La première graminée à fleurir au printemps…

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Quelles sont ces graminées en massette cylindrique et allongée, vite ébouriffées d’étamines orangées ou violettes, qui émergent de l’herbe encore basse ?

Il s’agit de la première graminée à fleurir au printemps en Berry, le Vulpin des prés ou Queue de renard : Alopecurus pratensis Linné.

Pour conserver le mot-ellipse de la chronique du 17 avril, nous pouvons dire que la phénologie florale du Vulpin des près s’étale d’avril à mai.

L’inflorescence en massette cylindrique du Vulpin des prés ressemble beaucoup à celle de la Fléole des prés : Phleum pratense Linné. Les différences entre ces deux graminées se jaugent à l’œil nu et à la loupe : l’inflorescence de notre Vulpin des prés est veloutée-soyeuse-argentée, ses glumes sont soudées à leur base ; celle de la Fléole des prés est verdâtre ou violacée, ses glumes sont libres et spectaculairement disposées en cornes de taureau.

Et la fameuse phénologie finit de les séparer : Le Vulpin des près fleurit à la fin mars, alors que la Fléole des prés ne s’épanouit qu’en juillet.

Ces Vulpins des prés, délicatement reliés par des fils d’araignée, sont tout frisés d’étamines violettes.0

(24 avril 2025)

La première ombellifère à fleurir au printemps…

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La phénologie : du grec phainein : venir à la lumière, devenir visible, se montrer, et logos : discours… est en quelque sorte la science des apparitions, des phénomènes, dans un espace et à un moment donnés.

Dans le monde des plantes, ces apparitions peuvent être discrètes, secrètes, telles la germination, la longue maturation d’un bourgeon, ou au contraire spectaculaires, telles la feuillaison, la floraison ou la fructification.

Dans le langage botanique courant, phénologie est devenu une sorte de mot-ellipse qui désigne simplement, par exemple, la période de floraison d’une plante dans une géographie donnée. Ce paramètre, souvent oublié, se montre particulièrement utile et précieux quand il s’agit de séparer et de déterminer deux plantes proches et ressemblantes, mais soumises à un décalage de floraison. Ainsi, notre Anthrisque sauvage : Anthriscus sylvestrisLinné – est-elle la première ombellifère à fleurir le long des routes en Berry. Apparaîtront ensuite le Cerfeuil des fous, puis le Torilis du Japon…

L’Anthrisque sauvage se caractérise par ses tiges creuses, vertes et imberbes à l’âge adulte, mais volontiers pourpres et duveteuses dans la jeunesse.

(17 avril 2025)

Cordiforme… vous avez dit cordiforme ?

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Adonnons-nous à la lecture d’un paysage de feuilles :

Au centre, la petite feuille vert clair et luisante de la Ficaire – nettement en forme de cœur. Les fleurs jaunes attestent son identité. Au premier plan, à droite, les feuilles bicolores, vert foncé-vert blanchâtre, du Cyclamen de Naples, polygonales ici, mais souvent en cœur. En haut, à droite, vert tendre et brillante, la feuille d’un Arum maculé (non maculé ici), un rien en fer de lance avec ses oreillettes, mais qui peut être en cœur allongé.

C’est époustouflant le nombre de feuilles végétales qui sont peu ou prou en cœur ! Les botanistes les qualifient alors de cordées ou de cordiformes (du latin cor, cordis : cœur, à ne pas confondre avec corda : boyau, d’où dérive le mot corde).

La Ficaire : Ficaria verna Linné, est en fleur depuis le mois de janvier, l’Arum maculé ou Gouet : Arum maculatum Linné, fleurira discrètement au mois de mai, et le Cyclamen de Naples : Cyclamen hederifolium Aiton, tapissera certains sous-bois de blanc et de rose au moment de la Toussaint.

Les Ficaires allument les talus du Berry de leurs petites étoiles jaunes, pendant que les Arums et les Cyclamens miroitent par la vitalité de leurs feuilles.

(10 avril 2025)

Quand les prunelliers en fleur se dévoilent au moment de leurs amours

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Il faut vraiment ces premiers jours de printemps, quand la nature est encore pétrie d’hiver, que les gelées et giboulées guettent, que le timide soleil ne parvient pas à endiguer les courants d’air froids qui courent le long de la nuque, que les arbres ne sont pas encore feuillés… pour que la blancheur crémeuse des prunelliers en fleur se détache et révèle leur présence dans le paysage. En toute autre période de l’année, ils sont invisibles de loin, car fondus dans le vert général des haies, peuplées d’aubépines, de ronces, d’églantiers, de tamiers, de fusains, d’érables champêtres, de jeunes chênes, ormes et frênes…

Ce qui est confondant, renversant, émouvant, c’est de découvrir et de réaliser que c’est au moment de leurs amours que les prunelliers se dévoilent, se livrent à la vue de tous. Cette découverte a une portée philosophique.

Les prunelliers ou épines noires : Prunus spinosa Linné, font les fleurs avant les feuilles. Leurs voisines les aubépines, quant à elles, déploient d’abord leurs feuilles et ne fleurissent qu’un mois plus tard.

Les prunelliers en fleur allument leur blancheur dans les haies encore tout assombries d’hiver.

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