Rapide retour au grand vide

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Il est de ces coups de téléphones, de ces messages qui vous coupent la respiration, vous mettent l’estomac dans les talons.

Cette sensation que le plancher, que les murs penchent, que les meubles se déplacent, que votre propre âme, ou conscience, veuille quitter votre enveloppe charnière.

L’environnement devient ensuite une spirale, vous voyez la pièce dans laquelle vous êtes, reculer et tourner à l’infini.

Vous questionnez, pendant quelques secondes, la nouvelle que vous venez d’apprendre.

Vous pensez qu’il y a une chance que tout ça ne soit qu’un mauvais rêve, comme vous en avez déjà fait. Ces cauchemars anxiogènes où, quand vous réalisez que ce n’était qu’un songe, vous libère de l’angoisse. Vous en faites souvent, ils prennent plusieurs formes. Parfois sans queues ni têtes, souvent tellement réalistes. C’est à cause de ces derniers que vous vous demandez si vous n’êtes pas en train de dormir. Dans ces rêves, tout semble réel, vous pouvez même vous surprendre à réaliser que vous êtes dans un rêve, et de continuer à rêver, observant comme un fantôme le drame que vous vivez, mais en sachant que ce n’est que le fruit d’une nuit de sommeil.

Sauf que, la tête dans les mains, vous perdez l’équilibre, vos jambes, vos mains, vos bras, même votre tête, tremblent. Et il ne semble pas possible de se réveiller. Vous aimeriez tellement. Tellement ressentir cette sensation de libération à la réalisation que tout cela n’était qu’un scénario sorti de votre inconscient.

Vous vous asseyez. Vos mains touchant votre visage, vous pensez à vous pincer, comme le veut le cliché, mais vous ne le faites pas, vous savez, c’est réel.

Cela fait aussi mal que dans un rêve, et encore plus, quand vous réalisez qu’il n’y aura pas de réveil. Le cauchemar se réalise, vous êtes éveillé.

Et vous allez devoir l’affronter. Vous ne le réalisez peut-être pas, mais votre cerveau, votre inconscient travaille déjà à digérer tout cela. Cela aura des répercussions sur votre santé, plus tard. Car il va vous falloir affronter la réalité, ce que l’on appelle un deuil.

Vous voilà face à la mort. Pas la vôtre, la faucheuse est venue pour quelqu’un d’autre.

Vous ne la comprenez pas. Elle est déjà venue pour d’autres proches, pourquoi continue-t-elle à prendre vos êtres chers ? Vous vous demandez pourquoi ça n’arrive qu’à vous, et pas aux autres.

Et il faudra essayer de comprendre, encore, ce qu’est la mort. Elle défie toute logique. Elle peut parfois sembler incompréhensible et injuste. Elle n’est que juste trop rarement, et encore, « juste » est un mot trop grand pour décrire ses actions.

Est-ce que le cerveau comprend la disparition d’un autre être humain ? Une personne avec des pensées, une conscience, des rêves, des amours, des projets, est-ce que tout ça peut disparaître ?

Quelle vie après la mort ? D’un côté, nous espérons un monde plus juste, plus beau, où nous retrouverions nos êtres chers, de l’autre, quelque chose, notre inconscient peut-être, nous dit qu’il n’y a probablement rien. Et que c’est sûrement mieux comme ça. Une vie après la mort, c’est un risque de souffrir encore. S’il n’y a rien, c’est un vide, un repos éternel, et ça fait peur…

Vous vous relevez, les jambes flageolantes, vous allez devoir continuer à vivre. C’est comme cela. Au jour le jour, s’il le faut. Où dans un jardin intérieur devenu le refuge de votre esprit fatigué.

La vie continue, pour vous.

Jaskiers

Je revois mon village dans mes rêves

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Moi, un gamin de la ville, un gamin de banlieue, qui, presque toutes les nuits, rêves de son village perdu au milieu de l’Allier.

À l’entre de l’adolescence, après un drame, un deuil, qui n’a jamais été fait et, j’en parle sur ce blog depuis 4 ans maintenant, qui ne se fera sûrement jamais vraiment, car je n’arrive toujours pas à comprendre ce que c’est, je quittais mon appartement étroit, en pleine banlieue pour une grande et vieille maison bourbonnaise. J’y allais, avant d’y emménager, en vacances pendant mon enfance.

C’était toujours difficile, enfant, de quitter la bande d’ami(e)s de cité pour un village perdu. La maison me faisait même presque peur parfois. Comme si, c’était trop spacieux. J’étais habitué au confinement qu’apportent les murs d’un HLM. Mais… Pour une raison étrange, la maison était liée à des sentiments concernant les deux guerres mondiales. Une explication ; cette maison de famille était aussi la maison d’un résistant, et d’un vétéran de la Première Guerre Mondiale, ainsi qu’un autre, ayant fait, avec beaucoup de réluctance, la guerre d’Algerie dans une division du Génie. Je ne les ai jamais connus, mais c’était comme ci leurs esprits se manifestaient subtilement pour me rappeler le sacrifice et la folie dont l’être humain est capable.

C’est une vieille maison, avec des volets massifs en bois couleur bordeaux, de vieilles tuiles qui tombent quand le vent est fort, et de la peinture blanche sur les murs qui, érodée par le temps, laisse voir les briques roses-orange, couleurs typiques des roches de cette région, avec le noir, comme la cathédrale de Clermont-Ferrand. Le noir viendrait de la roche volcanique, le Puys de Dôme est un volcan endormi, après tout.

