Oscar Wilde à Montréal [mai 1882]

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Oscar Wilde à New York, 1882. Source: Wikipédia

En 1882, l’écrivain d’origine irlandaise Oscar Wilde visitait Toronto et Montréal dans le cadre d’une tournée nord-américaine où il a donné plusieurs conférences. Voici quelques extraits d’articles de journaux concernant sa visite à Montréal.

La Patrie, 15 mai 1882

Oscar Wilde, le seul, le grand Oscar, l’apôtre de l’esthétique, de la culotte, de la crinière à la Chapleau et de la jaquette de velours est en ville et fera ce soir une conférence sur  »l’art dans la décoration ». Tous les cerveaux brûlés, les femmes histériques [sic] et les gommeux décavés sont particulièrement invités à aller entendre et applaudir le seul véritable, l’original et superlativement incroyable Oscar.

The Daily Witness, 15 mai 1882

Mr. OSCAR WILDE

The leader of the aesthetic school has arrived in town, and is staying at the Windsor. Last evening, he was entertained at diner by members of the St. James Club, and was made an honorary member. Today he visits the convent of the Sacred Heart and other places of interest in and about Montreal. Tonight he gives his first and only lecture in Montreal at Queen’s Hall on « Art decoration » and not on the « English Renaissance » or « English Reminiscences » as announced in some of  the city newspapers. The subject is said to be an intensely interesting one, and this, coupled with the fame of the talented lecturer and the praise-worthy object to which the proceeds are to be devoted, should  ensure a bumper house.

The Daily Witness, 16 mai 1882

OSCAR WILDE’S LECTURE

Oscar Wilde on art decoration – The celebrated costume – Art in simple things

The Queen’s Hall was crowded last night. Not only curious seekers after the new and the queer, but men and women who take a deep interest in questions of art, were there in large numbers. About half and hour after the advertised time Mr. Wilde appeared. He was clad in the now famous black velvet old fashioned coat, waistcoat and knee-breeches, black silk hose and buckled shoes. Lace cuffs at the wrists, and lace collar surrounding the neck and falling gracefully over the chest, completed, with the flowing locks, a picturesque costume. After Dr. F. W. Campbell had briefly introduced the lecturer, who had very liberally met the committee’s overture, the tall from advanced, and stood with head erect, body thrown back, and hands clasped in front. Every now and then, the attitude would change, the left hand resting on the hip, while the right hand waved emphasis to emphatic sentences, toyed with a bunch of heavy gold seals, or rested gently on the little desk.

[…]

We had here one of the essentials of art sunlight. Mr. Wilde said that when he went up the hill behind this lovely city, he was delighted with the clear atmosphere, and hope they will never allow it to be polluted with the smoke of factories and tall chimneys, which no man had a right to bring in their midst.

[…]

Mr. Wilde was heartly applauded as he finished his lecture, and without more ado bowed himself on the platform. He gives another lecture in the Queen’s Hall, by special request, on Saturday afternoon, at half past two. (voir The Daily Witness, 22 mai 1882) The object will be the same – the fund of the Women’s Hospital. The subject will be « Exterior and Interior House Decoration » bring the practical application of  the principle of the aesthetic theory to exterior and interior house decoration, and to dress and personal ornamentsL the value of art in education, and the relation of arts to morals.

La Patrie, 17 mai 1882

On dit que le fameux Oscar Wilde a reçu plusieurs invitations des premières familles de notre ville. Ils les auraient refusées presque toutes. La vue de la ville sur la montagne a, paraît-il, frappé son imagination de poète.

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Buffalo Bill et le Wild West Show [août 1885, Montréal]

Charles Dickens, un visiteur prestigieux à Montréal et à Québec (mai 1842)

Sarah Bernhardt suscite la colère du clergé [Québec, 4 et 5 décembre 1905]

Visite fatale à Montréal pour l’illusionniste Harry Houdini [22 octobre 1926]

Un criminel américain capturé en Estrie [19 août 1913]

La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, en images

Les allumetières et la nécrose maxillaire [XIXe et XXe siècles]

La dernière opération est,  paraît-il, fort nuisible aux ouvriers qui fabriquent ces allumettes; on observe généralement dans les manufactures de ce genre, que les émanations phosphorées qui s’en dégagent, occasionnent des bronchites plus ou moins intenses, la chute des dents et la carie de la mâchoire inférieure.

Extrait de La Vallée de l’Outaouais… par Joseph Tassé, 1873.

Dans les fabriques d’allumettes au phosphore ordinaire, il faut avoir soin que la ventilation soit bien régulièrement établie. Les vapeurs de phosphores déterminent, à la longue, une horrible maladie, la nécrose de la mâchoire. J’ai vu, il y a deux ans, une pauvre jeune fille atteinte de cette maladie qu’elle avait contracté dans une fabrique de Beauport; elle en est morte il y a quelques mois.

