Rentrée…Je ne sais plus bien où…mais rentrée.

Rentrée oui…Sur les chapeaux de roues même…

7h25. Première arrivée, une heure avant le premiers cours. Je m’en suis fait une spécialité depuis 20 ans, j’aime bien cette heure d’avant à retrouver les lieux. Oui…mais mon bip refuse d’ouvrir le portail. Il s’entrouvre, se referme pendant un temps interminable.

Je finis par pouvoir entrer . Arrivée dans ma salle, il fait froid. Le printemps a beau s’annoncer, il fait frais le matin et les locaux ne sont pas chauffés pendant quinze jours. Le ménage est très bien fait, trop, je ne retrouve plus mes choses…ça me prend du temps.

8h28, la sonnerie de 8h25 n’a pas sonné. Notre adjointe vient nous chercher ( avec le sourire) en nous demandant si nous faisons du déni… Et en nous indiquant que la sonnerie est en panne. Les élèves dans la cours profitent de ces quelques minutes supplémentaires et ne sont pas rangés. Une collègue de trente-quatre ans me dit qu’elle a mal au ventre depuis hier soir. Je n’ose pas lui dire que ça m’a pris 15 ans après elle…Je ne veux pas la décourager.

Cinq mails urgents reçus sur les deux premières heures de cours. Annonce de panne d’ascenseur. Accueil d’une nouvelle élève exclue d’un autre établissement pour harcèlement, annonce de la visite inopinée de la commission de sécurité demain ( décrocher toute décoration, enlever toute multiprise etc…et s’attendre à ce que ladite commission décide d’un exercice d’évacuation à la suite sur nos heures de cours. Deux demandes de bilans urgents sur le comportement et les résultats de deux élèves car réception des parents demain. Une heure plus tard , convocation à une réunion d’équipe éducative jeudi de 16 à 17…Oui mais j’ai cours. Donc mail à nouveau. Mon cours est-il supprimé? Nouveau mail: les anonymats des copies de brevet blanc viennent d’être levés. Vous avez 24 h pour renseigner vos trois notes l’arrêt des notes étant…Aujourd’hui! ( deux fois car il y a aussi un relevé à part ). Cette nouvelle donnée m’oblige à revoir les commentaires de mes bulletins trimestriels car tout avait été fait pendant les vacances. Je suis assez bonne élève et toujours en avance…Eh bien non. Il faut recommencer…

Oh et j’ai oublié…J’ai quand même essayé de faire cours dans tout ça et corrigé à nouveau 30 copies…

Ouf. La période va être longue.

Mais il fait beau.

Et il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux.

Image

Ma prochaine non-lecture…

Image

En tête des ventes derrière le dernier Astérix…

Parfois je désespère des humains…Comment peut-on se ruer là-dessus?

J’entendais ce matin que le petit bonhomme avait commis une phrase très touchante (sic!) sur ce lit dont il ne pouvait faire le tour. Une découverte pour lui quand nombre de nos concitoyens n’ont jamais connu autre chose, quand avoir un lit et un toit est encore un rêve pour beaucoup…

Quant à tous mes amis, poètes sincères et généreux qui aimeraient qu’on entende enfin leur voix d’étoiles et de sincérité…Sachez qu’il faut d’ abord être connu pour être reconnu ( ne me demandez pas d’explication sur cette incohérence car je l’ignore moi-même…) et que le groupe d’édition contrôlé par Bolloré érige en talent littéraire tout ce qui rapporte…

En attendant , il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux…

 

Barbara Auzou

Jusqu’ici tout va bien…La réalité de la vétusté de nos écoles et de nos collèges…

Image

Petit tour d’horizon de la vie dans mon collège ( qui fête ses 50 ans cette année et a connu beaucoup de pansements sans aucune vraie rénovation…Ceci dit il nous est demandé officiellement de réfléchir – et par courriel- aux modalités festives qui pourraient couronner ce grand âge…). Et ceci avant son effondrement qui aurait le bon goût d’intervenir un samedi ou un dimanche.

