
Dans les après-midis chaudes, toujours vaporeuses, Octave s’étendait sur une chaise longue, à l’ombre d’un Buddleia couvert de papillons.
Jacques Chardonne, Romanesques, 1937
Nous ne sommes pas encore à la saison des vaporeuses chaleurs, et les premiers papillons diurnes à voleter sont des Citrons tout juste sortis de leurs draperies de lierre, et des Aurores orange et blanc, écloses de leur chrysalide et butinant de Cardamine en Cardamine des prés.
Les Buddleias ne sont alors que de spectrales silhouettes, balançant leurs bruns et marcescents épis dans la blancheur crayeuse des terrains vagues. Mais ils s’étofferont bientôt de feuilles vert grisâtre, se chargeront de gros et denses épis de fleurs violettes à œil orange, et se recouvriront d’une nuée de papillons.
Buddleia – ou Buddléia, ou Buddleja – est un mot gommeux-aqueux qui roule dans la bouche en une vague suave ; il honore l’ecclésiastique et naturaliste anglais Adam Buddle (1662-1715), et le binôme complet de notre plante : Buddleja davidii Franchet, rend également hommage au Père David (1826-1900), grand découvreur de végétaux en Chine.
Originaire de ce pays, l’Arbre aux papillons fut introduit pour la première fois en France à Verrières-le-Buisson, en 1895, dans la propriété Vilmorin. Depuis, il se dissémine en toute liberté le long des routes et autoroutes, au cœur des ripisylves et des fourrés rudéraux.
(22 mars 2018)


