Le poulpe, père et fille

Qui l’eut cru ? Le poulpe, ce personnage aux bras démesurés, d’où son surnom, pourfendeur d’extrémistes de tous poils a eu une fille ! Créé à l’origine par Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani, le personnage de Gabriel Lecouvreur a été édité par les éditions La Baleine, en 1995. Le principe est de proposer des romans au format poche, ne dépassant pas 150 pages, et écrit à chaque fois par un auteur différent. La série connaitra 202 titres de 1995 à 2016, avant d’être rachetée par les éditions Moby Dick, qui rééditent certains titres et créent une série parallèle, La fille du Poulpe, à partir de 2024.

Personnellement, j’ai acheté les 50 premiers (le chiffre n’est pas garanti) lors de leur sortie et en ai lu quelques dizaines. J’avais d’ailleurs fêté l’anniversaire du poulpe dans un billet « Spécial 20 ans ». Il me semblait normal de jeter un œil aux aventures de la fille du Poulpe, en en choisissant un au hasard.

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Le Père : Causse toujours de Mouloud Akkouche

Editeur : La Baleine

Bénédicte, la meilleure amie d’enfance de Gabriel, vient d’accoucher d’une petite Mona. Quand il lui rend visite, Elle lui demande s’il veut bien être le parrain. Malgré son esprit anticlérical, il accepte. En discutant, elle lui annonce que pendant qu’elle accouchait, sa maison a été cambriolée. Il se renseigne rapidement et s’aperçoit que de nombreuses femmes enceintes ont connu le même sort. Il n’en faut pas plus au Poulpe pour enquêter sur ces étranges coïncidences. Il parvient à se faire embaucher dans la maternité ….

A l’image du titre, on trouve beaucoup d’humour autant dans les réflexions que dans les réparties. C’est aussi la première fois que l’on voit Gabriel gêné voire ému par la proposition de Bénédicte. Au début du roman, je croyais que cette aventure ne mettrait pas en cause des extrémistes, mais la deuxième moitié du court roman m’a donné tort. A partir de ce moment-là, j’ai apprécié le scénario malin et j’ai même regretté le format imposé de moins de 150 pages. Le but n’étant pas de révolutionner le monde du polar, on trouve avec ce Causse toujours un bon moment de divertissement.

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La fille : Coups et tortures de Jérémy Bouquin

Editeur : Moby Dick

Le corps de Sandrine Cohen, flic et mère de deux enfants, a été retrouvé éparpillé après qu’un train lui soit passé dessus. Meurtre ou suicide ? A la Sainte-Scolasse, repris par Julie et Juliette, Gabriel mâche sa mauvaise humeur en lisant l’encart du Parisien. Gabriella, sa fille (adoptive), sent que quelque chose cloche. Auteure d’un livre sur sa vie de gardienne de la Paix, Sandrine a été mis à l’écart, mais elle a continué à se bettre, jusqu’à quitter sa famille et se réfugier dans un squat. Gabriella, experte en nouvelles technologies, découvre qu’elle avait reçu une avance sur son prochain livre. Gabriel et Gabriella ne croyant plus à la thèse du suicide, vont enquêter en duo.

Dédicacé à Jean-Bernard Pouy, Jérémy Bouquin nous apprend qu’il avait voulu s’essayer à une enquête du Poulpe en 1995, tentative avortée. Il corrige et remet le couvert avec cette très bonne enquête dont le scénario se suit avec un grand intérêt et en adoptant un style moins haché que d’habitude. Jérémy Bouquin respecte à la lettre les codes de la série en avançant ses pions et termine sur un ton amer, optimiste mais pas trop, comme le veut la tradition des enquêtes du Poulpe. Un très bon opus. Mission accomplie !

Les alcooliques de Jim Thompson

Editeur : Rivages Noir – N°55

Traductrice : Isabelle Reinharez

Je consacre cette année aux écrits de Jim Thompson, un de mes auteurs de romans noirs préférés en suivant l’ordre de parution dans la collection Rivages Noirs. Les alccoliques (The Alcoholics) est le septième roman de Jim Thompson, paru en 1953, et traduit en France, en 1984par les éditions Fleuve Noir, collection Engrenages avant d’être réédité en format poche chez Rivages Noir en1988.

Le Pasteur Semedelweiss Murphy que tout le monde appelle Docteur S. Murphy s’est donné une mission, celle de sauver les alcooliques. Ayant ouvert un centre de désintoxication nommé El Healtho, il s’entoure de peu de gens pour gérer l’établissement : Miss Baker, étrange infirmière qui zozote, Rufus, l’infirmier noir, Joséphine, la gouvernante.

Le Docteur S. Murphy est confronté à un sévère problème financier : il doit trouver 15 000 dollars avant la fin de la journée, sinon il devra mettre la clé sous la porte. Sa seule solution réside dans le patient de la chambre 4, la seule insonorisée. Y habite un patient riche et célèbre, Humphrey van Thwyne III, lobotomisé « pour son bien » à New York et que sa famille aimerait bien voir disparaitre corps et biens … euh non, pas les biens, bien sûr.

