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Substack

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Logo de Substack

Adresse substack.com
Description Plate-forme d'autoédition diffusant des infolettres sur abonnement
Commercial oui
Écrit en JavaScript, Ruby[1]
Licence propriétaire
Publicité non
Langue multilingue
Inscription facultative et gratuite, des contenus sont payants
Siège social San Francisco
Drapeau des États-Unis États-Unis
Propriétaire Substack Inc.
Lancement Voir et modifier les données sur Wikidata
Revenus millions de dollars (2021)[2]

Substack est une plateforme en ligne américaine lancée en 2017 qui fournit une infrastructure de publication, de paiement, d'analyse et de conception pour prendre en charge des lettres d'information fonctionnant par abonnement[3].

La plateforme est disponible en ligne ou dans l'application mobile iOS et permet de créer, lire ou réagir à des lettres d'informations[4].

Image
Chris Best lors d'une conférence en 2015.

Substack est fondé en 2017 par Chris Best, Jairaj Sethi et Hamish McKenzie. Chris Best et Jairaj Sethi avaient travaillé ensemble au préalable sur un autre projet, Kik, une application de messagerie instantanée similaire à Whatsapp. De son côté, Hamish McKenzie est journaliste[5]. Substack se présente comme un outil permettant de pallier les problèmes du monde journalistique confronté aux réseaux sociaux et à leurs algorithmes ; l'entreprise assure ne pas être un média mais une simple plateforme technologique[6]. Les internautes peuvent s'abonner à des lettres d'information payantes, et Substack empoche une commission de 10% sur les revenus ainsi générés tandis que les auteurs et autrices touchent le reste[7]. Le site développe ainsi un outil similaire à des outils préexistants tels que TinyLetter, Lede ou encore Ghost (qui n'est pas commercial)[8].

Début 2021, l'entreprise lance le programme Substack Pro, qui offre un financement substantiel à des auteurs potentiels (jusqu'à 250 000 dollars) afin de les inciter à quitter leur emploi pour se consacrer à la rédaction de lettres d'information sur Substack[9]. Le même programme offre à certains auteurs l'accès à des correcteurs, à une assurance de santé et à un programme de protection juridique[7].

Fin 2021, Substack compte environ 500 000 utilisateurs payants abonnés à des lettres d'information, et compte des figures telles que le lanceur d'alerte Edward Snowden, le rockeur Jeff Tweedy et la chroniqueuse culinaire Emily Nunn[5]. Le site attire des journalistes et des écrivains[7]. À cette même période, les dix comptes les plus populaires gagnent au total environ 7 millions de dollars américains[5]. Substack atteint alors une valorisation en bourse de 650 millions de dollars[10].

En 2023, Substack affirme compter environ 2 millions d'abonnements payants[10].

À partir de 2023, le site se dote de fonctionnalités similaires à celles d'un réseau social : la fonctionnalité Notes qui permet de poster messages et commentaires publics en incluant images ou vidéos ou d'inclure ces médias dans un article[11], puis des messages privés en 2024[12]. Courant 2024, le site passe un partenariat avec Spotify afin que les podcasteurs de Substack puissent diffuser leurs podcasts sur Spotify[13]. La fonctionnalité Chat crée une communauté réservée aux abonnés d'un compte, et qui permet à partir de 2024 de diffuser des vidéos[14]. En , Substack permet désormais à n'importe qui de publier, même sans avoir créé une lettre d'information[15].

Une fonctionnalité de diffusion en direct sur Internet de vidéos est ajoutée en , sur le modèle de ce qui se fait sur d'autres réseaux comme TikTok et Instagram[16].

Substack lance le Creator Accelerator Fund, un nouveau programme d'aide au financement de nouveaux auteurs, en , avec des fonds s'élevant à 20 millions de dollars, dans le but d'attirer des auteurs en provenance de plateformes concurrentes telles que Patreon ou Supercast et de réseaux comme TikTok et Instagram[17].

En , Substack réalise une levée de fonds d'environ 100 millions de dollars, qui proviennent d'investisseurs tels que BOND, The Chernin Group (TCG Capital Management, LP), avec notamment des participations d'Andreessen Horowitz, de Rich Paul (fondateur et PDG de Klutch Sports Group) et de Jens Grede (co-fondateur et PDG de Skims)[10]. À cette période, l'entreprise affirmer compter environ 5 millions d'abonnements payants[10].

Une fonctionnalité de vérification d'identité employant les technologies Persona et Paravision est mise en place pour les usagers au Royaume-Uni et en Australie et annoncée par Substack en [18].

Le site est affecté par une fuite de données concernant les adresses email et les numéros de téléphone de ses utilisateurs en , piratage que l'entreprise confirme en [19].

Opacité du programme Substack Pro

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En , lors du lancement du programme Substack Pro qui propose des aides financières et divers avantages à certains auteurs pour les inciter à se consacrer à plein temps à Substack, l'offre suscite des accusations d'opacité financière, car Substack ne dit pas quels auteurs bénéficient de ce programme et peuvent donc se trouver en conflit d'intérêts au moment d'émettre des avis au sujet de Substack[9].

Diffusion de discours de haine et de théories du complot

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En 2020, durant les débuts de la pandémie de covid-19, les réseaux comme Facebook, Youtube et Twitter prennent des mesures pour lutter contre la désinformation et les théories du complot au sujet de la pandémie. Certains comptes diffusant de fausses informations sur ce sujet déménagent alors vers Substack, notamment ceux des hommes d'affaires complotistes Joseph Mercola et Steve Bannon[20].

