Mea Culpa à l’écriture

Image

L’envie, la passion, la curiosité insatiable d’apprendre, de créer, me sont revenus… après plus d’un an de sécheresse et de remise en question.

Peut-être avais-je besoin de me perdre pour mieux me retrouver, ou plutôt, pour retrouver le goût d’écrire et de lire.

Beaucoup de choses se sont passées, choses que je ne peux étaler sur mon blog, pour l’instant. Enfin, il se pourrait, mais sous forme de fiction. Autant utilisez les traumas pour mon Art, car, pour moi, l’écriture est un Art, n’en déplaise à certains. Je ne comprends pas comment l’on peut se demander si écrire est un art. Évidemment. Ceux qui se le demandent n’ont jamais essayé d’étaler leurs tripes sur une page blanche.

Je n’ai pas honte de le dire, je me vois comme un artiste avant tout. Cela peut sembler présomptueux, mais s’il y a une bataille que je mènerai jusqu’au bout, se serait de qualifier l’écriture, sous toutes ses formes, d’Art avant tout. Je rigole intérieurement quand j’entends le mot « intellectuel » pour qualifier les écrivains. Arrêtez un peu. Chaque Art demande des connaissances. Intellectuel, ça ne veut rien dire. Je trouve que c’est pompeux, même. (Mon Dieu, je suis vieux, je commence à être aigri !)

Une chose que je peux vous dire, j’en ai mal au cœur, mais il y a pire dans la vie ; tous mes livres ont « disparu », je ne peux en dire plus. Mon immense pile à lire n’est plus, contre mon gré. J’en ai mal au cœur. Des centaines et centaines de livres, Hemingway, Carl Jung, Stefan Zweig, F. Scott Fitzgerald, Nietzsche, Jack Kerouac, l’intégral des œuvres de Philip K. Dick, et j’en passe, énormément, ne sont plus là.
Je n’ai pas eu le temps de tous les lire, peut-être n’en aurais-je jamais eu le temps… mais quand même. La littérature a été mon pilier pendant des années, sans elle, je ne sais pas si je serais encore là, à écrire. Je n’aurais pas rencontré les merveilleuses personnes avec qui j’échange aujourd’hui. Je n’aurais pas eu ce blog qui m’a soutenu (enfin, je parle de vous là, cher(e)s lectrices et lecteurs) durant ces longs mois difficiles.

J’espère que les personnes qui profiteront de mes livres sauront en prendre soin… mon cœur pleure, en silence (ça pleure dans les chaumières ?), ils me manquent. Le simple fait de regarder cet immense tas de livres, à l’époque, suffisait à calmer mon anxiété, à éloigner ma dépression. « Il y aura des réponses à tes questions là-dedans, Jaskiers, et au pire, je pourrai m’évader dans des mondes, des histoires, des pensées, des pays, des points de vue aussi divers et variés que possible. » Maintenant, mes chers amis ne sont plus là. Jamais je ne pourrai remplir le vide qu’ils ont laissé, même si j’en avais les moyens. Je suis assez possessif, et je l’avoue, matérialiste.

Cette « collection »  de livres auraient été mon héritage.

Les objets, et les livres par-dessus tous, ont de la valeur sentimentale, pour moi. Je relativise, il n’y a pas mort d’homme, il y a beaucoup plus grave dans la vie. Mais quand même… ainsi va la vie.

Je ne saurais dire si le pire est passé pour moi. Je ne préfère pas parler de ma santé, il y a beaucoup, beaucoup plus grave que moi. Je m’estime heureux d’avoir une famille, que j’aime et qui me soutient, c’est rare, je suis chanceux.

Et j’ai ce blog, et évidemment, vous.

Je ne promets rien (ai-je jamais promis quelque chose sur ce blog ?), je ne sais comment le futur va se dévoiler, personne ne le sait d’ailleurs (ou peut-être que si, qui sait ?) mais voici un peu d’Hemingway avant de vous laisser :

Tout passe et tout lasse, les nations, les individus qui les composent, autant en emporte le vent. Il ne reste que la beauté, transmise par les artistes.

Une fois qu’écrire est devenu votre vice majeur et votre plus grand plaisir, seule la mort peut l’arrêter.


Ernest Hemingway

Faudra-t-il que j’atteigne le niveau d’écriture « infinitésimal » d’Hemingway pour me sentir satisfait, fier et enfin complet, que ce vide sidéral en moi soit enfin comblé ? Peut-être que c’est ce vide qui me fait avancer, paradoxalement.

J’écoutais une chanson d’Hozier : Arsonist’s Lullabye.

Dans cette chanson, il (le pyromane ou Hozier ? C’est ça aussi, la magie de l’Art, ne pas savoir…) chante :

Tout ce que vous avez c’est votre feu
Et l’endroit que vous avez à atteindre
N’apprivoisez jamais vos démons
Mais gardez-les toujours en laisse

Et pourquoi pas, même, les utiliser, nous nourrir d’eux, pour créer, pour évoluer, pour avancer… c’est risqué mais, comme le dit le proverbe anglais : Quand la vie vous donne des citrons, faites de la limonade.

