Une sorte de verve étrange, point muette, Point sourde, éclate et fait du printemps un poëte ; Tout parle et tout écoute et tout aime à la fois ; Et l’antre est une bouche et la source une voix ; L’oiseau regarde ému l’oiselle intimidée, Et dit : Si je faisais un nid ? c’est une idée ! Comme rêve un songeur le front sur l’oreiller, La nature se sent en train de travailler, Bégaie un idéal dans ses noirs dialogues, Fait des strophes qui sont les chênes, des églogues Qui sont les amandiers et les lilas en fleur, Et se laisse railler par le merle siffleur ; Il lui vient à l’esprit des nouveautés superbes ; Elle mêle la folle avoine aux grandes herbes ; Son poëme est la plaine où paissent les troupeaux ; Savante, elle n’a pas de trêve et de repos Jusqu’à ce qu’elle accouple et combine et confonde L’encens et le poison dans la sève profonde ; De la nuit monstrueuse elle tire le jour ; Souvent avec la haine elle fait de l’amour ; Elle a la fièvre et crée, ainsi qu’un sombre artiste ; Tout ce que la broussaille a d’hostile et de triste, Le buisson hérissé, le steppe, le maquis, Se condense, ô mystère, en un chef-d’œuvre exquis Que l’épine complète et que le ciel arrose ; Et l’inspiration des ronces, c’est la rose.
C’est avec plaisir que nous avons renoué avec les sorties au marais du grand Saulcy de Moulins- les- Metz . La météo s’y prêtait parfaitement ce premier mai.
Le coucou était au rendez-vous et son chant nous a accompagnés sur toute une partie du parcours . Nous avons rencontré une dame munie d’un superbe objectif qui a pu le photographier, ce qui n’est pas très facile car cet oiseau aime à rester discret dans le feuillage . Saviez -vous qu’il se nourrit de grosses chenilles velues qu’il est le seul à pouvoir digérer, mais aussi de larves, de scarabées, de libellules et à défaut de vers de terre. J’ai eu la chance d’en photographier un dans un tout autre endroit mais impossible de remettre la main sur cete photo.
Le marais de Moulins s’avère un endroit dépaysant, il n’est pour s’en convaincre que de regarder les photos prises. Il fut un temps où l’on pouvait observer une faune particulièrement abondante grâce aux postes d’observation installés à portée du chemin. Malheureusement, le manque d’eau récurrent chaque année a certainement provoqué la désertion d’un certain nombre d’espèces, oiseaux comme mammifères. Il n’était pas rare, il y a une dizaine d’années, d’y voir des chevreuils , des renards ou des sangliers et sur l’eau différentes sortes de canards sauvages.
Mais le chemin qui sillonne le marais reste très attractif et bien entretenu pour plonger dans ce havre de paix naturel. En ce moment en plus du chant des oiseaux, vous aurez droit au concert des batraciens en longeant les roselières . Attention, n’oubliez pas de bien vous chausser, il n’est pas question de se tordre les chevilles en se promenant sur le sentier de découverte.
Annick a pris la barre du bateau des Croqueurs de mots pour ce n°326 et elle nous dit :
Je vous propose d’écrire une histoire (prose ou poésie) comme vous savez si bien le faire :
Soit en utilisant des titres de romans, de chansons, de fables, de poèmes
Soit en utilisant les titres des chapitres d’un livre que vous avez particulièrement aimé.
Je suis allée piocher les titres dans ma bibliothèque, ils seront soulignés dans le texte.
Cela faisait maintenant un an que Valentine avait rencontré Ange Pitou, l’étranger, là où chantent les écrevisses, dans la forêt d’Iscambe. Les belles promesses qu’il lui avait faites alors étaient devenues réalité. L’amour qu’il lui offrait était plus grand que le ciel et, désormais, plus jamais seule en sa demeure, un avenir radieux était à sa portée.
Pourtant au village les bienveillantes commères avaient fustigé l’homme qui plantait des arbres.
«Tu verras, c’est un homme pareil aux autres, il donne l’illusion d’être différent, ne crois pas que la vie est brève et le désir sans fin »
« Aux fruits de la passion, jamais je ne renoncerai » leur avait-t-elle répliqué.