Un grand jardin, avec deux vieilles cabanes, une servait de poulailler et d’enclos à lapins, il y a encore les grilles, toutes érodées, et avec un peu d’imagination, vous pourriez sentir l’odeur de crottes animales. La deuxième cabane, je ne sais à quoi elle servait, toujours est-il qu’un jour, en compagnie d’un ami, nous avons forcé le loquet de la porte et décidé de vider le cabanon de son contenu.

La cabane, qui aujourd’hui, bien que totalement construite en grossières planches de bois, et qui, depuis plusieurs décennies, penche dangereusement sans jamais s’écrouler, contenait un tas de paperasse provenant de l’atelier de menuiserie familiale qui a, comme beaucoup d’autres entreprises de la région, fait faillite. Je me rappelle de ma grand-mère parlant des maisons qui se construisaient juste derrière leur jardin, construites sans l’aide de menuiser, pendant que mon grand-père sombrait dans une dépression après s’être coupé deux doigts avec une machine et voyant son métier disparaître sous ses yeux… Je ne sais si je dois m’étaler trop sur la menuiserie. C’est comme si les murs venaient jusqu’à mon petit appartement normand pour me dire de garder nos secrets et rêves fous que nous avons eus. Si le bois pouvait parler… mais en Auvergne, on ne parle pas de son cœur, de ses sentiments, excepté quand on a vidé quelques verres de vin blanc dans l’un des deux bars du village. Un bar a fermé, un subsiste encore, avec un bureau de tabac. C’est derniers ne seront jamais en voie d’extinction, ils ont toujours de la clientèle. Il en va autrement des autres petites épiceries qui ont fermé après l’ouverture de deux magasins de grande distribution. Cette menuiserie a été créée, ou reprise, je ne suis pas sûr, par mon arrière-grand-père (le survivant de la Grande Guerre), qui n’est maintenant que débarras, même si quelques machines fonctionnent toujours (plusieurs décennies sans fonctionner, mais elles en ont encore dans le ventre…) La scie à ruban fonctionne encore, enfin je crois. Je me souviens de mon défunt père me construisant une épée en bois en utilisant cette énorme machine bruyante. Je peine à parler ici de cet atelier, car j’y ai tellement de vécu, mais aussi, car nous avons subi plusieurs vols…

Revenons à la cabane, c’est à l’intérieur que j’ai retrouvé les lettres que mon arrière-grand-père envoyait à sa femme, Germaine, durant la Première Guerre Mondiale.

Je m’en veux encore de les avoir perdus. Je me souviens des premières lettres. Pour faire court, petit Jean, ainsi était-il surnommé dans le village, un jeune homme respecté, menuisier de profession, avec son propre atelier et des ouvriers, avait été envoyé se faire brûler les poumons, avec des agriculteurs, des professeurs, des ouvriers, et se battre contre d’autres agriculteurs, professeurs et ouvriers, allemands, car un archiduc a des milliers de kilomètres avait été assassiné. Ces lettres, aussi loin que je puisse m’en souvenir, parlaient de la réquisition de chevaux, les nombreux déplacements et la fatigue entraînée par la violente percée allemande. Et les lettres, superbement écrite, à tel point que je peinais à les décoder, car l’écriture manuelle de cette époque était d’une beauté telle, que chaque lettre était une œuvre d’art. Je me rappelle encore les petits mots d’amour, à la fin de la lettre. Toujours pudique, car auvergnat, mais où l’on pouvait sentir, juste avec un mot, la tendresse qu’avait mon arrière-grand-père envers mon arrière-grand-mère… Je me demande s’il avait parlé d’elle à ses compagnons d’infortune. Surtout qu’elle s’appelait Germaine… les blagues ont dû aller bon train dans les tranchées.

Cette cabane, une fois vidée, est devenue mon repaire pour deux ans. J’y allais pour lire les vieilles BD que mes oncles avaient laissées derrière eux, Les Pieds Nickelé surtout.

Dans la maison, il y avait ce bureau, toujours froid, quand j’y allais en vacances, car personne ne l’utilisait. Plus tard, quand j’y aménageais, il deviendrait mon bureau, mon « bordel organisé », mon « bunker ». Dans cette pièce se trouvait un énorme meuble en bois massif qui contenait des classeurs et livres de guerre de mon grand-père, vétéran de la guerre d’Algerie. Guerre dont il parlait uniquement à ma mère, avec les larmes aux yeux. Mais cela ne durait jamais longtemps, car grand-mère, solide comme un roc, veillait au grain, veillait à ce que l’auvergnat, très penché sur la bouteille, ne s’ouvre pas trop.

Mais c’est à l’étage que j’ai découvert un livre sur Oradour-sur-Glane… j’ai découvert ce livre avant de savoir lire, j’ai donc regardé les photographies de corps calcinés. Je ne comprenais pas, et ne comprends toujours pas après tout ce temps, comment l’on peut arriver à un tel niveau de barbarie.

Plus tard, mon père disait, à qui voulait l’entendre ; « Au lieu de me demander d’aller à Disneyland, mon fils de 9 ans m’a demandé de visiter Oradour-sur-Glane. » Et il m’y a emmené, avec mon défunt grand frère. Je me souviens encore le musée, avant de rentrer dans le village en ruine, une antichambre avant le choc, avec ces citations de paix, et d’espoir projetées sur le sol… et puis le village martyr, son silence pesant, aucun oiseau ne chantait. Le souvenir d’une machine à coudre, posée sur une table au milieu d’une maison en ruine.

