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Le blog de Dasola

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3 janvier 2026

Le maître du kabuki - Lee Sang-il

Le maître du kabuki du réalisateur japonais d'origine coréenne Lee Sang-il est l'avant-avant dernier film que j'ai vu en 2025, dans une salle pleine. Il dure presque trois heures. L'histoire se passe sur un demi-siècle, entre 1964 et 2014 et entre Hiroshima et Osaka. Le kabuki représente la forme épique du théâtre japonais, née au XVIIème siècle. Sa caractéristique principale est que les rôles féminins sont joués par des hommes (des onnagata) dont certains sont devenus des "trésors nationaux vivants du Japon". En l'occurence, quand débute l'histoire en 1964 à Nagasaki, un jeune garçon de 15 ans, Kakuo, le fils d'un yakuza, est témoin impuissant de l'assassinat de son père lors d'une représentation théâtrale en petit comité à laquelle assiste un célèbre acteur de kabuki, Hanai Hanjiro II, lui-même père d'un garçon du même âge que Kakuo, Shunsuke. Hanai décide d'adopter Kakuo qui commence à montrer un certain talent pour l'art du kabuki. Avec des hauts et des bas, il va former pendant plusieurs années un duo exceptionnel avec Shunsuke. Hanai va même nommer Kakuo comme son successeur, au grand désespoir de la mère de Shunsuke. Ce duo va souvent se séparer, surtout quand Hanai meurt. Kakuo continue en solo sa carrière qui n'est pas aussi brillante qu'elle pourrait l'être. On suit avec intérêt la vie et le destin des deux acteurs de kabuki, mais j'ai surtout apprécié toutes les séquences qui se passent sur les scènes de théâtre. Les costumes, les maquillages, les coiffures, tout est étudié, c'est magnifique. Rien que pour ces séquences, le film vaut la peine d'être vu. Lire les billets de Pascale et Selenie.

1 janvier 2026

Rosa & Björk - Satu Rämö

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Comme promis, voici mon billet sur Rosa & Björk de Satu Ramo (Seuil cadre noir, 429 pages) qui est la suite d'Hildur. On a le plaisir de retrouver Hildur et son collègue Jakob (qui continue de tricoter, qui vit avec la mercière/hôtesse de l'air de la ville et qui a des relations de plus en plus houleuses avec son ex-femme) et sa cheffe Beta, trois mois après les événements précédents. Nous sommes donc en février et mars 2020. Il y a plusieurs allusions à l'épidémie de la Covid 19 qui va bientôt se propager en Islande. Un politicien local, Hermann Hermannsson, est tué à bout portant sur une piste de ski avec une carabine de marque Sako. A peu près à la même période, un médecin meurt dans un accident d'avion. Il y a un lien entre les deux morts. En parallèle, Hildur continue ses investigations pour savoir ce que sont devenues ses deux petites soeurs après que l'on ait retrouvé leurs sacs d'école. Il y a quelques courts chapitres qui narrent les mois ayant précédé la disparition de Rosa et Björk. L'histoire se concentre surtout sur Rakel, la mère d'Hildur, Rosa et Björk. On apprend des choses sur cette femme tourmentée. On en saura plus à la fin de ce tome qui évoque les violences faites aux femmes en général. Ce tome m'a autant plu que le premier. J'attends le troisième tome avec intérêt. Il s'agit en effet d'une trilogie. Lire les billet de Baz'art, Eva, Bruno Menetrier et Eimelle.

 

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J'en profite pour vous souhaiter une excellente année 2026 que l'on espère toujours meilleure que la précédente. 

31 décembre 2025

Hildur - Satu Rämö

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Je passe derrière pas mal de blogueuses pour chroniquer Hildur de la romancière finlandaise Satu Rämö. J'ai beaucoup aimé ce volume parlant d'une vie d'inspecteur de police à Isafjordur dans les fjords de l'ouest de l'Islande. 

Hildur (Seuil, cadre noir, 441 pages) se réfère donc au personnage principal du roman. Nous sommes en octobre 2019, Hildur a la trentaine et est célibataire. C'est une passionnée de surf qu'elle pratique régulièrement dans les eaux Islandaises. Pour toute famille, elle n'a plus que sa tante Tinna, devenue aveugle. En effet, les parents d'Hildur sont morts dans un accident de voiture et ses deux petites soeurs, Rosa et Björk, 6 et 8 ans, ont disparu 25 ans plus tôt à l'entrée d'un tunnel en revenant de l'école. On ne sait pas si elles sont mortes ou vivantes. Hildur ne s'est jamais vraiment remise de ce qui est arrivé. Hildur a une cheffe nommée Beta avec qui elle s'entend bien et elle est désormais secondée par un stagiaire finlandais, Jakob Johanson, qui une passion pour les tricots islandais. Il en tricote lui-même. Jakob a beaucoup de problèmes personnels avec son ex-femme qui fait tout pour qu'il ne puisse pas parler avec son petit garçon Matias. Le trio Hildur, Beta et Jakob, va être appelé à enquêter sur la mort d'un pédophile dans une avalanche (il a été égorgé avant). Un autre meurtre a lieu à Reykavik et enfin Freysi, l'amant d'Hildur, est assassiné. Y-a-t-il un lien entre les trois meurtres? Je vous laisse le découvrir. C'est un roman qui se lit agréablement grâce à de courts chapitres. A la fin, on reste avec des interrogations comme "que sont devenues Rosa et Björk?" C'est pourquoi, je me suis empressée de me procurer le deuxième tome que je viens juste de terminer et dont le titre est justement Rosa & Bjork et dont je vous parlerai l'année prochaine. Lire le billet de Cath L qui renvoie à d'autres blogs, Bruno Menetrier, Baz'art.

 

J'en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon de fin d'année. 

30 décembre 2025

Une enfance allemande: Île d'Amrum, 1945 - Fatih Akin

Après Pascale, je vous conseille d'aller voir Une enfance allemande, Île d'Amrum, 1945 du réalisateur germano-turc Fatih Akin. À l'origine, ce film devait être réalisé par l'acteur Hark Bohm (1939-2025) qui a co-écrit le scénario d'après ses souvenirs d'enfance. Mais ne se sentant pas en forme, il a laissé le soin de faire ce film à Fatih Akin. Amrun, située sur la mer du Nord, fait partie des îles allemandes frisonnes septentrionales. L'histoire se passe entre le 30 avril 1945 (suicide d'Hitler) et le 8 mai 1945 (capitulation de l'Allemagne). Le récit se fait du point de vue d'un jeune garçon, Nanning, l'ainé d'une fratrie de trois puis bientôt de quatre. En effet, la maman, Hille, accouche d'une petite fille, le 30 avril 1945. C'est une nazie fervente qui ne veut pas savoir que l'Allemagne est vaincue malgré le fait que son mari soit prisonnier des britanniques. Suite à ses couches, Hille a des envies de pain blanc, de beurre et de sucre, denrées pratiquement disparues sur l'île. Nanning qui est un garçon formidable (interprété par un jeune acteur épatant, Jasper Billerbeck) va tout faire pour trouver ce que sa mère souhaite, même si cette dernière est dure envers lui, surtout quand il se met à pleurer. Il travaille pour un pêcheur afin de gagner un peu d'argent. Il va quémander du sucre et du beurre chez un oncle nazi fanatique dans une île voisine en bravant des sables mouvants. Il supplie une jeune femme qui a des ruches de lui fournir du miel. Il participe même à une chasse au phoque. Il se fait rabrouer par quelques personnes et se fait tabasser.
Le film baigné dans une belle lumière m'a vraiment beaucoup plu et je vous le recommande tout comme dameskarlette.

