La Xylaire polymorphe

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La forme est en général un caractère peu discriminant chez les champignons. La plupart d’entre eux naissent avec un chapeau globuleux, qui devient convexe avant de s’aplanir ou de se creuser.

Mais il en est d’autres – très nombreux à bien y regarder – qui nous paraissent bizarres, tourmentés, protéiformes, informes, insaisissables…

Lorsque cette caractéristique est prégnante ou spectaculaire, il arrive qu’elle s’inscrive dans le nom même du champignon. Pour ce faire, les mycologues puisèrent dans les racines et la mythologie grecques ; ainsi s’emparèrent-ils du mot morphê : forme, et convoquèrent-ils Protée : divinité de la mer, capable de se métamorphoser en monstre et même de prendre l’apparence de l’eau et du feu… ainsi que Morphée, bien connu pour semer le sommeil mais aussi pour susciter les songes en revêtant des formes humaines. Ils utilisèrent également le mot latin formis.

De ces emprunts, naquirent par exemple Cortinarius multiformis, Dendrophora versiformis, les Proteomyces, Peziza proteana, Cortinarius polymorphus, ou notre Xylaria polymorpha (Persoon) Greville.

Sur les troncs et souches de feuillus, de hêtres en particulier, elle exhibe ses bouquets de massues souvent difformes et boursoufflées – qui tranchent avec l’élégance svelte et fusoïde de son homologue la Xylaire à long pied, avec laquelle elle est parfois confondue.

(8 mars 2018)

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