Début novembre, un lundi matin, nous sommes tous saisis ( ce n’est pas le mot…) par l’odeur de M….partout dans l’établissement. Les canalisations ne tiennent plus la route et les toilettes débordent partout…Nous descendons chercher les élèves dans la cour écharpe sur le nez évitant de respirer avant le second étage.( Je passe sur le fait que j’ai été emprisonnée 20 mn dans ces mêmes toilettes l’année dernière comme quatre de mes collègues car les verrous ne fonctionnent plus. ) Comme c’est retour de vacances il nous faudra longtemps aussi avant qu’il y fasse une température décente.

Oui mais ça c’était dans l’idéal. Le système de chauffage est mort aussi et ça se met à chauffer ( à brûler littéralement en fait ) plus que de raison dans certaines salles ( il faut alors ouvrir les fenêtres, ce qui fut mon cas dans un premier temps, mais alors que j’ouvrais une fenêtre elle faillit tomber sur les élèves. La voilà condamnée jusqu’à intervention du département ( avant la canicule j’espère mais ce n’est pas certain) .Je me fends d’un écrit à chaque fois bien évidemment. ( Avant on communiquait mais aujourd’hui on ne règle plus les choses, on garde des preuves au cas où et pour se dédouaner et à tous les niveaux.)

Depuis le problème du chauffage n’a pas été résolu car en fait je crois que tout est à refaire et malgré les interventions tous les deux jours d’une société qui ne cache pas son désarroi et son incompétence à réparer ce qui n’est pas réparable . Depuis lundi je fais cours en manteau et ne quitte plus mon écharpe.

Le photocopieur était en panne et quand j’ai envoyé un élève me chercher un feutre pour le tableau blanc , il est remonté en me disant qu’il n’y en avait plus.

Je suis rentrée hier frigorifiée et j’ai mis des heures à me réchauffer.

Je ne vous parle même pas des transports scolaires. Presque tous les élèves les empruntent dans mon établissement et ce sont les jours où tout le monde arrive à l’heure pour la première heure de cours qui sont rares. Nous apprenons à accueillir au compte-goutte. ( J’ai cru entendre qu’un rapport récent préconisait 45 mn de cours seulement…mais si je retranche les 20 mn avant l’arrivée de tous…)

Mais tout va bien…La séquence sur le Moyen-âge en cinquième débute avec enthousiasme, je laisse mes troisièmes ( de guerre lasse ) prendre Antigone pour une comédie ( je continue à jouer le rôle de la nourrice, ça me va bien et entre nous ça me réchauffe) et surtout depuis déjà deux semaines nous devons nous inscrire pour le repas de Noël, l’échange de cadeaux et le concours du plus beau pull moche!

Le fun, vous dis-je…

Des trompettes en plastique pour les enseignants…Ya plus d’argent…En rire quand même…

Dans mon établissement les fenêtres sont verrouillées sinon elles tomberaient sur la tête des élèves.

Et il faut un kit doudoune pour le matin et maillot de bain pour l’après-midi car le système de chauffage est si ancien qu’il ne peut plus être régulé…

Rentrée 2025 ou comment nous tuer doucement mais sûrement…

Image

Quelques réflexions sur cette rentrée et ce mois de septembre plus démentiel encore que tout ce que j’avais connu…

Je commence à peine à mettre un nom sous les 110 élèves dont j’aurai la charge (!) cette année en cours de français et ceci pour de multiples raisons…

En sixième, 28 élèves (un groupe dont les éléments viennent de 3 classes différentes…)…Il m’a fallu leur expliquer que début octobre les groupes seront refondus et que beaucoup d’entre eux ne me verront plus…Pas simple de bâtir une relation d’apprentissage dans ce contexte d’autant que les heures de cours ont été peu nombreuses pour cause de passation d’évaluations nationales sur ces mêmes heures de cours, et de passation de FLUENCE. Je suis devenue une fluenceuse…

