« Pourtant pro-communiste, j’ai aidé des juifs à quitter l’URSS. »
(Jean-Luc Mélenchon)
Nouvelle tartarinade de l’Histrion.
Ci-dessous, rare photo du grand timonier de LFI ouvrant la voie à des juifs désireux de fuir l’Union soviétique stalinienne.
« Pourtant pro-communiste, j’ai aidé des juifs à quitter l’URSS. »
(Jean-Luc Mélenchon)
Nouvelle tartarinade de l’Histrion.
Ci-dessous, rare photo du grand timonier de LFI ouvrant la voie à des juifs désireux de fuir l’Union soviétique stalinienne.
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Une résolution a été présentée à l’ONU, le 3 décembre, pour demander le retour dans leur pays des enfants ukrainiens enlevés par les forces russes depuis 2022, dont il est difficile d’évaluer le nombre exact et de dire quel sort leur a été réservé.
On pourrait penser avec naïveté, si l’on n’avait pas déjà une connaissance minimale des capacités qu’a le genre humain de s’illustrer dans l’ignominie, que lorsqu’il s’agit d’enfants l’idéologie, la propagande guerrière et les mensonges qui vont avec pourraient être refoulés le temps d’un vote présentant un caractère humanitaire, mais non, rien n’y fait.
Il s’est trouvé 57 pays assez lamentables pour s’abstenir sur la question et 12 autres assez ignobles pour voter contre. Parmi ces derniers, on trouve encore et toujours la Corée du Nord, la Biélorussie, l’Iran, le Nicaragua, Cuba évidemment, et quelques pays africains, dont les représentants estiment donc que l’enlèvement d’enfants est justifiable.
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Sur le site du Parti communiste polonais il est écrit que « son nom immortel [il s’agit de Staline] vivra à jamais dans le cœur de toute l’humanité progressiste et que le peuple polonais éprouve une affection particulièrement chaleureuse pour son sauveur et défenseur ».
Hier, malgré tout cet amour, le Parti a été interdit par la Cour constitutionnelle de Pologne.
J’hésite à lancer une pétition…
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Parmi les bobards qui continuent de circuler concernant les « acquis » de la révolution cubaine, figure en première place, avec le système éducatif, tout ce qui concerne le système de santé, présenté comme admirable. Les inconditionnels du régime castriste répètent comme un mantra ce qui s’est transformé avec les années en mensonge énorme. Car ce système de santé cubain s’est effondré, comme pratiquement tout le reste, l’état déplorable des hôpitaux et la pénurie de médicaments n’en étant que les symptômes les plus visibles.
Je voudrais partager aujourd’hui ce texte que l’on doit au collectif féministe cubain « Alas Tensas ». Il évoque ce qu’on appelle ordinairement un « fait divers », ici mis en valeur, mais révélateur de la gravité d’un problème particulièrement aigu à Cuba : les grossesses adolescentes. F. M.
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Le 28 novembre dernier, la Direction provinciale de santé de Granma, à Cuba, a fait état sur les réseaux sociaux, comme s’il s’agissait d’une histoire inspirante, du cas de Leidys, une adolescente de 14 ans enceinte, ce qui a déclenché une vague de critiques.
La publication décrit la mineure comme une jeune fille qui a assumé sa grossesse « avec une maturité extraordinaire », souligne son désir de poursuivre ses études secondaires et de devenir enseignante, et lui souhaite « santé et bonheur », ainsi qu’à sa future fille. Cependant, le message ne fait absolument aucune référence à la prévention des grossesses chez les adolescentes, à la responsabilité familiale ou aux mécanismes de protection de l’État.