Jim Thompson nous propose un roman en vase clos, dans un établissement de cure de désintoxication pour alcooliques allumés et pas anonymes. Si on n’a aucun doute sur le fait qu’il a fréquenté ce genre d’établissement, on se trouve face à une suite de scènes passant en revue les sept pensionnaires sans forcément de liens entre les unes et les autres, si ce n’est les gestionnaires du lieu.

Les scènes de ce huis-clos sont principalement constituées de dialogues, fortement déjantés, et l’on a la furieuse impression de vivre au milieu d’un asile psychiatrique où chacun ne cherche qu’une seule chose : boire un verre d’alcool. Ni un polar, ni un roman policier, ce roman se rapproche de ce que Jim Thompson peut faire en termes d’humour, noir, grinçant, délirant mais non dénué d’une certaine tendresse envers les victimes de ce fléau qu’est l’alcoolisme. Il faut bien se l’avouer, ce roman est plus désarçonnant que passionnant.

17 années d’existence pour Black Novel (Concours)

Il y a 17 ans, le 1er mai 2009, je me lançais dans l’aventure du blog Black Novel. Après un passage chez Overblog, je suis passé chez WordPress. 17 ans … l’année prochaine, Black Novel sera majeur !

Je le dis chaque année, quand je me suis lancé dans cette aventure, car c’en est une, je n’aurais jamais imaginé durer aussi longtemps. Aujourd’hui, avec plus de 2138 billets, je n’en reviens toujours pas. Je garde toujours la même ligne directrice : ne pas publier de billet à tout prix, parler des livres qui m’ont plu, argumenter les aspects qui ont retenu mon attention, et prendre le temps d’écrire, relire, peaufiner mes avis.

Cette année, 2026 correspond aux 40 ans de la collection Rivages/Noirs qui me tient particulièrement à cœur. Je me suis lancé, depuis l’année dernière, dans mon challenge de fou : En un mot comme en cent. J’envisage de chroniquer tous les Rivages Noir dans l’ordre de parution à raison de 5 romans par billet, avec la contrainte de faire un résumé en 100 mots, mon avis en 100 mots et ma synthèse en un mot ou presque. Ayant les 600 premiers en stock, ça fera 120 billets … si j’y arrive. De même, après Harry Crews en 2025, je mets en avant,en 2026 dans ma rubrique Oldies, Jim Thompson dont on fête cette année les 120 ans de sa naissance.

Mais trêve de blabla. Si mon envie de partager mes lectures nourrit encore et toujours ce blog, il ne serait pas grand’chose sans vous, lecteurs de passage, et vous abonnés et lecteurs fidèles. Merci pour votre assiduité, pour vos commentaires, pour vos encouragements. Merci aussi aux auteurs avant tout, qui m’offrent tant d’émotions. Merci aux éditeurs qui me font confiance, aux attachés de presse qui pensent à moi. Merci aussi aux amis et collègues blogueurs qui me guident dans mes choix de lecture.

Enfin, j’envoie un gros bisou à mon frère du sud, la Petite Souris. Je n’oublie pas mes amis Geneviève, Yvan, Vincent, et Jean le Belge, qui me manquent tant. J’en profite aussi pour envoyer toute mon affection à mon ami Richard, enfin de retour. Un petit coucou aussi à mes adversaires de quizz, Kris et Boris !

J’en profite aussi pour faire un clin d’œil à l’association 813 qui défend la littérature policière sous toutes ses formes et que je vous conseille de rejoindre (En plus avec Helloasso, c’est facile, suivez le lien et en deux clics vous rejoingnez notre bande d’amis : LIEN), et en particulier Boris le maître facteur des quiz et artisan des paniers, et Frédéric Prilleux qui me donne toujours des conseils de BD que je n’ai pas le temps de suivre (sniff).

Après ces quelques considérations personnelles, c’est à vous de travailler maintenant ! Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’y a pas de cadeau. Comme tous les ans, je vous propose de gagner une de mes meilleures lectures de l’année. Cette année, il s’agira de Une main vers le ciel de Jean-Christophe Boccou publié chez la Manufacture de livres, un roman magnifique dans la forme et dans le fond, un roman Coup de Poing dont vous pouvez retrouver mon avis ici

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Quatrième de couverture :

Khieu Saran a 17 ans le jour où les Khmers rouges déferlent sur Phnom Penh pour « libérer » le peuple cambodgien. La joie de courte durée va basculer dans l’horreur. Khieu découvre les camps de rééducation, la torture et l’extermination avant d’être forcé de devenir à son tour un bourreau du régime de Pol Pot.

