
Entre une vieille dame qui salue tous les clients installés dans le salon de thé. Une vieille dame très polie. Excessivement polie. De manière surprenante, elle ne formule pas de vœux à l’occasion de la nouvelle année. Il est vrai qu’elle ne connaît personne dans l’assistance, hormis la caissière. Une caissière qu’elle connaît bien, puisque, on le devine, elle vient tous les jours boire un café et manger un doughnut après le déjeuner.
A la caissière, elle souhaite une bonne année. Sans surprise, des vœux de bonne santé. La caissière, qui a l’air d’être une chic fille, une jolie brune, lui répond par ses propres vœux. Santé, en premier lieu. Et cela paraît aller de soi, compte tenu du compte des années qui concerne la vieille dame. La vieille dame vient tous les jours. Et elle viendra jusqu’au jour où elle ne pourra plus tenir debout et se faire plaisir avec un café et un donut.
Quand la vieille dame est entrée, les deux jeunes gens assis près de la porte se sont tournés vers elle. Comme s’ils n’avaient jamais vu de vieille dame fréquenter un établissement dont le cœur de cible marketing est la jeunesse. Une jeunesse un peu bébête qui croit bêtement que seul le cœur de cible oserait entrer dans ce lieu à la déco faussement rétro avec sa cabine téléphonique anglaise et rose. Alors, moi qui n’appartiens pas non plus au cœur de cible, je vous souhaite à tous, amis lecteurs une bonne année 2025. Une bonne année qui s’annonce passionnante, chers amis lecteurs, que vous apparteniez ou non à mon cœur de cible, qui est un cœur gros comme ça. En vous laissant le soin de définir le ça comme il vous plaira. Je vous aime tous. C’est comme ça.