Étrange, inquiétante et somptueuse

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Plutôt que de se joindre aux chapelets de becs bleu-violet qui courent au sol le long des racines d’un peuplier, cette Lathrée clandestine a choisi de se percher en hauteur, solitaire, dans une caverne du tronc.

Observation inédite, stupéfiante !

Mais c’est elle qui nous observe, de son œil de cyclope. Elle dégage cette inquiétude sourde commune à toutes les plantes parasites, dépourvues de chlorophylle. Cette légère anxiété est-elle due à l’absence de ce vert solaire, dont nous avons tant besoin et que nous recherchons en chaque plante ? À cette sorte de monstruosité de la nature, qui griffe et raye nos rêves de verdure ?

La Lathrée clandestine : Lathræa clandestina Linné, est dotée d’une souche écailleuse et d’une tige si courte qu’elle semble émerger directement de terre. Assez courante, elle parasite les racines des noisetiers, des aulnes et surtout des peupliers, dans les bois frais et humides.

Cette Lathrée clandestine a fait son nid dans le creux d’un peuplier de la ripisylve de Châteaubrun.

(25 avril 2024)

Le Dessous du chapeau

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Chez les champignons à lames, tout se tient en dessous du chapeau. C’est là que maturent les spores, pour nous offrir en masse une sporée blanche, rose, brune ou noire – avec toutes les nuances, bien sûr, comme la nature sait si bien nous le proposer. Mais tenons-nous en à ces quatre couleurs-clés, sur lesquelles repose la classification des champignons à lames.

En d’autres termes, il est plus important de regarder sous le chapeau… que sur le chapeau.

Les deux champignons de la photo en sont un édifiant exemple. Ils partagent les mêmes milieux : haies de prunelliers et d’aubépines, poussent au même moment : à la Saint-Georges, et se ressemblent beaucoup quand ils sont jeunes.

Mais à maturité, les lames serrées du Mousseron de printemps : Calocybe gambosa (Fries) Donk restent blanches (la sporée est blanche), pendant que les lames de l’Entolome en bouclier : Entoloma clypeatum (Linné) Kummer deviennent roses (la sporée est rose).

Le Mousseron de printemps est un excellent comestible, à odeur et saveur de farine. En revanche, il ne faut pas consommer les entolomes, certains étant toxiques.

Chez les champignons à lames, tout se tient en dessous du chapeau. C’est là que maturent les spores, pour nous offrir en masse une sporée blanche, rose, brune ou noire – avec toutes les nuances, bien sûr, comme la nature sait si bien nous le proposer. Mais tenons-nous en à ces quatre couleurs-clés, sur lesquelles repose la classification des champignons à lames.

En d’autres termes, il est plus important de regarder sous le chapeau… que sur le chapeau.

Les deux champignons de la photo en sont un édifiant exemple. Ils partagent les mêmes milieux : haies de prunelliers et d’aubépines, poussent au même moment : à la Saint-Georges, et se ressemblent beaucoup quand ils sont jeunes.

Mais à maturité, les lames serrées du Mousseron de printemps : Calocybe gambosa (Fries) Donk restent blanches (la sporée est blanche), pendant que les lames de l’Entolome en bouclier : Entoloma clypeatum (Linné) Kummer deviennent roses (la sporée est rose).

Le Mousseron de printemps est un excellent comestible, à odeur et saveur de farine. En revanche, il ne faut pas consommer les entolomes, certains étant toxiques.

(18 avril 2024)

(18 avril 2024)

Il y a toujours une fleur plus précoce qui se cache…

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Assurément, ces feuilles d’un vert franc et luisant, à contour triangulaire, deux à trois fois divisées-pennées, sont celles d’une ombellifère.

Et comme de surcroît nous sommes devant la première ombellifère à paraître au printemps dans le Berry, que ses feuilles se montrent faiblement velues, qu’elles ne dégagent pas d’odeur fétide au froissement, que sa tige est creuse et cannelée… nous en déduisons qu’il s’agit de l’Anthrisque sauvage.

Tout l’atteste. Mais tout de même, ce serait tellement bien de découvrir une ombelle fleurie, une toute première ombelle ! Car il y a toujours une fleur, plus précoce, plus impatiente et plus téméraire qui se cache…

Ah, en voilà une !

Et elle nous gratifie sans pudeur d’une de ses caractéristiques intimes : l’ombelle du centre – la première à émerger et fleurir – demeure réduite par rapport aux autres ombelles. Elle est en quelque sorte la naine crémeuse de notre ombellifère.

L’Anthrisque sauvage : Anthriscus sylvestris (Linné) Hoffmann, va bientôt dérouler ses ourlets crémeux le long des routes du Berry.

(11 avril 2024)

Jeux de ressemblances

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J’ai si souvent entendu une personne prendre une hellébore pour une euphorbe, et vice-versa, que je me suis dit qu’il ne fallait pas prendre à la légère cette sorte de lapsus – lequel se grefferait sur plusieurs points de ressemblance.

D’une part certaines euphorbes affichent un contraste vert foncé-vert clair de leurs feuilles et de leur inflorescence, identique par exemple à celui l’hellébore fétide. Notons par ailleurs que les euphorbes comme les hellébores ont souvent un aspect turgescent et dodu.

D’autre part les mots euphorbe et hellébore présentent quelque affinité sonore – notamment par les sons phorbe et bore. Et au-delà de ce rapprochement purement fortuit, les euphorbes et les hellébores sont mystérieusement liées par leur étymologie, qui renvoie à la médecine dans l’Antiquité : Euphorbus était le médecin du roi Juba de Mauritanie, et la plante nommée Helleborus orientalis était censée guérir de la folie.

L’Euphorbe des garrigues : Euphorbia characias Linné, d’origine méditerranéenne, enjolive tous les parterres fleuris dans les villes et les villages.

(4 avril 2024)

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