Et pour une touche personnelle, je garde en tête cette phase d’Albert Londres, il faut « porter la plume dans la plaie ».

À très bientôt.

« Il jeta un coup d’œil amical à ses livres. C’étaient les seuls camarades qui lui restaient. »

Extrait de 
Martin Eden
Jack London

Jaskiers

Je reviens bientôt (4 ans déjà !)

Image

Cela fait quelque temps que je n’ai pas posté d’article sur le blog. Mais ça ne veut pas dire que je n’écris pas. En fait, j’ai même repris l’écriture.

Cela fait déjà un an, un peu plus même, que je n’écrivais que très peu, et que je lisais presque plus…

Je pense que cette pause, presque inconsciente, a été salvatrice. Il me fallait m’écarter un peu du monde de la littérature, voir et découvrir d’autres choses. J’ai même douté, douté de l’écriture et la lecture. Sans les abandonner complètement, car au fond de moi, je pense que la littérature a installé et ancré ses fondations.

Une grosse baisse de régime, peut-être que c’était ça. Un besoin de m’éloigner pour rallumer la flamme de la passion. C’est en s’éloignant, mettre de la distance envers quelque chose, quelqu’un, que l’on réalise, après un temps, que nous l’aimons. Nous retrouvons les raisons de cette passion, et nous la chérissons, encore plus que la première fois, avec plus de sagesse.

Cette année a été corsée pour moi, elle n’est pas terminée et semble ne pas vouloir me lâcher. Depuis le 1er Janvier 2024, j’ai subi un choc, je ne peux aller dans les détails. J’ai souffert, et je souffre encore maintenant. Vous avez aussi pu suivre mes péripéties, en partie, ici, avec ma double fracture de la main droite, entre autres. Elle a mis du temps à guérir, mais c’est fait. J’ai parfois mal quand le temps change, mais ça me rappelle que j’ai vécu ça, et que tant bien que mal, j’ai continué à aller de l’avant.

Je relativise aussi. Je ne reçois pas de bombes sur la tête, et ma famille est là. Je ne m’informe que très peu sur l’actualité, car cette dernière est anxiogène à souhait. Des horreurs, des drames, des innocents qui meurent sous les missiles tous les jours… je crois qu’il faut être un peu nihiliste pour continuer à vivre malgré tout cela. Il faut bien se protéger, comme le disait Nietzsche : Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abime, l’abime te regarde aussi.

Tant de haine, de violences… je me demande à quoi on servit ces millions de morts de la Première et de la Seconde Guerre Mondiale, le sacrifice des soldats Alliés, des résistants, des gens de tous les jours agissant courageusement, héroïquement, pour que les générations futures ne vivent pas dans la haine, la peur de l’autre, la méfiance, la violence. J’aimerais m’excuser envers eux, je ne semble n’avoir que des mots, qu’un blog, pour exprimer mon désarroi. Ce n’est rien, que des mots, comparé à leurs actes concrets, qui a coûté la vie à nombre d’entre eux. Je voudrais leur dire que, malheureusement, la haine est tenace, et les massacres et crimes contre l’humanité continuent. Leurs sacrifices, cependant, ne doivent pas être vain. En tant qu’artiste, je ne peux que créer, protester. J’ai mes limitations. Je n’ai pas mon corps à offrir, et mon esprit est trop fatigué pour lutter énergiquement.

Concrètement, je n’ai que ce clavier, mes mots, les œuvres des autres, pour m’évader, pour essayer de comprendre ce monde…

Cela dit, j’écris beaucoup ces derniers temps. Je laisse mes textes se reposer, pendant que j’en écris d’autres, puis je les retravaillerai pour les poster ici. J’ai même en projet de faire du blog quelque chose de plus sérieux. Cela fait 4 ans (déjà) que j’ai ce blog, et c’est l’une des choses les plus positives de ma vie. Simplement car je peux m’y exprimer, créer, être moi, partager et rencontrer des personnes que je ne peux rencontrer dans la vie de tous les jours.

Beaucoup des prochains articles sont personnels, leurs lectures pourront être un peu… alarmantes ? Inquiétantes ? Ne vous alarmez pas, écrire est bien l’une des choses qui m’empêchent de sombrer.

J’écris aussi de la fiction. Et comme souvent, mes histoires tendent à pencher du côté science-fiction (mais pas que…). Beaucoup de ces histoires ont été inspirée par des livres, des films, la musique, jusqu’aux jeux vidéos. J’ai besoin de la fiction, de quelque chose de différent de cette réalité, pour continuer à avancer. Et je peux vous garantir que cela est le cas pour vous aussi. Vous avez besoin de déconnecter, de découvrir d’autres mondes, univers, pour accepter la réalité. J’espère que mes textes de fictions vous permettront de vous évader un peu. Même, si je ne vous le cache pas, et vous en avez l’habitude, mes textes peuvent être parfois… difficiles à encaisser, car violents, brut de décoffrage. Rien n’est simple, n’est-ce pas ? Même dans l’art, dans la création. Mais tant mieux, car nous avons un certain contrôle sur ce que nous créons, contrairement à notre vie quotidienne. L’Art, c’est aussi le contrôle, n’est-ce pas ?