C’est ça, cette maison d’enfance, l’influence qu’elle a eue sur moi. C’est dans cette maison qu’a aussi explosé mon intérêt pour l’Art.

C’est dans cette maison, et ce village, que j’erre dans mes songes. J’y revois ma grand-mère, mon père, parfois mon frère. Mes voisins, qui ont depuis longtemps déménagé, mais ils restent propriétaires de leur maison dans mon monde onirique.

Parfois, je me balade pour aller au bar du bourg, fermé depuis des années maintenant. Je m’apprête à revoir mes ami(e)s d’adolescence, je prépare mon corps à une beuverie, j’angoisse de la gueule de bois du lendemain. Et souvent, dans ces rêves, je décide de m’envoler, comme un oiseau. J’ai peur de toucher les câbles électriques qui pendouillent partout, le long des rues, je me contorsionne pour les éviter. Et je vais haut, loin, je veux voir de haut ce village. Je rêve souvent d’un chemin menant à une ferme et un bois, qui n’existe pas dans la réalité. Je sais que je n’ai pas le droit d’être là, mais je m’y aventure quand même. Je peux m’envoler si un agriculteur sort son fusil, ce qui n’arrive jamais, mais la peur trotte dans ma tête. Je fais aussi ce rêve étrange où je creuse un énorme trou dans un petit carré de gazon pour en faire une piscine avec plusieurs amis.

Durant mes séances de vol, je plane au-dessus des arbres et de la flore luxuriante bordant l’Allier, je ne sais où je vais. Je vois des tracteurs, des oiseaux, des champs, des haies, des vaches, des décors champêtres dignes de romans, de poèmes, de chansons.

Et puis, je rêve beaucoup de toi papa. Tu n’es pas mort, dans mes songes. Tu avais juste besoin de prendre du repos, à cause de ton cancer. On m’avait fait croire à ta mort pour que tu puisses te reposer. Et quand je te revois, c’est comme ci mes soucis disparaissaient. « Enfin, me dis-je, tout cela était un mauvais cauchemar ».

Et puis je me réveille. Tout cela était un rêve. J’en ai l’habitude, mes voyages nocturnes font partie de moi. J’ai parfois l’impression d’avoir une deuxième vie, dans mes rêves, et souvent, je me surprends à vouloir dormir, non pour me reposer, mais pour aller dans mon monde.

Jaskiers

Bonne année à vous !

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Encore une année de passée… à la vitesse de la lumière. Que ça va vite !

L’année passée, sur le blog, c’était, encore, écriture créative.

Et je pense faire une pause. J’arrive à la fin des histoires écrites en 2022. Je n’ai pas écris, ou très peu, cette année. Ma santé fluctue. Des hauts, des bas. Surtout des bas. Mais l’espoir est là, et tant qu’il y a de l’espoir…

Des projets, hors écriture, risquent de débarquer sur le blog. Ça, ou peut-être une pause, un hiatus. J’ai grand besoin d’un break. Pour voir où je vais aller, si je vais continuer.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Il me reste encore quelques textes à publier.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter le meilleur pour cette année. Une bonne/meilleure santé et un peu plus d’argent. Voici mes vœux pour vous.

Merci à vous, merci de me lire, pour vos « j’aime » et commentaires.

J’espère que cette année sera positive. Je vous souhaite le meilleur. Merci. Encore merci.

Jaskiers

La pièce maîtresse – Partie 1/2

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J’étais seul dans la maison de famille, elle avait appartenu à plusieurs générations, je ne saurai dire exactement combien, mais elle remontait au moins à mes arrière-arrières grand-parents. C’est dire que cette maison avait une histoire.

Ma grand-mère venait de décéder, et malheureusement, aucuns membres de ma famille ne voulait la reprendre à son compte. L’économie ne s’y prêtait pas, l’entretient et la mise aux normes d’une vieille maison était coûteux, et elle était à la campagne, au milieu des champs.

J’y étais pour vider la maison, faire le tri, et commencer à faire l’inventaire de ce qui pouvait être revendu, de ce qui pouvait être gardé. C’était la chose la plus difficile, non seulement, les années de jeunesses passées en vacance avec ma grand-mère me revenaient en mémoire, mais surtout, la famille allait vouloir sa part dans la vente des meubles et autres biens.

Personne ne s’occupait plus de ma grand-mère, mais quand était venu le temps de faire les comptes, tout le monde avaient son mot à dire, ses raisons, pour récupérer les choses les plus précieuses, les plus chères, enfin, c’est ça la famille.

Voir cette maison se vider de son âme, de toutes ces choses accumulées depuis des décennies, étant passée par au moins deux guerres mondiales, me mettait mal à l’aise. J’avais l’impression de redécouvrir la maison, voire d’en découvrir une nouvelle. L’espace vide la rendait plus grande.

Une des dernières fois où j’y ai posé les pieds, plus rien ne restait dans la maison. J’en fis le tour, avec un noeud à l’estomac. J’avais presque envie que les murs puissent parler. Ils devaient avoir tellement de choses à raconter, ils seraient les biographes attitrés d’une partie de notre héritage.