Après avoir échappé à l’enfer, Khieu est aujourd’hui juge d’instruction auprès d’un tribunal pénal international dont la mission est de traquer les anciens cadres du régime. Jusqu’au jour où il retrouve la trace de Vorn, son ancien tortionnaire. Accompagné de Sokha, sa fille adoptive, Khieu s’envole pour la France afin d’en finir avec les spectres du passé.

Avec ambition et humanité, Une main vers le ciel explore la filiation et la transmission : que peut-on encore léguer après l’innommable ? Entre fresque historique et roman d’action, Jean-Christophe Boccou interroge la frontière ténue entre justice et vengeance, rappelant l’impérieuse nécessité de ne pas oublier.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour que j’obtienne son adresse postale. La date limite de réponse est le 14 mai 2026 à minuit. Le 15mai 2026 à 17h00, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants. Le roman est acheté par moi-même. L’envoi sera assuré par mes soins en fonction de l’assiduité de La Poste. Aucune réclamation ne sera acceptée, ce concours étant totalement bénévole de ma part et totalement gratuit pour vous.

La question est la suivante : Une main vers le ciel est le troisième roman de Jean-Christophe Boccou. Quels sont les titres de ses deux précédents romans ?

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix de lecture, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et plus que jamais, protégez-vous, protégez les autres et n’oubliez pas le principal : lisez !

Le chouchou du mois d’avril 2026

On assiste généralement à la première grosse déferlante de polars au mois d’avril et au mois de mai. Pour ma part, je me suis contenté de rattraper mon retard avec, comme vous pourrez le constater, beaucoup de lectures très intéressantes.

Je consacre cette année aux écrits de Jim Thompson, un de mes auteurs de romans noirs préférés en suivant l’ordre de parution dans la collection Rivages Noirs. En ce mois d’avril, j’ai chroniqué La mort viendra, petite de Jim Thompson (Rivages Noir). William « Kid » Collins s’est échappé d’un asile psychiatrique et se retrouve embringué dans un kidnapping. En proie à des colères incontrôlables, il va s’enfoncer dans une paranoïa fatale. Il s’agit d’un des meilleurs romans de Jim Thompson qui comporte nombre de rebondissements pour la plupart drôles sur une intrigue classique.

J’ai aussi continué mon challenge de fou, chroniquer tous les Rivages Noirs dans l’ordre, à raison de 5 romans par billet. Ma contrainte est de faire un résumé et un avis en 100 mots, d’où le titre de la chronique, En un mot comme en cent : Rivages noir n°26 à 30. J’ai donc passé en revue les romans suivants :

Levine de Donald E. Westlake : Original

Lune sanglante de James Ellroy : Coup de cœur

Le diable a des ailes de Harry Whittington : Action

Un temps pour mourir de John D. MacDonald : Un temps pour mourir

Sale temps de Janwillem van de Wetering : Classique

Dans la veine des grands romans d’aventures, Le cabinet des illusions – Venise 1907 de Jean-Luc Bizien (Maison Pop) introduit un nouveau personnage de magicien américain, qui se grime en chinois mystérieux sous le nom de Chung Ling Soo. En pleine répétition à Venise, il doit faire face à des tentatives de meurtres. Sous la forme d’une enquête, l’auteur nous offre une intrigue empreinte de mystère et surnaturel, et se veut un hommage envers Gaston Leroux et Hugo Pratt. Voilà une série intéressante à suivre.

Le personnage central de La morsure des embruns de Jeanne Desaubry (Arcane 17) est juste insupportable, et c’est pour ça qu’on l’adore. Ce roman que j’ai eu la chance de lire à ses tous débuts est devenu un vrai roman contemporain qui place en avant ses personnages, tous plus vrais et formidables les uns que les autres. Voilà un roman qu’il faut que vous découvriez

Pour une fois, un polar ne s’intéresse pas uniquement à une enquête mais qu’il nous fait vivre le quotidien d’un commissariat, j’apprécie. Cops don’t cry de Marc Fernandez (Flammarion) se place en témoin et scrutateur d’une situation complexe humainement, et l’auteur transforme l’essai et fait passer l’émotion, ce qui permet plus de compréhension et moins de naïveté dans l’image négative des policiers, que l’on nous assène trop souvent.

A l’origine, j’ai acheté Mille diables de Frank Goldammer (Editions du Masque) pour sa couverture et son résumé. Si le déroulement de l’enquête sur des meurtres d’officiers russes à Dresde est classique, la peinture d’une ville en désolation et d’un peuple oppressé et affamé par les soviétiques vaut le détour. J’ai déjà acheté le premier de la série Max Heller que je vais suivre attentivement.

Angie Werther est de retour dans Les faucons de l’obscur de Muriel Mourgue (Encre Rouge), et doit retrouver l’auteur de tentative de meurtres sur un indic ultrasecret. J’apprécie chez Muriel Mourgue la fluidité de son style, sa maitrise de l’intrigue et le fait qu’il n’y ait ni violence ni scènes sanguinolentes. Ce tome là est un pur plaisir.

