mardi 20 janvier 2026

JACQUES BREL : ”Ces Gens-Là“ (1965) par - Pat Slade


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La semaine dernière c'était ma 666e chronique, le chiffre du diable et Brassens avec ses mots était tout à fait dans le ton. Je reste sur la lettre B avec Brel.

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JACKY





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Teppaz modèle Oscar
Un bon dans un passé encore proche mais avec un disque au format aujourd’hui disparu. Les disques Vinyle de 10 pouces de diamètre (25,4 cm) sont plutôt rares de nos jours voir inexistants. Ce format a été supplanté par sa variante de 12 pouces de diamètre (30,4 cm). Pourquoi ce détail ? Parce que j’ai découvert Jacques Brel sur ce support. A l’époque où je cherchais à forger ma culture musicale, j'écoutais des 78 tours en cire sur le phono de ma grand-mère, et des 33 tours de musique classique que je passais sur le Teppaz (Modèle oscar noir et rouge de 1963) de mes parents qui avait la particularité d’avoir 4 vitesses, 16, 78, 45 et 33 tours. Mon père (Ce héros au sourire si doux) avait aussi une discothèque bien fournie où l’on pouvait y trouver Brassens, Mouloudji, Ferrat et surtout Jacques Brel. Ayant hérité de ces trésors phonographiques, je ne pouvais pas faire l'impasse d’une chronique sur ce grand bonhomme qui a laissé une profonde empreinte dans la chanson francophone.

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Ces Gens-Là“ : Un album déterminant dans sa carrière même si c’est un 25 cm et qu’il ne comporte que 6 titres, il restera un classique dans sa discographie. ”Ces Gens La“ : En 2013 j’avais décortiqué ce morceau en me posant toutes sortes de questions sur cette étrange famille. Une chanson parle d’un amour impossible entre le narrateur et la jeune fille de la maison, il dissèque chaque membre de ladite famille sans ménagement. La reprise la plus connue est celle du groupe Ange en 1973 sur l’album ”Le cimetière des arlequins, il y aura aussi une belle version par Noir Désir. ”Jef“ : Une chanson sur l’amitié, la vraie, Brel essaie de relever moralement comme physiquement un ami qui s’est effondré sur le trottoir après avoir été largué, et a sombré dans l'alcool "avant qu'on soit poivrot". Renaud fera un peu la même chose avec la chanson ”Manu”… Une gonzesse de perdue c'est dix copains qui r'viennent“. ”Jacky“ : Sur une musique de Gérard Jouannest et l’orchestration de François Rauber, une chanson, fréquemment considérée comme autobiographique et parodique du chanteur, ce serait une réflexion sur l'âge, sur la beauté, une annonce du renoncement de Jacques Brel à la scène. ”Les Bergers“ : Il n’aimait pas trop cette chanson qui lui rappelait les tendances folkloriste de ses débuts. Il qualifiait d’ ”emmerdotoire“ ce récit de transhumance. 

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Le Tango Funèbre“ : La mort et la vieillesse ont souvent été des thèmes de prédilection pour Brel, une chanson grinçante et ironique, les charognards qui viennent voler autour d’un corps qui est à peine froid. De l’humour noir, un pied de nez à la faucheuse et à l’hypocrisie quelle sème autour d’elle. ”Fernand“ Une chanson contre la guerre, même si au début nous n’avons aucune indice du contexte de la chanson, l’enterrement de Fernand pourquoi et comment est-il mort ? Une musique triste avec des accords de piano qui pourraient faire penser au pas du cheval qui tire le corbillard et puis une indice tombe ”Dire qu’on traverse Paris et qu’on dirait Berlin“ et derrière le cortège un Brel seul qui en veut au bon Dieu. Autre indice ”Je reviendrais souvent dans ce putain de champ où tu dois te reposer“ Le champ est t-il le cimetière ou Fernand a-t-il sauté sur une mine ? Le final du morceau sera d’une grandiose orchestration.   

