
Temps volatil
tout s’enfuit et tout revient
l’impatience du printemps
la pluie d’avril
les secrets des échancrures
Ces riens, ces légers riens
plein du frisson des choses
photo Katia Chausheva
entre ombre et lumière… entre rêve et réalité… " Eclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre "

Temps volatil
tout s’enfuit et tout revient
l’impatience du printemps
la pluie d’avril
les secrets des échancrures
Ces riens, ces légers riens
plein du frisson des choses
photo Katia Chausheva

Puisqu’il le faut
entraînons-nous à mourir
à l’ombre des fleurs
Kobayashi Issa
(Haiku,)

…Et dès l’aube hors de moi
je cherche dans le jour
le bruit d’eau de tes pas…
Pablo Neruda
Matin
photo katia Chausheva
« Il faut s’établir à l’extérieur de soi,
au bord des larmes et dans l’orbite des famines,
si nous voulons que quelque chose hors du commun se produise,
qui n’était que pour nous «
René Char
La parole en archipel

» En thérapie » sur Arte , un psy, ses patients, et leurs séances jour après jour…
( suis devenue fan de cette série que certains journaux qualifient de chef d’œuvre)
De toute évidence ma lecture n’est pas neutre cela réveille mes séances d’analyse,
ces moments intenses de ma vie ou d’acteur je suis devenue « je ».
Souvenirs où se mêlent des moments intenses.
Combat où la vie acquiert son titre de noblesse et s’écrit en Majuscule.


Il me faut regarder en face ma partie ombre et faire face.
Guerrière de la lumière je regarde mes manques, mes failles.
Travail délicat, je suis dans cette lecture-là, à découvert à travers les mots,
oubliant la dimension inconsciente de mes dires,
me retrouvant un peu perdu dans ce chemin que j’emprunte
pour voyager dans mes désirs et ma liberté d’être.
photo Alicja Pietras

– Tu l’as beaucoup aimé ?
– Beaucoup plus que beaucoup.
Je l’ai aimé tout court. Je l’ai aimé.
Pascal Quignard
Villa Amalia

Coucher les mots en douceur,
les caresser du bout des doigts
les mettre à nu sur le papier
les murmurer du bout des lèvres
les faire frissonner
pour quelques secondes d’éternité
photo Liliroze

» Elle passa un instant devant la fenêtre ouverte, reçut le soleil dans les yeux et en resta éblouie.
Et cette petite phrase : » Aimez-vous Brahms ? » lui parut soudain révéler tout un immense oubli :
tout ce qu’elle avait oublié, toutes les questions qu’elle avait délibérément évité de se poser… »
Françoise Sagan
in, Aimez-vous Brahms
La faveur des étoiles est de nous inviter à parler,
de nous montrer que nous ne sommes pas seuls,
que l’aurore à un toit et mon feu tes deux mains.
René Char
in, La faveur en archipel


« Avancer dans l’hiver à force de printemps. »

J’ai cherché ce qui flambait si fort
ce rouge couleur de braise
aux brûlures sans nom
c’était en moi
Mark Rothko 1970
sans titre, sa dernière oeuvre

« Le langage peut bien célébrer la beauté mais n’est pas capable de la restituer. »
Thomas Mann
in, Mort à Venise

Partout l’âme est un secret.
Ce qui se montre est un corps.
Pascal Quignard
Vie secrète
photo Katia Chausheva





Quand ?
photos Fenice Venise

Ecrire et caresser
de la même main…
photo Katia Chausheva

Il faut affûter la vie comme un crayon…

Les images s’entrecroisent
liberté incandescente
vertige
frôlement d’un désir inavoué
palpitation d’un présent
qui ose s’inventer
photo katia Chausheva

« L’instant, rien d’autre,
la notation pure et simple:
une énorme liberté insoupçonnée est là. »
Philippe Sollers
photo Anders Petersen

Caresser la joue d’un être aimé,
c’est jouer une phrase musicale
Merveilleux éphémère
photo Katia Chausheva

Ne restons pas debout
dit-elle
je n’ai plus de jambes…

Toute fleur est une fleur refleurie,
toute pluie une source retrouvée,
toute larme une peine ravivée,
tout visage un regard reconnu,
tout sourire un don échangé.
François Cheng
La vraie gloire est ici

« …Il n’y a ni vrai, ni faux, juste la vie-rivière
et nos bonds maladroits d’une parole à l’autre… »
Christian Bobin
La grande vie

« Cela raconte beaucoup de choses une rivière, pour peu que l’on sache l’écouter.
Mais les gens n’écoutent jamais ce que leur racontent les rivières, ce que leur racontent les forêts,
les bêtes, les arbres, le ciel, les rochers des montagnes, les autres hommes.
Il faut pourtant un temps pour dire, et un temps pour écouter. »
Philippe Claudel
Le rapport de Brodeck

De façon inespérée
survient quelquefois une musique
qui palpe notre parole la plus cachée.
Il peut arriver alors que cette musique
la mette en lumière ou reste avec elle
dans le candélabre le plus secret.
Dans tous les cas
notre solitude a rencontré
une présence indéfectible.
Roberto Juarroz
14ème poésie verticale

» En amour, il n’y a pas de parce que, pas de raison,
pas d’explication, pas de solution. «
Anaïs Nin

Fantasme délicieux
que celui d’écrire
avec des crayons épicés

« Ce sont ces petits riens
Que j’ai mis bout à bout
Ces petits riens
Qui me venaient de vous… »
Serge Gainsbourg
photo katia Chausheva

J’écris,
en laissant envahir la page
d’une encre qui vient de l’âme
une lente mélopée mouillée
d’un murmure presque inaudible
un poème sans structure, sans rimes
des bribes, des lambeaux de brume
les miettes inquiètes de ma tendresse
échappées au chaos de la nuit
photo katia Chausheva

« Le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout »
Albert Camus.