L’envie d’écrire est revenue. C’était assez magique de ressentir ce retour. Une balade dans une rue, ou sur un chemin, redevient une potentielle histoire. L’odorat, la vue, l’ouïe, le toucher, le goût, tout redevient important, tout semble avoir repris un certain sens, que je peux transcrire via l’écriture. Une infinité de dimensions, juste sous mon stylo, sous mon clavier. Et je suis ici pour le partager.

Merci à vous d’avoir lu, d’être là.

À très bientôt

P.S. : Mes lectures cette année, jusqu’ici, Le joueur d’echec de Stefan Sweig, Le journal d’Anne Frank, The doors of Perception d’Aldous Huxley, Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo, La Métamorphose de Franz Kafka, Paroles de Poilus de Jean-Pierre Guéno, La ferme des animaux de Georges Orwell, La sagesse selon Confucius, Laurie de Stephen King. Actuellement, je suis en pleine lecture de Martin Eden de Jack London. Et j’aime m’identifier à ce Martin, même si je suis un peu trop vieux maintenant…

Jaskiers

[Article de 2020] Un hasard heureux ?

Image

Cette article date de 2020… J’ai appris la nouvelle le matin même de sa mort et j’ai eu un peu mal au coeur. Voici un des deux articles que j’avais posté en 2020. Une page ce tourne, encore une après Belmondo. Mais la beauté, elle, reste. Au fait revoir Monsieur Delon

Hier, j’ai posté un article rempli de photographies et de gif d’un jeune Alain Delon. Ce soir en faisant les courses et en passant devant le rayon magazine, je tombe sur un France Dimanche hors-série sur LE MONSIEUR !

Un heureux hasard ? Oui ou non, j’ai 225 photos exclusives de Delon à regarder alors à la prochaine !

Jaskiers

Bonne année à vous !

Image

Encore une année de passée… à la vitesse de la lumière. Que ça va vite !

L’année passée, sur le blog, c’était, encore, écriture créative.

Et je pense faire une pause. J’arrive à la fin des histoires écrites en 2022. Je n’ai pas écris, ou très peu, cette année. Ma santé fluctue. Des hauts, des bas. Surtout des bas. Mais l’espoir est là, et tant qu’il y a de l’espoir…

Des projets, hors écriture, risquent de débarquer sur le blog. Ça, ou peut-être une pause, un hiatus. J’ai grand besoin d’un break. Pour voir où je vais aller, si je vais continuer.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Il me reste encore quelques textes à publier.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter le meilleur pour cette année. Une bonne/meilleure santé et un peu plus d’argent. Voici mes vœux pour vous.

Merci à vous, merci de me lire, pour vos « j’aime » et commentaires.

J’espère que cette année sera positive. Je vous souhaite le meilleur. Merci. Encore merci.

Jaskiers

La jeu préféré des humains (nouvelle science-fiction)

Image

Le choc qu’a reçus A. au niveau de l’épaule droite n’était pas une luxation, ou quelques autres blessures que l’on peut souffrir quand le corps est poussé à des efforts intenses.

Non, il sentait son sang chaud couler sous son uniforme. Chaque mouvement de son bras était douloureux, brûlant, lourd.

Mais la technologie venait doucement à son secours, le nouveau gilet pare-balles que l’armée avait reçu était en mesure de lui injecter des poches de sangs dans le corps. Des aiguilles placées dans le dos, sur les omoplates, au niveau des côtes flottantes et vers les reins apportaient une arrivée de sang constante. D’autres aiguilles étaient disposées sur le torse, déversant des liquides et produits pouvant maintenir en vie d’importe quel Homme qui avait encore sa tête sur les épaules. Le gilet pouvait détecter quelles aiguilles devaient être utilisées, et doser précisément les apports en divers liquides salvateurs. Le gilet se refermait doucement au niveau de la blessure pour compresser et limiter la perte de sang, comme un tensiomètre.

Certaines aiguilles apportaient des anti-douleurs puissants mélangés à un cocktail d’autres fluides permettant au soldat de rester conscient, et même de continuer le combat.

Ce gilet était arrivé à point nommé. Il coïncidait avec le début de la guerre, les autorités avaient misé sur cette nouvelle technologie pour lancer leur conflit.

Cet équipement avait eut un puissant effet sur le moral des troupes, angoissées et nerveuses depuis que le conflit était devenu inévitable. Rien de pire qu’un soldat sans guerre. Rien de mieux qu’un soldat confiant en sa force et en ses chances de survie.

Armée de bons et vieux fusils, comparés à l’incroyable technologie du gilet, ils étaient partis la fleur au fusil. Bernés par cette armure magique, ils pensaient, comme beaucoup le pense au début de presque toute guerre, que la victoire serait prompt, et que tout le monde serait rentré à la maison avant d’avoir le temps de sentir le poids d’un conflit armée.

Hommes et femmes combattaient côte à côte. Jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence, jusqu’aux vieux qui pouvaient encore brandir un fusil, viser et courir. Beaucoup de volontaires. Avec ce gilet pare-balles nouvelle génération, on pouvait risquer sa vie pour pouvoir s’en vanter une fois cette guerre finie. Gavés de films de guerre, de romans, de reportages mijotés par les autorités, une marée d’humains s’était engagée pour affronter la menace.

