
Lorsque vous traversez le Massif Central en voiture, en cette période de l’année, et que le long des routes et autoroutes se déroulent sans discontinuer des tapis jaunes de fleurs, se rétrécissant et s’élargissant de-ci de-là, flanquant les bas-côtés jusqu’à mordre le goudron… Eh bien, que vous le vouliez ou non, ces bandes jaunes obsèdent votre regard, imprègnent vos rétines et vous interrogent : Mais quelles sont donc ces fleurs qui coulent miraculeusement en laves jaunes ? D’où viennent-elles ? Par quel irrépressible instinct migratoire sont-elles venues ?
Avec un brin de curiosité et un ouvrage de botanique, vous parvenez assez facilement à identifier le Séneçon du Cap : Senecio inæquinans Augustin de Candolle, originaire d’Afrique du Sud comme l’indique son nom français.
Les séneçons sont des Astéracées jaunes construites sur le modèle de la Marguerite. Le nôtre se démarque des autres espèces par ses feuilles linéaires et par la base de ses tiges ligneuses ; il est considéré comme invasif.
Encore tout à l’ivresse de ces tapis jaunes qui remontent jusqu’à Montluçon… me voilà à traverser le Pont Cantrelle à Châteauroux. Et que vois-je ? Le Séneçon du Cap !… dans les interstices du trottoir, et en nappes jaunes sur le flanc oblique de la voie ferrée… ici même où floconnent encore les grises Queues de lièvre*.
(23 novembre 2017)
*Voir L’Écho du Berry du 27 juillet 2017.



