12 janvier 2026

La Liberté ou la mort

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Le titre de ce billet résume cruellement l’alternative à laquelle est confronté, dans ces moments cruciaux de l’actualité, le peuple iranien.
Soumis à une dictature sanguinaire et rétrograde depuis un demi-siècle, ces malheureux se révoltent à nouveau, cette fois semble-t-il pour de bon. On se souvient avec quel sublime courage des jeunes femmes s’étaient rebellées il y a quelques années, au péril de leur vie, jetant aux orties le voile auquel elles étaient assujetties par des mollahs phallocentrés, imposant leurs immondes lubies au nom de Dieu.
Toute communication étant coupée, tout journaliste étant banni du pays, il est difficile de mesurer l’ampleur du soulèvement en cours, mais tout porte à croire qu’il est massif. Tout laisse penser hélas que la répression est des plus sanglantes. On évoque le chiffre de 200 morts mais il semble qu’il soit très largement dépassé après une quinzaine de jours de manifestations.

Face à ce drame terrible que nul ne peut feindre d’ignorer, les indignés et pétitionnaires traditionnels sont aux abonnés absents et la plupart des pays dits libres restent les bras ballants se limitant à des déclarations lénifiantes. A l’instar de je ne sais quel satrape de l’ONU, ils sont “choqués par un usage excessif de la force” et appellent les autorités iraniennes “à la plus grande retenue” face aux foules mues par l’énergie du désespoir. La France, qui porte une très lourde responsabilité dans la prise du pouvoir par les ayatollahs, est muette. Le ministre des affaires étrangères, de plus en plus étranger à ses affaires, bafouille un discours incompréhensible, la ministre des armées préfère évoquer une escalade gravissime au Groenland (elle y annonce avec une détermination sans faille la création d’un consulat !). Le Président de la République qui aime tant jouer aux petits soldats, n’a pour l’heure rien d’autre à faire que d’envisager la création d’un énième Haut-Commissariat, consacré à la diversité et à la diaspora.

Seul Donald Trump est à la manœuvre et tous sont suspendus à ses décisions, le pressant d’agir, en dépit de toutes les insultes et de toutes les critiques dont on le couvre habituellement. Fera-t-il quelque chose et quoi, nul ne sait malgré tous les commentaires plus ou moins avisés, mais il est probable qu’il fasse ce qu’il a dit.
En attendant, fasse le ciel, et Dieu s’il existe, que ce peuple qui aspire si fort à sa liberté, et qui pour l’heure ne peut compter que sur lui-même, soit aidé dans la reconquête de ce bien tellement précieux…

08 janvier 2026

Un casse à Caracas

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Il fallait oser. Il a osé. D’aucuns diraient qu’il ose tout et que c’est à ça qu’on le reconnaît… Le fait est qu’avec l’arrestation de Nicolas Maduro, Donald Trump a réussi un coup extrêmement audacieux. L’échec n’était pas permis. On imagine sans peine les hurlements et le déchaînement de sarcasmes de ceux qui guettent le moindre faux pas du président américain.
Évidemment, les commentateurs y sont tout de même allés de leurs analyses “autorisées”. Peu importe que l'intervention fut un succès et qu’elle permit de destituer mano militari un dictateur infâme, ce qu’on entendit avant tout, c’est la violation du droit international, le caractère illégal de l'action et tutti. On s’interrogea gravement sur les réactions du peuple vénézuélien et les journaux télévisés montrèrent quelques partisans pro-Maduro suggérant s’il s’agissait d’une grande manifestation spontanée.
Sans surprise, la gauche fulmine : “Trump empire” titra Libération, “Trump preneur d’otage” imprima pour sa part l’Humanité. On pourrait sourire à ces jeux de mots s’ils ne révélaient une fois encore la nature désespérante de ces journaux qui ont fait de la falsification partisane leur fonds de commerce.
Parmi les plus gentils, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, déclara tout net que "quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné. La force ne peut remplacer le droit…"
La palme de l’hypocrisie revint toutefois au ci-devant Mélenchon qui dénonça la bave aux lèvres “un enlèvement odieux”, “une intervention militaire d’un autre âge” destinée à l’évidence à “s’emparer du pétrole”, “une violation de la souveraineté du Venezuela”. Où donc a-t-il vu une quelconque souveraineté à ce tyranneau qui se maintenait au pouvoir par la coercition en truquant grossièrement les élections et en réprimant dans le sang toute opposition ?

Tous ces gens effarouchés ont vite oublié le peu de cas que faisait Maduro du droit international. Ils ont oublié la sinistre comédie de l’élection présidentielle de 2024 et des législatives qui ont suivi en 2025. Ils ont déjà perdu la mémoire des manifestations monstres suivant ces nouveaux coups de force du pouvoir socialiste “à la bolivarienne” (qui se soldèrent par 25 morts, 192 blessés et menèrent à 2 400 arrestations). Ces bonnes âmes passent sur les innombrables forfaits de l’équipe Chavez, Maduro & Co, parmi lesquels figure, outre l’explosion du narcotrafic, l’appauvrissement généralisé du pays en dépit de ses fabuleuses ressources naturelles. Ils passent sur l’exil forcé d’un tiers de la population, dénoncé par Laurence Debray, qui connaît bien le sujet.

Maduro est désormais hors de nuire, tout amoureux de la liberté ne peut que s’en réjouir, en espérant que le peuple vénézuélien pourra profiter de la circonstance pour recouvrer un peu de ses droits fondamentaux. Peut-être reparlera-t-on sous peu de Maria Corina Machado qui reçut en 2025 le prix Nobel de la Paix et qui incarne un vrai espoir d’une évolution démocratique. ça bouge en Amérique du Sud, dans le bon sens. Pourvu que ça dure.

02 janvier 2026

Initiales B.B.

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Deux lettres suffisent pour évoquer Brigitte Bardot (1935-2025).
Partout dans le monde, elles sont comprises et restent durablement ancrées dans les mémoires. Serge Gainsbourg avec lequel elle vécut paraît-il une brève mais intense liaison, s’en est servi pour un album de chansons auquel elle prêta d’ailleurs sa voix. Elle-même en fit le titre de ses mémoires, parus en 1996.
Ces deux lettres définissent de manière mythique l’archétype de la starlette des fifties et de la star des sixties, portant jusqu’aux antipodes une certaine idée de la France, faite de charme, d’élégance, de liberté.

A quoi tient une popularité aussi durable, alors que l'actrice avait cessé toute activité professionnelle dès le début des années 70, âgée d’à peine 38 ans, et qu’avec la meilleure volonté du monde, on ne compte guère de chefs-d'œuvres impérissables dans sa filmographie ?
Sans doute au fait que Bardot a marqué son époque, qu’elle l’a même incarnée et influencée par le seul magnétisme qui émanait de sa personne. Les jupes Vichy qu’elle portait avec une délicieuse grâce mutine firent les beaux jours de la mode du temps. Le petit coin de paradis de St-Tropez où elle avait élu domicile, et où elle espérait pouvoir vivre cachée, reste lié indéfectiblement à sa personne. S’agissant du cinéma, derrière les légendaires Et Dieu Créa la Femme et Le Mépris qui subliment sa plastique et magnifient son pouvoir de séduction, on retient tout de même sa performance dramatique impressionnante dans La Vérité de Clouzot. Sans doute, ne lui a-t-on pas toujours donné les rôles qu'elle méritait. Peut-être ne les a-t-elle pas toujours acceptés...

