Encore une année de passée… à la vitesse de la lumière. Que ça va vite !
L’année passée, sur le blog, c’était, encore, écriture créative.
Et je pense faire une pause. J’arrive à la fin des histoires écrites en 2022. Je n’ai pas écris, ou très peu, cette année. Ma santé fluctue. Des hauts, des bas. Surtout des bas. Mais l’espoir est là, et tant qu’il y a de l’espoir…
Des projets, hors écriture, risquent de débarquer sur le blog. Ça, ou peut-être une pause, un hiatus. J’ai grand besoin d’un break. Pour voir où je vais aller, si je vais continuer.
Mais nous n’en sommes pas encore là. Il me reste encore quelques textes à publier.
Il ne me reste qu’à vous souhaiter le meilleur pour cette année. Une bonne/meilleure santé et un peu plus d’argent. Voici mes vœux pour vous.
Merci à vous, merci de me lire, pour vos « j’aime » et commentaires.
J’espère que cette année sera positive. Je vous souhaite le meilleur. Merci. Encore merci.
L’aile droite en feu, la toile brûlait rapidement, laissant dans le sillage de l’avion une traînée rouge, qui, avec le vent, donnait l’impression que l’oiseau de métal volant était une créature mythologique sortie des enfers.
Mais bientôt Antoine comprit que l’atterrissage allait devoir être forcé, il ne pouvait atterrir à Casablanca. Le désert allait servir de piste d’atterrissage.
Quand les roues allaient toucher le sable, Antoine prévoyait de scénario : il fallait garder une certaine vitesse pour que les roues puissent supporter le contact avec le sol sablonneux. Leurs vélocités devait durer assez longtemps pour pouvoir ralentir doucement. Mais il savait, qu’à un moment donné, les roues allaient s’enfoncer et mettre un terme brusque à l’atterrissage.
Pendant qu’il luttait pour garder un minimum de stabilité, le feu se propageait sur l’autre aile et des flammes commençaient à lécher le cockpit.
L’atterrissage forcé n’était plus d’actualité, il fallait réagir rapidement, l’homme n’est pas fait pour voler, les erreurs ne pardonnent pas si haut dans le ciel.
Le pilote s’appuya sur le rebord du cockpit.
En un battement de cils, il était violemment extirpé hors de son avion qui volait maintenant de manière erratique. Antoine déploya immédiatement son parachute.
Le pilote put voir sa machine qui commençait à descendre en spirale. La machine en proie aux flammes allait s’écraser dans le désert. L’oiseau mythologique allait terminer sa migration, sa vie dans la mer de sable.
Antoine put voir sa démise pendant qu’il flottait doucement avec son parachute. L’air chaud l’enveloppait, la sueur embuait ses lunettes d’aviateur et le sable reflétant les rayons du soleil directement dans ses pupilles le forcèrent à fermer les yeux. Il passe sa main droite gantée sur ses yeux, après avoir enlevé ses lunettes. Mais cela n’atténua en rien la torture que subissaient ses yeux, la crasse de son gant s’infiltra dans ses globes oculaires.
Une brusque explosion, c’était son coucou de malheur qui venait de mourir. Fermant les paupières aussi fort qu’il le pouvait tout en faisant faire des mouvements à ses yeux pour essayer d’atténuer la douleur et de se débarrasser de la poussière, il se prit à regretter de ne pas avoir vu sa machine finir sa vie. C’était un honneur de voler avec une de ces machines. Elles allaient révolutionner le monde. Le fait qu’elle se soit désintégrée sans que personne ne puisse voir son dernier au revoir le rendit triste. Ses yeux pleuraient, de douleur, mais peut-être aussi de tristesse.
C’était le siècle où l’homme et la machine devaient ne faire qu’un. Et qui mieux qu’un pilote et son avion comme exemple ? Antoine faisait partie des pionniers de l’air maintenant.
Pendant que sa longue et lente descente s’amorçait, il commençait déjà à s’imaginer conter ce crash, passage obligé pour tout pilote digne de ce nom, à ses amis.
Un crash au beau milieu d’un désert ? Un feu qui semble s’être déclenché sans raison évidente au niveau de la toile de l’aile droite ? Une éjection au lieu d’un atterrissage d’urgence ?
Bientôt, il allait toucher le sable chaud avec ses bottes d’aviateur, il était vivant et avait enfin une histoire vraie, car Antoine remettait en doute bien des histoires de ses comparses pilotes souvent abracadabrantesques voire carrément pathétiques.
Mais il allait falloir retrouver la civilisation et elle était encore loin. Du sable, à perte de vue. Déjà dans son coucou, avant le crash, il savait qu’il allait devoir survivre. Il aurait enfin une histoire incroyable à raconter, seulement s’il s’en sortait vivant.
Après avoir rejoint le plancher des vaches sans heurts, il replia du mieux qu’il pu son parachute. Il allait le garder, car il allait servir de couverture pour les nuits froides du désert. Il sortir sa boussole et sa carte. Antoine savait dans quel désert il avait fini, et comme souvent dans des situations pareilles, le jeune pilote allait partir direction le nord.
Le soleil tapé sévèrement, son bonnet d’aviateur, il le garda, sa petite gourde d’eau allait vite devenir le supplice de Tantale, il allait devoir se rationner pour éviter la déshydratation. Mais il fallait aussi de l’énergie, et la déshydratation est dangereuse, elle attaque le cerveau. Antoine devait aussi prendre en compte la nuit. Une chaleur terrible dans la journée, un froid implacable s’abat dans cette mer de sable une fois la nuit tombée. Et les animaux sauvages, non, il ne devait pas y en avoir. Des scorpions peut-être ? D’autres bêtes inconnues ? Le jeune homme ne savait pas vraiment comment il allait pouvoir s’en sortir.
