
Tout mycologue possède sa panoplie de réactifs chimiques – lesquels se scindent en réactifs microchimiques et en réactifs macrochimiques.
Les premiers portent les noms poétiques de rouge Congo ammoniacal, bleu de crésyl, fuchsine de Zielh, réactif iodé de Melzer… et sont utilisés sous le microscope. Les seconds sont la soude, la potasse, l’ammoniaque, le formol, le sulfate de fer, l’oxyde de thalium, le phénol, le gaïac, le nitrate d’argent… et servent directement sur le terrain (quel mycologue n’a pas son cristal de sulfate de fer dans sa poche!). Tous ont pour but de faire réagir un élément du champignon : chair, pied, chapeau, spore, cystide… en provoquant une réaction colorée rouge, jaune, bleue, verte, violette, rose ou noire… Car il faut le savoir : pour déterminer un champignon, ses caractères chimiques sont aussi importants que sa morphologie et sa couleur, son odeur et sa saveur, ses particularités microscopiques.
Certaines entités fungiques ont leurs réactifs de prédilection ; ainsi les russules en appellent surtout au sulfate de fer, au phénol ou au gaïac, alors que les cortinaires s’adonnent plus volontiers aux bases fortes et à l’oxyde de thalium.
Les polypores ne sont pas en reste. Considérons notre Funalie exténuée : Coriolopsis gallica1 (Fries) Ryvarden. Elle ressemble beaucoup à son homologue la Funalie de Trog2 et, en cas de doute, seule la chimie permet immédiatement de les séparer : la chair brune de la première réagit en noir à la potasse, alors que la chair plus pâle de la seconde reste insensible à ce même réactif.
(22 février 2018)
1Voir L’Écho du Berry du 18 févier 2016.
2Voir L’Écho du Berry du 27 février 2011.