Pour beaucoup, ce propos revient à légitimer symboliquement la maternité infantile et à tenter de normaliser une situation qui devrait déclencher toutes les alarmes en matière de santé publique, d’éducation et de droits de l’enfant. Les commentaires critiques soulignent que le système de santé, au lieu de se réjouir de cette histoire, devrait fournir des informations claires sur l’éducation sexuelle, la contraception, les risques physiques et psychologiques d’une grossesse à 14 ans, ainsi que les moyens de signaler les abus et d’accompagner celles qui en sont victimes. Le nouveau Code pénal cubain, approuvé en 2022 par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire [et qui, rappelons-le au passage, n’inclut pas le féminicide comme délit ou crime, note du traducteur], a de facto abaissé le seuil de protection pénale absolue en matière sexuelle : ce n’est qu’au-dessous de l’âge de 12 ans que la loi présume automatiquement l’absence de consentement valable. Entre 12 et 17 ans, la légalité ou non des relations dépend de l’éventuelle preuve de violence, d’intimidation, de tromperie ou d’abus d’autorité.
L’avocate et directrice de l’association Cubalex, dédiée à la défense des droits humains des citoyens cubains, Laritza Diversent, a exprimé sa préoccupation quant à ce cadre légal : « Le Code pénal envoie un message très clair à la société cubaine : si tu as 11 ans, tu es une enfant qui a besoin de protection. Si tu en as 12, l’État te considère déjà comme suffisamment mature pour que ton consentement puisse être débattu devant les tribunaux. Cette réglementation normalise le fait que des filles de 12, 13 ou 14 ans puissent avoir des relations sexuelles avec des adultes, à condition qu’il n’y ait pas de preuve de tromperie ou d’abus. En d’autres termes, la charge de la protection entraîne à devoir prouver la manipulation, et non à empêcher un adulte de coucher avec une mineure. »
Le contraste entre ce cadre juridique, remis en question par les spécialistes des droits humains, et l’image édulcorée d’une jeune fille de 14 ans convertie en mère révèle comment le discours institutionnel occulte la dimension structurelle du préoccupant problème des grossesses chez les adolescentes à Cuba : manque d’éducation sexuelle complète, inégalités entre les sexes et absence de politiques de prévention efficaces.
Plutôt que d’applaudir la prétendue « maturité » d’une enfant mineure, les autorités devraient garantir des environnements sûrs, des informations véridiques et une protection réelle des filles et adolescentes à Cuba.
Alas Tensas
Publié dans 07. Cuba | Leave a Comment »
Les âmes sensibles de gauche et d’extrême gauche spécialisées dans la dénonciation de la répression vous ont-elles déjà parlé de Yosvany Rosell García ? Non ! C’est « normal », il n’est ni palestinien, ni kurde, ni rien du tout d’ailleurs dans cette curieuse et assez insupportable hiérarchie des malheurs du monde, qui n’a jamais cessé de trier entre bonnes et mauvaises victimes.
Yosvany Rosell García est cubain. Il a été arrêté le 11 juillet 2021, à Holguin, lors d’une de ces manifestations auxquelles ont participé ce jour-là des centaines de milliers de citoyens à travers tout le pays. Une sévère répression s’est abattue dans les semaines et les mois qui ont suivi, dont j’ai abondamment parlé ici même et qui n’a guère intéressé lesdites âmes sensibles.
Parmi les quelque 1500 personnes passées devant les tribunaux, Yosvany Rosell García est de ceux qui ont écopé des plus lourdes peines. Condamné à 15 ans de privation de liberté, pour avoir simplement exercé un droit humain fondamental, celui de manifester pacifiquement, il n’a cessé de protester contre cette infamie, et s’est lancé dans une grève de la faim qui est en train de tourner au cauchemar, pour lui bien sûr, mais aussi pour sa famille, ses trois enfants et tous ceux que son arrestation et sa condamnation ont révoltés.
Yosvany Rosell García en est à son quarantième jour de grève de la faim et son état de santé est tel que les autorités ont convoqué ses proches parents, lundi 1er décembre, à l’hôpital d’Holguin où il a été transféré, afin que ces derniers l’amènent à mettre fin à cette grève.
Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, Alina Bárbara López Hernández nous dit que « le témoignage de sa sœur révèle un contexte de pression extrême, de manipulation émotionnelle et d’absence totale de volonté politique de la part du régime pour répondre aux raisons qui ont conduit Yosvany Rosell García à mettre sa vie en danger. Le directeur de l’hôpital, le chef du service de soins, le chef provincial des établissements pénitentiaires, le chef provincial de la Sécurité d’État (police politique), un psychologue venu de La Havane et une équipe médicale étaient présents à cette réunion.
Ce déploiement inhabituel pour un prisonnier politique dont l’état de santé a été ignoré pendant des semaines n’avait pas pour but de négocier. L’objectif était de le forcer à mettre fin à sa grève, avec la participation directe de sa famille. Les autorités ont exigé de ses membres qu’ils signent un document de « consentement assisté », dans lequel la famille s’engageait à autoriser des mesures médicales invasives, et cela contre la volonté de Yosvany Rosell García lui-même*. »
La famille a demandé à pouvoir lui parler avant toute intervention. Sa sœur a clairement exprimé une position éthique et humaine : si les médecins doivent intervenir, ils doivent d’abord permettre à la famille d’expliquer à Yosvany Rosell García ce qu’ils font et pourquoi. Mais le directeur des établissements pénitentiaires a catégoriquement refusé. Les membres de la famille ayant insisté, ils ont été expulsés de la réunion, sans pouvoir à aucun moment exposer les raisons pour lesquelles leur mari, fils ou frère, selon les cas, s’était lancé dans cette grève de la faim, à savoir : la révision de sa condamnation injuste pour avoir participé aux événements du 11 juillet, des conditions de détention dignes et non dégradantes, la fin des mauvais traitements, de l’isolement et des punitions, des soins médicaux réels et non répressifs.
Il est évident que le régime cubain n’a nulle intention de discuter de ces revendications, et encore moins de les satisfaire. En attendant, l’état de santé de Yosvany Rosell García demeure critique. Sa famille et tous ceux qui le soutiennent souhaiteraient qu’une pression internationale s’exerce auprès du régime cubain pour mettre fin à cette situation, mais on sait que pour diverses raisons aussi minables et honteuses les unes que les autres, cette pression a du mal à prendre forme quand il s’agit de Cuba, où un régime dictatorial a déjà laissé mourir d’une grève de la faim seize détenus politiques depuis 1966.
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* Dernière minute : Yosvany Rosell García a accepté aujourd’hui que lui soit administré un sérum hydratant. Espérons que son calvaire cesse au plus vite.
Publié dans 07. Cuba | 1 Comment »
A Cuba, le ministère de la Santé publique (Minsap) vient enfin d’admettre ce que de nombreux citoyens de ce pays affirment depuis des semaines sur les réseaux sociaux : l’épidémie de chikungunya – à laquelle s’ajoute celle de la dengue – qui touche actuellement des milliers de personnes, a entraîné des décès. Si le Minsap estime à 33 le nombre de morts, dont 21 personnes mineures, les utilisateurs desdits réseaux sociaux y voient là encore une minimisation scandaleuse de la réalité. Tous disent que les morgues, les services funéraires et les cimetières sont débordés par le nombre de victimes.
Par ailleurs, certains médecins commencent à s’exprimer eux aussi publiquement quant à la nature de cette épidémie, allant jusqu’à se demander s’il s’agit bien de chikungunya, tant les symptômes, notamment l’apparition de nombreuses pneumonies sévères, et le taux de mortalité, habituellement très faible, leur semblent peu compatibles avec cette maladie.
Mais comme d’habitude à Cuba, pour savoir la vérité, c’est pas facile…
Publié dans 07. Cuba | Leave a Comment »
C’est dans une île en plein marasme sanitaire, alimentaire et social que la « bonne nouvelle » est arrivée, dont on peut douter, toutefois, qu’elle parvienne à consoler des Cubains en quête quotidienne de nourriture et de médicaments, entre autres : la parution, prévue pour le mois d’août prochain, des « œuvres choisies » de Fidel Castro, qui compteront 23 volumes.