29 décembre 2025

Once Upon a Crime, T.1 - Kanoka Tana & Aito Aoyagi

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) publie cette fois le dernier des trois billets que j'avais "en stock" au titre de participation pour le challenge de Cléanthe Escapades en Europe – Voyages dans les Littératures européennes dont le thème de décembre était "Contes de fée" ainsi que pour le challenge Littérature jeunesse chez Pativore. Cette fois-ci, il s'agit de l'adaptation en manga d'un roman d'un écrivain japonais (scénariste du manga). 

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Dessin Kanoka TANA, scénario Aito AOYAGI: Once Upon a Crime, T.1 (sur 4),
sept. 2025 en France (2023 au Japon)

 

Le Petit Chaperon Rouge est en retard... Et, brisant le quatrième mur, il commence à nous expliquer pourquoi (il a résolu bien des mystères)! Il est vrai que le sous-titre de ce premier tome semble être "les enquêtes du petit chaperon rouge". Comme on voit, ceci est un détournement... de plusieurs de nos contes européens traditionnels, à la sauce japonaise. Tout commence au royaume du clair de lune (sic!), où notre chaperon (1) se trouve en butte aux avances d'une ... fée (?) rondouillarde, qui tient à toute force à améliorer sa vêture. Du coup, ses chaussures tombent dans l'eau d'une rivière, et notre fillette n'a plus qu'à courir après!

 

En chemin, elle rencontre... Cendrillon, de son côté toute triste, pieds nus et les mains abimées. "Pourquoi, pourquoi, pourquoi?", interroge notre chaperon. "Mes soeurs vont au bal, je suis la seule qui n'y sera pas". Et hop, réapparition de la... non, on ne la nomme décidément pas "fée", mais "magicienne louche", qui se prénomme Barbara!

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(pas de numéro de pages, mais cette rencontre a lieu vers le début du volume - à croire que "Fée" serait une marque protégée?)

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Et c'est une autre "magicienne" (Tecla, la nièce de la première?) qui fournira "ex nihilo" les "fameux" (?) souliers de verre, garantis pour durer une semaine (et non jusqu'à minuit, contrairement au produit de la transformation par Barbara de la citrouille et des souris dénichées par Cendrillon. Je m'arrête là pour cette "mise en bouche", mais il y aura un meurtre et une enquête, à laquelle s'associeront le prince et son grand chambellan...

Je ne sais pas si c'est une question de culture, mais j'avoue que je connaissais davantage la version "pantoufle de vair" (peau d'écureuil, je crois bien) que "soulier en verre" (escarpins à talons hauts - presque aiguille, en plus!). Cela m'a fourni l'occasion de découvrir qu'il semble que ce soit Balzac qui le premier ait introduit, en 1841, l'écureuil dans l'équation (Wikip', consulté le 28/12/2025, est mon ami!).

 

Une fois la première énigme résolue (nous sommes à peu près à 60% de ce volume), notre Petit Chaperon Rouge se remet en route... pour poursuivre son voyage (enchanté?). Cette fois-ci, l'aventure sera titrée "La destruction de la chambre close sucrée" (on est en N&B, j'ignore donc si elle est jaune!). Il y aura un loup et deux enfants, on assiste à une scène terrible dès le départ, pan!

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Alors, à votre avis, conte de fée ou de sorcière? Nous n'aurons pas encore, à la fin du volume, la manière notre enquêtrice débrouillera les choses (évoquera-t-elle Barbara avec la "patte de lapin" que cette dernière lui avait laissée?). J'avoue que ce début de deuxième épisode m'a un peu fait songer à Monster (de Naoki Urasawa). Finalement, afin de ne pas être trop frustré (comme j'ai pu l'être) en ne sachant pas ce qui se passe ensuite, je crois que je conseillerais d'attendre que les quatre volumes soient parus en français afin de pouvoir les lire à la suite. Le T.2 est sorti fin octobre 2025 (mais ne se trouve pas encore en bibli parisienne), le T.3 est annoncé pour mars 2026, je suppose que le dernier tome sera paru d'ici un an!

 

Merci à Fanja chez qui j'avais trouvé l'idée de chroniquer (le début de) cette série. Le nocher des livres en a parlé très récemment, Espritotaku dès septembre. 

(1) Et non Cendrillon, merci Fanja!

28 décembre 2025

Le livre des prodiges - Olivier Ciechelski

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Le livre des prodiges d'Oliver Ciechelski (Edition du Rouergue noir, 365 pages) est le deuxième titre du romancier qui est aussi "script Doctor" et il enseigne le scénario à Paris. Je ne savais pas que je m'aventurais dans une histoire pas très classique. Nora, une jeune femme noire sortie première du concours d'officier de police est toujours patrouilleuse dans le commissariat où elle affectée. Il s'agit de Gennevilliers et de son importante zone portuaire. Sur presque une page, le romancier fait la liste de toutes les marchandises arrivées par conteneurs. Une vraie liste à la Prévert. C'est impressionnant. Olivier Ciechelski a une écriture bien à lui qui sort des sentiers battus.  Nora est une personne très croyante qui va souvent voir un prêtre dans une église proche. Lors des patrouilles, Nora est accompagnée de Djabri (un vieux policier désabusé) et de William, une jeune recrue sous-brigadier qui tombe amoureux de Nora. Les autres policiers (hommes) la méprisent et se moquent d'elle. Une nuit dans un conteneur, plusieurs femmes et un bébé venus d'Afrique sont découverts inanimés, crime ou accident? Nora s'empare de cette affaire au grand dam de sa hiérarchie qui lui met des bâtons dans les roues. On saura pourquoi vers la fin du roman. Une femme avec une béquille a vu ce qui s'est passé avec le conteneur et à un moment donné, elle sauve la vie de Nora avant de disparaître. Pendant l'enquête, Nora croisera des prostituées et une mère maquerelle qui ne sont pas inquiétés par les collègues et le chef de Nora. Le surnaturel intervient de temps en temps dans cette histoire qui ne se termine pas forcément très bien. Olivier Ciechelski est une nouvelle voix intéressante du polar français. A découvrir.

26 décembre 2025

La fée des grèves - Paul Féval

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Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) m'essaie de nouveau, a posteriori, au sujet du thème "Contes de fée" du challenge Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes de Cléanthe (échéances: le 15 du mois!). Mon "pas de côté" risque de me faire mouiller les pieds... mais le titre choisi me permet de participer également aux challenges 2025 sera classique aussi! organisé par Nathalie et Littérature jeunesse 2025-2026 #1 de Pativore.

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Paul Féval, La fée des grèves, Gründ, coll. Bibliothèque précieuse, 1954 (DL 1952), 252 pages
(première publication: 1850)

 

Nous sommes en 1450, période de la fin de ce Moyen-âge où les fées étaient fréquentes. Et, comme le laisse voir l'image de couverture, l'histoire contée se déroule dans la baie du Mont-Saint-Michel. Le contexte historique est globalement respecté par Paul Féval, sans être forcément très explicite (ce n'est sans doute pas le sujet principal). Nous sommes dans une période où le Roi de France tente de mettre la main sur le duché de Bretagne, cependant que les Anglais ne sont pas loin, même s'ils ont été en grande partie chassés du royaume. Le roman commence alors que le duc de Bretagne François Ier de Bretagne (1414-1450) se voit publiquement reprocher d'avoir suscité l'emprisonnement puis surtout la mort de l'un de ses frères cadets, Gilles de Bretagne (1420-1450), lors des funérailles organisées pour celui-ci. Le téméraire accusateur, Hue de Maurever, ancien écuyer de Gilles, réussit à s'éclipser après son défi. Mais la fée des grèves? Patience!

