Besançon – Besac Antifa Fest – du 3 au 7 juin

A l’initiative du Comité Pour Clément – Besançon, du 3 au 7 juin à Besac c’est le BESAC ANTIFA FEST !

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Besançon – Pour une mobilisation antifasciste et populaire

Comme chaque année, le collectif antifasciste La Nuée invite les organisations, syndicats et partis à participer à une mobilisation prévue le samedi 8 juin 2024.

En effet nous commémorerons la disparition de notre camarade Clément Méric, militant notamment à Solidaires Étudiant-e-s, Act Up et l’AFAPB, tué par des néonazis le 5 juin 2013 à Paris.

À cette occasion nous entendons rappeler que cette ville et ses habitant-e-s se dresseront toujours fièrement face à l’extrême-droite et contre toutes formes de discriminations, quand bien même nombre d’agressions politiques, racistes et LGBT+phobes, parfaitement documentées, restent encore aujourd’hui largement couvertes par les autorités.

Nous souhaitons en outre apporter un soutien indéfectible aux antiracistes inquiété-e-s à Besançon et ailleurs pour s’être élevé-e-s en ce sens, sans omettre d’exprimer une totale fraternité/sororité internationaliste aux opprimé-e-s particulièrement palestinien-ne-s, kanak-e-s et kurdes. Pour toutes ces raisons, faisons entendre massivement nos voix !

Rendez vous samedi 8 juin 2024 17h00 place du Huit-Septembre 1944

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Après les émeutes racistes de Romans-sur-Isère, trois néonazis bisontins condamnés en appel

Lu sur Le Ch’ni, Le Ch’ni est un média crée en 2024 et implanté à Besançon, agissant comme un organe de presse ayant pour principe la promotion et la défense d’une information de qualité, accessible au plus grand nombre, pluraliste et indépendante.

Par Toufik de Planoise

La cour d’appel de Grenoble vient de statuer quant au sort de trois militants néonazis originaires de Besançon, lesquels avaient participé à des émeutes racistes le 25 novembre dernier à Romans-sur-Isère. Initialement jugés en comparution immédiate, ils avaient écopé de huit à dix mois de détention avec mandat de dépôt. Directement envoyé en prison, le trio avait obtenu une libération après seulement un mois et demi de cabane. Si les ultranationalistes ont vu leur culpabilité confirmée, la peine fut toutefois réduite à six mois de prison ferme aménageable. Autrement dit, ils finiront de purger cette sentence par des mesures alternatives type port d’un bracelet électronique.

À la base, les compères n’avaient pas hésité à traverser la France afin de récupérer la mort d’un jeune homme… Et faire prospérer leurs idéologies, à coup de barres en fer. Au final les affrontements escomptés avaient tourné à la débandade généralisée, habitant-e-s des quartiers visés et forces de l’ordre dépêchées infligeant une sévère rouste aux révolutionnaires d’un jour. Ce qui n’a pas empêché les velléités, les comtois ayant été confondus pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences », « dégradations » ou encore « violences sur dépositaire de l’autorité publique. » Concrètement pour l’un d’eux, il lui a par exemple été reproché d’avoir attaqué des policiers avec mortiers d’artifice.

L’épilogue d’un marathon judiciaire, avec pour toile de fond commun les tendances les plus radicales et la périphérie de la capitale comtoise : Romain J., militaire fêtant ses vingt-deux ans, est issu d’une famille engagée au RN et proche de figures comme Sébastien F. dit Sanglier ; Ilann F., ayant grandit en Auvergne, du même âge, demandeur d’emploi, était jusqu’alors surtout connu pour sa passion du roller derby l’ayant mené en sélection nationale junior ; enfin Vital V., aujourd’hui vingt-cinq ans, étudiant en philosophie à la Sorbonne, était le seul à avoir des antécédents connus, en l’occurrence pour des VSS commises en 2020 contre sa compagne de l’époque. Lors des perquisitions, armes blanches, tracts partisans et autres Mein Kampf ont été relevés.

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Exemple de l’arsenal retrouvé sur des protagonistes, lors des émeutes racistes de Romans-sur-Isère le 25 novembre 2023 – crédit Médiapart.

