Doodles Doom Days #27| Etudes de Bridgeman

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Doodles Doom Days #26 |Oeil et profil [technique cross hatching/hachures]

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Doodles Doom Days #25| Qu’avons-nous ici, Monsieur Jaskiers ?

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C’est simple, je n’aime rien, sauf moi-même, et encore… pas sûr. (Article personnel)

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J’aime pas Noël. J’aime pas le jour de l’An. J’aime pas les obligations sociales, les pressions qui amènent ses fêtes de fin d’année m’emplissent d’anxiété.

J’ai passé trop de Noël seul, quand quelqu’un n’est plus là, à disparu, cela mine ces moments censés être de joie. Mais même, trop de gens, pas assez, je ne suis jamais content. Je crois n’aimer que ma seule compagnie, et celle d’une poignée de proches.

Je n’ai jamais eu de grande famille, enfin si, mais maintenant je suis adulte et je n’ai plus envie de côtoyer cette petite foule d’hypocrites (juste pour certains, pas tous, évidement). Et d’ailleurs, ma famille ne se parle plus. Pour quelle raison ? Il y en a beaucoup. Je ne parle qu’à deux personnes dans un seul côté de la famille où l’argent, et pourtant il n’y en a pas beaucoup, a gâché les relations.

Les jours de l’An, les vrais, j’en garde des souvenirs mitigés. Ces fêtes se déroulent le plus souvent entre ami(e)s. Et entre nous, cette fête était l’excuse, encore une si besoin est, de nous saouler.

J’ai vu des ami(e)s vomir, faire des comas éthyliques, des bagarres et disputes, s’endormir dans leurs vomis… nous pratiquions le Binge Drinking, anglicisme à la mode pour simplement dire : boire pour l’ivresse, à l’extrême. Mais entre-nous, je ne connais personne qui boive juste pour… j’en sais rien, déguster ? Arrêter de vous mentir, l’alcool c’est pas si bon. On boit pour être saoul. Pourvu que l’on est l’ivresse ! Il faut bien s’évader de se present anxiogène.

Vous avez les occasionnelles personnes qui me feraient mentir, elles ne boivent que quelques verres et puis s’arrête… de l’alcool gâché de mon point de vue. On boit pour se désinhiber, non ?

Je rêve parfois que je bois en faisant la fête, et je commence à angoisser à la perspective de la gueule de bois qui attendra sagement de me cueillir le lendemain.

Combien ça fait d’années que je n’ai pas bu… 5 ans ? Et encore, ce n’était peut-être qu’un seul verre entre amis, ceux qui me restaient avant que je déménage. Un seul verre donc, de l’alcool gâché. Un verre en appel un autre. Non, je ne comprends plus l’alcool.

La dernière fois que j’ai été saoul, cela doit remonter à 8-9 ans.

Le temps passe vite. Très vite. L’alcool ne me manque pas, ne m’a jamais manqué. J’avoue que les gueules de bois carabinées et affreuses en sont la principale raison. L’horreur que sont les lendemains de cuites. La bouche en miette, la gorge qui brûle, l’insatiable soif (déshydratation), le mal de crâne terrible (encore la déshydratations, l’alcool déshydrate), la nausée qui ne vous lâchera pas tant que vous ne vomirez pas, la lumière qui brûle les yeux, ne pas savoir si vous avez faim ou si c’est l’envie de vomir qui vous travaille. Les mains qui font mal, le bout des doigts qui piquent, des douleurs à cause de blessures que vous vous êtes infligées, sans vous en rappelez parfois, font leurs apparitions. La fatigue, vous avez beau dormir, essayez de dormir plutôt, cela n’arrange rien.

C’était terrible pour mon corps, sûrement aussi pour mon esprit, c’était insupportable. J’étais encore jeune, entre 18 et 21 ans, mais déjà mon corps criait pitié. Je n’ose même pas voir ce que me réserverait une gueule de bois à 29 ans… (enfin bientôt 30, Jaskiers, assumes, tu arrives vers la trentaine dangereusement… qui aurais pensé que tu vivrait si vieux ? Sûrement pas toi. Au fond de toi, tu es déçu car tu n’as toujours pas réussi ta vie. Mais gardes ça pour tes séances chez la psy.)

Article étrange et brouillon n’est-ce pas ? C’est peut-être à l’image de ma vie actuelle.