Je fis le tour de toutes les pièces, la cuisine, par où nous rentrions et qui sentait la bonne cuisine de ma grand-mère, la grande salle à manger, où il y a de ça quelques semaines, arborée de magnifiques meubles en bois massifs, des vases, de la porcelaine, un grand miroir au dessus de la cheminée, le parquet vitrifié qui craquait sous nos pas… le parquet…

Je faisais souvent ce rêve depuis la mort de ma grand-mère où je marchais dans cette vieille maison et trouvais des pièces que je n’avais jamais découvertes, et j’explorais ces chambres, montais des escaliers sur plusieurs étages, traversais des pièces secrètes cachées derrière les meubles…

Parquet, pièces secrètes… c’est à ce moment que mon regard se posa sur un des coins de la pièce, là où se trouvait l’imposant meuble supportant une télé tout aussi imposante (grand-mère avait eu le droit à une télé derniers cri car elle se plaignait de ne plus voir correctement sur sa grosse et vieille télé à tube cathodique).

Il semblait qu’il y avait un décalage et une décoloration au niveau du parquet. La décoloration pouvait s’expliquer par le meuble qui avait occupé ici sûrement plus d’un quart de siècle, mais ce rectangle d’environ un mètre cinquante de largeur et un de longueur, et dont les rebords marquaient un subtil décalage décoloré avec le reste du parquet. attira mon attention.

Jaskiers

Un rêve, la réalité (nouvelle)

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Installé sur le toit de son immeuble en pleins centre ville, son tout nouveau télescope déployé et prêt à l’emploi, David sentait qu’il avait réussis quelque chose d’important.

Depuis gamin, avoir un télescope, c’était son rêve, qu’il dût oublier pendant longtemps. Son père et sa mère vivaient sur la corde raide niveau finance. Des sacrifices, il en fit beaucoup, mais il s’était promis que quand il serait grand, il aurait son télescope. Un bon, un vrai de vrai, de qualité.

Il dut attendre bien après ses années de fac pour enfin réussir à s’en acheter un.

Être devenu avocat d’affaires, c’était quelque chose, mais ce télescope qui n’attendait plus que lui pour observer l’Espace, c’était le symbole de sa réussite. Pas les diplômes ni les honneurs.

David avait beaucoup travaillé pour être là où il était. Tous ses sacrifices, ses efforts, ses soucis, tout cela l’avait mené ici. Sur le toit de l’immeuble de son cabinet d’avocat.

Les mains moites, légèrement tremblantes, les yeux légèrement humides dû à l’émotion autant qu’aux températures froides de cette nuit dégagée, il s’approcha enfin de son Graal. Le jeune avocat allait enfin voguer là où nul humain ne mettrait les pieds, du moins, avant très longtemps. Excepté la Lune. Ce fut d’ailleurs sa première cible.

Elle n’était qu’à son premier quart, mais l’excellente qualité du télescope lui renvoyait l’image claire des sinuosités, des cratères et des traits si distinctif de notre satellite naturel. Il arrêta là son observation de la Lune, se projetant déjà une nouvelle séance d’observation pour la prochaine pleine Lune.

Il s’écartait du télescope pour apprécier le moment qu’il venait de passer a admirer une petite parcelle de notre satellite naturel.

David s’ouvrît une bière, bu une généreuse gorgée, leva ses yeux vers le ciel étoilé. Tout ce qu’il voyait, il pouvait maintenant l’observer de plus près.

Sa prochaine direction, Mars.

Mars n’était pas la planète qui le fascinait le plus. Il préférait les anneaux d’astéroïdes d’une Saturne ou l’immense Jupiter. Mais Mars est la planète la plus proche de la Terre, et avec sa couleur rouge, on ne pouvait pas l’éviter.

Il entra sur l’application connectée à son télescope le nom de la planète rouge.

Et doucement, le télescope se dirigera de lui-même dans la direction de la planète.

Ce n’était qu’un test, il voulait rechercher lui-même les planètes, l’application était un gadget utile pour ceux qui étaient pressés, qui n’avaient qu’une faible connaissance de la Voie Lactée. Rechercher une planète par soi-même, c’était partir à l’aventure, rencontrer des constellations et autres beautés de l’Espace. Ce n’était que pour tester l’efficacité de cette application.

Et il s’avéra qu’il n’y avait pas de quoi se plaindre, le télescope était pile sur Mars. David n’avait qu’à ajuster et régler les différentes options offertes par son appareil pour observer Mars comme il le voulait.

Mais soudain, quelque chose d’étrange qui doucement semblait passer devant la planète rouge, fit son apparition.

David essaya de régler une nouvelle fois son télescope, mais cette masse étrange était toujours là, descendant lentement mais sûrement devant la planète rouge.

Il vérifiait si ce n’était pas un insecte qui se serait posé sur la lentille mais l’avocat ne trouva rien.

La masse recouvrait maintenant l’entièreté de Mars, qui disparut.

David alluma son téléphone, ouvra le réseaux social populaire du moment, tapa dans la barre de recherche ‘Mars’, voir si d’autres férus d’astronomie observaient le même phénomène que lui. Mais il ne trouva rien.

L’avocat n’avait pas eu tout le temps de s’être parfaitement informé sur l’utilisation de son télescope high-tech. Il pensait que le phénomène venait peut-être aussi de son manque d’expérience dans la manipulation d’un télescope.

En regardant une nouvelle fois dans le télescope, la masse avait laissé sa place aux reflets de rouge de Mars.