La menace, la pire des menaces, du jamais-vu, imprévisible, incroyable même. Qui s’attendait à une telle invasion ? Personne, mais comme le disait Philip K. Dick, nous vivons dans le livre d’un écrivain de science-fiction.

Dans la Voie Lactée est apparue d’énormes masses, mais rien de naturel dans ces masses. Les premiers rapports rapportaient qu’elles semblaient se déplacer intelligemment, avec régularité, coordonnées entre elles.

Les autorités ont passé ces premières observations sous silence, jusqu’à ce que ces masses apparaissent dans les télescopes d’astronomes amateurs qui découvrirent ces énormes masses. Les autorités dévoilèrent ainsi la vérité.

Cette fois, l’Homme allait devoir se battre à l’unisson. La guerre, ce jeu que les humains pratiquent depuis la nuit des temps, était inévitables. Car ce qu’il y avait dans ces masses n’était pas humain, et loin d’être pacifique. Comment savaient-ils que ces extraterrestres étaient hostiles ? Les gouvernements du monde entier le proclamaient… Pour une fois que ces derniers étaient tous d’accord sur un point, cela voulait dire qu’une seule chose : c’était vraiment dangereux, ce qu’il y avait dans ces masses.

Nous qui pensions que le premier contact extraterrestre serait le jour le plus important pour le genre humain, s’avérât être le jour où il allait devoir de battre pour son existence.

Ainsi, A. agonisait, ou survivait. Longtemps, longtemps. Trop à son goût. Qu’arriverait-il si personne ne venait à son secours ? Les aiguilles n’auraient bientôt plus de liquides salvateurs à déverser… c’était un nouveau type d’agonie. Plus long. Plus cruel. Plus inhumain.

Jaskiers

La pilule magique – Partie 1/2

Image

Tout auteur a ses petits secrets qu’ils ne révèlent à personnes, persuadé que les révéler nuira à la magie de ces petits mystères.

Laissez-moi vous parler d’Edgar et de son petit secret. Je ne peux vous donner que le prénom, par respect. Mais sachez que sa réputation d’écrivain d’histoires d’épouvantes à traversé le temps, donc des générations de lecteurs.

Je vais vous dévoiler directement son secret : des pilules. Par mesure de sécurité, pour vous, je ne vous indiquerais pas le nom de ces drogues. Vous comprendrez mon choix après avoir lu ce qui est arrivé à Edgar.

Notre écrivain était de l’ancienne école, c’est-à-dire pas d’ordinateur, il utilisait une vieille machine à écrire qu’il possédait depuis tout petit. Beaucoup pensent que c’était ça, son petit secret. Mais il n’a jamais caché qu’il utilisait une machine à écrire, il aurait démenti si c’était le cas.

Non, notre Edgar préfère la bonne vieille méthode de l’automédication.

Il avait bien essayé les drogues, toutes. Cocaines, LSD, Alcool, marijuana, meth et tout ce qu’un bon dealer de patelin pouvait fournir.

Rien ne ressortait de ses écrits sous l’influence de ces drogues. Quelque chose le bloquait. Sûrement le fait d’être attrapé, et aussi, le risque d’être addict. Pour beaucoup d’auteur(e)s, artistes, cela ne posait pas de problème. Mais Edgar était obsédé par le contrôle. Contrôle de lui-même et parfois, des autres. Il se devait d’être toujours sur le qui-vive. L’inspiration frappe à votre porte souvent sans prévenir, et être dans un état second pouvait, certes, attirer l’inspiration, mais elle vous emprisonnait dans un état physique et psychique ou pratiquer votre art devient vite trop difficile.

Mieux qu’un bon dealer, notre écrivain avait comme ami un docteur. Ce dernier était en fait un grand admirateur d’Edgar, et l’auteur utilisa cette adoration à son avantage.

Il lui demanda un jour s’il existait des médicaments pouvant aider à la concentration, vous garder debout toute une nuit sans être fatigué le lendemain, pouvant augmenter la capacité du cerveau à créer, à élaborer, à s’améliorer.

Le docteur fit ses recherches, contacta les laboratoires produisant ce type de médicament, ces derniers n’étaient que trop content de fournir leurs pilules au docteur. C’est souvent de cette manière qu’un médicament s’impose dans toutes les pharmacies et, par bouche à oreille, aux patients qui baissent leurs gardes. Après tout, si tellement de gens prennent ce médicament, peut-être est-ce bon pour moi ? Simple marketing mais efficace.

Toujours est-il que la fameuse pilule arriva un beau jour sur le bureau d’Edgar, qui s’empressa de l’utiliser.

Les effets prirent un peu de temps à se déclencher, un mauvais point pour l’écrivain. Mais quand ils décidèrent de faire leur travail, Edgar fut époustouflé…

Ses doigts tapaient à une vitesse impressionnante sur les touches mécaniques, faisant claquer sa machine à écrire comme une mitrailleuse. Les idées se bousculaient dans sa tête, avec une telle force, que parfois Edgar avait peine à les contenir. C’était comme si elles voulaient sortir de sa tête, son corps désirait exprimer ses émotions comme un acteur sur les planches.