Extrait de Mélanges historiques, littéraires et d’économie politique par Hubert Larue, 1881

Les allumettières, ces femmes qui fabriquaient les allumettes, s’exposaient à plusieurs dangers. Le problème provenait du phosphore blanc qui était utilisé. Très inflammable, il dégageait des vapeurs qui s’avéraient toxiques à la longue. Cela pouvait causer la nécrose maxillaire. À l’époque, on ne pouvait pas faire grand-chose pour soigner cette maladie, sinon enlever l’os atteint (le plus souvent la mâchoire inférieure). Ce n’est qu’en 1912 qu’on a interdit l’utilisation du phosphore blanc au Canada. Pour fabriquer les allumettes, on a alors privilégié l’emploi du phosphore rouge, beaucoup plus sécuritaire.

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La plus grande fabrique d’allumettes de l’époque au Canada, l’usine E. B. Eddy de Hull. Le Canadien, 12 janvier 1880

La toponymie hulloise commémore le souvenir des allumetières grâce au Boulevard des Allumetières. Aussi, Marie-Paule Villeneuve a publié en 2005 le roman Les demoiselles aux allumettes.

Bibliographie

Hélène Buzzetti. Un lieu, un nom – Le boulevard des Allumettières, un hommage aux ouvrières de Hull. Publié dans Le Devoir (en ligne) le 20 juillet 2011.

Réseau du patrimoine gatinois. [En ligne] Hull et les allumettes [Page consultée le 24 avril 2012] Adresse URL

Raymond Ouimet, <<L’enfer du travail aux Chaudières>> Revue Histoire Québec, Juin 2005 Volume 11 Numéro 1.

Hubert Larue. Mélanges historiques, littéraires et d’économie politique. Garant et Trudel, Québec, 1881, 296 pages.

Joseph Tassé. La Vallée de l’Outaouais, sa condition géographique, ses ressources agricoles et industrielles, ses exploitations forestières, ses richesses minérales, ses avantages pour la colonisation et l’immigration, ses canaux et ses chemins de fer. E. Sénécal, Montréal, 1873, 66 pages.

Billets reliés

Glissement de terrain à Notre-Dame de la Salette [26 avril 1908]

Photographies: Ces enfants qui travaillaient dans les usines de Winchendon, Massachusetts (septembre 1911)

Oscar Benoit et la grève de Lawrence, Massachusetts (29 janvier 1912)

Photographies: Travailler dans les usines de la Nouvelle-Angleterre (Burlington, Vermont, début XXe siècle)

Fort Duquesne, fort français (Pittsburgh, Pennsylvanie)

Un fort dans la vallée de l’Ohio

Le fort Duquesne fut construit là où se rejoignent les rivières Monongahela et Allegheny pour devenir la rivière Ohio. Le fort était situé à l’emplacement de ce qui est aujourd’hui le Point State Park,  sur le territoire de la ville de Pittsburgh, Pennsylvanie. Le fort a été en usage entre 1754 et 1758.

En 1754, le gouverneur de la Nouvelle-France Michel-Ange Duquesne de Menneville donna comme mission à  Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur de renforcer la présence française dans la vallée de l’Ohio. C’est le 16 avril 1754 que de Contrecoeur et ses troupes délogèrent les Anglais du fort Prince George, un fort en construction, qui fut détruit. Sur le même site, les Français érigèrent un fort nommé Duquesne en l’honneur du gouverneur. Ce fort servit

de tremplin aux activités commerciales et à la consolidation des alliances militaires avec les autochtones de la région. (réf.)

Plan of fort Le Quesne built by the french at the Fork of the Ohio and Monongahela in 1754
Plan of fort Le Quesne built by the french at the Fork of the Ohio and Monongahela in 1754
Source: Bibliothèque nationale de France

Les relations entre Français et Britanniques dans la région n’étaient évidemment pas empreintes de cordialité. Par exemple, le 28 mai 1754, Joseph Coulon de Villiers de Jumonville et des soldats français furent tués sur le site de l’actuelle ville de Jumonville. Le commandant des troupes britanniques était alors un certain George Washington.  Un an plus tard, le 9  juillet 1755, le fort Duquesne  fût attaqué par les troupes du général Edward Braddock, mais les Français et leurs alliés amérindiens tinrent bon. L’armée britannique était composée de 2500 à 3000 soldats tandis que les Français et les Amérindiens étaient environ 2000. (réf.)

En 1758, les Britanniques tentèrent une fois de plus de faire tomber le fort Duquesne. Une bataille eut lieu au cours de la nuit du 14 au 15 septembre et la victoire alla aux Français. En octobre fût signé le traité d’Easton:  l’allégeance des tribus amérindiennes de la région bascule du côté des Anglais. Le dernier commandant du fort Duquesne, François-Marie Le Marchand de Lignery, décida alors d’abandonner le fort qui fut détruit aux alentours du 23 novembre pour éviter qu’il ne tombe aux mains des Anglais.
Plan du Fort Duquesne
Plan du Fort Duquesne
Source: Bibliothèque nationale de France

Voici comment l’artiste Alfred Waud a illustré l’arrivée des britanniques au fort, après le départ des français.

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Fort Duquesne Pittsburgh, Pennsylvanie par Alfred Waud. Source Wikipedia.

