Context / Contexte


Dernière mise à jour en février 2025. // Last updated in February 2025.


[English below]

FR :

Depuis les années 1990, il y a des gens bloqués par la frontière franco-britannique à Calais et tout au long du littoral du nord de la France. Selon les moments, iels sont entre une centaine et plusieurs milliers à essayer de passer la frontière. Alors que les lois d’immigration britanniques rendent presque impossible l’obtention d’un visa pour certaines nationalités, il est impossible de demander l’asile dans le pays sans déjà s’y trouver. Les gens qui souhaitent aller au Royaume-Uni n’ont donc souvent pas d’autre choix pour passer la frontière que de le faire clandestinement.

Les personnes bloquées et les raisons qui les amènent ici sont nombreuses et très diverses. Actuellement (début d’année 2025), les principales communautés bloquées à Calais viennent du Soudan, d’Irak, du Kurdistan, de Syrie, d’Iran, d’Afghanistan, d’Égypte, de Libye, d’Érythrée, d’Éthiopie, de Somalie… Autant de régions parmi les plus touchées par la violence du colonialisme, du capitalisme et de l’autoritarisme.

Cette situation de blocage est due au renforcement progressif de la frontière franco-britannique, notamment avec les accords du Touquet signés en 2003 entre la France et le Royaume-Uni. Depuis, le contrôle frontalier s’effectue sur le sol français, et les autorités françaises jouent les chiens de garde de la frontière en contrepartie de financements colossaux du Royaume-Uni.

Aujourd’hui, le littoral est militarisé sur des centaines de kilomètres, de la Normandie à la Belgique : grillages, barbelés, patrouilles de police, caméras, drones, hélicoptères, avions… Les moyens ne cessent d’augmenter, transformant la région en une des zones les plus fliquées de France métropolitaine. Pourtant, ce dispositif militarisé ne dissuade pas les tentatives de passage de la frontière, en hausse quasi-constante depuis 25 ans, mais les rend toujours plus dangereuses, la liste des mort·e·s à la frontière ne cessant de s’allonger.

À la frontière, les personnes migrantes vivent principalement dans des squats et campements de fortunes et font l’objet d’un harcèlement quotidien des autorités. À Calais, la plupart des lieux de vie sont expulsées illégalement par la police plusieurs fois par semaine, avec régulièrement des vols et destruction d’affaires, des arrestations aléatoires et enfermement en centres de rétention (CRA) et des déportations (parfois ailleurs en France dans des CAES, parfois à l’étranger). La plupart des points d’eaux potables et toilettes publiques sont fermés, et les points de collectes des déchets à proximité des lieux de vie sont supprimés. Régulièrement, un peu partout dans la région, la police intimide, contrôle, menace, insulte, violente et/ou enferme les personnes qui n’ont pas les “bons” papiers ou la “bonne” couleur de peau.


EN :

Since the 1990s, there have been people stuck at the French-British border in Calais and along the coast of northern France. Depending on the time, there are between a hundred and several thousand people trying to cross the border. While British immigration laws make it almost impossible for some nationalities to get a visa, it is impossible to claim asylum in the country without already being there. People who want to go to the UK therefore often have no ohter choice than crossing the border illegally.

The people stuck and the reasons that bring them here are many and very diverse. Currently (early 2025), the main communities blocked in Calais come from Sudan, Iraq, Kurdistan, Syria, Iran, Afghanistan, Egypt, Libya, Eritrea, Ethiopia, Somalia… So many regions among the most affected by the violence of colonialism, capitalism and authoritarianism.

This blockage is due to the gradual strengthening of the French-British border, in particular with the Touquet agreements signed in 2003 between France and the United Kingdom. Since then, border control has been carried out on French soil, and the French authorities play the role of the watchdog of the border in return for colossal funding from the United Kingdom.

Today, the coastline is militarized over hundreds of kilometers, from Normandy to Belgium: fences, barbed wire, police patrols, cameras, drones, helicopters, planes… The resources continue to increase, transforming the region into one of the most policed ​​areas in metropolitan France. However, this militarized system does not reduce attempts to cross the border, which has been increasing almost constantly for 25 years. It  just makes them increasingly dangerous, with the list of deaths at the border continuing to grow.

At the border, migrants live mainly in squats and makeshift camps and are subject to daily harassment by the authorities. In Calais, most places of residence are illegally evicted by the police several times a week, with regular thefts and destruction of belongings, random arrests and confinement in detention centers (CRA) and deportations (sometimes elsewhere in France in “CAES”, sometimes abroad). Most drinking water points and public toilets are closed, and waste collection points near living places of migrants are removed. Regularly, almost everywhere in the region, the police intimidate, control, threaten, insult, assault and/or lock up people who do not have the “right” papers or the “right” skin color.