
Le grand Carex pendula Hudson penche, ploie, oscille et balance sous le poids de ses longs et denses épis femelles, eux-mêmes pendants et oscillants.
De nombreux mots français sont à notre disposition pour exprimer le penchement. Ils ne sont pas tous équivalents, car ils suggèrent des gradients différents dans le penchement, voire des qualités différentes dans le fléchissement. Citons les mots inclinaison, courbure, incurvation, fléchissement, ploiement, déversement, prosternement…
Par ailleurs, quand le penchement est accentué, que l’inclinaison est forte, nous glissons vers le pendant et sa traîne de mots proches : tombant, ballant, suspendu, en suspens… voire décombant, c’est-à-dire penché vers le sol, avec les extrémités redressées.
Enfin, le penchement et le pendant sont intrinsèquement liés au balancement – avec sa pléiade de mots voisins : oscillation, ballottement, vacillement, bercement, dodelinement, va-et-vient, tangage, bringuebalement…
Le penchement, le tombant et le balancement chez les plantes forment une trilogie indissociable, qui génère en nous une émotion à la fois physique, sensuelle, sensible et mentale.
À l’état sauvage, Carex pendula dodeline dans la ripisylve de Châteaubrun et, cultivé, il orne les bassins du jardin des Cordeliers, à Châteauroux.
I
(14 juillet 2022)