Les britanniques occupèrent les lieux et y bâtirent le fort Pitt.

Ce qu’il reste du fort Duquesne

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Briques marquant l’emplacement du Fort Duquesne au Point State Park de Pittsburgh Source: Wikipédia

Il subsiste peu de vestiges du fort. Pendant les rénovations du parc Point State en 2007, on a découvert un drain et possiblement une pierre d’un mur du fort.

Il ne semble pas y avoir eu de fouilles archéologiques intensives sur le site du fort.

Toujours au parc Point State, on a pu voir une plaque érigée le 8 mai 1969 commémorant le fort français (la plaque a été retirée en attendant sa relocalisation) et des lignes formées de briques indiquent l’emplacement du fort Duquesne. Au centre du tracé, on voit un médaillon sur lequel est gravé un plan du Fort Duquesne. Pour voir le médaillon, cliquez   ici. Il est inscrit sur ce monument la phrase suivante:

“This marks the exact site of Fort Duquesne, built by
the French in 1754. The fort was destroyed by the
French on the approach of the English Army in 1758.”

Voici, via Google maps, le site du fort Duquesne, tel qu’on peut le voir de nos jours.

En ce qui concerne la toponymie relié au fort et au gouverneur Duquesne, signalons que dans la région de Pittsburgh, il y a l’université Duquesne et le pont Fort Duquesne. Du côté littéraire, Gustave Aimard a publié en 1910 un roman intitué Fort Duquesne qui porte sur l’affaire Jumonville.

Bibliographie

Registres des Baptesmes et Sepultures qui se sont faits au Fort Duquesne pendant les années 1753, 1754, 1755, & 1756 (contient des actes du fort de la Rivière aux boeufs)

Daughters of the American Revolution,  Pittsburgh Chapter. Fort Duquesne and Fort Pitt Early names of Pittsburgh Street. The Eichbaum Press, Pittsburgh,  1899, 74 pages.

Fernand Grenier.  »PÉCAUDY DE CONTRECŒUR, CLAUDE-PIERRE ». Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=36253

Pierre-L. Côté. DUQUESNE (Du Quesne, Duqaine, Duquêne) DE MENNEVILLE, ANGE, marquis DUQUESNE.  Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/FR/009004-119.01-f.php?id_nbr=1872

C. J. Russ. LE MARCHAND DE LIGNERY, FRANÇOIS-MARIE.  Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=1485&&PHPSESSID=vzofxpjx

Wikipédia. [En ligne] Bataille de la Monongahela [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Monongahela

Wikipédia [En ligne] Fort Duquesne [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Fort_Duquesne

Wikipédia [En ligne] Treaty of Easton  [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Treaty_of_Easton

Ronald J. Dale  [En ligne] L’Encyclopédie canadienne, Fort Duquesne [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL; http://www.thecanadianencyclopedia.com/fr/article/fort-duquesne/

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Les blockhaus [XVIIIe et XIXe siècle]

Québec après les bombardements de 1759 par Richard Short

1759: Du sentier de la guerre aux plaines d’Abraham

Journal du siège de Québec

Ecoutez 104 histoires de la Nouvelle-France

Election mouvementée dans Québec Centre [Québec, 5 août 1872]

Extrait du Canadien, édition du 7 août 1872

BULLETIN ELECTORAL

QUEBEC CENTRE

La votation a eu avant-hier dans Quebec Centre et s’est terminée par l’élection de M. Cauchon (Joseph-Edouard Cauchon), à une majorité de 270 voix.

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Joseph-Edouard Cauchon en 1875 par William James Topley. Source: Wikipédia et Bibliothèque et Archives Canada

Malgré les meilleures dispositions  dont ont pu faire preuve les chefs des deux partis, il y avait une telle excitation, une telle passion parmi le peuple, qu’il s’en est suivit des désordres où il y a eu du sang versé et même perte de vie.

Durant la première partie de la journée, il y avait égalité de force entre les partis, que la victoire a été longtemps indécise, et ce n’est que lorsque le parti Ross (James Gibb Ross) a vu que la victoire lui échappait, qu’il s’est alors livré à des excès qui comme toujours ont donné lieu à des représailles.

Les premiers désordres ont eu lieu vers une heure, au poll de la rue d’Aiguillon où un parti de forts à bras a essayé, sans succès, de s’emparer du poll.

Repoussés sur ce point, ils se sont organisés de nouveau, les uns armés de revolver, les autres d’assommoirs et de pierres, puis se sont précipités à l’improviste sur le poll de la rue Couillard. Là, la partie ne pouvant pas être égale, puisqu’au coups de revolvers, le parti Cauchon ne pouvait répondre que par des pierres.

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James Gibb Ross vers 1880. Source: BANQ et Wikipédia

Ce dernier poll tomba donc entre les mains du parti Ross, mais l’officier rapporteur a pu s’échapper avec ses livres. Ce poll, en conséquences, a dû  être clos à 2 1/4 heures.

Le parti Cauchon chassé sur ce point s’est organisé s’est dirigé en forces sur le faubourg Saint Jean, et s’est emparé des polls; mais là, comme dans la rue Couillard, les officiers rapporteurs ont pu se retirer avec leurs livres, et la votation a été arrêtée.