Les éditions Agullo nous proposent la première parution d’un polar serbe, Le champ des méduses d’Oto Oltvanji (Agullo) et un nouveau personnage d’ex journaliste devenu détective privé. Il va devoir retrouver la femme de son ami disparue dix ans plus tôt. C’est l’occasion pour l’auteur de nous parler des magouilles d’hommes de pouvoir dans un polar qui tire ses sources chez les meilleurs auteurs américains dans la forme. Et que cela soit l’écriture ou les rebondissements, les réactions ou les dialogues, pendant ma lecture, je n’ai pas arrêté de me dire : « Ouah, Trop Bien ! ». Ne le ratez pas !

Le titre du chouchou du mois revient donc à Ghostfather d’Eric Calatraba (Melmac) parce qu’on n’a pas l’habitude de lire des polars sur le rock, du rock dans un polar, un polarock quoi ! Polyphonique dans la forme, la trajectoire du guitariste et personnage principal ressemble à Ziggy Stardust, confronté à un choix entre paradis et enfer. Hommage aux plus grands musiciens mais aussi vrai roman noir, ce court roman emporte tout sur son passage jusqu’à une fin dramatique, forcément.

J’espère que ces avis auront été utiles dans vos choix de lectures. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. Et avant cela, nous fêterons ensemble l’anniversaire du blog, 17 ans, ça compte ! En attendant, n’oubliez pas le principal, protégez-vous, protégez les autres et lisez !

Les faucons de l’obscur de Muriel Mourgue

Editeur : Encre Rouge

Parmi les romans de Muriel Mourgue, on y trouve deux cycles différents. Angie Werther qui est une agente secrète française dans un monde futuriste proche et Thelma Vermont qui est une détective privée new-yorkaise dans les années 60. Même si cette enquête n’est pas liée à la précédente, elle fait suite à La loi des vents tournants.

Automne 2028. Angie Werther s’est retirée dans sa propriété normande, et admire la mer houleuse avec un vague à l’âme. Elle vient tout juste de rentrer de Buenos Aires où elle a assisté à l’enterrement de son père. Il semble que ses proches disparaissent un à un, la laissant irrémédiablement seule. Heureusement il lui reste Philippe Tréchand, son ami amant occasionnel qui n’est autre que le tenancier de l’hôtel Ostende, le repère des agents de passage dans la capitale. Angie continue de conserver des contacts téléphoniques malgré la retraite de Philippe.

Luc Malherbe, conseiller personnel de la Présidente française Rose Leprince, lui rend visite. Il sait combien elle a souffert de ses précédentes aventures et lui propose de remettre le pied à l’étrier avec une affaire mystérieuse. Il cherche à protéger un indic qu’il nommera Y mais ce dernier a déjà subi trois tentatives de meurtre. Il demande à Angie de découvrir le commanditaire de ces tentatives dont la dernière a failli être fatale. Pour cela, elle sera épaulée par Andrew Grey, en qui Luc Malherbe a toute confiance.

Je le dis et je le répète, Muriel Mourgue écrit des polars intéressants à suivre qui, surtout, ne comportent aucune scène sanguinolente. Même ceux qui n’ont pas suivi les affaires précédentes d’Angie Werther peuvent lire cet opus car l’auteure rappelle de façon fort intelligente les faits passés sans avoir l’air d’en faire des résumés.

Et donc on se lance dans cette affaire sur un potentiel meurtrier qui tente de faire la peau d’un homme (ou d’une femme ?) dont on ne connait pas l’identité. Si l’on ajoute à cela la présence (supposée) d’un groupuscule d’extrémistes qui gravitent autour d’un groupe underground nommeKarbonyx, dont on peut lire des textes de chansons.

Et cette enquête qui est relativement courte (200 pages) va nous faire suivre quelques fausses pistes (200 pages obligent) et nous mener par le bout du nez pour déboucher sur un coupable inattendu et une fin sombre et bien noire, qui replongera Angie dans une solitude inéluctable. Allez Angie, courage ! on se secoue pour la prochaine enquête !

La morsure des embruns de Jeanne Desaubry

Editeur : Arcane 17

Ce roman tient une place particulière dans ma vie, un peu comme un enfant que j’aurais vu naitre et grandir jusqu’à ce livre mature. Jeanne Desaubry m’avait en effet proposé de lire les premières pages, alors qu’il n’était encore qu’un embryon, puis je l’ai reçu quand il est sorti aux éditions Horsain sous le titre JED. Le voici maintenant rayonnant sous le titre la morsure des embruns, un beau poupon qui n’attend que vous pour être lu.

Johanne Estelle Doucet, dite Jed, écrivaine quarantenaire, a vu un de ses romans adapté en série pour la télévision française. Après le succès de la première saison, elle a laissé les scénaristes poursuivre l’aventure pour une deuxième saison, en échange de droits d’auteurs avec lesquels elle a acquis et réaménagé un ancien bunker situé sur la côte bretonne, face à la mer, qu’elle a nommé « La casemate ».

