantique, qui ont émis l’hypothèse que la mort, étant incompréhensible pour notre nature, notre cerveau nous ferait « sauter » de dimension à chaque fois que nous mourrons. C’est-à-dire : vous mourrez dans une dimension, mais vous êtes « transporté » automatiquement (comment ? Je ne sais pas, allez le leur demander à ces physiciens quantiques) dans une autre dimension, celle où vous ne mourrez pas, ou vous aurez juste le souvenir d’avoir frôlé la Grande Faucheuse.

Si la vie sur cette planète est éternelle, autant donner raison à ces gnostiques. Nous sommes des prisonniers.

La mort, c’est quoi au final ? Tout dépend de vos croyances. Mais arrêtez de vous mentir à vous-même, croyant ou non, au plus profond de vous, vous espérez qu’il y aura quelque chose après. Le Paradis, un Purgatoire, le Cosmos, Dieu(x), vos proches disparus, quelque chose d’autre, ce que vous voulez, désirez ardemment.

Si vous réalisiez que la réincarnation était réelle, résigneriez-vous pour une nouvelle vie ?

(I don’t wanna be buried, in the Pet Semetary/ I don’t wanna live my Life again – Ramones)

Et si tout ça était un long rêve… ou plutôt un cauchemar. Tout est possible. C’est ça qui est terrifiant, car nous n’avons aucunes réponses à toutes ces questions.

Dans la culture des Natifs (Indiens) Américains, les extraterrestres sont à l’origine de la vie sur Terre. Leurs ancêtres ont peint sur les roches des canyons à quoi ressemblait ces Aliens, ces messagers, il y a de ça des milliers d’années…

Peut-être sommes-nous les rejetés d’une civilisation avancée qui a décidé de se débarrasser de leurs éléments les plus problématiques sur une planète parfaitement viable à la vie humaine. Et nous leur prouverions que oui, nous ne méritons pas de vivre dans l’harmonie, car nous ne créons que Chaos.

Ou sommes-nous seulement dans une simulation, dans l’ordinateur de notre créateur. Toute notre vie est déjà décidée, chaque parole émises prévues, chaque mouvement programmé, chaque pensée une illusion d’un libre arbitre qui n’est qu’un code binaire (ou autre, je n’en sais rien, je ne suis pas ingénieur informaticien non plus).

À quoi rime la vie, au final ? Mangez, boire, dormir, travailler, faire l’amour (et/ou), la guerre, déféquer et puis ?

La vie est un éternel recommencement car nous tournons en rond, en pensant que nous allons de l’avant, que nous sommes des inventeurs, des génies, que le futur est pour nous. Mais non, car l’Histoire se répète, un recommencement incessant, nous ne sommes qu’un rouage, un tout petit, dans l’immense connerie de l’Humanité.

Création de machines de mort, engins de malheurs, mécaniques de la torture physique et psychique, abrutissement, dépersonnalisation..,

Combien d’innocents sont morts sous les bombes depuis que vous lisez ce texte ? Quelques minutes avant, ils respiraient, aimaient, se projetaient, pensaient, espéraient et puis, plus rien.

La vie est-elle fragile ou futile ? Pour certains, elle n’est rien, car ils ne se à risquent rien. Ils préfèrent le Statu Quo, car, faire bouger les lignes, c’est risquer de perdre.

Et si les Dieux de toutes les religions existaient vraiment ? Et si ces êtres extraordinaires étaient en fait des extraterrestres venus nous montrer un chemin clair à prendre ? Et si tout ce qui nous a été conté sur eux, leur soit-disante lois à suivre, pour une vie éternelle, avaient été détournées par l’Homme pour contrôler ses semblables ? Le message des Dieux ayant disparu, au profit de la mécanique machiavélique de l’Humanité ?

Nous vivons dans les mots d’un écrivain de science fiction. -Philip K. Dick

L’Homme est un loup pour l’Homme. Sommes-nous donc sur cette Terre pour souffrir et faire souffrir l’autre ? Car, de toutes les sensations que nous avons ressenties dans nos vies jusqu’ici, je parierai que c’est la souffrance qui prédomine.

Le bonheur n’existe pas, ou peu. Et dans notre monde, il faut souffrir, se sacrifier pour l’atteindre (ou le frôler, comme la plupart du temps, en fait). De Facto, le bonheur est un malheur bonifié.