Ses sessions duraient une nuit entière, une nuit de productions comme il n’en avait jamais eu. Et le matériel était bon, encore mieux, en relisant ses écrits, il découvrit que toutes ses idées étaient parfaitement retranscrites, aucun besoin de les retravailler.

Après cette première session, il ne ressentit aucune fatigue, pas immédiatement du moins. Edgar profita de ce temps pour envoyer ses écrits tout frais sortis de sa machine à son éditeur.

Il sentit une certaine fatigue quand le soir arriva. L’écrivain décida de ne pas tenter le diable et de se reposer. À son réveil le lendemain matin, son téléphone sonna. Son éditeur était au bout du fil. Et il était resté bouche bée par le travail de son écrivain préféré. (Comprendre par là : sa poule aux œufs d’or.)

Il y avait là du matériel pour un roman et un recueil de nouvelles qui pouvait directement partir pour l’imprimerie.

Edgar n’en demandait pas tant, mais il accepta ce que cette petite pilule lui offrait. Certains de ses fans pensaient qu’il avait vendu son âme au diable pour écrire si bien. Non, c’était le fruit de son dur labeur. Nous pourrions dire qu’il signa avec le démon après… après avoir découvert le médicament, après l’avoir utilisé jusqu’à en abuser.

Après le coup de fil extatique de son éditeur, Edgar décida de reprendre le médicament, juste pour être sûr. Il espérait surtout que les effets seraient identiques que ceux de sa première prise. Et elles le furent.

Sa vie changea immédiatement. Ultra productif, chaque nuit il écrivait dans une transe, dans une frénésie d’idées, de sujets, mots, d’histoires qui dépassaient encore les limites qu’ils pensaient avoir déjà franchis lors de sa première fois.

Et cela se répéta pendant un mois. Dans un éclair de lucidité, l’écrivain décida de ne pas envoyer l’énorme quantité de travaux qu’il avait accumulé. En un mois, il avait écrit plus que toute sa vie. Et il continua à consommer son remède miracle jusqu’à ce que les effets s’estompent doucement.

Il réalisait qu’ils n’écrivait plus si vite, puis les idées commencèrent à se faire désirer, l’énergie s’estompait rapidement, la fatigue reprenait l’avantage.

Face à ce problème, l’auteur décida de faire une pause, d’arrêter. Peut-être que son corps et son esprit avaient besoin de faire une pause. Il n’était plus tout jeune, après tout.

Son repos ne dura qu’une semaine, l’anxiété que plus jamais il ne pourrait écrire, comme il avait pu le faire pendant ce mois incroyable. le tenaillait. Il voulait savoir si sa pause sabbatique avait porté ses fruits.

Jaskiers

Merci pour votre service ! – Partie 3/3

Image

Quand je ne suis pas en opération, je suis un autre homme. De retour en France, quand assez de temps à coulé sous les ponts, que mon corps, mon esprit, mes nerfs, commencent à se relâcher, les souvenirs reviennent. Les traumas ouvrent les vannes émotionnelles : les cauchemars, les éternelles questions que l’on se pose sur l’être humain après avoir vue des choses qui vous donnent envie de brutaliser n’importe quelle personne suspecte qui passe près de vous, attaquent. Ou même cette pensée obsédante de se mettre un calibre sur la tempe afin d’éviter cette remise en question brutale vous assaille. Et l’on espère que ce traumatisme, avec le temps, on l’espère, guérira,

Le temps est une chimère. Il vous permet d’oublier temporairement les horreurs que vous avez vues, mais le corps, lui, n’oublie pas. Les flash-back qui apparaissent inopinément, parfois pour rien, parfois à cause d’un bruit ou d’une odeur. Tout remonte à la surface. J’ai entendu parler de vétéran qui pensait être revenu sur le champ de bataille après avoir entendu un pétard éclater, ou une portière de voiture qui claque. Ils, ou elles, pensent être de retour sur-le-champs de bataille. Accroupie, une arme invisible à la main, ils attendent des ordres qui ne viendront jamais. Il faut appeler un psychiatre ou un psychologue, avec le SAMU, pour sortir ces personnes de cette transe.

Bien sûr, et en France surtout, personne n’est au courant du défi que le retour à la vie civile implique pour un soldat. On n’en parle pas, on ne parle pas de ce qu’on a vécu. On nous le demande parfois, souvent des ami(e)s, et vous ne répondez pas. Ce n’est pas possible de comprendre, ni d’expliquer notre peine à une personne dont le seul souci semble être de savoir si la nouvelle star de la télé-réalité a appelé son fils Ethan ou Gloubiboulga. Un monde nous sépare des autres. Nous nous comprenons entre nous, et encore pas forcément à chaque fois.

Je n’ai plus ma place à l’armée, je ne sais même pas si j’ai le droit à une place chez les civils. Au final, quand j’ai signé pour devenir soldat, ce n’était pas une affaire de mois ou d’années, mais d’une vie entière.