 

Bien des personnages gravitent autour de Hue et de François. Deux écuyers plus ou moins cousins (à la mode de Bretagne?), l'un de 20 ans et l'autre de 35, Aubry et Méloir. Un village d'une dizaine de maisons, dont le "paysan libre" qui en est le plus notable a deux enfants (Julien et Simonnette), anciens compagnons de jeu de Reine (16 ans), fille de Hue le proscrit. Jeannin, blondinet de 20 ans sans le sou, est amoureux de Simonnette. Lors de la "veillée de la Saint-Jean" (?) est évoquée la légende de la fée des grèves, capable d'exaucer tout voeu de qui ose l'attraper (chapitre V, p.33). Or il manque à Jeannin 50 écus (dont il n'a pas le premier liard) pour oser demander à ses parents la main de Simonnette. Quand passe la fée devant la maisonnette (p.74), il n'hésite pas à la courser jusque sur la grève... 

p.35: "La Fée des Grèves allait jouer son rôle.
La Fée des Grèves! L'être étrange dont le nom revenait toujours dans les épopées rustiques, racontées au coin du foyer.
Le lutin dans les grands brouillards.
Le feu follet des nuits d'automne.
L'esprit qui danse parmi la poudre éblouissante des mirages de midi.
Le fantôme qui glisse sur les
lises dans les ténèbres de minuit.
La Fée des Grèves! Avec son manteau d'azur et sa couronne d'étoiles!
"

 

Je le rappelle, ce livre a été écrit en 1850. Or il contient quelques belles pages sur les risques d'ensevelissement dans la "tangue" de la baie du Mont Saint-Michel, à marée montante. De son côté, Victor Hugo a écrit, dans Les Misérables publié en 1867, des pages saisissantes sur le risque d'enlisement mortel en baie du Mont Saint-Michel, juste avant l'épisode du fontis que franchit Jean Valjean portant Marius. Mon niveau d'érudition ne me permet pas de savoir s'il avait lu Paul Féval ou bien si tous deux se référaient à une source antérieure... ou encore s'ils avaient fréquenté le Mont Saint-Michel et/ou eu vent de ce que pouvait transmettre la culture populaire à propos de sa baie... 

 

Paul Féval (1816-1887) reste de nos jours surtout connu pour Le bossu (roman "de cape et d'épée" publié un peu plus tard, en 1857). Né à Rennes (père magistrat qui meurt en 1827, mère de noblesse bretonne), il est "monté" à Paris en 1837 et y a caressé l'espoir d'une carrière littéraire. Même si j'en possède désormais quelques autres (Le loup blanc, Le cavalier Fortune), je crois que La fée des grèves est le premier livre de lui que je m'étais offert (d'occasion, déjà! - 3,00 francs, à l'époque), il y a plus de 45 ans. 

 

Pour les beaux yeux de Reine qui courait les grèves afin de ravitailler son père caché à Tombelène, les villageois rejoints par Aubry y soutiendront un siège épique contre des soudards menés par Méloir. Dans ce combat picaresque, un Frère Bruno (de l'abbaye du Mont) accomplit des prouesses dignes de Frère Tuck. Féérie? C'est une sorte de lunette d'approche (un tube garni de lentilles de verre - même si l'invention officielle en est postérieure d'un ou deux siècles pour le moins) qui permettra à Aubry de repérer Reine prisonnière de Méloir dans les sables mouvants et d'arriver à temps pour la sauver. Une fois François Ier (de Bretagne) mort, les deux couples pourront convoler. Mais quand j'ai dit cela, naturellement, je n'ai presque rien raconté des péripéties qui se succèdent sur 250 pages!

 

La fée des grèves demeure, à mon humble avis, plaisant à lire aujourd'hui. On est dans du "roman d'aventure médiévale", genre popularisé en Angleterre par Walter Scott à peine quelques décennies avant (Ivanhoé [1819], Quentin Durward [1823]). L'on sent que le titre s'inscrit aussi dans le "roman-feuilleton" et son tir à la ligne (dialogues percutants, descriptions, digressions). Je trouve fabuleux de songer que Paul Féval écrivait 400 ans après les événements qu'il raconte (même si on peut lui reprocher de ne pas souligner que Gilles avait été emprisonné pour complot avec les Anglais), alors que 175 ans nous séparent maintenant de sa rédaction, tellement "moderne" par rapport à la littérature d'Ancien Régime qui ne remontait guère qu'à 65 ans auparavant, une durée moindre que celle qui nous sépare aujourd'hui des débuts de notre Vème République (vertige de l'historien et/ou de l'amateur de littérature!). 

 

Ce titre reste aujourd'hui trouvable dans plusieurs éditions plus ou moins récentes. La Maison Gründ avait une orientation "jeunesse", même si tous les titres de la "collection précieuse" n'étaient pas, dans la "liste interne", précédés de l'étoile indiquant qu'ils [pouvaient] être mis entre toutes les mains. J'ai découvert qu'il avait aussi existé une édition en "bibliothèque verte" Hachette datant, elle aussi, de 1952. Ne l'ayant jamais eu entre les mains, je n'en connais pas les illustrations. À noter enfin que, si le titre est, dans une autre Maison, aujourd'hui disponible tant en "neuf" qu'en numérique, on peut se demander si la personne qui a écrit la description du roman l'a lu ou non: elle se trompe de 90 ans par rapport à la date où se déroule l'histoire! Vite, un coup de baguette magique?

 

Quelques blogueuses en ayant parlé (liste non exhaustive): Claudialucia, Miriam, Camélia (nièce de Géraldine). 

23 décembre 2025

Palmarès cinéma 2025

Cette année, j'ai à nouveau vu une centaine de films et, sans l'ombre d'une hésitation, j'ai choisi dix films à voir ou à revoir. J'ai choisi de me limiter à ces dix films même si j'en ai apprécié d'autres.

 

Dossier 137 de Dominik Moll : Léa Drucker mériterait un César.
 

Deux procureurs de Sergei Loznitsa : terrifiant et une mise en scène étourdissante.

 

A Normal Family de Hur Jin-Ho, une adaptation très réussie du roman d'Herman Koch.

 

Sirat d'Olivier Laxe : ce film pourrait être sous-titré "Voyage au bout de l'enfer".

 

Nouvelle vague de Richard Linklater : un film ludique, un bonheur de cinéma.

 

Le joueur de go de Kazuya Shiraishi : quelle grâce quand on voit les mains déplacer les pions!

 

Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé de Bogdan Muresanu : un film roumain réjouissant pour l'histoire et son traitement.

 

Mémoires d'un escargot d'Adam Elliot : quinze après Mary et Max, un film en "stop motion" très réussi. 

 

La condition de Jérôme Bonnell, un beau film sur des femmes qui prennent leur destin en main.

 

Je suis toujours là de Walter Salles: l'actrice principale Fernanda Torres remarquable. J'ai préféré ce film à L'agent secret de Kleber Mendonça Filho.

21 décembre 2025

L'enfant Océan - Jean-Claude Mourlevat

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Comme pour beaucoup de monde je présume, ces trois premières semaines du dernier mois de l'année ont été plutôt chargées. Du coup, j'ai nettement moins blogué (heureusement que le blog de dasola - dont je [ta d loi du cine] suis seulement le "squatter" - ne dépend pas de moi pour vivre!). Cette phase trop "intense" étant passé, je vais essayer de rattraper mon petit retard. Je n'ai pu contribuer dans les temps au challenge de Cléanthe Escapades en Europe – Voyages dans les Littératures européennes dont le thème de décembre était "Contes de fée" pour être cité dans son billet récapitulatif, mais on a jusqu'à la fin du mois pour participer! Pour le challenge Littérature jeunesse chez Pativore, les thèmes mensuels suggérés ne sont pas obligatoires.

