Cette soirée, placée sous le signe d’une Indie pop from Switzerland, ne fut pas aussi soft qu’attendue au final. Certes, la malicieusement dénommée Fiona Fiasco demeure relativement sage, mais à moins d’être en mode looper addict ou one-woman-band, difficile de prétendre faire le show toute seule avec une guitare… Ça n’a d’ailleurs pas l’air d’être son intention première, et ce n’est pas forcément ce qu’on demande à une première partie. Fiona Fiasco fait dans la pop rêveuse, portée par une voix aérienne et que l’on devine traversée par un spleen de jeune femme du siècle. Le fond de scène – une vidéo d’une femme assise sur un arbre échoué en pleine verdure – renforce cette atmosphère tendrement mélancolique. « Merci d’être venus un peu plus tôt », nous dit-elle avec un sourire resplendissant. Sourire d’autant plus surprenant qu’il illumine un visage quasi monolithique lorsqu’elle chante, en anglais ou en langue romande. S’inspirerait-elle de Moe Tucker, celle-là même qui chantait After hours du Velvet Underground et qu’elle reprend ? Peu probable ; là où la batteuse était peu à l’aise avec l’exercice, Fiona fait tout, sauf un fiasco ! Depuis, le refrain entêtant de son Stacyne nous quitte plus, c’est un signe, non ?
« Entre extase et mélancolie », c’est ainsi que l’on qualifie le son Soft Loft. Outre la voix, elle aussi insolite, de la chanteuse et parolière Jorina Stamm, entre trémolos puissants et petits chuintements susurrés, la musique de ce collectif suisse est clairement apparentée à celle de leur compatriote Fiona. Soutenue aux claviers par Sarina Schmid, avec laquelle elle a fondé Soft Loft, la chanteuse est bien entourée par une section rythmique masculine, qui se montre groovy à souhait. Sur scène, l’osmose est totale entre musiciennes et musiciens ; on pourrait trouver cela étonnant pour une formation qui n’existe que depuis 2022. Mais toutes et tous sont au diapason de leurs intentions musicales ; « créer un espace où la vulnérabilité est aussi naturelle que l’oxygène et où le lien avec autrui est aussi doux qu’une brise d’été » (le morceau qui ouvre leur EP The party and the mess s’intitule Safe Place). Cela se ressent dans la manière qu’a Jorina Stamm de converser avec le public, de caresser plutôt que de jouer de la guitare. Ce qui n’empêche nullement une détermination certaine qui s’exprime sur des titres plus enlevés tels que Happy New Year, Hayley ou Is it me. À l’image de celle de Joni Mitchell, l’inspiration avouée de Jorina Stamm, et nous avons eu la preuve avec ce set à la Boule Noire que la filiation est belle et bien réelle.
Était-ce les décorations d’Halloween à peine décrochées, la sortie récente du dernier opus d’Astérix ou la saison des grogs prête à ravigoter… Toujours est-il qu’on avait comme une envie de potion magique !
Prenez donc trois beaux morceaux de la team, un carnet de croquis tout frais à éplucher, arrosez l’ensemble de quelques bières et laissez mijoter à feu absolument pas doux…
En première partie, un zeste de jeunesse, de création brute de pomme et un brin astringente, une voix de garage rock éraflée, tous décibels dehors : le groupe bordelais Opinion, formé par l’hyperactif et super investi Hugo Carmouze (déjà treize albums à son actif !) lance les festivités. Celui à qui l’on prête une soif insatiable de créer met le public en appétit.
Mais lorsque les doigts de sorcière s’emparent des cordes, des baguettes et de la salle du 19e arrondissement, ça se met carrément à bouillir. Le quintet débarqué de L.A. attaque un set survolté avec TV Baby, une cavalcade effrénée qui tranche dans le vif. Puis, c’est le tonitruant Dead Silence, également issu de leur dernier album Trash Classic, sorti en juin 2025, qui continue d’émulsionner la foule.
Pour la petite histoire, ce n’est pas la première rencontre de CARL et du groupe psyché-rock/synth-punk, déjà croqué et apprécié en mai 2022, lors d’une soirée chartreuse à La Maroquinerie. Comme quoi, il y a un goût de reviens-y.
Évidemment la sauce prend et le rythme dévorant n’est pas près de ralentir. Electricide et ses riffs aussi aiguisés qu’électrisants poursuit ce menu déjanté, entre autres morceaux puisés parmi leurs sept albums aux pochettes incroyables. Tantôt groovy (Brain Telephone, Empire, Conducting Experiments), tantôt crépitant et imprévisible (Total reset, Dracula Drug, Futurephobic, Reaper), le groupe leadé par Dylan Sizemore maîtrise haute température et forte pression jusqu’à la flambée ultime sur Bonehead, d’où les spectateurs sortent comme d’un shaker ou d’une cocotte-minute.
Franckie and the Witch Fingers, c’est un sacré cocktail d’énergie pure et de genres musicaux fusionnés. On ne saurait dire s’il est totalement digeste, voire peut-être un peu toxique (à en lire leurs paroles… ) mais qu’est-ce que c’est bon ! L’ingrédient secret ? Le live, évidemment ! Ça vous revigore un soir de novembre tiédasse comme jamais. Mais allez donc écouter : la potion magique fait son effet tout au long de l’année… Gare à l’addiction !
Alors que la soirée d’Halloween et son cortège de monstres anime les rues du quartier de Belleville, Nicolas et Olivier s’engouffrent dans la célèbre cave de La Maroquinerie pour une soirée placée sous le signe du métal.
Le premier est un jeune groupe allemand (originaire de Wolfsburg) plein de ferveur et de fougue, décidé à faire bouger les corps et les têtes ! Le public peu fourni au début, mais arrivant au fur et à mesure, est conquis. Des compos bien ficelées et une belle énergie pour cette première partie malgré, et c’est regrettable, un manque de puissance dans la voix d’Emily Paschke, chanteuse charismatique par ailleurs.
Sans comparaison aucune, Les Finlandais de Cyan Kicks (Helsinki) déboulent sur scène dans un style plus engagé encore. La chanteuse, Susanna Alexandra, tout en blondeur, extravertie, légèrement vêtue et armé d’un large sourire, n’a pas son pareil pour attirer l’œil. Les zicos (Niila Perkkiö, Leevi Erkkilä, Pietari Reijonen) sonnent et ça frappe fort ! Un metal mâtiné de poussées lyriques sympathiques, attendues somme toute. C’est sexy, quelque peu formaté soit, mais avec un fort potentiel scénique !