De sorte que vers trois heures de l’après-midi, les polls, moins deux ou trois, ont dû se fermer, mais partout les officiers rapporteurs ont pu emporter avec eux leurs livres intacts.

La foule, dans le paroxysme  de la fureur, et n’ayant plus à suivre les péripéties de la votation, crut n’avoir rien de mieux à faire que de s’organiser en camps de Cauchon et de Ross, et de se livrer des combats où l’ont fit un libre usage de revolvers, de pierres et de lèche coquins.

Ce triste genre d’amusements se continua jusque vers 7 1/2 heures du soir, et le nombre de ceux qui ont reçu des blessures a dû être assez grands, car à chaque pas on rencontrait des combattants couverts de sang, la figure toute meurtrie.

La passion était portée à un tel point parmi cette foule compacte et furieuse, qu’on eut dit qu’elle ne désirait que du sang et rien d’autre chose que du sang.

Malheureusement, le tout ne s’est pas borné à des blessures de peu de gravité; nous avons à enregistrer une perte de vie: James Grandle, fabricant de voile, du Cap Blanc, appartenant  au parti de Ross, et porteur d’un drapeau, reçu une balle dans le côté gauche qui mit fin à ses jours.

La police  a bien fait son devoir en cette occasion, mais le nombre de combattants était si grand, le combat était engagé sur tant de points différents, qu’elle était, pour ainsi dire, impuissante et ne pouvait rétablir l’ordre par tout à la fois.

Les endroits où les combats se sont engagés avec le plus d’acharnement ont été les alentours du cimetière anglais, sur la rue Saint Jean. Certains des combattants s’étaient réfugiés dans ce cimetière et abrités par les murs et les arbres qui s’y trouvent, ils déchargeaient leurs revolvers sur leurs ennemis qui étaient dans la rue, sans être exposés aux coups de ces derniers.

Parmi ceux qui ont été le plus grièvement blessés, se trouve M. Pope, qui représentait M. Cauchon au poll de la rue Couillard. Ce monsieur a reçu un coup d’assommoir, qui l’ont mis dans un bien triste état.

Un jeune Fitzpatrick a reçu une balle dans la joue.

Un M. Frenette a eu la peau de la tête sillonnée par une balle.

Clavet, Ernst et Robitaille, de la police provinciale, ainsi  que deux autres de leurs confrères, ont été sérieusement maltraités.

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Un jeu dangereux [Québec, été 1869]

Comment déranger les députés [Québec, 12 février 1836]

Explosion au Parlement [Québec, 11 octobre 1884]

Robert Chambers, le dernier maire anglophone de Québec (1809-1886)

Francis Zuell, victime d’un brutal assaut [Québec, 20 septembre 1864]

Extrait du Canadien du 21 septembre 1864

Un homme de couleur du nom de Zuell, réparateur de parapluie, a été battu de la manière la plus brutale par quelques vauriens, à St. Roch, hier matin. Sans l’intervention de M. Young, marchand de quincaillerie de la rue Craig, les bandits l’auraient peut-être laissé mort. On suppose que cet assaut a été commis par les individus que Zuell fit traduire devant les tribunaux il y a deux ans, et qui doivent être récemment sorti du pénitencier, où ils avaient été enfermés pour cette offense.

Le Quebec Morning Chronicle du 8 avril 1861 nous en apprend plus sur ce premier assaut.

Late on Saturday evening, an affray took place in a house, occupied by a man named Francis Zuell, corner of Grant and St. Francis streets, St Rochs, in the course which Zuell was stabbed with a knife in the left side of the back. The wound is a serious one but, we believe, not dangerous, and the wounded man was attended by Dr Rousseau. Information of the affair having been convoyed to the Chief of Police, he started on the search, accompanied by Constable Jalbert, and succeded in arresting three youths named respectively Holden, Williams and Foley, who are implicated in the affray. The two latter where arrested at their respective residences in St. Roch’s. Holden was taken, about three o’clock yesterday morning, after a long and tedious search, at the house of a relative near St. Paul’s Market; and Zuell states that it was by him that he was wounded. It appears that the fight arose out of some dispute which took place between Zuell and a number of boys who where in the house.

Le registre d’écrous des prisons de Québec au 19e siècle (BANQ) nous apprend que les trois personnes arrêtées pour l’attaque de 1861 sont James Holden (18 ans), Thomas Williams (16 ans) et John Foley (15 ans). Thomas Williams a été libéré le 16 avril, tandis que James Holden et Thomas Williams l’ont été le 29 avril. Ils ne semblent pas être liés à l’attaque perpétrée en 1864.

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Annuaire Marcotte, 1881-1882. C'est la dernière mention de Francis F. Zuel dans cet annuaire. D'après les données des éditions précédentes, il a la plupart du temps été réparateur de parapluie à Québec, sauf en 1866-1867 où il est indiqué qu'il est barbier.