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Jean-Claude Mourlevat, L'enfant Océan, Pocket Jeunesse (PKJ) N°1500, 1999, 152 pages

 

Dans ce livre, à un moment, il est question de Bach. Et d'une fugue, aussi. Cela fait plusieurs fois qu'un roman m'évoque le terme "choral" pour qualifier un livre, mais ici comme dans Blizzard, chaque (court) chapitre nous est raconté, à la première personne, par l'un des personnages, héros ou comparse. Cela commence avec la visite d'une assistante sociale qui ramène, dans une ferme, un enfant suite à un problème à son collège; quand elle parle de lui, elle en parle au passé. Et puis interviennent, séparément, un par un, les parents, puis les (nombreux) frères du premier gamin. La fratrie est composée de trois paires de jumeaux et du petit dernier... 

 

En lisant depuis le début, en lecture séquentielle (sans tricher en sautant des paquets de pages), il m'a fallu attendre exactement la moitié du livre (p.76) pour avoir la "révélation" sur le pourquoi du comment de ce qu'il s'est passé, et l'évocation des sept "petits poucets". Il m'a semblé qu'ici, plusieurs "fées" bienveillantes apparaissent au fil de l'histoire: une étudiante noire, une boulangère (blanche?)... L'ogre, lui, est un "ami de l'ordre et de la justice" (du genre de celle qu'on rend soi-même), glaçant.

 

Bon, je ne vous raconterai pas toute l'histoire, le livre est suffisamment court pour être lu très rapidement, et d'autres blogs en ont déjà (bien) parlé, par exemple Manou chez qui je l'ai découvert (merci!), mais aussi Cristie, MoniqueMyaRosaLisa (dernier billet en 2015), très explicite, Dibou (dernier billet en 2012!), Tralilou (dernier billet en 2022), Majanissa (dernier billet en 2020), Florinette il y a longtemps, l'ancien blog de Victor... et il y en a sûrement de nombreux autres. J'ai fait la grimace en découvrant les commentaires chez Viotetapoux.

Enfin, Blondin m'apprend qu'il existe une adaptation en BD!

 

Mais si vous ne l'avez pas encore découvert, qu'il vous suffise de savoir que Yann, "l'enfant Océan" qui a guidé ses frères pour aller à la mer, n'a pas subi le sort que l'on imaginait, avant de savourer ce livre estampillé "à partir de 10 ans"!

20 décembre 2025

Le voleur - Louis Malle

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Pour une fois, je vais vous parler du Voleur, un film que je n'avais jamais vu (personne n'est parfait) réalisé par Louis Malle en 1967 et qui réunit une distribution de premier ordre avec en tête Jean-Paul Belmondo et Geneviève Bujold. Il y a aussi Françoise Fabian, Charles Denner, Paul le Person, Marlène Jobert, Marie Dubois, Julien Guiomar, Bernadette Lafont et quelques autres. Le scénario est adapté d'un roman de Georges Darien (1862-1921), un anarchiste qui a écrit des pamphlets virulents et était aussi un anticlérical. Pour en revenir au film, l'histoire se passe dans les années 1890. Georges Randal (Jean-Paul Belmondo), un orphelin, a été élevé par son oncle, un homme antipathique. Georges est tombé amoureux de sa cousine Charlotte (Geneviève Bujold) dès son plus jeune âge mais ce n'est pas au goût de l'oncle qui souhaite marier Charlotte à un bon parti. Georges, pour se venger, cambriole, pendant une nuit, la demeure des futurs beaux-parents de sa cousine. L'une des phrases célèbres du film est "Je fais un sale métier mais j'ai une excuse, je le fais salement". Il casse tout pour trouver ce qu'il veut. Après s'être vengé, il se rend compte qu'il vole désormais par plaisir. Ce film se caractérise par une voix off tout du long, surtout celle de Georges. Il se lie avec plusieurs voleurs qui font le même métier que lui, interprétés par Paul Le Person, Julien Guiomar ou Charles Denner, toujours excellent. Georges a aussi des relations avec quelques femmes de passage comme Marie Dubois, Martine Sarcey (qui lui indique quelles maisons cambrioler) ou Françoise Fabian. Marlène Jobert joue la soeur de Paul Le Person. Jean-Paul Belmondo est impressionnant dans sa manière de jouer, il n'en fait pas trop. Je ne le connaissais pas sous cette facette, avec son air froid mais pas menaçant. Il a un côté indifférent devant ce qu'il pourrait lui arriver. C'est un des grands rôles de cet acteur. Pour ceux et celles qui n'ont jamais vu ce film, je vous conseille de l'acheter ou de l'emprunter en médiathèque. Je voudrai ajouter qu'il y a un superbe travail sur les costumes, les décors et la manière de filmer. Dans un des bonus, Jean-Claude Carrière, co-scénariste du film avec le réalisateur révèle des anecdotes très intéressantes. 

17 décembre 2025

Rebuilding - Max Walker-Silverman / Love me tender - Anne Cazenave Cambet

Aujourd'hui, mercredi 17 décembre 2025, est sorti Rebuilding (Reconstruire en VF), un joli film délicat que j'ai beaucoup apprécié. Dusty (Josh O'Connor) a vécu une tragédie, l'incendie de son ranch et du terrain tout autour. Il est obligé de vendre son bétail aux enchères et, avec d'autres sinistrés, il est logé dans un mobil-home mis à sa disposition. Dusty aimerait refaire sa vie dans le Montana. En attendant, il profite de son chômage forcé pour renouer avec son ex-femme (avec qui il est resté en bons termes) et sa fille Callie Rose. Cette petite fille qui a environ 10 ans considère son père comme un héros. Dusty, qui n'est pas très sociable, commence à s'ouvrir un peu aux autres au contact de sa fille. Il se retrouve à la garder de temps en temps. Et il se lie avec les autres locataires des mobil-homes. J'ai beaucoup aimé la fin optimiste. Je vous conseille vraiment ce "petit" film qui risque de passer inaperçu. 

Je passe à Love me tender d'Anne Cazenave Carbet, sorti en salles le 10 décembre dernier, qui est une adaptation d'un roman autobiographique de Constance Debré sorti en 2020. J'ai voulu voir le film car j'avais aimé la bande-annonce. Vicky Krieps interprète le rôle de Clémence, qui a abandonné son métier d'avocate et qui est mère d'un petit garçon, Paul (âgé de 8 ans) et séparée de son mari Laurent. Ils pratiquent la garde alternée en bonne intelligence jusqu'à ce que Clémence lui révèle un jour qu'elle a des aventures avec des femmes. Sur le moment Laurent semble heureux pour elle, mais en vérité, il prend très mal cette annonce et il commence à éloigner Paul de sa mère en le montant contre elle. Pendant tout le film qui est long (plus de 2h), on assiste au combat de Clémence qui veut récupérer son fils. Elle ne le voit pas pendant plus de six mois et les semaines passent. Elle a du mal à joindre les deux bouts. Rien ne s'améliore. Laurent en veut aussi beaucoup à Clémence sur le fait qu'elle a écrit un livre autobiographiqe. Le film ne m'a pas emballée plus que cela car c'est en particulier beaucoup trop long pour ce qu'il raconte. Dommage. 