Les yeux rivés à la fenêtre éclairée,
une femme entend le vide –se nourrir,
dévorer ce spectacle inexistant, invisible,
la lumière d’une chambre où d’autres sont.
Marguerite Duras
in, Le ravissement de Lol V.Stein
photo Elini Fini
Arrêt photos sur la route
les Vosges en majesté.




Sentir à travers
la douceur de la main,
la douceur de la vie

Non, décidément, n’allez pas là-bas si vous vous sentez le coeur tiède,
et si votre âme est une bête pauvre !
Mais, pour ceux qui connaissent les déchirements du oui et du non, de midi et des minuits,
de la révolte et de l’amour, pour ceux enfin qui aiment les bûchers devant la mer,
il y a, là-bas, une flamme qui vous attend.
Albert Camus, in l’Eté,
(La grisaille me pèse, grand besoin de liberté, de m’évader,
alors pourquoi ne pas brûler avec les mots de Camus )






Vosges…
Alsace Haut-Rhin

A l’image des mages venus d’Orient qui se sont mis en route sous le signe bien fragile d’une étoile,
notre quête permanente, nos questionnements, nos interrogations nous mettent en mouvement.
Chercheurs de beauté, de vérité, nous pouvons ainsi découvrir ce qui donne sens en continuant à regarder l’étoile,
celle qui nous a fait prendre route.


Un 4 janvier Camus nous quittait.
Il est une de ces rencontres qui vous renversent. A chaque lecture il donne le goût de la vie.
Penseur engagé en rupture avec son époque privilégiant l’Homme. L’ombre d’un homme qui marche au soleil entre deux rives, Albert Camus figé dans une éternité noire et blanche.
Il y a l’écrivain tourmenté qui conjuguait amour et désespoir de vivre, il y a l’Homme solaire, lumière célébrée en de sublimes Noces, sa terre mère » habitée par les dieux » communion charnelle avec la nature,
le soleil, la mer, la lumière, la beauté des plages, homme révolté qui marchait au soleil » dans la merveilleuse paix d’un été endormi »
Il y a l’homme qui aima les femmes, cette femme aimée, celle dont on étreint le corps pour » retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel et de la mer » D’abord la mère, la première femme désespérément aimée… tout homme est le premier homme, c’est pourquoi il se jette aux pieds de sa mère… et sa mère telle qu’elle était demeurait ce qu’il aimait le plus au monde, même s’il l’aimait désespérément lui le fils, l’écrivain reconnu, célébré, qui se dit » incapable de trouver à travers des milliers de mots ce qu’elle pouvait dire à travers un seul de ses silences. »
Il y a tant de mots qui résonnent dans toutes ces lectures.
Merci de m’avoir appris
« … qu’il y avait en moi un été invincible »
« Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre «
et en reprenant les mots de Lacan : « Ne jamais céder sur son désir »
photo stèle à Tipasa que j’ai eu la chance de voir lors d’un voyage en Algérie
sur les traces de Camus.

Année 2021
Ne rien prévoir
sinon l’impossible
ne rien attendre
sinon l’inattendu.

La vie reprend son cours
au rythme des jours simples,
je n’en suis pas mécontente.

Que l’année nouvelle éclaire votre réalité
sans toucher à vos rêves.
Tous mes voeux
Bonne année à Vous !
Ouvrons nos portes sans frilosité pour franchir ce soir le seuil de la nouvelle année.
Quoi de plus symbolique qu’une porte et ce verbe « ouvrir » qui aime l’inconnu et l’aventure,
se grise de risque, aime le vertige, perd la boussole, se moque des frontières.
Laissons-nous emporter par le souffle de ce verbe ouvert sur la saveur acidulée de la vie,
sur les émotions délicates, les sensations patiemment tamisées,
l’ivresse d’un baiser qu’on attendait plus.
Ouvrons nos yeux, nos bras, nos mains, cueillons cette rose ultime de décembre.

Bon passage vers demain !

On s’éveille, à peine l’aube, on a rêvé.
Une étrange émotion nous tient
sur la ligne floue des images s’entremêlent.

« Tu me parles avec des mots
moi je te regarde avec des sentiments »
in, Pierrot le fou de Jean Luc Godard
photo Katia Chausheva

L’intensité est silencieuse.
C’est indéfinissable mais cela vous tient.
Lorsqu’on me demande ce que je fais,
je réponds simplement:
j’attends d’être surprise.
photo Katia Chausheva

L’hiver est une apparence,
qui ne cesse de préparer le printemps
La nature s’évertue à rendre possible sans cesse l’avenir…
photo balade du jour dans les Vosges

Grand besoin d’un bol d’air frais.

Avec ces quelques fleurs,
je vous souhaite à toutes et tous
une belle et douce fête de Noël !
Elisanne

Où vont les rêves lorsqu’ils s’endorment ?
photo Katia Chausheva