Mais aucun n’avait été jusqu’alors mis en cause dans le cadre d’exactions aux relents politiques, malgré des faits parfois largement documentés. Ainsi Vital V. était précisément accusé d’être partie prenante d’une agression, le 22 août 2022 devant le TGI de Besançon ; quant à Ilann F. et Romain J. ils furent formellement identifiés comme les deux auteurs d’un tabassage LGBTphobe, dans la nuit du 4 au 5 août 2023 toujours dans cette ville. Ces affaires pourtant graves, leur adhésion à une frange totalitaire revendiquée, ou leur évolution notoire auprès du groupuscule « Vandal Besak », n’intéresseront pas le parquet, régulièrement taxé d’adopter un « laxisme » singulier et déconcertant avec les identitaires de tous poils.

C’est donc sans surprise que les plus connaisseurs retrouvaient leurs « clients », observant cette énième implication comme la suite logique d’une forme d’impunité. « En réalité leur connerie, c’est surtout d’avoir quitté le département du Doubs et sa juridiction. Dès lors que ce n’étaient plus les magistrats maison qui géraient leur cas, ils risquaient vraiment d’avoir des problèmes ; vu le contexte, ça n’a pas manqué ! » tranche une source. Mais le milieu n’a pas abandonné ses martyrs, à l’instar de Florent G. ayant immédiatement ouvert et diffusé une cagnotte de soutien. Loin d’avoir rompu avec leurs pairs, certains revendiquent toujours cette proximité ; comme Ilann F., ayant affiché ses appartenances pas plus tard que le 9 mai dernier.

Paris – Une délégation comtoise identifiée dans un défilé néonazi, ce week-end à Paris

Lu sur Le Ch’ni, Le Ch’ni est un média crée en 2024 et implanté à Besançon, agissant comme un organe de presse ayant pour principe la promotion et la défense d’une information de qualité, accessible au plus grand nombre, pluraliste et indépendante.

Depuis désormais trois décennies, l’extrême-droite radicale se rassemble chaque début mai à Paris. Une date initiée à partir de 1994 pour commémorer le décès d’un militant, ayant chuté d’un immeuble en tentant de fuir la police durant la dispersion d’une manifestation « anti-impérialiste » à laquelle il participait. Mais les polémiques et interdictions répétées restent à ce jour totalement vaines, alors même que parallèlement nombre de mobilisations en soutien à la Palestine sont encore réprimées. Ultranationalistes, néofascistes et néonazis de toute la France ont donc pris l’habitude de parader à cette occasion… Y compris samedi dernier, pour les trente ans du mouvement.

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Marche du C9M, le 9 mai 2010 à Paris – Pierre-Marie Le Diberder/GFDL 1.3.

Sans surprise malgré la rareté des documents exploitables, plusieurs têtes sont apparues familières auprès des plus informé-e-s. Il n’était certes parfois pas difficile de retracer le parcours des intéressés, presque tous étant vêtus d’un sweat « Defend Vesontio » affublé d’un fusil kalachnikov, reprenant au dos la maxime « Comtois rends-toi, nenni ma foi » et arborant le blason impérial de la cité …

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Un apparat complété par divers artifices destinés à se dissimuler le visage malgré la loi en la matière, aspirant aussi à faire rayonner la région dans ce qui constitue une « internationale réactionnaire » ; avec comme bestseller du jour, un cache-cou « hooligan » à nouveau nimbé des armoiries de la ville.

Derrière la plupart des masques, le casting ne pouvait être plus attendu. On retrouve ainsi, par exemple, Florent G., intérimaire demeurant aux Cras, mobilisé au sein du service d’ordre, exhibant, outre les emblèmes décrits ci-avant, un brassard « sécurité » clairement visible. Une prise de responsabilité significative et ostensible, marquant sa proximité et son rôle au sein d’une organisation qu’il fréquente assidument depuis bien longtemps. À domicile le bientôt trentenaire multiplie les faits d’arme, ayant été un habitué du feu « le Bunker » désormais volontiers tourné vers les agressions à l’encontre de féministes comme le 31 janvier 2021 à Dijon ou le 19 novembre 2022 à Besançon.