14 décembre 2025

L'écho des ruines - Harald Gilbers

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Je viens de terminer L'écho des ruines d'Harald Gilbers (Calmann Levy noir, 380 pages passionnantes), septième tome des enquêtes du commissaire Richard Oppenheimer. C'est toujours avec le même plaisir que j'ai retrouvé à Berlin ce commissaire de la Kripo (Police criminelle en VF) d'origine juive. Nous sommes désormais en mars 1949. Oppenheimer a réussi à survivre à la deuxième guerre mondiale sans être trop inquiété parce qu'il est marié avec Lisa, une non-juive, et qu'il est un très bon enquêteur. A Berlin, la ville n'est pas reconstruite, elle reste encore en friche. Des avions cargos ravitaillent plusieurs fois par jour, et même de nuit, Berlin ouest qui subit un blocus, qui se terminera en mai 1949. Dans ce volume, Richard Oppenheimer enquête sur trois hommes froidement exécutés et trouvés empilés dans une décharge. Il s'agissait de malfrats qui ne voulaient pas coopérer avec des jeunes en bande organisée. A Berlin, à cette époque, ces bandes qui se composaient de jeunes hommes de 18 ou 19 ans avaient des comportements violents allant jusqu'au meurtre. Pour les contrer, autour d'Oppenheimer, le groupe d'enquête "L'Echo des ruines" parcourt Berlin pour trouver le repaire du chef d'une bande repérable à ce qu'ils étaient coiffés d'un Borsalino et portaient un costume avait une pochette jaune à la boutonnière. L'enquête les emmène jusque dans des studios de cinéma. On apprend que le chef du gang qui s'appelle Jo a des complices parmi des policiers qu'il fait chanter. Gregor Wenzel, un collègue d'Oppenheimer, veut la "peau" de Jo pour une autre raison. Une fois de plus, Gilbers sait mener son récit de main de maître. Si vous n'avez pas lu les tomes précédents, ce n'est pas trop grave. C'est une histoire indépendante des autres. Mais j'espère que ce roman vous donnera envie de lire les tomes précédents. Je vous conseille le premier, Germania, et le deuxième, Les fils d'Odin. Les suivants sont très bien aussi. Lire le billet de bigmammy. Sinon, il y a encore au moins deux volumes pas encore traduits à paraître.

13 décembre 2025

L'intermédiaire - David MacKenzie / The shadow's Edge - Larry Yang

Voici deux films d'action qui sont passés un peu inaperçus et c'est bien dommage. L'intermédiaire de David MacKenzie est un film américain qui se passe pour l'essentiel à New-York et The Shadow's Edge de Larry Yang est un film sino-hongkongais qui se passe à Macao.

Je commence par L'intermédiaire un dénommé Ash se sert d'un relais téléphonique pour communiquer avec ses clients, en l'occurrence des lanceurs d'alertes qui souhaitent rendre des documents compromettants à ceux qu'ils ont volés contre des sommes conséquentes. Une certaine Sarah Grant le contacte. Elle vient d'être licenciée et se sent menacée par des gens qui la suivent. Elle est prête à rendre certains documents. Ash arrive dans un premier temps à ce que les poursuivants de Sarah la laisse tranquille et l'échange de documents semble bien engagé mais tout s'emballe avec un retournement de situation inattendu. Entretemps, on apprend à connaitre Aah qui assiste à des séances des Alcooliques Anonymes. On connaît vraiment ses motivations pour faire le métier qu'il exerce. Un bon film à suspense qui donne l'occasion de voir la ville de New-York. 


Je passe à The Shadow's Edge de Larry Yang, un film haletant qui débute sur les chapeaux de roues avec une attaque par un homme et ses six fils adoptifs d'une entreprise pour récupérer des millions en crypto-monnaie. La séquence d'ouverture où l'on voit les fils fuir en se déguisant ou en faisant des prouesses acrobatiques est virevoltante. La police impuissante engage un policier à la retraite interprété par Jackie Chan qui, à 70 ans exécute encore ses propres cascades sans doublure. Face à lui, dans le rôle du père (The Shadow), on retrouve l'Amant de Jean-Jacques Annaud (1992, d'après Marguerite Duras) que j'ai bien reconnu, Tony Leung Kai-Fai. Son personnage est un as du couteau capable de blesser ou tuer d'un seul coup bien placé. Entre les deux, on suit une jeune policière pleine de ressources et de colère. J'ai passé un très bon moment devant ce film sans temps mort. 

11 décembre 2025

La condition - Jérôme Bonnell

La condition de Jérôme Bonnell sorti hier, mercredi 10 décembre 2025, est un film prenant. C'est pratiquement un huis-clos qui se passe en 1908 dans une belle demeure à plusieurs étages occupée par André (Swann Arlaud), un notaire, sa femme Victoire (Louise Chevillotte), la mère impotente d'André (Emmanuelle Devos) et deux domestiques-cuisinières dont une s'appelle Céleste (Galatea Bellugi). Depuis son mariage, Victoire n'est pas très enthousiaste pour remplir son "devoir conjugal". Elle repousse régulièrement André qui se tourne vers Céleste pour exercer son droit de cuissage. Cette dernière n'ose bien entendu rien dire. Quand elle tombe enceinte, elle met du temps à s'en apercevoir et c'est trop tard pour un avortement. Victoire qui a deviné qui est le père du futur bébé propose un marché à Céleste, cette dernière gardera sa place mais en échange elle confiera son bébé, garçon ou fille, à Victoire et André qui l'élèveront. J'ai aimé l'atmosphère feutrée où l'hypocrisie règne. En entendant quelques paroles dites par André, on sait qui est le maître. Le divorce serait mal vu mais petit à petit, l'histoire prend une direction inattendue dans laquelle les femmes n'ont pas dit leur dernier mot. C'est amené avec une certaine subtilité. Swann Arlaud qui n'a pas un rôle facile s'en tire bien. Louise Chevillotte et Galatea Bellugi sont magnifiques. Un beau film que je conseille. Le scénario est librement adapté d'un roman "Amours" de Leonor de Récondo. 

9 décembre 2025

Reedland - Sven Bresser

Je viens de sortir d'une projection d'un film néerlandais de Sven Bresser sorti le 3 décembre 2025. A priori, Reedland (la terre des roseaux) est le premier long-métrage du réalisateur. Cela se passe de nos jours dans un paysage avec des champs de roseaux à perte de vue. Johan, la soixantaine, fait partie de ceux qui survivent de la récolte de ces roseaux. La concurrence est rude à cause de l'importation des roseaux chinois. Chaque botte de roseaux rapporte une misère. Johan est veuf mais il a une fille que l'on ne voit pas et une petite-fille, Dana. C'est elle qui apporte un peu d'insouciance et de légèreté dans ce film sombre, austère, dans lequel les plantes herbacées s'agitent au gré du vent dans la campagne néerlandaise. Dès le début du film, Johan découvre le cadavre d'une jeune fille au milieu de son champ de roseaux. Le suspect présumé est vite relâché. Johan soupçonne quelqu'un d'autre mais n'a pas de preuve. La musique souvent crissante et stridente accentue le côté inquiétant que l'on ressent. La scène la plus terrible pour moi, c'est quand la jument appelée "Grise" appartenant à Johan est abattue d'un coup de feu. Johan subit en effet une pression insidieuse de la part du fils d'un voisin. Comme Dame Skarlette, on peut regretter la fin en queue de poisson. C'est un film prenant et même temps très frustrant. Il faut noter que l'acteur qui interprète Johan est pratiquement de tous les plans. Lire le billet du Bleu du miroir

7 décembre 2025

Les yeux plus grands que le ventre - Cavanna

En ce 7 décembre 2025, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis mon exploration de l'oeuvre autobiographique de François Cavanna (1923-2014), fondateur du premier Charlie Hebdo et membre jusqu'à sa mort de la rédaction de l'actuelle série du titre. Cela fait plus de 18 mois que j'avais chiné ce titre de 1983, dans son édition d'origine (grand format) et non en réédition "poche" comme d'autres oeuvres de Cavanna déjà chroniquées.

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Cavanna, Les yeux plus grands que le ventre, Belfond, 1983, 315 pages

 

Dans un autre titre, Maria, acheté ultérieurement et dont je parlerai une autre fois, l'"Avertissement" (p.9) dit: "Ce livre [Maria] est le cinquième d'une série autobiographique qui commença avec Les Ritals et continua avec Les Russkoffs, puis Bête et méchant, enfin Les yeux plus grands que le ventre".