Billets reliés

Un enfant abandonné [Québec, 27 février 1864]

Annuaires Marcotte de Québec et leurs prédécesseurs, 1822-1920

Hier matin, une femme de mauvaise vie… [Québec, 25 février 1864]

En garde! Duels à Montréal [1819 et 1837]

John Placket et Patrick Murphy, accusés du meurtre de la veuve Godin (Les Écureuils, auj. Donnacona, 1814)

La justice en 1817,1837 et 1857: quelques exemples de condamnations

Le tremblement de terre de San Francisco [18 avril 1906]

Le 18 avril 1906 avait lieu le grand tremblement de terre de San Francisco. D’une magnitude d’environ 8.2 sur l’échelle de Richter, il a fait plus de 3000 morts (réf.). Cette catastrophe a été relatée dans plusieurs articles de journaux d’ici, La Patrie ne faisant pas exception.

J’ai sélectionné quelques bribes d’articles publiés par La Patrie qui portent sur les canadiens-français qui étaient là lors de l’évènement.

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Vue panoramique de San Francisco en 1906 après le tremblement de terre. Source. Wikipédia et National Archives and Records Administration

20 avril

Personnel
Parmi les Canadiens qui demeurent à San Francisco, mentionnons le Dr. Marquis et M. A. M. Bergevin. M. Bergevin est l’un des officiers du Bohemian Club, le club le plus fashionable de l’endroit. M. Bergevin logeait depuis une couple d’années au Palace Hotel avec sa femme et son enfant.

[…] Il y a une quinzaine de jours, il donnait de ses nouvelles au rédacteur de La Patrie. M. Bergevin était-il de retour à San Francisco hier? Nous l’ignorons. Il a été impossible de communiquer avec lui par télégraphe.

M. Pierre Bergevin, commerçant de bois, frère de M. Chs. Bergevin, de Québec, M. Hercule McKercher de Lanoraie, etc habitant San Francisco depuis un grand nombre d’années.

24 avril

UNE VICTIME DE LA CATASTROPHE

M. Arthur Poulin, établit depuis 20 ans à San Francisco a perdu ce qu’il possédait

LA VIE SAUVE

Sa maison est au nombre de celles qu’on a fait sauter avec de la dynamite

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La Patrie, 24 avril 1906

M. et Madame P. Poulin, viennent de recevoir une dépêche de leurs fils Arthur qui habite San Francisco depuis 20 ans leur annonçant que lui, son épouse ainsi que son fils, âgé de sept ans, sont sortis du feu de San Francisco sains et saufs mais qu’ils ont tout perdus ce qu’ils  possédaient.

Ils devront s’embarquer ce soir  pour Montréal, de Berkeley, Californie, où ils se sont réfugiés après la catastrophe de mercredi dernier.

M. Arthur Poulin demeurait au No. 526 rue Harrison. Il était propriétaire de la maison qu’il occupait depuis quelques mois. Ce fut l’une des premières résidences que l’on fit sauter à la dynamite pour empêcher l’incendie de se propager au loin.

M. Poulin était contremaître aux entrepôts de la Eisen Vineyard co de San Francisco, entrepôts qui furent aussi détruit par le tremblement de terre et l’incendie.

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La Patrie, 24 avril 1906

Le père de M. Arthur Poulin est M. Pierre Poulin, secrétaire trésorier de la Canadian General  Service & Colonisation  Co ayant ses bureaux d’affaires au no8 Boulevard Saint-Laurent.

Par l’entremise d’un autre de ses fils, demeurant à Seattle, il a, par mandat télégraphique fait tenir une somme de $300 ce matin à son fils Arthur qui partira de Berkeley ce soir pour revenir à Montréal

28 avril

MONTREALAIS A SAN FRANCISCO – M. CAMILLE MARTEL DONNE DE SES NOUVELLES

Un Montréalais, M. Camille Martel, autrefois marchand de machines à coudre dans cette ville et établi depuis environ deux ans à San  Francisco où il était le vice-président de la  »Market Street Bank » vient de donner de ses nouvelles.

Dans une carte postale datée d’Alley Springs, Colorado, le 21 avril, à l’adresse de sa soeur, mademoiselle Anne  Martel, de la rue St-Hubert, M. Martel s’exprime ainsi: Nous sommes tous sains et sauf et loin maintenant de tout danger. A plus tard, les détails de ce terrible évènement ». Signé  »Camille ».

M. Martel était à San Francisco avec sa femme et ses trois frères dont deux sont mariés. D’après la carte postale, tout la famille est en bonne santé.

1er mai

LES NOTRES À SAN FRANCISCO

Une description intéressante du désarroi qui a suivi la catastrophe

M.  Christophe Gamache, constable de la ville de Montréal, vient de recevoir une lettre de son fils Joseph établi à San Francisco depuis quelques mois.

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San Francisco, 18 avril 1906. Source: Library of Congress

M. Gamache entretenait les plus sérieuses craintes sur le sort de son fils et de la famille de celui-ci. Aussi fut-il comblé de joie par la réception de cette lettre, écrite à la hâte, au crayon, mais peignant sur le vif le désarroi de la malheureuse ville au premier moment.

