
Les voiles chez les champignons – organes complexes et nobles – signent en général un degré supérieur d’évolution chez ceux qui en sont pourvus. Voile général et voile partiel, qui assurent la protection des bébés champignons, des lames ou des tubes, et qui se résolvent en volve, en bourrelets, en restes membraneux, en cortine, en anneau, en armille, en traces annulaires… autant de restes vélaires persistants ou caduques, visibles ou estompés.
Chez notre cortinaire, les fils arachnéens de la cortine, tendus entre le bord du chapeau et le haut du stipe, sont fugaces. Quant au voile général, il se résout en une ceinture oblique, fibrilleuse et blanche, souvent plus visible avec l’âge quand elle brunit et offre alors un contraste plus marqué. Il n’en fallut pas davantage au mycologue suédois Elias Magnus Fries – qui n’y alla jamais avec le dos de la cuillère en matière de nomination – pour qualifier ce cortinaire de balteatus – dont la traduction française : ceint, tombe abrupte et semble d’une autre époque.
Cortinarius balteatus (Fries) Fries participe du groupe des Variecolores – qui réunit des espèces robustes, souvent dotées de teintes cyanées et d’odeurs terreuses.
Le nôtre se singularise par son chapeau peu visqueux, vite ressuyé, et alors presque velouté, ne présentant des teintes bleutées que sur la marge. Ses lames blanchâtres, sans nuances lilacines, son pied clavé, dont la blancheur s’estompe sous le voile bruni par les spores et le brun ochracé qui monte à partir du bulbe, la chair blanche et ferme, à odeur faible et réagissant en bleu-vert au gayac, ainsi que les spores amygdaliformes, finement et densément verruqueuses, mesurant 10-12 x 5,5-6,5 microns, complètent le tableau de ce Phlegmacium. Inédit dans l’Indre, il a élu domicile dans un petit bois, sur la commune de Baraize, à proximité d’Éguzon.
(26 octobre 2017)