Elle était la beauté même et véhiculait, plus ou moins consciemment, mais avec une adorable malice et un naturel confondant, un féminisme élégant, léger et désinvolte, à la fois sage et insolent. On n’a rien inventé de mieux depuis, et les défenseurs de la cause ont hélas perdu en route la gaieté et l’esprit de liberté dont elle était prodigue.
Dire que B.B. était libre est presque un pléonasme tant elle irradiait par son allure et par son franc parler. Des opinions, elle en avait, déclarées sans tabou ni complexe. On souriait parfois du combat qu’elle mena pour améliorer la condition animale mais personne ne pouvait douter de sa sincérité ni de son bien fondé, hélas affaibli par des propos excessifs. On se gaussa assez bêtement des conceptions souvent pragmatiques qu’elle manifestait au sujet de la politique et de la société, loin des sentiers battus et rebattus par les moutons du showbiz bêlant leur engagement à gauche. On la jugeait réactionnaire, voire d’extrême droite, alors qu’elle se disait tout à la fois libérale et conservatrice.

Après avoir illuminé le quotidien du vulgum pecus durant près de deux décennies, harassée par une célébrité trop écrasante, elle avait choisi de s’effacer pour assumer sereinement le poids des ans et affronter loin des médias le naufrage de la vieillesse. Au moment où une année se termine et où une autre commence, elle disparaît presque silencieusement. Sa silhouette juvénile, si désirable, et son indomptable liberté resteront toutefois pour longtemps dans les esprits...

In memoriam Brigitte Bardot

31 décembre 2025

Lire et relire Radiguet

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La tentation de faire appel au passé est forte lorsque rien ne va plus dans l’actualité.
Pourtant, se réfugier dans des livres d’autrefois ne participe en rien de cette inclination. Les romans qui durent sont intemporels. Ils vous procurent un sentiment d’évasion. Tout simplement.

Relire Raymond Radiguet (1903-1923) s’inscrit dans ce doux rêve. Ce jeune homme fut un génie aussi précoce que météorique. Parvenu à la maturité littéraire au sortir de l’enfance, il grandit dans les années folles, connut le cataclysme du premier conflit mondial et fut fauché à 20 ans à peine par une méchante fièvre typhoïde.
Il eut le temps néanmoins d’écrire deux romans qui feront sensation et restent parmi les œuvres majeures de la littérature française.

Le diable au corps
J'en avais gardé un souvenir ébloui mais hélas devenu incertain avec le temps. Dès les premières lignes de sa relecture, je suis (re)tombé sous le charme de cette écriture fluide, simple mais superbe. Radiguet, alors âgé d'à peine 18 ans, y fait preuve d’une maîtrise littéraire époustouflante.
Il possède déjà un style audacieux et original. Il manie les temps avec une aisance confondante, manifestant une prédilection pour le passé simple et le subjonctif. C'est élégant et léger, avec une pointe d'acidité, un vrai régal.
Mais la force de cet écrivain en herbe est avant tout de créer, sans faire mine de le vouloir, un climat où le romanesque le dispute au sulfureux. Dans cette romance impliquant un adolescent de seize ans déluré et sûr de lui et une femme mariée, plus âgée que lui (d'à peine trois ans), mais au coeur d’artichaut, on trouve une fougue juvénile qui ne s'embarrasse guère de principes ou de conventions. Certains ont cru voir un message antimilitariste car le mari absent, cocu sans le savoir, est un pauvre poilu parti au front. Rien ne permet toutefois de l'affirmer car Radiguet ne fait aucune allusion aux tenants et aux aboutissants du conflit.
L'immoralité de la situation est avant tout sociale et elle s'efface de toute manière derrière la passion, l'égoïsme, l'inconstance et la cruauté d'une jeunesse aussi ardente qu’insolente. C'est écrit à la première personne mais ce “je” qui est l'auteur racontant sa première aventure amoureuse est aussi une sorte de deus ex machina par lequel le lecteur voit ce que le narrateur ne peut pas voir. On est donc avec lui, en lui, et au-dessus de lui en même temps.
Ce roman reste actuel car il dit plus de l'âme humaine et des ressorts du sentiment amoureux que du contexte sociétal dans lequel il est inscrit. Plusieurs adaptations cinématographiques en ont été tirées, moyennement convaincantes. Dans l'esprit, on pense plus au film poignant de Robert Mulligan, Summer of ‘42 dont l'intrigue et l'ambiance sont proches même si le blanc-bec y est moins arrogant et la trame plus romantique.

Le bal du Comte d'Orgel écrit à peine deux ans plus tard que Le Diable au Corps, et qu'il n'aura pas le temps de voir publié, est de la même veine. Il n'est pas cette fois raconté à la première personne. L'auteur s'essaie à faire pénétrer le lecteur dans la tête de chacun des protagonistes, décrivant par le menu leurs pensées et leurs états d'âme. L'intrigue se noue, tout en subtilité, autour d'un triangle amoureux constitué du couple Anne et Mahaut d'Orgel et de leur ami François de Seryeuse. Ce dernier, jeune dadais oisif couvé par sa mère, est introduit dans leur cercle empreint d'une noblesse aisée et distinguée. Rapidement, il se met à éprouver de l'amitié et même de l'admiration pour le comte. Dans le même temps, il ressent une attirance trouble pour son épouse, laquelle ne reste pas insensible à son charme un peu gauche. Un jeu périlleux, tenant parfois du marivaudage, s'installe entre ces trois là, faisant alterner amour et amitié, sur le fil ténu séparant la fidélité de la trahison, et la loyauté du mensonge. Le fameux bal pourrait être le point d'orgue dramatique de ce manège sentimental. Le sera-t-il ? C'est la question qui emplit peu à peu tout l'espace de cette petite merveille de roman, sublimé par une écriture souple et limpide, sachant se faire légère, tout en fouillant les profondeurs insondables du cœur et de l'esprit.

24 décembre 2025

Driving Home For Christmas

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S’il est un chanteur de blues cabossé par la vie, c’est bien lui. Chris Rea (1951-2025), qui s’est fait connaître en France dans les années 80 par ses tendres ballades
On The Beach et Josephine, portait sur son visage et sa silhouette efflanquée, la trace des maladies qui l’ont poursuivi. Quasi miraculé d’un cancer du pancréas, il dut repasser sur le billard moultes fois à cause d’une insidieuse fibrose rétro-péritonéale engainant ses viscères. Rendu diabétique par la chirurgie, il fut victime d’un accident vasculaire cérébral, dont il garda des séquelles handicapant son toucher de guitare. Faisant contre fortune bon cœur, il développa le jeu en slides dans lequel il excellait déjà.

Il est impossible d'oublier sa voix languide et granuleuse, légèrement voilée mais grave et chaude, qui se prêtait magnifiquement à ses mélodies dont il émanait une douceur enveloppante. Évidemment, à l’écoute de ses chansons, les riffs élégants et souvent déchirants dont il se délestait, étaient pour beaucoup dans la rémanence qui s’imprimait dans les oreilles et dans les esprits ravis. Infatigable auteur-compositeur, au sein de nombreux albums, il livra, en forme d’ex-voto, après avoir surmonté les affres du cancer, une monumentale collection de blues personnels illustrant en 11 CD et pas moins de 137 titres, toutes les tendances du genre.

En couple avec Joan, qu’il rencontra lorsqu’ils étaient adolescents, et père comblé de deux filles, il se plaisait à cultiver son art dans l’intimité de son cocon familial et avait une belle réputation de gentillesse et d’humilité. On le savait passionné de course automobile, s’impliquant personnellement dans la rénovation de voitures anciennes et participant même à des compétitions. Comme il l’avait chanté de manière un peu prémonitoire avec Driving Home For Christmas, il s’est effacé en toute discrétion pour entamer son dernier voyage ce 22 décembre….

