
Il faut bien ces deux couleurs douces et chaudes pour habiller et réchauffer la nature en hiver. Pour couvrir les prairies d’une ondulation d’herbes sèches et blanchies, qui monte comme une pâte après avoir été pétrie, malaxée par le gel, le givre, la neige. Pour envelopper les friches humides et les terres glacées d’une épaisse fourrure brune, rousse, rouille, chocolat.
Le beige est le fait de diverses graminées : pâturins, fétuques, bromes, brachypodes, avoines, dactyles, vulpins, agrostides, baldingères, phragmites… Les bruns proviennent d’un amalgame de grandes oseilles, de carottes sauvages, de chardons, de cirses, de bardanes, de cardères, d’armoises, de tout jeunes chênes et charmes à feuilles marcescentes… de fougères-aigles qui gaufrent de brun rouille les forêts et les pentes de montagne…
Mais ces teintes beiges et brunes peuvent être dispensées par touches, telles celles offertes par l’Orobanche du lierre : Orobanche hederae Duby, qui peuple un petit bois tapissé de lierre, chemin de la Baignade, en contrebas des Cordeliers à Châteauroux
Des dizaines d’orobanches se laissent admirer toute l’année dans Le petit bois des orobanches.
(24 février 2022)