From Fall To Spring est la tête d’affiche de la soirée. Ces jeunes allemands (originaire de Neunkirchen), véritable phénomène sur TikTok, ont mis les petits plats dans les grands : la scène dispose d’une série d’écrans diffusant des vidéos d’habillage à l’instar de concerts de plus grande ampleur. C’est étudié et ça a de la gueule.
Le show sera à l’avenant, maîtrisé et prenant, avec un Nu métal (fusion du rap et de métal hardcore) excitant et habité, mené par les frères Philip et Lukas Wilhelm. From Fall To Spring est un futur grand groupe… et ça ne serait pas impossible de les voir jouer sur une des grandes scènes du Hellfest dans les prochaines années !
Alors que les derniers accords finissent de retentir, il est temps pour nos deux croqueurs de quitter la cave et regagner le monde d’en haut où sorcières et clowns démoniaques continuent leur macabre et amusante quête dans les rues de la capitale. Paris tremble !
Bruit ≤ c’est le phénomène du moment. Rares sont les groupes qui bousculent autant les standards !
Bruit ≤ nous emmène explorer des terres encore inconnues d’un post rock original, cathartique et puissant. Leur dernier album The Age Of Ephemerality est une réflexion philosophique, poétique et politique sur notre fascination insatiable pour la technologie, une dépendance de plus en plus aliénante et exploitante. (Source : amongtheliving.fr)
Entre envolées symphoniques sur fond de rythmes frénétiques, la cuisine sonore de Bruit ≤ est diablement sensorielle grâce notamment à des textures peu fréquentes telles que le violon, le violoncelle, banjo, synthétiseur, guitares baritons,… et j’en passe ! Oui Bruit ≤ sont des rebelles touche-à-tout de talent ; ils ne s’interdisent rien et encore moins de crier musicalement leur rage et leur indignation d’un monde de plus en plus polarisé entre cupidité et bêtise.
Chevillés à leurs valeurs, le groupe toulousain empreinte des chemins aussi escarpés que tortueux, autant artistiquement que vers l’attention qu’ils méritent.
Mais la bonne nouvelle c’est qu’ils arrivent petit à petit au sommet de la montagne qu’ils ont décidé de gravir ! Tout le monde va entendre de loin ce magnifique écho protestataire qu’est Bruit ≤ .
Pour finir en beauté la tournée des festivals d’été, quoi de mieux qu’un passage aux Gueules de Bois ! Un événement en plein cœur du Jura (terre sacrée du Comté, du Morbier et du Mont d’Or… excusez-moi du peu !), avec ses paysages magnifiques, une ambiance de folie et une programmation dingo ! Alors forcément, à l’instar de leur fromage star : une fois que l’on y goûte, difficile de ne pas y revenir !
La cinquième édition de concerts punk et BMX s’offre une journée bonus pour festoyer, se déroulant cette année du jeudi 21 au samedi 23 août. Trois jours au lieu de deux, du lourd en terme musical et le champion du monde de BMX en guest star ? Voilà qui promet d’être mémorable. Ryan Williams, le rider fou d’origine australienne, semble aussi sympa que diaboliquement talentueux. Il faut le voir évoluer dans les airs, dessinant des figures techniques et incroyablement spectaculaires… plus que du sport, de l’Art ! Mais n’oublions pas le reste de l’équipe de casse-cous à deux roues (français et étrangers, dont Luis Rincon Reyes, colombien) qui assurent le show (avec parfois des chutes impressionnantes) et font vibrer un public familial en transe devant la rampe en bois et les grosses bosses.
Si l’envie de découvrir ce festival vous titille, conseil de vieux manitou : prenez une cape de pluie dans votre sac. À tout moment, les crêtes (de montagne et de vieux punk) risquent de s’humidifier… En l’occurrence, les spectateurs, de plus en plus fidèles et nombreux, se sont fait rincer la gueule (de pluie) et le gosier (de bière) tout le jeudi durant. Côté ambiance fin du monde, c’est plutôt stylé : boue, ciel gris et chargé (autant qu’un punk de cinquante ans à partir de 17 heures), éclairé par de belles lumières d’orage. Mais l’averse constante a toutefois frustré le dessinateur barbu, excité à l’idée de remplir son carnet de croquis vierge. Nicolas tente de profiter d’une légère accalmie lors des No One is Innocent pour sortir son matériel et noircir une double page, avant que ça finisse en lavis… Ici, les fenêtres de tir sont de courte durée. Dommage, il aurait bien immortalisé les Italiens punk celtic, The Rumpled, les très attendus bretons, Ramoneurs de Menhir, et leur mélange de bombarde/biniou/guitare/électrique/boite à rythme, ou les Anglais The Toy Dolls. Ce n’est que partie remise.
VENDREDI : un rayon de soleil, un léger vent jurassien… Et hop ! Il n’en faut pas davantage pour effacer toutes traces de déluge de la veille et sécher les prairies. Les feux sont au vert pour passer une très belle journée ! Les vélos rutilants n’attendent que leurs riders cascadeurs pour s’adonner aux acrobaties ; les guitares électriques brûlent d’impatience de cracher leurs riffs !
Au programme : les Nantais de Cachemire (déjà croqués deux fois cette année, à La Maroquinerie et au Hellfest) ; Les Garçons Bouchers (crobardés aussi au Hellfest !) et leur tournée hommage à François Hadji-Lazaro ; les légendaires punk hardcore GBH ; et Les Wampas, dont on ne présente plus le chanteur, Didier. Un modèle hors pair pour un croqueur. On lève la tête, le retraité de la RATP est sur scène. Le temps de poser quelques traits sur le papier, et v’là ti pas qu’il s’est déjà jeté dans le public. Il faut être rapide et avoir le Posca vif et affûté !