In memoriam Chris Rea

13 décembre 2025

Black & White Soul

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Noël approche. Saluons la fin de l’année en musique. Entrons avec des chansons dans ce mois de décembre qui clôture, en douceur climatique, l’orbite d’une planète un peu désaxée.
Il y a dans ce monde sublunaire souvent affligeant, des voix qui s’élèvent en majesté et portent encore quelques quanta d’espérance, impalpable mais bien réelle.

La première est celle de Teddy Swims.
Inconnu il y a 5 ans, ce gars au look pas possible a une voix bouleversante. Ne pas se fier aux apparences. Tatoué de la tête aux pieds, ce barbu jovial aux tenues des plus excentriques, n’est pas là pour faire un numéro de clown.
Tombé par un heureux hasard sur Need You More, un des nombreux titres de son album I've Tried Everything But Therapy, le coup de cœur fut immédiat. La voix, chaude, magistrale, très pure, avec ce qu’il faut de caresses et d’écorchures, est à tomber par terre tant elle vous bouscule dès les premières notes. Sur un lit mélodique moelleux nappé de basses surpuissantes, il envoie très haut vers le ciel des incantations aussi impérieuses que déchirantes. Est-ce un chant d’amour, un cri, ou plutôt une effusion ? On ne saurait dire tant c’est émouvant, capiteux et suave à la fois. Irrésistible en fait.

Fort de cette découverte, on ne peut qu’en confirmer la richesse à mesure qu’on s’avance dans l’univers de l’étonnant gaillard, natif des États-Unis, dans un petit bled de Georgie, non loin d'Atlanta.
S’agissant de ses influences, on peut y entendre des sonorités pop, du blues, du rap et avant tout de la soul. Il commença d’ailleurs sa carrière en se frottant à de savoureux standards du passé : What’s Going On de Marvin Gaye, That’s All de Nat King Cole.
Désormais, il vole de ses propres ailes. Et quelles ailes !
Il maîtrise tous les aspects de l’art, écrit, compose, arrange et chante avec la même tranquille certitude qui est la marque du génie. Il vous ferait même aimer le rap, le bougre (All Gas No Brakes, She Got It, Goodbye’s Been Good To You), c’est dire…

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De l’autre côté de l’Atlantique, en Angleterre mais originaire du Nigeria, Jacob Banks s’est fait connaître il y a quelques années. Il est de la même génération de trentenaires que Teddy Swims. Comme ce dernier, il est auteur-compositeur-interprète. Lui aussi est capable d’intonations vocales ensorcelantes. Lui aussi aime les rythmiques massives, très chaloupées, qui vous remuent les tripes et font trembler les murs. Lui aussi s’alimente à la source du blues et de la soul, non sans faire quelques détours par le hip-hop.
On l’avait découvert avec son premier album intitulé The Boy Who Cried Freedom, brève mais intense expression d’un vrai talent et d’un son original.
Son style est assez brut, parfois très dépouillé, mais sa voix, comme la lave, monte brûlante dans les aigus jusqu’à l’incandescence avant de retomber grave et rugueuse, s'accrochant délicieusement aux tympans.
On retrouve l’artiste avec Yonder, un opus très éclectique en forme de triptyque, fidèle à ses origines, mais explorant également de nouvelles pistes, soul (Celebrate), R&B (All For Me ?), rock (Sugarcoat), hip-hop (Blind, Something New), pop (You Like It I Love It), avec des infusions de gospel (Lover, Blame It On God), de blues (Move Like Me) et même de folk song (Heavy Love). On trouve des références appuyées aux rythmes afro hypnotiques de Fela Kuti (Silver Tongue, Come As You Are, A Tree Never Waters Itself). Après de savoureuses étapes, ça s’achève sur une ballade émouvante Gone Are The Days qui donne toute la mesure d’une inspiration profonde et d’une sensibilité à fleur de peau.

En écoutant ces deux garçons, on songe à ce qu’on a perdu avec la disparition d’Amy Winehouse, mais on se console en pensant que la relève est assurée…

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05 décembre 2025

Extinction des Lumières

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Incapable de mener à bien en 10 ans une seule réforme utile digne de ce nom, impuissant à acquérir une envergure internationale à la hauteur du pays qu’il représente, apathique face la fracture sociale qui ronge le pays, Emmanuel Macron restera-t-il à la fin des fins comme le promoteur de l’obscurantisme ?

On savait le chef de l’Etat menteur, notamment lorsque lui et son gouvernement répandaient durant le COVID nombre d’affirmations non fondées, voire de contre-vérités flagrantes (sur la propagation du virus, l’inutilité des masques, les dangers de l’ibuprofène ou les bénéfices supposés du très toxique remdesevir).
On l’a vu duper le peuple lorsqu’il affirmait en 2019 qu’un président de la république désavoué devrait s’en aller…

Non content de tromper son monde, il entend tuer à petit feu les libertés individuelles déjà bien contraintes par nombre de réglementations ubuesques. Il se fait fort en effet de «tout faire pour que soit mis en place un label» de qualité de l’information. Sans doute nostalgique du peu regretté ministère du même nom, et non content d’avoir le pouvoir de nommer les censeurs de l’ARCOM, soi-disant indépendante, il entend donc encadrer plus étroitement encore l’expression publique. Selon lui, l'information serait “une matière dangereuse”. On croit rêver…
Il se défend bien sûr de faire de cette censure une prérogative étatique, évoquant nébuleusement un contrôle opéré “par des professionnels”. La ficelle est un peu grosse, d’autant qu’il cible nommément par avance les médias diffuseurs selon lui de fake news. A l’unisson de leur maître, les relais du pouvoir que sont les associations sponsorisées par l'Etat (RSF), les chaînes de radio et de télévision publiques et la presse auto-proclamée bien pensante, s’en donnent à cœur joie pour dénoncer les déviants, répandant sans vergogne, mensonges, anathèmes et enquêtes partisanes, comme l’a relevé l’ARCOM elle-même !

Dans un pays qui fit la révolution au nom de la liberté, dans une Europe qui s’enorgueillit d’avoir vu naître le mouvement des Lumières, il y a de quoi être frappé de stupeur.
Le pauvre Immanuel Kant (1704-1824) doit être transformé en turbine dans sa tombe. Dans son très bref mais capital texte intitulé “Qu’est-ce que les Lumières ?”, il exhortait avec son fameux “sapere aude” chacun à avoir le courage de se servir de sa propre intelligence.
Dans le même temps, il flétrissait “la paresse et la lâcheté” qui selon lui conduisent les gens “à s’en remettre à d’autres pour leur indiquer quoi penser”.
Il n’était pas moins sévère avec les dirigeants plus ou moins bien intentionnés mais sous-estimant les citoyens, qui “après les avoir abêtis en les traitant comme des animaux domestiques, et avoir pris toutes leurs précautions pour que ces paisibles créatures ne puissent tenter un seul pas hors de la charrette où ils les tiennent enfermés, leur montrent ensuite le danger qui les menace, s'ils essayent de marcher seuls".
Pour Kant, il apparaissait logique, naturel et même inévitable “que le public s'éclaire lui-même…/… pourvu qu'on lui laisse la liberté”. Et dans cette optique, la critique et l’expression d’opinions est un droit fondamental, quel qu'en soit le sujet. A titre d’exemple, si “un citoyen ne peut refuser de payer les impôts dont il est frappé…/… il ne manque pas à son devoir en publiant, à titre de savant, sa façon de penser sur l'inconvenance ou même l'iniquité de ces impositions”. Pareillement, “il n'y a [pour le Pouvoir] aucun danger à permettre à ses sujets de faire publiquement usage de leur propre raison …/… pour faire librement la critique des lois déjà promulguées”.
Dans le même ordre d’idées, pour le philosophe, interdire aux gens d’accéder à l’information de leur choix, c’est leur imposer une tutelle infantilisante et c’est les maintenir dans “l’état de minorité” (entendu comme immaturité), ce qui est “non seulement le plus funeste, mais encore le plus avilissant de tous”.

