Rare, habituellement disséminé en petits îlots de deux-trois exemplaires dans les bois de feuillus calcaires ou acides, il abonde, jubile en cet automne copieusement arrosé après des mois, des années de sécheresses et de canicules répétées… comme bien d’autres de ses congénères Phlegmacium qui émergent d’une longue léthargie et exposent leur chapeau gluant aux lénifiantes douches pluvieuses de l’automne.
Les mycologues craignaient que les cortinaires, réduits au silence depuis des années, ne fissent plus leur apparition. Il n’en est apparemment rien.
Le Cortinaire olivescent est empreint d’un mystère : celui de l’olivescence – cette teinte mouvante et insaisissable, constamment sourdante et évanescente – tel un subtil parfum – qui infuse le chapeau, les lames, le pied et au plus intime de sa cortine et de sa chair.
Rien ne distingue Cortinarius olivascentium Henry de Cortinarius xanthochlorus Henry (nom actuel de notre cortinaire) – dont voici quelques compléments descriptifs : son chapeau visqueux, luisant, peigné de fibrilles innées, réagit en brun-roux à la potasse ; son pied jaune pâle ou vif est chaussé d’un bulbe marginé encotonné de mycélium blanc ; sa chair (insensible à la potasse), est vert citrin dans le pied et le bulbe, blanche dans le chapeau ; ses spores amygdaliformes, grossièrement verruqueuses, mesurent 10-13 x 6-7 microns.
Cortinarius xanthochlorus est actuellement observé dans la forêt de Lancosme, en Brenne, et dans les bois de Gireugne, sur la commune de de Saint-Maur, dans l’Indre.
(22 octobre 2019)
Note :
Comparons les descriptions de Cortinarius xanthochlorus et Cortinarius olivascentium.
D’abord dans le bulletin SMF de 1966, fascicule 1, pages 176 à 178 : article de Robert Henry, dans lequel Cortinarius xanthochlorus est une nouvelle espèce.
Ces deux cortinaires ont une cuticule d’un jaune-vert imprégné d’olive, qui s’assombrit avec l’âge au point de ressembler à Cortinarius atrovirens. Les lames et le stipe sont jaunes chez l’un comme chez l’autre, et la chair est pâle dans le chapeau et plus ou moins jaune dans le pied ; la chair de Cortinarius xanthochlorus est insensible à la potasse (la réaction n’est pas mentionnée pour Cortinarius olivascentium), et les spores sont identiques (11-13 x 6-7 microns) ; les milieux sont les mêmes : feuillus calcaires, mais aussi acidiphiles.
Dans l’Atlas des cortinaires, Pars XIV (André Bidaud, Xavier Carteret, Guillaume Eyssartier, Pierre Moënne-Loccoz, Patrick Reumaux), le constat est le même : le chapeau est chargé d’olivâtre, les lames et le stipe sont jaunes, la chair est blanche dans le chapeau et jaune dans le pied, insensible ou presque à la potasse (mais réaction violette à purpurine sur le chapeau), les spores sont identiques (10-14 x 6,5-7 microns), et leur milieu correspond à celui mentionné par Robert Henry : feuillus calcaires, mais aussi acidiphiles – ce qui correspond aux deux observations dans l’Indre : feuillus acides en Brenne, feuillus calcaires dans les bois de Gireugne.
En conclusion, Cortinarius xanthochlorus et Cortinarius olivascentium semblent être une même et seule espèce, comme le pensait Adrien Delaporte, et comme le supposent Guillaume Eyssartier dans Le guide des champignons , France et Europe, quatrième édition.