Une tempête est annoncée et JED, d’une humeur peu sociable, a tout de même accepté de rejoindre le gymnase pour plus de sécurité. Le bruit ambiant, la proximité des autres et de leurs enfants la stresse. La présence de l’adjudant Laffite qui n’a pas pris au sérieux sa plainte pour le vol de son bateau n’arrange pas les choses. Son ami le médecin Ferdinand Diop la rejoint et tente de la calmer. Il lui donne un cachet de relaxant et elle arrive à s’endormir.

Le lendemain, elle retrouve son bunker, et est satisfaite de voir que la tempête n’a rien détruit. Elle passe la journée à faire du nettoyage avant de s’octroyer du temps pour une balade en bord de mer. Au loin, elle croit apercevoir un bidon en plastique échoué dans le sable. En se rapprochant, elle se rend compte qu’il s’agit d’un bras, sur lequel on y voit un tatouage.

L’embryon est devenu un beau bébé, dont je connaissais la trame et pourtant, j’ai l’impression d’avoir lu un tout autre roman. Jeanne ne s’attarde pas sur l’enquête que mène l’adjudant Laffite puisque l’histoire va mettre en avant les habitants de ce village breton. Même JED n’est pas le personnage principal, même si elle y occupe une place prédominante. On la retrouve entourée par une galerie d’hommes tous plus originaux les uns que les autres.

Car ce roman est avant tout un roman de personnages, tous formidables, que l’on ne peut qu’adorer. Si je les passe en revue,je garde en mémoire Ferdinand Diop, aux petits soins pour ses patients et compagnon de route bisexuel de JED, l’adjudant Pierre Laffite (qui s’appelle en fait Mohammed !) qui essaie de rester calme face aux colères de Jed, la juge Evelyne Desteyqui souhaite clore son dossier plus que bancal, l’avocat Marc-Antoine Berny qui apparait vers la fin qui est extraordinaire (mon préféré).

A cette liste, il manque le fils de JED, Philippe, sorte de fantôme qui hante ces pages et l’esprit de JED, et Boubakar, que l’on peut appeler Asaf, Mamadou, Yousouf ou Ibrahim, un migrant qui est la vraie victime de ce roman. La morsure des embruns est un roman particulier, original, peuplé de personnages marquantset qui fait preuve d’une humanité remarquable face à la violence du monde extérieur. Superbe !

Le cabinet des illusions Tome 2 de Jean-Luc Bizien

Sous titre : Enquête à Venise 1907

Editeur : Maison Pop

Comme je fais les choses à l’envers, je pars à la découverte d’un génial illusionniste Chung Ling Sooque les lecteurs plus assidus que moi ont côtoyé à Vienne en 1902, et qui nous revient à Venise cinq ans plus tard. Un roman tout en ambiance mystérieuse.

William Ellsworth Robinson était un magicien américain, qui se produisait à New York sous le pseudonyme de Robinson, the Man of Mystery. Face à une concurrence féroce des stars de la magie, il a décidé de mourir et de renaitre sous le nom de Chung Ling Soo, « le merveilleux magicien chinois ». Grimé en Chinois, il a connu le succès international et fait la tournée des capitales européennes. Sa troupe est formée de fidèles parmi lesquels on trouve sa compagne Olive Path, et sa fille adoptive Bamboo Flower, Frank FukadaKametaro l’acrobate, et les techniciens Paul Dawson et Lucien Stephany.

Toute la troupe fait étape à Venise au célèbre Teatro Rossini pour une série de représentations exceptionnelles. Les répétitions vont bon train, afin de fournir un spectacle millimétré. Lors d’un numéro, un sac de lest empli de sable maintenu par une corde s’effondre sur la scène et manque de tuer William de quelques centimètres. Frank et Lucien se précipitent et sont soulagés que personne ne soit blessé.

Will se précipite dans les coulisses, Paul sur ses talons, inquiet d’avoir mal réalisé le nœud. Il se penche et rassure son ami, tout était parfaitement fait et la corde a été sectionnée au couteau. Il s’agissait d’un piège, alors que le théâtre était verrouillé minutieusement ; personne ne pouvait entrer ni sortir. Quand ils interrogent Paolo le vieux gardien, ce dernier est certain que le Fantôme de l’Opéra est de retour.

Je découvre donc Chung Ling Soo et sa troupe avec ses aventures à Venise, un décor aussi féérique qu’inquiétant. Démarrant sur le mystère de la tentative de meurtre, les membres du magicien vont vite devoir comprendre et résoudre une énigme en chambre close alors que de nombreux cadavres vont joncher leur enquête. N’ayant pas lu le premier tome, l’auteur a bien fait de mettre en avant-propos la présentation de la troupe au complet.