Ce n’est pas du regret, j’ai choisi.

Comme ma sœur qui a choisi cette opération. Demain matin sera son moment sur le champ de bataille, et la suite sera un autre combat sur le long terme.

Ça ne s’arrête jamais la vie, et sans combats, pas de vie.

Jaskiers

L’épreuve et la peine (et bonne année !)

Image

Cinq cents fichus mots par jour. Qu’est-ce que j’ai essayé de me prouver ?

Pourquoi cinq cents mots ? Car je pense avoir lu quelque part que Neil Gaiman a écrit un de ses romans en n’écrivant que cinq cents mots par jour. Je n’ai jamais lu Neil Gaiman, mais je connais, en gros, ce qu’il a créé. Il est un écrivain respecté, il a eu un certain succès qui continue à faire son bonhomme de chemin.

Est-ce que je veux devenir un écrivain ? Ce serait mentir que de dire non, et un peu trop prétentieux et ambitieux de dire oui.

Je suis loin de maîtriser l’art de l’écriture. Je suis à la recherche de quelque chose en rapport avec l’art, en accord avec moi-même : écrire, simplement écrire sans penser au futur.

Mes sessions dépassées souvent les cinq cents mots. En y portant un regard critique, je pense à ces récits que j’ai écrit, je pense que les trois-quarts ne sont pas bons. Le dernier quart sont ces récits qui ont découlé simplement, qui s’enchaînaient avec une certaine logique, un sens, un message, parfois inattendu. Ce quart m’apportait le bonheur d’une écriture où j’étais complètement déconnecté du monde. Ce quart est celui que j’aspire à pouvoir écrire à chaque fois.

Vais-je publier tous ces textes ici ? Je me tâte. Je poste ici les textes les plus anciens, je publie actuellement ceux de la moitié de l’année dernière. Cela permet de reprendre un récit qui a reposé pendant quelques mois et ce temps me permet de poser un œil neuf sur eux. (Méthode prise à Stephen King.)

J’ai écrit un très long récit de science-fiction en anglais. Mais je sais qu’il est loin d’être bien écrit, si j’entreprends de le publier, le travail de correction sera important et éprouvant.

J’ai écrit une suite pour « Bienvenue à la Cure de Rien », et j’en suis déçu, je trouve que mon histoire se répète, tourne en rond pour finir sur une fin qui appelle à une autre suite.

Et écrire sur un foutu smartphone… écrire n’est pas le plus difficile, mais c’est la mise en page qui pose problème, surtout pour le blog, pour vous. Je blâme certaines fautes sur mon outil de travail, et un mauvais ouvrier blâme ses outils n’est-ce pas ? Mais c’est vraiment pas l’idéal.

Je n’ai aucune idée de quel genre de défi ou d’épreuve, m’imposer pour cette année. Mais pour être franc, j’ai envie et surtout besoin d’une pause. Et en même temps, j’ai l’impression que m’arrêter après une année à écrire, à travers vents et marais, et Dieu sait que cette fin d’année m’a apporté une belle tempête, pourrait arrêter un élan qui ne devrait pas s’arrêter.

Je dois penser à ma santé aussi, mais écrire influence ma santé. En bien et en mal. Mais il faut que je prenne une pause.

Au fond de moi, je sais aussi, je sens qu’il me faut passer à un autre niveau. Quelque chose de plus sérieux. Le temps presse, j’ai faim, faim d’apprendre et de vivre.

Je ne vis que grâce à mes bouquins et mes écrits. Je me serai fait sauter la cervelle il y a longtemps sans eux. J’ai vécu une vie avant la maladie, une vie que je ne regrette pas. J’ai profité de ma prime jeunesse à fond, ou presque, sans m’en rendre compte. La maladie était là, tapie dans l’ombre. Elle s’était montrée en pleine adolescence, s’est fait dompter par l’alcool. Et a éclaté avec force à partir de mes vingt ans. Le combat continue. Seul, mais pas vraiment, j’ai la littérature avec moi.

Je me taraude l’esprit. Est-ce que je claque mes quelques économies sur un ordinateur portable juste pour écrire ? Mon téléphone me permet d’écrire, il fait le travail. Le problème c’est la mise en page, et le clavier. Celui de mon smartphone est beaucoup trop petit pour mes gros pouces.

Mais j’ai une immense liste de livres que j’aimerais me procurer…

« Ahhh si j’étais riche ! »

Ne me dites pas que l’argent ne fait pas le bonheur. Il tient une partie importante dans notre société. Après tout, nous devons « gagner notre vie », travailler, trimer, pour l’argent, notre dieu, notre Veau d’or.

Et si cette année, je demandais à ma bonne étoile, ou à je ne sais quoi, qui, peut-être, nous influence et nous offre faveur et malheur, un simple coup de pouce ? Et si j’osais demander à l’Univers ? À cette (ou ces ?) dimension que nous ne voyons pas ? Car l’année dernière (je parle bien de 2022) a été une année où la spiritualité a commencé à me tarauder. Mais je pars sûrement un peu loin pour vous.