Qu’est-ce que la fluence? Une nouvelle mode venue de notre ministère qui consiste à entériner le fait que nos enfants ne savent pas lire. Enfin pas lire…Je veux dire seulement déchiffrer et ne pas y mettre du sens, le but étant le nombre de mots lus en soixante secondes…La norme est 130 mots à la minute. Certains sont à 90…Ces chiffres iront nourrir cette obsession de l’évaluation à l’international .Mauvais résultats d’ailleurs de la France dont on ne tire jamais ni les enseignements attendus ni une vraie réflexion sur ce qui nous est demandé. Ainsi la semaine dernière j’ai passé des heures chronomètre en main à faire défiler les élèves les uns après les autres en essayant de maintenir les 27 autres dans le plus grand calme…Et ce sur trois de mes quatre classes. Puis à la suite à remplir des tableaux…

Contente d’avoir terminé espérant enfin pouvoir faire cours, mais que nenni, le nirvâna s’éloigne à vitesse grand V…Dès lundi je suis à nouveau sollicitée pour faire passer des évaluations nationales, j’avais programmé enfin un vrai cours qui prend son temps au mardi suivant…Eh bien non, ce sera exercice incendie…

Ce sont les enfants que l’on maltraite, la relation éducative doit donner le temps au temps et respecter le rythme de l’enfant…

Et je passe sur les violences institutionnelles, j’ai perdu des élèves en cours de route, en regagnant d’autres à la place sans jamais été avoir prévenue et ne le découvrant qu’en cours, essayant dans l’urgence de tout leur faire rattraper, trouvé des adultes devant ma salle (AESH) pour un cours sans que l’on ait jamais été présentés, la boulangère ou le cantonnier pourraient venir dans mon cours de la même manière…

On vit dans un mensonge permanant. Ce qui importe c’est de CONTENIR. La pédagogie tout le monde s’en moque.

Et je passe sur les changements d’emploi du temps, sur les effets d’annonce ( droit à la déconnexion, interdiction des portables…)

Et je passe sur les réunions méridiennes décidées le matin même avec une pause déjeuner de 30 minutes.

Petit bonheur dans tout ça…J’ai accueilli une collègue en coanimation ( au départ c’est un scandale car elle est surnuméraire jusqu’en octobre et c’est à nous qu’on demande de l’employer et de nous organiser.) et j’ai aimé ça. Merci Sylvie.

Mais je suis déjà une vieille et je rêve encore d’enseigner la littérature…

Oui nous sommes épuisés…

Un petit tour chez Clément qui a pourtant 20 ans de moins que moi…

C’est ici…

À Rouen ce matin…

Très long cortège ( digne des manifestations contre les retraites…)

Dans une ambiance bon enfant…

calme à 9h…

Image

cela commence à s’organiser…

Image

Image

Image

Image

Passage à la librairie l’Armitiere pour un petit réconfort poétique avant de rentrer

Image

Image

Quand WordPress n’est pas beau…

Lu ici ce matin très tôt…Des critiques en tout genre et quelques-uns de mes vers ( sans que jamais je ne sois citée ) raillés…J’avais décidé de laisser faire mais je pense que la beauté des interactions doit être maintenue. En outre ma réponse à cette dame ne sera sans doute pas publiée, alors je la livre ici parce que je pense que le respect doit être le pilier des échanges…

Ma réponse…


barbara Auzou

Votre commentaire est en attente de modération.

Chère Madame,
Entre mon travail, mon fils handicapé, et ma poésie j’ai mieux à faire qu’à répondre à ce genre de propos où point sans doute une vieille colère ou blessure intime jamais digérée…Mais puisque mes vers sont cités sans mention de mon nom (citer l’auteur est un devoir, dois-je le rappeler à quelqu’un qui semble d’une rigidité incroyable ) je dirai seulement ceci :
René Char ou Eluard doivent se retourner dans leur tombe. La poésie a bien évolué après le XIX ème , siècle rarement dépassé dans l’apprentissage purement scolaire de la poésie.
Il faut croire que les éditeurs ont bien mauvais goût.
Je ne regarde pas la télévision ou très peu.
J’ai une sainte horreur des émissions de télé-réalité pour ma part (nivellement par le bas) et juge souhaitable de passer à autre lecture qu’Hunger Games passé 14 ans…Je ne crois pas pourtant avoir un jour critiqué cet amour que vous semblez avoir pour les séries à la chaîne et les émissions « grand public »…
Blesser volontairement n’a sans doute pour origine qu’une profonde méchanceté.
Bien à vous.

