
Parmi les nombreuses séductions qu’exercent les carex sur le botaniste ou le simple promeneur, il en est une qui émane de la composition tuilée verte et noire de leur épi femelle – laquelle atteint à sa quintessence chez la Laîche noire, la Laîche aiguë et la Laîche élevée1. Nous viennent alors à l’esprit les mots chinure, architecture, orfèvrerie ou serpent… selon que nous pensons à une étoffe, au toit d’un palais oriental, à un bijou serti d’émeraudes et de jaspes noirs, à une imaginaire couleuvre verte et noire.
Rappelons que les eu-carex – dont participe notre Laîche élevée : Carex elata Allioni – se singularisent par la présence d’épis mâles et d’épis femelles d’aspect différent, portés sur le même pied, les premiers occupant la partie sommitale. Mais la nature n’entrant jamais dans des boîtes, il est fréquent que les épis femelles les plus hauts soient comme soumis à quelque indécision sexuelle, et affichent alors un caractère bisexué, réservant une part plus ou moins longue de leur cime pour accueillir des fleurs mâles.
La Laîche élevée sème ses gros et spectaculaires touradons2 sur les étangs brennoux. Mais les Castelroussins n’ont pas besoin d’aller si loin. Il leur suffit de faire le tour du petit plan d’eau Les Chevaliers, à deux pas de chez eux… pour y découvrir l’insolente beauté verte et noire.
(27 av
1Curieusement, les trois plus beaux carex verts et noirs appartiennent au groupe réduit des eu-carex à deux stigmates.
2Voir la chronique intitulée Les touradons brennoux, dans L’Écho du Berry du 24 février 2011.