SAMEDI. Déjà le dernier jour… On remonte une ultime fois, pour cette année, le chemin abrupt en terre, sous un soleil resplendissant, avant d’atteindre la scène principale et le terrain de jeu des riders. Encore du beau monde à immortaliser dans le carnet : les Toulousains de Brassen’s Not Dead, qui revisitent le répertoire du libertaire Georges ; les Rennais métalleux à la sauce punk, Darcy ; les fondateurs de la scène punk rock française (selon les médias spécialisés) dans les 80’s – les bien nommés Sheriff ; le duo de choc, blues rock farmer, The Inspector Cluzo de Mont-de-Marsan (croqués à La Maroquinerie) ; et enfin, les très rigolos Nantais d’Ultra Vomit et leur métal parodique. Après les Garçons Bouchers (repris par les Darcy) et leur hymne à la boisson alcoolisée à base de malt et de houblon, « La bière, la bière, C’est comme si c’était mon frère», au tour de Fetus et sa bande de reprendre en chœur « Laissez-moi boire mon Ricard peinard !» … l’abus d’alcool et de punk est dangereux pour la santé, à consommer avec vénération…
La team Croque and Roll Live souhaite lever son verre et chanter les louanges de Jean Thurel (créateur des GDB), de son équipe et tous les bénévoles pour nous avoir fait vivre trois jours merveilleux de festival, qui porte diablement bien son nom !
En ce troisième jour de Cabaret, on fait dans le local avec Hellscape ! Cette formation de metal n’a que deux ans mais le niveau est déjà haut puisque les cinq Ardennais sont appelés sur la scène du Razorback ! On sent que les membres du groupe sont contents d’être là et prêts à tout donner, ça déborde d’une énergie féroce !
Attention, soyez prévenus, le samedi c’est le jour des idoles ! Premier concert de la journée sur la scène Zanzibar : le divin MC Solaar (non non le terme n’est pas trop fort). De sa nonchalance habituelle, entouré de ses deux compères qui sillonnent la scène, notre cher Claude nous a offert tous les titres attendus des fans : Caroline, Bouge de là, Qui sème le vent récolte le tempo… Mais aussi ses succès plus récents, distillés avec minutie entre les hits chantés en chœur par le public. Si la scénographie n’a rien d’impressionnant, on notera quand même le plaisir de voir sur scène de vrais musiciens (basse, synthé, batterie), ce qui se fait rare dans le rap français !
Pas de répit, le samedi ! Le set du rappeur à peine fini, on fonce vers Razorback pour les Franchement Fabuleux et un peu Fous : FFF ! (oui, ça ne veut pas dire ça, mais ça pourrait !) Électriques et chauds bouillants, les membres de la fédération enflamment la scène ! Et si la présence scénique de Marco Prince n’est plus à prouver, il ne faut pas pour autant oublier l’inimitable Nicolas « Niktus » Baby à la basse ! Jupe longue aux franges évoquant à la fois les tenues hawaïennes et les crédits Cetelem, cagoule velue rappelant Monstres & Cie, ce bassiste grimaçant et gesticulant est du pain béni pour les croqueurs ! FFF n’a rien perdu de son sublime et son public sera toujours au rendez-vous pour crier « Barbèèèès » ! Alors que la soirée s’achève, je reçois ce message de Nico : « Je vais aux toilettes des VIP et je rencontre un auteur de BD qui me dit du bien du concert des QOTSA. Il y a un mec dans un coin que je n’avais pas remarqué et, alors qu’il était de dos, face à l’urinoir, dit que le concert de FFF était encore mieux… Il se retourne : le guitariste du groupe, Yarol Poupaud ! ». Le genre d’histoires improbables qui n’arrivent qu’à notre croqueur !
Et comme tout s’enchaîne si bien, Nico qui était déjà ravi de voir FFF (déjà croqués à diverses occasions : Olympia, Le Forum de Vauréal, Nouveau Casino, Festival Oüi Fm…) marche, court, que dis-je vole, vers son groupe tant aimé : Queens of the Stone Age ! Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, les reines du rock avaient malheureusement dû annuler leur venue au Cabaret Vert l’an dernier, plongeant notre dessinateur dans un profond désarroi… Alors cette année, pas question d’en louper une minute : No one knows, The Lost art ok keeping a secret, Burn the witch, My God is the sun, Emotion sickness, Into the Hollow… Un concert parfait avec une setlist de 15 morceaux tubesques ! Le charme de Josh Homme opère et le public est conquis…
DIMANCHE
En ce dernier jour de Cabaret Vert, un léger vent souffle sur la plaine du stade de Charleville-Mézières, balayant la poussière du sol piétiné par des milliers de festivaliers depuis des jours. Il y a comme un petit parfum d’Amérique avec cette météo désertique, l’atmosphère parfaite pour le concert de clôture de Will Smith venu de son « Wild Wild West ».
Plus américain que Will et pourtant moins terrien, la journée commence avec le plus gentil de tous les super-héros : Superman ! Eh oui, car le festival met aussi à l’honneur les arts graphiques et la bande dessinée. C’est l’occasion de rappeler qu’il y a chaque année de belles expositions (Superman, Goldorak et Capitaine Flam cette année) et de chouettes rencontres avec des dessinateurs ou des scénaristes (ici Sylvain Runberg qui a notamment écrit un des récits de Superman The World) !
Mais pendant que j’écoute sagement la conférence, assise au calme, Nico est déjà dans l’effervescence bouillonnante du tout premier concert de la journée : le Strasbourgeois, Lonlax sur la Razorback, suivit de Traumhaus ! Le groupe décrit comme post-punk, originaire de Rotterdam, semble bien décidé à réveiller les festivaliers qui oseraient se dire fatigués !
The Last Dinner Party nous rappelle surtout que c’est surtout the last day pour nous… Les cinq filles du groupe aux tenues indescriptibles (bucolico-romantico-gothique ?) prennent place sur la scène Zanzibar dans un décor presque olympien : de grandes colonnes au style antique meublent l’espace. S’y baladant d’un bout à l’autre tantôt d’un pas léger et dansant, tantôt avec force, la chanteuse nous hypnotise avec un son pop-rock très anglais. C’est une petite échappée dans un univers de fantaisie que nous offre ce groupe presque 100% féminin, connu et apprécié des fans pour son esthétique particulière.