Faire au mieux Madame Borne, oui nous ne faisons que cela…

Cette dame, parce que je me refuse à la reconnaître ministre de ma réalité, nous demande encore une fois de faire au mieux… Et comme elle n’a pas la moindre idée de la configuration de mon établissement (Le mien a mon âge…)

Je l’invite donc dans ma verrière professionnelle…

Alors que 73 départements sont ce dimanche en vigilance orange canicule et que le phénomène devrait se poursuivre jusqu’en début de semaine prochaine, Élisabeth Borne a dit préférer « des décisions au cas par cas selon les territoires »« Tout doit se faire en coordination avec les préfets », a-t-elle affirmé, soulignant que certains « parents peuvent aussi être mis en difficulté » par les fermetures des établissements scolaires.

Image

Image

et merci à toi Evy…

je publie ci dessous ton lien de commentaire

Image

Etat de santé de la santé / Le mur de la honte…

Sur le parking des urgences du CHU de Brest, la CGT a installé mardi des panneaux sur lesquels ont été affichés les nombres d’heures d’attente sur des brancards des patients âgés, souvent très très âgés.

Image

Allez Marthe, René, Georges, Jacques, Rose, Viviane , Bernard, Jacqueline, Roger….De l’humour si vous n’êtes pas déjà morts…Et puis la France défend une autre grande cause , la belle cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques mercredi prochain !!!

( j’espère que de votre chariot vous voyez la télé…)

Pendant ce temps, en douce , ( La France aime ses handicapés) outre l’aide à la création d’activité, réduite de moitié, deux dispositifs incitant les entreprises à embaucher des personnes en situation de handicap sont diminués : l’aide concernant les contrats de professionnalisation, qui passe d’un maximum de 5 000 euros à 3 000 euros, et celle concernant les contrats d’apprentissage, qui tombe d’un maximum de 4 000 euros à 3 000 euros.
L’aide à la recherche et au maintien de l’emploi est quant à elle complétement suspendue, tandis que celle liée à l’adaptation des situations de travail des personnes est désormais limitée à 90 % du surcoût lié à la compensation du handicap, au lieu d’une prise en charge complète.

Gardons la flamme!

Cachez ces fous que nous ne saurions voir… Ah les belles valeurs du sport!

Image

Nantes – Plusieurs hôpitaux psychiatriques auraient reçu l’ordre de ne pas laisser sortir les malades psychiatriques internés sous contrainte pendant le passage de la flamme olympique. Les psychiatres et associations de patients sont vent debout.

Les organisateurs des prochains Jeux Olympiques de Paris, qui auront lieu du 26 juillet au 11 août prochain le répètent à l’envie : ces olympiades seront « populaires » et permettront de rassembler tous les Français dans leur diversité. Si le prix élevé des billets pour assister aux épreuves a déjà bien écorné l’idée de Jeux populaires, ces festivités sportives ne sont également visiblement pas très inclusives.

Il semblerait ainsi que les organisateurs ne soient pas très enclins à laisser certains patients atteints de troubles psychiatriques, suspectés d’être potentiellement dangereux, participer à la fête. 

Plusieurs médias locaux rapportent en effet que des préfectures et des agences régionales de santé (ARS) auraient demandé aux hôpitaux psychiatriques de suspendre les autorisations de sortie pour les malades psychiatriques hospitalisés sous contrainte durant le passage de la flamme olympique, qui traverse la France depuis le 8 mai dernier.

Le personnel du service de psychiatrie du CHU de Nantes confirme avoir été informé de cette suspension des autorisations de sortie et ne cache pas sa colère. Les médecins et infirmiers psychiatres dénoncent une discrimination envers les patients, une perpétuation des préjugés sur la supposée violence des malades psychiatriques et une immixtion dans la prise en charge médicale de ces personnes.