En , le Center for Countering Digital Hate, une organisation non gouvernementale britannique luttant contre les discours de haine sur Internet, accuse Substack de tirer des profits substantiels en hébergeant des contenus qui menaçaient la santé publique, notamment des discours antivaccins Le Centre estime à ce moment que Substack gagne plus de 2,5 millions de dollars américains par an rien qu'avec les cinq comptes antivax les plus consultés[20]. Les trois fondateurs de Substack répondent que le site a une politique consistant à limiter au maximum la censure de contenus[21].

En , Substack essuie une vague de critiques parce que la plate-forme héberge du contenu nazi, antisémite et relevant du suprémacisme blanc. Plus de 100 créateurs de contenu, rejoints par d'autres jusqu'à être près de 250, dénoncent cela dans une lettre ouverte et menacent de quitter Substack[22],[23].Le PDG de Substack, Hamish MacKenzie, refuse en arguant que tenter de supprimer ces contenus ne ferait qu'aggraver le problème[24]. Des créateurs tels que le bloggeur informatique Casey Newton et les journalistes Molly White et Ryan Broderick quittent le site en conséquence[25]. En , dans le magazine américain The Atlantic, Jonathan M. Katz estime que Substack « a un problème de nazisme » à cause de sa modération laxiste[26]. Dans le même magazine, Jacob Stern déplore le fait qu'en dépit des plaintes des internautes, le site « était une bombe à retardement » en termes de problèmes de modération qui a permis à des contenus explicitement nazis, néo-confédérés ou suprémacistes blancs de proliférer[23]. Le débat médiatique autour de ces problèmes entraîne ue vague de départs[27].

En , le quotidien britannique The Guardian publie une enquête montrant que Substack tire des profits de ces contenus, y compris des contenus négationnistes et complotistes, et démontrant que l'algorithme du site promeut ces contenus ; Substack indique ne pas souhaiter répondre[28].

Références

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  1. « Site info - Substack.com », sur W3Techs.
  2. « Substack Drops Fund-Raising Efforts as Market Sours », sur The New York Times, .
  3. (en) Peter Kafka, « Meet the startup that wants to help you build a subscription newsletter business overnight », Vox,‎ (lire en ligne).
  4. « Substack : plateforme de newsletters payantes », sur IONOS Digital Guide (consulté le )
  5. a b et c (en-GB) Dan Milmo et Dan Milmo Global technology editor, « What is Substack and why is it proving so popular? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  6. (en-GB) James Ball, « Substack: how the game-changer turned poacher », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  7. a b et c (en-GB) Oscar Schwartz, « Substack: the future of news – or a media pyramid scheme? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  8. (en-US) Marc Tracy, « Journalists Are Leaving the Noisy Internet for Your Email Inbox », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  9. a et b (en-US) Peter Kafka, « Substack writers are mad at Substack. The problem is money and who’s making it. », sur Vox, (consulté le )
  10. a b c et d (en-US) Aisha Malik, « Substack raises $100M from Chernin Group, Andreessen Horowitz, Skims CEO, and more », sur TechCrunch, (consulté le )
  11. (en-US) Aisha Malik, « Substack's new short-form 'Notes' feed looks a lot like Twitter », sur TechCrunch, (consulté le )
  12. (en-US) Aisha Malik, « Substack gets more social with the launch of DMs », sur TechCrunch, (consulté le )
  13. (en-US) Aisha Malik, « Substack now allows podcasters to sync and distribute their episodes to Spotify », sur TechCrunch, (consulté le )
  14. (en-US) Lauren Forristal, « Substack brings video to its Chat feature », sur TechCrunch, (consulté le )
  15. (en-US) Aisha Malik, « Substack now lets anyone publish posts, even if they don't have a newsletter », sur TechCrunch, (consulté le )
  16. (en-US) Lauren Forristal, « Substack rolls out livestreaming for all publishers », sur TechCrunch, (consulté le )
  17. (en-US) Lauren Forristal, « Substack introduces a $20M funding guarantee to entice creators to migrate to its platform », sur TechCrunch, (consulté le )
  18. (en-US) Chris Burt, « Persona and Paravision power Substack’s biometric age estimation | Biometric Update », sur www.biometricupdate.com, (consulté le )
  19. (en-US) Ivan Mehta, « Substack confirms data breach affects users' email addresses and phone numbers », sur TechCrunch, (consulté le )
  20. a et b (en-US) « Conspiracy theorists, banned on major social networks, connect with audiences on newsletters and podcasts », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  21. Hamish McKenzie et Chris Best, « Society has a trust problem. More censorship will only make it worse. », sur On Substack, (consulté le )
  22. (en-US) Clint Rainey, « More than 100 creators are threatening to leave Substack over Nazi newsletters », Fast Company,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  23. a et b (en) Jacob Stern, « Substack Was a Ticking Time Bomb », sur The Atlantic, (consulté le )
  24. (en-GB) Alex Hern et Alex Hern UK technology editor, « Substack faces user revolt over anti-censorship stance on neo-Nazis », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  25. (en) Taylor Lorenz et Will Oremus, « Substack’s woes deepen as tech blog leaves over Nazi content », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  26. (en) Jonathan M. Katz, « Substack Has a Nazi Problem », sur The Atlantic, (consulté le )
  27. (en) Chase DiBenedetto, « Why are people leaving Substack? », sur Mashable, (consulté le )
  28. (en-GB) Geraldine McKelvie et Geraldine McKelvie Senior correspondent, « Revealed: How Substack makes money from hosting Nazi newsletters », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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