
Il est comme un petit animal que l’on tient au creux de la main. Ou comme une étoile de terre (d’où son nom Géastre)… ou comme un pittoresque lilliputien personnage. À chacun sa métaphore.
Le champignon qui pose pour la photo est déjà d’un âge avancé. Il cache ses teintes carnées dans les fissures de ses épaisses lanières en étoile, et les touches roses de sa tête ronde ont imperceptiblement viré au bleuâtre.
La présence de ces tonalités roses est de toute première importance pour différencier notre gastéromycète des deux espèces voisines1 qui en sont dépourvues. Un autre caractère vient à notre secours en cas de litige : notre Geastrum rufescens2 Persoon : Persoon est doté d’un petit cou, qui surélève sa tête gris argenté au-dessus de son corps étoilé. Pour parfaire l’identification, nous pouvons examiner l’ostiole – cette petite ouverture sommitale, ici en cheminée, finement découpée et dont la base est sans halo bien délimité. Sous le microscope, les spores brunes sont rondes et fortement verruqueuses.
Geastrum rufescens fut observé à Celon, dans un taillis de feuillus sur terre argileuse.
(10 octobre 2019)
1Geastrum triplex est comme un Bibendum à trois couches, dont l’une en collerette.
Geastrum fimbriatum = Geastrum sessile est dépourvu de petit cou et ses spores sont finement verruqueuses.
2Geastrum rufescens = Geastrum vulgatum.