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 ”L’âge idiot“ : Dans cette chanson, lorsqu’il s’adresse aux auditeurs, Jacques Brel tente de montrer que la vie est toujours parsemée d’un brin d’inconscience ou d’une lucidité souffrante face aux événements qui surviennent et aux attitudes que les hommes déploient face à ceux-ci.Grand-mère“ : Une bourgeoise, riche et bigote mais “pendant c'temps-là, Grand-père court après la bonne“ Une chanson vaudevillesque. ”les désespérés“ : une chanson composée par le pianiste de Brel, Gérard Jouannest jouant une citation à peine modifiée du ”Concerto en sol“ de Ravel. Sur cette fausse improvisation, Jacques Brel dresse un portrait de ceux qui ont raté leurs vie et jusqu’à qu’à la fin, ils décideront de disparaitre en silence.

Dans la réédition en 30 cm on y trouvera le titre ”Mathilde“ une chanson que Brel appelait un monstre ;  l'une des chansons préférées de son propre répertoire,




dimanche 18 janvier 2026

QUAND JE PENSE AU BEST OF, JE SUIS CONTENT

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MARDI : Pat a trouvé l’album de George Brassens qui allie idéalement grivoiserie et poésie, ce sera « Fernande » célèbre pour nous remonter le moral, le sétois (et si sétois, ce n’est donc pas ton frère) s’y fait aussi anarchiste et antimilitariste.

MERCREDI : Bruno pose la question : et si Trapeze n'était pas l'un des meilleurs groupes de heavy-rock anglais des années 70 ? La réponse est évidente à l’écoute de « Médusa » qui pose les bases d’un funk-rock d'obédience heavy.

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JEUDI : troisième épisode du feuilleton « Le Folk Rock » par notre historien musical Benjamin, coup de projo cette fois sur Crosby, Stills and Nash, avec ou sans Neil Young, qui découvre ses nouveaux amis du Crazy Horse.

VENDREDI : que penser du dernier Jim Jarmusch… Luc est ressorti de ce « Father, Mother, Sister Brother » un brin agacé par ce triptyque sur les relations enfants-parents, pas totalement chiant mais presque, l’ennui des protagonistes guette le spectateur.

👉 La semaine prochaine, Pat reçoit Jacques Brel (après Brassens, y’a du sens), Bruno révisera ses arpèges avec Sonny Landreth, le Toon déroulera le tapis rouge (sic) au grand Chostakovitch, et Luc imprimera de faux billets avec Jean Paul Salomé.

Bon dimanche. 

vendredi 16 janvier 2026

FATHER, MOTHER, SISTER BROTHER de Jim Jarmusch (2026) par Luc B.

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Qu’attendre aujourd’hui d’un film de Jim Jarmusch, dont la dernière livraison qui m’avait enthousiasmée date de 20 ans avec BROKEN FLOWERS ? 

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Alléché par le casting et le retour de Tom Waits devant une caméra, allons voir ce FATHER, MOTHER, SISTER BROTHER. Dont le titre annonce la couleur. Il s’agit d’un film en trois chapitres distincts mettant en scène des parents et des (grands) enfants.

Le premier segment se passe dans une bicoque au bord d'un lac du New Jersey, Jeff (Adam Driver) et sa sœur Emily (Mayim Bialik) y rendent visite à leur père veuf, joué par Tom Waits. On passe ensuite à Dublin où Timothea (Cate Blanchett) et sa sœur Lilith (Vicky Krieps) viennent pendre le thé avec leur mère jouée par Charlotte Rampling. Enfin, à Paris, Billy et Skye, frère et sœur jumeaux (Luka Sabbat et Indya Moore) reviennent dans l’appartement parisien de leurs parents décédés.

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Qu’ont-ils à se dire ? Pas grand-chose. C’est justement le thème du film, à total rebrousse poil des films familiaux où généralement Thanksgiving est prétexte à de grandes tablées qui s’engueulent et se rabibochent au son de violons extatiques. Ici quasiment pas de musique, un vague thème composé par Jarmusch lui-même, et la chanson « Spooky » de Dusty Springfield que les jumeaux écoutent en voiture.