Clairement, ce roman n’est pas une enquête mais plus un roman d’ambiance, où plane une aura de mystère et de menaces sans que l’on arrive à déterminer qui peut en vouloir au magicien. Les descriptions des sombres ruelles de Venise sont une vraie réussite et la fluidité du style de l’auteur rendent cette lecture fort plaisante et remplissent la promesse de la couverture du livre que je trouve magnifique.

Jean-Luc Bizien joue sa carte à fond la carte de l’ambiance mystérieuse voire inquiétante, avec un soupçon d’événements surnaturels que nos magiciens, pourtant habitués à l’illusion ont du mal à comprendre. Et voulant rendre hommage à Gaston Leroux et Hugo Pratt, il réussit un roman d’aventures dont le but est d’offrir un divertissement distrayant. Et l’objectif est atteint, on passe un très bon moment.

Mille diables de Frank Goldammer

Editeur : Editions du Masque

Traductrice : Justine Coquel

Si je dois être totalement honnête, j’ai acheté ce roman grâce à sa couverture, que je trouve magnifique. Puis Gilles Deboisse, un ami blogueur, m’a dit qu’il s’agissait du deuxième roman d’une série mettant en scène le capitaine Max Heller. Donc je commence en plein milieu, et cette lecture a été suffisamment convaincante pour me faire acheter le premier, L’épouvantail de Dresde, dont je vous parlerai très bientôt. 

6 février 1947. Max Heller est appelé de bon matin pour la découverte d’un homme assassiné sur les rives de l’Elbe. Arrivé sur place, de nombreux curieux observent la scène et l’armée russe interdit l’accès à la scène du crime. Avec l’aide de son adjoint Werner Oldenbusch, Max Heller arrive à s’approcher pour découvrir un soldat russe égorgé au milieu d’une nappe de sang qui salit la neige, à côté d’un sac à dos.

Mais avant qu’il ait pu faire quoi que ce soit, un camion débarque et des soldats bolchéviques embarquent le corps. Alors qu’il s’apprête à partir, il aperçoit une jeune femme proche de la scène du crime, voulant voler le sac. Max Heller attrape le sac et elle s’enfuit. Il l’ouvre et trouve une tête humaine.

Max Heller se rend au commissariat de la SMAD pour voir son chef, le commandant Medvedev. Il apprend que le mort se nomme Major Vadim Berinov et qu’il s’agit du deuxième officier russe retrouvé mort en quatre jours, après la découverte du corps du colonel Vassili Cherin. Tous deux ont été poignardés mais la police russe, la MVD, sous les ordres deVitali Ovtcharov a classé l’affaire comme un accident.

Ce roman nous propose de nous présenter Dresde juste après les effroyables bombardements de 1945 qui ont rasé la ville. Le décor de désolation, l’extrême pauvreté de la population, la famine et la maladie qui ravage la population sont largement abordés dans une période critique, puisque nous nous retrouvons en plein hiver et que personne n’a de quoi se chauffer, à cause des restrictions.

L’auteur nous montre aussi un aspect peu connu (chez nous du moins) d’une ville sous occupation soviétique, où les Russes vivent bien et affament volontairement les Allemands pour faire la chasse aux Nazis. Cela a pour conséquence de faire regretter aux Allemands le temps du nazisme quand ils avaient de quoi se chauffer et manger. D’ailleurs l’intrigue va se compliquer quand des attentats à la grenade vont viser les réunions politiques soviétiques organisées par le parti SED.

Max Heller, au milieu des ruines, sous la coupe de la police et l’armée russes, essaie de faire survivre sa femme Karin, en attendant le retour espéré de son fils Klaus. Max Heller a toujours tenu à rester apolitique, n’ayant jamais adhéré ni au NSDAP national socialiste d’avant, ni au SED socialiste d’aujourd’hui. Dans ces affaires, il va enquêter en flirtant avec des limites en eaux troubles et va se retrouver fortement impacter par la situation politique.

Tant par le décor fort bien rendu, que par la situation humaine désastreuse, ce roman nous montre une situation humaine horrible vue de l’intérieur. L’enquête, elle, est plutôt classique dans son déroulement et sa résolution et complexifiée par son contexte. Sans vouloir le comparer à Bernie Gunther de Philip Kerr, la série de Frank Goldammer nous partage une situation historique peu connue chez nous, d’une façon tellement convaincante que j’ai d’ores et déjà acheté le premier tome de la série : L’épouvantail de Dresde. A suivre donc …

Ghostfather d’Eric Calatraba

Editeur : Melmac – Black Cat

Quand la Petite Souris conseille un roman, sans aucune réserve, on court chez son libraire et on l’achète les yeux fermés. Voilà un résumé de l’unique raison pour laquelle j’ai lu ce roman, et j’ai adoré ce polar rock.

Robert Johnson est mort à 27 ans.

Brian Jones est mort à 27ans.

Alan Wilson est mort à 27 ans.

Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morisson, Kurt Cobain sont morts à 27 ans.

Amy Winehouse est morte à 27 ans.