Comme le dit avec humour Mónica Baró Sánchez dans une nouvelle vidéo, le commandant en chef de la révolution cubaine ne pouvait rester plus longtemps trop loin derrière José Martí, le héros national cubain, dont les œuvres complètes comptent 28 tomes.
Mais si les écrits de l’apôtre de la lutte pour l’indépendance de Cuba peuvent être lus avec intérêt, José Martí étant, lui, un véritable penseur, écrivain et poète à ses heures, on se demande bien qui pourra se farcir sans sombrer dans un ennui profond les interminables discours du narcissique Fidel Castro, ce démagogue bavard qui n’avait rien des qualités de pensée et d’écriture de José Martí.
Bah, il se trouvera bien ici un plumitif assez servile, un Ignacio Ramonet, ou une dinde apprivoisée par le castrisme, une Ségolène Royal, pour en faire la promotion.
Publié dans 07. Cuba | Leave a Comment »
Dans la partie finale de mon livre « Chroniques d’un cauchemar sans fin », consacré à Cuba, figurent cinq articles rédigés par des journalistes indépendants de ce pays. L’un de ces textes est dû à la plume de Mónica Baró Sánchez, une jeune femme qui racontait l’interrogatoire qu’elle avait dû subir dans les locaux de la Sécurité d’Etat, la police politique castriste.
Mónica Baró Sánchez a désormais quitté son île natale et publie régulièrement depuis son exil, sur les réseaux sociaux, des petites vidéos qui témoignent de sa ferme opposition au régime politique de son pays. Le 25 novembre, elle a profité du neuvième anniversaire de la mort de Fidel Castro pour dresser un petit bilan*, incomplet mais déjà sinistre, de la situation cubaine actuelle, dont voici la traduction. F. M.
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Neuf années ont passé depuis la mort de Fidel Castro. Et Miguel Díaz-Canel, actuel président de la République de Cuba, a tenu à lui rendre hommage, sur les réseaux sociaux, de cette façon : « #Fidel vit parmi nous. Qui en doute devrait lire, voir, écouter ce que continue de nous dire le commandant en chef de la révolution cubaine, depuis l’immortalité de ses idées jusqu’à la force de son héritage, qui continuent de nous interpeller tous les jours. #cent ans avec Fidel. »
Voyons ce qu’est cet héritage de Fidel Castro dans ce Cuba de 2025.
– 89% des familles cubaines vivent dans une grande pauvreté ;
– 70% de Cubains ont renoncé à au moins un des repas quotidiens ;
– 12% des plus de 70 ans continuent de travailler** ;
– 58% des plus de 70 ans reçoivent moins de 4500 pesos par mois, ce qui équivaut à peu près à 10 dollars ou 8,70 euros ;
– Coupures de courant de 4, 6, 8, 20 heures, 24 heures, 48 heures consécutives au cours de ces dernières années ;
– Une partie de la population ne dispose pas d’accès à l’eau. Des quartiers entiers en sont privés parfois durant des semaines, des mois ;
– Plus de 1,5 million de personnes vivent dans des quartiers vulnérables, et 20% d’entre elles sont âgées de plus de 60 ans ;
– 35% des logements se trouvent dans un état médiocre ou mauvais. Il existe un déficit habitationnel de 805000 logements ;
– 3700 personnes sont sans logement ;
– Près de 3 millions de Cubains ont quitté l’île au cours des cinq dernières années ;
– Près de 80% de la population déclarent souhaiter émigrer ;
– Valeur du peso cubain : en 2019, il fallait 20 pesos pour un dollar ; aujourd’hui, il en faut 450 ;
– Mortalité infantile : 8,2 décès pour 1000 naissances. Mortalité maternelle : 56,3 décès pour 1000 accouchements ;
– 100 personnes sont actuellement en thérapie intensive pour cause d’épidémies, notamment de chikungunya. La majorité d’entre elles sont mineures. Plus de 20000 cas de chikungunya recensés en 2025 (sur une population d’un peu moins de 10 millions d’habitants), dont 15500 entre le 11 octobre dernier et le 1er novembre. [Note du traducteur : si l’existence d’une épidémie n’est pas de la responsabilité du régime politique en place dans un pays, en revanche les moyens déployés pour y faire face le sont. Or, l’état calamiteux des hôpitaux et la grave pénurie de médicaments qui sévissent à Cuba expliquent les progrès incessants de l’épidémie au cours des dernières semaines.]
