… pour un superbe bâtiment de style Art Déco, construit et ouvert en 1931 par la famille Loudes, qui a connu son heure de gloire sous le nom d’Au Magasin Universel pendant une cinquantaine d’années, puis a été vendu pour finalement fermer ses portes au changement de siècle. C’était une sorte de Bon Marché ou de BHV, dans un endroit improbable du Ségala lotois au doux nom de Latronquière (à 12 km au sud de Sousceyrac, dont le restaurant cher à l’écrivain Pierre Benoit, Le déjeuner de Souceyrac, vient de perdre son étoile) et depuis 2014, une association voulait faire revivre le bâtiment. C’est enfin arrivé à l’automne 2022, l’actuel propriétaire ayant ouvert le Musée Gabriel après 6 longues années de travaux.
Dans ce domaine, il y a de tout, à boire et à manger, ainsi que de sacrés allumés, mais il faut bien de tout pour faire un monde et surtout pour plaire à un maximum d’amateurs divers et variés !
Mais le site du Prat d’Albis (Ariège), à 1500m d’altitude, étant très certainement moins couru que le Palais Idéal du facteur Joseph Ferdinand Cheval à Hauterives (Drôme), et hormis le fait qu’il ait choisi de s’exposer (contrairement à son illustre prédécesseur) sur un terrain qui ne lui appartenait pas, je ne comprends pas que l’administration ait juste, une nouvelle fois, choisi d’ignorer l’artiste plutôt prolifique (courrier dans son FB) qui ne dérangeait certainement pas grand monde (un de mes frères randonne régulièrement dans ce coin, il ignorait et son existence et celle de ses sculptures)…
Claudius de Cap Blanc : De l’Affabulisme au Vulvolithique
… alors qu’il aurait été assez simple de proposer au chantre de la métahistoire une alternative où il aurait pu donner libre cours à son exaltation sans en arriver à cette fin violente (j’ignore quand a été réalisée la vidéo ci-dessus où il prononce une phrase qui pourrait être prémonitoire). Parce que, n’en déplaise à quelques jaloux et autres pisse-vinaigres, il se pourrait bien que l’on regrette, un jour, son apparente folie et que sa cote monte, telle celle de l’œuvre de l’ermite local lotois, Jean-Marie Massou qui entre au musée deux ans après sa mort.
L’horloge en fonctionnement, que j’ai cherchée en son temps et dont je ne me souviens plus si elle était ou non en arrêt, ni si l’heure était exacte (je n’ai pas de montre et regarde les clochers) quand je l’ai vue…
Présentation de l’horloge monumentale à billes – Cahors (46) –
C’est une très bonne chose qu’une association reprenne le flambeau, personne n’est éternel et rien ne vaut la transmission directe d’un savoir ! 😉
Voici le dernier épisode de la Longue Marche de Lucien Bénière, avec mes dernières photographies de l’exposition consacrée à ce sculpteur talentueux, qui s’était tenue durant l’été 2001 (la date de la dédicace sur mon livre est du 28 octobre) dans les Jardins du Palais du Luxembourg à Paris…
Il est trop tard pour exprimer d’éventuels regrets, comme celui de ne pas m’être un peu plus appliquée ou de ne pas avoir photographié les quelques Volumes exposés entre les deux œuvres majeures, mais j’avais à l’époque une vie trépidante, avec entre 2 et 3h de transports quotidiens, mon employeur du moment avait pris sa retraite et m’avait vendue comme un meuble à son successeur (la transition s’était avérée difficile), ce qui fait qu’à l’heure où j’aurais pu faire de jolis clichés à ma guise (et pas comme une voleuse), j’étais quelque part dans un wagon sous terre et dans la direction opposée…
Pourquoi Les Carrés ? Mon local d’exposition est situé au 144 Boulevard Théophile Sueur. Ce chiffre curieux, un peu mythique, est une ancienne unité de mesure, une grosse, correspondant à douze douzaines. Ceci m’incita à imaginer 200 panneaux carrés de 0m72 sur 0m72 pour arriver à 144 mètres, si on les mettait bout à bout.En fait, je me suis arrêté, peut-être provisoirement, à 256.