Brutale réalisation que l’âge vous apporte. Les personnes qui sont censées vous aimer inconditionnellement se révèlent au grand jour, personne ne me doit rien. Et vice-versa. Étrange fin d’article pour une étrange tranche de vie qui dure depuis trop longtemps. Essayons de penser positif, juste une fois, pour voir. Ne pas nourrir la bête assoiffée de négativité qui sommeil en nous, et qui, tapie, discrète, se nourrie de chaque petits morceaux de négatif jusqu’à en vouloir toujours plus. Essayons de nourrir notre être de positivité. De peur de devenir, de rester, asservie, par la bête.

Jaskiers

Personne n’a envie d’y aller (courte nouvelle)

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J’étais adossé au mur. Mon capitaine, le regard sûr et déterminé, passa à côté de nous, en braquant ses yeux marron sur chacun de nous. Il nous jaugeait. Ce n’était pas forcément un fin psychologue, pas un du tout même, mais il nous jaugeait au feeling. Il nous connaissait, il savait quels demons, quels rêves et espoirs nous avions en chacun de nous. En sortir vivant, en finir avec cette foutue guerre. Et c’était de même pour nous envers lui. Peut-être un peu moins, en tant que supérieur, il se devait de garder une certaine distance avec nous. Le leader se doit de garder des choses pour lui, parfois de mentir, pour garder un temps d’avance, un avantage psychologique sur nous.

J’étais fébrile, et je n’étais pas le seul. Personne n’avait envie d’entrer dans cette putain de maison. Car nous étions adossés à ce que la légende appellera « la maison de l’enfer ».

On sentait l’ennemi. C’est un sentiment étrange, dérangeant, viscéral que le corps et l’esprit apprennent à force de combattre. C’est ce sentiment qui parfois handicape notre retour à la vie civile. On ne peut l’éteindre ni l’allumer comme nous le voulons. Il est cruel en temps de paix, vital en temps de guerre.

« – On reste concentré, chacun sait ce qu’il a à faire. Rien ne change, on vérifie directement chaque recoin, on communique, on se parle. On tire si on voit du mouvement, on tire même si on a un doute. Il n’y a plus de civile dans cet enfer, si ça bouge, s’est mort. Fier vous à votre instinct, on ne le dira jamais assez. Moi aussi je les sens, mais j’ai vu des hommes prêts à se battre. On a vécu pire, on vivra peut-être pire, mais on est entraîné, on a confiance envers le copain d’à côté. Si l’un de vous doute, de lui-même ou d’un des nôtres, qu’il parte. On ne lui en voudra pas. C’est maintenant ou jamais. » Dit le capitaine.

Personne ne bougea. Aucun ne voulait laisser ses frères d’armes sur le côté. On allait entrer ensemble, aucun d’entre nous n’aurait pu supporter de laisser ses amis se battre sans lui. C’est une chose qui pourrait nous hanter toute la vie.

Allez expliquez ça à nos femmes, à nos familles, nos enfants, nos amis. Peu d’entre eux comprennent, mais nous ne leur en voulons pas, ils ne savent pas ce que c’est que partir au feu avec des frères. Nous l’avouons, d’une certaine manière, l’armée, la guerre, passent avant eux. Nous sommes soldats, on a signé pour ça. On se le répète assez entre nous, on a choisi cette vie. Quand c’est difficile, on se tait. Quand c’est trop dur à supporter, nous avons les uns et les autres. Quand les terribles souvenirs reviennent dans notre vie civile, on encaisse, on enfouit la douleur au plus profond de nous-mêmes. Impossible de partager ces choses auprès de personnes qui n’ont pas vécu et affronté la mort en face plusieurs fois dans sa vie.

On a tué. Et on a vu les copains mourir, blessés, traumatisés, estropié à vie, à l’intérieur autant qu’à l’extérieur.

Et c’est dans cette bulle collective que nous allions rentrer en force dans l’arène d’Hadés, avec Ulysse comme capitaine.

Le reste appartient à l’Histoire. Peu de personnes ont entendu parler de « La maison de l’enfer ». Parfois, les plus petites batailles sont les plus importantes, et les plus ignorés.

Mais qu’importe, nous n’avons pas combattu pour la gloire. On ne savait plus vraiment pourquoi on se battait pour dire vrai. Nous cherchions une raison, mais cette raison était autour de nous. On continuait à se battre pour les copains, pour le pays aussi, et c’était assez pour aller de l’avant.

Le autres, c’est l’enfer… mais aussi nos frères.

Jaskiers