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  • À Aix, le procès de la barbarie ordinaire du narcotrafic

    Cinq hommes comparaissent jusqu’au 6 novembre devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Ils sont accusés d’avoir pris part, en décembre 2020, à trois assassinats particulièrement violents. Dont celui du frère aîné du militant antitrafic Amine Kessaci.
  • Microsoft 365 dans le cloud Bleu : Cloudiway lance les migrations et la protection des données

    Le partenariat entre la plateforme de migration Cloudiway et Bleu est opérationnel. Les premières migrations de clients vers Microsoft 365 dans cet environnement ont démarré, avec les données hébergées dans le cloud de Bleu. Cloudiway les mène en associant sa technologie, l’expertise de ses équipes et une collaboration étroite avec les MSP et intégrateurs partenaires. …

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  • French Tech 2030 : derrière les 80 lauréats, la carte des ambitions industrielles françaises

    Calcul, composants, communications spatiales, énergie, santé : la troisième promotion de French Tech 2030 dessine les capacités technologiques que l’État souhaite voir se développer en France. La géographie de ses 80 lauréats révèle des pôles de concentration, et leurs trajectoires posent une même question : comment transformer une avance scientifique en production industrielle et en …

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  • Sainte-Soline : penser les plaies

    « Il est très clair que l’extrême violence déployée contre nous vise à instaurer un climat de terreur », Noëmie*, 28 ans, réagit à ce qu’elle vient de voir le 25 mars 2023, sur la base arrière – lieu de repli logistique et sanitaire – de la manifestation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). « La stratégie en face était vraiment une volonté de… j’sais pas si c’était une volonté de tuer, mais c’était vraiment de traumatiser », déclare à son tour Simon*, 32 ans. Ces bribes de témoignages laissent imaginer des soldat·es revenu·es du front. Noëmie et Simon revenaient pourtant d’une manifestation écologiste, pour défendre un usage commun et raisonné de la ressource en eau. Ce jour-là, 30 000 manifestant·es ont encerclé l’une des plus vastes mégabassines de France. Ce trou de 16 hectares, creusé pour un coût de 6 millions d’euros selon le porteur de projet (la Coop de l’eau 79), est financé à plus de 70 % par de l’argent public et destiné à 12 exploitant·es agricoles.

    Primo-manifestant·es, zadistes, élu·es, riverain·es, groupes de familles ou d’ami·es : nul·le n’a, ce jour-là, été épargné·e par la répression. Deux cents personnes ont été blessées par les gendarmes, dont 40 grièvement. Deux hommes sont restés plusieurs jours entre la vie et la mort.

    « J’ai raconté Sainte-Soline. Tout est sorti, j’ai fondu en larmes. »

    Marie, manifestante à Sainte-Soline

    À ce décompte peut s’en ajouter un autre : celui des blessures invisibles. Flash-back, insomnies, comportements addictifs… Plus de trois ans après, celleux qui y étaient pansent encore leurs plaies. Marie* et Anouk*, 46 et 51 ans, en sont. « On était venues enjouées, déterminées », se rappellent les deux amies. Dans leur sac pour Sainte-Soline, quelques victuailles et des vêtements chauds, mais ni masque de chantier ni casque de vélo. « On a rejoint le cortège familial [pensé par l’organisation pour être accessible à toustes, loin des zones de tension] », se souviennent-elles. Rapidement, une pluie de grenades les paralyse. Au sol, les blessé·es hèlent les street medics, des bénévoles formé·es pour apporter les premiers secours aux manifestant·es blessé·es. « Je ne peux pas oublier les visages en sang », Anouk revit la scène, en pleurs.

    Les jours d’après, Marie comme Anouk suivent frénétiquement les informations, atterrées par l’écart entre les images commentées qui défilent et ce qu’elles sentent dans leur chair. « Je sursautais souvent, je dormais mal », raconte Anouk. Marie, comptable de métier, n’a rien osé dire en revenant au bureau. Un silence dans lequel elle s’est murée jusqu’à ce qu’une formation militante la mène à relater un souvenir marquant : « Sans vraiment réfléchir, j’ai raconté Sainte-Soline. Tout est sorti, j’ai fondu en larmes. »

    Ni Marie ni Anouk n’ont pour autant cessé de lutter.

    Comment se préparer avant une action ? Comment veiller les un·es sur les autres pendant celle-ci ? Comment panser les plaies ? Dans une culture militante qui garde sa part de virilisme, ces enjeux de care ont longtemps été relégués au second plan, portés par des collectifs féministes et des personnes minorisées. Mais, depuis Sainte-Soline, prendre soin
    est devenu une question de survie. Ce care-là est collectif, bâti et consolidé, de brochures en formations, de lignes d’écoute en « bases soin » déployées lors des mobilisations.

    * Les personnes n’ont pas souhaité donner leur nom de famille.

    Le chiffre

    5 000

    C’est le nombre de grenades lacrymogènes tirées le 25 mars 2023 par les forces de l’ordre en moins de deux heures : un peu plus d’un tir toutes les deux secondes. Les vidéos montrent des tirs depuis des quads et des tirs tendus de grenades lacrymogènes explosives, une pratique formellement interdite.

    ImageQuelques restes des plus de 5 000 grenades lacrymogènes lancées par la police lors de la mobilisation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en mars 2023.
    Crédit : Frédéric Pétry / Hans Lucas

    La lutte en 5 dates

    29 octobre 2022 : acte 1

    7 000 manifestant·es (Soulèvements de la Terre, Bassines non merci, Confédération paysanne, riverain·es, élu·es, membres d’organisations écologistes) se retrouvent à Sainte-Soline. La manifestation est interdite. Les affrontements font une trentaine de blessé·es.

    25 mars 2023 : répression

    Deuxième manifestation contre les mégabassines, à Sainte-Soline. Trente mille personnes défilent malgré l’interdiction, 3 200 gendarmes sont mobilisés, 200 personnes sont blessé·es ce jour-là, dont 40 grièvement.

    28 mars 2023 : dissolution

    Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, engage une procédure de dissolution des Soulèvements de la Terre, accusant la coalition écologiste de « violences répétées, d’attaques contre les forces de l’ordre, d’appels à l’insurrection ». Le Conseil d’État annule la procédure de dissolution le 9 novembre 2023.

    Novembre 2025 : enquête

    Mediapart et Libération publient une enquête révélant des images de la répression du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. « Faut leur tirer dans la gueule ! » ou « Faut qu’on les tue » : des menaces sont proférées par des agents. L’enquête journalistique atteste aussi de multiples tirs tendus de grenades (une pratique interdite et dangereuse), envoyées indistinctement sur la foule.

    Juillet 2026 : condamnations

    Le 1er juillet, la cour d’appel de Poitiers confirme une partie des condamnations prononcées contre quatre organisateurs de la manifestation du 25 mars 2023. La mégabassine de Sainte-Soline, censée permettre aux agriculteurices de pallier les sécheresses, est à sec dès le 20. Interdite d’utilisation, elle a vu disparaître – entre évaporation et usage à la légalité incertaine – 54 000 m³ d’eau collectés lors des pluies hivernales, en moins de deux mois d’été.

    ImageUne grenade de désencerclement lancée par les gendarmes en mars 2023 à Saint-Soline (Deux-Sèvres) a blessé une personne à la cuisse, causant une plaie ouverte.
    Crédit : Karoll Petit / Hans Lucas

    Entretien avec Thomas Cuvelier : « Prioriser la santé psychique »

    Psychologue clinicien et doctorant à l’université Paris 8, Thomas Cuvelier travaille sur la dimension traumatique des violences policières. Dans le cadre de ses recherches, il était présent sur la base arrière de Sainte-Soline et connaît bien les enjeux de soin qui y ont émergé.

    Vous vous êtes intéressé aux conséquences psychologiques d’armes dites « non létales »,
    celles qui ont fait 200 blessé·es à Sainte-Soline. Au-delà des conséquences physiques, que provoquent ces armes ?

    Un des effets pervers, c’est que, comme ces armes ne sont pas censées tuer, la brutalité de leur usage augmente. D’un point de vue psychique, les traits symptomatiques qu’on retrouve chez des blessé·es sont les mêmes que chez certains soldats de la Première Guerre mondiale : flash-back, crises d’angoisse provoquées par des détonations, isolement, comportements autodestructeurs… La quasi-totalité de celleux avec qui je me suis entretenu disent s’être vu·es mourir.

    Vous avez participé au dispositif psy sur la base arrière de Sainte-Soline, en mars 2023. Qu’en retenez-vous ?

    Quelque chose de très pratique : nous avons bien fait de placer le point d’écoute psy juste à côté de l’infirmerie. Si nous avions été ailleurs, peu de manifestant·es se seraient soucié·es de leur santé psychique. Ça a aussi permis d’épauler les street medics, qui sont les premiers réceptacles des souffrances. J’ai été marqué par un entretien, pendant que l’on nettoyait la jambe ensanglantée d’un manifestant. Le soin physique a permis une médiation : on parlait, mais sans être dans un face-à-face trop formel. Ça confirme qu’il faut
    faire ce qu’on appelle de la psychologie de liaison, qui existe dans les CHU : des secteurs qui font le lien, aux urgences, entre symptômes organiques et psychiatriques. Il pourrait y avoir des psychologues de liaison avec les street medics, mais aussi avec les legal teams : leurs avocat·es se retrouvent souvent dépositaires de leur souffrance psychologique.

    Dans quelle mesure un collectif militant peut-il prendre en charge les traumatismes psychoémotionnels des activistes ?

    Dans le cadre de ma thèse [« Les dimensions clinique et traumatique des violences policières »], commencée en 2022, j’ai vu un collectif voler en éclats à la suite de la blessure, en manifestation, de l’un des leurs. Si un milieu est déjà traversé de tensions, ça peut faire flancher tout le monde. À l’inverse, si un groupe n’est pas dans un trop mauvais état, il peut amoindrir les traumatismes individuels. En psychothérapie institutionnelle [une approche qui permet de croiser
    le champ clinique et le champ social], on dit qu’il
    faut soigner les murs avant les patient·es. On peut dresser le même constat chez les militant·es : si tout fonctionne sur des bases implicites, il sera difficile
    de mettre en place un quelconque soin quand ce sera nécessaire. C’est important d’écouter, d’avoir des temps qui ne sont consacrés qu’à la parole, à la prise de température émotionnelle au sein du collectif.
    Mais ça a ses limites, délicates à poser : le milieu militant ne veut pas forcément savoir qu’on ne peut pas « s’inventer psy ». Un milieu sain, qui a pris le temps
    de se former, peut accueillir une part de souffrance.
    Mais il faut aussi savoir reconnaître une détresse trop forte et passer le relais à des professionnel·les.

    « La peur est restée longtemps logée en moi : je sursautais au moindre bruit inattendu. Mais, avec le temps, la peur est devenue une rage. Avant Sainte-Soline, je n’avais jamais entendu parler des medics. Ça a été un déclencheur : il faut qu’on soit prêt·es physiquement mais aussi psychologiquement. »
    Anouk, manifestante à Sainte-Soline

    La question : qu’est-ce qu’une base soin ?

    La « base arrière » de Sainte-Soline, d’une ampleur sans précédent pour ce type de mobilisation, réunissait un pôle de soutien légal (souvent appelé legal team), une garderie, une cantine, un tableau de covoiturage, un espace pour former des « binômes affinitaires » pour ne pas manifester seul·e, un pôle d’aide aux personnes handicapées, un collectif antisexiste… et, grande nouveauté : une infirmerie psy, venue compléter l’infirmerie traditionnelle, où a défilé une partie des 200 blessé·es.

    Côté soin psychoémotionnel, un procédé de prise en charge avait été imaginé pour avant, pendant et après la manifestation. Tout d’abord, des brochures proposaient un protocole concret pour se préparer au mieux avant une action, savoir repérer les symptômes de traumatisme et y réagir. Ensuite, pendant l’action et dans les heures
    suivantes, l’infirmerie psy disposait d’espaces pour les entretiens individuels. « De nombreuses manifestantes et manifestants étaient dans un état de choc dû à la violence indistincte, qui les a laissé·es avec un sentiment déshumanisant. La première chose qu’on pouvait faire, c’était d’écouter sincèrement, dans un espace calme, pour redonner de la place à l’humain et au vécu », explique Claire*, psychologue de métier et bénévole à la base soin. Tout ne s’arrête pas une fois que chacun·e est rentré·e chez soi : une ligne d’écoute avait été mise en place pour soutenir celleux qui en éprouvaient le besoin.

    *Le prénom a été modifié.

    ImageUne équipe de street medics évacue une personne blessée lors de la mobilisation contre les mégabassines, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres).
    Crédit : Jerome Gilles / NurPhoto via AFP

    Analyse : décloisonner le soin

    De plus en plus de féministes et de militant·es racisé·es appellent à une approche décoloniale et intersectionnelle du care dans les mobilisations.

    Si la nécessité de prendre au sérieux les conséquences psychoémotionnelles de la répression est entrée dans les mœurs militantes, les manières de s’en emparer font encore l’objet de nombreux débats. Dans un entretien réalisé par l’association Organisez-vous !, en juin 2022, le collectif international Soutien et Rétablissement regrette que « le soin ne soit jamais une priorité » parce que « ce n’est pas rentable ni performatif », soulignant un culte de l’action héroïque à déconstruire. Depuis Sainte-Soline, tous les grands rassemblements écolos, de la lutte contre le mégacanal Seine-Nord au festival de luttes écologistes et sociales Les Résistantes, disposent d’une base arrière.

    Mais celle-ci est, toujours ou presque, à l’initiative de femmes et de minorités de genre. Un biais qui ne surprend pas Léna Silberzahn, autrice d’une thèse intitulée « Penser la peur au temps des catastrophes : matériaux féministes pour une autodéfense affective ». Elle constate que, si la reconnaissance d’une nature systémique des enjeux émotionnels se généralise, sa prise en charge demeure à la marge des actions. « Sur les camps, il y a de plus en plus souvent une tente dévolue au soin, mais c’est un espace cloisonné et délégué à un collectif. »

    Sans compter que des lacunes demeurent. Au festival des Résistantes, en août 2025, en Basse-Normandie, une dizaine de militant·es racisé·es ont interrompu la cérémonie de clôture pour dénoncer l’indifférence à leurs souffrances d’un milieu écologiste très majoritairement blanc : « Chaque question que vous posez est centrée sur vous ; c’est trop rarement que vous nous demandez ce qu’on ressent », exposent-iels au mégaphone, appelant les militant·es à se former davantage à une approche décoloniale du soin. Pour la prochaine édition, les bénévoles imaginent un autre dispositif, qui décloisonnerait le care : chaque « pôle » porterait une partie du soin, afin qu’il irrigue la programmation et l’organisation du camp.