Dans un registre plus brutal, les sales gosses de Belfast, Kneecap, ont secoué la scène Razorback avec leur hip-hop puissant, limite punk ! Si le groupe s’affiche souvent avec une cagoule aux couleurs de l’Irlande, c’est un autre drapeau qu’il met en avant lors de ses concerts dernièrement, celui de la Palestine. Comme de nombreux artistes lors du festival, le trio a clairement affiché son soutien au peuple palestinien. Malgré le contexte lourd actuel, c’est un concert électrique foutraque et joyeux qui se produit en cette fin d’après-midi. Notre reporter croqueur découvre ce groupe avec enthousiasme, et profite de leur passage au Trianon (Paris) quelques semaines plus tard (le 8 septembre) pour de nouveau immortaliser dans ses carnets leur belle énergie.
De retour à Zanzibar, la nuit n’est alors pas complétement tombée et pourtant, sur scène, c’est Vampire Weekend ! Connus pour leur hit coloré et jubilatoire A-Punk, les vampires nous entraînent gaiement dans leur douce pop pétillante ! Rien de sombre dans ce groupe au nom monstrueux, que de la légèreté partagée sans relâche avec son public conquis.
Dernier groupe de la soirée pour notre croqueur : Wet Leg ! On ne présente plus le duo féminin britannique qu’on retrouve souvent dans les festivals français depuis quelques années, pour notre plus grand plaisir ! Chaussures aillées et short argenté à franges, la chanteuse au look scintillant sautille sur scène. L’envolée des bulles de savon aux couleurs des projecteurs tintent ce dernier concert d’un petit sentiment de nostalgie tandis que le festival touche à sa fin…
Exit Julien Doré et Will Smith pour Nicolas qui a déjà repris la route en direction du pays du Comté, du vin jaune et d’un festival Punk et BMX : Les Gueules de Bois… Mais ça, c’est un autre article !
Mais quel plaisir de retrouver le Cabaret Vert ! En ce jeudi 14 août, pas de doute, c’est bien le premier jour du festival : le soleil est à son zénith, la chaleur à peine étouffante, et les premiers festivaliers arrivent en hâte sur la pelouse carolomacérienne. Au milieu de ce brouhaha, de ces gens qui courent à droite à gauche, d’une scène à l’autre, d’un stand de hot-dog végé à celui des glaces, un homme en jaune semble particulièrement concentré. Cet homme, c’est Nico, armé de ses Posca et de son énième carnet, il est déjà au premier rang de la scène Razorback, bien décidé à dénicher les pépites de cette nouvelle édition du Cabaret !
Et le premier groupe qu’on découvre c’est Sprints ! Ces quatre Irlandais survoltés nous plongent dans le bain (de sueur) dès les premières notes : c’est rocailleux, sauvage et chaleureux à la fois ! Tout comme la voix de leur chanteuse et guitariste Karla Chubb qui ne tarde pas à se jeter dans le public avec son micro câblé.
Plus calmes que leurs confrères, Brigitte Calls me Baby ont troqué les tenues de cuir pour d’amples costumes et des coiffures très 80’s ! Il y a quelque chose d’un peu pop chez ce groupe américain qui rappelle les Smiths, une force tranquille et entraînante qui séduit son public.
Pour la fin de soirée, deux scènes, deux ambiances : j’ai filé voir les frangins toulousains Bigflo & Oli puis DJ Snake (que j’aurais mieux fait de manquer) tandis que Nico croquait les Lambrini Girls ! Attardons-nous plutôt sur ces dernières car on ne présente plus les premiers. Lambrini Girls ce sont deux boules d’énergie venues du Royaume-Uni, deux filles qui n’ont pas peur des guitares tranchantes ni de s’érailler la voix sur des refrains bien énervés ! A cette heure-ci, la scène Razorback est pleine à craquer. Les amateurs de punk se pressent pour apercevoir celles qui font un raffut de tous les diables et peut-être faire un dernier pogo avant d’aller au dodo…
VENDREDI
Le vendredi, on commence la journée en douceur avec le gros son d’un groupe au nom imprononçable : HFRTR (qui, au passage, a la meilleure bio de Deezer : « we are the band with no vowels »). Derrière ce sigle mystérieux se cache en réalité Hereafter, un groupe français de metalcore. L’ambiance est lourde et bien sombre sur la scène du Razorback malgré le soleil à son zénith ! C’est le rendez-vous des gens qui hochent la tête avec un air entendu et en colère !
Tout l’oppose au précédent groupe : Suki Waterhouse chante de sa voix suave sur des airs lancinants, nostalgiques et cotonneux. Mannequin, actrice et chanteuse, l’artiste mobilise ses multiples casquettes pour faire vivre la scène ! Sa pop douce et colorée semble combler les fans et les curieux qui s’accumulent devant la grande scène du festival à la faveur de l’après-midi.
Tout le monde connait LaSymphonie des éclairs de Zaho de Sagazan ou peut-être sa reprise de Modern Love mais, après ce concert, on peut affirmer que ses autres titres valent la peine d’être connus également ! Il n’y a qu’elle pour parler de tristesse avec un tel sourire et pour chanter l’espoir et la fête avec autant d’avidité ! Se laissant emporter par sa voix grave et chaude, c’est comme un tourbillon de mille émotions qui nous assaille et nous berce au fil du concert. De ses danses endiablées sur Ne te regarde pas à son jeu de piano intimiste sur Dis-moi que tu m’aimes, Zaho de Sagazan a su capter toute l’attention de son public. Les premiers rangs de la foule comptaient bon nombre de pancartes clamant leur amour ou leur admiration. Un amour bien rendu puisque la chanteuse a pris le temps de descendre embrasser, câliner et même faire chanter ses fans dont cette petite fille si émue qu’elle n’arrêtait plus de pleurer de joie !
Bon, trêve de bons sentiments, les filles ne chantent pas que de la pop sucrée et des chansons mélancoliques ! La preuve – s’il en fallait une – avec Karen Dio, la punkette brésilienne qui n’a pas peur de parler de son engagement féministe à travers ses textes. Fini les embrassades et les couronnes de fleurs, c’est le moment pogo de la soirée sur la scène du Razorback ! Short à carreaux, converses noires et tatouages tout partout, la chanteuse bondit d’un bout à l’autre de la scène micro à la main pour scander ses paroles révoltées ! Prenant la guitare sur quelques morceaux, on sent bien que l’immobilisme n’est pas fait pour cet être survolté qui sait réveiller son public comme personne !