– Le déficit d’enseignants était de 17278, selon une donnée officielle de 2023.
Vous me direz s’il s’agit là d’un héritage dont on peut être fiers.
Note personnelle
Dans les commentaires publiés sous la vidéo de Mónica Baró Sánchez, il apparaît que plusieurs Cubains pensent que certains chiffres sont ici minimisés, notamment en ce qui concerne les personnes âgées qui continuent de travailler, le taux de 12% leur paraissant bien au-dessous de la réalité. Il manque aussi à ce court et dramatique bilan l’état déplorable de la voirie, notamment à La Havane où des dépôts d’ordures permanents sont visibles dans d’innombrables coins de rues, ainsi que le délabrement des hôpitaux et des services funéraires.
Les graves pénuries alimentaires, le très inquiétant problème des féminicides, le nombre record de prisonniers politiques et tout ce qui touche aux droits humains fondamentaux (liberté d’expression, d’association, de syndicalisation, etc.) ne sont pas non plus abordés ici, mais comptent évidemment toujours parmi les principaux maux que connaît l’île de Cuba depuis trop longtemps. F. M.
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* Pour établir ce bilan, Mónica Baró Sánchez s’est appuyée sur les sources suivantes : « The Economist », « Cubadebate » (site officiel du gouvernement cubain), Observatoire des droits sociaux à Cuba. Pour ceux qui ont accès à Facebook, voici le lien pour accéder à la vidéo.
https://www.facebook.com/reel/817699677797372
** L’âge de la retraite est de 60 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes à Cuba.
Publié dans 07. Cuba | 1 Comment »
Il y a onze ans exactement, le 23 novembre 2014, l’équipe du Forum Léo-Ferré faisait ses « adieux à la scène » en proposant le premier Marathon de la chanson, dans la salle de l’Alhambra, à Paris, avec 42 artistes programmés, accompagnés, pour certains, de leurs musiciens.
Si l’on repense avec plaisir à cette magnifique journée, on ne peut s’empêcher toutefois d’éprouver un peu de peine devant les images de cinq des participants à ce Marathon qui nous ont quittés depuis : Anne Sylvestre, Philippe Forcioli, Michel Bühler, Laurent Aichhorn (pianiste) et tout récemment Jean Guidoni.
La liste des bénévoles du Forum apparaît ici dans le générique de fin de cette vidéo. Geneviève Métivet, dite Dame Guenièvre, s’en est allée elle aussi.
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Depuis plusieurs années, l’association Prisoners Defenders, basée à Madrid et qui s’est fixé pour tâche d’informer sur la situation des prisonniers politiques à Cuba, remet régulièrement des rapports à divers organismes de l’ONU chargés des droits humains, afin que cette information circule et qu’une pression soit exercée sur le régime castriste pour qu’il mette fin ou atténue pour le moins la répression permanente qui vise toute voix discordante.
Si, sur ce second point, on peut se montrer très sceptique quant aux chances de voir ce régime modifier des pratiques qui sont celles d’un Etat totalitaire, du moins les rapports de Prisoners Defenders nous permettent-ils de disposer d’une information assez complète, que les thuriféraires du régime castriste continuent de vouloir ignorer.