    Les luttes féministes et écoféministes qu’étudie Léna Silberzahn montrent la voie. « On a tendance à pathologiser et à vouloir soigner toutes les émotions négatives, à les individualiser. Or, elles façonnent nos conditions collectives de militantisme », avance la chercheuse, inspirée par les féministes radicales étasuniennes. Dès la fin des années 1960, celles-ci lançaient le mot d’ordre « Le privé est politique » : un slogan qui prenait matière dans des groupes de parole, où les souffrances et injustices subies par les femmes dans leur vie privée (mariage, sexualité, maternité…) étaient mises en commun pour devenir la base d’actions politiques. Léna Silberzahn a d’ailleurs traduit « Notre politique débute avec nos sentiments », manifeste de Lynn O’Connor pour les Redstockings West, l’un des collectifs issus de cette mouvance.

    On y lit une proposition qui renverse la logique à l’œuvre dans les luttes contemporaines – en partant des maux et du soin plutôt qu’en les reléguant à la marge : « En faisant face à notre souffrance ensemble, nous pouvons commencer à imaginer l’absence de cette souffrance, identifier nos besoins et préciser notre vision politique », expose ce manifeste. Quelques années plus tard, la poétesse et militante africaine-étasunienne Audre Lorde faisait elle aussi du soin une « arme politique » : « Prendre soin de soi, ce n’est pas de la complaisance, c’est de la préservation de soi, et c’est un acte de guerre politique », écrit-elle dans A Burst of Light (1988, non traduit). Mettre le care au cœur des luttes, donc – non comme un besoin individuel, mais comme un point de départ mobilisant et collectif.

  • Camille Kouchner et Claire Hédon : le droit comme arme

    Rendez-vous a été donné par une journée de juillet dans les locaux du Défenseur des droits, l’autorité administrative indépendante qui veille au respect des droits et des libertés. Des lieux que s’apprête à quitter Claire Hédon, parvenue au terme de son mandat à la tête de l’institution, et qui bruissent déjà du nom de son potentiel successeur, confirmé à ce poste quelques jours plus tard : le sénateur François-Noël Buffet, issu des rangs de la droite réactionnaire.

    Des lieux que Camille Kouchner reconnaît pour avoir été ceux, un temps, de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) : lancée en 2021, l’instance doit en partie sa création à l’émotion suscitée par le livre La Familia grande, dans lequel l’écrivaine évoquait l’inceste survenu dans sa famille. Très vite, la conversation s’installe entre ces deux femmes. Elles partagent une même sensibilité face aux injustices, mais un rapport différent à la chose politique : Claire Hédon conserve un enthousiasme empreint de pragmatisme, quand Camille Kouchner se montre plus radicale, peut-être plus désenchantée. Elles ont relu l’une et l’autre cet entretien avant parution.

    Avez-vous le souvenir du regard politique que vous portiez sur le monde lorsque vous étiez enfant ? L’actualité était-elle un sujet évoqué en famille ?

    Claire Hédon Oui, j’ai grandi dans une famille où on parlait beaucoup de sujets de société, où on débattait et où il était accepté de ne pas toujours être d’accord.

    Camille Kouchner C’était la même chose de mon côté : dans les discussions, tout était politique. J’élève aussi mes enfants comme ça. On entend parfois qu’il faudrait les tenir à l’écart de certains faits d’actualité, au nom de leur intérêt. Au contraire, je les protège en ayant ces discussions. La prévention, c’est de ne surtout pas les tenir en dehors de la société.

    Vous êtes toutes les deux engagées, que ce soit dans vos professions ou vos écrits. Quelle a été l’influence de vos familles dans ces prises de position ?

    Claire Hédon Je suis issue d’un milieu privilégié, d’une famille issue de la droite catholique sociale. J’ai été élevée dans la conscience qu’on avait plutôt à rendre à la société ce qu’elle avait pu nous donner, et qu’il fallait essayer d’être utile… Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon grand-père, qui était général, est entré dans la Résistance et a été déporté. Ma mère, même si elle était très jeune, a aussi résisté. Cela m’a certainement influencée. Je ne voulais pas mener une vie de privilégiée hors des réalités du monde.

    Camille Kouchner J’ai été influencée par trois figures féminines dans mon enfance : ma mère, ma grand-mère et ma tante. Elles ont été incroyables ; je suis très reconnaissante et admirative. C’était une éducation un peu spéciale, mais ma mère m’a laissée très libre de mes choix.

    L’une et l’autre, vous vous êtes orientées vers des études de droit à l’université Paris-Panthéon-Assas. Qu’est-ce qui vous a séduites dans ce cursus qui relève d’une approche plutôt pacificatrice, voire conservatrice, du monde social ?

    Camille Kouchner J’y suis venue parce que ma mère était professeure de droit et j’avais l’impression que c’était la seule intelligibilité du monde à laquelle j’avais accès. J’ai fait ma maîtrise à Assas, mais je m’ennuyais à mourir. Puis j’ai découvert le droit du travail et j’ai fait, entre autres, du droit social et de la philosophie du droit à Nanterre. C’est avant tout la critique du droit qui m’intéresse.

    Claire Hédon De mon côté, le droit m’a intéressée dès que j’ai commencé à l’étudier. J’y ai vu un moyen d’analyser l’organisation de la société. Après ma maîtrise, je me suis présentée à des DESS dans plein de domaines différents et j’ai été prise en communication, au Celsa. J’ai eu mon premier emploi dans un service de communication, mais j’ai tout de suite réalisé que ce n’était pas pour moi. Je me suis lancée dans une carrière de journaliste radio. J’avais l’impression de ne pas trop ressentir les inégalités femmes-hommes, mais à RFI, une de mes collègues a un jour demandé à nos collègues hommes de nous dévoiler leur rémunération. On est tombées des nues : les écarts allaient de 10 à 70 %. Ça a été une vraie prise de conscience.

    Camille Kouchner, la littérature contre les violences

    Camille Kouchner est maîtresse de conférences en droit privé, spécialisée en droit social, qu’elle enseigne aujourd’hui à l’université Paris-Cité. En janvier 2021, elle publie La Familia grande, récit d’autofiction d’une enfance au sein d’une famille incestueuse. Marquant profondément le débat public, La Familia grande ouvre une discussion sur l’inceste et les violences sexuelles subies par les enfants. Le livre contribue au lancement du mouvement MeTooInceste. En avril 2025, Camille Kouchner signe un deuxième ouvrage, Immortels, un roman traversé là encore par les thématiques de la domination masculine et adultiste. Alors qu’elle affronte un cancer du sein, la narratrice, K., raconte plusieurs décennies d’amitié fusionnelle avec Ben, qu’elle connaît depuis l’enfance. Le poids des héritages familiaux, la violence des injonctions genrées, selon qu’on est fille ou garçon, dessinent deux trajectoires déchirantes, marquées par l’amour et le deuil.

    Une autre prise de conscience, c’est celle des ravages de la pauvreté, qui vous a amenée à rejoindre ATD Quart Monde. Quand avez-vous commencé à y militer ?

    Claire Hédon J’ai rencontré l’équipe d’ATD Quart Monde lors d’un voyage en Thaïlande. La lutte contre la pauvreté m’a tout de suite intéressée, parce que la pauvreté, ce n’est pas seulement un manque de revenus, ça passe aussi par des difficultés d’accès aux droits dans tous les domaines. À mon retour en France, je suis devenue ce qu’on appelle une « alliée dans la lutte » (lire notre glossaire) – pour ATD Quart Monde, les « militant·es » sont celles et ceux qui connaissent la pauvreté. En 2020, quand je suis devenue défenseure des droits, j’ai été obligée de démissionner, après vingt-huit ans d’engagement. Aujourd’hui, comme mon mandat se termine, j’y retourne ! ATD Quart Monde s’inscrit dans une vision globale de la société : on y réfléchit à celle que nous voulons construire, et à la place que devraient y avoir les personnes concernées par l’expérience de la pauvreté. C’est une réflexion que j’ai essayé d’appliquer dans mon poste de défenseure des droits et que les équipes de l’institution ont, je pense, bien compris : on ne peut plus mener des politiques publiques sans demander l’avis des personnes concernées. Cette participation est essentielle et permet d’en élaborer de bien plus pertinentes.

    Camille Kouchner C’est ce qu’on avait cru voir naître avec la Ciivise : une démocratie participative. Elle était basée sur des auditions, avec 30 000 témoignages… Et puis, finalement, rien. Aujourd’hui, il y a zéro budget et zéro volonté politique sur ces questions. C’est vraiment d’une tristesse… À partir du moment où vous ne faites rien de ces témoignages, que vous ne mettez pas en place de la prévention, avec un budget, vous ne construisez pas une politique publique. C’est juste de la communication.

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    « Adopter l’imprescriptibilité plutôt qu’un budget pour lutter contre les violences sexuelles, c’est encore de la poudre aux yeux. »

    Camille Kouchner

    Que disent les travaux de la Ciivise du statut des enfants dans notre société, et de la prise en charge des violences qu’elles et ils subissent ?

    Claire Hédon La question que l’on doit se poser est : lorsqu’un·e enfant parle, qu’est-ce qui est fait pour le ou la protéger ? Ce qui me frappe, c’est le nombre de fois où les enfants ne sont pas cru·es ou entendu·es. Parfois, des personnes regrettent que « l’enfant n’[ait] pas parlé », alors qu’en fait si, mais on n’a pas su l’entendre. L’autre point, pour rebondir sur la question de la politique publique, c’est effectivement celui de la prévention. Elle est essentielle. L’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité [Evars], c’est la base.

    Camille Kouchner La prévention est utile pour déconstruire les systèmes de domination sur les enfants, les femmes et les minorités. Mais les agresseurs restent le problème. Apprendre aux enfants que leur corps leur appartient ne suffit pas. Quand est-ce qu’on enseigne aux petits garçons – car c’est très genré comme question – qu’il ne faut pas agresser, pas se conduire comme des dominants ? Nous devons leur expliquer : « Ça, c’est une agression sexuelle, tu n’as pas le droit de le faire. » La lutte contre le patriarcat comme système passe par cet enseignement.

    Claire Hédon Il y a aussi toute la question de la prise en charge des pédocriminels. Au Québec, il y a d’excellents exemples de prise en charge. En France, on sent que c’est un sujet hyper tabou. On les emprisonne, mais on ne prévoit rien, ou très peu, comme soin psychologique.

    Camille Kouchner On n’arrive pas à parler de la prise en charge des pédocriminels parce que, dans l’imaginaire collectif, ils restent des déviants. Or, différents travaux, dont ceux de Dorothée Dussy, ont montré que ces agressions étaient liées à la domination patriarcale. Il faut donc s’y attaquer de manière politique. Ce que, malheureusement, l’État ne comprend pas aujourd’hui. La lutte contre les violences sexuelles repose encore principalement sur des outils individuels, via notamment le système judiciaire. Pour que le problème soit abordé de manière systémique, les médias et la recherche ont un rôle fondamental à jouer.

    Claire Hédon Il y a aussi beaucoup à dire sur la façon dont les femmes ou les enfants sont entendus dans les commissariats. Outre les situations où on reproche à l’enfant de ne pas avoir parlé, que j’ai déjà évoquées, je pense à un autre exemple qui est remonté dans les services du Défenseur des droits : récemment, alors qu’une femme déposait plainte pour viol, la policière – qui était pourtant censée être formée à l’accueil des victimes – lui a demandé pourquoi elle ne s’était pas débattue. Comme si la personne qui menait l’audition ne connaissait pas l’effet de sidération (lire le glossaire) ! Lorsque le compagnon de la victime a été entendu comme témoin, les policiers lui ont demandé si celle-ci était plutôt « du genre timide » ou « petite cochonne »… Ce genre de situations est plus fréquent que ce qu’on imagine.

    Camille Kouchner D’où la nécessité d’une vraie politique publique, avec des moyens. On peut aller vers une inflation législative, continuer à adopter des textes pour faire cosmétique. Mais ce dont on a besoin, c’est d’un budget : sans cela, on n’arrivera à rien.

    « La pauvreté, ce n’est pas seulement un manque de revenus, ça passe aussi par des difficultés d’accès aux droits dans tous les domaines. »

    Claire Hédon

    Vous insistez, Camille Kouchner, sur la nécessité de politiques publiques dotées de moyens réels. Claire Hédon, face à une fragilisation massive de la puissance publique, que peut l’institution du Défenseur des droits ?

    Claire Hédon Sur les 165 000 réclamations dont a été saisie l’institution l’année dernière, nous sommes parti·es en médiation dans 80 % des cas : les trois quarts ont permis de résoudre le conflit entre l’institution et l’usager·e à l’origine de la réclamation. Donc, au quotidien, on arrive à trouver des solutions. Le Défenseur des droits n’est pas la justice, n’a pas le pouvoir de contraindre, mais il fait bouger des lignes. Après, il est vrai qu’il y a des sujets sur lesquels on s’époumone et qui n’avancent pas suffisamment bien… Je suis par exemple très déçue sur la question des contrôles d’identité discriminatoires. L’état des lieux, tout le monde le connaît, et pourtant rien n’est fait. Quand vous en avez 47 millions chaque année, il est impossible d’ignorer que c’est un problème systémique… On maltraite notre jeunesse des quartiers, qui se prend des amendes à répétition, qui ne trouve pas de stage pendant sa scolarité et ses études…
    Plus globalement, on maltraite la jeunesse : celle qui fait des études et a toutes les peines du monde à se loger, celle engagée dans les mouvements écolos…

    Camille Kouchner On parle souvent de « la jeunesse », des droits « de l’enfant », au singulier, mais il faut parler des enfants au pluriel. Le rapport de la police aux enfants racisés est odieux. La militante antiraciste Fatima Ouassak parle d’« adultification » des enfants racisé·es (lire le glossaire). Dans son podcast La Fille sur le canapé, Axelle Jah Njiké raconte aussi très bien comment les petites filles noires sont prises pour des adultes beaucoup trop tôt à cause des stéréotypes. Au sein de la police et de la justice, il y a des biais énormes contre lesquels l’État ne lutte pas. Il doit adopter des politiques publiques qui protègent les enfants des discriminations. Depuis trop longtemps, il instrumentalise un universel pour mieux nier les spécificités de chacun·e, et c’est aussi pour cette raison qu’il préfère retirer toute agentivité politique aux enfants. Mais je ne suis pas sûre que votre successeur au poste de défenseur des droits, qui me fait très très peur, s’empare de cette question… Dans quantité de domaines, et particulièrement dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’État organise un droit inefficace pour les plus vulnérables. Je pense par exemple à l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineur·es, qui a été adoptée par les député·es en première lecture du projet de loi de protection des enfants. Tout ça, c’est du droit pour demain, pas pour aujourd’hui. Aujourd’hui, on fait quoi pour empêcher les agressions ?

