La Grande astrance, l’Étoile de nacre

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Est-il possible d’admirer des étoiles en plein jour ? Eh bien oui, il suffit de monter l’échelle du Balbonne – cette pente raide ainsi nommée qui débouche sur un lac glacière : l’Étang Balbonne, dans les Pyrénées ariégeoises… pour y voir étinceler, dans la mégaphorbiaie, d’étranges fleurs en étoile argentée-nacrée : les Grandes astrances.

Cette ombellifère à ombelle composée réduite – stimulant une fleur unique – doit bien sûr son joli nom d’astrance à son aspect étoilé (du grec astêr : étoile).

Bien d’autres fleurs en étoile virent cette caractéristique inscrite dans leur nom. Citons les asters – et d’une manière plus large la famille des Astéracées – ou encore les stellaires. En fait, nombre de fleurs actinomorphes (à symétrie radiale par rapport à un axe) mériteraient d’être qualifiées d’étoilées, contrairement aux fleurs zygomorphes (souvent en gueule, à symétrie bilatérale par rapport à un plan).

Selon que vous revenez des Alpes ou des Pyrénées… vous rapporterez dans votre tête des images d’astrances roses…ou d’astrances blanches.

le rose ou le blanc de porcelaine de la Grande astrance : Astrantia major Linné, en fait une fleur chimérique… presque artificielle.

(22 août 2024)

Mais où la curiosité et la passion vont-elles se nicher ?

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Le mycologue autrichien Anton Hausknecht publia en 2009 une monographie des conocybes d’Europe – ces petits champignons fragiles, insignifiants et négligés, presque tous dans les tonalités jaunâtres à brunâtres, et se ressemblant tous.

Cette bible renferme en son creuset la description méticuleuse, agrémentée de dessins et de photos, de quelque 140 conocybes. Si ces petits champignons ne brillent ni par leur couleur ni par leur prestance, ils offrent en revanche de magnifiques tableaux sous le microscope : de grandes spores ellipsoïdes avec un spectaculaire pore germinatif qui leur donnent l’air d’un haricot sorti de sa gousse, et des cystides lécythiformes – c’est-à-dire en forme de quille.

Les conocybes tiennent leur nom générique de leur chapeau souvent comme micacé-empoussiéré (du grec konis : poussière, et kubê : tête).

Les conocybes photographiés sur une pelouse velloise : Conocybe albipes (Otth) Hausknecht, nous dévoilèrent assez facilement leur identité par la couleur blanche de leur chapeau et de leur pied, contrastant joliment avec la teinte rouille orangé des lames.

Les conocybes, fragiles et éphémères, s’épanouissent avec la rosée et disparaissent au soleil.

(25 juillet 2024)

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