 

Pour cet ouvrage qui est mon sujet du jour, p.9 aussi, l'exergue signée Cavanna annonce sobrement: "Ce livre aurait dû s'appeler "Mémoires d'un vieux con", mais le titre était déjà pris". 

Alors qu'en fait (?!), cet ouvrage narre l'histoire d'une rencontre et d'une "histoire" entre une jeune femme de 28 ans (prénommée Gabrielle), mariée et mère d'un bambin d'un an, et Cavanna, la cinquantaine, en couple depuis 27 ans avec Tita et beau-père ou père de cinq enfants déjà grands (trois et deux). Il s'agit d'une autobiographie parfois "à la troisième personne", forme sans doute appropriée alors qu'il s'agit de "prendre du recul" (comme on pourrait dire). Gabrielle débarque à la rédaction, avec en projet un journal animé par son "collectif" d'assistantes sociales, psy, etc. ciblant les "seniors" (comme on ne disait pas encore) pour leur permettre de s'autonomiser... et c'est "l'indicible essentiel", comme [il] l'avait déjà su, trois fois, pas davantage, au cours de [sa] vie (p.16) - ils "concluront" environ un an plus tard, à l'improviste, une nuit de bouclage de leurs journaux respectifs (chapitre "Avant l'aurore, il y a l'aube", p.43). Petit retour en arrière sur l'aventure de ses hémorroïdes en mai 68 (avec Suzanne, proctologue, une éphémère - mais première blessure pour Tita). Et, encore plus loin, jusqu'à expliquer sa fascination enfantine (il emploie le mot "obsession") pour LA femme, en attendant l'Amour (adolescent timide!).

 

Le titre du livre, nettement plus polysémique que Les Ritals ou Les Ruskoffs, évoque bien les crises et les contradictions dont Cavanna va exposer les rouages, en long, en large et en travers, au fil des pages. Il mêle, dans cet exposé-analyse, l'avancée du temps, la vie professionnelle et la manière dont pour lui elle fonctionne, la relation aux autres en général et à la femme (... au pluriel!) en particulier. Et c'est là tout le "problème": en relation amoureuse avec ses deux femmes, et ne souhaitant (sincèrement?) faire de mal à aucune, il ne sait pas choisir, ne choisit pas, reste dans un flou inconfortable pour tout le monde, en veut et s'en veut... Il doit assumer une tentative de suicide ici, s'apercevoir là qu'il se conduit bêtement en "mâle jaloux" en refusant instinctivement la liberté réciproque... Cavanna se donne dans ce livre de fort grands airs d'égoïsme et d'égotisme, "très vulnérable aux tentations" même s'il rêverait de ne faire souffrir personne (contradiction dans les termes!). Il se complait peut-être un peu (mais c'est, comme toujours, brillamment écrit!) à faire comprendre que, conscient quelque part qu'il fait souffrir les deux femmes et lui-même, il laisse faire les choses par faiblesse sans trancher. 

 

Et puis nous avons des anecdotes sur ses demeures successives ou simultanées (toujours bricoleur dans l'âme), sur sa basse-cour à la campagne (pintades, canards de Barbarie, chiens, chats...). Il nous parle de "ses" journaux (Hara Kiri, L'Hebdo Hara Kiri devenu Charlie Hebdo qui, lorsque l'ouvrage est rédigé, vient de cesser sa publication...). Notre auteur nous livre une vision de son processus d'écriture très personnel pour ses chroniques dans Charlie Hebdo: texte pondu à la dernière minute, en cherchant longuement l'inspiration, seul dans la nuit, juste pour le bouclage, chaque lundi, en s'étant désespérément efforcé de dire quelque chose d'original sur l'actualité chaude du moment, pour amener le lecteur de Charlie à se dire "oui, c'est ça que je pensais sans savoir l'exprimer"! Il a (pp.280-281) quelques pages définitives (et très pessimistes) sur la politique. 

 

Vers la fin du livre, nous trouvons une (non moins définitive?) ode à la solitude (p.299): "les autres sont parfois - rarement - source de joie (par exemple quand j'aime, sexuellement ou autrement). Ils sont infiniment plus souvent source de contrainte, d'ennui, de danger. Par dessus-tout quand ils t'imposent leur amitié, leur gentillesse. Leur amour, jamais en résonance avec le tien", qu'a précédé (p.274) un lapidaire "La femme pense à l'homme. L'homme pense à soi". Bref, tout ça ne peut finir que par le suicide du rédacteur, bien entendu. En fait, comme chacun sait (puisque dit plus haut), Cavanna est mort en 2014, plus de 30 ans après la parution de ce "roman autobiographique". De son côté, Tita est morte en 2022, sans avoir contrepointé les dires et affres de Cavanna. Ou peut-être dans l'ouvrage posthume (2020) signé François Crève, Ducon!, que je finirai bien par dénicher aussi et par lire une année ou l'autre...?

 

Alys (Catsbooksrock) en avait parlé en 2017. 

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Pas de rapport direct avec Cavanna, mais je souhaite signaler que je lis chaque semaine, dans les numéros actuels de Charlie Hebdo, des réactions (en général positives) de lecteurs à la proposition (boutade?) de faire entrer Charb au Panthéon (proposition lancée il y a deux mois). Pour ma part, je ne trouve pas cette idée plus bête (et méchante) qu'une autre! Donc allons-y, je suis "pour" aussi.

 

*** Je suis Charlie ***

6 décembre 2025

D J Bambi - Audur Ava Olafsdottir

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Avant de lire Eden qui est dans ma Pal depuis quelque temps, je viens de terminer le nouveau roman d'Audur Ava Olafsdottir, Dj Bambi (Edition Zulma, 197 pages). C'est une histoire narrée à la première personne par Logn, une personne transgenre qui, à 61 ans, attend d'être opérée du bas. Logn est le prénom que V. a choisi avant de pouvoir porter un jour le prénom de sa grand-mère Gudridur. Cela fait six ans que Logn attend. Elle est divorcée de Sonja, a un fils Kari et surtout un frère jumeau Trausti auquel il est très attaché. Trausti est né quatre heures avant lui. Le drame de Logn est qu'elle est née dans un corps masculin qui ne lui convient pas. Très jeune, elle aimait s'habiller en fille. Sa grand-mère ne lui a jamais fait de reproche. En revanche Logn a des rapports difficiles avec ses deux soeurs ainées qui lui en veulent de son état et d'avoir été le dernier à recueillir les paroles de leur mère. Trausti prend des nouvelles de Logn tous les jours. C'est un homme marié avec quatre filles et qui a quatre petits-enfants. Désormais Logn (ce qui veut dire en islandais: "absence total de vent" ou "calme plat") vit seul dans une copropriété pour senior. Il était biochimiste de formation. On s'attache au personnage de Logn qui ne pleure pas sur son sort. Il fait une description clinique de la vie qu'il mène. Il parle beaucoup de son enfance et de son attachement à sa grand-mère. Dans les toutes dernières pages, on a une révélation qui peut expliquer l'état d'esprit de Logn. Le roman évoque aussi les oiseaux comme les goélands qui provoquent des dégâts ou sont agressifs envers les humains. Un roman qui se lit bien. Le titre fait référence au fait que Logn a été disc-jockey et Bambi est un surnom que sa famille lui avait donné. Je conseille. Lire les billets de Pamolico, Sylire, Philisine Cave, Lettres exprès, Cathulu.

