
Cinq sorbiers croissent en Berry.
Tous prodiguent des fruits charnus et astringents, qui donnent soif (d’où le nom générique Sorbus de ces arbres ou arbustes, issu du latin sorbeo : boire).
Ces fruits résultent de corymbes de fleurs blanches et sont disposés en bouquets, denses ou lâches, souvent pendants.
Chez le Cormier : Sorbus domestica, ils ressemblent à de petites poires jaunes qui virent au rouge puis au brun. Ces cormes sont comestibles une fois blettes.
Chez l’Alisier torminal : Sorbus torminalis (Linné) Crantz (celui de la photo), ils prennent une teinte brun café, mate, et sont parsemés de granules jaunâtres qui accentuent leur matité. Ils peuvent être consommés après les premières gelées.
Les trois autres sorbiers arborent des fruits rouges.
Penchons-nous plus précisément aujourd’hui sur l’Alisier torminal1.
Il est doté d’une feuille qui ressemble un peu à celle d’un érable, mais en plus allongée. Elle a une forme si singulière qu’il suffit de l’avoir vue une fois pour la mémoriser et la reconnaître entre toutes. De surcroît, en automne, elle revêt une magnifique teinte rouge sang, ce qui rend l’Alisier2 torminal immédiatement perceptible dans la masse jaune et rousse des forêts.
(À suivre)
(17 septembre 2020)
1Torminal : qui guérit les tranchées – terme de l’ancien français pour nommer les coliques.
2Alisier : peut-être du gaulois alika, désignant l’un de ces arbres ou ses fruits. Notons qu’Alise, ou Alize, et Alisier pourraient être de jolis prénoms attribués à des filles et des garçons – prénoms autorisés en France depuis 1966 au titre de fleurs, de fruits, de végétaux, à l’instar par exemple d’Olive et Olivier.