Même s’ils n’ont pas été croqués par Nico, un petit mot quand même pour citer les têtes d’affiche de la soirée : Sean Paul et Booba. Bon, voilà, ils sont cités 😊
JOUR 4. Après trois jours en enfer, des centaines de litres d’eau avalées et aussitôt transpirées, des couches de crème solaire appliquées (et des coups de soleil à piquer), des pages de carnets noircies devant six scènes, des rencontres hautes en couleur, que ce soit au coin VIP ou parmi la foule… les croqueurs attaquent la dernière journée au Hellfest. Courte, malheureusement. Les obligations professionnelles obligent Olivier et Nicolas à plier les gaules dans l’après-midi…
Grand soleil et spectateurs venus nombreux devant la mainstage 2 pour écouter ce groupe français, dont les membres sont issus de Paris et Marseille. Et c’est parti pour un set pleine balle, savant dosage entre du métal à la sauce djent et des poussées vocales énervées, oscillant entre lyrisme mélodieux et pur guttural. Le résultat est détonant et fonctionne à merveille : toutes ces variations s’avèrent vraiment excitantes pour les oreilles, on ne s’ennuie pas une minute ! Chapeau bas à la jeune et prometteuse chanteuse Camille Contreras qui se donne à 200 % : elle a l’étoffe d’une future grande du métal. C’est ce que l’on appelle un coup de cœur, ces Novelists !
Changement de styleavec ce groupe, tout de noir vêtus et dress code streetwear rap, masques luisants sur le visage, conférant à ses membres une apparence / allure franchement inquiétante. Sur scène, l’atmosphère urbaine donne le ton : nous sommes dans l’univers de la rue, attendez-vous à en prendre plein la tronche en mode « gangsta » ! Et c’est exactement ce qui se passe : sauvages, imprévisibles, ces pyromanes du stage délivrent un rap-fusion bien campé, un peu bordélique parfois, mais qui ne laisse pas statique. Et pour sûr qu’on la bougera notre tête et le reste, le temps du show. Revigorant !
Formation de hardcore créée à Reykjavík en 2016, le groupe islandais déboule sur Altar pour en découdre avec un public en pleine digestion de petit-dej et d’ostie (on est dimanche, tout de même !). On se prend dans la poire une bonne dose de violence musicale délivrée par ce combo qui a gagné en popularité grâce à des titres comme Overlooked / Disregardedet Damages. Le chanteur, Jón Már Ásbjörnsson, est fascinant à observer et à croquer : petit gabarit au crâne lisse, un corps tout en muscles et tatouages, d’où jaillit une sacrée puissance de décibels venant chatouiller nos tendres esgourdes.
À peine quelques minutes de répit pour nous remettre du show des Islandais, que nous nous tournons déjà vers la scène Temple pour entamer un voyage instrumental empruntant de sombres chemins, passant du rock psychédélique au krautrock, avec un détour par le black metal et le zeuhl… Le concert du trio grenoblois, éclairé uniquement par une grosse ampoule, est austère, ténébreux et mystique… Parfait. Avant le repas dominical…
Après un samedi soir en compagnie de vieux dinosaures du hard-rock, place maintenant à une nouvelle génération de rockers : Dead Poet Society, groupe américain formé en 2013, rappelle un peu des sons à la Muse, Royal blood, ou encore Alter Bridge… Des mélodies accrocheuses, comme sur les titres Intoodeep, I hope your hate me, .Salt., Running in circles… et hop, nous voilà surpris à secouer la tête et à laisser le crayon courir sur le carnet aux rythmes de leur rock puissant.
Un groupe qui a sûrement pléthore de fans, mais dont la performance a plutôt fait sourire Olivier tant il n’a pas réussi à entrer dans le spectacle. C’est extrême, soit, mais à trop « growler » ça devient un peu… comique. Comme certains films d’horreur, qui a vouloir trop en faire finissent par ne plus épouvanter. Difficile donc d’écrire sur ce groupe ; notre croqueur s’excuse platement auprès des fans qui auront lu ces quelques lignes. Il promet de faire des efforts en matière de deathcore au prochain Hellfest !
Un ultime petit tour à la Valley, scène chérie par la team Croque and Roll Live… Avec encore une belle découverte : Messa, un quatuor italien originaire de Cittadella, formé en 2014 autour de Mistyr (batterie), Alberto (guitare), Mark Sade (basse) et Sara (chant). On se laisse complètement envoûter par la voix suave de la chanteuse (avec parfois de belles envolées), qui plane sur des compositions prog, black metal, dark ambient, jazz, blues and doom. Si vous ne connaissez pas, filez écouter des titres comme Void Meridian, At races, Fire on the roof, The Dress, Reveal… morceaux joués en ce dimanche devant un public conquis… et cramé par un soleil de plomb.
À regret, nous prenons une dernière fois le chemin qui nous ramène au grand parking… Au loin s’estompe / résonne le brouhaha metal, joyeux et confus des scènes. Nous rapportons cependant avec nous quantité de beaux souvenirs, des heures de sommeil à récupérer et des carnets de croquis sévèrement remplis !
JOUR 3. Moins de précipitation (à arriver sur le site), et encore plus de soleil au programme de cette nouvelle journée où nos vieilles idoles de jeunesse (pour ceux qui brillent au moins la cinquantaine) et les guitar hero font leur apparition pour la grand-messe du samedi soir…
11 h 30 du mat’, il fait déjà chaud devant la scène de Valley, et le public présent est pris dans le sillon de ce train fantôme de minuit envoûtant et sombre.C’est du bon gros stoner qui roule porté par la voix rocailleuse et les riffs accrocheurs de Steve Moss, chanteur hirsute et généreux. Nico et Olivier se laissent volontiers porter par ce groupe qui défourage et ne laisse pas indifférent. À la fin du set, Moss chantera une chanson a cappella, en hommage à son père. Touchant.
Voilà un trio féminin de black metal norvégien qui n’a pas froid aux yeux ! Johanna Holt Kleive (batterie), Victoria F. S. Røising (basse) et Nikoline Spjelkavik (guitare) nous proposent un live des plus démoniaques où les musiciennes sorcières possédées et déchaînées invoquent ancêtres et femmes brûlées sur les bûchers. C’est brut, ça hurle… Parfait pour accompagner le café corsé du samedi matin/midi. Les Scandinaves portent des tenues travaillées et arborent des maquillages, visuellement intéressant à dessiner. Dommage, leur set est un peu court (30 minutes) et le vieux diesel qu’est Nicolas aurait bien prolongé la séance de croquis… Heureusement, le trio nous invite à une nouvelle cérémonie satanique et féministe le 3 octobre au Petit Bain (Paris 13). On y sera !
