Je n’avais plus fait de vidéos depuis un moment. Le manque de temps ou d’inspiration. La durée qui, sur les réseaux sociaux, est rédhibitoire. Mais voilà. L’an bascule et j’avais besoin de revenir à certains fondamentaux. Libre à vous d’y entrer. Bon 2026 à toutes et tous
Il y a inscrit dans l’impossibilité à s’offrir certaines heures plus de minutes que d’usage dans le tour de cadran une anomalie dans la rotation de la terre à prendre plus de bonheur quand bonheur il y a ce germe de mélancolie compagne avertie d’un âge presque vieux
Un âge de presque vieux juste avant l’ennui qui veillerait la faiblesse éventuelle du corps de l’esprit juste avant la mémoire et les jambes flageolantes
Ce temps que le désir visite encore où remontent comme effluves joies et saveurs pris sur le bout des lèvres estompes des ans que l’œil affamé d’un enfant un instant ressuscite
Mais voilà s’emballent les saisons chaque an plus brèves plus emmêlées et l’habitude des sentiments l’émotion s’absente présents si tôt offerts si tôt fanés tant nous enfournons la portée de nos mains tant la portée de nos mains s’allonge sans distinction nous laissant rassasiés
Et la musique d’une nuit étoilée si vite revenue bougies et gourmandises si vite traversée
On voudrait dans l’instant emmagasiner la chaleur d’une fête et les touches d’amour plus que de coutume pour les jours sans gloire pour les trop longues heures de peine
Par quel spasme prendre le récit qu’on racontera aux enfants quand s’échappe le sable entre les doigts ce qui est apparu ce qui va disparaître et les vaches qui mâchant lentement nous suivent du regard
Se rappelle t-il la haie un coin de bocage normand l’herbe couchée sous les sabots l’odeur surtout ne pas s’accrocher aux fils de fers barbelés quand le corps se glisse audacieux entre deux mains fermes qui écartent les mâchoires la route droite parsemée de terre collée la mare et le tas de fumier l’odeur toujours les bottes de foin trampoline et les haut-cris du papy Se rappelle t-il le bon lait sa crème onctueuse et le pot son traître couvercle qui rendait le chemin périlleux les bouses étales les poussins fuyards les lapins en sursis la ligne droite de la petite route encore qui s’enfuyait par la lunette arrière entre deux chiens braillards
On tord les raisons des colères entre deux barrières d’impuissance et on verse la larme sur les teintes du passé De l’impitoyable arithmétique du profit rien ne présage un futur qu’on regrette
Il se construit une iconographie oú il nous manquera un jour le sourire des lèvres et des yeux l’iris le trouble Appelle cela les strates du temps qui couvent les émotions la lame qu’on soigne aux antidouleurs au silicium à l’index
Ce soir je retourne au fondamental Viendras-tu t’asseoir longuement attraper de face la lueur vacillante et reprendre le récit là où les corps existaient encore
Lorsque les dialogues trompent les sous-titres et vice versa on hurle à raison à la trahison
Le vaudeville tourne au drame et plus personne ne rit
Même écrit gigantesque le script tombe de haut
Moteur
Travelling Elle longe le canal le Saint-Martin d’Amélie d’Arletty et d’Adèle s’en allant vers l’écluse et elle ne sait du contre-courant de l’Histoire le sens Il remonte de la flotte un nauséabond de glaise à moins que l’atmosphère ne soit définitivement empreinte d’une odeur de déliquescence focales salaces bobines de fauves longeant la rive libres et crus
Et l’autre vitupère un balai d’essuie-glace devant les yeux grande dame riquiqui bouche d’obscénités parjure Il en est ainsi des beaux discours des flonflons et des tubes passant et trépassant sur le pavé humide et gras
Alors elle baisserait les yeux comme si c’était elle la fautive comme si chaque pas devenait piège passent les mots noirs sur blanc
Coupez
Et les murs leurs bouches s’égosillant de lettres majuscules sonnent le tocsin
Francopolis est une revue numérique, véritable malle au trésor en matière de poésie. Chaque nouveau numéro propose de découvrir des auteur(e)s, des livres, des revues. C’est par l’intermédiaire de Béatrice Pailler, auteure active d’Hespérie (à lire dans les trois derniers numéros de la revue), que j’ai été mis en relation avec Dana Shishmamian que je remercie vivement pour son accueil. On trouvera surle site de Francopolis, un long article sur le sens humaniste donné à cette revue (voir ci-dessous). Hespérie est en plein développement, la revue est lue et partagée, le numéro de mars est déjà bien rempli. J’en suis heureux.