Cette année, j’aurai faim. Et j’attendrai une opportunité qui ne se présentera sûrement jamais. Les gens comme moi n’en ont pas le droit. La plupart en fait. Seule une poignée bénéficie de cette chance. Et je ne la mérite peut-être pas. Mais j’ai faim. J’ai grandi après cette épreuve, souffert. Mais qui ne souffre pas à notre époque ? Et je sais qu’au fond de moi, ma plume peut être acérée… cela ne tient qu’à moi de la passer sur la pierre d’affûtage et ne pas hésiter à présenter ce dont elle est capable ici.

Sinon, je vous souhaite une bonne année, pour ce que ça vaut. La santé, surtout, surtout ! Je tiens beaucoup à vous, je vous souhaite sincèrement le meilleur, montrez les dents pour obtenir ce que vous voulez. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Merci d’être là !

Votre Jaskiers

Une opportunité rêvée – Chapitre 9

Image

Je décidais d’y aller en courant, comme je l’avais fait pour revenir. J’arrivai en avance, ne sonna pas à l’interphone, ne me dérangea pas à fixer du regard la caméra pour m’identifier. J’eus juste à pousser la poignée de la porte et cette dernière s’ouvrît devant moi, les pênes se brisèrent et le bruit de leur chute sur le sol carrelé raisonna dans l’immense hall d’entrée.

« – Hey docteur ! Votre cobaye est arrivé ! Et il est impatient, impatient de parler des résultats de votre expérience. »

Mes mots aussi raisonnèrent, je savais qu’il me voyait et m’entendait car tout semblait sécurisés dans ce bâtiment. Je repérais une caméra de surveillance, fit un geste amical de la main et pointa ma montre en signe d’impatience.

« – Bonjour cobaye ! »

La voix du docteur se fit entendre par des hauts parleurs. Je m’attendais à de la peur mais pas à de la lâcheté pour un homme de science.

« – Montrer vous doc’ ! Croyez-moi, vous aurez envie de voir ce que je suis devenu grâce à vous ! 

  • Est-ce… une bonne chose ?
  • Ce que je suis devenus ?
  • Oui !
  • Et bien venez vous faire votre propre avis !
  • Vous me paraissez bien agité cobaye ! La destruction de la porte d’entrée blindée sera retenu sur votre rémunération !
  • Oh ! Il n’y a rien dans le contrat que j’ai signé stipulant ce genre de chose docteur ! Mais ce n’est qu’une porte, vous devriez voir ce dont je suis capable grâce à vous !
  • Oh mais quel empressement ! Quel changement effectivement !
  • N’est-ce pas ? Venez voir de plus près !
  • Oh mon garçon ! Pas besoin d’être si pressé ! Dans une expérience il faut observer, avoir de la patience !
  • D’accord, mais… »

John, son homme de main, sortit d’une des portes latérales de gauche et se précipita sur moi. J’avais attendu ce moment depuis plusieurs jours.

Il sortit une matraque télescopique et m’attaqua avec. Je dressai mon avant-bras gauche pour me protéger, la matraque percuta mon bras et elle éclata en plusieurs morceaux. Je ne laissai pas le temps à John de comprendre et lui envoyai un direct du droit en plein nez. Je sentis le cartilage de son nez craquer, je lui envoya un coup de poing avec mon poing gauche dans le ventre. John s’affaissa par terre, à genoux. Je mis un terme à ses souffrances en frappant sa tête d’un coup de pied. Sa nuque fit un bruit de branches séchées sur lesquelles on aurait sauté.

John, allongé sur le dos, la tête dans une position étrange émît un râle rauque, du sang sortait de sa bouche et de ses oreilles. Il agonisait.

« – Docteur ! J’ai besoin d’un autre cobaye ! Le vôtre n’était pas très solide ! »

Le docteur ne répondit pas. Une alarme se mit à gémir.

D’instinct, je me précipitais vers une des portes latérales de gauche, celles où je n’étais jamais allé, celles par où était sorti John. Je pensais que c’était de ce côté que les scientifiques créchaient. Les portes de droites étant sûrement réservées à leurs expériences.

Je me retrouvais dans un couloir similaire à celui où j’avais été torturé. Je pensais qu’ici serait un bon endroit pour une bagarre si plusieurs sbires du docteur se rameutaient, étant dans un couloir plutôt étroit, ils ne pouvaient m’attaquer à plusieurs à la fois.

J’ouvris quelques portes, au petit bonheur la chance. Toutes les portes semblaient mener à des chambres. Des chambres avec lit, table de travail scientifique avec éprouvettes, écrans de surveillance et tutti quanti. J’étais bel et bien dans le quartier où les docteurs et scientifiques observaient et travaillaient sur leurs projets.

Je tombais sur un pauvre hère en caleçon, le crâne chauve avec de fine lunettes.

« – Bonjour monsieur, je suis de la sécurité. Pouvez-vous m’indiquer où se trouve le docteur ?

  • Lequel ?
  • Le docteur qui fait des expériences avec la baignoire.
  • Ah… »

Je sentis que ce monsieur avait compris que je n’étais pas de la sécurité. Il se jeta sur moi. Je l’attrapai par les épaules et le souleva de terre.