Les autres forment de discrets seconds couteaux, bien que eux aussi mis en cause dans des exactions graves et récurrentes. C’est le cas d’Alexis L., fan de « National-Socialist Black-Metal » originaire du Haut-Jura et déjà repéré en marges de violences en juillet 2021. L’exercice se transforme ensuite davantage en supputation, bien que des sources confortent que le 9 mai dernier déjà un petit groupe habillé des exactes mêmes couleurs avait passé une partie de la soirée dans le centre-ville de Besançon… incluant Tristan D., Paul R. et surtout Ilann F., le troisième étant passé par la case prison pour son implication dans les émeutes racistes de Romans-sur-Isère et toujours accusé d’un tabassage LGBTphobe l’été dernier.

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Collage (éphémère) pour le C9M, le 4 mai 2024 à Besançon-Châteaufarine – TdP.

Au total c’est une demi-douzaine de protagonistes qui ont été signalés, démontrant un ancrage national mais aussi des velléités locales. La sauterie francilienne avait en effet été précédée d’une communication dans le secteur, vite relayée sur les réseaux sociaux avant que les visuels ne disparaissent. Ainsi dans la nuit du 3 au 4 mai, plusieurs affiches ont été dressées aux abords des principales entrées routières à l’image de celles de Beure et Châteaufarine. Un collage furtif perpétré dans la même phase que les graffitis explicites ayant visé nos confrères et consœurs de radio BIP/média 25, coïncidence troublante dont il appartiendra à l’enquête de déterminer les éventuels liens.

Besançon – La façade de Radio-Bip, une nouvelle fois ciblée par les néo-nazis locaux.

Instrumentalisant le meurtre de Matisse à Châteauroux le 27 avril, et dès le soir du drame, via les réseaux sociaux, des personnalités politiques d’extrême droite ont profité de l’émotion suscitée pour critiquer la politique migratoire de la France. Et même si la famille de Matisse a immédiatement dénoncé cette instrumentalisation de la mort de leur enfant à des fins politiques, tout comme pour le meurtre de Lola à paris en 2022 (affaire Lola) et de Thomas à Crépol l’année passée (affaire Thomas Perotto) de nombreux militants identitaires se sont empressés dans les jours qui suivirent de coller massivement des affiches dénonçant des « francocides » commis par des « barbares » immigrés.

A Besançon ce sont les militantes pseudo-féministes du collectif Némésis qui effectueront les collages xénophobes.

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> à gauche collage « pour Thomas » réalisé en novembre 2023
> à droite le collage « pour Matisse » début mai 2024

Mais à l’instar d’autres groupuscules néo-nazis sévissant dans l’Héxagone et publiant leurs actions via les pages télégram telles celle de ouestcasual, nos néo-nazis locaux se sont une nouvelle fois attaqués, dans la nuit du 3 au 4 mai, à la façade de Radio-Bip.

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Menace sur la façade d’une association qui s’occupe de migrant-e-s LGBT à Montpellier – voir France 3 Occitanie
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Menace sur la façade d’un local d’aides aux migrant-e-s à Nantes

Croix celtique, insulte contre les antifas (FuCK AntiFascist-Action ) et « justice pour Matisse » (comprenez : tous les étrangers dehors !)…

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(photo – Le Ch’ni )

Mais étaient-ils également conscients que le 3 mai est une date symbolique, puisqu’il s’agit de la journée de la liberté de la presse?

Ce n’est pas la première fois que radio Bip est la cible de l’extrême droite locale tant la radio alternative bisontine suit au plus près l’ensemble des mouvements sociaux, en filmant les manifestations (Gilets Jaunes, grèves étudiantes, manifestations contre la reforme des retraites, etc) mais aussi en donnant la parole à tou-te-s celleux portant un discours progressistes (aux représentant-e-s syndicaux, aux minorités, aux réfugiés, etc).

Nous apportons notre soutien à la rédaction de Radio-Bip et à tou-te-s celleux qui y collaborent, mais nous savons que cela ne sera certainement pas la dernière fois que ce type de menaces arrivera. Tout d’abord parce que les journalistes militant-e-s de Radio-Bip ne sont pas du genre à se laisser impressionner par de telles provocations et à baisser les bras, et malheureusement parce que les dégradations et les menaces venant de groupuscules fascistes ont vu leur nombre augmenter à Besançon ces dernières années, sans que personne n’en soit inquiété (voir article CAB)… et aussi parce que pitoyablement, les médias locaux mainstream tel que l’Est Républicain, n’ont pas jugé bon de publier que ce type de menaces envers leurs confrères et consœurs de la presse alternative peut encore arrivé régulièrement, fut-ce le 3 mai Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.