Avant Kant, Baruch Spinoza (1632-1677) avait déjà mis en garde contre la tentation de trop contraindre les citoyens, car à agir de la sorte “ l’Etat fera qu’ils finiront par penser d’une façon, parler d’une autre que par conséquent la bonne foi, vertu si nécessaire à l’Etat, se corrompra, que l’adulation, si détestable, et la perfidie seront en honneur, entraînant la fraude avec elles et par suite la décadence de toutes les bonnes et saines habitudes.”
A l’instar de Montaigne ou de Montesquieu, Spinoza recommandait à l’Etat d’être économe en législations, car “vouloir tout soumettre à l’action des lois, c’est irriter le vice plutôt que de le corriger.” De manière prémonitoire, il précisait que “les lois qui concernent les opinions s’adressent non pas à des coupables mais à des hommes libres; qu’au lieu de punir et de réprimer les méchants, elles ne font qu’irriter d’honnêtes gens. On ne saurait donc prendre leur défense sans mettre en danger de ruine l’Etat…”

On ne saurait trop insister également sur la critique faite par Alexis de Tocqueville (1805-1859) il y a près de deux siècles de l’Etat Providence, qui semble s’adresser à notre époque. Si ce dernier travaille volontiers au bonheur des citoyens, écrivait-il, “il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages. Il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.”
A contrario, en une seule phrase, Tocqueville a défini l’essence de toute démocratie éclairée, dans laquelle, “le premier souci d’un bon gouvernement est d’apprendre au peuple à se passer de lui”. C’est hélas tout le contraire à quoi on assiste de nos jours…

Plus près de nous, Paul Janet (1823-1899) dans son ouvrage “la liberté de penser” s’en est pris lui aussi à l’excès de zèle de l’Etat, notamment lorsque ses représentants manifestent la volonté d’imposer au peuple ce qu’ils croient vrai, oubliant “qu’une vérité dont on n’a pas douté est une vérité problématique…” Il se désolait également “qu’il se trouve encore des esprits qui, même dans l’ordre de la foi, voudraient que l’Etat intervint pour fixer ce qu’il faut croire et ce qu’il est permis de ne pas croire...”

M. Macron ferait bien de relire ces textes qu’il paraît ignorer ou qu’il a oubliés, plutôt que de s’inspirer des méthodes médiévales de l’Inquisition… Mais quoi qu'il fasse désormais, son mandat restera entaché par la fermeture de 2 chaînes télévisées très populaires, censurées arbitrairement par un comité dont il avait nommé les membres.

22 novembre 2025

Mad Men

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Découverte
par le biais d'un ami blogueur, d’une succulente série américaine au titre évocateur : Mad Men
Elle ne comporte pas moins de 92 épisodes répartis sur 7 saisons, diffusés originellement entre 2007 et 2015.
Arte propose de voir ou de revoir la série en intégralité jusqu'en mars 2026 (sur son site ou bien sur Youtube).

L'histoire s’inscrit dans la fabuleuse décennie des sixties dont on perçoit en filigrane les événements marquants. Elle décrit les péripéties et les mésaventures d'une agence new-yorkaise de publicité et de ses membres.
Il y a des intrigues sentimentales, de l'amour, de l'amitié, des rivalités, et naturellement du sexe (plus suggéré que montré). Le tout est émaillé d'humour, de fantaisie, mais aussi de drames, de passés inavouables, de trahisons, d'infidélités, de secrets plus ou moins enfouis.
A travers les fumées des cigarettes et les vapeurs de whisky et de vodka omniprésentes, l'entreprise vibrionne. Il y a les créatifs, les commerciaux, les financiers et de pimpantes secrétaires. Au bureau, on travaille mais on boit, on fait la fête, on y dort parfois et il arrive même qu’on y fornique. On est embauché sans formalité ni délai mais on peut être viré dans les mêmes conditions… En dehors des heures de bureau, chacun a sa vie privée, plus ou moins familiale, plus ou moins dissolue et ses soucis personnels mais on s’attache à cette galerie de personnages car au-delà de leurs ambitions, de leurs mérites et de leurs bassesses, il y a du romanesque et un dosage subtil de superficialité et de profondeur.
L’époque est à la liberté, à la prospérité et à l'insouciance. Les progrès techniques apportent un confort matériel grandissant, même si les téléphones restent filaires, les télévisions noir et blanc aux écrans globuleux, et les premiers ordinateurs aussi encombrants et bruyants qu'inutiles.

Les situations sont parfois outrées, mais elles restent toutefois crédibles et bien à l’image des années soixante débridées, sorte d'apothéose des trente glorieuses. Les allusions politiques ou sociétales sont dénuées de manichéisme et d'engagement politique. On y parle de Kennedy, de Nixon, de Martin Luther King, du racisme, des droits civiques, du Vietnam, de la conquête spatiale, de la révolution des mœurs, de Bob Dylan, des Beatles, des Rolling Stones, des beatniks, des hippies, et on goûte même au cannabis et au LSD. Ces évènements qui ponctuent l’évolution du microcosme sociétal sont évoqués sans parti pris quoique à certaines allusions, on devine que New York, de moins en moins sûre, est proche de basculer dans le laisser aller gauchisant, porteur de désordre, de violence et d'anarchie.

Les décors très soignés suggèrent avec une fidélité confondante l’ambiance de ces années dorées dans lesquelles le spectateur se trouve littéralement immergé, du premier au dernier épisode, grâce au talent et au charisme du créateur-producteur Matthew Weiner. Les comédiens sont tous bluffants, incarnant avec beaucoup d’intensité et de magnétisme leurs personnages.
Parmi les principaux, Don Draper (Jon Hamm) est l'âme de la boite et du récit. Sa belle et impériale silhouette de commandeur s'impose autant que son inventivité pour pondre les slogans les plus percutants. Avec sa femme Betty (January Jones), qui peut être aussi gracieuse et distinguée que parfois glaciale, ils forment un couple idéal qui force l'admiration mais fait des envieux et cache une part plus sombre. Draper est un homme à femmes, rongé par un passé qu’il voudrait oublier mais qui revient sans cesse hanter ses pensées. Betty l’apprendra à ses dépens, ainsi que Megan (Jessica Paré), la seconde épouse, qui se rêve en actrice de cinéma.
A la tête de l'entreprise, on trouve Bert Cooper (Robert Morse), le vieux sage en chaussettes, pétri de bon sens et de pragmatisme qui cite sans complexe Ayn Rand. A ses côtés, Roger Sterling (John Slattery), héritier du fondateur est un touche-à-tout volage et désinvolte mais que le flair et l'humour irrésistible rendent indispensable au quotidien et précieux pour désamorcer les conflits.
Auprès de ces figures de proue, la vie n'est pas toujours facile pour les collègues au sein desquels Pete Campbell (Vincent Kartheiser) tente de se faire une place à part entière. Mais si le jeune loup en veut, il peine à faire rayonner son aura.
La gent féminine souffre également de se voir souvent traitée avec condescendance si ce n'est mépris. Peggy Olson (Elisabeth Moss), secrétaire de base, va toutefois s’affirmer comme une femme de caractère, aussi déterminée qu’ambitieuse dans son métier qu’elle est malheureuse en amour. Joan Harris (Christina Hendricks) incarne quant à elle une pulpeuse et aguichante secrétaire dont le rôle assumé et respecté de superviseuse sûre d'elle, cache une certaine fragilité et la capacité à se sacrifier dans l'intérêt de l'agence, pourvu que cela serve également le sien...