Le jeune homme n’eut pas le temps de savourer la planète martienne, la masse remontait, et en un rien de temps, elle cacha Mars une nouvelle fois.

Cette masse était plus proche cette fois, il put observer de légers reflets sur cette chose qui commençait à se dévoiler sur la lentille du télescope.

Une forme massive, ovale, avec des sortes de tentacules qui flottaient sous son corps.

Pourquoi ressentait-il que cette chose, il la reconnaissait ?

Il ouvrit sa serviette, sortie quelques dossiers de clients à la va-vite pour ressortir un livre de poche usé. « L’appel de Chtuhulu » de H. P. Lovecraft.

Un frisson lui traversa le dos, en levant son regard, il put voir la chose approcher. Plus besoin de télescope.

(À suivre ?)

Jaskiers

La pilule magique – Partie 2/2

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Et il s’avéra que non. Mais Edgar, n’avait pas dit son dernier mot. Comme tout bon malade, il décida d’augmenter la dose sans en parler au docteur.

Et miracle, cela fonctionna !

Et ce fut une semaine de travail acharné, il écrivait comme si sa vie en dépendait. En fait, il se fit même peur, car son corps subissait une telle violence, son esprit fut si secoué qu’après cette fiévreuse semaine, il décida de faire une autre pause… qui ne dura qu’une poignée de jours.

Il reprit ses deux comprimés, et surprise, les effets se firent désirer. Mais l’auteur connaissait la parade, il en prit une poignée. L’angoisse que les comprimés n’est plus aucune influence sur lui l’étreignait, l’étouffée. Il n’allait pas ajouter un comprimé à chaque fois, autant en prendre une poignée et voir ce qu’il pourrait en tirer.

Après avoir ingéré une généreuse poignée de pilule, les effets ne se firent pas attendre cette fois.

Mais ce n’était pas ce que l’auteur avait désiré, et encore moins prévue, qui se passa.

Son corps semblait mou, comme si ses os avaient disparu. Il leva difficilement ses deux mains pour taper sur le clavier, mais ses doigts, au lieu d’enfoncer les touches, semblaient ne plus avoir de phalanges, il n’y avais plus que la peau, aucun tendon, ni muscle.

Ses doigts se tordaient et se recroquevillaient sur eux même, s’enroulant, s’emmêlant entre eux.

Bientôt sa colonne vertébrale semblait s’être évaporée, son buste pencha sur le côté gauche. Edgar ne pouvait rien faire, son entité physique ne lui obéissait plus. Son mental commençait aussi à se transformer. Il pouvait voir toutes ses idées, son inspiration, devant lui. Ses histoires prenaient vie devant ses pupilles.

Quand il percuta violemment le sol de son bureau, il lui semblait qu’il était tombé dans de la gélatine. Son corps s’enfonçait dans le sol, ainsi que toutes les autres fournitures de sa salle de travail.

L’écrivain était happé par le sol, lentement, comme des sables mouvants. Et il ne pouvait bouger, seules ses jambes semblaient avoir gardé un peu de force.

Mais ce n’était pas assez pour pouvoir se dégager de ce parterre gélatineux. Et des scènes loufoques continuaient de se jouer devant ses yeux ; des bouffons faisant des cabrioles sur des escargots géants, une pieuvre qui vomissait des musaraignes par centaines qui étaient directement happées par la gélatine, un homme pendu, tirant sa langue bleue, lui souriait.

Même en fermant les yeux, ils étaient là, à faire leurs numéros.

En les rouvrant, il se retrouva à l’extérieur de sa vieille demeure, il ne sait comment, dans le jardin enneigé. Le froid l’assaillait de tout part.

Les tentacules de la pieuvre devinrent gelées, les bouffons faisaient alimenter un feu de camp en y balançant les escargots, le pendu n’en était plus un, sa tête était plantée dans la neige et le reste de son corps ressortait droit comme un piquet.

Edgar utilisa ses jambes pour se traîner en direction de sa maison, tout ce qui se situait au-dessus de sa ceinture ne semblait être qu’un poids mort.

En se traînant avec ses jambes encore obéissantes, le reste de son corps, lui, s’entortillait, se pliait comme un fil de laine en pleine tempête.

Son visage se retrouvait sous la neige, manquant de l’asphyxier plusieurs fois.

Puis, les bouffons lui attrapèrent les jambes, l’un d’eux lui asséna un coup de pied en plein visage. Il ferma les yeux, le seul mouvement qu’il pouvait faire avec sa tête, pour essayer d’atténuer la douleur. Quand il les rouvrit, l’auteur se retrouva adossé sur une chaise haute de son bar favori.

Les bouffons y jouaient aux cartes avec la pieuvre qui jouait plusieurs mains grâce à ses tentacules. Le corps du pendu se balançait violemment, comme un sac de frappe dans une salle de boxe. Les escargots se baignaient dans des verres emplis d’un liquide bleuâtre.

Une joie intense inonda Edgar, il n’essayât pas de se relever, quelqu’un allait forcément lui venir en aide.

Le sommeil s’abattît sur lui.

Il ne se réveilla jamais.

Le diable avait réclamé son dû et l’avait obtenu. Car les pactes signés avec lui sont souvent signés sans que le signataire le sache vraiment.