Dans un communiqué, Radio-Bip déclare avoir porté plainte (voir le communiqué et l’article)

Pour soutenir Radio-Bip : https://radiobip.fr/site/soutenez-radio-bip-media-25/

International – A propos de l’offensive du Hamas

Suite aux événements qui ont débuté le matin du samedi 7 octobre, le CAB, en tant que Cellule Antifasciste – et libertaire- Besançon tient à se positionner sur l’offensive que mène depuis Gaza le Hamas sur le sol de l’état israélien.

La bande de Gaza est sous blocus depuis 15 ans, les gazaouis subissent de la part de l’état israélien une situation humanitaire dramatique ponctuée de représailles souvent sanglantes sur les militants palestiniens, leurs familles et leurs proches. Mais à ces drames, il faut ajouter la brutalité du pouvoir qu’exerce également le Hamas sur ce petit bout de territoire palestinien. Les forces et les milices du Hamas sont impliquées dans plusieurs enlèvements, homicides, tortures et menaces de mort contre ceux et celles qu’ils accusent de « collaborer avec Israël », c’est à dire contre tou-te-s les opposant-e-s politiques et journalistes osant critiquer le Hamas et/ou qui souhaitent faire avancer la Palestine vers plus de démocratie.

Le Hamas est non seulement un groupe terroriste qui vise principalement des civils habitant Israël (qu’ils soient juifs ou musulmans , hébreux ou arabes) mais nous le considérons comme un groupe fasciste.

En éliminant tous les groupes d’oppositions, le Hamas a pris le monopole des modes de résistance pour faire face à la brutalité de la politique sécuritaire menée par Israël. Même si nous comprenons et soutenons la volonté de résistance du peuple palestinien, nous nous opposons en tant qu’antifascistes à toutes les actions du Hamas, et ne lui accordons aucune légitimité dans la lutte du peuple palestinien pour son autonomie.

Israël, seul état « démocratique » de la région, a malheureusement élu récemment un gouvernement d’extrême-droite à sa tête mené par Benyamin Netanyahou. Mais avant cela, rien ne l’a jamais empêchè durant plusieurs décennies de mener une politique ségrégationniste vis à vis de la population arabe et musulmane, ainsi que de continuer mettre en place de nouvelles colonies illégales en Palestine Cis-Jordanienne occupée, d’ordonner à son armée de bombarder des civils, de tirer à balles réelles sur des gamins armés de pierres, de kidnapper des militants palestiniens pseudo-terroristes (qui ne seront jamais jugés), de raser des maisons, d’expulser des familles, etc. Il s’agit d’un véritable terrorisme d’état contre lequel la résistance menée par la population palestinienne est totalement légitime.

Avec le Hamas et l’actuel gouvernement israélien, nous sommes en présence de deux entités fascistes farouchement hostiles l’une envers l’autre qui alimentent une escalade sans fin du sentiment nationaliste, du racisme, et du fanatisme religieux de part et d’autre d’un mur.

L’ampleur impressionnante et sanglante de l’offensive du Hamas aura comme conséquence une riposte tout aussi sanglante et impressionnante de Tsahal (et le Hamas le sait très bien). Des deux côtés, on dénombrera des centaines et peut être des milliers de victimes innocentes qui seront élevées aux rangs de martyrs par les fanatiques et renforçant les ressentiments fascisants des deux camps.

Le CAB n’apporte son soutien ni aux nationalistes islamistes du Hamas, ni aux nationalistes et militaristes israéliens. En tant qu’antifascistes, nous seront du côté des palestiniens et des israéliens qui continueront à espérer et à œuvrer pour un règlement pacifique et démocratique du conflit malgré les répressions constantes, les haines et les nationalismes qu’ils et elles subissent.

Franche-Comté – Panorama de l’extrême droite franc-comtoise

Ce travail a été effectué par la Nuée Antifa de Besançon, après des mois de récupération d’information et pour essayer de donner un panorama de la présence de l’extrême droite autour de Besançon et dans la Franche Comté.

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Du fait de l’instabilité des groupes cités ce panorama est susceptible d’être modifié régulièrement mais donne une photographie à un instant T de la situation régionale. Ce format permet peu de développement sur chacun des groupes observés mais de nombreux média engagés et indépendant, locaux et nationaux ont fait bon nombre d’articles (et continueront d’en faire) sur les groupes cités. Il suffira de copier/coller les noms dans n’importe qu’elle barre de recherche pour en apprendre plus.