En montant sa première dune, étouffant déjà sous la chaleur, les yeux qui lui brûlaient encore à tel point que l’idée de verser ne serait-ce qu’un peu d’eau dessus le démangeait, il vit au loin trois petit point blanc. Sa vision était douloureuse, peut-être s’était-il gravement endommagé la vue. Ou peut-être étaient-ce ces mirages dont il avait lu dans des livres d’aventure étant petit qui se produisait à l’horizon.
Il se laissa glisser sur l’autre versant de la dune, à l’ombre. La chaleur n’était pas plus supportable mais au moins le soleil ne l’attaquait plus. De plus, il allait pouvoir observer ces trois petits points qui, même s’ils semblaient loin, semblaient se rapprocher.
Antoine les fixa longuement, oubliant la douleur, et s’endormît sans s’en rendre compte.
Une voix d’homme le réveilla. Antoine se leva en sursaut.
Trois hommes habillés de blanc de la tête au pied montés sur des chameaux le regardaient avec de grand sourire. L’un mima avec ses mains quelque chose, l’avion qui s’écrasait, c’est ce qu’Antoine comprit du moins.
Le pilote répondit par l’affirmative. L’un des hommes parla à un autre. Ce dernier descendit de son chameau et invita Antoine vers le quatrième chameau, sans cavalier.
Il était sauvé, les Bédouins, les maîtres du désert étaient venus à sa rescousse.
L’histoire de son retour prenait un tour magnifique, il allait dire aux copains que des Bédouins étaient venus à sa rescousse.
D’une catastrophe, Antoine n’en tirait que du positif, de la poésie.
La nature, la machine, les animaux et les hommes. C’était le siècle de tous les possibles.
Elva passait sa carte dans le lecteur, elle pointait pour son service de nuit dans cet hôtel au bord de la faillite.
L’immeuble était vieux, décrépi, les meubles étaient arrivés à un degré d’usure et de saleté incroyable. Le propriétaire ne s’en souciait plus, il avait d’autres projets plus lucratifs sur le feu. Il laissait donc ce vieil hôtel, pourtant historique, centenaire, qui avait vécu des années de luxe, de faste, pourrir.
Une rumeur circulait sur une autre raison pour expliquer l’abandon de cet hôtel par son riche propriétaire. Ce dernier n’y aurait passé qu’une seule nuit, et n’était jamais revenu. Ceux qui travaillaient à cette époque parlaient du propriétaire qui était parti après sa première nuit à l’hôtel, comme une furie, blanc comme un linge, les yeux cernés, avec une humeur fracassante. Il s’était plaint du bruit incessant qu’il avait entendu toute la nuit. Des bruits de pas, des verres qui s’entrechoquaient, des cris, des portes qui claquaient… il avait jeté son dévolu sur les pauvres femmes de chambre, les blâmant pour avoir laissé un groupe de clients faire la fête. Le problème, c’est qu’il n’y avait pas eu de fête cette nuit-là, il n’y jamais vraiment eu de fête à l’hôtel, des réceptions oui, mais pas de fête à proprement parler, et encore moins la nuit. L’hôtel avait encore à cette époque un certain standing même s’il se dégradait inexorablement sous le poids du temps et des souvenirs.
Alva y travaillait pour pouvoir payer ses factures. Sa femme était infirmière, mais sa paie ne pouvait assurer leur subsistance, Alva à dû trouver un job, rapidement, et elle tomba sur cette petite annonce pour une place de réceptionniste de nuit dans cet hôtel.
Peu de personnes ne semblaient s’être présentées pour ce travail ; la vue de l’hôtel décrépi avait déterrée pas mal de candidats. Quand le manager reçut Alva pour son entretien, il semblait heureux que quelqu’un ce soit enfin présenté.
L’entretien d’embauche fut vite expédié, le manager était celui qui se vendait, pas le candidat. C’était presque pathétique à voir ce vieil homme déballer sa joie d’avoir quelqu’un pour s’occuper de la réception la nuit.
Alva commença le lendemain. Elle avait été prévenue par son patron, le manager, qu’il était rare que des clients s’aventurent à prendre une chambre dans cet hôtel. Ceux qui venaient étaient souvent des personnes que le patron décrivait comme « louche, pas de notre standing ». Alva réalisa que son manager était sûrement encore coincé à l’époque doré de l’Hotel. Il faut dire que le prix d’une nuit dans cet hôtel était très élevé, trop pour des chambres aux meubles poussiéreux, à la literie crasseuses, aux vitres sales, au sol jonché de détritus. Pas d’équipe d’entretien, trop chère selon le manager, et c’était lui qui s’en occupait. En fait, il n’y avait que lui comme employé. Il se disait « le manager de l’Hotel, des murs, de l’immeuble, le garant de l’Histoire et protecteur de l’Héritage de cette incroyable bâtisse. »
Il ne pouvait pas travailler la nuit, évidemment, le vieil homme devait dormir. Mais il se reposait dans une des chambres de l’hôtel.
Alva, par curiosité, avait demandé pourquoi l’ancien ou l’ancienne réceptionniste avait démissionné.
« – La plupart ne restent pas longtemps, je ne vais pas vous mentir… mais vous verrez, la nuit, cet hôtel reprend vie. C’est sûrement la raison pour laquelle nos clients, eux aussi, et depuis quelques années, ne restent qu’une nuit… n’ayez pas peur, prenez cela comme une expérience professionnelle unique ! »