Elle ne se voyait pas apprendre à finir, elle vivait vraiment le grand amour en osmose totale avec Ange. Mais un jour l’ombre du doute assombrit leurs ciels, ces orages là pouvaient être terribles. Valentine découvrit la carte postale dans la boite aux lettres et les mots bleus de Félicie : « Au-delà des mots de sable, s’écoulent les perles de pluie, larmes en rivière de nuit, glissantes insaisissables ». Félicie pensait que le venin qu’elle instillait par courrier allait accomplir sa vengeance. Pas question que la fille en colère sur un banc de pierre comme il se plaisait à l’appeler reste bouche cousue. Il avait promis de veiller sur elle et elle ne voyait maintenant à l’horizon que les mornes rivages de la solitude. Seulement la chute de leur histoire ne fut pas celle qu’elle espérait, la dérive des sentiments ne se manifesta pas. Aveuglée par la haine , elle ne connut pas une mort très douce quand une voiture la faucha, son courrier à peine déposée à la poste.
Si vous ne les avez pas reconnus, voici les auteurs des livres évoqués :
Un an : Jean Echenoz ; Valentine : George Sand ; Ange Pitou : Alexandre Dumas ; l’étranger : Albert Camus ; là où chantent les écrevisses : Delia Owens ; Dans la forêt d’Iscambe : Christian Charrière ; les belles promesses : Pierre Lemaitre ; plus grand que le ciel : Virginie Grimaldi ; seule en sa demeure : Cécile Coulomb ; un avenir radieux : Pierre Lemaitre ; les bienveillantes : Jonathan Littel ; l’homme qui plantait des arbres : Jean Giono ; tu verras Nicolas Fargue ; un homme pareil aux autres : René Maran ; l’illusion : Maxime Chattam ; la vie est brève et le désir sans fin : Patrick Lapeyre ; aux fruits de la passion : Daniel Pennac ; apprendre à finir : Laurent Mauvignier ; grand amour : Eric Orsenna ; osmose : Yann Queffelec ; l’ombre du doute : Jeanne Yliss ; ciels : Charline Colette ; ces orages- là : Sandrine Colette ; la carte postale : Anne Berest ; laboite aux lettres : Pierre Dubé ; les mots bleus de Félicie : Nathalie Lloyd ; les perles de pluie : Virginia Zurbuchen ; le venin : Erika Spindler ; vengeance : Laurence Devillairs ; la fille en colère sur un banc de pierre : Véronique Ovaldé ; bouche cousue : Mazarine Pingeot ; veiller sur elle : Jean Baptiste Andréa ; l’horizon : Patrick Modiano ; rivages : Gauthier Guillemin ; la chute : Albert Camus ; la dérive des sentiments : Yves Simon ; la haine : Günther Anders ; une mort tres douce : Simone de Beauvoir.
Fardoise nous propose de nous intéresser aux mains dans l’art.
J’ai choisi les mains dessinant de M.C. Escher
Cette lithographie représente une feuille de papier d’où émergent deux mains, se dessinant l’une l’autre. C’est l’un des exemples les plus frappants de l’utilisation fréquente du paradoxe chez Escher. Non seulement les mains y sont représentées de manière fidèle mais l’idée de les voir sortir de la feuille pour s’autodessiner est remarquable.
Maurits Cornelis Escher
né le 17 juin 1898 à Leeuwarden et mort le 27 mars 1972 à Laren, plus couramment appelé M.C.Escher est un artiste néerlandais connu pour ses gravures sur bois, manières noires, et lithographies souvent inspirées des mathématiques et des motifs de l’art islamique . il a réalisé 448 estampes et plus de 2000 dessins et esquisses ainsi que des tapisseries, des timbres, et des oeuvres murales.
Ses œuvres les plus connues représentent des constructions impossibles , des explorations de l’infini et des combinaisons de motifs en deux ou trois dimensions qui se transforment graduellement en des formes totalement différentes, défiant les modes habituels de représentation du spectateur. L’œuvre de M. C. Escher a séduit de nombreux mathématiciens à la communauté desquels il se défendait d’appartenir.
Pour ce défi du mois écoulé, initié par Renée repris par Martine Martin- Cosquer, un clic sur la photo logo.
Un mois d’avril vraiment très ensoleillé qui m’a permis de belles sorties et de fréquents séjours dans le jardin.