Un petit peu de hardcore, trash metal avec Pest control, groupe britannique à la chanteuse énervée. Ça balance grave et c’est parfait pour les pogos ! Le groove général et les riffs sont excellents et rappellent les bonnes heures de Metallica ou Suicidal Tendencies. Par contre question vocalises, c’est un peu monotone, et même si cela fait partie du style, l’impression d’entendre un peu toujours la même chose. Il est donc temps pour Olivier de bouger vers d’autres horizons musicaux : direction la Mainstage pour The Southern River Band.
Groupe australien découvert sur Youtube avec leur morceau complètement dingo Stan Qualen, The Southern River Band a posé sa marque en un clic ! L’incroyable frontman (au look improbable) et lead guitar, Callum Kramer y imposent un jeu power blues rock virtuose et empreint d’une énergie qui n’a rien à envier à ses pairs. Sa voix aussi, très typée hard-rock australien : un parfait cocktail donc, pour faire bouger les têtes façon head banging !
Le public du Hellfest était au rendez-vous et même si le set aurait mérité d’être plus long, l’espace a été conquis avec brio, conférant ainsi un show dense et rock à souhait !
Groupe de doom stoner ukrainien actif depuis 2009 et qui s’est fait remarquer avec le morceau i’m the mountain sur youtube en 2018, Stoned Jesus en impose par un son massif et une chorégraphie de scène minimaliste, instaurant à leur musique l’énergie de deux mastodontes en déplacement…pour l’enfer !
Groupe de hard-rock danois formé en 82, découvert par Nicolas dans les années 90, le croqueur à barbe blanche les croyait morts et enterrés depuis fort longtemps. Ils étaient pourtant bien là (formation presque d’origine) sur la Mainstage 1 en plein après-midi de forte chaleur. Anecdote amusante : alors que les Croque and rolleurs se baladaient en avance devant la scène, un petit groupe de jeunes potes surexcités interpellent un gars, casquette, lunettes de soleil, tee-shirt jaune et bermuda, qui se tenait sur l’avancée de la scène d’où il les toisait sympathiquement. Interrogé sur son identité (are you euh prodioucteur ? euh technichieun… ? ahhh, cet inénarrable charme des Français essayant de communiquer dans une autre langue que celle de Molière…), l’homme-mystère leur répond seulement par quelques sourires… Mais lorsque le groupe rentre en scène à 15h10 et les masques tombent : l’homme-mystère n’était autre que Jacob Binzer himself, le guitariste de D-A-D ! cette fois-ci tout de noir vêtu coiffé d’un chapeau haut-de-forme. Aux premiers accords de Jihad, Nicolas retrouve ce qu’il appréciait chez Disneyland After Dark (avant qu’ils ne se rebaptisent en acronyme pour ainsi éviter un procès avec la multinationale de la célèbre petite souris) : des riffs et mélodies efficaces, un son de guitare reconnaissable, et la voix particulière de Jesper Binzer. Après sept morceaux (Girl Nation, Speed of Darkness…) les Danois concluent leur belle prestation par les tubesques Bad Craziness et Sleeping my day away…
Petit tour rapide à la Valley pour écouter ce trio de Liverpool, le temps d’un croquis… Leur doom aux mélodies lancinantes et rythmiques plombées est aussi écrasant que le soleil de 16h00…
Voilà ce que l’on appelle dans le jargon « un super groupe » car composé de noms connus : Le virtuose de la six cordes, Joe Bonamassa, Jason Bonham, fils de feu-John Bonham, batteur de Led Zep, Glen Hughes ex Deep Purple au chant et à la basse ainsi que Derek Sherinian, ex Dream Theater, au clavier. Sans pour autant connaître le répertoire de ce groupe, on se laisse prendre au jeu en hochant gentiment la tête mais sans jamais sentir le frisson. Ça joue, c’est pro comme les ricains savent très bien le faire, mais pour le supplément d’âme, on repassera.
Après une absence scénique de dix ans, le concert de Savatage était très certainement un événement pour tous les fans de ce groupe ricain de hard/glam/progressive/power metal. Mais la team Croque and Roll Live était passée complètement à côté de ce groupe de Floride formé en 1978. Découvrant enfin cette légende sur la Mainstage 2, Olivier et Nicolas espéraient être emportés par des titres comme : The Ocean, Welcome, Jesus save, Chance, Believe… Mais la magie n’a pas opérée. Entourés par une foule dense et ravie, les deux croqueurs sont restés de marbre face à ce grand raout d’une heure.
Deux légendes vivantes de la guitare, les bien-nommés Joe Satriani et Steve Vai, débarquent sur la scène de la Mainstage 1 le plus simplement du monde, sourires aux lèvres, détendus, complices. Ils entament leur set par deux morceaux nés de cette nouvelle collaboration (même si avec le G3, ce n’est pas la première fois qu’ils sont ensemble sur scène) : I wanna play my guitar (clin d’œil dans le titre à my guitar want to kill your mama de Zappa ? À ses débuts, Vai fut le guitariste « strat abuse » comme le nommait, sur ses albums, le maestro. Puis Sea of emotion, pt.1, ça joue, c’est fluide… Le panard !
Suivra une flopée de classiques dont les trois quarts provenant du répertoire de Satriani avec entre autres Surfing with the alien, Satch boogie ou Ice 9. Vai, quant à lui, jouera Zeus in chains et son incontournable For the love of god, rejoint sur scène par son compère (frissons garantis !)
L’hydra, cette guitare Mad-maxienne à trois manches et tenant sur un support tellement elle doit être lourde, sera bien sûr de la partie (C’est le Surfing with the Hydra tour après tout !) pour l’instrumental Teeth of Hydra. C’est la démesure à l’américaine cette gratte, un peu une curiosité de foire. Malheureusement le morceau composé n’est pas mémorable, mais Vai s’éclate avec ses trois manches et son air inspiré. Le set se terminera par une reprise de Born to be wild par le duo de choc.