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Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire (WGAD) vient de statuer sur le cas de 49 prisonniers arrêtés lors des manifestations du 11 juillet 2021, détenus arbitrairement, pour des motifs politiques et idéologiques et sans procédure régulière ni droit à une défense, en plus d’avoir subi de multiples autres atteintes aux droits humains, comme la disparition forcée, l’isolement et la torture.
L’organe des Nations unies dénonce ces violations et demande instamment à Cuba de libérer immédiatement et de disculper pénalement ces 49 personnes, et de les indemniser pour les dommages subis. Le groupe de travail de l’ONU, avec ces 49 nouveaux cas, place Cuba comme le premier pays au monde pour la détention arbitraire depuis 2019, avec 93 cas recensés entre 2019 et 2025, devant l’Égypte, avec 73 cas de détention arbitraire.
De 2019 à 2025, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire s’est penché sur 93 cas à Cuba, pour lesquels il a constaté que les personnes privées de liberté l’avaient été sans procédure régulière et avec d’innombrables violations de leurs droits humains, pour avoir simplement exercé des droits internationalement protégés, tels que liberté d’expression, liberté religieuse, droit de réunion pacifique, de manifestation et de participation civique. Le Groupe de travail certifie que le régime cubain a perpétré, contre ces 49 nouvelles victimes et les 44 précédentes, six des onze crimes possibles contre l’humanité définis par le Statut de Rome.
Dans tous les cas, le Groupe de travail effectue un travail d’arbitrage, permettant la défense effective de l’Etat mis en cause, que le régime cubain a d’ailleurs exercée jusqu’en 2025. Il s’agit d’un processus dans lequel des experts de différents pays, choisis et approuvés par les Nations unies, procèdent à une analyse exhaustive des positions et des preuves des deux parties en litige, en l’occurrence Prisoners Defenders et le gouvernement de Cuba, pour finalement émettre des conclusions qu’ils appellent « avis ». Les avis du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire sont des documents publics qui évaluent si un cas de privation de liberté constitue une détention arbitraire et, le cas échéant, recommandent à l’État d’adopter des mesures telles que la libération de la personne.
Dans le cas présent, Cuba s’est défendu et a perdu toutes les procédures d’arbitrage sur les affaires portées par Prisoners Defenders jusqu’à aujourd’hui. Pour 2025, et les 49 nouveaux cas présentés avec les preuves documentées les plus concluantes, le régime ne s’est pas aventuré cette fois à réfuter les allégations et a tacitement accepté les arguments et les preuves présentés par Prisoners Defenders.
Avec la condamnation du régime pour les 93 personnes détenues arbitrairement entre 2019 et 2025, Cuba se classe comme le pays comptant le plus grand nombre de victimes reconnues par les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire.
Dans les 93 cas étudiés depuis 2019, le Groupe de travail des Nations unies a également noté que nombre d’entre eux auraient pu être considérés comme des cas de disparition forcée, ce qui coïncide avec les données du Comité des Nations unies où Cuba figure au quatrième rang des pays du monde pour les actions urgentes adoptées concernant les disparitions forcées. Avec 193 actions urgentes sur les disparitions forcées depuis 2012, Cuba n’est devancé que par le Mexique, l’Irak et la Colombie. Avec une particularité essentielle : alors que dans ces pays les disparitions forcées sont le fait de mafias, à Cuba la seule mafia à l’origine des disparitions forcées est le gouvernement lui-même.
Ce qui distingue par ailleurs le cas cubain, c’est que dans la plupart des pays les avis du Groupe de travail se réfèrent à des cas individuels, alors qu’à Cuba il est désormais courant qu’un seul avis couvre des groupes de personnes détenues simultanément. Au cours des huit derniers mois seulement, ce fut le cas pour trois groupes de 17, 16 et 33 personnes, « coupables » d’avoir protesté contre les incessantes et interminables coupures de courant que connaît tout le pays ces dernières années.
(Texte établi à partir du rapport de Prisoners Defenders.)
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