FIN

Jaskiers

Demain est une autre nuit – Partie 1/2

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Henry avait l’habitude de se lever au milieu de la nuit pour son pipi nocturne et fumer une cigarette. Une très mauvaise habitude que de fumer, mais c’est encore plus mauvais la nuit. Non seulement, fumer à jeun est mauvais, mais cela dérègle le cycle du sommeil. Couplé à cette mauvaise habitude; le besoin d’uriner et Henry se réveillait toujours à la même heure, 5 h 30 du matin.

Quand les événements qui vont être relatés ont-ils démarré ? Henry n’aurait su le dire exactement, car sa vie n’était maintenant qu’une nuit infinie. Tous ses repères avaient disparu.

Cela avait débuté comme d’habitude. Après un rêve étrange où il pilotait une sorte de bolide qui avait la forme et la senteur d’un savon à la lavande. Dans ce rêve, il roulait très vite, tellement que l’air autour de lui semblait se matérialiser en une sorte de voile qu’il finissait par percer et il s’était réveillé à ce moment-là. 5 h 30.

Ces réveils précis duraient depuis plus d’un an. Il était habitué au froid qui l’enveloppait dès la sortie du lit. Le chemin jusqu’aux toilettes, il le faisait sans lumière.

Une fois sa vessie apaisée, il s’asseyait sur son vieux fauteuil dans son salon pour fumer sa cigarette.

Il restait éveillé environ un quart d’heure, puis allait se recoucher. Et cette fois-ci, sa petite veille ne dérogea pas à la règle.

Il se rendormait aussitôt. Il adorait retrouver la chaleur des draps après la fraîcheur de la nuit. Henry se sentait comme un enfant bordé par sa mère.

Souvent, son deuxième sommeil était celui le plus peuplé de rêves insensés, rêves qu’il aimait noter sur un carnet de bon matin. Cela lui permettait de faire marcher sa mémoire. Et il était fasciné par ce que son subconscient pouvait créer. Il adorait les tournures loufoques, improbables que son cerveau créait pendant son sommeil. Il était fasciné par le fait que dans ses rêves sans logiques, jamais il ne questionnait le sens des situations et des événements qui s’y déroulaient.

C’est pour cela qu’après s’être couché après sa cigarette, qu’il se rendormit et se réveilla à 5 h 30.

J’ai dû rêver que je m’étais levé pour fumer comme d’habitude. L’habitude a pris le dessus sur mon subconscient, ou quelque chose dans le genre.

Ce fut sa première impression. Henry devait avouer que ce rêve était très réaliste, il ressemblait à la réalité.

Arrivé aux toilettes comme un automate programmé, il découvrit qu’il n’avait aucune envie d’uriner. Cela lui était déjà arrivé, souvent même. Soit il n’avait pas assez bu, soit l’organisation de sa journée avait bousculé son horloge biologique, il avait uriné abondamment avant d’aller se coucher et le corps n’avait pas encore besoin d’évacuer.

Même si le pipi ne se réalisa pas, la pause cigarette s’imposait. Il fut bien plus confus avec le fait de ne pas avoir envie d’uriner quand l’odeur de cigarette lui monta au nez.

Il ne fumait à l’intérieur de l’appartement que la nuit. Le jour, il fumait au balcon. C’était mieux pour ses poumons, pour l’air de l’appartement s’il recevait des invités.

Peut-être, pensa-t-il, qu’à force de fumer ici toutes les nuits, l’odeur s’était infiltrée dans le tissu du fauteuil, voir dans les rideaux, dans tout ce qui pouvait retenir la fumée…

Henry alluma sa cigarette, en pensant à ce qu’il pouvait se procurer pour retirer cette odeur de tabac de son bureau. Il essayait de rappeler ces publicités qui passaient à la télé, présentant un produit miracle détruisant, toujours à 99 %, les mauvaises odeurs. Mais à son grand étonnement, ces publicités qui lui rentraient dans la tête plus facilement que ses leçons, les dates d’anniversaires ou ses rendez-vous, semblaient avoir disparue de sa mémoire.

Sa cigarette terminée, il alla se recoucher, heureux de retrouver la chaleur de son lit douillet.

Il fit encore un rêve, il conduisait son automobile-savon jusqu’à percer le voile de l’air, ou de quelque chose d’autre. Cette fois, il ne se réveilla pas tout de suite. Après avoir percé le voile, il se retrouvait dans un endroit sombre, toujours dans son étrange véhicule, et des sortes de lianes se trouvaient en face de lui. Toutes espacés d’une manière anarchique mais toute étaient raides. Ne sachant que faire, il appuya sur un bouton de son véhicule qui fonça directement dans cet étrange biome.

Il se réveilla, légèrement en sueur. Il était 5 h 30.

Cette fois, Henry commençait à s’inquiéter.

Était-il en train de faire une sorte d’AVC ? Était-il malade ? De la fièvre ? Il se toucha le front, non. Un problème avec le réveil ? Peut-être est-il bloqué à 5 h 30 et ses réveils n’étaient que la signification d’une mauvaise nuit.

L’homme regarda son réveil affichant les chiffres en rouge, 5 h 31.

Aucune envie d’uriner, pas non plus vraiment envie de fumer, il avait l’impression d’avoir fumé quelques minutes plus tôt. Mais l’angoisse qui commençait à l’accaparer le fit céder.

Henry se ralluma une cigarette, non sans sentir l’odeur de tabac, encore plus forte cette fois.

Allumant son Zippo, il regarda son cendrier, qu’il ne vidait que le matin pour éviter l’odeur du tabac froid, odeur encore plus désagréable que la normale, même pour les fumeurs.