San Francisco, 22 avril 1906,

Chers parents,

Je vous aurais écrit tout de suite après le tremblement de terre, mais il n’y avait pas de communications postales. Je suppose que vous avez lu les journaux; ils ne peuvent exagérer notre position.

C’est une expérience que je ne vous souhaite jamais.

Ma petite famille est bien; nous avons pu nous sauver tous vivants et c’est déjà beau, car nous étions logés au centre même du désastre. Tout le monde courait dans la rue, mais plusieurs qui n’ont pas eu le temps de prendre la fuite, ont été écrasés. Il y a dans le sol des crevasses assez larges pour engloutir une maison.

Nous sommes actuellement nourris par le Gouvernement. On couche dans les rues et les parcs. Il y a chaque jour morts d’hommes par le fusil ou le pistolet.

Il y a eu au commencement beaucoup de pillages; mais ensuite les pillards qu’on trouvait en flagrant délit étaient tués sur le champ. Les soldats nous forcent de leur prêter assistance pour maintenir la paix et ensevelir les morts. Tout refus est puni de mort. Je suis réquisitionné pour retirer les cadavres. Ca commençait à empester dans le quartier détruit.

Il fait beau, c’est la seule chance que nous avons dans notre malheur. Des voitures passent, chargés d’aliments, les affamés se jettent dessus comme des sauvages, ma femme, mon enfant et moi, nous faisons comme les autres.

Que Dieu nous vienne en aide!

JOSEPH GAMACHE

No 1717, 18e Avenue, San  Francisco.

Et pour terminer, voici une vidéo tournée en 1906 montrant les dommages subis lors du tremblement.

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Glissement de terrain à Notre-Dame de la Salette [26 avril 1908]

La terre a tremblé en Nouvelle-France (5 février 1663)

Les tremblements de terre au Québec (1663-1988)

18 décembre 1874: élection d’un natif de Mascouche à la mairie de Los Angeles

L’or de la Californie: l’épopée des Rioux de Trois-Pistoles (1849-1852)

Glissement de terrain à Notre-Dame de la Salette [26 avril 1908]

On sait que dans la nuit du 4 au 5 mai 1971, il y a eu un glissement de terrain à St-Jean-Vianney (31 morts). Mais saviez-vous que le glissement de terrain le plus meurtrier du 20e siècle au Québec s’est déroulé le 26 avril 1908 à Notre-Dame-de-la-Salette et qu’il a fait 33 morts (37 selon certaines sources)? Voici comment la Patrie du 27 avril 1908 a rapporté l’évènement.

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Une de la Patrie, 27 avril 1908

Buckingham., 27. Samedi soir, le coquet petit village de Notre-Dame de la Salette s’est endormi, comme à l’ordinaire, dans le calme et la tranquilité.

Les eaux de la Lièvre qui coulait au bas de la berge taillée à pic étaient grossie par la fonte de la neige, mais pas plus qu’à l’ordinaire, à cette époque de l’année. La rivière charriait de la glace, mais la crue des eaux donnait un passage libre aux glaçons. Tout était donc à l’état normal, lorsqu’une par une, les lumières s’éteignirent dans les petites maisons de ferme et que la nuit s’étendit sur le village.

A QUATRE HEURES

du matin, dimanche, les habitants furent éveillés par un sourd grondement comme le bruit du tonnerre. En même temps, le sol oscilla et les maisons sursautèrent. Brusquement, arrachés de leur sommeil, muets de terreur, les habitants écoutèrent et attendirent, se demandant si ce n’était pas la fin du monde.

Du côté de la rivière, le bruit sourd continuait de se faire entendre, augmentant la confusion des gens. Puis, le bruit cessa  et tout rentra dans le silence le plus absolu.

Soudain, l’on entendit un craquement terrible, non plus du côté de la rivière, mais au centre même du village. Il y eut comme une poussée dans l’air et un sifflement comme le bruit d’un cyclone.

OU ÉTAIENT CES MAISONS?

Les villageois s’élancèrent dehors et s’aperçurent que la moitié du village était disparue et que là ou était la côte coulait un impétueux torrent. Là où étaient les fermes et leurs dépendances, s’élevaient des pyramides de glace que les flots tourmentés de la Lièvre assaillaient de toute part.

Quatorze maisons de ferme étaient disparues. Qu’étaient devenus les habitants? Où étaient les quarante personnes qu’abritaient ces maisons? Il n’y avait pas un être vivant dans cet amoncellement de ruines.

[…]

L’EBOULEMENT

Sur l’autre rive de la rivière, là où il y avait une côte de quarante pieds de hauteur, et sur laquelle était située la ferme de Camille Lapointe,  il n’y avait plus qu’un trou béant. La ferme, la maison et ses dépendances avaient tout simplement été précipitées dans la rivière et projetée de l’autre côté. Alors, la glace s’est amoncelée et forma un barrage de trente-cinq a quarante pieds de hauteur, l’eau s’élevant de plus en plus.

Le village étant situé dans une petite baie couronnée de hautes collines. C’étaient [sic] la partie la plus basse du sol de la région, et comme les eaux de la rivière devaient se trouver une issue, elles débordèrent, entraînant une masse terrible de glace sur le petite hameau.