    ImageLe 20 octobre 2021, Édouard Durand et Nathalie Mathieu, coprésident·es de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), écoutent le témoignage d’une personne lors de la première réunion publique de l’instance, à Nantes.
    Crédit : Thomas LOUAPRE / Divergence


    Justement, quelle est votre position à l’une et à l’autre sur la question de l’imprescriptibilité ?

    Claire Hédon Je ne pense pas que la solution soit là. Quand les faits ont cinquante ans d’ancienneté, on risque de ne pas avoir les éléments de preuve. On est en train de mettre un pansement qui ne va pas régler la question – et qui va rendre la justice encore plus décevante.

    Camille Kouchner C’est une question très difficile. Il y a évidemment une valeur symbolique de la loi, de la condamnation. En cela, qui peut être contre l’imprescriptibilité ? Mais je me méfie beaucoup de la politique pénale actuelle : préférer adopter l’imprescriptibilité plutôt qu’un budget pour lutter contre les violences, c’est encore de la poudre aux yeux, de la communication, pour faire croire que l’État agit. Il fait adopter une mesure hautement symbolique mais qui ne protège pas les enfants dans l’immédiat.

    Claire Hédon Je pense qu’il y a besoin d’une réparation qui ne soit pas forcément liée à la justice, justement. Mais quelle forme pourrait-elle prendre ?

    Camille Kouchner La Civiise proposait la prise en charge des soins des victimes, ce qui implique, en amont, que le préjudice soit reconnu. Le droit doit avancer et prendre en considération les symptômes liés à la traumatologie pour obtenir cette reconnaissance, qui serait déjà énorme. Par ailleurs, il importe aussi de distinguer la justice pénale et la justice civile. L’une tend à condamner, l’autre à réparer, les mécanismes de la preuve ne sont pas les mêmes.

    Claire Hédon Oui, il peut y avoir un certain nombre d’éléments qui laissent à penser qu’une personne est victime, sans qu’il y ait suffisamment de preuves pour que l’accusé soit condamné. Les deux pourraient être décorrélés.

    Image

    « On maltraite la jeunesse : celle qui fait des études et a toutes les peines du monde à se loger, celle engagée dans les mouvements écolos… »
    Claire Hédon

    Dans vos propos, on entend une articulation presque évidente entre les droits des femmes et ceux des enfants. Néanmoins, certain·es militant·es enfantistes (lire notre glossaire) rappellent que la domination des adultes sur les enfants est aussi portée par des femmes. Comment faire tenir ces luttes ensemble sans les confondre ?

    Camille Kouchner On peut très bien exercer une domination quand on est assignée femme. Les militantes enfantistes ont raison d’essayer de déconstruire le rapport de l’adulte à l’enfant. Autour de moi, il y a beaucoup de femmes qui se sont tues, parce qu’elles ont complètement intégré la norme patriarcale. Leur silence est coupable.

    Claire Hédon Vous parliez tout à l’heure d’un droit qui est inefficace pour protéger les plus vulnérables. Ce qui me frappe, c’est que la vulnérabilité des enfants crée les possibilités d’atteinte à leurs droits, y compris par des femmes.

    Camille Kouchner Oui, mais ces vulnérabilités sont créées par le système lui-même, elles ne sont pas naturelles. Les enfants racisé·es, en situation de handicap, queers… sont plus vulnérables, mais à cause de quoi ? Parce qu’il n’y a pas de politique publique à leur intention. Il faut être capable de reconnaître les personnes les plus vulnérables, avec des critères objectifs qui n’essentialisent pas, pour construire des politiques publiques. Le droit sait faire ça. Par exemple, la philosophie du droit du travail, c’est de reconnaître l’inégalité entre la ou le salarié et l’instance qui l’emploie : le salarié est dans une position de subordination par rapport à son employeur et a donc besoin d’être protégé. C’est ce qu’on appelle l’« ordre public social ». Quand on est enfant, on est vulnérable, vis-à-vis de l’État, mais aussi de sa famille. On doit construire notre ordre public en reconnaissant que les enfants ne sont pas sur un pied d’égalité avec les adultes. Et d’un point de vue intersectionnel, un·e enfant peut subir différentes oppressions, certain·es sont donc plus vulnérables que d’autres. C’est toute l’idée d’un ordre public de protection, c’est-à-dire un droit conscient des inégalités sociales et dont les normes visent à rétablir une égalité réelle entre les individus.

    Claire Hédon, faire respecter les droits avant tout

    Après des études de droit, Claire Hédon se lance dans le journalisme, d’abord à France Bleu, puis à France Inter et RFI, où elle anime l’émission quotidienne « Priorité santé » de 2003 à 2017. En parallèle de cette carrière radiophonique, elle s’investit à ATD Quart Monde, une association créée en 1957 par un prêtre catholique pour lutter contre la pauvreté. Entrée comme bénévole en 1993, elle en prend la présidence en 2015. En 2020, elle succède à Jacques Toubon au poste de défenseure des droits, pour un mandat de six ans. Autorité administrative indépendante créée en 2011 visant à garantir l’égalité de toustes, le Défenseur des droits peut être saisi par toutes les personnes (y compris étrangères) dont les droits ne sont pas respectés en France. Les questions relatives aux discriminations, aux libertés publiques et aux droits des enfants relèvent de son champ de compétence. L’instance dispose de permanences partout sur le territoire. Au cours de son mandat, qui a pris fin en juillet dernier, Claire Hédon a incarné un certain regard critique sur les institutions françaises et sur les autorités politiques en place, s’emparant de sujets tels que les contrôles d’identité discriminatoires, les violences policières, ou encore la loi immigration, votée début 2024. Elle a synthétisé les grands axes de son action dans La République des droits (Seuil, 2026).

    Vous évoquez l’importance de la construction de politiques publiques pensées pour les populations les plus vulnérables. L’année 2027 va être marquée par une élection présidentielle déterminante à ce sujet : comment prévoyez-vous de l’aborder ?

    Claire Hédon J’ai une vraie inquiétude sur la question de l’extrême droite qui, dans son ADN, ne respecte pas les droits ni l’État de droit. Ce qui s’est passé dans les années 1930 nous éclaire sur ce qu’elle peut faire. Or, la démocratie, ce n’est pas simplement l’élection au suffrage universel, c’est la séparation des pouvoirs, c’est le respect des droits fondamentaux des personnes, c’est la liberté associative, la liberté de manifester, la liberté de la presse…

    Quels partis incluez-vous dans l’extrême droite aujourd’hui ?

    Claire Hédon On a un glissement qui est un peu inquiétant, mais je fais quand même une nette différence entre le Rassemblement national et Les Républicains. Je n’ai pas de doute là-dessus.

    Camille Kouchner Depuis quelques années, la politique menée par les gouvernants, alliée au degré d’acceptation des partis censés être dans l’opposition, montre que l’ensemble de l’échiquier politique, à quelques exceptions près, s’est largement déplacé vers la droite, voire vers l’extrême droite. Il y a tellement d’exemples d’atteintes aux libertés fondamentales qu’on ne peut pas toutes les citer. Sur la liberté d’association, de nombreuses subventions ont été supprimées. Sur la liberté de manifester, je pense à la manière dont ont été traités les Gilets jaunes… Puisque nous avons beaucoup parlé de l’absence de protection des enfants, on ne peut pas ne pas évoquer Nahel Merzouk, tué par un policier en 2023. Il fait partie d’un grand nombre d’enfants racisé·es victimes d’une violence étatique mise en place contre lui.

    « On n’arrive pas à parler de la prise en charge des pédocriminels parce que, dans l’imaginaire collectif, ils restent des déviants. »
    Camille Kouchner

    Claire Hédon Il faudrait aussi citer les violences des forces de l’ordre à Sainte-Soline. Et quand toutes les manifestations contre l’A69 sont interdites, ce n’est pas normal. La loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre est également dramatique. J’ajouterais la loi sur la lutte contre la fraude sociale [promulguée le 25 juin 2026] qui revient à montrer du doigt les bénéficiaires de minima sociaux, alors qu’il s’agit en réalité beaucoup plus souvent d’erreurs que de fraude. Et aussi la loi « plein-emploi » qui impose quinze heures d’activité hebdomadaires aux bénéficiaires du RSA. Donc je suis d’accord. Je fais une différence entre la droite et l’extrême droite, mais il y a une dérive qui est inquiétante.

    ImageLe 5 mai 2025, des opposant·es au projet d’autoroute A69, qui doit relier Castres à Toulouse en Occitanie, se rassemblent malgré l’interdiction de la manifestation. Plusieurs mobilisations contre le projet ont été interdites ou fortement réprimées depuis 2023.
    Crédit : Antoine Berlioz / Hans Lucas / Reporterre

    Face à ce monde en crise, une importance de plus en plus grande est accordée dans les milieux militants à la notion de joie. Qu’est-ce qui vous permet de la garder ?

    Claire Hédon La jeunesse, que je trouve assez extraordinaire, plus engagée que celle de ma génération. Je suis admirative de ces jeunes femmes qui ne laissent rien passer.

    Camille Kouchner Depuis que j’ai écrit La Familia grande, je suis dans une émulation intellectuelle, sur le féminisme, sur le lesbianisme politique… Tout ça a nourri l’écriture de mon deuxième livre, Immortels, un roman sur la binarité de genre. Ça m’apporte beaucoup de joie de mettre ma vie en accord avec toutes ces idées, qui sont aussi portées par une certaine frange de la jeunesse. C’est ce à quoi je n’avais pas accès dans mon embourgeoisement, dans mes certitudes d’avoir atteint une certaine forme d’égalité. Je les ai déconstruites et je suis repartie dans une exigence intellectuelle, à plusieurs, qui est hyper joyeuse.

    Entretien mené par Marie Kirschen le 16 juillet 2026 dans les bureaux du Défenseur des droits.

    Claire Hédon et Camille Kouchner en quelques dates

    Octobre 1962

    Naissance de Claire Hédon à Paris.

    Juin 1975

    Naissance de Camille Kouchner à Paris.

    1987

    Claire Hédon commence sa carrière de journaliste.

    1993

    Claire Hédon rejoint ATD Quart Monde.

    2011

    Camille Kouchner devient avocate au barreau de Paris.

    Juillet 2020

    Claire Hédon est nommée à la tête du Défenseur des droits.

    Janvier 2021

    Publication de La Familia grande (Seuil) qui déclenche le mouvement MetooInceste.

    Avril 2025

    Sortie du deuxième livre de Camille Kouchner, Immortels (Seuil).

    Février 2026

    Sortie du livre de Claire Hédon, La République des droits (Seuil).

    Juillet 2026

    Claire Hédon quitte son poste de défenseure des droits.

  • Dad games : à quoi jouent les darons ?

    Le jeu vidéo est un média de mensonges. Il n’a pas le monopole de la fiction, mais il est le seul à exiger de son audience de prendre le contrôle de ses bobards.

    Une manette à la main, je peux courir à une vitesse supersonique, grimper une montagne à mains nues sans mourir, changer de genre, de taille, explorer des univers fantastiques, ou être coincée dans une étrange réalité : un monde qui tient uniquement grâce aux papas.

    Cette dernière catégorie domine l’imaginaire vidéoludique depuis une quinzaine d’années. Elle a même gagné un surnom : les « dad games » ou encore les « simulateurs de daron triste », pour reprendre les mots de la vidéaste féministe Ache. Leur champion est The Last of Us (jeux sortis en 2013 et 2020, puis adaptés en série par HBO à partir de 2023), qui s’est vendu à plus de 37 millions d’exemplaires en dix ans. On y suit Joel, un homme qui perd sa fille lors d’une invasion zombie causée par un terrible virus. Des années plus tard, il escorte une adolescente, Ellie, dans des États-Unis ravagés par l’épidémie. Car il ne suffit pas d’un papa pour faire un dad game : le dad évolue généralement dans un univers violent ou de fin du monde. Les enfants sont la clé pour racheter ses fautes passées, voire sauver l’humanité. Le dad est un héros parce qu’il nous fait l’honneur de choisir la paternité.

    Les mamans brillent par leur absence dans ce fantasme patriarcal. Leur existence est réduite à un outil symbolique ou littéral. Elles sont disparues ou mortes, comme dans God of War (2018) où Kratos, dieu grec de la guerre, doit réparer sa relation avec son fils Atreus après le décès de sa mère. Dans Death Stranding (2019, 2025), le personnage principal transporte dans un utérus artificiel un bébé né d’une mère en mort cérébrale. Fragiles, inquiétantes, inutiles après avoir enfanté, les mères des dad games reflètent l’angoisse d’une masculinité qui aurait perdu sa force et devrait donc revenir aux valeurs ancestrales de la violence et de la reproduction. Quitte à se passer complètement des femmes, qui deviennent obsolètes. Pas besoin d’une figure maternelle pour élever Diana, jeune héroïne de Pragmata (2026), puisqu’elle est un robot doté d’une intelligence artificielle. C’est Hugh, un ingénieur esseulé, qui la prend sous son aile, en s’appuyant sur ses compétences de hacking pour s’échapper d’une station spatiale contrôlée par une IA hostile.