Le duo de croqueurs aura passé un bon moment (surtout Olivier), et la chance d’avoir vu et entendu en live ces deux grands artistes sous un soleil qui décline doucement à l’horizon. Mémorable !
Faut-il encore présenter ce groupe mythique de new wave of British heavy metal, originaire de Birmingham et son célèbre chanteur, à la voix au registre très étendu, Rob Halford ? Le metal god, âgé de 73 ans, crâne rutilant comme le chrome de sa Harley, barbe blanche de vieux sage, cuir éternellement clouté, et lunettes de soleil sur le nez, marque de fabrique du frontman, démarre acappelaAll guns blazing avant d’être rattrapé par ses quatre musiciens. Malgré une très large discographie, le groupe laisse une part belle à l’album Painkilleravec pas moins de sept morceaux sur un total de 14 (A touch of evil, Between the Hammer and the Anvil, Hell Patrol…), trois titres tirés de leur dernier album, Invincible Shield (2024), Gates of Hell, Giants in the sky, The Serpent and the King, sans oublier les incontournables Breaking the law et Living after midnight… Le public, venu en masse devant la Mainstage 2 communient au son des duels de guitares et du chant aigu de Rob, sans savoir que le groupe allait bientôt refermer définitivement le livre de leur propre histoire… Un mois avant la disparition du prince des ténèbres, Ozzy Osbourne.
Que dire de Scorpions ? Notre croqueur Nicolas pourrait écrire des pages sur le groupe allemand, depuis qu’il a goûté à leur huitième album, Blackout sorti en 1982. Il avait alors 10 ans et pour le jeune Haut-savoyard, ce fut un véritable choc. La pochette, d’abord, signée Gottfried Helnwein, scrutée des heures durant, et recopiée à maintes reprises… et l’enfilade de titres, tous parfaits, de la première à la dernière note. Un album au panthéon de ses incontournables, à côté d’un Highway to Hell, Ace of Spade, Piece of Mind… Par la suite il s’est engouffré dans leur discographie foisonnante, jusqu’à Crazy World… Mais étrangement, Nicolas n’avait jamais assisté à un concert des Scorpions… Jusqu’à ce fameux samedi 21 juin 2025, au Hellfest. Pour la tournée fêtant leur 6 décennies au service du hard-rock, les Allemands nous ont proposés une setlist revisitant quelques-uns de leurs classiques (surtout de la période fin 70/début 80) : Coming Home, The Zoo, Coast to Coast, Top of the bill, Speedy’s coming, Send me an angel, Blackout, Still Loving you… sur la Mainstage 1. Diminué après de récents problèmes de santé, le chanteur de 77 ans, Klaus Meine dégage une sympathie réjouissant la masse de fans venus célébrer l’arachnide à l’aiguillon venimeux et toujours dressé ! Leurs riffs puissants semblent n’avoir pris aucune ride, comme si le temps n’avait pas de prise sur eux. Toujours aussi efficaces. Pour l’éternité, qui sait ?
De Jallais, petit havre de paix où les croqueurs du son reposent leurs oreilles, jusqu’à Clisson, terre bruyamment satanique, le bolide Croque and Roll Live connaît le chemin par cœur : cinquante minutes de route paisible dans la campagne ligérienne déjà chauffée par les rayons de soleil… Puis, petit coup d’accélérateur sur les derniers kilomètres pour essayer de ne pas rater la prestation matinale de Sun (précédemment croqué au Petit Bain en novembre 2022) et sa brutal pop, venu brûler pour la première fois les planches de la Mainstage 2.
C’est reparti pour une deuxième journée en enfer !
L’artiste franco-allemande aux multiples facettes (actrice, chanteuse de comédie musicale, compositrice… ), Karoline Rose, vêtue d’une toilette éponyme, entourée de deux musiciens, débute son tour de chant devant les festivaliers lève-tôt. I Killed My Man… un morceau qui commence en douceur, avec une belle voix pop, et finit en mode guttural, façon Death, dans une explosion sonore. Toutes ces variations vocales dans un seul corps ! Au fil de ses sept morceaux (Fast car, Free your soul, Come clean…), le power trio s’en donne à cœur joie, tandis que Karoline secoue son imposante chevelure de princesse du metal sur la grande scène du Hellfest. Avec les premières chaleurs du matin, le dessinateur se laisse surprendre par la lance à eau censée rafaîchir le public… Pas top pour la carnet !
Surprise ! Les croque and rolleurs du live auront la chance de recroiser l’artiste à une table de l’espace VIP, et de tailler le bout gras… Une très belle rencontre qui donne envie de retrouver Sun le 28 mars 2026 à L’Elysée Montmartre (Paris) !
Scène Altar, au petit matin (oui, passé 10h30, c’est encore le petit matin pour un festivalier !). Du trash métal mâtiné de saveur eighties et porté par une chanteuse à bloc fait gueuler les enceintes : Furies est dans la place et balance des morceaux dignes des grandes heures du Heavy Metal d’antan. Ça réveille, ça envoie du lourd et ça joue grave. Belle découverte que ce groupe français qui redonne du sang neuf au genre ! Malheureusement, Olivier est arrivé trop tard pour voir l’entièreté du show. Dommage, mais le rendez-vous est pris pour leur prochain passage au Fest, ou ailleurs… (car notre petit doigt nous dit qu’on les recroisera un jour !)
Groupe nantais découvert au Trianonen 2023, Nicolas les avait recroisés à La Maroquinerieen 2025, au début de leur dernière tournée. Tout de blanc vêtus (tiens, un peu comme Lovebites l’année dernière… ), les cinq musiciens – dont Alice Animal, la nouvelle touche féminine du combo – « pensaient jouer devant 10 personnes ». À leur grande surprise, c’est en masse que le public est venu acclamer FredBastar et sa bande, et bouger sur les sept morceaux rock punk efficaces interprétés Pied au plancher. 10 ans de carrière et leur premier Hellfest ! Un grand moment pour tout le monde et beaucoup d’émotion (encore un coup de cœur de plus pour Olivier qui les découvre). Durant leur tournée estivale, Cachemire se produira le 22 août 2025 au super festival jurassien, Les Gueules de Bois. Encore une occasion croque and rollesque de les dessiner !