En voiture… Oh putain ! Je pense qu’un bon tiers du film tient dans les trajets en voiture, lieu clos propice à la discussion. Mais quand on a rien à se dire, ce sont des moments extrêmement gênants. Le dispositif est invariablement le même pour les trois histoires : des panoramiques sur les bagnoles qui passent, des travelings avant subjectifs sur les routes (on voit bien les travaux dans Paris !) et les intérieurs filmés avec effet de transparence du plus mauvais… effet. 

A Dublin, Cate Blanchett tombe en panne, et finalement non. Manière subliminale d'esquiver le rendez-vous avec sa mère ? Sinon pourquoi cette scène ? Vicky Krieps se fait amener par une copine mais dit à sa mère qu’elle est venue en Uber. Pourquoi ce mensonge ? Elle semble avoir des problèmes de fric. Dans les trois histoires on croise des jeunes sur des skates filmés au ralenti. Dans les trois histoires on s’assoie autour d’une table devant un verre d’eau, un thé, un café, et on se demande : « Peut-on trinquer avec de l’eau / du thé / un café ? ». Dans les trois histoires on se complimente sur la couleur d’un pull, d’une écharpe. Dans les trois histoires il est question d’une Rolex (le symbole de la réussite ?).

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Et dans les trois histoires on ne se dit pas tout, mais pire, on se ment. Tom Waits, que son fils aide financièrement (la soeur n'était pas au courant), prétend adorer sa vieille Chevrolet bonne pour la casse, mais une fois le fiston parti, file en ville retrouvée sa dulcinée en BMW. Les parents de Billy et Syke ont-ils caché à leurs enfants leurs réelles activités ? Lilith est-elle fauchée, à la rue ? Suppositions. 

Jim Jarmusch filme à la japonaise (il avait fait GHOST DOG, un très bon cru, en recyclant LE SAMOURAÏ de Melville) plans statiques, cadres zénithaux sur les tables où sont soigneusement disposés verres, assiettes ou tasses. Cérémonial, rituel, dans ce qu’il a de plus guindé et futile. La lumière est très belle, notamment dans cet appartement parisien vidé de ses meubles. La concierge est jouée par Françoise Lebrun, actrice notamment de LA MAMAN ET LA PUTAIN. Un choix très référencé. Mais qui sonne aussi faux que les transparences en voiture, un champ / contre champ visiblement tourné à trois semaines d'intervalle, gros malaise à l'écran.

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Le dernier plan est signifiant. Skye et Billy roulent vers un garage où sont entreposées les affaires de leurs parents. Une vie empilée dans 6 mètres carré. Une vie dont on ne saura pas grand chose, les différentes cartes d'identité retrouvées laissent supposer un passé de clandestins ou d'activistes. Je ne sais pas ce que Jim Jarmusch a voulu dire, mais c’est peut être ça : la futilité de l’existence qui finit en carton, et qu'importe le modèle de voiture, de montre de luxe, l'alignement des tasses à thé et la couleur des fleurs. Mouais, c'est un peu court, Jarmusch...  

On choisit ses amis mais pas sa famille. Les relations restent au stade de la politesse, du rituel obligé, du respect contractuel pour ses géniteurs. Mais chacun mène sa vie, aucun n’a de compte à rendre à l’autre. Des séquences malaisantes, des silences lourds, des non-dits, pas une once d’honnêteté, des sentiments qu’on refreine. Les comédiens semblent s’emmerder, une absence de jeu que j'imagine volontaire, imaginez les tablées généreusement filmées chez Chabrol ou Sautet dirigées par Robert Bresson

Le rythme est lent mais ça passe vite. C’est chiant mais on ne s’ennuie pas. Ce qui serait vraiment intéressant, c’est que Jarmusch reprenne chaque segment pour les développer en long métrage, et nous raconter ce qu’il s’est passé avant, et après. 

A la question, qu'attendre de Jim Jarmusch aujourd'hui, je répondrai sans détour, franchement, sans me défausser et avec certitude : je n'sais pas.

