Il y a, dans ma façon de vivre ma vie dans tous ses moments, une façon de m'accrocher à des choses qui font du bien, parfois totalement futiles. Dont acte.
Je me lève souvent le matin avec une dalle d'enfer, phénomène amplifié par le fait que je me réveille très tôt, très souvent, et que mon corps a le temps de bien se mettre en route avant qu'il ne soit une heure décente pour risquer un pied hors du lit. Et, évidemment, quand la tête cogite, c'est encore plus tôt.
Les matins de bureau, c'est expédié, pas le temps, juste de quoi ne pas trop avoir le ventre qui gargouille avec indignation dès 10h13, en pleine réunion.
Les jours de télétravail, je prends du temps, je démarre la journée plus tranquillement, mon plateau et un livre à la main, ou de la musique ou une énième vidéo sur la photo. Certes, le moment de solitude sur les toits de Paris me manque mais mon estomac, lui, est plein de gratitude.
Et puis le week-end.
J'intrigue toute la fin de la semaine pour être sûre qu'il y a des restes de fromage. Je sers des portions minimales à l'ogrillon qui me sert de fils puîné en lui faisant la morale sur sa propre consommation du bien commun qu'est la boîte à fromage. Et le samedi matin je m'envoie joyeusement les fins de morceaux avant d'aller en acheter de nouveaux au marché. Récompense anticipée de la sortie sous la pluie à venir.
Le dimanche, depuis quelques semaines, quand il est là, Lomalarchovitch récompense ma trop grande permissivité sur son temps de PC / console par un plateau préparé par ses soins. Ses œufs brouillés commencent à être sérieusement au point. Bon, il n'est pas organisé et tout arrive froid sur mon lit, mais on progresse (et puis c'est tellement chou). Quand il est chez son père c'est mon troisième acte du dimanche : distribuer la pâtée du dimanche aux félins, faire le tour d'arrosage des plantes et me préparer un petit déj de compet. Et oui, je fais attention à ne pas confondre petit déj des chats avec le mien, merci de votre attention.
Les menus varient (parce que j'aime faire selon mes envies et pas de façon immuable), le plaisir, lui, est invariable.
Par ailleurs, j'ai désormais la maîtrise totale de l'infusion du thé et, depuis que je suis la seule adulte sous mon toit (enfin de plus de 20 ans, quoi), je redécouvre la joie immense du thé parfaitement infusé. Joie ineffable.
Ça n'a l'air de rien, on s'en fout un peu, de si j'aime manger le matin.
Mais si vous connaissez la vie, vous savez comme moi ce que représentent ces petites bouffées de joie simple.
(Et les prochains à dire que je suis compliquée, je trouve quand même que je suis assez facile à contenter : des bouquets de bons livres, du fromage et le petit déj au lit de loin en loin ? Honnêtement, je crois qu'il y a pire.)