Un des petits plaisirs du Hellfest est de parfois se poser entre les scènes couvertes Altar et Temple et partir en totale découverte… C’est aussi un bon moyen de se protéger du soleil qui tabasse (ouf, un peu d’ombre !)… mais pas autant que les rayons sonores dans nos oreilles, mises à rude épreuve. Du speed/trash metal au programme, avec le groupe rennais Hexecutor, fondé en 2012. Un logo mêlant une guillotine et une potence en fond de scène, ça pose le décor… Cette formation ne fait pas dans la dentelle (ça envoie du steak) mais dans le patrimonial, puisque qu’ils abordent à travers leurs morceaux les contes et légendes de Bretagne, notamment plusieurs personnages et lieux historiques (Marion Le Faouët, le Roi Conomor, Bertrand du Guesclin…). Le groupe raconte à propos de la chanson Paol Goz, inspirée par la littérature orale, que ce personnage incarne le diable, l’orchestrateur du mal… On en apprend des choses !
À peine les Rennais terminent sur la scène Altar, que Belore ( prononcer «béloré») déboule sur la Temple pour une grande quête médievale fantasy où l’on devinerait presque les vastes horizons à la Seigneurs des Anneaux. Pour sûr, Belore est un one-man-band de Black metal atmosphérique épique français (originaire de la région de Marseille), formé en 2019 par le chanteur et multi-instrumentiste Alleevok. En 30 minutes, on passe de voix claires à voix growls, chœurs déclamant ou philharmoniques sur fond de chevauchées électriques… Et lorsque l’éternelle flûte s’invite sur certains breaks musicaux, le public a vraiment l’impression de voyager dans l’univers de Tolkien.
Quel plaisir de revoir ce groupe que nous avions croqué à Paris l’hiver dernier à La Boule Noire ! Une programmation de début d’après-midi et déjà beaucoup de monde devant le mainstage 01 : autant dire que le public est donc au rendez-vous pour cette nouvelle sensation rock à la française ! Les Alsaciens s’installent sobrement sur scène et entament leur set avec le morceau Home, de rigueur. Une entrée en matière qui tranche avec ce que l’on peut attendre au Hellfest, tant le début susurré du chant puis les breaks, imposant des instants de silence avant reprise de plus belle, confèrent un côté funambule au groupe. Car ici, dans l’arène des métalleux, pas de demi-mesure. Mais la recette fonctionne et le morceau n’en est que plus puissant et rageux par la suite. Pour preuve : devant nous, une bande de joyeux festivaliers un brin moqueurs, profitant des pauses silencieuses pour balancer des vannes, s’en retrouvent le beignet claqué jusqu’à la fin ! Le groupe jouera cinq morceaux, dont le magnifique et émouvantThe big picture, clôturant ainsi ce concert très réussi !
Årabrot, groupe de noise norvégien, constitué de Kjetil Nernes et Karin Park, convie les nombreux spectateurs à une véritable célébration dyonisiaque en ce brûlant vendredi après-midi sur la Valley… En teasing de Rite of Dionysus, dont la sortie est prévue le 29 août, le duo propose de goûter en avant-première à une délicieuse setlist puisée dans ce nouvel album (The Santatango, Of Darkness and light…), s’autorisant toutefois une reprise du fameux titre de T. Rex, Children of a revolution. L’imposant chanteur guitariste longiligne, à l’air austère et coiffé d’un grand chapeau, qui lui donne des allures de prêtre mormont, avec Karin la claviériste, tout aussi grande mais plus expressive, s’entourent sur certains morceaux de quelques danseuses, elles aussi invitées à un grand banquet de luxure et de débauche en fin de concert. Que la fête continue !
C’est l’aspect purement graphique qui a attiré Olivier vers ce groupe de métal doom. Eh oui, parfois, l’univers visuel séduit avant même d’écouter les premières notes… C’est un retour dans le temps, cette époque bénie de l’Héroic Fantasy Frazetienne au premier degré, avec son lot de créatures thérianthropes, d’érotisme exotique et barbare, de longues épées rutilantes sous la lune…Et nous fûmes servis ! Une chanteuse/guerrière à la Red Sonja, des sicos grimés et masqués tout droit sortis d’un train fantôme et une vilaine sorcière sexy en diable symbolisant la mort à tête de rat… Olivier n’a pas tout compris à la subtilité de l’histoire, hypnotisé qu’il était par tout ce folklore graphique ! Le château du rat, ça pourrait faire un bon titre pour un « livre dont vous êtes le héros », non ?
Prêts pour une virée dans l’univers du groupe phare de la scène rock et heavy metal, ayant débuté sa carrière dans les années 80 et la poursuivant encore de nos jours ? C’est donc parti pour une petite heure de The Cult et son front man, le bien nommé et mystérieux Ian Astbury, à la voix identifiable entre toutes ! Vêtu de noir, vêtements amples, bandana surmonté d’un petit chignon, peintures de guerre indienne sur les tempes, le chanteur est en forme et envoie du lourd. Il aime jouer avec son public, en venant plus souvent qu’à son tour à l’avant du front pit, tambourin en main, chercher l’énergie et en donner, tandis que le reste du groupe reste plutôt statique en arrière, sur le stage. Le concert est court pour un groupe de cette ampleur, mais qu’importe, nous aurons quand même droit aux classiques : Wild flower, She sells sanctuary ou Fire woman, entre autres. Un set réussi, et, alors que le reste du combo a déjà quitté la scène, Ian s’agenouille et se fait spirituel en priant pour que cesse la souffrance en ce bas monde. Amen.
Que viennent faire ces légendes du rock alternatif indé français dans ce grand rassemblement de headbangers aux tee-shirts tête de mort… surtout sans sa pièce (de bœuf) maîtresse ?! L’auteur-compositeur multi-instrumentiste, le génial François Hadji-Lazaro, a raccroché définitivement son tablier en 2023, et ses potes ont lancé depuis une tournée pour lui rendre hommage. Ils passaient donc par la Warzone en cette fin de journée ensoleillée, et ce sont tous les punks d’hier et d’aujourd’hui venus célébrer l’éternel titi parisien qui reprennent en chœur (et en pogo) ses chansons : Le Ska des Garçons Bouchers,Bourré bourré ratatam, L’éboueur, Du Beaujolais… des classiques qui se bonifient avec les années ! Comment ça ? Encore un groupe que l’on va retrouvera au festival Les Gueules de bois ? Yeah !