LES ACTIVISTES

Dans Besançon et ses alentours, plusieurs groupes réunissant la fachosphère locale perdurent, se créent et se défont. Bien qu’il y ai des initiatives plus rurales c’est souvent autour de la capitale comtoise qu’ils se réunissent et parfois passent à l’action. Du fait de conflits en interne mais aussi à cause de la jeunesse de leurs membres, ces groupes sont souvent instables et peuvent disparaître du jour au lendemain.
Dans les rassemblements organisés, qui sont souvent du fait des Vandals Besak, d’autres groupes nationaux sont déjà venus , 4 en particulier en 2023.

Les Vandals Besak (VDL BSK)
Les Vandals Besak, groupe actif par des entraînements, actions et agressions dans et autour de Besançon. À l’initiative de plusieurs rassemblements régionaux et nationaux.
Compte une quinzaine de membres.

Nova Europa (Doubs, Jura, Haute Saône, Territoire de Belfort)
Nova Europa, groupe nationaliste présent sur telegram qui cherche à exister en région. L’objectif est de proposer des entraînements sportifs et des combats et de mener des actions locales. Dans le Doubs, il semble regrouper une vingtaine de personnes.

Active Club Franche Comté
Active Club, semblable en tout points à Nova Europa, le groupe est plus ancien mais moins actif en Franche Comté. Les membres semblent être plus présents dans le Territoire de Belfort et dans le Jura. Semblait comporter une dizaine d’adeptes.

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Le CAB devient la « Cellule Antifasciste Besançon »

Depuis sa création en 2012, le Collectif Antifasciste de Besançon a regroupé des militant-e-s bisontin-e-s représentant divers collectifs, syndicats et groupes politiques de gauche : AMEB (Solidaire Etudiant-e-s), Solidaires, FSU, Nouveau Parti Anticapitaliste, Ensemble!, Fédération Anarchiste, mais aussi des militant-e-s associatifs, des libertaires ou des syndicalistes ne représentant qu’elleux-même.

Ensemble, le Collectif a organisé des débats, des conférences, des manifestations et des formations (avec l’aide de VISA). Mais depuis 2017, nous avons constaté un ralentissement de nos activités… plusieurs facteurs à cela :

  • Suite au blocage du conseil d’administration au siège de l’Université de Franche-Comté à Besançon par 19 étudiant-e-s (Saint Valentin 2017) , celleux-ci subiront de nombreuses pressions judiciaires qui conduiront à la fin de l’AMEB. Or c’est avec l’AMEB que le CAB a organisé de nombreuses conférences (utilisation des amphithéâtres de la fac). Sans l’AMEB et ses militant-e-s nous avons perdus une bonne partie des forces vives du collectif.
  • Ajoutons que les militant-e-s du CAB comme toustes les militant-e-s vieillissent, déménagent, fondent des familles, etc. Et nous n’avons pas su renouveler les effectifs et à fortiori petit à petit le Collectif n’a regroupé qu’une petite poignée d’individus.

Mais ne nous trompons pas, cette « perte d’enthousiasme » pour le militantisme antifascisme a été également due à des réalités externes au collectif :

  • L’élection de Macron en 2017 à la présidence de la république et les réformes qu’il a mis en place ont accaparé tout notre engagement militant, syndicale, associatif et anticapitaliste … et c’est bien normal.
  • De plus entre 2017 à 2021 (entrée en lice de Zemmour pour la présidentielle 2022), il ne s’est pas passé grand-chose au niveau de l’extrême droite locale. Les néo-nazis locaux se sont montrés discrets, sauf occasionnellement au tout début du mouvement des Gilets Jaunes et lors des manifestations contre le Pass-Sanitaire. Les identitaires n’ont pas pris racine. Et au Rassemblement National, même si le parti a gagné des électeurs, les dissensions internes ont conduit à une diminution impressionnante des effectifs militants.

Donc localement, il n’y avait pour beaucoup aucune urgence à faire de l’antifascisme militant de façon régulière. La synergie ne prenait plus… Et cela même si début 2020, ce qui restait des militant-e-s du CAB alertait déjà sur un réveil de l’extrême droite radicale à Besançon.

