le monde
se déplie
là
où nos corps
ne pèsent presque
plus
un voile
un passage d’air
le jour hésite
le silence
est bien plus lumineux
que tout
ce qui nous est acquis

Jean Michel André
le monde
se déplie
là
où nos corps
ne pèsent presque
plus
un voile
un passage d’air
le jour hésite
le silence
est bien plus lumineux
que tout
ce qui nous est acquis

Jean Michel André
le cœur
change de rive
il ne serre plus
s’éloigne
il écoute la rumeur
des herbes
le vent clair
l’oiseau qui crie
il sait
désormais
qu’un passage
existe

Bruno Fert
Où es-tu :
Qui ?
Sous la lampe, entourée de noir, je te dispose :
En deux dimensions
Du noir tombe
Sous les angles. comme une poussière :
Image sans épaisseur voix sans épaisseur
La terre
qui te frotte
Le monde
dont plus rien ne te sépare
Sous la lampe, dans la nuit, entoure de noir, contre la
porte.
Jacques Roubaud
Elsa et Johanna
le pas posé
sans témoin
la main laissée
ouverte
de quelque chose
qui ne promet rien
insiste
plus que le poing levé
ou des mots trop sûrs
ou un souffle
au milieu de la nuit

Kile Thomson
un trait d’écume
se forme
sous nos pieds
un geste
sans mémoire
qui revient –
dis-tu
sans que le rivage
ne se lasse

Constantine Manos
Et le ciel parfois,
Qui submerge
L’oiseau.
Milène Tournier
Grant Harder