Une quinzaine de maisons furent englouties et tous  ceux qui les habitaient ont péri. Il n’y eut pas d’appel au secours. En un instant

TOUT ETAIT CONSOMME

Comme un immense raz de marée les flots s’élancèrent dans la rivière au-dessous, et s’étant forcé un chenal autour de dix arpents de terre qui formaient le barrage, la rivière baissa jusqu’à ce qu’elle atteignit un niveau d’environ douze pieds plus élevé que celui de samedi.

[…]

La rivière du Lièvre est large de 100 pieds à cet endroit. Les maisons sont réparties des deux côtés. Du côté ouest, la falaise atteint une hauteur de 40 pieds contre 10 pieds du côté est. A quatre heures hier matin, sur une longueur d’environ un demi-mille, la terre s’est écroulée dans la rivière, engloutissant deux maisons. Le déplacement de l’eau a rejeté les banquises de glace de la rivière sur l’autre rive, une inondation s’est produite, et la glace, projetée avec violence contre les maisons en a détruit 11.

LA CAUSE

du désastre est la formation géologique de la falaise, qui repose sur un lit d’argile et de sable. Les sources qui viennent prendre naissance en-dessous minent le sol peu a peu.

La plupart des victimes ont été inhumées le 28 avril 1908. Voici les noms que j’ai pu retrouver en consultant les actes de la paroisse.

  • Alexina Lamoureux, femme de Napoléon Charron et ses enfants, Amanda, quatre ans, Adélard, trois ans et William Charron, sept mois.
  • Rose Anna Charron (inhumée le 24 juin), 31 ans, femme d’Augustin Larivière et ses enfants Camille, 10 ans, David,  Emma, six ans, Rose, deux ans et  Albert, onze mois
  • Georges Morissette, 10 ans, fils de Louis et de Sophie Deslauriers.
  • Cléophas Deslauriers, 34 ans et sa femme, Célina Paquin, 35 ans ainsi que leurs enfants, Damien, 11 ans et Wilfrid, huit ans et Albert, sept ans, Lucien, cinq ans, Béatrice, trois ans (inhumée le 5 juin) et Alice, six mois.

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Cléophas Deslauriers et Célina Paquin, La Patrie,30 avril 1908
  • Emilie (Emélie) Labelle, 75 ans, veuve d’Emmanuel Lapointe.
  • Daniel Lapointe, 19 ans, Eddy, 14 ans, Arthur, 12 ans, Angus, neuf ans et Henri Lapointe, sept ans, fils de feu Camille et de Christian (Christina) McMillan
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 A ma connaissance, Christiane (Christina) McMillan, veuve de Camille Lapointe, a survécu. La Patrie, 28 avril 1908
  • Alesina Légaré, 30 ans, femme de Joseph  Murray (corps non retrouvé) et ses fils Arsidas,10 ans, Wilfrid, neuf ans (inhumé le 3 juin) et ses filles, Florida, sept ans et Anna, cinq ans (inhumée le 28 mai)
  • Adélard Murray, 30 ans, fils de François et de Louise Gagnon
  • Emélie Gravel, 39 ans, femme de Paul Desjardins et leur fils Elias, 6 ans
  • Florimond Desjardins, 13 ans fils de Paul et Alphonsine Mallette (beau-fils de la précédente?)

Une communauté décimée.

Bibliographie

La Patrie 27, 28, 29 et 30 avril 1908

Bilan du siècle [En ligne] Glissement de terrain à Notre-Dame de la Salette [Page consultée le 15 avril 2012]. Adresse URL

Ressources naturelles Canada. [n’est plus en ligne] L’Atlas du Canada Glissements de terrain [Page consultée le 15 avril 2012].

Sécurité publique Canada. [n’est plus en ligne] Glissements de terrain et avalanches importants des XIXe et XXe siècles [Page consultée le 15 avril 2012]

Ressources naturelles Canada. [n’est plus en ligne] ELes glissements de terrain [Page consultée le 15 avril 2012]

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Basculer dans le vide [Beloeil, 29 juin 1864]

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Samedi soir, vers 7 1/2 h. un enfant d’environ trois semaines a été trouvé couché dans un panier, dans la ruelle qui mène au marché Champlain. Le pauvre petit, qui était encore vivant, a été transporté à un des asiles de la cité. Une vieille mendiante, du nom de Smith, que la police a vu rôder vers le soir dans les environs, a été arrêtée sous le soupçon d’avoir été employée par les parents inhumains pour exposer l’enfant.

Extrait du Canadien, 29 février 1864

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Il apprend sa propre mort [un homme éberlué, Montréal, 11 avril 1915]

ON LUI APPREND QU’IL EST MORT

M. Viateur Laforest, de l’Avenue Laval, se rend compte lui-même des regrets qu’il laissera en quittant ce monde

AU PRÔNE DU DIMANCHE

M. Viateur Laforest, président de la maison de comptabilité Laforest, Brault & Cie, demeurant avenue Laval no.269, peut se faire une idée assez juste de l’estime dont il  jouit et des regrets qu’il laissera en quittant notre vallée de larmes. Il est, en effet, un des rares survivants à leur propre mort et il ne suffit pas depuis hier de répondre lui-même aux messages de sympathie adressés à sa famille à l’occasion de son décès anticipé. Toute macabre qu’elle puisse être cette histoire a aussi son côté drôlatique.