Depuis 2021, les tentatives de relancer le CAB en tant que collectif n’ont eu que peu d’écho en interne et aux seins de nos structures traditionnelles (syndicats, partis politiques). Il y aura fallu deux ans d’hibernation (avec de temps en temps un réveil pour poster un article sur le blog) et l’apparition d’autres structures locales de luttes antifascistes (Nuée Antifa, Collectif Anti-NSBM, CVA…) pour admettre l’évidence : Le CAB en tant que collectif est fini.

A partir de ce constat, un tout petit nombre restant souhaitent néanmoins continuer le combat et alimenter le blog avec de l’information et des coups de gueule, mais dans un fonctionnement plus affinitaire et libertaire. Le CAB perdurera non plus en tant que Collectif mais en tant que Cellule. On ne sait pas si ça va durer et quelles seront les modes d’actions que l’on pourra développer. On continuera d’avoir comme objectifs de faire connaître, d’analyser et de combattre les organisations qualifiées « d’extrême droite ». On accueillera toutes les personnes de bonnes volontés qui souhaiteront militer avec nous sur des bases horizontales, pour un antifascisme populaire, autonome et révolutionnaire.

le CAB est mort, Vive le CAB !

La Cellule Antifasciste Besançon*

* On continuera à dire « Le » CAB par habitude et aussi pour qu’il n’y ai pas d’ambiguïté avec La Cantine Autogérée Bisontine.

Besançon – Hommage à Clément Méric

Place du 8 Septembre, lundi 5 juin à 19h, ce sont environ trois-cents personnes qui se sont rassemblées à l’appel du collectif antifasciste La Nuée (FB La Nuée) pour rendre hommage à Clément Méric. Il y a dix ans en plein Paris, Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, était tué par des militants du groupuscule d’extrême droite Troisième Voie.

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Appel à rassemblement transmis par La Nuée

Après une journée de débats, de conférences et d’ateliers organisés à la faculté de Lettre (toujours en lutte contre la réforme des retraites) rue Mégevand, les participant-e-s au rassemblement sont partis pour une manifestation spontanée parcourir le centre-ville de Besac aux cris de « On n’oublie pas! On ne pardonne pas ! » et « Besac ! Besac antifa !« 

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Crédit photo – Toufik de Planoise

Ce fut l’occasion de perpétuer la mémoire de Clément et de rappeler la nécessité hélas toujours actuelle de lutter contre l’extrême-droite et ses idées.

Car depuis 10 ans que c’est il passé ? Malheureusement les violences fascistes ont continué à tuer : Pavlos Fyssas abattu par des militants de Aube Dorée en Grèce en 2013; Federico Martin Aramburu abattu par des militants d’extrême-droite en plein Paris en mars 2022; puis Evin Goyî, Mîr Perwer et Abdulrahman Kizil militant-e-s kurdes abattu-e-s devant un centre culturel kurde à Paris en décembre 2022. La liste des agressions physiques est encore plus longue. Car malgré les décrets de dissolution de groupes d’extrême-droite tel que les JNR, Troisième Voie, ou le Blood & Honour Hexagone puis les Identitaires et le Bastion Social, les militants néo-nazis se sont depuis re-organisés dans une nébuleuse de groupuscules qui n’ont que la violence pour moyen d’expression : ce sont les Zouaves et le GUD à Paris, les Infréquentables à Dijon, etc. Et localement, on retrouve le groupuscule comtois : les Vandal Besak.

Ces groupuscules sont dans une recherche de conquête physique de territoire. Ils défilent dans les rue comme à Paris le 6 mai et à Annecy le 16 mai. Mais ils aiment aussi à user d’intimidations, de violences, de menaces et de provocations publiques comme à Besançon le soir du 19 mai.

Or, il n’y a pas que « dans la rue » que la menace fasciste existe. L’extrême-droite « institutionnelle » (le RN) a obtenu lors des dernières législatives 80 sièges à l’assemblée nationale. Le RN devient aux yeux du gouvernement, un parti comme un autre avec qui il va falloir composer pour faire passer de nouvelles lois néo-libérales. Les violences d’extrême-droite sont éludées de tout débat. Les collectifs et les organisations écologistes ou progressistes sont taxées par le gouvernement ainsi que par certains médias de terroristes et certaines sont menacées de dissolution. Et pour reprendre le texte d’appel de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue concernant le week-end de commémoration de l’assassinat de Clément Méric:

L’antifascisme dans lequel Clément Méric s’inscrivait ne se réduit pas au seul combat contre les organisations d’extrême droite, il trouve sa place dans la remise en cause d’un système qui permet l’émergence et le développement des nouveaux visages du fascisme et précarise des pans de plus en plus importants de la population. Ce n’est donc pas un hasard si dorénavant le mouvement antifasciste révolutionnaire en France est la cible d’une criminalisation médiatique, politique et judiciaire, l’une des figures du nouvel ennemi intérieur.