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Couleur – 1h50 – format 1:1.85 

jeudi 15 janvier 2026

LE FOLK ROCK - épisode 3, par Benjamin

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Vu comme le dernier possible sauveur d’une certaine douceur utopique, Dylan envoya paître ses admirateurs en produisant l’immonde « Self portrait ». Tous les yeux se tournèrent alors vers le soleil californien, avec l’espoir que le fameux titre des Mama’s and the Papa’s exprimait plus qu’un attendrissement nostalgique face à une douceur condamnée. Revenant d’un court voyage en Angleterre, David Crosby et Stephen Stills s’apprêtaient alors à former un des groupes les plus vénérés de l’histoire de la musique populaire. Le temps pressait et, rejoint par Graham Nash, le groupe chercha à offrir à la somptueuse tendresse du rock sixties le requiem qu’il méritait.

ImageNous étions alors en 1969 et, porté par le succès du groupe au festival de Woodstock, le premier album du trio se vendit formidablement bien. Les musiciens ne furent pourtant pas satisfaits de la banalité de ces ballades folk, exercice de style un peu fade sur lequel la jeunesse se jeta avec l’avidité de ceux qui sentent que l’objet de leur admiration s’apprête à disparaître. Il manquait au groupe une voix pour se montrer à la hauteur des grandes chorales des temps passés, un musicien dont la plume et la voix offrirait à leur musique ce supplément d’âme caractérisant les grandes œuvres. Stephen Stills se souvint alors du jeune solitaire tourmenté avec qui il vécut l’aventure du Buffalo Springfield.

Ainsi fut enregistré « Déjà vu », disque que le label Atlantic ne prit même pas la peine d’écouter avant de le publier.

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Dès l’annonce de la sortie prochaine d’un album regroupant Neil Young, David Crosby et Stephen Stills, les précommandes battirent tous les records. Nostalgique d’une époque qu’il sentait s’éteindre sous le poids des désillusions et de la violence musicale qu’elle engendrait, une génération voulant encore rêver se jeta sur cet oasis de finesse mélodique. Sonnant comme le cri désespéré d’une beauté refusant de disparaître, « Carry on » ressemble à un rite Voodoo ouvrant la voie à une folk mystique. S’émancipant de ses vieilles croyances, l’occident mit dans sa musique une ferveur transcendante qui culmina lors du festival de Woodstock. C’est cette ferveur que « Déjà vu » convoque, cherchant par la splendeur de ses mélodies à faire du rock un moyen d’élever les âmes. N’allez pourtant pas croire qu’une telle grand messe se passe de défoulement orgiaque, les guitares se déchaînent joyeusement le temps d’un « Woodstock » électrisant.

Réconcilier les élans du corps et ceux de l’esprit, donner de la grâce à la simplicité et de la simplicité à la grâce, voilà le génie que Crosby, Stills and Nash se proposa de célébrer. Il se dégage de chœurs tels que ceux de « Our house » une sérénité que le rock ne connaîtra plus. Ne voyant plus les grands espaces que dans les films, le cerveau empoisonné par une musique de plus en plus agressive et des écrans de plus en plus envahissants, l’homme moderne semble de moins en moins fait pour apprécier une telle harmonie méditative. La douceur de la folk et la nonchalance de la country s’allient sur « Déjà vu » pour l’inciter à stopper le train infernal de ses distractions, le portent vers une sérénité l’éloignant des démons du désir et de l’angoisse.

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Vient également la poésie de Neil Young, breuvage doux amer passant du spleen Dylanien de « Helpless » à la somptueuse messe country rock de « Country girl ». Exprimant des doutes angoissés face à une paix fragile, doutant de l’existence d’un amour idéalisé et d’une vie débarrassée de tout conflit, « Déjà vu » ne s’en affirme pas moins comme le plus formidable message d’espoir de l’histoire du rock.