M. Laforest assistait hier à la messe de 8 heures hier matin dans une église du centre de la ville quand un des vicaires faisant les annonces d’usage le recommanda aux prières des nombreux fidèles en disant qu’il venait de mourir subitement à sa maison privée. Il n’en crut  pas d’abord ses oreilles, mais il fallut se rendre à l’évidence en constatant braqués sur lui les regards stupéfaits de plusieurs des assistants qui le connaissaient bien et croyaient maintenant se trouver en présence de son spectre. Son premier mouvement fut de sortir de l’église et de courir chez lui pour s’assurer de ses propres yeux si en effet il était bien sur sa propre couche funèbre, mais il se ravisa de crainte de causer une panique dans le temple et méditant profondément sur ses fins dernières, il s’agenouilla pieusement avec tous les fidèles après le prône, lorsque le prêtre, selon la coutume, récite le Pater et l’Ave pour le repos de l’âme des défunts. Jamais il ne pria, dit-il, avec autant de ferveur, mais après la messe il n’eut rien de plus pressé que d’aller s’enquérir à la sacristie de la cause de ce mystère.

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La Patrie, 12 avril 1915.

Nouvelle stupéfaction, mais cette fois de la part du vicaire. On courut aux informations et finalement on constata l’erreur. La nouvelle de la mort de M. Arthur Dorais, voisin de M. Laforest, avait été mandée par téléphone au presbytère et comme il y a ressemblance de consonance dans les deux noms, l’on avait distraitement écrit l’un pour l’autre.

L’erreur a été corrigée aux messes suivantes, mais la mort de M. Laforest courait déjà la ville et les condoléances ont afflué pendant toute la journée au No 269 de l’avenue Laval.

M. Laforest, à qui un représentant de la PATRIE a présenté ses félicitations ce matin, est bien amusé de cet incident, qui lui a procuré, comme nous le disons au commencent une occasion aussi unique de compter ses amis. Il ne s’en croyait pas autant.

Extrait de la Patrie, 12 avril 1915

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Aram Jules Pothier, lieutenant-gouverneur du Rhode Island [7 avril 1897]

En avril 1897, un canadien-français s’illustrait sur la scène politique du Rhode Island.

UN CANADIEN-FRANCAIS

Gouverneur du Rhode Island

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La Patrie, 8 avril 1897

Une dépêche de Woonsocket, R. I. , reçue ce matin, nous apprend que M. Aram J. Pothier a été élu lieutenant-gouverneur du Rhode Island par une majorité de 2,079 voix, sur un vote total de 35,571.

Cette bonne nouvelle sera reçue avec un vif plaisir dans la Province de Québec, dans la Nouvelle-Angleterre, dans l’Ouest, partout, enfin, où habitent les nôtres.

A  »La Patrie », nous avons toujours porté beaucoup d’intérêt à la cause française aux États-Unis, et l’élection de M. Pothier nous prouve que le mouvement de naturalisation si vigoureusement poussé depuis quelques années, a donné aux Canadiens-Français de la Nouvelle Angleterre une importante politique sociale que personne ne peut contester.

Ce triomphe d’un de nos compatriotes nous prouve aussi que les habitants du Rhode Island  nous respectent et nous estiment.

M. Pothier voudra bien agréer nos plus cordiales félicitations.

Extrait de La Patrie, 8 avril 1897

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Aram Jules Pothier, photo non-datée. Source: Library of CongressIl est né le 26 juillet 1854 à à Saint-Chrysostôme (Montérégie), fils de Jules et de Domitilde Dallaire.

Jules-Aram Pothier est né le 26 juillet 1854 à Saint-Jean-Chrysostôme, fils de Jules Pothier et de Domitilde Dallaire.

Élu maire de Woonsocket en 1893, il a été ensuite lieutenant-gouverneur du Rhode Island de 1897 à 1898. Par la suite, il a été gouverneur du Rhode Island de 1909 à 1915, puis de 1924 à 1928. Il est décédé le 4 février 1928 à Woonsocket.

A Woonsocket, la Pothier elementary school porte son nom.

Bibliographie

Erik Eckilson [En ligne] Aram Pothier [Page consultée le 8 avril 2012] Adresse: http://www.woonsocket.org/index.html

Le Monde illustré, 24 avril 1897, p. 820 et 821

Martin Pâquet. « Un rêve américain : Aram-Jules Pothier, gouverneur du Rhode Island » Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec, n° 61, 2000, p. 27-32. Adresse URL: http://www.erudit.org/culture/cd1035538/cd1043394/8565ac.pdf

National Governors Association[En ligne] Rhode Island Governor Aram Pothier [Page consultée le 8 avril 2012] Adresse URL

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