Entre les deux versants du jour s’atteler Imaginer une passerelle géante reliant l’ombre que caressent progressivement les rayons du levant le mystère des heures en devenir et le déclinant d’Est les neiges précoces se teintant dans la lumière qui s’absente jusqu’à l’absence elle-même
De l’accroche des rues des passages des visages aucune gymnastique ne lui vient plus à l’esprit un vent furet traverse sa tête un train sur coussins d’air juste le chuintement du vent et lui court après les mots mêmes des mots simples comme bonjour Serait-il devenu la colère des sons la colère des autres les autres une pelisse incrustée jusqu’aux os sans l’espoir d’une rémission pour s’envenimer ainsi pour chasser chaque détail de ce qui ne lui ressemble
Mais qui est-il au fond qu’un reflet de miroir une insignifiance qu’il chasse du menton et lui le regard fixé vers les cimes se dérobant parfois pour retrouver la course des veines sur ses mains pour questionner son si peu de chaleur
Et sur la passerelle chimère un jeu de lumières d’hiver entre les mailles du temps et tout un monde à parcourir et à aimer
Grand plaisir de trouver ma suite poétique « bienvenue » (titrée « la maison » dans le recueil en cours), en belle compagnie (un salut au passage à Susanne et Pierre), dans la dernière livraison de Poésie première. C’est un texte qui a subi de nombreuses modifications, reprises depuis sa première publication ici. Il a été écrit quand un nième réforme du droit d’asile rendait encore plus complexe l’accueil des migrants en France. Y trouver aussi l’entretien avec Hubert Haddad dont j’ai découvert la fantastique écriture récemment. Merci à l’équipe de Poésie Première pour leur accueil. Se rendre sur le site internet pour se procurer la revue. https://www.poesiepremiere.fr/se-procurer-la-revue/
Me rediras-tu encore une fois la prose du transsibérien la petite Jeanne de France à bien y réfléchir il me semble que c’est ici que tout a commencé
En d’autres temps on n’aurait osé le temps d’un poème s’assoir sur une vieille chaise blanche pliante à cheval sur la ligne pointillée de la départementale mais c’était jours décrétés de grande guerre jours de virus mortel qu’avait-il à craindre de plus des chauffards droite était la ligne qui menait au col au pire ils s’arrêteraient ou au mieux
Vingt cinq jours sans l’ombre d’un voisin vingt-cinq à compter ses pas à attendre à suivre la course du soleil
La solitude des vieux les rend dingues à petit feu dit-on et déjà les noms des sommets qui bordent son regard s’embrumaient sous le soleil d’avril rien du jour n’étayait sa pensée qui confuse s’éternisait dans le passé Cendrars c’est ici que tout à commencé le grand voyage en poésie et ses vers récités inlassablement
Au juste milieu de la chaussée il s’assoit
Pour couvert le recueil acheté jadis dans une bouquinerie autant pour la modeste ombre des pages au ciel ouvertes autant pour se rattraper aux branches quand l’espace entre deux mots vient à manquer Il récite
J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance J’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours*
Je remercie Flavio pour son partage et sa traduction en sa belle langue italienne. Stationnaire est une nouvelle série de textes en devenir. Je veux ici rendre hommage aux héros des temps modernes, à ceux qu’on croise et qu’on oublie, et qui nous sont pourtant nécessaires. Bonne lecture