4 décembre 2025

La Menace atlante - Yves Sente et Peter Van Dongen

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J'ai lu tout récemment La Menace atlante d'Yves Sente et Peter Van Dongen (Edition Blake et Mortimer, 64 pages) qui vient de paraitre. J'ai beaucoup aimé ce 31ème volume de la série d'après les personnages d'Edgar P. Jacobs. A priori, c'est la suite de L'énigme de l'Atlantide d'Edgar P. Jacobs lui-même (publié en 1957). Le Professeur Philip Mortimer qui n'est pas très en forme est chargé par le gouvernement britannique de faire une étude sur l'approvisionnement en énergie pour rendre le Royaume-Uni plus indépendant. Pendant ce temps, Magon avec la complicité d'Olrik (tout deux rescapés de l'épisode de l'Atlantide) se prépare à provoquer une catastrophe qui pourrait rayer l'Europe de la carte, pour récupérer de l'orichalque, le métal légendaire qui pallierait le manque d'énergie frappant désormais la planète où se sont installés les Atlantes. En effet, l'un des trois soleils qui éclaire la planète est en train de s'éteindre. L'orichalque sur terre se trouve au fond de la Mer du Nord dans la zone du Doggerland. Avant la catastrophe finale, l'action se déplace sur la planète des Atlantes où Blake et Mortimer affrontent différents dangers tout en essayant de contrecarrer les plans de Magon, Olrik et leurs complices, qui veulent renverser le Basileus qui gouverne les Atlantes. Le texte est dense comme l'intrigue. Un très bon tome selon moi. Lire le billet de Sheherazade2000.

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2 décembre 2025

Zootopie 2 - Jared Bush et Byron Howard

Ce film produit par les studios Disney et sorti le 26 novembre 2025, vient déjà de rapporter 556 millions de $ en cinq jours dont plus de 200 millions de $ en Chine! 

Comme son titre l'indique, Zootopie 2 est la suite de Zootopie (2016) que je vous recommande. C'est même bien de le (re)visionner avant de voir Zootopie 2. Il aura donc fallu attendre presque dix ans pour cette suite (en attendant Zootopie 3?).

Au début de Zootopie 2, on retrouve les deux personnages principaux, Nick Wilde (le renard) et Judy Hopps (la jeune lapine) qui sont policiers et forment une équipe pas toujours en harmonie. En effet, ils n'ont pas forcément la même conception de comment exercer leur travail. Ils font capoter une affaire de contrebande avec un tamanoir. Leur duo est menacé par leur chef Bogo (un buffle) mais Judy ne se laisse pas faire. Elle est sur la piste d'un serpent, animal banni de Zootopie depuis 100 ans. Elle a trouvé une peau de mue. À partir de là, l'enquête est trépidante avec Nick qui la suit comme il peut. Un serpent fait son apparition car il veut réhabiliter son espèce et les autres reptiles qui furent très présents à Zootopie. Il s'appelle Gary et il a une voix douce. C'est une vipère crotale dotée de deux crochets. Mais il en perd un lors d'une bagarre. Face à Judy, Nick et Gary, on fait la connaissance d'une famille peu recommandable qui a la mainmise sur la ville. Il s'agit de la famille Lynxley (des lynx). Dans cet opus, on retrouve quelques personnages du premier opus, un "gentil" comme Flash, un paresseux, ou bien une "méchante" nommé Dawn Bellwether (une brebis). Pendant la projection, j'ai repéré deux scènes qui sont des clins d'oeil à des films comme Le silence des agneaux de Jonathan Demme et Shining de Stanley Kubrick. Je dirais que j'ai préféré le premier Zootopie mais celui-ci est quand même très sympa. Et la fin fait penser qu'il pourrait y avoir une suite. Lire le billet de Selenie.

30 novembre 2025

L'abeille d'Ouessant - Hervé Hamon / Mémoires du large - Eric Tabarly

Il y a déjà plusieurs jours que j'avais commencé deux billets, souhaitant les publier l'un après l'autre dans le cadre du challenge Book trip en mer (saison 2) de Fanja. Mais j'ai été incapable de finir l'un ou l'autre avant de passer au second... En ce dernier jour de challenge, je me résous donc à les fusionner!

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"J'avais pourtant pris de bonnes résolutions. Achevant [son livre précédent], je m'étais juré de laisser croître et décroître nombre de lunes, avant d'y retourner - du moins publiquement. Je ne voulais pas (et n'ai nullement changé d'avis) que mon emportement maritime devînt une spécialité, d'autant que le folklore, en la matière, est vite envahissant. À forcer le genre, il vous pousse sur la plume une algue verte, sur le menton une barbe hirsute, et sur le plateau de télévision certaine patte, au coin de l'oeil, qui trahit le cap-hornier d'opérette."
Ainsi débute le [premier] livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui.

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Hervé Hamon, L'Abeille d'Ouessant, Editions du Seuil, coll. Points N°P736, 2000 (EO 1999), 280 pages

 

C'est pour le bonheur de ceux qui aiment des livres retraçant la vie quotidienne mais exceptionnelle de marins spécialisés (livre de non-fiction, donc, même si la "mise en forme" de ce qui peut être glané lors d'un "reportage vécu" est parfois nécessaire) que l'auteur a fini par mettre son sac à bord de l'Abeille Flandre, basée à Brest, pour plusieurs mois, par intermittence (il y était "le treizième homme" [p.132]). "Il fut convenu que, de septembre 1997 à l'été 1998, je séjournerai périodiquement sur le bateau, et que, le reste du temps, il [l'un de ses deux commandants, Charles Claden dit "Carlos"] m'avertirait dès qu'une tempête était en vue" (p.25)». L'image de couverture est particulièrement bien choisie: au loin, la silhouette dans une mer agitée, entre chien et loup, du remorqueur de haute mer, et en gros plan, deux hommes composant son équipage, harnachés de pied et cap et manifestement "en mission" hors de leur navire (à bord d'une autre embarcation... Zodiac ou bateau attendant la remorque?). Sur demande de Carlos, Hervé Hamon a même pu être embauché pour filmer (capter le déroulement d'un sauvetage compliqué) à bord de l'Abeille Languedoc (le sister ship, basé à Cherbourg).

 

Mais au contraire de la BD S.O.S. Bagarreur qui était axée sur un unique sauvetage, ce "reportage au long cours" nous donne un panorama très complet sur la vie à bord d'un des remorqueurs dont l'Etat a souhaité la mise en place après la catastrophe de l'Amoco Cadiz (1978), alors que le trafic maritime à la jonction Atlantique / Manche, le "rail d'Ouessant", a été réorganisée (lisez le livre pour en savoir davantage!). Notre remorqueur est, 7 jours sur 7 et 365 jours par an (et par n'importe quel temps), prêt à appareiller pour aider tout navire en difficulté dans son secteur de surveillance. Ses puissants moteurs (quatre), ses deux arbres d'hélice, ses systèmes redondants, mais aussi l'habileté de son équipage, font qu'il est capable de tirer un pétrolier de 500 000 tonnes par tous les temps (même force 12 sur l'échelle de Beaufort). Ses missions? Conseiller un capitaine dont les cartes ne sont pas à jour et qui dévie dangereusement vers les rochers. Lancer une remorque. Evacuer un équipage. Sauver un navire et sa cargaison... Que de récits à lire!

 

À l'époque, la plupart des marins des Abeilles sont issus de la marine marchande (Marmar), et le livre fourmille d'histoires recueillies auprès de ces rudes marins (ou de leurs "anciens"), instillées au fil du récit. Il y est question du déclin de l'"armement" français, concurrencé par les armateurs étrangers à bas coût (main-d'oeuvre essentiellement). p.94, on lui explique: "Tu comprends, le Philippin ou le Coréen, il n'est pas moins bon marin que nous quand il est marin. Mais les gars qui acceptent ces embarquements pour 25 dollars, ils ne sont pas plus marins que mon boucher. C'est des gars qui se tapent cinq ans de mer, qui économisent un max, et qui ouvrent un bistrot dès qu'ils sont rentrés au pays." Pas un mot du "shangaïage", par contre. Dans une des opérations (p.146) dont Hamon a été témoin, on verra l'aide-cuisinier d'un porte-container, un Malgache, être hélitreuillé par hélicoptère, "tenant à la main un pochon de plastique dans lequel il serrait les dollars économisés un à un depuis cinq ans. Et l'on a vu le pochon se déchirer, les billets s'égrener au vent des pales"...