    Ce dernier cas a posé un débat intéressant. Les jeux vidéo sont depuis longtemps un terrain de chasse pour l’extrême droite. Pragmata a donc été récupéré par des militants masculinistes revendiquant son succès commercial comme une victoire de leur propagande nataliste, dans un contexte de recul mondial des droits reproductifs. D’autres joueureuses ont défendu des analyses progressistes pour se réapproprier cette histoire : et si Pragmata n’était pas un énième dad game barbant, mais plutôt « un jeu de tonton », comme s’amusent à le qualifier certain·es internautes, qui remet en question l’idée qu’une relation tissée entre un homme et un enfant serait forcément paternelle ?

    Ni mères, ni adultes

    Le succès des dad games tient autant à ses pères virtuels héros de la fiction qu’à ceux qui tiennent la manette. Les jeux vidéo sont une activité quasi mixte : 46 % des Françaises jouent au moins une fois par semaine, contre 54 % des Français, avec un âge moyen de 39 ans . Au début de leur commercialisation, dans les années 1970, les jeux vidéo étaient marketés comme une pratique non genrée. Pourtant, assez vite, on a associé leur usage exclusi­vement aux garçons. Ce sont ces jeunes hommes qui ont vieilli, et à qui les dad games s’adressent. Certain·es critiques proposent même d’élargir cette étiquette. Plus besoin de raconter une histoire avec un père déprimé : un dad game peut juste simuler une activité stéréotypique d’un homme hétérosexuel ayant dépassé la quarantaine (tondre sa pelouse, jouer au golf ou laver sa terrasse au karcher…). À l’inverse, les femmes ont longtemps été ignorées par le marketing des jeux vidéo ou parquées dans l’univers rose bonbon des girl games, déployant des sujets comme la mode ou les animaux, très populaires dans les années 2000. Si les jeunes joueurs d’hier sont les dads d’aujourd’hui, les girls ne sont pas devenues mères aux yeux de l’industrie du jeu vidéo, ni des adultes à respecter ou inclure dans leurs narrations.

    Contrairement aux dad games, le concept de mom games est presque inexistant, excepté dans les débats des gameuses féministes. « S’il y a autant de jeux avec des pères, c’est parce que des hommes ont de suffisamment belles carrières pour : 1) avoir de l’influence pour proposer un projet sur ce thème, 2) travailler en étant parent », écrivait Shayna Moon, productrice dans le milieu, sur le réseau social Bluesky au mois d’avril 2026.

    En parallèle, en France, les femmes représentent 20 % des salarié·es du secteur vidéoludique et sont les premières victimes de la crise économique qui secoue actuellement ses entreprises. Qui a donc le droit de faire des jeux vidéo, d’y jouer et de s’y voir ? Dans un monde où le gamer est vu comme un homme par défaut, tous les jeux sont des dad games jusqu’à preuve du contraire. •

  • Taffy Brodesser-Akner : « C’est comme si les super-riches avaient formé leur propre civilisation »

    De passage à Paris, l’écrivaine et journaliste américaine disserte avec esprit et humour sur l’argent, la littérature, être Juif aujourd’hui et l’art du roman à l’ère de l’intelligence artificielle.

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  • L’eugénisme, notre ennemi principal

    « Mon sexe assigné à la naissance était une marchandise qui a été achetée et payée. » Ce sont les mots de Vivian Musk, fille d’Elon, quand elle révèle sur Threads en 2025 que son père aurait eu recours à la sélection sexuelle des embryons pour ses enfants.

    On soupçonne Elon Musk de se livrer à cette pratique depuis longtemps : sur 14 de ses enfants, trois seulement sont des filles, parmi lesquelles Vivian, qui a contrecarré les plans de son père en ­transitionnant. « Mon fils est mort, tué par le virus de la ­pensée woke », avait déclaré Elon Musk lors d’une interview en 2024 au site The Daily Wire, se lamentant de la transition de son « fils », qui aurait détruit sa fertilité.

    Il y a un lien entre l’obsession d’Elon Musk à produire un maximum d’enfants mâles, à propager ses gènes (qu’il imagine supérieurs), et une autre dimension de sa pensée : l’eugénisme.

    À la source du fascisme

    On nous a enseigné que cette idéologie aurait disparu après la Seconde Guerre mondiale car associée aux horreurs nazies. Elle connaît pourtant un regain de popularité chez les élites financières internationales et leurs admirateurices, et constitue le trait d’union entre le capitalisme prédateur d’Elon Musk et son soutien aux extrêmes droites racistes partout dans le monde.

    C’est l’eugénisme qui explique son enthousiasme à rejoindre l’administration Trump pour supprimer les financements de l’Usaid – ce qui pourrait causer jusqu’à 14 millions de morts, principalement en Afrique, selon une étude du Barcelona Institute for Global Health. C’est l’eugénisme qui pousse le mouvement anti-science Make America Healthy Again, lancé en 2024 par Robert Francis Kennedy Jr., aujourd’hui membre de l’administration Trump, à s’opposer aux antidépresseurs, aux vaccins ou aux antibiotiques en argumentant que les plus forts survivront.

    L’Europe a besoin de bébés, de corps pour travailler dans ses usines et gonfler ses armées, mais elle veut des corps blancs.

    Les ramifications de cette pensée, au cœur du techno­fascisme, sont détaillées par l’historien Quinn Slobodian dans ses livres Hayek’s Bastards (non traduit, Zone Books, 2025) et Muskism (coécrit avec Ben Tarnoff, non traduit, Allen Lane, 2026). Pour les technofascistes, la fortune des milliardaires des start-up n’est pas le résultat de leurs privilèges mais simplement le produit de leurs gènes supérieurs. Des gènes, cela va sans dire, d’hommes blancs. Slobodian montre la filiation entre le néolibéralisme et la supposée nouvelle extrême droite incarnée par Trump ou Milei. Le racisme était là depuis le début, expliquant l’origine des inégalités sociales par de prétendues différences génétiques entre les races.
    De notre côté de l’Atlantique, considérons l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), agence meurtrière qui délègue le renvoi des migrant·es vers des pays dangereux et dont l’Europe ­élargit le mandat et les effectifs d’année en année : au moment même où Emmanuel Macron appelle au « réarmement démographique » (terme piqué à Viktor Orbán, ex-président hongrois d’extrême droite) pour compenser un supposé problème de population, on fait tout pour empêcher que l’immigration en soit la solution. La seule acceptable : que les Françaises fassent des bébés. Mais pas n’importe lesquelles puisque le gouvernement encourage en parallèle les stérilisations à Mayotte. L’Europe a besoin de bébés, de corps pour travailler dans ses usines et gonfler ses armées, mais elle veut des corps blancs.

    Produire des corps valides

    Si la plupart des critiques du technofascisme ou du néo-eugénisme notent que ces mouvements sont misogynes, ils pensent rarement l’articulation des deux. L’eugénisme contemporain et l’antiféminisme ont pourtant tout à voir. Au-delà du fait que la moitié des personnes handicapées et racisées concernées par ces nécropolitiques sont des femmes, il faut aussi voir le rôle qu’on réserve à ces dernières : les hommes sont faits pour se tuer au travail ou à la guerre, les femmes pour pondre un maximum de bébés. Blancs et en bonne santé. Et, pour bien faire, elles doivent retourner à la maison et se soumettre au chef de famille.

    Le projet eugéniste impose aux femmes le travail reproductif, qui comprend le travail de gestation mais aussi de care, d’éducation ou d’entretien ; il reste très largement féminisé et effectué gratuitement au sein de la famille. C’est une des raisons pour lesquelles certaines féministes veulent abolir cette dernière. Non pour priver les enfants d’amour parental mais pour toustes nous libérer de l’usine à fabriquer des corps productifs pour un système d’exploitation capitaliste, fasciste et eugéniste.

    Et si les patrons de cette usine ont identifié les féministes, les lesbiennes, les personnes trans, les ­handi·es, les mamans solos ou les nullipares comme leurs ennemies, c’est parce que nous sommes des débrayeuses, des grévistes, des saboteuses. Soyons-en fières !

    Le combat contre l’eugénisme serait sans doute plus facile si ses idées étaient plus clairement revendiquées.
    En France, on compte peu de figures publiques ouvertement eugénistes, à part Laurent Alexandre, entrepreneur et essayiste qui a l’oreille des droites et des patrons. Mais les logiques eugénistes qui ne disent pas leur nom se retrouvent aussi du côté des ­progressistes. Quand ­l’ensemble des partis de gauche vote la loi dite « fin de vie » sans écouter les critiques antivalidistes, considérant comme seule opposition la droite chrétienne, ils font le jeu de l’eugénisme.

    Est-il si difficile d’admettre qu’il existe une critique de gauche d’un système politique de plus en plus dur avec les personnes handicapées, malades ou dépendantes, qui dérembourse les soins, conditionne les aides sociales ou ferme des lits d’hôpital tout en se félicitant de proposer le suicide assisté ?

    On a déjà vu ce manque de soutien de la gauche durant la crise du Covid : beaucoup de celleux qui parlent encore de privations de libertés subies au pic de la pandémie oublient la façon dont on a trié les malades, dont on a refusé de mettre en place des solutions de soin communautaire, dont on a méprisé l’inclusion des plus vulnérables dans nos sociétés.

    Après tout, dans l’imaginaire collectif bien davantage que dans la réalité des faits, celles et ceux qui mourraient du Covid, c’étaient les faibles, les dépendant·es, les vieilles et les vieux, les personnes improductives…

    Alors, comment débusquer ces logiques eugénistes jusque dans notre camp ? En écoutant les revendications antivalidistes. En mettant le care au centre de nos réflexions. En revalorisant la vulnérabilité, l’improductivité et la dépendance. Ainsi nous construirons un féminisme anti-eugéniste. •

  • Vents contraires

    Découvrez la bande dessinnée de Colin Atthar, intitulée « Vents contraires ».

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  • Mirage ou panacée ? Les promesses du stockage de carbone

    Peut-on lutter contre le réchauffement climatique en retirant le carbone de l’atmosphère ? Adopté en 2015, l’accord de Paris fixe bien un objectif d’équilibre entre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et leur absorption par les puits de carbone au cours de la deuxième moitié du XXI e…
  • New in SpyWeek: Starlink Chaos, Ukraine Spy Coup, Trump’s Agents in Pro-Russia Balkans

    ImageFormer Trump National Security Adviser Michael Flynn, a onetime head of the Defense Intelligence Agency, is now a registered agent of the pro-Russia Republika Srpska in Washington. He’s just the latest political operative from Trump’s inner circle to do so. (2016 White House photo)

    Ukraine Espionage Triumph: The Wall Street Journal this week published an extraordinarily detailed account of the defection of a young Russian army lieutenant who became disillusioned with the war in Ukraine, volunteered to spy in place for Kyiv and supplied it for months in 2024 with the locations and battle plans of Russian units he was assigned to, and which were subsequently obliterated by Ukrainian forces. “The Defector“ will surely be required reading at U.S. military spy schools for years. But meanwhile, questions will fly over whether Ukraine’s decision to publicize the case is a psychological warfare op in itself, designed to freak out Russian security services.

    Lifeline: Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy says U.S. intelligence-sharing ⁠has resumed. It had been interrupted but later “de-blocked,” he said Sunday on NBC’s Meet the Press. “We are very thankful for this. Now it works.” Trump administration officials and Space X boss Elon Musk spent the week dodging responsibility for the decision to slow down the Starshield satellite system Ukraine uses for battlefield communications and drone operations. The decision came from “inside the White House, according to two U.S. officials and a Western official briefed on the matter,” Reuters reported. Meanwhile, Robert B. Murrett, the former director of the U.S. National Geospatial Intelligence Agency, said in an interview Wednesday that he doubted that the U.S. intelligence community would pull its support from Ukraine. “The current leadership of the United States intelligence community and our allies is very anti-Russian,” he told The New York Times. “That’s not to say the White House couldn’t overrule them. But the principal leadership of the U.S. intelligence community does not have a warm place in their hearts for Putin and his leadership in the Kremlin.”

    To Russia with Love: Add former U.S. Army Lt. Gen. Michael Flynn, a onetime head of the Defense Intelligence Agency and briefly President Trump’s first-term national security adviser, to the ranks of former and current close Trump advisers on the payroll of Vladimir Putin’s proxy in the Balkans, Republika Srpska. Flynn has registered as a $100,000-a-month agent for the semi‑autonomous Bosnian Serb entity led by pro‑Russian leader Milorad Dodik, according to documents filed under the U.S. Foreign Agents Registration Act, to provide “strategic advice and analysis” and “work to improve political relations between Republika Srpska and the U.S.,” according to the independent Balkan Insight.

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  • Trump plans to begin DC golf course renovation in defiance of judge’s order

    Judge orders government to notify her by 8pm ET Sunday whether its position changed from Friday’s court filing

    Donald Trump posted on Truth Social on Sunday that “restoration work will begin” on 15 November to a historic public golf course in Washington DC despite a federal judge’s court order to pause his plans over environmental and historic preservation concerns.

    US district judge Ana Reyes had ruled earlier this year that the federal government must give notice before any substantive construction work on the East Potomac golf course could proceed, and last week issued an order halting the removal of trees at the site, which she called “inexcusable”.

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  • Ritchy Thibault incarcéré : la République française aurait-elle oublié son histoire ?

    Pour avoir appelé à former des « barricades », Ritchy Thibault, étudiant de 22 ans et connu du monde militant antiraciste, et notamment pour son engagement contre l'antitsiganisme, est aujourd'hui incarcéré dans la prison de Fleury-Mérogis, en détention provisoire. Un large ensemble d'universitaires et personnalités du monde intellectuel soucieux·ses des libertés publiques appelle à se mobiliser pour les défendre sa libération. Source: Relevé sur le Net...
  • Our Wins Of The Week

    With less than three weeks until Election Day, early voting is well underway in a majority of states and the turnout is surging.

    Georgia had a huge first day of early voting in what was widely seen as a very good sign for Democrats.

    Virginia’s Democratic Governor Abigail Spanberger touted her state’s huge Early Vote turnout, more than doubling the turnout of four years ago.

    North Carolina had a huge first day for Democrats.

    Ohio early voting is off the charts as well.

    CNN sees clear signs that Ohio’s Early Vote patterns are very good for Democrats.

    And a new poll bears that out.

    In the Michigan Senate race, Dr. Abdul El-Sayed was given an assist this week by Rep. Alexandria Ocasio-Cortez, who transferred $1 million to his campaign account.

    And hit the campaign trail for Abdul in Michigan.