Deux mégots étaient écrasés dans son vieux cendrier.

Je deviens fou ! Je deviens fou, c’est ça. Je commence à faire de la démence comme ma vieille tante… à trente ans ? Il n’y a pas d’âge pour devenir fou, mais à ce point ? Quand même. Il faut que je prenne un rendez-vous avec un neurologue. Si ça se trouve je fais un mini-AVC. Foutu tabac ! Et puis t’as plus vingt ans mon vieux…

Il fuma sa cigarette en une poignée de minutes, et reparti se coucher, non sans avoir bu un verre d’eau fraîche avant.

Il replongea dans les draps, l’envie de dormir ne semblait pas s’atténuer.

Étrange… si ça se trouve c’est un rêve… qui a dans son étrangeté une régularité et réalité étrangement puissantes…

Il se rendormit.

Pour se réveiller à 5 h 30.

Paniqué, il prit son téléphone pour appeler sa mère. On a beau avoir trente ans, on a encore besoin de sa maman. Personne ne répondit. Il attendit quelques minutes, c’était le milieu de la nuit après tout.

Sa maman ne répondait pas. Même après avoir laissé sonner la tonalité pour laisser à sa mère le temps de se réveiller. Il regarda son réveil, qui semblait cette fois bel et bien mal fonctionner , 5 h 33. Il ne savait pas depuis combien de temps il était réveillé avec exactitude mais il était persuadé de l’être depuis bien plus de cinq minutes. Son téléphone semblait aussi bloqué à la même heure. Son micro-onde affichait lui aussi 5 h 33.

C’est ce moment qu’il réalisa que quelque chose de grave s’était peut-être passé. La fin du monde ? Le soleil s’est évaporé ? Un problème dans l’espace-temps ?

Henry décida cette fois de faire quelque chose.

Jaskiers

Dante’s Dusty Road – Chapitre 4

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Il se réveilla en sueur, la climatisation devait être en panne. Classique dans ces petits motels minables de bords de routes. Il prit son carnet de note pour y écrire son rêve et la phrase écrite par la machine à écrire. Il allait utiliser tout ce qu’il allait ressentir dorénavant, du plus simple sentiment au plus complexe, du plus petit événement au plus grand, du plus horrible au plus agréable, pour écrire. Et les rêves et cauchemars fournissaient une matière intéressante et étrange, idéale pour un écrivain d’œuvres d’épouvante.

Après avoir bu un café noir, il reprit la route, direction Forgan, Oklahoma. L’Amérique profonde, celle dont on ne parle jamais, lui ouvrait grand les bras… Dû moins le pensait-il.

Jaskiers

Dante’s Dusty Road – Chapitre 1

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Le réveil a été dur ce matin, mais ça reste un plaisir. Dante Rand pensait tout haut dans sa nouvelle berline de luxe.

Direction : liberté et solitude !

Dante Rand avait enfin sa vie de rêve, écrivain. Avec le succès de son roman d’épouvante « Personne n’est en danger », il s’était fait connaître du grand public et avait assuré sa place dans le milieu littéraire américain. Le New-York Time l’avait proclamé le nouveau Stephen King, ses séances de dédicaces étaient interminables, les gens faisaient la queue pendant des heures pour avoir leur livre signé par le nouveau roi de l’épouvante.

L’argent coulait enfin, et pas qu’un peu. Il venait de vendre les droits cinématographiques de son roman à Universal pour 5 millions de dollars.

Il avait investi dans un ranch abandonné dans le PanHandle de l’Oklahoma. La maison, bien que vieille restait solide sur ses assises. En plus de la maison, il y avait une immense grange qu’il avait remanié selon ses désires, pour travailler dans le calme. Il n’y avait personne à 20 miles à la ronde, il serait seul, sans distraction. Il n’avait pas fait installer internet et le réseau cellulaire restait à désirer. Toute la ferme avait était rénovée selon ses goûts sans qu’il n’ai à y mettre une seule fois les pieds.

C’était là qu’il se dirigeait. Bruce Springsteen chantait qu’il était née dans un trou perdu à tue-tête dans la radio. Il souriait car enfin, l’obsession d’avoir assez d’argent pour manger et payer loyer et factures était loin derrière lui. Tout ce dont il avait à s’inquiéter était d’écrire son prochain roman dans les temps, si possible.

Jaskiers

J’ai fait un mauvais rêve… ou un bon cauchemar. (Billet onirique ?)

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C’était bien la première fois depuis longtemps, en faite, depuis toujours que je m’étais réveillé avec l’impression que j’étais heureux d’être vivant. Dans ma vie courante, ce sentiment, je ne l’avais pas eu depuis longtemps.

Il m’a fallu ce « rêve » pour réaliser, non, ressentir, le temps de quelques secondes, que je devrais profiter de la vie et arrêter de me tracasser pour un rien.

Mais ce sentiment est venu quelques minutes après mon réveil, j’étais secoué par le cauchemar que je venais de faire.

Voici le rêve que j’ai fait durant la nuit du 03/06/2022 au 04/06/22 :

J’étais dans un hôpital avec une perfusion dans le bras. J’avais un cancer en phase terminal et j’allai mourir d’une minute à l’autre.

Cancer de quoi ? Je n’en sais rien, je me rappelle avoir mal à la cuisse gauche, j’étais épuisé et terrorisé d’attendre la mort.