10 ans après son assassinat

Le meilleur hommage, c’est de continuer le combat !

Et ce sur tous les fronts !

Besançon – En marge du mouvement contre la réforme des retraites, N-ièmes provocations et agressions fascistes.

Jeudi 16 mars

Suite au passage en force du Gouvernement usant du 49.3 pour imposer la réforme des retraites, les opposant.e.s commencent à se réunir devant la Préfecture du Doubs.

A peu près au même moment, à quelques centaines de mètres rue Mégevand, se déroulait à la Fac de Lettres et de Sciences Humaines une Assemblée Générale étudiante. Bloquée depuis le 7 mars, la fac’ de Lettres est devenue l’épicentre du mouvement contre la réforme des retraites, et a permis l’émergence d’un milieu alternatif étudiant, jeune et radical.

Alors que l’ AG est en cours, à 17h00, un petit groupe de militants nationalistes désormais connu son le nom de « Ratons Nationalistes » (anciens de la Cocarde et de Génération Z) débarque devant la fac de lettres. Visant un groupe d’étudiant-e-s et d’enseignant-e-s grévistes collant des affiches, ils provoquent, insultent et menacent. Mais sentant que l’accès principal leur est impossible, ils tentent alors de pénétrer dans l’établissement par une entrée annexe (ils connaissent le site puisque certains y sont ou y ont été étudiants, tel Théo Giacone.). Il est évident qu’ils veulent, à l’instar du GUD ou autres mouvements nationalistes étudiants, casser du gauchiste et stopper de manière violente le blocus de la fac. Mais ils sont stoppés net par des enseignant.e.s et membres du personnel. Et selon les dires de ces derniers, il s’en est fallu de peu pour que la situation ne dégénère en violences.

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Enseignants et personnel de la Fac confrontés à la tentative d’intrusion des Ratons Nationalistes. On reconnait à droite, casquette blanche : Théo Giacone, ancien leader local de la Cocarde Étudiante et condamné pour avoir repeint de blanc la statue de Victor Hugo

Vers 18h00, la mobilisation piétinant devant la préfecture part alors en cortège spontané (certains diront « sauvage ») pour rejoindre la fac et faire la jonction avec les étudiant.e.s qui sortent d’AG. Face à cette arrivée massive de manifestant-e-s, le groupuscule nationaliste s’esquive sans demander son reste.

Plus tard dans la soirée, ils profiteront que les étudiant-e-s aient déserté l’établissement universitaire pour y revenir afin de voler des pancartes et banderoles laissées sans surveillance. Ils pourront alors pavoiser sur les réseaux sociaux avec leurs prises de guerre acquises sans gloire, dans la fontaine de l’Utinam, place Jean Cornet.

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Extrait de la vidéo TikTok de @heisen.berg25 alias Florent S. Les Ratons ont agit de nuit alors que les rues et la fac étaient désertes.
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Propagande totalement bidon des Ratons sur leur compte Twitter.

Le lendemain, vendredi 17, rebelote.

Alors que les accès à la Préfecture ont été bouclés par de nombreux effectifs de police, c’est depuis le site Mégevand de la Fac’ de Lettres que doit démarrer une nouvelle manif « sauvage ».

Comme la veille, les Ratons Nationalistes sont venus se montrer en fin d’après-midi devant la fac, mais ce vendredi, ils sont plus nombreux que la veille (entre 12 et 15).

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Les Ratons nationalistes devant la fac de Lettres, rue Mégevand. En numéro 1 : Florent S. qui infiltrera la manif plus tard dans la soirée, et en numéro 2 Théo Giacone.