Tout cela compose un savoureux cocktail auquel on s’habitue très vite et dont on reprend avec gourmandise une lichée à chaque épisode. Cette chronique sociétale ciselée avec maestria fait parfois penser à Ozu, notamment lors des 7 et 8ᵉ épisodes de la quatrième saison mettant en scène la confrontation des héros avec une délégation japonaise portant les intérêts de la firme Honda…

13 novembre 2025

Libre !

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Libre enfin pourrait-on dire.
Après un emprisonnement d’une année pour un délit d’opinion Boualem Sansal est sorti de sa geôle par le truchement du président de la république allemand, Frank-Walter Steinmeier. Grâce lui soit rendue d’être parvenu à ce résultat qui comble de joie tout amoureux de la liberté, qui répare une injustice et restaure à l’écrivain martyrisé tous ses droits.
La France est humiliée. Le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a guère agi pour prendre la défense d’un de ses ressortissants les plus honorables. C’est à se demander si elle souhaitait sa libération ! L’échec est en tout cas cuisant pour sa diplomatie et son influence sur l’Algérie semble proche du néant, en dépit des accommodements et des compromissions qu’elle crut bon de s’abaisser à faire pour amadouer un régime sans scrupule. La faiblesse engendre rarement le respect et l’aura de notre pays paraît désormais sévèrement ternie par ce camouflet. Faisant profil bas, le premier ministre remercie le président algérien “d’avoir gracié” le grand homme. De facto, il reconnaît la condamnation et son ignominie. Quelle tristesse d’en être arrivé là…

On ne peut s’étonner de voir à l’Assemblée Nationale le même premier ministre, son gouvernement et ses affidés, reculer devant les exigences stupides de médiocres politiciens et abandonner en rase campagne la seule réforme significative des deux mandats présidentiels d'Emmanuel Macron. Tout fout le camp en quelque sorte.

Il faut espérer que Boualem Sansal ait encore assez de force et de santé pour continuer à s’exprimer et porter envers et contre tout une parole libre et clairvoyante dans ces temps confus.

06 novembre 2025

Bad News, Good News

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Quand on atteint le fond du fond, nos gouvernants nous apprennent qu'on peut encore forer !
Tandis qu'à l'Assemblée Nationale les élus s'échinent dans une pagaille indescriptible à creuser toujours plus profondément la tombe de notre beau pays, à coup d’impôts, de taxes et de lois absurdes, les citoyens écœurés détournent les yeux.
On nous répète que tout cela n'est pas grave. Il ne s’agit que d’un jeu à somme nulle nous dit-on, puisque l'avalanche de propositions, d'amendements de sous-amendements n'a aucune chance de former au bout du compte un budget susceptible de pouvoir être voté.
La seule finalité de cette éprouvante mascarade est de prolonger la survie d'un gouvernement sans tête et surtout de procurer un sursis à la chambre basse du Parlement.
Basse, elle n'a jamais mieux mérité ce qualificatif. Ces gens, comme des larrons en foire, prennent plaisir à multiplier les vils petits calculs démagogiques et les ententes éphémères de circonstance pour retarder l'échéance électorale qui semble les effrayer. Certains appellent encore ça une démocratie

Pendant ce temps, le monde continue de tourner. D'autres sont à l'œuvre avec un peu plus de courage, de pragmatisme d'intelligence et de détermination. Dans le microcosme franchouillard on les présente le plus souvent comme des incapables, des fous, ou pire encore, comme des suppôts du fascisme.
Peu importe. Les imbéciles aboient, la caravane passe...
En Amérique, Trump avance au bulldozer. Il est sur tous les fronts, remue ciel et terre, tant chez lui qu'à l'étranger. Moins d'un an après son élection, l'Amérique n'a jamais autant rayonné, au grand dam des grincheux qui espèrent depuis si longtemps son déclin. Ces derniers se réjouissent de l'élection à la mairie de New York d'un turlupin qui s'affiche comme anti-Trump, musulman et socialiste ! C'est peut-être un désaveu pour le Président mais c'est surtout un échec pour le parti Démocrate en voie d'implosion, miné par des courants radicaux mortifères. C'est surtout fâcheux pour la Grosse Pomme qui en l'occurrence ressemble plutôt à une poire ! Car le plus navrant dans l'histoire est qu'autant de gens continuent de croire au Père Noël. Selon le nouvel édile, tout ou presque sera désormais gratuit à New York, grâce aux taxes prises sur les riches ! La rengaine est tellement éculée qu'on aurait pu la croire rangée définitivement au musée des horreurs. Nullement, en fait. Les raconteurs de fariboles auront toujours de l'emprise sur les gogos, surtout s'ils sont amnésiques. New York, frappée en plein cœur par l'islamisme et sinistrée par le progressisme de gauche des années 70-80, devrait en savoir quelque chose mais la connaissance du passé manque manifestement à beaucoup de ses habitants. La route de la perdition s'ouvre sur de belles promesses et de bonnes intentions mais elle est pavée de douloureuses désillusions. Les mêmes causes produisant en général les mêmes effets, les résultats ne se feront pas attendre…

En Italie, Georgia Meloni continue son petit bonhomme de chemin. Celle qu'on présentait comme une pasionaria mussolinienne, est devenue, sans peine il est vrai, la personnalité la plus charismatique des dirigeants européens. Elle a procuré la stabilité à son pays et le réforme en douceur mais en profondeur. Elle a réussi l'impossible union des droites et discrédité le socialisme. Pourvu que ça dure...
En Argentine, après une élection surprise et un début de mandat en fanfare et à la tronçonneuse, Javier Milei, qu’on qualifiait de fou dangereux, vient d'engranger un nouveau succès électoral qui conforte sa politique audacieuse. En quelques mois, il est parvenu à assainir spectaculairement la situation financière de son pays. Les Argentins souffrent évidemment de ce retour brutal à la réalité, car on ne sort pas de la faillite sans peine. Mais en lui réaffirmant leur confiance, ils montrent qu’ils ont compris qu’il fallait en finir avec la scorie socialiste.
Au Japon, Sanae Takaichi, devenue tout récemment premier ministre, inscrit sans vergogne sa politique dans le sillage de Margaret Thatcher et ne fait pas mystère de sa sympathie pour celle menée par Donald Trump. Reste à voir ce dont elle est capable mais ses actions passées hardies et engagées sont de bon augure.
Sur ces quatre chefs d'État, on compte deux femmes. Jolie parité qui ne doit rien à la discrimination positive mais tout au talent. Peu de bien pensants saluent cette vraie petite révolution démocratique…

04 novembre 2025

Automnale

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A travers les averses d'automne
Au bord humide de l'horizon
Le soleil darde un dernier rayon
Dans une grisaille monotone

L'espace d'un instant tout frissonne
Faisant même oublier la saison
Tout devient illumination
Tandis qu'une cloche au clocher sonne

Mais Novembre hélas revient bientôt
Emplissant le ciel de lourds nuages
Comme autant de ténébreux présages

Et bien qu'il soit encore très tôt
Le jour perd vite de sa lumière
Dans un clair-obscur de cimetière

28 octobre 2025

Citations

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Le tohu-bohu politique actuel est fertile en contradictions, retournements de vestes et diverses renonciations. Si les électeurs ont souvent la mémoire courte, les archives audio-visuelles sont parfois bienvenues pour rappeler crûment ces écarts inconséquents de langage :

Sébastien Lecornu, actuel Premier Ministre, lorsqu'il n'était que président du conseil départemental de l’Eure et maire de Vernon, interrogé par Yves Thréard dans le talk du Figaro le 20/10/2015 :
"Oui bien sûr, la politique française est sclérosée. On est dans l’entre-soi. Dans tous les pays européens ou occidentaux lorsqu’une majorité est battue, lorsque le leader de cette majorité est battu, on ne le revoit pas. Il n’y a qu’en France qu’on voit réapparaître les mêmes visages perpétuellement…."

