Euphorbia peplus

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Présente toute l’année, tant au cœur de l’hiver qu’au plus chaud de l’été, toujours verte, élégante, ramifiée et légère, elle est la plante compagne par excellence. On l’appelle Euphorbe des jardins, mais elle eût tout aussi bien pu se nommer Euphorbe des potagers, des vignes, des parcs, des champs cultivés, des cultures sarclées, des bords de cultures, des jachères, des friches pionnières, des pelouses à thérophytes, des terres labourées, des terrains vagues, des bords de chemins, des friches rudérales, des lieux fréquentés par le bétail, des décombres, des quais et ballasts de gares, des bermes routières, des trottoirs, des alluvions des rivières, des cimetières…

Ubiquiste, nitrocline (elle affectionne les milieux riches en nitrates), thérophyte (annuelle) et archéophyte (elle accompagne les cultures depuis la préhistoire), originaire d’Europe et de Sibérie, notre plante liée aux activités humaines devient cosmopolite.

Son nom scientifique : Euphorbia peplus* Linné, nous plonge dans la perplexité. Le mot grec peplos – devenu peplus en latin – désigna dans l’Antiquité un voile féminin primitif, puis un manteau de cérémonie et tout vêtement de dessus un peu ample. Il servit aussi à nommer certaines euphorbes et l’on peut se demander pourquoi Linné piocha dans ce vocabulaire pour désigner précisément la nôtre ? Peut-être en raison de sa silhouette vaporeuse, évoquant peu ou prou un voile ?

(1er mars 2018)

*L’Euphorbe péplus – appelée aussi Ésule ronde, Omblette – se singularise entre autres par ses feuilles largement obovales et courtement pétiolées, ses bractées ovales et entières, ses glandes jaunes en croissant à fine corne, ses capsules dont les coques sont ornées de carènes ailées. Ces caractères permettent de la différencier de l’Euphorbe réveil-matin : Euphorbia helioscopa, également présente dans les jardins.

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