Depuis le 4 décembre 2018, David Dufresne recense sur son compte Twitter les témoignages de blessés par tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades lors des manifestations des « gilets jaunes ». A sa manière : c’est-à-dire de façon scrupuleuse et obsessionnelle, quasiment clinique. Tous ses tweets commencent par la même formule « Allo @Place_Beauvau - c’est pour un signalement », suivie d’une photo ou d’une vidéo ainsi que de la source (presse, réseaux sociaux…).
Le 18 janvier, invité par Arrêt sur images à parler de son travail, il a craqué. En regardant défiler sur grand écran toutes ces gueules cassées, quelque chose s’est rompu. Le spectacle répété des corps sanguinolents et des cris d’horreur, l’empilement de ces centaines d’histoires, le soupçon jeté sur les victimes – après tout, ne sont-elles pas elles-mêmes coupables d’avoir provoqué la police ? « Les nerfs », résume-t-il deux jours plus tard.
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