Après l'arrêt de Pocket annoncé par Mozilla, c'est au tour du vénérable Netvibes de tirer sa révérence. Celles et ceux qui suivent mon blog depuis longtemps se souviennent peut-être que j'en ai parlé quelques fois ici-même. Il a été mon agrégateur de flux RSS à la fin des années 2000, avant que je prenne le large en faveur du logiciel libre Leed que j'utilise toujours, et maintiens tant bien que mal. J'aimais tellement Netvibes que j'ai créé un thème pour Leed en m'inspirant de son design de l'époque : LeedVibes. Vous noterez au passage que je suis tellement mauvais pour communiquer sur mes projets que c'est la première référence à cet outil alors qu'il est disponible depuis plus de 10 ans…
Pour en revenir au sujet de ce billet, les outils que nous ne maîtrisons pas peuvent disparaître du jour au lendemain, changer complètement de cible d'utilisateurs ou encore augmenter drastiquement ses tarifs. Dans le meilleur des cas, une API est disponible, permettant à un service concurrent d'importer le contenu pour ne perdre le moins de données possible. Utiliser le service d'un géant de la tech' n'atteste en rien de la pérennité du produit.
Je suis un bidouilleur, j'aime expérimenter, comprendre comment fonctionnent les choses et pouvoir compter sur les outils que j'utilise au quotidien. J'en auto-héberge la majeure partie. Une raison de ce choix ? Éviter de me retrouver dans cette position inconfortable de voir un service disparaître du jour au lendemain avec mes données à l'intérieur. Le côté obscur de cette posture, c'est la maintenance que cela implique.
Mes recommandations en la matière ?
- Utilisez des briques logicielles les plus simples possibles, dans des technologies que vous connaissez un minimum
- Privilégiez les applications qui sont maintenues
- Automatisez au maximum les mises à jour (via des scripts que vous lancez avec le minimum de paramètres possibles)
- Réduisez le nombre d'outils pour ne garder que l'essentiel
- Faites des sauvegardes, faites des sauvegardes, faites des sauvegardes !
Je vous entends déjà dire : « c'est bien beau ce que tu nous dis, mais je ne suis pas du tout technique, mois. »
Une alternative dont j'entends beaucoup parler en bien mais que je n'ai jamais testée de façon approfondie, c'est Yunohost. Ce système tout intégré à installer sur une variété importante de support va gérer les parties techniques à votre place. Vous choisissez les briques que vous souhaitez installer et il s'occupe du reste. Ça semble trop beau pour être vrai mais sa super communauté qui œuvre dans l'ombre depuis de nombreuses années a l'air de tout faire pour que ce soit ce postulat soit vrai.
Ça semble trop compliqué pour vous ? Essayez, demandez de l'aide. C'est un investissement qui ne sera pas perdu dans tous les cas. Ne partez pas bille en tête avec l'idée de réussir du premier coup, ou de tout auto-héberger. C'est un processus qui doit se faire naturellement, étape par étape. Depuis trop longtemps, certaines entreprises essaient de nous faire croire que tout doit être simple. Sauf que la simplicité a un coût. Elle enferme dans une prison dorée dont il est difficile de se détacher, elle évite les expérimentations et annihile la curiosité.
À la base, je n'y connaissais rien non plus. C'est cette curiosité qui m'a poussée vers une maîtrise des outils et qui m'a rendu amoureux des logiciels libres. Dans les années 80, lancer la moindre application nécessitait l'exécution de commandes sans quoi l'ordinateur n'affichait qu'un curseur clignotant. Loin de moi l'idée de vous renvoyer à l'âge de pierre du numérique, je souhaite plutôt attiser votre curiosité pour la technologie.