Isabelle Ortega, nom de scène Isabel, du fond de sa cellule, se rappelle sa carrière. Elle écrivait les textes, Clément composait la mélodie. Du jour où il a acheté avec son argent de poche cette Fender Stratocaster, Clément a formé un couple divin. Isabel se rappelle …

Isabel se rend à une audition organisée par une major, dans le célèbre cadre de l’Olympia. Elle est sur la scène, aux cotés d’autres chanteuses comme elle, rêveuses comme elle. Le candidat suivant monte avec sa guitare, et lance une envolée d’accords, les yeux fermés. Il s’appelle Clément.

Quelques jours plus tard, on la rappelle pour qu’elle fasse un duo avec Clément. Leurs chansons pop imparables emportent le public. Le succès est au rendez-vous, énorme. On propose à Clément d’aller à Londres rencontrer le compositeur d’un girl band à succès. Il accepte, surtout qu’il s’agit de rencontrer son propre père Derek Knight qui l’a abandonné à la naissance.

Je ne me rappelle pas avoir lu un roman dans le domaine du rock, ni un polar rock. Truffé de références, citant comme références les génies de cette musique que j’adore, Eric Calatraba a conçu un roman d’ascension et de chute d’un guitariste devenu une icône de la guitare. Il construit une vraie histoire dramatique qui vibre dans nos tripes.

D’un format court, en deux cents pages, il créé deux personnages qui se rencontrent, fusionnent puis se séparent avant de tomber dans une chute vertigineuse vers les enfers, eux qui nous promettaient le paradis avec leurs chansons magiques.

La force de ce roman réside aussi dans la forme polyphonique du roman. Tantôt Isabel va nous raconter un pan de son itinéraire, tantôt Clément va prendre les devants, tantôt la Fender va nous expliquer comment elle vibre sous les doigts magiques de son créateur, tantôt le père va apporter un aspect plus sombre dans cette histoire.

Car Clément se retrouve pris entre le paradis d’Isable et l’enfer de Derek Knight. L’auteur construit avec ce roman un pont entre Peter Pan et Orphée, une fable rock telle que l’a créée David Bowie avec Ziggy Stardust. Il travaille dans sa prose des envolées puis des phrases courtes, créant le mariage parfait entre la batterie et les riffs de guitare. Il nous emporte dans cet album concept en nous offrant une histoire noire, dramatique.

Un must pour tous les fans de rock … et tous les autres.

En un mot comme en cent – Rivages/Noir 26 à 30

Comme je suis collectionneur de la collection Rivages/Noir dont je possède à ce jour plus de 600 livres, je vais passer en revue tous les numéros avec une seule contrainte : respecter la contrainte de 100 mots pour le résumé et 100 mots pour mon avis, pour conclure sur un mot ou presque. Je n’ai pas relu tous ces romans, juste parcouru mes notes de ceux que j’avais déjà lus par le passé et complété ceux que je n’avais pas eu le temps de lire.

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N°26 : Levine de Donald E. Westlake

Traducteur : Gérard de Cherge

Ce recueil de nouvelles comporte six enquêtes de l’inspecteur Abe Levine, cinquante-trois ans : Le meurtre du meilleur ami (un homme s’accuse d’avoir empoisonné son meilleur ami), L’homme sur la corniche (Levine doit empêcher un homme de se suicider), Le doigt sur la détente (Levine enquête sur un braquage), Le bruit du meurtre (Une jeune fille de dix ans accuse sa mère d’avoir assassiné son beau-père), La mort d’un minable (Levine enquête sur le meurtre d’un bookmaker minable) et Après ma mort (Levine enquête sur le meurtre du fils d’un mafieux, qui a couché avec la femme du parrain local).

Levine est un personnage à part dans l’œuvre de Donald Westlake puisqu’il a voulu construire quelqu’un constamment obsédé par sa propre mort : En écoutant son cœur, il se rend compte qu’il rate un battement et cela l’effraie et lui permet d’éprouver aussi de l’empathie pour les victimes. Par contre, il est capable de se montrer sans pitié pour les coupables. Flirtant sur la ligne blanche entre victime et coupable, ce personnage original et inédit dans le polar ne connaitra que six enquêtes malheureusement. Car ses enquêtes comportent des réflexions très intéressantes, presque philosophiques sur la vie et la mort.

En un mot : Original

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N°27 : Lune sanglante de James Ellroy

Traducteur : Freddy Michalski

Un mystérieux tueur de jeunes femmes parvient à camoufler ses meurtres en accident ou suicide. Quand l’un d’entre eux s’avère particulièrement sanglant, il laisse derrière lui une empreinte partielle. Lloyd Hopkins, l’un des meilleurs flics de Los Angeles, obsédé par ses enquêtes et redoutablement intelligent, fâché avec sa hiérarchie, va prendre en charge cette enquête dans un duel dépassant l’entendement. A partir d’un minuscule indice, Lloyd Hopkins va se lancer dans une chasse infernale dont seul l’un des deux en sortira vivant. Ce duel dont l’issue est incertaine jusqu’à la dernière page illustre une des plus belles descentes aux enfers.