« – Monsieur, je suis là pour votre sécurité, le docteur a besoin d’aide, et d’ailleurs vous aussi. Je dois vous amener à la salle de sécurité. »

J’essayais de reprendre mon mensonge histoire de ne pas perdre trop de temps. Et plus les mensonges sont gros, plus les gens ont tendance à les croire. Mais il me regardait, terrorisé.

« – Monsieur ! Nous n’avons pas le temps d’attendre, dites-moi où est le doc’!

  • Su… sûrement dans sa chambre !
  • Quelle chambre ?
  • Au bout de ce couloir.
  • Porte de droite ou de gauche.
  • Gau… gauche ! »

Je reçus comme un coup de poing dans les reins accompagné d’un bruit sourd. Je lâchais le pauvre homme et me retourna pour voir le docteur, un pistolet dans les mains.

Jaskiers

Une opportunité rêvée – Chapitre 8

Image

Je pris un couteau de cuisine et m’ouvris la paume de ma main gauche. Aucune douleur, seulement une pression, mon corps n’acceptait plus la douleur mais envoyait quand même à mon cerveau un signal avec ce ressenti de pression.

Je regardais ma paume ouverte, le sang couler et une croûte se former, là, sous mes yeux ! Le processus de cicatrisation se déroulait à une vitesse incroyable, toujours sans douleur, c’était fascinant de voir mon corps se soigner. En moins de deux petites minutes, l’entaille avait disparu de ma main, même pas de cicatrice, plus rien.

J’étais vraiment devenu une sorte de super-héros, je me demandais si je pouvais voler, oui c’est une pensée qui vous vient à l’esprit quand vous comprenez que vous êtes désormais doté de super-pouvoirs et que vous êtes gavé de films Marvel et DC.

Je ne tentais pas le diable à sauter par la fenêtre de mon immeuble. J’aurais pu le faire, m’éclater par terre et me relever comme si de rien n’était. Mais je ne voulais pas montrer publiquement ce dont j’étais désormais capable.

Je ne voulais pas finir cobaye dans un laboratoire secret du gouvernement.

Cobaye… à cette réflexion une idée germa dans ma tête. Et si j’allai rendre visite au docteur et à son petit ami John ? Et si, je n’étais pas le seul à être devenus super-humain ?

J’écartais cette dernière réflexion de ma tête, je devais être le seul car sinon, j’aurais entendu parler aux infos d’un fou furieux invinsible qui saccageait tout sur son passage. Je me pensais plus sage, un autre que moi se serait fait remarquer. Moi, j’allais la jouer fine.

J’allais demander quelques explications au docteur et lui passer l’envie d’expérimenter. J’allai l’avertir que, maintenant que j’étais devenu ce surhomme, je ne me laisserai plus prendre pour d’autres expériences. Et que son projet, quel qu’il a pu être, qu’importe son but précis, s’arrêtait là, avec moi.

Je décidais d’attendre jusqu’à la semaine prochaine, jusqu’à mon jour de « travail », avant d’entreprendre quoique ce soit. Je mentirais si je disais que je n’avais pas envie d’aller tout de suite aller trouver mon cher tortionnaire et son cher acolyte pour lui faire constater les résultats de ses expérimentations. Mais j’attendis une semaine, au cas où mon état redeviendrait comme avant.

Mais la semaine se passa sans changement dans mon état, je mangeais car j’en avais l’habitude, mais la faim ne me tiraillée jamais, ni la soif. Je dormais, je me forçais à dormir en prenant des somnifères qu’une amie m’avait dépannés. Je n’avais aucune envie de dormir et pas besoin non plus. Le problème était que je n’avais jamais de pauses. J’étais tout le temps conscient, toujours à réfléchir, à penser. C’était effrayant d’être toujours éveillé. Les somnifères ne me firent pratiquement rien du tout. Mon sommeil, si j’ose l’appeler comme tel, n’était qu’en faite de longs moments de méditations.

Les cours étaient devenus simples, je retenais au mot près, chaque chose émises par mes professeurs. Je venais les mains vides en cours, mes amis hallucinaient de ce changement. J’étais un élève moyen toute ma vie, mais là, mes partiels étaient un jeu d’enfant.

Mais le plus étonnant pour moi, c’était ma forme physique. Comme je l’ai mentionné plus haut, je n’étais jamais fatigué, et j’avais une force impressionnante. Je n’ai jamais vraiment fait de sport en dehors de l’école, je n’avais aucun intérêt pour l’activité physique. Mais tous les jours, je constatais une progression dans ma force brute. Je cassais les poignées des portes de mon appartement à simplement appuyer dessus pour les ouvrir. Les poignées me restaient dans les mains. Les verres éclataient sous la pression de mes doigts, j’enfonçais les touches de mon ordinateur et elles finissaient encastrées dans le clavier, qui devint d’ailleurs inutilisables. Les petites choses du quotidien me demandaient de faire attention à ma force.

Ma journée de travail arriva et j’étais pressé de montrer au professeur ce que j’étais devenu. Une sorte de super-homme.

Après avoir passé une nuit à méditer, je me levais pour enfin régler mes comptes avec mon bourreau.

Jaskiers