Le groupe suisse a annoncé par la voix de Philipp Navratil, nouveau PDG à peine arrivé, un plan social d’ampleur en deux ans à travers le monde, dans le but de faire des économies. On ne sait pas encore si la France est concernée.

© Frank Hoermann/Sven Simon/ZUMA Press/ZUMA-REA/ZUMA-REA
Philipp Navratil n’a pas perdu de temps pour décimer les rangs de Nestlé, à peine un mois après son entrée en poste. Le nouveau PDG a annoncé ce jeudi 16 octobre la suppression de 16 000 postes à travers le monde sur deux ans et d’autres mesures, dans un objectif de faire des économies de 3 milliards de francs suisses d’ici 2027. Ces postes représentent 6 % des effectifs de Nestlé.
Parmi les milliers d’emplois supprimés, 12 000 seraient des « employés de bureau » pour 1 milliard de francs suisses d’économies dès la fin 2027. À cela s’ajouteraient 4 000 salariés liés aux projets en cours d’accroissement de la productivité dans les usines et les chaînes d’approvisionnement. Pour l’instant, il n’a pas été précisé si la France était concernée.
Une mesure prise pour « rassurer les actionnaires »
Cette décision est un nouveau revers dans la tentative de sortir Nestlé d’une crise qui dure, suite aux scandales qui ont entaché sa réputation. Il y avait d’abord eu, en France, les pizzas Buitoni contaminées en 2022 et plus récemment le scandale des fraudes dans le traitement des eaux minérales Vittel et Perrier. En conséquence, les actions Nestlé étaient en chute libre depuis 2022 et le chiffre d’affaires en baisse de 1,9 % sur les neuf premiers mois de l’année.
« Le monde évolue et Nestlé doit s’adapter plus rapidement. Cela impliquera également de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires, pour réduire les effectifs au cours des deux prochaines années », a commenté Navratil. Cet avis n’est pas partagé par tous, notamment par Christophe Kauffmann, secrétaire général de la CFDT.
Pour lui : « L’action Nestlé bat de l’aile. Elle a beaucoup perdu. Ils ont besoin de redonner confiance à l’actionnariat. Et malheureusement, dans le monde actuel, rien ne vaut une suppression de salariés pour rassurer les actionnaires ». Une accusation qui se confirme puisque l’action a gagné plus de 6 % à l’ouverture de la séance à la Bourse de Zurich, immédiatement après l’annonce.
Cependant, cette annonce risque de faire des vagues. Christophe Kauffmann a dès aujourd’hui appelé à la vigilance et à la mobilisation des salariés : « On ne va pas laisser 16 000 postes disparaître comme ça, sans rien dire », conclut-il.
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