Qui suis-je pour écrire des inepties pareilles ? Qui êtes-vous, vous qui lisez cet article ? Qui sommes-nous pour juger ? Tout le temps, nous sommes dans le jugement, de soi, d’autrui. Nous nous comparons ; « c’est humain ». C’est bien, le jugement, car cela nous fait tourner en rond. Notre spécialité. Un être jugé n’est pas un être qui ne va pas recommencer, seulement, il fera attention de ne pas être vu. Car pas vu, pas jugé. Pas vu, pas pris, n’est-ce pas ?

Admettons-le, nous sommes des Monstres. Ceux sous nos lits n’existent pas, car ces monstres sont SUR le lit, c’est vous et l’autre.

Pendant que des milliardaires font des voyages dans l’Espace, un gamin regarde le ciel, en se demandant quelle étoile lui envoie des obus.

Ce milliardaire a le pouvoir d’arrêter ces « étoiles » de tuer. Mais ce serait trop simple, d’intervenir, de faire parler l’argent, car il est maître ici-bas. La guerre, rien de mieux pour se faire des millions. Trop dangereux d’aider son prochain. Un Homme à terre, on peut l’utiliser, l’user, le manipuler plus facilement qu’un Homme se tenant sur ses deux pieds. D’ailleurs, la tête dans la poussière, il continuera à contribuer à votre richesse. Vous avez gagné le grand jeu de société dans lequel nous vivons. Plus vous pouvez asservir d’Homme, plus riche vous serez. Qu’Ils perdent leur temps à vous faire devenir riche.

Vous devriez regarder l’art produite par les personnes sous psychédéliques. Vous noterez cette sorte de grille, fine, subtile, mais très souvent présente dans ces créations… Est-ce notre cage ?

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Qui nous empêche d’en sortir ? Nous-mêmes. La « société ». Sortir de cette matrice, serait, peut-être, échanger un enfer pour un autre, n’est-ce pas ? Mieux vaut un enfer que nous connaissons, qu’un que nous ne connaissons pas…ou bien, c’est derrière cette cage invisible que se situe notre Salut.

Le temps est venu pour vous de retourner à vos occupations, les élucubrations d’un tout nouveau trentenaire perdu, qu’est-ce que c’est emmerdant n’est-ce pas ?

Continuons à creuser nos tombes, chacun de notre côté, en espérant se revoir (ou pas) de l’autre côté.

Si vous pensez que ce monde est mauvais, vous devriez voir les autres – Philip. K. Dick

Conférence hallucinante de Philip K. Dick à Metz en 1977 :

Jaskiers

Je reviens bientôt (4 ans déjà !)

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Cela fait quelque temps que je n’ai pas posté d’article sur le blog. Mais ça ne veut pas dire que je n’écris pas. En fait, j’ai même repris l’écriture.

Cela fait déjà un an, un peu plus même, que je n’écrivais que très peu, et que je lisais presque plus…

Je pense que cette pause, presque inconsciente, a été salvatrice. Il me fallait m’écarter un peu du monde de la littérature, voir et découvrir d’autres choses. J’ai même douté, douté de l’écriture et la lecture. Sans les abandonner complètement, car au fond de moi, je pense que la littérature a installé et ancré ses fondations.

Une grosse baisse de régime, peut-être que c’était ça. Un besoin de m’éloigner pour rallumer la flamme de la passion. C’est en s’éloignant, mettre de la distance envers quelque chose, quelqu’un, que l’on réalise, après un temps, que nous l’aimons. Nous retrouvons les raisons de cette passion, et nous la chérissons, encore plus que la première fois, avec plus de sagesse.

Cette année a été corsée pour moi, elle n’est pas terminée et semble ne pas vouloir me lâcher. Depuis le 1er Janvier 2024, j’ai subi un choc, je ne peux aller dans les détails. J’ai souffert, et je souffre encore maintenant. Vous avez aussi pu suivre mes péripéties, en partie, ici, avec ma double fracture de la main droite, entre autres. Elle a mis du temps à guérir, mais c’est fait. J’ai parfois mal quand le temps change, mais ça me rappelle que j’ai vécu ça, et que tant bien que mal, j’ai continué à aller de l’avant.

Je relativise aussi. Je ne reçois pas de bombes sur la tête, et ma famille est là. Je ne m’informe que très peu sur l’actualité, car cette dernière est anxiogène à souhait. Des horreurs, des drames, des innocents qui meurent sous les missiles tous les jours… je crois qu’il faut être un peu nihiliste pour continuer à vivre malgré tout cela. Il faut bien se protéger, comme le disait Nietzsche : Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abime, l’abime te regarde aussi.

