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Le Colonialisme de peuplement à la lumière de Fanon
L’année 2024 fut celle du centenaire de la naissance du guinéen et cap-verdien Amilcar Cabral, un des penseurs encore trop méconnus des processus et des luttes de libération nationale. L’année 2025 sera celle des centenaires de la naissance de l’afro-états-unien Malcolm X (19 mai), du congolais Patrice Lumumba (2 juillet) et du martiniquais et algérien[1] Frantz Fanon (20 juillet). Ces quatre anniversaires surviennent dans une séquence historique où de la Kanaky à la Palestine, en passant par le Sahara occidental, la Polynésie, Mayotte, les Bermudes, Porto-Rico, les Iles Vierges, etc., la question de la colonisation directe reste posée. Ils se déroulent surtout dans une phase du système impérialiste mondial qui voit se déployer de nouveaux processus de colonisation. De la Libye à la Syrie, du Soudan à la République Démocratique du Congo, la balkanisation et le chaos, sont impulsés comme stratégie du maintien du lien de dépendance total c’est-à-dire de la colonisation sous de nouveaux masques.

Dans la même séquence historique et sans surprise des mouvements populaires se développent redécouvrant les concepts, les revendications, les figures et les aspirations des décennies 50 à 70 qui furent celles de Bandung, des luttes indépendantistes armées, des congrès panafricains, de la tricontinentale, de la dénonciation du néocolonialisme, etc. L’aspiration au Bolivarisme dans de nombreux mouvements et pays d’Amérique Latine, celle au Panaficanisme dans de nombreux pays africains, le retour d’expression comme « néocolonialisme », « seconde indépendance », « patriotisme », la redécouverte et la revendication des figures de Cabral, Keita, Sankara, etc, par de nombreux mouvements de jeunesse africains et dans les diasporas, tous ces constats expriment, selon nous, l’ouverture d’une seconde phase des luttes de libération nationale, après plusieurs décennies de contre-révolution mondiale consécutives au bouleversement du rapport des forces en faveur de l’impérialisme hégémonique états-unien suite à la disparition de l’URSS.
Bien entendu cette nouvelle phase est loin d’être homogène. Chaque situation nationale revêt ses propres spécificités en lien avec l’histoire nationale et avec les configurations de classes qui se sont cristallisée depuis les indépendances formelles c’est-à-dire depuis la substitution du néocolonialisme à la colonisation directe. Les prises de conscience évoquées ci-dessus restent parsemées de nombreuses confusions idéologiques et illusions politiques. Cela ne diminue en rien leurs importances et la force de transformation qu’elles charrient. Les nécessités historiques empruntent les chemins qu’elles peuvent prendre. Les grands sauts qualitatifs en matière d’émancipation ne prennent jamais une « forme pure ». Ils se réalisent comme ils peuvent c’est-à-dire en fonction des héritages et transmissions des luttes passés, de l’état du rapport des forces mondial, de l’existence ou non d’un mouvement anti-impérialiste dans les centres impérialistes, du degré d’organisation des porteurs de ces nouvelles aspirations et de leur ancrage au sein des classes populaires, qui restent celles ayant un intérêt total à la sortie de la dépendance coloniale. Bien sûr les autres classes qui se sont cristallisé depuis les indépendances formelles peuvent avoir intérêts à desserrer l’étau colonial, mais seules les classes populaires ont un intérêt vital à le faire exploser entièrement. Dans ces périodes de nouvel essor des luttes, la prise en compte des leçons du passé est une nécessité incontournable.
Cette conclusion pertinente pour toutes les formes de colonisation est, à fortiori, encore plus prégnante, pour la colonisation de peuplement à l’image de celles en œuvre en Palestine, au Sahara occidental ou en Kanaky. Pour ces colonisations la pensée et l’action de Frantz Fanon s’imposent. Toutes deux furent en effet élaborées dans le cadre d’une colonisation de peuplement, celle de l’Algérie.
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