Emmanuel Macron au cours d'un entretien à bâtons rompus lors du Grand Débat, le 18/03/2019, deux ans après son élection à la présidence de la république  :
"Le quinquennat “phasé” ne permet plus une forme de respiration démocratique de “midterm” à la française, en tout cas de césure, de respiration où le peuple français peut dire “j’ai confiance dans votre projet donc je vous redonne une majorité pour le faire”. La réalité c’est que si on allait jusqu’au bout de la logique, le président de la république ne devrait pas pouvoir rester, s’il avait un vrai désaveu en termes de majorité, en tout cas, c’est l’idée que je m’en fais, et qui est la seule qui peut accompagner le fait d’assumer les fonctions qui vont avec."

21 octobre 2025

Le fond du fond

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Peut-on donner un spectacle plus triste que celui offert par la France ces derniers temps ? Peut-on descendre plus bas ? Peut-on s’avilir davantage aux yeux du monde ?

Aujourd’hui même, l'ancien président de la république Nicolas Sarkozy est incarcéré au terme d’une procédure judiciaire abracadabrante qui l’a vu relaxé de tous les chefs d’accusation qui pesaient sur lui mais reconnu coupable d’un forfait relevant du fantasme, fondé sur des faux en écriture.

Pas plus tard qu’hier, le musée du Louvre était impunément cambriolé en plein jour, mettant en évidence des failles énormes de sécurité (déjà observées lors de l’incroyable incendie de Notre-Dame). Au-delà de l’incapacité de l’Etat à garantir l’intégrité du Bien Public, il émane de ces drames évitables mais non évités une symbolique aussi forte que consternante. Après l’intronisation grandiloquente d’Emmanuel Macron au pied de la Pyramide du même Louvre en 2017, on assiste à une fin de règne piteuse.

Malheureusement, dans cette ambiance crépusculaire, le naufrage de la république semble total et irrémédiable.
Si la justice répond de moins en moins aux objectifs princeps d’impartialité et de pragmatisme, l’Assemblée Nationale est quant à elle devenue un vrai foutoir, sans majorité, sans direction, et sans autre ambition que le maintien en poste de députés rassis. L’exécutif se perd en conjectures et en gouvernements de plus en plus éphémères et fantomatiques.

La situation financière de la France ne cesse de se dégrader, et sa crédibilité auprès des instances internationales et des agences de notation se détériore de mois en mois.
Pendant ce temps, tous ces notables supposés gérer au mieux l’intérêt de la Nation et des citoyens, continuent de dilapider sans frein l’argent public et ne font preuve d’imagination que pour produire toujours plus d’impôts, de prélèvements et des taxes, des taxes, des taxes. De politique en revanche, il n’y en a pas plus que de beurre en broche…

16 octobre 2025

Corrompus par le vide

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Sébastien Lecornu, accroché à son pupitre comme un naufragé à une épave, ânonnant son insipide discours de politique générale tout en lançant des œillades torves à l’assemblée. C’est le dernier numéro pitoyable d’équilibrisme politique auquel les Français ont pu assister ce 14 octobre.
L'orateur n’avait certes guère de raison d’être fier en annonçant, sous les applaudissements des Socialistes, la suspension totale de la réforme des retraites, tout en laissant entrevoir une avalanche de quelque 14 milliards de nouveaux prélèvements, impôts et taxes en tous genres.
Nombre de commentateurs ont souligné l'incohérence de ces mesures, en contradiction totale avec la politique portée par le Président de la République, approuvée par tous les gouvernements depuis 2017 et par le premier ministre lui-même, fidèle parmi les fidèles au Chef de l’Etat .

Tout sonne hélas tragiquement faux dans cet épisode de la vie politique française, où l'on voit un pouvoir aux abois saboter ses maigres acquis pour sauvegarder temporairement ses prébendes, au mépris du peuple et à ses dépens.
Les renoncements en pagaille de politiciens pris entre le marteau brûlant et soi-disant incorruptible de leur engagement passé et l’enclume froide de leur couardise présente. Les sourires de malsaine satisfaction émanant d’une partie de la gauche, plus habile dans le chantage et la compromission que dans l’action courageuse et pragmatique.
Huit ans de macronisme, emphatique mais indécis, avançant parfois d’un pas mais reculant de deux l’instant d’après, prônant tout et son contraire “en même temps”, huit longues années de pompe à vide et de vaine circonstance pour arriver là ! Sans compter évidemment les décennies précédentes, marquées par le même tango erratique.
Quand donc cessera ce ballet infâme ?
On dira que les Français ont voulu cela. Ils ont élu sans enthousiasme mais avec beaucoup d’opiniâtreté, des jean-foutre, pour les représenter et les gouverner.

Il faut remonter loin pour trouver l’origine du mal.
Sous l’impulsion du machiavélique Mitterrand, les politicards ont fait naître et encouragé cette inclination insane, par pur calcul politique. Ils ont inventé de toutes pièces une hypothétique peste brune contre laquelle ils ont érigé un pseudo rempart républicain en forme de ligne Maginot. A l'inverse de cette dernière, la manœuvre a fonctionné au-delà des espérances de ses concepteurs. Un chœur des bien pensants s’est constitué pour diaboliser tout ce qui n’est pas “de gauche”. Un totalitarisme en gants de velours s’est installé. On a banni avec horreur tous ceux que les “maîtres censeurs” nommaient “fachos” au seul motif qu’ils ne pensaient pas comme eux ! A l’instar de deux anciens premiers ministres, on a même fait fi de l'Histoire et abandonné toute défiance face à la bien réelle peste rouge. Tandis que Gabriel Attal, appelait à voter pour les bolchéviques de LFI, Edouard Philippe faisait de même pour les communistes.
Les Français semblent commencer à comprendre qu’ils ont été les victimes consentantes d’un marché de dupes. Ils ont été corrompus à leur corps défendant par des démagogues sans scrupule en quelque sorte.
Demain sera un autre jour. Verra-t-on poindre enfin à l'horizon, l'espoir de sortir de ce marasme dans lequel tout un pays s’est enlisé ?
Rien n’est moins sûr…

07 octobre 2025

Sauve Qui Peut

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Les gouvernements se suivent et se ressemblent. A une cadence effrénée, pourrait-on dire. Le dernier en date est mort né, c’est dire…
Mais que dire de cette séquence tragi-comique qui joue les prolongations devant des spectateurs captifs d’un spectacle qu’ils avaient pourtant réclamé mais qui tourne à la débandade généralisée faute de scénario solide et d’acteurs de talent ?
On pourrait épiloguer sur le fiasco dans lequel est en train de se terminer le mandat présidentiel conféré par les électeurs à Emmanuel Macron. C’est trop tard, le mal est fait. Ainsi l’a voulu en toute connaissance de cause, le peuple souverain…

Restent une série de questions, sans espoir de réponse hélas, tant la situation paraît relever de l’absurdité la plus folle.
Après deux piteuses tentatives gouvernementales, comment M. Lecornu, qu’on disait fin politique, a-t-il pu accepter d’en mener une troisième, s’apparentant forcément à une mission suicide ?
Quelle sorte de rupture pouvait-il espérer en l’annonçant sur le perron de l’Hôtel de Matignon lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur François Bayrou ?
Comment oser après celà et après 27 jours de tergiversations, proposer un simple duplicata du précédent gouvernement, et prendre même un risque supplémentaire insensé en rappelant les calamiteux Bruno Lemaire et Eric Woerth ?
Comment Bruno Retailleau, après avoir accepté d’avaler beaucoup de couleuvres au sein du gouvernement démissionnaire, a-t-il pu accepter de retourner dans ce rafiot en perdition et oublier même de s’enquérir du nom du collègue nommé aux Armées ?
Comment, après avoir rendu son tablier, Sébastien Lecornu a-t-il pu accepter l'ultime mission farfelue proposée par un président déconfit, consistant à trouver pour un autre premier ministre que lui et en 48h, l’introuvable consensus de stabilité qu’il n’a pas réussi à mettre sur pied pour lui-même au terme d’un mois de stériles échanges avec les partis ?