Sybelle d’ailleurs a déjà pris ses quartiers d’été.
Mais revers de la médaille, le réchauffement climatique semble encore s’accélerer. Le rapport Copernicus établit que l’Europe se réchauffe plus vite que les autres régions du monde et la situation pourrait encore s’aggraver.
Le 2 avril, nous sommes allés sur les sentiers de devant les ponts, nous nous sommes arrêtés sur la colline dominant la ville ( clic sur la photo pour voir le panoramique ).
Le 6 avril, c’est dans les Vosges que nous avons pu profiter d’un soleil éclatant. Ci-dessous le point de vue au-dessus de Rupt sur Moselle d’où sont partis les parapentistes de la famille. Quelques pensées sauvages sur le chemin d’acces.
Le 8 avril, je suis allée à vélo reconnaitre le nouvel itinéraire de la véloroute, celle- ci étant indisponible sur une petite distance en raison de la construction de la passerelle qui la reliera à l’île du Saulcy. Une très bonne initiative cette construction qui nous permettra d’accéder au centre ville sans passer par les ponts communs aux voitures.
Le 9 avril, nous sommes allés saluer les ouettes de Woippy plage moins nombreuses qu’à l’accoutumée.
Le 12 avril, nous nous sommes rendus au château de Courcelles pour y découvrir de nombreux métiers d’art . Une visite toujours aussi intéressante avec des artisans passionnés .
Le 23 avril, j’ai repris la véloroute jusqu’à Moulins- les- Metz mais pour le retour j’ai emprunté la navette Metz’O qui m’a déposée au Saulcy. J’ai pu doubler de nombreuses embarcations sans solliciter mes mollets. En cliquant sur la photo de droite vous verrez que les humains ne sont pas les seuls à monter dans un canoë.
Le 24 avril, nous sommes allés au Centre Pompidou Metz pour découvrir l’exposition « François Morellet 100 pour cent ». Un artiste largement inspiré par les mathématiques et par la lumière . Certaines de ses oeuvres donnent vraiment le vertige.
Le 25 avril, nous sommes retournés au château de Courcelles pour une exposition de photographies, des oeuvres saisissantes et de riches partages avec les photographes présents.
Un « droit dans les yeux » inoubliable de François Morel à la grande librairie.
« Je voulais simplement te donner des nouvelles et dire que je pensais à toi « …
« Tu avais l’admiration précise et absolue.Le jour aoù tu as rencontré Peter Brook, tu n’as su lui dire que : j’aime beaucoup ce que vous faites, et tu t’étais sentie bête. Pas si bête de dire aux gens qu’on aime ce qu’ils font. Pas bête du tout de dire aux gens qu’on aime qu’on les aime.
Pour le centenaire de la naissance de François Morellet, le Centre Pompidou Metz présente une rétrospective de sa carrière en cent oeuvres allant de 1941 à 2016. Elle explore au fil des oeuvres choisies l’ambivalence entre déraison et raison , entre l’héritage de Francis Picabia et celui de Piet Mondrian que l’artiste se plaisait à invoquer. Morellet incarne la tension entre la rigueur géométrique et la jubilation du hasard. L’exposition met en avant cette singularité de Morellet, à la fois considéré comme le principal représentant français de l’abstraction géométrique et comme l’un de ceux qui en ont le plus radicalement remis en cause les principes.
Ses premières expérimentations picturales ( il est alors agé de quinze ans) ne sont absolument pas abstraites. On pourrait les rapprocher de certains tableaux de Georgio de Chirico.
Puis chronologiquement jusqu’aux néons baroques des années 2010, nous avons d’un côté le Morellet du triomphe de la règle et des gloires du matérialisme pictural , de l’autre le Morellet de la déraison optique, de la distance néo- dadaïste. Cette progression souligne l’évolution d’un artiste qui, tout en s’appuyant sur des systèmes rationnels, introduit volontairement des éléments d’aléatoire et de perturbation. Morellet développe une œuvre fondée sur des systèmes, des grilles et des règles combinatoires, tout en cherchant à en perturber les effets par le hasard ou par des dispositifs optiques. Son travail explore ainsi la frontière entre ordre et désordre, rationalité et dérision, ce qui explique sa place singulière dans l’histoire de l’abstraction au XXᵉ siècle.