    And in Texas, with James Talarico back on the trail after a brief illness, it was reported that Talarico has set fundraising records.

    Talarico got a boost from singer Kacey Musgraves, who invited Talarico to her concert this week.

    And then Musgraves absolutely destroyed Kristi Noem on social media after she criticized Musgraves’ endorsement of Talarico.

    Yassssss.

    This all comes as Democrats continue to have the momentum going into the November 3 elections.

    Fox News shifted 18 races toward Democrats.

    Just a reminder that our Tuesday and Thursday content is free for all readers.If you missed this week’s pieces, please check out Trump’s October Diesel Surprise and What Early Voting Data Is Telling Us About The 2026 Midterms.

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  • Dans la Loire, un maire «sans étiquette» aux obsessions d’extrême droite règne sur Lorette

    Gérard Tardy parraine Éric Zemmour, salue Jordan Bardella, relaie la théorie du «grand remplacement» et multiplie les mesures islamophobes. Entre intimidation de ses opposants et condamnations judiciaires, le maire octogénaire de Lorette dirige sa commune d’une main de fer depuis près de quarante ans.
  • 17 octobre : le peuple prend le contrôle de Chambéry !

    Le 17 octobre était annoncé comme une journée noir, Chambéry n'a pas fait exception ! Les tentatives de prise de la VRU par les différents cortèges se sont enchainés sans relâche jusqu'au succès. Les flics débordés n'ont pas pu contenir la colère et la détermination des différents cortèges ! Malgré la répression féroce occasionnant plusieurs blessé-es graves, la ville était dans les mains des manifestant-es !
  • Rennes : Retour sur une journée insurrectionnelle

    Barricades enflammées, tête de cortège endiablée, et un centre-ville tenu par les insurgé·es. Récit et images d’une journée historique à Rennes

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  • Conférence débat sur le climat et les énergies

    Quand ?
    Le 7 novembre de 14h à 17h

    Où ?
    Chalet de la transition écologique 40, rue René Hamon, 94800, Villejuif

    Big Conférence sur le Climat : "Et si on vous expliquait que l'effet de serre est bon pour la planète ?"

    Les rapports entre les énergies, le climat et les conséquences et les actions à mener
    Avec l'Association Avenir Climatique, AC

    Au Chalet de la transition écologique
    40, rue René Hamon
    94 800 Villejuif
    métro Paul Vaillant Couturier

    entrée libre sur inscription : SELdeVillejuif @ gmail.com

  • Trent McCotter Promises FBI Witnesses Contempt


    I noted in this post that Aileen Cannon had issued secret orders in the motion to intervene filed by some unknown number of FBI agents.

    The former purpose appears to be proceeding apace, in secret.

    After Donovan and Lowell filed their motion to intervene, Judge Cannon issued a snotty order, claiming they had not conferred with the government on the filing. On October 7, Donovan and Lowell resubmitted their motion, along with a complete Certificate of Conference. And according to a successful DOJ request to delay an Eleventh Circuit hearing on liberating the Jack Smith report, Cannon ordered briefing for October 21 and 28.

    On October 7, current and former Federal Bureau of Investigation (“FBI”) agents involved in the underlying criminal investigation that led to these proceedings filed a new motion to intervene in the District Court, seeking permission to both disclose and publicly discuss non-public information covered by the District Court’s February 23, 2026, Order prohibiting the release of Volume II. That motion raises significant issues overlapping with arguments made in these appeals, including those concerning the availability of intervention in criminal proceedings and Article III standing. Defendants-Appellees must now respond to that motion by October 21, with further briefing scheduled through October 28, just days before the currently scheduled November 2 oral argument.

    Either Cannon has sealed the public docket, or DOJ just revealed secret information from a grand jury docket, violating grand jury secrecy.

    But that motion for clarification is proceeding, in secret.

    On Friday October 16, DOJ public responded to Cannon’s secret order, which response was due by October 21, in Trump’s criminal docket. They largely dodged the legal issue by claiming that the search of Mar-a-Lago which the 11th Circuit ruled was legal was instead illegal and then, later, invoking a precedent that says grand jury witnesses may not dodge testimony because a search was illegal.

    [L]ike any other witness subpoenaed for a grand jury investigation, will “suffer” no more than the short-lived uncertainty as to what they may be questioned about related to their involvement in the illegal investigation of President Trump’s Mar-a-Lago residence.

    [snip]

    The Supreme Court has also stressed that secrecy prevents interference with ongoing investigations. Allowing outside legal challenges or defenses to intrude on questioning “would unduly interfere with the effective and expeditious discharge of the grand jury’s duties.” United States v. Calandra, 414 U.S. 338, 349–50 (1974). The grand jury must operate swiftly, independently, and without adversarial litigation or external influence. See id. But here, this is exactly what the Witnesses’ counsel devises to do: impede the independence and confidentiality of grand jury proceedings yet to occur. This Court should not allow any free sneak previews or negotiations about what the grand jury may or should ask.1

    1 Finally, the Witnesses assert that the Department’s interpretation of the Protective Order is “inconsistent.” Motion, p. 7. Yet the Witnesses offer no support for this assertion—because there is none. The scope of the Order is clear, and the Department’s interpretation of its application remains consistent. [See ECF No. 779, pp. 14–15]. Any disclosure or dissemination of Volume II or its drafts, or any nonpublic information or conclusions in Volume II or its drafts, outside the Department of Justice, would implicate the prohibitions of this Court’s Order. [ECF No. 779, pp. 14–15].

    Their claim that testimony is inconsistent is ridiculous — but I’m sure Judge Cannon will applaud it.

    And then they argue that the witnesses cannot ask for such clarification until they suffer an injury — for example, by being held in contempt by DOJ.

    But the Witnesses compound the audacity of these requests: They lasso their jurisdictional interest on an illusory future “injury” lacking any basis in law. See Motion, pp. 3–4. They insist the Court must “clarif[y] the application of the Order to their upcoming grand jury testimony,” because their “imminent injury” is “‘likely [going to be] caused by’” Department of Justice officials asking them, “questions pertaining to information in Volume II of the report, which may or may not fall within the scope of the [Protective] Order.” Motion, pp. 3–4 (emphasis added) (citation omitted). And this speculative “injury”— which may or may not happen—they theorize, may or may not “forc[e] them to make the difficult choice” among facing “(1) possible contempt of the Order; (2) not providing full, unconstrained testimony to the grand jury in order to comply with the terms of the Order; or (3) invoking their Fifth Amendment right not to incriminate themselves.” Motion, p. 3.

    Three illusions cannot make an injury.

    Under Article III of the Constitution, for a genuine case or controversy, a party must show he or she has suffered “‘an invasion of a legally protected interest’ that is ‘concrete and particularized’ and ‘actual or imminent, not conjectural or hypothetical.’” Spokeo, Inc. v. Robins, 578 U.S. 330, 339 (2016) (quoting Lujan v. Defenders of Wildlife, 504 U.S. 555, 560 (1992)). A “threatened injury must be certainly impending to constitute injury in fact,” and “‘[a]llegations of possible future injury’ are not sufficient.” Clapper v. Amnesty Int’l USA, 568 U.S. 398, 409 (2013) (quoting Whitmore v. Arkansas, 495 U.S. 149, 158 (1990)). Parties “cannot manufacture standing merely by inflicting harm on themselves based on their fears of hypothetical future harm that is not certainly impending.” Id. at 416 (emphasis added). Witnesses’ bases for standing—no matter how creative—should be dismissed for lack of jurisdiction.

    Just the first italicized “may or may not,” above, is from the FBI witnesses. Here’s what that passage from the motion to intervene looks like:

    They are likely to be asked questions pertaining to information in Volume Il of the report, which may or may not fall within the scope of the Order, forcing them to make the difficult choice between: (1) possible contempt of the Order; (2) not providing full, unconstrained testimony to the grand jury in order to comply with the terms of the Order; or (3) invoking their Fifth Amendment right not to incriminate themselves. The first two options bear possible punitive consequences, while the third creates ‘unnecessary negative optics for innocent former federal civil servants who are said to be witnesses yet may be perceived as withholding information simply due to the need to protect themselves from being held in contempt:

    And the “may or may not” is not about what prosecutors might ask. It’s about Aileen Cannon’s Cannonball.

    At the very least, this challenge may have caused a delay in testimony. The motion to intervene described three subpoena recipients (one of whom is not represented by the lawyers on the motion), one scheduled for

    One individual was subpoenaed for testimony during the week of September 28, 2026; two others (including an individual represented by separate counsel) have been scheduled for the following week.

    Those dates have come and gone, yet DOJ describes that, “The scheduled dates and times for their requested testimonies have not yet occurred.”

    It seems like a big gimmick: To adopt a position for DOJ (Acting Deputy Attorney General Trent McCotter, who reports to Todd Blanche, is among the DOJ personnel who signed the filing) that is inconsistent, even, with what Todd Blanche has said and judges in both SDFL and the 11th Circuit have said, so that these witnesses will be exposed to contempt one way or another.

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  • À Montpellier, une veille devant le commissariat central pour les interpellé-es du 17 octobre

    Depuis la fin de la manifestation du 17 octobre, marquée à Montpellier par une participation record puis des pillages et affrontements rarement vus, des jeunes se relaient devant le commissariat central pour soutenir les interpellé-es.

    Ce samedi 17 octobre a été marqué par une spectaculaire journée d’action du mouvement Gen Z x Gilets Jaunes. Cette journée a vu converger différentes colères, dans la foulée du mouvement lycéen en cours et des appels à manifester contre la vie chère.

    À l’issue de la manifestation montpelliéraine, marquée par une participation record, avec au moins 40 000 personnes, puis des pillages et affrontements rarement vus dans le Clapas, la préfecture de l’Hérault annonçait 63 interpellations. Quasiment en continu depuis la fin de la mobilisation à minuit, des dizaines de jeunes se relaient devant le commissariat central, prêt de l’arrêt de tram Voltaire, pour soutenir les interpellé-es qui en sortiraient.

    Eau, café, nourriture, compagnie et réconfort sont proposés aux personnes tout juste sorties de garde à vue.

    De nombreux manifestant-es auraient été libéré-es dans la nuit. Entre 15h et 17h30, nous étions présent-es sur place. Trois d’entre elleux sont sorti-es, tous jeunes majeurs, boîtant-es ou vêtements déchirés. Un premier a été libéré sans suites. Un autre avec une convocation devant le Tribunal Judiciaire de Montpellier le 11 décembre, pour port d’arme. Le dernier passera devant le même tribunal, le 13 mars 2027 pour dissimulation du visage à 8h30.

    Les soutiens mobilisé-es distribuent également des conseils contre la répression sous forme de livret. Et les coordonnées de l’Assemblée de Montpellier contre les violences d’État et pour les libertés, collectif anti-répression qui suit notamment les personnes poursuivies dans le cadre de mouvements sociaux, et leur propose soutien moral, financier, logistique, juridique.

    Par ailleurs, durant toute l’après-midi, des contrôles de police très nombreux étaient en cours dans tout le centre-ville et à Odysseum.

    L’Assemblée de Montpellier contre les violences d’État et pour les libertés se réunit tous les mardis à la libraire La Symbolique du Poulet, à 19h, 13 rue des Soldats.

    Du jamais vu à Montpellier : la Gen Z retourne la ville ce 17 octobre

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  • Fiasco sécuritaire du 17 octobre: aucune leçon n’a été tirée des Gilets jaunes

    Malgré les dénégations du gouvernement, les forces de l’ordre ont été débordées samedi 17 octobre. Les enseignements des mouvements sociaux nés en dehors de toute structure, comme celui des Gilets jaunes, n’ont pas été tirés.
  • Nicola Jennings on Trump’s new White House press secretary – cartoon

  • Parc’Innov, ce nouveau grand projet de datacenter destructeur à Saudron

    La rentrée ne s’est pas faite attendre pour les nouveaux projets de la galaxie Cigéo avec deux annonces diffusées sans grand bruit. La première, un appel à manifestation d’intérêt publié le 9 septembre pour construire un datacenter ou supercalculateur sur les 40 hectares du Parc’Innov Bure Saudron, où les locaux du projet Syndièse végètent depuis son abandon. Cigéo, c’est aussi détourner des fonds pour de nombreux projets absurdes. Le projet Syndièse consistait à étudier la frabication de « bio »carburants à partir d’arbres, en rasant les forêts. Malgré les grandes quantités d’argent publique récupérées, ce projet ne leur semblait pas assez rentable. Aujourd’hui, ce qui est dans l’air du temps, c’est de construire ces bâtiments remplis de milliers d’ordinateurs qui consomment beaucoup d’énergie et chauffent énormément, notamment pour faire de l’intelligence artificielle (IA). Pas de porteur de projet annoncé pour le moment : on ne sait donc pas  si c’est pour les Google et autres Open AI ou bien pour une start-up européenne, si c’est pour détruire des emplois de bureau, faire la guerre ou bien générer des vidéos de chats obèses. Mais est-ce que ce sera un gros projet ?

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    La deuxième annonce nous donne des éléments de réponse. C’est RTE, qui gère le réseau électrique haute tension et qui par ailleurs n’a pas donné de nouvelle du transformateur qu’il est censé construire pour Cigéo depuis 2021, qui publie ce 17 septembre. Un nouveau site dit « fast track » a été identifié sur notre cher Parc’Innov. Fast track ? C’est le nom donné a un endroit où le foncier serait accueillant et le réseau électrique adapté à la connexion de TRÈS gros équipements électriques avec des procédures facilitées. Le Parc’Innov aurait donc pour lui seul 1000 MW de puissance électrique réservée. Alors c’est beaucoup ou pas ? Jugez plutôt…1000 MW c’est :

    – 3 fois la consommation électrique moyenne de la Meuse ET la Haute-Marne réunies

    – 9 fois la puissance annoncée pour le fonctionnement du projet Cigéo

    – Ce que produit un gros réacteur nucléaire qui tourne correctement (ce qui se fait rare…)

    – Ce qui est consommé par les plus gros datacenters d’Europe

    – 5 fois la puissance prévue initialement pour le transformateur d’une dizaine d’hectares au bord de la Bureau pour Cigéo + « les besoins du territoires ».

    Les autres endroits où de tels centres sont prévus, c’est à coup de dizaines de milliards d’argent public et de capitaux étrangers que ça se joue : Fouju avec des fonds émiratis, Dunkerque, Bouchain et Bosquel par le japonais Soft Bank ou Cambrai par un fond de pension canadien.