 

On a des histoires d'hommes qui se doivent mutuellement une confiance absolue (ils risquent leur vie et celle des autres). "Il n'y a pas de bon équipage. Un bon commandant se démerde avec ce qu'il a", dit Carlos (p.236). Les femmes ne sont pas absentes (naufragées, visiteuses, épouses, et même une commandante de remorqueur de port), ou le sujet de plaisanteries de tradition goguenarde (p.196): "toujours, mon ami, toujours téléphoner à la maison, ne jamais sonner à l'improviste...", ou la vieille histoire de ce marin, rongé durant toute une traversée océanique par des doutes sur la fidélité de sa femme et quasiment en grève de la faim. Une fois rassuré sur ce point, sa grosse bordée pour arroser ça se termine... au bordel. Face à cela, les épouses se racontent de l'une à l'autre des plaisanteries de femmes de marin (p.114): "- Et ça n'est pas trop dur d'avoir votre homme pour un mois, après tant d'absence? - Mais non, voyons, un mois, c'est vite passé...". 

 

Hamon nous parle de Jean-Paul, le cuisinier-directeur général, syndicaliste qui, en 30 ans de carrière a vu défiler bien des interlocuteurs, ou Eric, trentenaire polyvalent, qu'il retrouve soit sur la passerelle (second capitaine), soit aux machines (second mécanicien). Il est aussi question, dans l'ouvrage, de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer), dont un "patron" donne ce qui pourrait être le mot de la fin pour expliquer le sens de la "mission": "je pose un postulat. Je postule que, ce que je fais, n'importe qui le ferait pour moi" (p.268). J'ai encore relevé (p.174,) la question posée à Carlos (le capitaine), d'une part, et au Prémar (Préfet maritime), d'autre part, pour savoir si l'autre était d'abord un affréteur / un affrété, un supérieur hiérarchique / un subordonné, ou bien un marin avec qui étaient entretenues des relations de marin à marin. Réponses (séparées): "D'abord un marin, [ont-ils] répondu, sans hésitation aucune".

 

Quelques années après la sortie du livre, en 2005, l'Abeille Flandre a été remplacée, à Brest, par l'Abeille Bourbon, désormais nommée (depuis avril 2025) l'Abeille Bretagne. L'Abeille Flandre a fini son service à Toulon comme navire de remorquage d’urgence de haute mer en Méditerranée, jusqu'en 2022, où il est ramené à Brest pour y être démantelé en 2023. L'une de ses hélices y est exposée. 

 

Hervé Hamon a écrit plusieurs autres livres sur le monde maritime. Coopté comme "écrivain de marine" en 2005, il a choisi en 2022 de quitter ce cénacle. 

 

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Mon autre (et dernier) livre est une autobiographie. Ayant débuté mes participations à la 2e saison du Book trip en mer de Fanja avec Kersauson, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) trouvais intéressant de les conclure par Tabarly!

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Éric Tabarly, Mémoires du large, Editions de Fallois,
Le livre de Poche N°14448, 2018 (1er DL 1998, EO 1997), 283 pages

 

Je crois qu'il s'agit du dernier livre publié par le navigateur avant sa disparition en mer, le 12 juin 1998. Un cahier central de 27 photos en noir et blanc nous présente Eric (barrant à trois ans [il est né en juillet 1931] le voilier paternel Annie...), ses proches, ses bateaux successifs, ses équipages (du moins quelques-uns des nombreux équipiers qu'il a formés), et 27 chapitres nous racontent toute sa vie à la première personne. Les premières pages sont pour "le" Pen Duick, celui qui porte aujourd'hui le numéro I d'une série poursuivie officiellement jusqu'à VI (si j'ai bien compris, celui qui aurait dû être le septième quand Taraly en réalisait la maquette est devenu, à l'ère du sponsoring-"naming", le Paul-Ricard). 

 

Cette autobiographie suit ensuite classiquement l'ordre chronologique, expose comment le Pen Duick "familial" a fini par lui être donné par son père, comment Eric s'est engagé dans la marine (dans l'aéronavale, d'abord) pour gagner une solde lui permettant de réparer le bateau, puis comment il a pu (à sa seconde tentative) entrer à l'Ecole navale pour devenir officier de la marine et ingénieur (il y faisait du sport, en privilégiant la régate sur les voiliers de l'école plutôt que la course à pied), comment il a fini (en juillet 1965) par être détaché auprès du ministère de la jeunesse et des sports (dont le ministre était alors Maurice Herzog). Avant cela, la Transat anglaise en solitaire qu'il a gagnée à bord de Pen Duick II en 1964 occupe à elle seule une cinquantaine de pages (il raconte aussi avoir dû décliner une première invitation par de Gaulle à l'Elysée (pour cause de priorité de marin... [la mise à l'eau de Pen Duick III ne pouvait se faire qu'à la même date, pour raison de marée]). 

 

J'ai entendu de mes oreilles un officier marinier retraité parler de l'époque où, depuis son propre navire, il voyait Éric Tabarly ramener au port, à Lorient, l'EDIC 9092 (engin de débarquement d'infanterie et de chars) sur lequel il a effectué son temps de commandement règlementaire (évoqué p.63). Il a pris sa retraite de la Marine nationale en juillet 1985 avec le grade de capitaine de vaisseau (équivalent à colonel dans les autres armes). p.268, il dit que c'est la Transat 76 qui a déclenché la course aux sponsors et l'intrusion de l'argent dans le monde de la voile. 

 

Toute sa vie, il l'a passée à naviguer en course au large (en solitaire ou en équipage), à faire les plans du voilier suivant, à chercher (et trouver) de l'argent pour sa construction, en tâchant qu'il soit prêt à temps pour l'engager en course... Il a créé la société Pen Duick en 1973 (son ami Gérard Petipas a accepté dès 1972 d'en être le dirigeant, ce qu'Eric Tabarly ne pouvait pas être, en tant qu'officier de la Marine nationale en activité). L'argent manquant toujours (malgré les droits d'auteurs sur les livres d'Eric), ils songent à mettre en place une maison d'(auto-)édition. Consulté à ce sujet, le baron Bich n'a pas donné d'argent, mais le meilleur des conseils, en substance (p.243): "vous êtes jeunes et prêts à travailler, Eric a un nom et vous une marque, Pen Duick, qui vaut des milliards en notoriété. Ne vous fourrez jamais entre les mains des banquiers car si vous faites appel à eux, vous êtes morts. Débrouillez-vous seuls". 

Je me rappelle encore un disque que j'écoutais, ado, "Éric Tabarly présente Les chansons de la mer" (1973), où il racontait l'un ou l'autre épisode de course entre deux chansons (je ne sais pas combien il avait dû toucher pour cela).

 

Enfin, il ne le dit pas dans le livre, mais sa fiche sur Wikipedia (consultée le 30/11/2025) signale qu'il a été admis à l'Académie de marine dans la section Marine marchande et plaisance le 5 juin 1990. Je dirais que ce livre est à son image: peu bavard, direct, sans mâcher ses mots, délivrant des informations plutôt que livrant des états d'âme.

 

J'avais lu il y a quelques années le livre écrit par son frère Patrick (né en 1944), Frères de mer (2018). Je n'ai pas (encore) lu celui écrit par sa fille Marie (née en 1984), Éric Tabarly, mon père (2008). L'un comme l'autre ont pratiqué ou pratiquent la course au large.

 

PetiteMarie29 (dernier billet en 2018) avait parlé de Mémoires du large en 2010

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