Et comment Emmanuel Macron, élu et réélu à la charge suprême et qui avait tant d'atouts en main, a-t-il pu en arriver là ?
Sans doute est-ce avant tout de sa responsabilité, en raison de son incurable frivolité, de son inconséquence notoire, et de sa dévorante hubris. S’il faut trouver des circonstances atténuantes à la personne, on pourrait les trouver dans l’acharnement que les politiciens de tout poil et une société entière ont mis durant des décennies à fausser le jeu démocratique en excluant par principe un parti, au nom d’un grotesque Front Républicain.

J’ai retrouvé la trace d’une lettre adressée au magazine Valeurs Actuelles et publiée en mars 1998, un an après la funeste dissolution ordonnée par Jacques Chirac, qui avait mené la gauche plurielle au pouvoir. J’ai la faiblesse de penser qu’elle n’a pas trop perdu de son actualité :

“Les élections Régionales qui viennent de se dérouler vont probablement précipiter la décomposition de la « Droite traditionnelle ». Tant mieux, après tout, car il faut dire que l’obstination dans l’erreur, l’acharnement à déployer l’énergie à côté de la plaque, avaient rarement été portés à de telles extrémités! Le comble étant cette décision invraisemblable d’offrir à la Gauche Socialo-Communiste minoritaire, des régions où les électeurs avaient exprimé massivement un vote de droite. Après la dissolution inouïe de l’an dernier, ça restera dans les annales....
Adieu chefs usés, dépourvus d’idéal, on ne regrettera pas vos fatigantes pudeurs qui n’avaient même pas l’accent de la sincérité. Car n’ayant pas d’affinité particulière pour le Front National, je vois tout de même trop bien que les discours d’exclusion et les torrents de haine déversés chaque jour, proviennent rarement de l’accusé numéro un.
Après les oraisons enfarinées des pharisiens du temple collectiviste et la morale bécassinesque des dadais de la social-démocratie, peut-être enfin, peut-on caresser un espoir. Celui de voir émerger une force volontariste, moderne et libérale, dont l’objectif clair sera de redonner vigueur à notre pays, au risque d’accorder, sans a priori, quelque attention aux propositions d’un parti qui ne mérite pas plus que d’autres, l’ignominie dont on le couvre.”

30 septembre 2025

Le libéralisme selon Mankiw

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Peu voire inconnu en France où l'on nous bassine avec les théories fallacieuses des charlatans de l'économie que sont Piketty, Zucman, Alternatives Economiques et consorts néo-marxistes, Gregory Mankiw jouit d'une grande renommée internationale.

Je l'ai découvert pour ma part au cours de l'excellente émission de Marc Fiorentino, C'est Votre Argent.
Professeur à l'université d'Harvard et auteur de quelques ouvrages pédagogiques qui sont des références mondiales, on pourrait le classer au rang des chantres du libéralisme, tel qu'on l'entend (fort mal) dans notre pays. Aux Etats Unis, il apparaît comme un défenseur assidu du capitalisme et de l'économie de marché.
Il se targue de représenter un courant de pensée baptisé nouveau keynésianisme, en ce sens qu'il admet le bien fondé de certaines interventions de l'État tout en prônant l'initiative individuelle, la liberté du commerce et le libre échange.

Son livre le plus populaire, écrit avec Mark P. Taylor, s'intitule tout simplement Principes de l’Economie.  S'il est difficile de résumer en quelques lignes cette somme de plus de 1000 pages, on peut évoquer les 10 règles sur lesquelles repose selon lui toute science économique. La plupart s'inscrivent dans l'observation des réalités tangibles et relèvent du bon sens, dont se sont prévalus les économistes classiques tels que Turgot, Say, Bastiat, ou  Adam Smith en Angleterre. 

Ainsi, il stipule en premier lieu, qu'il est nécessaire en toute circonstance de faire des arbitrages. On n'a rien sans rien et un choix se fait toujours au détriment d'un autre. Autrement dit, on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.
Lors de tout échange, ce que l'on acquiert a plus de valeur que ce qu'on cède, sinon on y renoncerait.
Les gens réagissent aux incitations. Ils cherchent ce qui sera le moins coûteux. Ils sont sensibles aux promotions et leur comportement est influencé par les mesures gouvernementales incitatives ou dissuasives.
D'une manière générale, les échanges améliorent le bien-être de tous. A condition d’être libres, ils ont une tendance naturelle à faire baisser les prix et à stimuler l’innovation. Les prix véhiculent une information essentielle sur la rareté et permettent à l’offre et à la demande de s’équilibrer avec la meilleure allocation des ressources possible.
Le gouvernement quant à lui améliore parfois les solutions du marché, en luttant contre les monopoles, les abus de position dominante. Il peut corriger certaines lacunes du marché, mais il peut aussi se tromper.
Fait capital, le niveau de vie d’un pays dépend de sa capacité à produire des biens et des services. Le PIB par habitant est une mesure du niveau de vie très simple mais utile car elle nous indique la production moyenne d’une économie. Il ne peut progresser que par la productivité : en améliorant le rapport entre la production et la quantité de travail utilisée.  Enfin, comme on le constate régulièrement depuis des lustres, les prix augmentent lorsque la banque centrale imprime trop de monnaie. De facto, la société fait face à court terme à un arbitrage entre l’inflation et le chômage.

Ces notions qui relèvent d'une mécanique incontournable sont encore trop souvent ignorées voire niées en France. Combien de temps durera cet aveuglement, that is the question…

26 septembre 2025

Ils tuent la Liberté 2

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On peut le dire en vers ou bien en prose. On peut l'exprimer sur tous les tons. On peut être serein, indifférent ou en colère, le fait est là : la Liberté va mal en France. Elle se réduit comme la fameuse peau de chagrin (qu’elle n’aille pas mieux ailleurs n’est pas une consolation…).
Chacun croit encore être libre, et dans les débats, on se gargarise du mot, mis à toutes les sauces. Mais comme l'air qu'on respire, il faut se sentir asphyxié pour s'apercevoir qu'on en manque, et tant qu'il ne s'agit que de celle des autres on s'en moque ou quasi. La Liberté des uns s'arrête où commence celle des autres, dit-on. Mais lorsqu'on dénie à cette dernière la légitimité de s'exprimer, alors commence le totalitarisme.
La fermeture arbitraire de deux chaînes de télévision par une ARCOM qui n’a d’indépendante que le nom s’inscrit dans cet engrenage fatidique. On peut en rapprocher les déclarations arrogantes de la directrice de France Télévision, qualifiant avec mépris d’extrême droite les opinions divergeant de la doxa partisane régnant dans le holding de service public féodal qu’elle dirige. Qu’un ancien ministre de la justice reprenne la même antienne montre le niveau d’intolérance atteint dans notre pays.