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    Il ne fait pas bon être sur les lignes rouges, principales lignes Très Haute Tension indispensables à l’installation de projets gourmands en énergie. Le site pour la poubelle Cigéo a en partie été choisi pour cette raison.

    Difficile de faire des projections sans projet précis, mais l’envergure annoncée doit nous inviter à être attentif. D’autant que ce ne sont pas que des histoires de béton et de gaspillage d’électricité. Parmi les nuisances contestées par les collectifs de riverain⋅es on retrouve… L’EAU !

    Car il faut refroidir toutes les puces électroniques qui font tourner ces machines qui doivent le moins possible s’arrêter, et ce peu importe les conditions climatiques. Pour cela, on peut, comme aux États Unis, utiliser énormément d’eau et un peu d’électricité (boucle ouverte), comme pour refroidir une centrale nucléaire. Il ne vous aura pas échappé que ce serait impossible en Meuse. L’autre solution est d’utiliser des boucles dites fermées où l’eau est réutilisée, un peu comme dans une clim (avec beaucoup d’électricité). C’est l’argument phare des promoteurs de ces projets, mais dans les faits il faut pour des installations de cette envergure toujours refroidir un peu ces « grosses clims » avec de l’eau, notamment en été. Ainsi, une des installation les plus efficace en France, celle d’OVH et ses 40 MW de consommation dans le Nord, utilise 100 fois moins d’eau qu’une installation moyenne. Alors, qu’est ce que ça donnerait par chez nous ?

    Si on part de l’exemple d’un datacenter consommant 250 MW (soit un quart de la puissance réservée pour le site) et qui serait aussi efficace que le site OVH, on peut estimer la consommation à 438 000 m³ d’eau douce par an, soit en moyenne 1 200 m³ par jour.

    438 000 m³ c’est les trois quarts de l’eau utilisée en irrigation agricole en Meuse.
    C’est plus du double de ce que l’ANDRA annonce déjà pour le projet Cigéo.

    Transformer le territoire en poubelle désertique pour regarder travailler des machines, accroître la consommation d’énergie pour peut-être justifier plus encore Cigéo, ça vous tente ? Ayons l’intelligence humaine de dire NON dès qu’arriveront les premiers promoteurs. L’acceptation sociale est un fort levier, en France et ailleurs, pour faire reculer ces projets, ne nous laissons pas faire !

    Pour en savoir plus…

    L’appel à manifestation d’intêret
    Les nouveaux sites dits « fast-track » de RTE
    Détournement d’argent public au CEA, l’article du positillon 
    La page du transformateur électrique de Cigéo (caduque), qui était sensé rentrer en fonction en 2025
    et un article mis à jour en 2023
    Sur l’eau et le refroidissement des data-center
    Pour la source de la conso d’eau de OVH Cloud
    Les données d’utilisation de l’eau en France (et d’électricité)
    Un article sur les liens entre le développement de l’IA et du Nucléaire

  • Fun, fancy dress and drinking on the train to Leeds | Brief letters

    Memorable train journeys | Taking note of happiness | Deposing Trump | Lib Dem laughs | Turnip lanterns

    I enjoyed Zoe Williams’ description of her train journey to Liverpool (Yes, Britain’s railways are a mess. But is anyone sober enough to care?, 13 October). Could I recommend any local train heading into Leeds on a Saturday morning, where you’ll see people getting on dressed as superheroes, Roman emperors and gladiators, Smurfs and Oompa-Loompas on their way to the (in)famous Otley Run, a fancy-dress pub crawl, drinking and singing to warm up.
    Katharine Jackson
    Birmingham

    • After reading Jeanette Hamilton’s letter (Count your blessings for a cheery long life, 15 October), I reread the 2025 and 2026 entries in my Sparks of Joy calendar – a daily record written every evening stating, in no more than five words, something that made me feel happy that day. The entry for 1 January this year states: “Both still here.”
    Vivienne Seakins (80 years young)
    Rugby, Warwickshire

    Continue reading...
  • De l’Occitanie aux Hauts-de-France en passant par les espaces ultramarins, cartographie d’une biodiversité à l’agonie

    À la veille de l’ouverture de la COP17 «biodiversité» à Erevan, où 196 pays vont négocier la préservation des écosystèmes, «Mediapart» se penche sur les périls en France. Zones asséchées, espèces au bord de l’extinction, forêts décimées… Les destructions se multiplient, et les pelleteuses avancent toujours.
  • Les héros russes de LFI

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    Reprise d'un article de Desk Russie [1] 4 octobre 2026

    Qui sont les opposants russes que Jean-Luc Mélenchon présente comme la preuve que son camp combat le poutinisme ? Le cas d'Alexeï Sakhnine oblige à regarder au-delà de l'étiquette de « dissident anti-guerre ». Ancien dirigeant du Front de gauche russe, réfugié politique en Suède puis en France, il reste étroitement lié à des militants passés dans les structures d'occupation russes ou les formations armées du Donbass. Les mêmes milieux apparaissent aussi dans des projets du renseignement militaire russe visant à travailler les réseaux anti-OTAN en Europe. Dans le même temps, Sakhnine a trouvé sa place dans la gauche européenne dite « pacifiste », auprès d'organisations qui militent pour l'arrêt de l'aide militaire à l'Ukraine.

    L'alibi de LFI

    Lorsque Jean-Luc Mélenchon ou ses proches sont interrogés sur leurs positions à l'égard de la Russie et de la guerre en Ukraine, un argument revient : La France insoumise n'est pas du côté de Vladimir Poutine, puisqu'elle accueille ses opposants, les « Russes qui résistent ». Le 25 septembre 2026, au lendemain d'une nouvelle sortie de Mélenchon accusant l'Ukraine d' « escalade » pour ses frappes en profondeur en Russie, Clémence Guetté rappelait encore au micro de France Inter : « Nous hébergeons les opposants au régime de Poutine. »
    Avant 2022, le partenaire russe privilégié de Jean-Luc Mélenchon était Sergueï Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche russe. Mélenchon le soutenait déjà lorsqu'il était emprisonné et, après sa libération, l'a rencontré à Moscou en mai 2018. Quatre ans plus tard, Oudaltsov soutient sans réserve l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Pour Mélenchon, il a « craqué ». L'ancien allié russe est rayé de la liste, et un nouveau favori apparaît presque aussitôt. Le 6 mars 2022, au grand meeting présidentiel de Mélenchon à Lyon, présenté comme un « meeting pour la paix », Alexeï Sakhnine intervient par vidéo. Il condamne l'agression russe, mais explique déjà qu'on ne fera pas reculer la Russie de Poutine « avec des chars et des missiles » et pourquoi la victoire contre le régime doit venir de l'intérieur.
    Sakhnine et ses camarades viennent de publier un manifeste condamnant l'invasion russe comme une guerre « injuste » et « de conquête ». Mais le texte affirme aussi que Poutine a, du fait de son agression, « annulé tous les crimes des nationalistes ukrainiens » et fourni de nouveaux arguments aux « faucons américains et de l'OTAN ».
    Le 25 octobre 2022, trois militants russes de gauche, Sakhnine, sa compagne Liza Smirnova et Andreï Roudoï, sont reçus à l'Assemblée nationale par Mathilde Panot, plusieurs députés LFI et Mélenchon lui-même. Leur arrivée en France a été facilitée au plus haut niveau : Mélenchon dira avoir obtenu l'appui d'Emmanuel Macron pour les faire venir et remerciera publiquement le président de les avoir aidés « d'un bout à l'autre ».
    « Heureusement qu'il y a des Russes comme eux ! », s'enthousiasme Mélenchon. « Nous prenons en charge leur présence en France », souligne-t-il.
    L'Ukraine reste pourtant presque absente de cette présentation. Lorsqu'un journaliste finit par demander aux trois militants ce qu'ils ont à dire aux Ukrainiens, Andreï Roudoï répond : « La classe ouvrière de Russie et d'Ukraine n'a rien à se disputer. Nos principaux ennemis, ce sont nos gouvernements. »
    Roudoï, ancien cadre du Front de gauche russe et fondateur du média Vestnik Bouri (Messager de la Tempête), que Mélenchon présente alors comme l'une des « têtes de réseau » de la résistance de gauche russe avec Sakhnine, quittera ensuite la France et rompra publiquement avec Sakhnine. Ce dernier, au contraire, s'installe durablement dans l'orbite politique de Mélenchon.
    Quel est exactement son statut auprès de Mélenchon : protégé politique, réfugié pris en charge, compagnon de route, interlocuteur régulier ? Sakhnine préfère présenter leur relation comme une alliance politique. En 2025, il affirme « coopérer » avec Mélenchon sur la stratégie de la gauche européenne.
    Le parcours de Sakhnine est assez singulier pour un opposant russe accueilli comme réfugié politique : avant de s'installer à Paris, il avait déjà passé plusieurs années en exil en Suède, puis renoncé à son statut de réfugié pour rentrer volontairement en Russie en 2019.

    Un révolutionnaire russe en Suède

    Sakhnine est connu en Russie comme l'un des organisateurs des mobilisations de 2011-2012 et l'un des dirigeants du Front de gauche, principale organisation de la gauche extra-parlementaire de cette période. Après l'affaire Bolotnaïa, en 2013, il part en Suède et y obtient l'asile. Pour une partie de la gauche locale, son profil est idéal : militant révolutionnaire, organisateur de manifestations anti-Poutine, réfugié politique. Il obtient rapidement des tribunes dans les médias de gauche et des entrées dans des réseaux militants transnationaux.

    À partir de 2014, Sakhnine ne parle plus seulement de la Russie de Poutine, il devient aussi un interprète de la crise ukrainienne. Le Maïdan, dans ses textes, est surtout une victoire des oligarques soutenus par l'Occident, où l'extrême droite aurait acquis une influence démesurée. À l'inverse, il présente l'anti-Maïdan comme un mouvement populaire, opposé au nationalisme et au néolibéralisme. Dans le Donbass, il voit d'abord une guerre civile ; l'intervention russe reste en arrière-plan. Ce cadre changera peu au cours des années suivantes.
    Il publie sur le « fascisme ukrainien » et la « terreur » contre les militants de gauche. Cette grille de lecture trouve vite des relais dans les médias pro-Kremlin : Sakhnine est interviewé par Komsomolskaïa Pravda, apparaît sur la télévision d'État russe et, en 2017, participe comme producteur au tournage en Suède d'un documentaire de Russia Today consacré à la lutte des classes et à la justice sociale. Lui-même justifie ce type de coopération par la possibilité de toucher une audience russe plus large.
    Pour parler de l'Ukraine, Sakhnine dispose surtout d'un partenaire sur place : Borotba, organisation ukrainienne se réclamant de la gauche radicale, fondée en 2011. La relation précède de deux ans le Maïdan et la guerre. En septembre 2012, Sakhnine et Sergueï Kiritchouk, l'un des dirigeants de Borotba, annoncent à Kyïv une coopération entre le Front de gauche russe et l'organisation ukrainienne. Borotba promet un soutien organisationnel et médiatique, des contacts avec la presse et, en cas de répression accrue en Russie, une aide à la création d'un relais du Front de gauche à l'étranger. Sakhnine présente ses partenaires ukrainiens comme des camarades fiables.
    En Suède, cette proximité devient même un argument d'autorité. En juin 2014, les organisateurs d'un séminaire avec lui à Göteborg soulignent ses « forts contacts avec Borotba et sa direction » pour expliquer pourquoi Sakhnine est particulièrement bien placé pour parler de l'Ukraine. En 2016, il signe la déclaration du Forum social de Wrocław sous l'étiquette « Ukraine/Sweden, Borotba ».
    Pour comprendre ce que Sakhnine transmet alors à son public occidental, il faut s'arrêter sur Borotba et sur ce que sont devenus ses membres. Une enquête militante récente en retrace la généalogie et les prolongements européens.

    Borotba : de l'anti-Maïdan aux Surkov leaks

    L'organisation Borotba naît au début des années 2010 d'une scission de l'Organisation des marxistes et de milieux issus de la jeunesse communiste ukrainienne. Parmi ses principaux cadres figurent Sergueï Kiritchouk, Alexeï Albou, Viktor Chapinov et Andreï Mantchouk. Dès mars 2014, plusieurs organisations de gauche et anarchistes ukrainiennes se désolidarisent d'elle, l'accusant de collaborer avec des forces chauvines, racistes, cléricales et homophobes et de pratiquer une culture politique autoritaire.
    La méfiance existe aussi dans une partie de la gauche occidentale. En novembre 2014, le syndicaliste français Vincent Présumey décrit Borotba comme un « village Potemkine pour militants occidentaux » : une organisation capable de fournir à certains secteurs de Die Linke, de Syriza ou de la gauche trotskiste l' « antifascisme ukrainien » qu'ils veulent voir.

    En 2014, Borotba est engagée dans l'anti-Maïdan dans plusieurs villes ukrainiennes. À Kharkiv, ses militants participent au mouvement qui tente de faire basculer la ville ; le 1ᵉʳ mars, après l'assaut contre l'administration régionale, un drapeau russe est hissé et des militants du Maïdan sont violemment frappés, parmi lesquels le poète Serhiy Jadan.
    Ce qui se passe à Odessa joue un rôle plus décisif encore dans le récit exporté vers l'Occident. La mort de dizaines de personnes dans l'incendie de la Maison des syndicats fournit une image d'une puissance émotionnelle exceptionnelle : celle de « militants de gauche antifascistes brûlés vifs par des fascistes ukrainiens ». Or les violences du 2 mai commencent bien avant l'incendie. Des militants anti-Maïdan tentent d'empêcher une marche pour l'unité de l'Ukraine ; des affrontements éclatent, des coups de feu sont tirés et plusieurs personnes sont tuées. Les violences se déplacent ensuite vers la place Koulikovo et la Maison des syndicats. Les enquêtes du Conseil de l'Europe et du groupe indépendant « 2 mai » ont reconstitué une journée de violences croisées, de tirs et d'incendie, sur fond de graves défaillances des autorités. Elles ne valident pas le récit d'un massacre unilatéral d' « antifascistes » par les partisans du Maïdan.
    Borotba n'est pas extérieure à cette scène. La veille, ses militants participent à la manifestation du 1ᵉʳ Mai qui se termine au camp anti-Maïdan de la place Koulikovo. Le 2 mai, Alexeï Albou, dirigeant local de Borotba et député régional, se trouve dans la Maison des syndicats ; Vladislav Voïtsekhovski, autre militant de l'organisation, y est également. Ce sont précisément ces hommes et leurs camarades qui deviendront ensuite, auprès d'une partie de la gauche étrangère, des figures centrales du récit du « massacre fasciste d'Odessa ».