« On ne comprend rien à l’époque moderne si on ne comprend pas qu’elle est une lutte acharnée contre toute forme de spiritualité » Georges Bernanos : La France contre les robots

Chaque mélodie de « Déjà vu » sonne comme une révolte contre ce constat péremptoire, formant ainsi le symbole d’une musique refusant d’abandonner son âme dans un nihiliste concours de violence sonore. Aussi célébré que fut cet album, l’association de tels égos ne put tenir bien longtemps. Alors que s’achevait un concert de leur dernière tournée, Neil Young se voyait déjà électriser les foules en compagnie de son groupe d’émissaires. Les grandes rencontres sont souvent le fruit du hasard le plus banal, l’inattendu émergeant dans nos vies avec la soudaineté de Moby Dick émergeant des mers calmes traversées par le fier navire nommé Pequod.

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Ce fut alors dans un petit bar de Californie, le genre de lieux où s’écrivaient les premières pages de légendes musicales et mourraient tragiquement les plus belles illusions. Lorsqu’ils commencèrent à jouer, les Rockets semblaient bien incapables d’émerveiller une génération qui enfanta tant de virtuoses pop. C’est oublier que les sixties étaient repus de merveilles mélodiques tels que « Pet sound » ou « Odessey and oracle », « Sergent Pepper » et autres « Forever changes », son estomac dilaté réclamait une nourriture plus légère. Une critique snob eut beau tenté de la ramener sur les rivages de son rock mature, l’année 1969 célébra la puissance orgiaque du heavy blues et du proto punk stoogien avec un plaisir décomplexé. 

Neil Young appréciait également ce genre de simplicité rageuse, elle lui rappelait ce rockabilly qui fit naître sa vocation musicale. Les Rockets jouèrent ce soir là un boogie binaire semblant nettoyer le rock de ses prétentions, une force primaire dans laquelle Neil Young aperçut son avenir. Puisque le producteur iconique du raffinement planant, Jack Nietzsche, ne sut donner à son premier disque une forme satisfaisante, le Loner gagnera son indépendance en se jetant corps et âme dans le bain de l’agressivité de cette nouvelle époque.

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Ainsi naquit « Everybody know this is nowhere », modèle de folk rock sauvage nourrissant une tension dramatique d’une troublante intensité. Avec « Cinamon girl », le groupe n’a besoin que de deux notes pour évoquer la splendeur des grands espaces américains, les guitares galopant avec l’énergie euphorique de cœurs enfin touchés par un amour éternel. Les mélodies sont toujours majestueuses, mais désormais portées par une intensité électrique d’une rare violence et portées par un dépouillement tranchant radicalement avec l’héritage Byrdsien.

ImageNombreux sont aujourd’hui ceux voyant dans cette simplicité et la puissance rageuse de ces guitares une prédiction de la future crise de nerf grunge. Signalons toutefois que la déprime musicale engendrée par Kurt Cobain n’atteignit jamais ce niveau de grâce onirique, qui est la marque des musiciens restés fidèles à la poésie autrefois portée par la folk. Il est vrai que le Loner est avant tout un poète musical écartelé entre une noirceur digne de Dylan Thomas et des rêveries à la douceur Rimbaldienne. Solitaire défendant rageusement sa liberté de création, il s’exila déjà sur des terres plus apaisées lorsque l’album « Everybody know this is nowhere » conquit le grand public. 

Les années suivantes, Neil Young enchaîna les albums célébrés ou honnis de la critique, offrit aux gardiens de la bienséance musicale ce qu’ils voulaient avant de repartir dans les chevauchées sanguinaires de son cheval fou. Lui-même partisan d’une certaine finesse mélodique issue des sixties, il la prolongea sur la lumineuse nostalgie folk de « After the goldrush ». Lorsque sonna pour les hippies l’heure du retour à la terre, Neil Young conquit le monde en propulsant le country rock au sommet des ventes avec l’album « Harvest ». En même temps Docteur Jekyll et Mister Hyde du folk rock, le Neil Young fut un des rares musiciens capables d’honorer aussi bien la finesse des sixties et la puissance rugueuse des seventies.

A suivre... 

Et retrouvez les chroniques de Benjamin dans son bouquin : Le Roman du Rock .