Même si les lois sont de plus en plus coercitives à l'égard des libertés individuelles, la restriction n'est pas encore vraiment ressentie dans les esprits. Pourtant le mal est là pour qui veut le voir et ses symptômes sont manifestes. Lorsque l'irresponsabilité, l'intolérance et l'ignorance montent en puissance, c'est la Liberté qui s'étiole.
La liberté totale, confinant à l’anarchie reste à ce jour une utopie. Qu'on se rassure, avec l'Etat Providence on s'en éloigne chaque jour davantage et c’est plutôt de la privation de liberté dont on souffre. Même si la contrainte se pare de bonnes intentions, ses conséquences néfastes sont légions.

Sous la tutelle asphyxiante de l’Etat, on assiste à de véritables désastres organisés :
Les déserts médicaux résultent d’une politique apparentée au centralisme bureaucratique, menée sous la férule des calamiteuses Agences Régionales de Santé, qui prive les établissements de santé et les praticiens de leur autonomie, les décourage et les pousse à la concentration au nom de principes théoriques.
La pénurie inquiétante de médicaments est largement causée par le blocage artificieux des prix par L’Etat, faussant le marché et la concurrence. Les boucs émissaires désignés sont les laboratoires pharmaceutiques. L’évidence est pourtant qu’à force d’être contraints, ils ont dû céder leurs brevets chèrement acquis, délocaliser leur production et qu’à la fin, ils rechignent à la vendre à bas prix.
La crise du logement est créée et entretenue par l’accumulation de réglementations de plus en plus absurdes, touchant à la construction, à la location, auxquelles s’ajoutent la pression fiscale et les diktats écologiques.
L’épuisement progressif de la production de fruits, de légumes, de volailles est organisé à coup de surrèglementations agricoles, de surtranspositions de règles européennes. Ce constat est affligeant pour un pays autrefois auto-suffisant ou exportateur, qui aujourd’hui se voit obligé d’importer 60% de ses poulets (vs 20% il y a quelques années). Moutarde, betteraves, cerises, blé, colza, les ressources s’amenuisent pareillement.
Le désastre du système éducatif est en très grande partie le fait de directives ubuesques, bourrées de bonnes intentions mais ignorantes des réalités de terrain, dont les effets délétères ne sont jamais contrecarrés ni même évalués.
La casse du marché automobile à laquelle on assiste est une fois encore le résultat de réglementations édictées au nom de l’idéologie, qui varient sans cesse, ne cessent de se durcir et sont assorties de taxes et de malus extravagants. En dépit des progrès techniques dont elle a bénéficié, la bagnole qui était le symbole roulant de la liberté devient un fardeau voire une aliénation.

On pourrait multiplier les exemples de ce terrible assèchement, qui se voit sans arrêt aggravé par l’irresponsabilité politique, l’intolérance idéologique de lobbies influents, et l’ignorance populaire souvent encline à croire les rumeurs plutôt que les faits.

L’intolérance confine à l’injustice lorsqu’elle édicte des lois partisanes ou qu’elle juge non sur des faits mais sur des suppositions, des hypothèses ou bien des intentions, comme on vient de le voir encore avec le procès Sarkozy, sur un supposé financement de campagne en provenance de la Libye.
Dernier épisode de la désastreuse politique internationale conduite par le Président Emmanuel Macron, il reconnaît l'existence de la Palestine sans en référer ni au Peuple ni à ses représentants. On pourrait gloser sur la naïveté et l’indignité de la mesure, de son inutilité, et de ses probables répercussions fâcheuses. Mais, sachant qu'il n'a plus guère que 15% d'opinions favorables, deux seules questions s'imposent : où est la légitimité de sa décision ? Où est la liberté de choix du Peuple ?

22 septembre 2025

Ils tuent la Liberté 1

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Quand tout semble foutu
Et que cessant de croire
A tout même à l’Histoire
On est perdu

Quand rien ne vaut la peine
Et que croît le néant
Comme un gouffre béant
Rempli de haine

Quand le mal est partout
Nourrissant ses chimères
De rancunes amères
Et cassant tout

Quand l’Etat agonise
Sous les coups de boutoirs
De forbans de trottoirs
Fous de bêtise

Quand on fait des gros mots
De l’ordre et la justice
Qu’on charge la police
De tous les maux

Quand au nom de la Gauche
On tue la Liberté
Et que l’égalité
Se mue en fauche

Quand la réalité
Contrariée s’efface
Et que le faux remplace
La vérité

Quand le bon sens critique
Découragé s’enfuit
S’égarant dans la nuit
Démocratique

Quand s’éteint la Raison
Et qu’on voit la folie
De l’idéologie
À l’horizon

Alors l’Espoir s’affale
La résignation
Gagne une nation
Anencéphale

Alors tout un pays
Veut rappeler ses Pères
Et les anciens repères
Souvent trahis

Trop tard ! Ce n’est plus l’heure
D’une réaction
Face à l’extinction
Le Peuple pleure.

06 septembre 2025

Démocratie en berne

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Il y a une paie que le concept de démocratie a perdu l'essentiel de sa signification en France.
Pour preuve, nous sommes rendus au point où
90% des Français jugent inefficace l'ensemble de la classe politique et huit sur dix trouvent navrante la séquence politique actuelle.. Nous touchons donc le fond du fond.

A l'heure où le pays est confronté à une crise économique et sociétale grave, et à des enjeux politiques majeurs, tous les ressorts semblent usés.
Le mécontentement est général mais le pays est profondément divisé, morcelé pourrait-on dire. Eparpillé façon puzzle, pour reprendre l'expression fameuse.
Bien qu’on entende surtout les sempiternels refrains de la gauche la plus ringarde et la plus radicale, la France est paraît-il majoritairement à droite. L'ennui, c'est qu'à force de galvauder le sens des mots, on ne sait plus bien ce qu'est la droite, pas davantage où elle se situe sur l'échiquier, et encore moins quelles seraient ses propositions, à défaut de programme.
Comment peut-on espérer dans ces conditions, concrétiser cette chimérique “union des droites”, que beaucoup appellent de leurs vœux ?

La perspective de voir se former cette coalition, magistralement mise sur pied en Italie, s'éloigne de plus en plus.
Laurent Wauquiez, héraut prétendu “d’une droite qui soit de droite”, ennemi juré des impôts et de l'assistanat, mais qui n'en est plus à une contradiction près, annonce qu'il voterait la confiance à un gouvernement confié au Parti Socialiste ! Quant à Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur et leader proclamé des Républicains, il a tellement tergiversé avant de s'extraire de la cagade gouvernementale, qu'il se trouve grillé avant l'heure. Il en est réduit à voter la confiance à François Bayrou, c'est-à-dire à lier son sort au perdant, et à rester sur le rafiot pourri en train de sombrer. Pitoyable spectacle...
Au total, la situation semble quasi désespérée, quoiqu'il arrive. Enième changement de premier ministre, dissolution de l'assemblée ou démission du président, rien ne permet d'espérer des jours meilleurs.
Nous entrons dans une période critique et une fois encore, on se demande avec inquiétude ce qui va en sortir.

Pendant ce temps Emmanuel Macron fanfaronne à l'international, enchaînant à un rythme effréné les bourdes grandiloquentes, les monumentales erreurs de jugement, les abandons piteux, les coups d'épée dans l'eau, et les vœux pieux en forme de déclarations martiales grotesques. Il paraît totalement indifférent à son impopularité massive (85% de mécontents) et plus déconnecté que jamais des réalités de son pays. Comment cela va-t-il finir ?
Bon, restons zen. On a vu pire en 1789, en 1815, en 1848, en 1870, ou en 1940...