    Sakhnine participe activement à sa diffusion. Dès le 9 mai 2014, en Suède, il prend part à une action de solidarité avec les militants d'Odessa, puis publie à plusieurs reprises sur la tragédie.
    L'épisode Voïtsekhovski est particulièrement parlant. En septembre 2014, Sakhnine le rencontre à Odessa lors d'un voyage en reportage depuis la Suède. Le soir même, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) arrête Voïtsekhovski en l'accusant de préparer des attentats ; Borotba dénonce une affaire fabriquée. Cinq jours plus tard, Sakhnine pose en Suède avec une pancarte « Liberté pour Vlad Voïtsekhovski ! » et le présente comme un jeune socialiste persécuté. Après un échange de prisonniers en décembre, Voïtsekhovski passe sur le territoire contrôlé par les forces pro-russes et rejoint le bataillon Fantôme (Prizrak). En 2015, il déclare lui-même servir dans les « forces armées de Novorossia ». Sakhnine continuera pourtant à le soutenir et à expliquer sa trajectoire d'abord par la répression ukrainienne.

    La Moldavie fournit, la même année 2014, un autre indice sur cette mouvance. En novembre, Viktor Chapinov, Maxime Firsov et plusieurs militants liés à Borotba sont arrêtés puis expulsés de Moldavie. Les autorités moldaves disent alors les soupçonner de préparer des actions destinées à « déstabiliser la situation » à l'approche des élections législatives.
    À partir de 2016, les « Surkov leaks » donnent à cette histoire une autre dimension. Plus d'un gigaoctet de courriels et de documents provenant de l'appareil de Vladislav Sourkov, alors l'un des principaux responsables du dossier ukrainien au Kremlin, ont été authentifiés indépendamment par Bellingcat et DFRLab. Ils documentent notamment la circulation de messages élaborés dans l'entourage de Sourkov par l'intermédiaire de cadres de Borotba.
    Dans l'un des documents, le conseiller de Sourkov Alexeï Tchesnakov dresse une liste de personnalités sur lesquelles « la Russie peut compter » pour amplifier ses messages en Ukraine. Trois cadres importants de Borotba y figurent, dont Sergueï Kiritchouk. Bellingcat compare ensuite des éléments de langage sur la guerre et le vol MH17 aux publications de Kiritchouk : dans un cas de l'été 2014, son article reprend l'ensemble des points contenus dans un document transmis à l'appareil de Sourkov. Quelques semaines plus tard, les mêmes thèmes apparaissent dans une question parlementaire de Die Linke au Bundestag.
    Andrej Hunko, l'un des députés signataires, est alors l'un des principaux points d'entrée de Borotba dans la gauche allemande : il présente Kiritchouk comme le porte-parole d'une gauche ukrainienne persécutée, l'interviewe, partage des tribunes avec lui et défend publiquement la nécessité de donner la parole à son organisation. Ce canal allemand survivra à l'année 2014 : nous le retrouverons plus loin, sous une autre forme, autour des objecteurs de conscience et des déserteurs.

    La guerre de 2014 provoque une fracture au sein du Front de gauche russe. Oudaltsov soutient l'annexion de la Crimée, Sakhnine s'y oppose. Plusieurs des partisans les plus explicites des « républiques populaires » perdent alors leurs positions dirigeantes. La rupture n'est pourtant pas complète. Sakhnine continue de défendre une position de « troisième camp », où les peuples russe et ukrainien devraient se retourner contre leurs oligarchies respectives. En 2022, lorsqu'il quitte définitivement le Front de gauche à cause de l'invasion à grande échelle, il le dit lui-même : « Je ne regrette pas la position adoptée par le Front de gauche durant l'année tragique 2014 en Ukraine », ajoutant qu'il avait largement contribué à cette position.
    Il ne prend pas non plus ses distances avec Borotba, même après que plusieurs de ses membres ont rejoint le camp russe. En 2021, il parle encore de Borotba comme d'une organisation « fraternelle ». En 2026, il dit être toujours fier de cette coopération. Interrogé sur les liens financiers de certains militants de Borotba avec des personnes de l'entourage de Vladislav Sourkov, il les explique par la précarité d'émigrés qui devaient bien vivre et poursuivre leur activité politique.

    Retour à Moscou, détour par Donetsk

    Au printemps 2019, Sakhnine renonce volontairement à son statut de réfugié et rentre en Russie. À l'aéroport, il est accueilli par de vieux camarades, dont Oudaltsov et Daria Mitina, ancienne dirigeante du Front de gauche, qui avait entre-temps travaillé pour la représentation moscovite du « ministère des Affaires étrangères » de la soi-disant « République populaire de Donetsk » (DNR). Sakhnine explique que le risque de poursuites lié à l'affaire Bolotnaïa est désormais passé. À son retour, il formule son évolution politique : il insiste sur le fait que son camp n'a jamais été une opposition pro-occidentale et affirme être devenu beaucoup plus anti-occidental.

    En octobre 2019, Sakhnine passe neuf jours en Corée du Nord au sein d'une délégation officielle de la Société russe pour l'étude des idées du Juche et de la politique du songun, avant d'en tirer un long reportage plutôt bienveillant sur le pays et ses transformations sous Kim Jong-un.
    À la fin de la même année, il se rend à Donetsk, contrôlé par la Russie, et en revient avec un récit étonnamment enthousiaste. Sur les ruines de la guerre, dit-il, apparaissent les « germes d'une nouvelle vie ». L'ancienne société civile, avec ses milieux LGBT et ses ONG, est décrite comme « corrompue », « pro-occidentale » et dépendante des subventions étrangères ; sa disparition aurait laissé un « espace vide » où émergent désormais de nouveaux groupes marxistes et féministes, dont Sakhnine célèbre l'« énergie » et le « dévouement ». Il évoque aussi une renaissance théâtrale et voit dans l'effacement de la société de consommation la possibilité d' « une vie plus profonde, plus sérieuse ». Un véritable hymne à l'occupation.
    Selon les données dont dispose Desk Russie,
    une carte SIM d'un opérateur de la « DNR » était enregistrée au nom d'Alexeï Sakhnine dès 2018, alors qu'il vivait encore en Suède ; le numéro était associé à un compte Telegram au nom d' « Alexeï ». La rédaction lui a demandé d'expliquer cet élément. Nous n'avons pas obtenu de réponse.

    Source : https://desk-russie.eu/2026/10/04/les-heros-russes-de-lfi.html

    [1] Nous l'avons souvent répété ici : ce n'est pas parce que nous citons des livres ou des analyses qui nous ont semblé pertinentes que nous partageons forcément l'ensemble des positions de l'auteur. Il en va ainsi du site Desk Russie, favorable au capitalisme, plutôt conservateur, mais qui présente souvent des analyses fouillées et remarquablement bien informées sur tout ce qui concerne la Russie , l'Ukraine et la complicité entre les deux impérialismes russe et américain.
    C'est ainsi que ce texte sur le pseudo opposant russe, le dénommé Alexeï Sakhnine, caution de « gauche » de Mélenchon et de La France « Insoumise » (sic) , nous a semblé emblématique des prises de position ouvertement pro Poutine du politicien démagogue et de ses sbires les plus proches, notamment l'inqualifiable Sophia Chikirou.
    Car le succès que rencontre Mélenchon auprès d'une fraction grandissante de la jeunesse révoltée, quand ce n'est pas chez certains anarchistes, dont l'animateur du site A Contretemps, Freddy Gomez, que l'on avait connu mieux inspiré, est assez révélateur d'une dépolitisation générale de la société qui la rend sensible à tous les discours démagogiques, du complotisme le plus crasse au campisme le plus élémentaire.
    Par « campisme », nous entendons ce réflexe politique sommaire qui part d'une vision seulement géopolitique de la situation mondiale, sans référence approfondie à l'analyse du capitalisme et qui, constatant l'existence de deux « camps », l'impérialisme américain et ses adversaires, se range sans guère de nuances dans le camp des adversaires, quel qu'il soit. Cette attitude bornée est évidemment héritée de la guerre froide et de l'affrontement entre les deux impérialismes amércain et soviétique, qui a amenée une « gauche » moutonnière à soutenir le capitalisme d'Etat soviétique et ses satellites contre l'impérialisme américain, jugé seul dominant. Ce même réflexe amène certains, aujourd'hui, à trouver du charme à la sanglante théocratie iranienne ou au régime corrompu vénézuélien quand ce n'est pas à la dictature ubuesque de la Corée du Nord.
    Mélenchon et sa garde rapprochée (notamment le POI lambertiste, dont il est une des figures de proue) se situent clairement dans cette nébuleuse campiste, ce qui les amène à de comiques contorsions politiques tendant à faire croire qu'ils ne soutiennent pas entièrement la mafia poutinienne et sa guerre coloniale en Ukraine et défendent de soi-disant opposants russes qui ne sont en fait que des agents du Kremlin.

  • Erevan: une COP pour avancer sur la protection du vivant

    Lundi 19 octobre s’ouvre à Erevan, en Arménie, la 17e COP consacrée aux enjeux de biodiversité. Une étape cruciale pour faire le point sur les objectifs non atteints jusqu’ici. Et faire avancer des sujets très attendus, comme la reconnaissance des savoir-faire autochtones.
  • Précautions post-pillage

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    Tout le monde est au courant, les magasins de la Presqu’ile et de la Guill’ se sont tous fait ouvrir hier pendant de longues longues looooongues heures. Une belle démarche de prix libre dans un monde où tout augmente. Le truc évidemment, c’est que ce genre de chose ne va pas sans répression, alors voici quelques tips !

    Lors des derniers grands moments de pillages (notamment les révoltes suite à la mort de Nahel), les flics ont écumé les sites de revente pendant une longue période après le (…)

    Tout le monde est au courant, les magasins de la Presqu’ile et de la Guill’ se sont tous fait ouvrir hier pendant de longue longue looooongue heures. Une belle démarche de prix libre dans un monde où tout augmente. Le truc évidemment, c’est que ce genre de chose ne va pas sans répression, alors voici quelques tips !

    Lors des derniers grands moments de pillages (notamment les révoltes suite à la mort de Nahel), les flics ont écumé les sites de revente pendant une longue période après le mouvement, en quête d’objets récupérés à prix très libre pour être revendus ensuite. Pour éviter ça, évitez de revendre les trucs dans les mois qui viennent, favorisez le don à des proches ou attendez les périodes intenses d’échange et d’achats de marchandises comme Noël, les fêtes de fin d’année ou l’Aïd…

    Idéalement, ne traînez pas avec les objets que vous avez récupéré pendant un petit moment, c’est frustrant, on sait, mais vous chérirez d’autant plus ces objets et les souvenirs qui vont avec si vous ne vous faite pas péter !

    https://rebellyon.info/Precautions-post-pillage-41235

  • 'No Kings' protesters rally across the US – video

    Protesters held rallies across the US as part of the 'No Kings' movement, voicing opposition to the Trump administration and calling for early voting ahead of November's midterm elections. The rallies coincide with heightened legal battles surrounding voting rules, including a recent federal lawsuit filed against California regarding mail-in ballots and warnings from the justice department concerning ballot processing. Current opinion polls suggest Democrats will win the House of Representatives in the upcoming midterms, while the Senate remains too close to call

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  • Manifestation du 17 octobre 2026 : les raisons d'un fiasco de l'État

    Le désordre dénoncé aujourd'hui a été organisé par les autorités

    Les politiques et autres toutologues ont beau jeu de dénoncer les actes de casse, de vandalisme et les incendies. L'État avait tout fait à Paris pour que la situation soit, exactement, celle qui s'est produite. Par ailleurs, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le calme. De nombreux jeunes ont même aidé à éteindre les débuts d'incendie et replacé le mobilier urbain ou des commerçants après le passage de casseurs.

    Image Utiliser un canon à eau contre des manifestants perchés à plusieurs dizaines de mètres du sol sur la statue représentant la République, pas une très bonne idée... - © Reflets

    Pendant la semaine qui a précédé la manifestation du 17 octobre, l'État a refusé, par la voix du préfet de Paris, de valider un parcours de manifestation. Jusqu'au dernier moment, même l'heure du début était incertaine. Un appel était fixé à 14 heures tandis que la presse parlait de 11h. Cette position ne pouvait mener qu'à la multiplication des cortèges et donc l'éparpillement des manifestants. Une situation qui favorise les attaques par des petits groupes de personnes venues pour la confrontation et donc, casser.

    Mieux. Alors qu'à midi l'Orchestre du nouveau monde jouait sur la place, la salle de commandement a demandé à un groupe de forces de l'ordre de tenir une position intenable et totalement inutile, ce qui engendrera les premières violences.

    ImagePosition de la compagnie de CRS - les premiers heurts partent d'ici.

    Cette position est difficile à tenir. Les hommes ne sont pas nombreux. Ils se trouvent à un carrefour. Des manifestants vont arriver de la rue Yves Toudic, de la rue du Feaubourg du Temple et bien entendu, de la place de la république. Toute personne ayant déjà assisté à une manifestation place de la République sait que c'est généralement ici que se concentrent les affrontements. Peut-être parce que ceux qui se trouvent sur la place sont sur une position plus élevée. Ce qui facilite les jets de projectiles ?

    Bref, la compagnie va faire plusieurs remontées de la rue du Fauboug du Temple vers la place, ce qui ne va pas...

  • Zelenskyy thanks Trump for resumed intelligence sharing after US Starlink ‘message’

    Two people killed and at least 17 injured as Russia and Ukraine continue to trade strikes on power infrastructure

    Volodymyr Zelenskyy on Sunday thanked the Trump administration for resuming intelligence sharing between the two countries, but maintained the US had intentionally throttled its Starlink satellite internet access so that Donald Trump could send a “message” in his ongoing feud with the Ukrainian president.