Il va sans dire qu’en 2001, les 256 carrés n’étaient pas encore tous assemblés, que dans le livre j’ai vu un numéro 152. Il n’y aura donc que ceux qui étaient réalisés en 2000 et peut-être exposés l’été suivant, mais pas forcément dans le même ordre. Seuls les visiteurs de son atelier auront eu la chance de voir les dernières créations (le diaporama mentionné n’est plus accessible parce que personne parmi ses héritiers ne s’occupe de la mise à jour du site créé en 2010, et que depuis, l’utilitaire pour le lire n’existe plus). Il m’a aussi été impossible de trouver le documentaire Lucien par Pier Emanuel Petit mentionné sur le site.
Peu de sites honorent sa mémoire, j’ai trouvé un avis de décès, quelques photos dans les Cahiers de Joséphine, un article de l’ArtAvous et un autre chez Festivart ainsi qu’un avis périmé de portes ouvertes sur un forum d’amateurs du travail du bois… c’est regrettable !
J’ai eu, hier, la surprise d’un commentaire d’un lecteur autrichien qui nous donnait le lien vers le site chargé de la vente de l’armoire appelée ensemble psychiatrique, visible => ici, dans les commentaires (dont on se dispensera de divulguer le prix demandé par la famille de Mr Bénière, je l’avais déjà vu en juin dernier, et même, en un peu moins onéreuse, sur un autre site), mais surtout il nous donne le lien vers les archives où est stocké le documentaire Lucien de Pier Emmanuel Petit ! Ce n’est pas YT, mais si on est un peu patient, il est parfaitement visible. 😉
Dernier volet de cette fresque boisée titanesque (75m de long, 1m40 de haut, 113 panneaux jointifs, 8000 heures de travail), signée Lucien Bénière, plus grande (de quelques cinq mètres) que la tapisserie de la Reine Mathilde à Bayeux…
Le sculpteur ne nous a, bien sûr, pas raconté la conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant en l’an de grâce 1066, mais a contribué à nous faire savoir que la forêt nous fournit, en plus du bois et des champignons, ses biens les plus précieux qui sont la beauté, le calme et parfois le silence ! 😉
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Le sculpteur disait d’elle (en citant Françoise Seince) sur son site malheureusement plus mis à jour : La Grande Murale enchaîne multitude de paysages colorés et mouvants ; plissements de terre, architectures de pierres, damiers de champs, rondeurs de vieux volcans et cratères lunaires, drapeaux multicolores et bouches rieuses, sans oublier les fleurs du printemps (F. Seince) et déclarait : Fin 1989, j’avais terminé et présentais « Hauterives », ville imaginaire composée de 650 pièces de trois centimètres à trois mètres. À cette époque, je me trouvais en état de manque. En novembre 1990, Florence Arthaud gagnait la Course du Rhum, d’où l’idée d’un « exploit » : faire plus grand que la Tapisserie de Bayeux.
Pour revoir la Grande Murale (pas tout à fait en son entier, elle est entièrement reproduite, et de bien meilleure façon, dans le livre Le chant du bois, et avec les pièces qui n’ont pas été exposées), le début en est dans les liens rouges ci-dessous, à suivre le dernier volet des carrés qui forment la Longue Marche… 😉
Avant-dernier volet consacré aux paysages colorés et (é)mouvants de la Longue Marche, sculptures sur bois divers de Lucien Bénière…
Elle fut exposée en 2001, avec la Grande Murale, dans les jardins du Sénat à Paris (Palais du Luxembourg), que vous pouvez retrouver à partir d’ici (cliquer sur les liens rouges) :