Tant de haine, de violences… je me demande à quoi on servit ces millions de morts de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale, le sacrifice des soldats Alliés, des résistants, des gens de tous les jours agissant courageusement, héroïquement, pour que les générations futures ne vivent pas dans la haine, la peur de l’autre, la méfiance, la violence. J’aimerais m’excuser envers eux, je ne semble n’avoir que des mots, qu’un blog, pour exprimer mon désarroi. Ce n’est rien, que des mots, comparé à leurs actes concrets, qui a coûté la vie à nombre d’entre eux. Je voudrais leur dire que, malheureusement, la haine est tenace, et les massacres et crimes contre l’humanité continuent. Leurs sacrifices, cependant, ne doivent pas être vain. En tant qu’artiste, je ne peux que créer, protester. J’ai mes limitations. Je n’ai pas mon corps à offrir, et mon esprit est trop fatigué pour lutter énergiquement.

Concrètement, je n’ai que ce clavier, mes mots, les œuvres des autres, pour m’évader, pour essayer de comprendre ce monde…

Cela dit, j’écris beaucoup ces derniers temps. Je laisse mes textes se reposer, pendant que j’en écris d’autres, puis je les retravaillerai pour les poster ici. J’ai même en projet de faire du blog quelque chose de plus sérieux. Cela fait 4 ans (déjà) que j’ai ce blog, et c’est l’une des choses les plus positives de ma vie. Simplement car je peux m’y exprimer, créer, être moi, partager et rencontrer des personnes que je ne peux rencontrer dans la vie de tous les jours.

Beaucoup des prochains articles sont personnels, leurs lectures pourront être un peu… alarmantes ? Inquiétantes ? Ne vous alarmez pas, écrire est bien l’une des choses qui m’empêchent de sombrer.

J’écris aussi de la fiction. Et comme souvent, mes histoires tendent à pencher du côté science-fiction (mais pas que…). Beaucoup de ces histoires ont été inspirée par des livres, des films, la musique, jusqu’aux jeux vidéos. J’ai besoin de la fiction, de quelque chose de différent de cette réalité, pour continuer à avancer. Et je peux vous garantir que cela est le cas pour vous aussi. Vous avez besoin de déconnecter, de découvrir d’autres mondes, univers, pour accepter la réalité. J’espère que mes textes de fictions vous permettront de vous évader un peu. Même, si je ne vous le cache pas, et vous en avez l’habitude, mes textes peuvent être parfois… difficiles à encaisser, car violents, brut de décoffrage. Rien n’est simple, n’est-ce pas ? Même dans l’art, dans la création. Mais tant mieux, car nous avons un certain contrôle sur ce que nous créons, contrairement à notre vie quotidienne. L’Art, c’est aussi le contrôle, n’est-ce pas ?

L’envie d’écrire est revenue. C’était assez magique de ressentir ce retour. Une balade dans une rue, ou sur un chemin, redevient une potentielle histoire. L’odorat, la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, tout redevient important, tout semble avoir repris un certain sens, que je peux transcrire via l’écriture. Une infinité de dimensions, juste sous mon stylo, sous mon clavier. Et je suis ici pour le partager.

Merci à vous d’avoir lu, d’être là.

À très bientôt

P.S. : Mes lectures cette année, jusqu’ici, Le joueur d’echec de Stefan Sweig, Le journal d’Anne Frank, The doors of Perception d’Aldous Huxley, Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo, La Métamorphose de Franz Kafka, Paroles de Poilus de Jean-Pierre Guéno, La ferme des animaux de Georges Orwell, La sagesse selon Confucius, Laurie de Stephen King. Actuellement, je suis en pleine lecture de Martin Eden de Jack London. Et j’aime m’identifier à ce Martin, même si je suis un peu trop vieux maintenant…

Jaskiers

Existe-t-il une crise de la trentaine ?

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Je vous présente… je n’ai pas encore de nom pour ces deux dames en fait…Je suis ouvert à toute suggestion !

L’électrique est un Yamaha Pacifica, idéal pour les débutants à la guitare (je ne suis pas un débutant, j’ai les bases, mais c’est ma première électrique). La deuxième est une électro-acoustique Washburn achetée en déstockage (presque -50% !). Cette dernière a été la première arrivée entre mes mains, les callosités à la main gauche sont dû à elle.

Ah oui, ma main droite dans tout ça ?

Hey bien, j’ai enlevé ma syndactylie quand je me suis senti prêt, et depuis, fais ma propre rééducation. J’ai totalement perdu confiance en ma main droite, elle tremble beaucoup, j’hésite a l’utiliser pour me lever par exemple, car elle me fait encore un peu mal.