Je sais qu’il y a plus de détails de ce rêve mais ils sont passés aux oubliettes de ma mémoire. Vous savez, quand vous avez fait un rêve dont vous ne vous souvenez pas mais que les sensations que vous a laissées ce dernier vous tenaille la poitrine et hante vos pensées… C’est frustrant de ne pas pouvoir se souvenir. Le corps, lui s’en souvient, mais l’esprit a décidé qu’il fallait l’oublier.

Je me rappelle l’attente terrible de ma dernière seconde de vie. Puis, je suis sortie de l’hôpital pour faire une dernière balade avant ma mort.

Le soleil reflétait ses rayons sur une des façades de l’hôpital, comme si les vitres de ce dernier étaient des miroirs.

Je vis mon père, maigre, la peau jaunie et tout aussi épuisée que moi, me rejoindre. Je ne me rappelle plus du tout de ce dont nous avons parlé.

Pour information, mon père est mort d’un cancer.

Puis, je retournais dans ma chambre, seul. Un tout petit peu moins terrorisé.

Mais l’attente et surtout cette douleur qui se propageait dans mon corps reprît sa terrible emprise.

Et je me suis réveillé, en sueur, le cœur battant. Puis, j’ai allumé une cigarette pour décompresser et c’est là que j’ai ressenti cette sensation d’être en vie, relativement en bonne santé (ironique de dire que je fumais en même temps d’avoir cette pensée…) et qu’il fallait que j’arrête de me monter la tête pour des petits riens. Et puis, les réminiscences du rêve-cauchemar revinrent me hanter.

J’ai, à l’époque où j’écris cet article, c’est-à-dire le jour même de ce cauchemar, lu pas mal sur la vie de Jim Morrison, sur sa philosophie de vie. Je lisais le « Photojournal » de Frank Lisciandro sur sa relation avec Jim. Il parlait dans ce livre des écrits de Jim sur ses rêves et cauchemars qu’il avait pour habitude d’écrire sur ses carnets notes. Morrison portait une attention particulière à ses rêves, au monde onirique. Je l’ai lu dans sa poésie et on peut l’entendre dans la musique des Doors.

De plus en plus, je remets en question la vie, pas MA vie mais LA vie. Je commence à être persuadé que nous ne voyons qu’une infime partie de notre monde, que la vie a des mystères, des choses puissantes, peut-être peut-on parler de dimensions ou de plusieurs mondes, parallèles au notre. Des choses invisibles, des choses dont nous perdues la capacité de voir et ressentir.

Je pense aux Indiens d’Amérique, aux Égyptiens de l’Egypte antique, ils semblent qu’ils avaient une vision différente, ou mieux, une relation différente avec notre monde. Évidemment, pour les Égyptiens de l’antiquité, cette réflexion est étoffée de toute cette culture connue dans le monde entier, mais les Indiens d’Amériques, bien que martyrisés, mal traités encore aujourd’hui, ont gardé la sagesse, certains rites et secrets qu’ils protègent depuis je ne sais combien de milliers d’années mais qui reste, je pense, trop inconnus du grand public. J’aimerais parler avec l’un d’entre eux. Nous ne pouvons juger de leurs visions du monde car leur peuple, coutumes, croyances, rites, existent depuis des millénaires, enfin je présume. Ils savent, leurs ancêtres savaient des choses sur notre monde, des facettes que nous avons oubliées.

Ce rêve était peut-être une mise en garde ; ne pas trop chercher ce que je ne pourrai pas supporter. Ou peut-être est-ce l’inverse, une sorte de renaissance. Ou bien, c’était juste un rêve.

Un rêve qui m’a marqué. Je fais souvent des rêves, je les écris sur mes carnets depuis presque 8 ans maintenant. Mais j’avais envie de partager ce rêve avec vous car, au fond de moi, je le trouve important. J’entamerai, bientôt je l’espère, des lectures pour ouvrir un peu mes horizons et m’éclairer un peu sur ce monde qui cache à nos yeux des facettes oubliées. C’est peut-être aussi ça le problème, nous ne pensons et croyons qu’avec les yeux. Jim Morrison l’écrivait, nous sommes dépendants des yeux, ils nous offrent un monde, un seul et nos autres sens sont dominés par eux. Je pense qu’il nous faut nous reconnecter à la nature, à notre nature pour pouvoir découvrir le reste et nous émanciper de la dictature de la vue.

Je parle comme si j’étais fou. Et je le suis un peu. Et je revendique que les fous ont peut-être raison. Peut-être voient-ils quelques choses que le commun des mortels ne voit pas où ne veut pas voir et réprime ces fous. Avons-nous peur d’eux parce qu’ils sont fous ou parce qu’ils voient des choses que nous ne pouvons pas voir ni comprendre ? Peut-être que ces fous sont devenus fou car ce qu’ils ont découvert, les choses dont ils ont fait l’expérience les ont laissés sur le carreau. Parce que nous avons oubliés que l’existence est autre chose que le monde physique et observable à l’œil.

Suis-je à la recherche de la Vérité comme Proust, enfant, dans le jardin de grand’tante Léonie à Combray ? Et, qu’en saurais-je que j’ai trouvé cette Vérité ?

À la recherche d’un monde plus juste, doux qui a un sens. Que nous ne pouvons avoir mais qui est là.

Merci d’avoir lu jusqu’ici.

Jaskiers