    In an interview on NBC, Zelenskyy said the US had “unblocked” intelligence on impending Russian ballistic missile strikes, which have pounded the country’s energy infrastructure as winter draws in.

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  • Comment Vincent Bolloré et Lagardère ont fini par soumettre le dernier Relay libre de France

    Selon les informations de «Mediapart», Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré et propriétaire du réseau Relay, va retirer aux libraires de la boutique de la gare de Lyon, à Paris, la possibilité de commander leurs propres ouvrages, en plus de la sélection littéraire imposée par le siège. Une partie des livres vont être remplacés par des jouets Lego.
  • Peut-on laisser un robot laver ses vitres ? J’ai testé pour vous avec le Winbot W2S Pro Omni

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    J’ai testé le Winbot W2S Pro Omni d’Ecovacs pour voir si cette drôle de machine à 599 euros pouvait vraiment m’épargner la corvée des vitres.

  • Appel à Soutien devant le commissariat Waldeck Rousseau Hier il y a environ…

    Appel à Soutien devant le commissariat Waldeck Rousseau

    Hier il y a environ 70 interpellations à Nantes.
    Certaines personnes sortent du commissariat sans suite depuis ce matin (plus d’une dizaine de sorties).

    Des personnes vont attendre devant le commissariat toute la journée, et demain aussi. N’hésitez pas à venir apporter du soutien, à manger, à boire, de quoi fumer, ou à passer un petit moment ! C’est toujours cool de voir du soutien quand on sort de GAV.

    /!\ Il est possible que les flics disent aux gens à l’interrieur de refuser les avocat.e.s.

    Les avocat.e.s dispos ajd : Pierre Huriet et Claude Vincent. Stéphane Vallée à partir de demain

  • À Paris, la colère et les pillages ont envahi les beaux quartiers

    Malgré la tentative de la préfecture de police de contenir les manifestants dans l’est et le nord de Paris, des milliers d’entre eux ont investi les beaux quartiers de la capitale. Comme ailleurs, des pillages ont eu lieu. Dépassées, les forces de l’ordre se sont concentrées sur l’Élysée, mis sous très haute protection.
  • La biodiversité a aussi sa COP, on vous explique pourquoi c'est important

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    Protéger les terres et les océans, restaurer les écosystèmes dégradés, sortir des pesticides... La COP17 biodiversité s'ouvre le 19 octobre en Arménie afin de freiner l'effondrement du vivant. Un objectif ambitieux, qui accumule déjà des retards.
    Vous reprendrez bien une COP ? Après celle sur la désertification, en août, et avant celle sur le climat, prévue en novembre en Turquie, voici la Conférence des parties n°17, sur la biodiversité. Du 19 au 30 octobre, des représentants de 196 pays (…)

    Lire la suite - Info / Nature , Politique
  • Trump dominated rural America. Iowa is testing whether Democrats can win them back

    Standing in the doorway of his home near the corn and soybean fields that blanket this stretch of northeast Iowa, Dave Roethler doesn't know what happened to the Donald Trump he supported during his first presidency. Trump did a "heck of a good job" back then, the 70-year-old school custodian said. But now Roethler laments an economy in which "it's the middle-class families that are taking the big hit" while Trump is "going to come out way ahead." He scoffs at the Republican president's effort to win accolades such as the Nobel Peace Prize or a spot on Mount Rushmore.
  • Dans les écrits de Michel Foucault, le posthume a pris le dessus

    Les très laconiques dernières volontés de Michel Foucault stipulaient «pas de publication posthume». Depuis sa mort le 25 juin 1984, l’œuvre du philosophe s’est pourtant enrichie de dizaines de volumes. Et ce n’est pas fini. Premier volet d’une série en quatre épisodes, écho au centenaire de sa naissance.
  • Sen. Graham on Trump waiving Russia sanctions: 'I look forward to talking to him'

    Sen. Darline Graham (R-S.C.) said Saturday that she would prefer to keep sanctions pressure on Russia after President Trump waived sanctions on the country that were enacted through a bill Graham championed. Trump signed an executive order Friday waiving sanctions on Russian energy, passed under the Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act. The measures were intended to apply increased pressure on the U.S. adversary to end its war in Ukraine.
  • Queer à la campagne, les méandres d’une double fierté

    Deux livres, un essai de la journaliste Élodie Potente et le fruit d’une enquête quantitative inédite de deux ans, menée par les sociologues Clément Reversé et Arnaud Alessandrin, explorent les nuances, les difficultés et les solidarités des identités LGBTI+ hors des villes.
  • Small business owners are doing OK – but will that help Trump overcome his low approval ratings?

    Overall, economic sentiment for Trump is poor, but small businesses seem fairly confident, according to several surveys

    There are 34m small businesses in the United States. They employ approximately half of the country’s workers and generate about half of the country’s GDP. They’re an important voting block. So how are they feeling about the economy as we head into November’s midterm elections? Overall, economic sentiment for Donald Trump is poor but small business – admittedly a diverse demographic that’s hard to poll – seems fairly confident. A number of recently published surveys and reports can help understand their mood.

    Confidence is generally stable.

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  • Legacy Media Boss Set To Win Award For Being First Amendment Champion. Her Record Begs To Differ

    Harper's Magazine is honoring NPR CEO Katherine Maher with its "First Amendment Award" despite Maher's apparent past criticism of the very same First Amendment. Katherine Maher is set to receive the "James C. Goodale First Amendment Award" from Harper's on Oct. 26, the magazine announced in a press release. In justifying its selection of Maher as the award's second-ever recipient, the magazine cited the NPR boss' actions in the face of President Donald Trump's May 2025 executive order targeting NPR and PBS' taxpayer funding.
  • Soirée antinucléaire. Discussion, repas, spectacles

    Quand ?
    Le 29 octobre de 17h à 22h

    Où ?
    La Parole Errante 9, rue François Debergue 93100 Montreuil

    AU PROGRAMME :

    – 17h Ouverture des portes - infokiosque

    – 17h30 - Discussion et actualités de la lutte à Bure et du projet Cigéo

    – 18h30 - "Affaires nuisibles : Tarnac" quand l'état transforme une action de sabotage antinucléaire en acte terroriste. Durée : 1h / tout public

    – 19h30 - Repas vegan

    – 20h30 - Haute Activité Vie Longue

    Philippe Bouvet est communicant : son travail, c'est de vous faire rêver avec une poubelle nucléaire géante.
    Et son travail, il le fait bien.
    Même quand tout bascule et qu'une livreuse surnaturelle impose sur scène le déchet radioactif en personne, Philippe repousse ses limites et invente l'absurde pour sauver les meubles, les apparences et vous le faire accepter ... Quoi qu'il en coûte.

    Durée : 1h / conseillé à partir de 12ans
    Avertissements : morbidité, greenwashing

    Venons nombreuses pour nous informer, soutenir les collectifs en lutte là-bas, et affirmer haut et fort que le nucléaire est une énergie coloniale, impérialiste, militaire et destructrice jusqu'à l'infini.
    C'est ni vert, ni ici, ni ailleurs !

    – > Par contre c'est par là pour trembler ensemble :
    La Parole Errante
    9, rue François Debergue
    M° Croix de Chavaux (prévoir du cash)

  • Trump's sanctions waiver is about America, not Russia

    Late on Friday night, US President Donald Trump signed an executive order exempting Russia from a sanctions measure passed by Congress last month. The decision is unlikely to affect the calculus of Russian President Vladimir Putin, or the trajectory of the war.
  • [Nantes] Conférence gesticulée « Je t’aime camarade, manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses » de Florence P

    Conférence gesticulée « Je t’aime camarade, manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses » de Florence P

    Lundi 9 octobre 19:30 au Wattignies, Nantes

    Mais pourquoi, trop souvent, les organisations politiques de gauche n’appliquent pas en interne ce qu’elles défendent pour changer le monde ? Intimidations, autoritarisme, violences sexistes, mise au ban, après des années de militantisme, Florence ne se résout pas à trouver ça normal. Parce qu’elle tient très fort à ses idéaux, elle a écrit cette conférence gesticulée pour comprendre les mécanismes qui se cachent derrière. Elle nous raconte avec sincérité ses premiers pas de jeune militante, puis les échelons qu’elle a gravis. La colère et la tristesse se mêlent à son enthousiasme de rendre nos luttes plus fortes. Une lettre d’amour à toutes les militantes et les militants, baignée des rythmes inspirants des luttes féministes et populaires d’Amérique Latine.

    Durée : 1h45

    Prix libre et conscient au chapeau (prévoir des espèces)

    En savoir plus ici : https://conferences-gesticulees.net/conferences/je-taime-mon-camarade/
    Évènement Facebook : https://fb.me/e/8k1ZbC5RK
    Lien vers la bande annonce

    INFOS PRATIQUES

    Lundi 9 novembre à 19h30
    au Wattignies
    13 Boulevard des Martyrs Nantais de la Résistance Nantes

    Participation libre et consciente au chapeau

    Qu’est-ce qu’une conférence gesticulée ?

    C’est une prise de parole publique qui porte une dimension politique. Un acte d’éducation populaire qui s’élabore au cours d’une formation collective. C’est le fruit d’un tressage entre des savoirs chauds (son vécu) et des savoirs froids (références théoriques). Elle permet de révéler l’existence de rapports de domination. Son rôle est de générer chez le public une réflexion, une prise de conscience, voire un engagement, individuel ou collectif.

  • Tremblez Gouvernements, la Jeunesse se Soulève !

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    Certains viendront nous parler de violence insupportable, à grand renfort d’images de poubelles qui brûlent.

    Certains en appelleront au calme, à l’ordre, à l’intervention des parents de ces jeunes irresponsables qui ne savent pas ce qu’ils font.

    Certains salueront l’action de cette police dite républicaine qui, une fois encore, est en roue libre sous les ordres d’un gouvernement aux abois.

    Ils matraquent, gazent, mutilent une jeunesse qui se lève, tout en l’infantilisant.

     

     

    La jeunesse n’a pas de leçon à recevoir de ceux-là !

    La jeunesse se lève pour exiger le respect, l’égalité et des moyens pour apprendre. Elle se lève pour construire un avenir à la hauteur de ses rêves. Cette jeunesse exemplaire s’insurge contre Parcoursup et son système de sélection injuste, contre les lois racistes et la banalisation des idées d’extrême-droite, contre ceux qui les musèlent, les méprisent et détruisent tout, y compris la planète. Des interpellations par milliers, des gardes à vue par centaines, des dizaines de jeunes brutalisé.e.s, mutilé.e.s : voilà la réponse de l’État quand il a peur de sa jeunesse et d’un mouvement qui peut le dépasser. La Fédération anarchiste tient à exprimer sa solidarité avec tous les réprimé.e.s.

     

    La jeunesse se lève pour son avenir. Notre place est à ses côtés.

    Si aujourd’hui lycéen.ne.s et étudiant.e.s sont accusé.e.s de violence, ce n’est là qu’écran de fumée. La vraie violence, la seule violence, est encore et toujours du côté des gouvernements, des politiques capitalistes et de l’État qui veut faire des économies sur nos vies et sur l’avenir de la jeunesse.

    Elle se lève pour de meilleures conditions de vie et d’éducation.

    Elle se lève pour nous toutes et tous.

    Elle se lève pour ses parents.

    Elle se lève pour celles et ceux qui travaillent et qu’on exploite.

    Elle se lève contre la vraie et la seule violence qui soit : celle de l’autorité qui annonce une nouvelle cure d’austérité de 54 milliards d’euros, des coupes dans les services publics, dans l’éducation, dans l’hôpital, dans la Sécurité sociale.

     

     

    Ni sauveur suprême, ni élection salvatrice. Seule la lutte paie !

     

    Organisons-nous et reprenons ce qui est à nous. À commencer par notre liberté. Partout où nous sommes, soutenons cette mobilisation. De partout, convergeons pour tout bloquer. La jeunesse se soulève, et avec elle l’invincible espoir.

    Bloquons tout et provoquons la grève générale autogestionnaire !

     

    union, action, autogestion

     

     

     

     

    Fédération anarchiste,

    https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=9241

  • Marseille, 17 octobre: entre revendications et pillages, la ville sens dessus dessous

    Samedi 17 octobre, le centre-ville de Marseille a connu de véritables scènes de violence urbaine. Tandis que des magasins ont été pillés et du mobilier urbain incendié sans que les forces de l’ordre interviennent vraiment, plusieurs cortèges de manifestants contre la vie chère ont déambulé dans la ville.
  • Robert Guédiguian: «C’est positif d’appeler à voter contre le RN, mais il faut que la bataille culturelle se passe aussi dans les œuvres»

    Robert Guédiguian sort mercredi son nouveau film, «Une femme aujourd’hui», qui tisse à l’écran combats féministes et mémoires de la colonisation algérienne. Dans un entretien à «Mediapart», le cinéaste revient sur son combat contre l’extrême droite par le cinéma: «Nous avons perdu la bataille culturelle», regrette-t-il.
  • Acculé après le fiasco du 17 octobre, le pouvoir se défausse sur LFI

    Depuis un mois le pouvoir tente d’étouffer la contestation sociale par le mépris, la répression et le discrédit. Au lendemain d’une mobilisation massive marquée par des scènes de chaos sans précédent, il essaie grossièrement de faire peser sur La France insoumise la responsabilité de l’embrasement. Pour le plus grand plaisir de l’extrême droite.
  • How Trump’s justice department is shattering practice of political neutrality as midterms loom

    From the attorney general stumping for Republican candidates to federal agents raiding the home of a Democratic congresswoman up for re-election, the department is violating longstanding norms

    Donald Trump’s justice department has aggressively inserted itself into the midterm elections in the contest’s final weeks, shattering the department’s longstanding practice of political neutrality and leaving little doubt about the department’s willingness to help should the president attempt to subvert elections where his party is forecasted to lose seats and ultimately control of Congress.

    In the last few weeks, federal agents have raided the home of a Democratic congresswoman up for re-election. It has touted criminal charges and arrests of non-citizens charged with voter fraud. The attorney general has hit the campaign trail to stump for Republican candidates. And the department gave California election officials 48 hours to investigate the citizenship of 20,000 people, and then sued the state when it refused to comply. The FBI also recently published a video criticizing Michigan senate candidate Abdul El-Sayed and other Democrats, drawing an immediate rebuke from one watchdog, who said the video “has no place in a democratic society”.

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