Dois-je parler du climat politique ? En France, en Europe mais aussi au U.S. ? Le ciel s’assombrit, partout. Nous retournons dans nos travers, ceux qui ont amené à tant d’horreurs. L’Histoire se répète, n’apprendrons-nous donc jamais ?

Je lis, 5 minutes par jour. Sur ma tablette. La pratique de la guitare a pris la place de la lecture.

Car la musique, j’en ai tellement besoin. Je n’arrive plus à me concentrer pour lire correctement. Je peux cependant jouer mes cordes et accords, en fermant les yeux, et je pars dans mes propres voyages.

La vie est étrange. En début d’année, je dessinais des Poilus, et maintenant je suis sur mes guitares.

Ou bien c’est moi qui suis étrange.

Merci à vous pour ce soutien depuis le début d’année. La dose de positivité, de gentillesse reçue ici m’a été précieuse, et l’est encore.

Je ne sais encore ce que va être la suite, le prochain chapitre du blog. J’ai encore quelques textes qui datent maintenant de presque 2 ans, mais je n’ai pas envie de les relire… pas envie de les remanier… de les retravailler. J’ai encore pas mal de dessin à vous montrer, mais je suis fatigué et surtout, j’ai peur de ne plus dessiner comme je pouvais le faire avant mes fractures.

J’ai envie d’écrire, mais sur la musique, les musiciens, comme peut le faire mon ami Alan Mabden sur pigrai.com, je vous conseille fortement de le suivre, vous ne le regretterez pas.

Écrire de la fiction sur la musique, comme j’ai essayé de le faire avec Billie Holyday, peut-être ?

Si vous êtes un lecteur de très longue date, le poster de Nirvana ne vous surprendra pas (d’ailleurs Cobain a le même regard qu’a dû avoir ma banquière quand elle a consulté mon compte ce mois-ci). Kurt, Dave et Krist m’ont aussi aidé dans cette période difficile. Avec d’autres artistes évidemment, mais Kurt, et son histoire, ont une place spéciale dans mon cœur.

Je ne sais ce que la suite du blog réserve. Peut-être aussi car je ne sais pas ce que la suite me réserve. J’aimerais juste vous emmener dans d’autres mondes, d’une manière ou d’une autre.

Encore merci pour tout,

À très bientôt, je l’espère…

(Et n’oublier pas de laissez vos suggestions, ces guitares ont besoin d’un petit surnom…)

Jaskiers

Découvrez 550 dessins de Poilus gratuitement sur le site mémoire des Hommes

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Dessin intitulé « Les morts qu’on n’a pas vengés ne dorment pas » de Jean Veber

Dans la même veine que l’article sur le site spécialisé sur les dessins de soldats de la Première Guerre, j’ai trouvé, grâce à ce premier site, un site du gouvernement, bien connu des généalogistes et historiens, regroupant 550 œuvres (estampes) réalisé par des soldats de la guerre de 14-18. Et il me semble qu’il n’y a pas que des artistes français, mais découvrez par vous-même :

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/navigation_facette/index.php?f=peintregrandeguerre

Bon visionnage, bonne visite… et souvenons-nous d’eux.

Jaskiers

Génération Perdue #13 |Au-delà, la mort cueille et accueille.

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Dessin inspiré par la photographie ci-dessous :
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« La guerre m’a endurci. Je regardais cette tranchée pleine de nos morts ; et c’était tout. Ni pitié, ni peur d’être bientôt mort à mon tour, ni même colère ou haine contre ceux qui les avaient tués. À présent, je n’étais qu’une machine, un élément ou un pion dans cette guerre, un soldat qui faisait de son mieux pour remplir sa mission. Une seule règle dans cette guerre : tuer l’autre avant qu’il ne me tue. »

Alfred Pollard, sous-officier britannique de l’Army Service Corps. Cité dans « Les tranchées de l’Ancre » de Daniel Wintrebert.

Jaskiers

Génération Perdue #12 |Un au-revoir est un adieu

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« 5 août 1915, à mon petit Armand,

Tu es encore bien jeune [quinze mois] et ne peux comprendre ce qui se passe en ce moment: la guerre, ses horreurs, ses souffrances. Cette carte sera un souvenir de ton père, et il souhaite qu’à l’avenir les hommes soient meilleurs, et que semblable chose ne puisse plus arriver. Que jamais tu n’aies besoin, et soit forcé, de mener la vie que je subis en ce moment en compagnie de beaucoup de papas qui ont laissé, comme moi, de petits anges chez eux. […] »

Lettre de Joseph Thomas, mort 8 mois après avoir envoyé cette lettre, à Verdun. Extrait recueillit dans « Paroles de Poilus » de Jean-Pierre Guéno

Jaskiers