On soupçonne qu’ils ont peut-être reçus le renfort d’autres militants nationalistes de la région. Ces menaces n’empêchent aucunement les étudiant-e-s et autres opposants à la réforme des retraites de sortir de la fac et de débuter la manif. Après un parcours d’environ une heure dans les rues du centre-ville, un retour s’amorçait tranquillement vers la place Granvelle à proximité de la fac. Mais à quelques encablures, les nazillons s’activaient ; ils décident d’agresser Denis, un pompier et manifestant bien connu localement. Attendant le passage du cortège avec sa banderole pour s’y joindre, il se retrouve isolé face à une dizaine de nervis fascistes. Sa banderole « tu nous mets 64 – nous on te mai 68 » lui est violemment arrachée et volée par la bande de courageux défenseurs de la race blanche. Les étudiant.e.s prennent immédiatement les « Ratons » en chasse… Certains « Ratons N » recevront quelques gnons. Et ils n’auront alors pas d’autres choix que d’abandonner leur butin, avant de détaler lamentablement jusqu’au parking de la Rodia aux Près-de-Vaux de l’autre côté du Doubs pour s’y réfugier.

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Extrait de la vidéo TikTok de @heisen.berg25 alias Florent S. Le vol « super-héroïque » de la banderole à 5 contre 1

La manif repart, et aux chants et aux slogans contre la réforme des retraites, s’ajoutent désormais des « siamo tutti antifascisti! » et « Besac! Besac! Antifa! ». Petite halte rue de Pontarlier devant un bar où les nazillons ont leurs habitudes, puis direction rue Bersot. C’est à l’approche de la rue qu’une personne cagoulée est désignée comme pouvant être un néonazi infiltré. Les manifestants le soupçonnent d’avoir envoyer régulièrement des textos au groupe des Ratons Nationalistes afin de les renseigner sur la progression du cortège. Les manifestants lui demandent alors de retirer sa cagoule et de dégager. Il refuse, et fait face aux étudiant-e-s. Il fonce dans le tas et donne de nombreux coups de poings sur les manifestants (vidéo Emma Audrey / Radio Bip). Mais ces derniers qui lui ont retiré sa cagoule répondent eux aussi à coups de poing et de jets de chaises (la rue Bersot comprend de nombreux bars et terrasses) et finissent par l’acculer, la bouche en sang, dans un coin de la rue où deux agents des forces de l’ordre viendront l’en sortir sans l’interpellé.

Après cet incident, la manifestation s’est dissoute en petits groupes.

Contrairement à leur habitude, nos nationalistes locaux n’ont pas dans un premier temps fait de publicité sur les réseaux sociaux de leur « glorieuse soirée ». Il faudra la publication de la vidéo de Radio-Bip / Média 25 concernant l’altercation rue Bersot pour que le principal intéressé en la reprenant sur ses réseaux sociaux, se vante d’avoir affronter 50 gauchistes (ou 100 selon tiktok ou twitter).

Cette vantardise permettra de l’identifier rapidement d’abord par ses noms d’emprunts « Heisenberg25 » ou « Gestapo25 » sur les réseaux sociaux puis sa véritable identité est connue, ce qui sera très utile concernant la plainte qui a été déposée par la personne à qui ils ont volé la banderole.

Sur son compte tiktok @heisen.berg25 (qu’il a clos depuis) il publiera une vidéo qui rétablit la vérité concernant leurs actions héroïques : le vol de nuit des banderoles sur la façade de la fac, et l’agression et le vol à 5 contre 1 de la banderole. C’est de cette vidéo que sont tirés les extraits vidéos produits ci-avant.

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Alors que des millions de voix s’élèvent contre la politique anti-sociale du gouvernement Macron, les militants de l’extrême-droite radicale prouvent une fois de plus qu’ils sont les idiots utiles du capitalisme et du macronisme, ainsi que les supplétifs des forces de répressions.

Ne nous focalisons pas trop sur ses énergumènes décérébrés. S’ils sont un problème, ils ne sont pas le seul. Les étudiant-e-s et syndicalistes Bisontin-e-s l’ont bien compris : la priorité est l’annulation de la réforme des retraites. Et si les actes violents de l’extrême-droite ne sont pas à sous-estimés, lors des manifs spontanées qui ont eu lieu depuis le 49.3 et le rejet de la motion de censure lundi 20 mars, ce sont les forces de l’ordre qui a coup de lacrymogène, de grenades de désencerclement et d’arrestations aléatoires cherchent systématiquement par la violences à faire taire le mouvement contestataire.

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