Nombreux sont ceux qui considèrent la trilogie Lloyd Hopkins comme les meilleurs romans de James Ellroy. Je venais de finir le Dahlia Noir, le monument qui m’a irrémédiablement fait plonger dans l’univers Ellroy. Et après la lecture de cette Lune Sanglante, j’ai su que j’avais trouvé le Maître du polar. Il fallait un personnage de flic démesuré de la stature de Lloyd Hopkins pour poursuivre un tueur sadique remarquablement intelligent. Et ce premier tome qui laisse pantois, nous introduit le style Ellroy, le ton furieux, et la mécanique du scénario pointilleuse. Par peur sans doute, je ne l’ai pas relu.

En un mot : Coup de coeur

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N°28 : Le diable a des ailes de Harry Whittington

Traducteur : Stéphane Bourgoin

Buz Johnson fut connu comme un as de l’aviation pendant la seconde guerre mondiale, avant de retomber dans l’anonymat de la vie civile, comme simple professeur de pilotage dans un sombre aéroport de Floride. Buz sombre dans l’alcool et subit le départ de sa petite amie Judy, ce qui fait gonfler en lui un ressentiment envers cette société qui abandonne ses héros. Quand Sid Coates, un personnage mystérieux, lui propose un braquage de banque dans une petite ville perdue, nécessitant le vol de deux avions, il décide de se lancer dans cette aventure sans savoir où il met les pieds. 

Je n’ai pas relu ce court roman qui ne m’a pas laissé de souvenirs impérissables. Dans mes notes, j’avais apprécié le personnage de Buz Johnson, totalement perdu et au fond du trou, ainsi que les scènes d’action en altitude qui m’avaient paru passionnantes. On trouve peu de dialogues dans ce roman, que je qualifierais de quelconques mais il est bien possible que lors de sa parution, ce polar distrayant fut accueilli comme un excellent roman. Depuis, je pense que de nombreux auteurs ont écrit mieux. Quoi qu’il en soit, sa lecture distrayante n’est pas seulement à réserver aux adeptes d’archives.

En un mot : Action

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N°29 : Un temps pour mourir de John D. MacDonald

Traducteur

Ce recueil de nouvelles qui fait suite à Réponse mortelle, comporte huit histoires : Du plus profond de la tombe (une enquête de Park Falkner), Un temps pour mourir (un acteur convoite la femme de son scénariste), Collet pour une tigresse (un vétéran du Vietnam victime de chantage de sa jeune femme), Pensée de meurtre (une femme victime d’un accident de chasse), Départ à l’aube (une planque se termine mal), Elle ne peut pas mourir (Une femme abattue de dos), La dernière quille (Mystère dans un bowling), et Piège pour imprudent (Deux détectives privés doivent retrouver une jeune épouse disparue).

Ce recueil regroupe des histoires publiées entre 1946 et 1952, et certaines nous font penser à des prémisses qui vont donner le personnage de Travis McGee (N’étant pas un spécialiste, j’ai lu ça sur le Net). Ces nouvelles balaient tous les genres policiers, et je me dois de reconnaitre que John MacDonald est un sacré conteur même si je le préfère sur des romans plus longs, que j’ai lus quand ils sont parus chez Gallimard. De fait, je le trouve bien plus à l’aise et percutant quand les nouvelles sont courtes, comme celle qui donne le titre de ce livre.

En un mot : Un temps pour mourir

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N°30 : Sale temps de Janwillem van de Wetering

Traductrice : Isabelle Glasberg

Le propriétaire d’une banque douteuse est retrouvé suicidé de deux balles dans la tête, alors qu’en face, trois drogués sont découverts morts d’overdose à l’héroïne pure dans une péniche. Le commissaire revient d’une cure en Autriche, l’adjudant Grijpstra et le sergent de Gier réintègrent leur bureau, l’un pour un procès, l’autre pour des vacances. La proximité des morts et les dossiers rapidement clos étonnent. Ils décident de rouvrir les dossiers mais il semblerait que cela ne plait pas à tout le monde. Le commissaire fait face à une enquête interne, De Gier est écarté et Grispstravictime d’un accident grave.

Après avoir lu Comme un rat mort, qui m’avait bien fait rire, je m’attendais aussi à passer un bon moment avec ce roman. Mais dès les premières pages, l’auteur adopte un ton sérieux et nous décrit dans le détail les relations entre le Commissaire et le propriétaire de la banque, qui nageait dans de sombres eaux. Puis, tous les obstacles possibles tombent sur nos enquêteurs, avec un style lent et des dialogues bien faits mais longuets aussi. Ce qui fait que je me suis vite lassé de cette intrigue. C’est donc un rendez-vous raté, pour un roman policier trop classique.

En un mot : Classique

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com

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